CHAPITRE PREMIER. — COUP-D'OEIL GÉNÉRAL
Dans ce livre nous embrassons tout le pays parcouru par la roule de Soissons, depuis le point où elle se sépare de la route de Comp ègne, et prnt t une direction partu ère. Ce pays répond en grande partie à l'ancien duché de Valu*, si fertile en souvenirs historiques.
Le Vulois , coioi téré dans sa totalité, est ferti'e et trèssalunre ; s'il est quelquefois désagréable à parcourir a eau c de ses montagnes, ce désavantage c»t compensé par la fertililé dis vallées, des coteaux, des plaines même qui couronnent les montagnes. On y recueille des grains de toute espèce, du bois, des fruits, des légumes, du vin même. On y trouve surtout d'excel ents pâturages.
Nous avons parlé ailleurs des carrières de Verberie; il en est de |.lus remarquables à Braineit a Ancierville, près de la Ferte- Milon. «On voit près de Cr-pv uuc grosse perre très-dure, a toute couverte de têtes ne clous : on la nomme pu r celte « rai on la pierre aux clous Ces têtes sxHit comme incrustées « itans la pierre, et sont du v rai fer Cette singularité d'histoire « naturede a oonné lieu à bien des f.ibns. L'on voit près de la « Ferté-Milon une espère de caillou noir bis ontu, dan» le « cœur duquel on a.-crcoit des matières vitrifiées. Ces pienes • sont bruits, mal tournées, et contiennent beaucoup de para t«es ferrugineuses. IVès lu rarriè.-ç Je \lolov, hameau vui*iu m de la Ferté-Milon, il y a une terre noue. tout-à-f<iit semblable ■ à la terre de Cologue qu'on emploie daus la jwiuture. On
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« trouve aussi sur le chuniu de la Ferté-Mil.m h Meaux une « ocre de ru qui. bien la. ce, donne un inune aussi beau cl aussi « fin que celui qu'on appelle terre d'Italie'. «< Si cette insertion est t aie, il est étonnant que la peinture ne s'enrichisse pas de semblables découvertes.
I<e Valois est arrosé par de nombreuses rivière», qui peuvent être considérées ronime autant de routes aboutis- ant a Paris et à l'Océan. L'Ourcq. où se jelte le ru de Sivière, verse ses eaux dans la marne, au-dessous de l.isv; In Marne, qui reçoit l'Oureq, se décharge dan- In Seine, au dessus de Paris. U petite rivière de Vesle, qui vient de Reims et passe à Br inc. tombe dans la rivière d'Aisne au-dessus de Soissons Li Crise qui, à Soissons, mêle ses eaux à cri es de l'Aline, se joint, audessus de Compiègne. avec l'Oise, qui s'unit à la Seine au-dessous de Paris. Les ruisseaux ou ru» qui tiave.sent l'intérieur du pays, quoique non navigables, sont fort uiiles. Ils foui tourner un grand nombre de moulins, charrient a flos les bois. Ëétaugs Ca,,'Pa^îneS, arroscnt ta Pra'"M et remplissent
On trouve Han< le Valois plusieurs de ces pierres énormes, mo numenis giunnirsques de la religion gauloise, donl nous avons eu déjà l'occasion de parler. Kntre Rh uys et Verberie , assez près de la rive méridionale de I Oise, sont trois masses de entait biut. La plus grande est plantée verticalement; c I» a trri'c. pieds de haut, elle est large de sept; el«e- a envi on d x-hiiit pouce» d'épais eur. La seconde, qu'on tonve à cent pieds environ à l'ouest, à cinq pieds de large sur huit emiion de haut hors de terre; elle est inclinée vers le midi « Deux aurns « pierres paraisse,,! encore plusavaiiL dont une ne s'élève que « de trois pieds au dessus de la surface du champ; l'autre ne « mont. e qu'une espèce de le!e brute qui ►nrl a peine de terre: « la grande perre est chartée de micas». . Près de des pierres, qu on nomme d ma le rays Pitn,$ de Rhuyt, furent placés les tombeaux du village nommé Mont-Catillon.
Près du Uortst. sur le chemin de Senlis a Baron, se trouve ne pierre semblab e a la première dom nous venons de narler; elle est inclinée d un pied ,ers le midi; elle a neuf pieds trois pouces de hHUt*. H sa ba-e et enfoncé - de cinq dans la terre. C'est un grt-s fort dur. Près de cette pierre est un monticule factice, haut de cinq à six pieds, dans lequel on trouva, en 1764, les ossements de trois grands corps, dont les Ktes étaient tournées vers la grande pierre, et les pieds vers l'orient.
• H» a eu pendant des siècles une pierre moins uroBTqne a die de\erbc.ie, et -letout p,ès de la fontaine d'où la ri- « viere d Ourc, prend sa source au-dessus de Fere en T,.r- • deno:s. LeUe pierre avait un sisme distinctil. Ou v voyait m empreinte la pute d'un ours le peu ple conservait en.'-ore « une sorte de vénéra" ion pour celle pierre, il y « quelques au- « nées : un particulier l'ayant enlevée pour la placer dans « l'encoiunure d'un bâtiment, on lui Intenta un procès4, a
Dejj monuments d'un auln- çenre distinguèrent au-si le Valois; ce sont les \ons romaines, nommées vulgairement "hauuru dt Jli uitthaut . On ijnore pourquoi on a donné à ces vieux chemins le nom «Se celte r. iue de bourgogne ; dans les temps barbare* ou e*le vivait, les rail et les reines ne s'occupaient guère de pircer et d'établir de grand- s routes. Une de ces rentes se divisait en trois branches, dont l une passait n Ouchy et conduisa.t à ChAteau-Thiir.y ; la seconda mennit à Senlis, la troisième à. \oyon par Vie-sur-Aisne et Berny. «Celte . chaussée, dit I historien du Valni»', n'est pas d'une st.ucturc « unilorme; ici c'est un massif bombé, c imposé da moc-llons « haisonues de marne et quelquefois de mortier, de chaux ; la. « ce n'est autre chose qu'un amas de pierrail'es jetées suis « ordre, et recouvertes de sable ou de terre ; plus loin, cette a mime chaussée ne êbord« pis la surface dis campagnes ; a et ses fou Iraient* -ont pareils à ceux d'un grand edilice; les « restes qu'on en voit sont un travail de plusieurs s ic es, au- « quel les Romains ont d'abord employé l.urs légions, tant « pour p, rcer les chemins que pour les aplanir. .
iCjrlier. W.«i«,v« du duché di V«to.«, Introduction, troisième partie
* U . ttid.. tome h pafl S.
*&» «*:U1 '• W »'•■— Q»»lyoet *cri.Ai»,. .tuùW 4 ck.iu.ee à ta reine Snu.eU.ul: c'est « ion.
Ces routes percèrent dans le Valois une immen«e forêt, dont cellis de Compiègne, de Villers-Coltereis et d'ILilatle, la firuerie de Valois avec une bonne paitie de la Brie et du Multien. faisaient partie.
Sous les Francs, le Valois fut presque toujours poMséd '• par des seigneurs pui sauts; il eut des coutumes loca'es qui. avec celles de Vermandois, Turent, dit-on, réJigées avant la fin du xii' siècle.
Lorsque la brandie des Valois monla sur le trône d>- France, le 'tuehé donLils portaient le nom joua un rôle important dans notre liistoire, et prit une face nouvelle.
Cil A PITRE II.
DAMIÉARTIN, laHBBONVILLI, NANTBOIL-LI-DArJDODIN . S I. Banimarlln
Ce bourg est situé sur la grande route de Soissons, A huit lieues vers le nord-est de Paris.
Le nom de Dammartin dé-ive é- i Gemment de Dominn* Martinut. sans dont- a cause d'un'- cannelle ou ég'ise d-diée A saint Martin, comme en sont dérivé, les noms par. ils de plusieurs autres lieux de France.
On snit peu de choses sur ce lieu, si ce n'est qu'en U30, il fut dévoré par les flammes:
L'an mil deux ccn't vingt et dix, Fui l>ummur>in en flam'ie mil.
porte une chronique rimé" • événenv nt fort commun dans un temps où les gu. rres étaient continuel e« et sur tons h s points.
Le* seigneurs de Kammartin prenaient le titre de comtes Au commencement du xi" siècle vis ait un de ce» seigneurs appelé Mnnassès. Au xv», ce comté fut confisqué par le roi Charles VII, pour le donner A Marguerite de (Santcuil. qui l'apporta en mariage à Antoine ^e Chibanne3. fameux par des exploits souvent peu honorables. Il était capitaine de* écnrcheurt , troupe de brica'ds féroces qui désolaient les campagnes. Il eut la garde de Jacques Cœur, prisonnier, et participa .î ses biens. Il mourut en MS8, gouverneur de Paris, et fut enterré au milieu du choeur de l'église de Damnartiii, où on lui éleva un tombeau.
Louis XI, par le traité de Saint Maur. du 29 octobre I4M, après avoir enlevé le comté de Dammartin, le restitua a Chabnnnes ; mais cette restitution était torecc. Ce roi le fit metlre A la B.stile. En moi, il s'évada de cette prison, et lit beaucoup de mal au roi et à ses suj- 1-.
Pendant sa pri-on et son cloimnement de France, sa \euve, Marguerite de Naflteui), réduite A la misère, fut eoiilr.iinte de men lier" l'assistance d'un laboureur de Dammartin . nommé Antoine Lrfott, qui In nourrit elle et son fils, filleul du duc de Bourbon, pen lant fort longtemps*.
Cha bannes rentra en gràci-, et fut créé grand mattre-d'hdtel du roi.
En 1 454. le com'é de Dammartin fut vendu par la famille de Chai aunes à Aime de Montmorency. Ce comié resta dans eette maison jusqu'en iGUî, qu'il fut conlsqué. sur Henri II de Montmorency, victime du cardionl de Richelieu.
Pendant le règne de l ouis XIII, le comté de Dammarlin resla uni a la couronne ; après sa mort, la régente Anne d'Autriche en fil don au prince de Condé.
L'ancien chAleau d.s coml.s de Dammartin était biUi en bn-
3ues; avant h. Révolution, ou en voyait des re-ics fort etenus. Les énormes tours oont II était flanqué, les larges fossé» qui le protégeaient attestaient son ancienne importance Après la mort de Henri de Montmorency, on tenta de le démolir : on le détruisit en grande partie. Le principaux mu s résistaient : on employa la mine; et les secousses que produisit l'ixp'osioo de la poudre en cre» assirent les murs sins le» renverser; ce qui donna lieu a ce dicton: C'est lt chdtta» de Dammartin; il rrévt de rire.
Depuis un siècle, les démolitions de cet ancien édilice servaient à la construction des maisons de la ville, qui s'en est rendue propriétaire; mais, comme, dans les derniers temps,
ét«TU, MM Ht,
HTS.
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il ne présentait plus qu'un amas de décombres, il a fait place 1 à des promenades charmantes.
Avant la Révolution, la ville de Dammartin était le siège d'un bailliage rt d'un présidial, dont les appels étaient portés au Cbàlelet M Paris II y avait une collégiale sous l'invocation de Notre-Dame et un hôpital
L'église paroissiale et collégiale, sous l'invocation de Notre- Dame, fut bâtie aux frais d'Antoine de Chabannc* ; et son tombeau fut placé dans le choeur de cette église. Sur l'autel est une Assomption peinte par Dolobel. Il présente sur le premier plan Louis XIII mettant sa personne et s~s Etats ttm la protection de la Vierge. Aujourd'hui il existe à Dammartin une paroisse et une succursale dont l'église est celte de l'ancienne collégiale.
Dammartin est un chef-lieu de canton.
On y trouve deux maisons d'éducation : l'une pour les garçons, Vautre pour les demoiselles; il s'y tient quatre foires par an.
A l'une des extrémité» de Dammartin, vers Nantcuil-le-Haudoua, se voit sur la pente de la montagne le château de la Tuitlerie, dans une position très-agréable.
S If Krm<-»ont llle
Village situe à dix lieues au nord-est de Paris, rt à une seulement de Clermoul.
On connaît peu l'origine d'Ermenonville : on sait qu'au xvi* siècle, ce lieu était possédé par Dominique de Vie, dit le capitaine Sarrede, et l'un des ot liciers les plus djsliuuués tic Henri IV. Ce prince l'érigea en vicomte. Plus tard elle pas a dans la possession de la famille Girardin. Ce fut alors que les appartements de ce vieux château, ce hameau composé d'une domaine de chaumières, ce sol sauvage et ingrat, ce désert enfin furent métamorphosés en un séjour enchanteur.
r.rmi'tit/nv ille est situé sur les bords de la Nonette; on y parvient par une pente douce. Le sol sur lequel est hati le vil laye est en général sablonneux *M stérile.
Ci lieu est tout vivant des souvenirs qu'y a laissés un des hommes les plus exlraodinaires du dernier siècle, J.-J. Housseau. Un grand nombre de personnes l'ont visité, et plusieurs en ont fait la description : aussi nous bornerons-nous à en indiquer les traits principaux.
Dans le village est une auberge, dont l'enseigne est faite pour appeler les voyageurs; celte enseigne est :
A l'image de J.-J. Rousseau
En face de cette auberge est une chaumière, sur la porte de laquelle on lit : '
L'empereur Joseph II a dini dam celle maisun le 2t mai. 1777.
Sur la maison voisine sont écrits ces mots :
Gustave III. roi de Suide, a dîné dans celle maiton h i!i juillet 1784 '.
Le château se trouve placé entre les deux parties principales du jardin. La petite rivière qui coule dans le vallon alimente l<- lac, la cascade, les fossés du château et une vaste pièce d'eau placée au nord.
Le lac est situé au midi du château; du sein de ses eaux s élève l'Ile des peupliers, où se trouve le tombeau de J.-J. Rousseau. Ce lac est dominé par le Temple de la Philosophie, hàti sur la hauteur du coteau, la cascade qui sert de débouché au lac produit un effet très-pittoresque. De la route qui sépare 1rs deux parties du jardin, on jouit de la vue ravissante que présentent le lac, ses bords ombragés, l'Ile des peupliers, la cascade et tous les objets accessoires tels que monuments, inscriptions et fabrique. En parcourant ces jardins on croirait se promener dans les délicieux paysages du Poussin.
Le temple de la Philosophie et Y Ile dt* Peupliers, etc., méritent une description particulière. Ce temple est hÀti sur un point élevé; sa forme est circulaire. On lit sur le frontispice : Rerum eognoseere causas. Sur chacune des colonnes se trouve une des Inscriptions suivantes : I* Newton, lucem; 2" DnCi*tks, ni' rébus inane ; 3* Voltaire, ridteulum ; 4° Pliât, humanitalem; S' Montesquieu, justifiant ; o" Rousseau, naluram.
« l«l»r»l itr llMiliiii.rmr», lermilagr, par F L — , utouàv f ililion, r«-|f.
i temple est resté inachevé par allégorie, et c'est ce qu'explique l'inscription suivante, placée dans l'Intérieur :
MM tkmi'M M DM HO ATI vi IMHLOsOI'lll >: RONDO! PEBFBCT.C.
MICIUELI VIOSI vil, SI
qui omij inviT
SACRUM ERTO.
■ Ce Temple de la Philosophie, imparfait encore, est consa- « cré à M Montaigne, qui a tout dit. »
Sur le chapiteau de la colonne couchée au pied du ton. pic, 0n lit ces mots :
Quis hoc fttftMt o Qui l'achèvera f» A peu de distance c-t un petit rocher Mule côté duquel on a écrit : »
Joseph II s'y tsl reposé.
En continuant sa marche on arrive au désert. Ici tout est ar de. triste et sauvage : ou y voit plusieurs rochers escarpés : l'un d'eux offre une grotte où se trouve un siège garni de mousse. La Jean -Jacques venait quelquefois te livrer aux sombres rêveries qui accompagnèrent les dernières années de sa vie. Les eaux du lac baignent le pied de ce rocher; et de ce point 1rs regards du grand écrivain pouvaient planer sur cette fa- . meuse île des peupliers, où ses cendres devaient un jour être déposées.
On a inscrit sur quelques pierres voisines du rocher diverses, pensées de Rousseau , celle-ci entre autres : « C'est sur la cime « des plus hautes montagnes que l'homme sensible se plaît a « contempler la uature; c'est la que, tête à tête avec elle, il en « reçoit des inspirations toutes- puissantes qui élèvent l'àme « an-dessus de la région des erreurs et di s préjugés. »
Plus loirf daus le désert on fait remarquer le lieu où un jeune homme termina son existence par le suicide : dans une lettre qu il adressoït a M. de Girardin, il témoignait le désir d'être enseveli dans son parc; et ce désir fut accompli. On raconte que, le lendemain de cette catastrophe funeste, une femme plongée dans la douleur vint et voulut voir le cadavre défigure du jeune homme ; elle coupa une tresse de ses cheveux et Disparut1.
Il est difficile de se défendre d'une émotion profonde en abor dnnt à l'île des peupliers, a Cependant, dit l'écrivain cité pré- • eedrminent -, la tombe n'inspire point ici de sévères et lugu- « iircS pensées. Ces beaux peupliers, ce noble et simple monnu ment, cette douce verdure dont l'Ile est tapissée, cette onde « paisible qui l'entoure font de ce lieu l'asile de la mélancolie « et du recueillement : on y pleure malgré soi, mais ces larmes « ont des charmes. »
Sur l'une des faces du tombeau de Jean-Jacques , on lit cette inscription :
Ici repote l'homme dt la nature et de la ririlé.
Sur l'autre est un bas-relief de Le Sueur, dont la figure principnle est une femme qui. en lisant le plus éloquent des écrits de Rousseau, C Emile, allaite son enfant. Au-dessus du basrelief est une couronne avec l'inscription favorite du philosophe :
Yitnm imptndere rtro.
A l'une des extrémités du tombeau, on lit: Ilic jacentassa J.-J. IXousseau.
Au nord du chà'eau, une vaste prairie, une grande pièce d'eau de forme irrégulière, le bocage, un pavillon gothique et plusieurs fabriques pittoresques offrent les principaux objets de cette partie des jardins.
Dans le boeage arrosé par un courant d'eaux vives, enrichi de monuments qui élèvent rime, on éprouve une douce émotion. On y distingue un pavillon avec celte dédicace :
Orio rt Musit :
et une pyramide consacrée à Virgile, et portant cette inscription :
Genin P. Yirgitii Maronit lapis ittecum lue*, sacer ttto.
« UUrrsur ilmlmnrrttr) , ».(<> «st.
• Ullrn inr M«mlmmtm<-i, psgr M».
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Le sentier du bocage vous mène à travers plusieurs objets inti' issnnt?, vers la grande pièce d'eau; au-delà on aperçoit une tour gothique Irês-pittoicsquc. Une nacelle vous conduit à travers la pièce d'eau au pied de cette tour, qu'on nomme Tour de Gabrielte, parce qu'on suppose que cette femme s'v était rendue avec ton royal amant.
L'intérieur de cette tour et son ameublement répondent entièrement à son extérieur : tout se rapporte au xm' siècle. On j voit le trophée d'armes de Dominique de Vie, dit Sarrède, ancien seigneur d'Ermenonville, un des braves du règM de Henri IV, qui perdit une jambe à la bataille d'Ivry, et mourut de douleur en apprenant l'assassinat et la mort du roi.
Celle fabrique offre plusieurs inscriptions qui tendent à faire croire que Henri IV donnait à sa maîtresse dans ce lieu des rendez-vous galants.
Les dessinateurs de paysage s'emparent quelquefois du privilège de la poésie; mais, dans ces jardins où la réalité a tant de charme, la fiction est-elle nécessaire î
Nous avons décrit le tombeau de J.-J. Rousseau, situé dans l'Ile des peupliers ; celte description peut faire naître le désir de connaître les détails du séjour et de la mort de Ni homme extraordinaire : voici ce qui peut satisfaire la curiosité des lecteurs.
La maladie qui avait fait prendre les hommes en horreur au peintre de Sophie était parvenue à son dernier période. Il travaillait moins; et, après avoir si souvent refusé les dons que tant de personnes lui avaient offerts avec une si ingénieuse délicatesse, -es ressources s'affaiblissaient chaque jour. La santé de cette Thérè»e Levasseur, qu'il avait honorée du titre d'épouse, était également dérangée ; et on leur conseillait à l'un et à l'autre l'air de la campagne. Sur ces entrefaites. M. île Girardln lit proposer à Rousseau de venir habiter Ermenonville. Il partit précipitamment; et sa femme le suivit de près, après avoir vendu tous les meubles qu'ils possédaient k Paris.
« J'étais, dit l'écrivain cité plus haut, tourmente du désir « de voir ce malheureux ; mais je craignais les suites de cette « démarche, et je ne pouvais en limiter les conséquence*. Le « silence de madame Rousseau suffisait seul pour me rendre « circonspect. J'ignorais donc ce qui se passait, i le cr.u- « gnais. Je rencontre un jour à l'amphithéâtre de l'Opéra un
■ jeune chevalier de Malte, nommé Filamainville. Il m'avait
■ donné de lui une excellente opinion par le prix qu'il mettait '« à se conserver chez Rousseau. Il y venait assez fréquem- « ment; et souvent nous nous y rencontrions. En m'abordant, « Il me serre la main, me dit qu'il arrive d'Ermenonville, et
■ me témoigne un grand désir de m'entretenir particulière- « ment ; nous sortons. Il m'apprend que la tète de Rousseau c travaille; U ne m'étonne pas. Il m'ajoute qu'il lui avait « rc#is un papier écrit de sa main, pour le prier de lui troua ver un asile dans un hôpital.
■ Ce jeune homme, sensible et sincèrement attacb/- a Rous- « seau, avait les yeux en larmes. Il m'ajoute qu'il lui avait « offert d'habiter une des deux terres qu'il possédait en Piear- « die et en Normandie, toutes deux, ou bien certainement* « l'une d'elles, située au bord de la mer; que là H y ttrait seul, « puisqu'il ne les habitait point. Je n'ai pas, me dit-il, perdu « l'espérance de l'y déterminer. Il se proposait un second « v oyage dont il me rendait compte. Hélas ! ce second voyage
« n'eut pas lieu. Rousseau mourut trop tùt Rousseau est
« mort le 2 juillet 1778, âgé de soixante-six ans. Le procès- « verbal qui constate son genre de mort est du 3. Deuxchirura giens attestent, qu'après la visite du corps et l'avoir vu etexau miné dans son entier, ils ont tous deux rapporté d'une cnm- « mune voix qui ledit situr Rousseau est mort d'une apoplexie a séreuse : ee qu'ils ont affirmé véritable.
a Rousseau, Genevois et protestant, ne pouvait partager la u sépulture des catholiques; il fallait des témoins, et des a témoins instruits du rite des protestants, relativement à
• l'inhumation ; mon bcau-pére, Genevois et protestant, fut
• appelé : je l'accompagnai.
« En arrivant à Louvres, dernière poste jusqu'à Ermenon- « ville, le postillon alla demander les clefs des barrières des a jardins. Le maître de poste >e présenta à notre voiture : il « s'appelait Pnyen. Il nous dit qu'il préjumail notre voyage a occasionné par le malheureux événement de la mort de 4 Rousseau; puis il ajouta d'un ton pénétré : Qui I aurait cru
« que M. Routteau se fût ainsi détruit lui-même ! N»s oreilles a furent étonnées de cette nouvelle ; nous lui demandâmes de « quel moyen il s'était servi : D'un MH dt pistolet, nous dit-il. a Nous ne doutions ni l'un ni l'autre que sa mort n'eût été a naturelle. Mon cœur saigna ; mais j'avoue que je n'en fus a pas étonné.
« Nous arrivons. Nous fûmes reçus avec politesse. Nous « fimes part à M. Girardln de ce que nous avail appris le « maître de poste Payen. Il me parut étonné et choqué; û u nia le fait avec chaleur, et nous recommanda, avec la même a chaleur, de ne pas le propager. Il m'offrit de voir le corps; a ne sachant pas quelle serait ma réponse, il me prévint qu'é-
• tant à la garde-robe, Rousseau s'était laissé tomber, et qu'il a s'était fait un trou au front. Je refusai, et par égard pour « ma sensibilité et par l'inutilité de ce spectacle, quelque indice
■ qu'il dût me présenter. L'inhumation eut lieu le soir même, a par le plus beau clair de lune et le temps le plus calme. Le a lecteur peut se figurer quelles furent mes sensations en pas-
« sant dans l'iie avec le corps toujours accompagné de
a M. ûirnrdin, que son urbanité empêchait de me quitter; il u me fut impossible de causer, soit avec les gens de la maison,
• soit avec les habitants du lieu. Mon beau-père me rapporta u avoir appris que, le jour même de sa mort, Rousseau n'alla « point au château le malin, comme i sou ordinaire, pour » donner au puiné Girardln, encore enfant, la leçon qu'il avait a coutume de lui donner; qu'il avait été herboriser, qu'il « avait rapporté des plantes, qu'il les avait préparées et infua séet dans la tasse de café qu'il avait prise.
n Madame Rousseau me raconta qu'il conserva sa tète jus- » qu'au dernier moment. Il fit ouvrir sa fenêtre : le temps était
■ beau; et, jetant les yeux sur les jardins, il proféra des
■ paroles qui prouvaient la situation de son amc calme et a pure comme l'air qu'il respirait, se jetant avec confiance < dans le sein de l'éternité.... Madame Girardin, de son coté, a me raconta, qu'effrayée de la situation de Rousseau, elle se a présenta chez lui et y entra. Que venez-vous faire ici? lui
• dit Rousseau; votre sensibilité doit-elle être à l'épreuve d'une a seine pareille et de la catastrophe qui doit la terminer ? Il la a conjura de le laisser seul et de se retirer; elle sortit eu effet, a A peine avait- elle le pied hors da la chambre, qu'elle enten-
■ dit fermer les verrous : ce qui l'empêcha de s'y représenter. ■ D'après ces circonstances, M. Coranccz a cru pouvoir penser
que Rousseau s'était donné la mort; et il a réfuté une lettre écrite longtemps après par la veuve de cet homme célèbre. L'historien de Jean-Jacques, M. Musset-Palhay, s'est rangé i cette opinion, a Nous croyons, dit cet écrivain, que, pour a accélérer le moment fatal, Jean-Jacques employa les deux « moyens; c'est a-dire qu'if se prépara lui-même et prit le
■ poison, et que, pour abréger la lenteur des effets et la a durée des souffrances, il les termina par un coup de pisa tôle t.... C'est à tort que M. Girardin craignit que sa reputa- « lion ne fût compromise, si l'on savait que Rousseau s'était a tué dans l'asile qu'il lui avail offert. Jean-Jacques était alors a et devait être dégoûté de la vie. Il fut blessé dans ses all'eca tioos les plus vives, dans ce qu'il avait de plus cher. Il i'a> i perçut de l'intrigue de Thérèse et de son goût pour un valet. a Elle s'opposait au projet qu'il avail de quitter Ermenonville, u Ce fut un trait de lumière qui l' éclaira sur les motifs scciets « de la résistance de Thérèse. Dés ce moment, le seul lien qui « l'attachait à la vie fut rompu : en proie au plus sombre désesa poir, il se délivra du tourment d'exister ainsi. Voilà ce que « nous croyons, malgré le procès-verbal '. a
Malgré ces témoignages assez puissants, il y a encore lieu de douter. L'auteur du voyage où nous avons emprunté quelques détails, prétend qu'ayant interrogé un vieux concierge qui lui assura qu'il était le plus voisin de l'aile du château occupée par M- Rousseau, et qu'il lui rendait chaque jour ses petits terriers, il en reçut la réponse suivante sur la fin du grand écrivain : « Il y avait à peu près quatre mois qu'il habitait le « château, lorsqu'il mourut; et voilà comment ce malheur a arriva : Deux jours auparavant, M. Rousseau se plaignait « d'avoir quelques élourdisM-iucuts ; mais cela ne l'empêchait « pas de se promener comme à l'ordinaire. Le matin du joui
i llnibif* i* U vit H é*$ m-l a, loma i. fif SSt .
turoftl ét J.-J. Aoimihh, Part*, litS, S val-
HISTOIRE DE* ENVIRONS DE PARIS
« fie sa mort, il nlln en nre herboriser dans le pitre. F.n revenant « après le «téjenner, il dit a sa 'emme qu'il se sent >lt ntalnilc
• J ai hrtoin ttair. dit-il. nurre lu \r*t*\Tf. Il se lève et se met a a la croisée. 'Maritime Ronssau du hussI qu'il épouvntt ries « é aneemrni» a la piaule des pieds. Il se rassied : Tni bt$atn
■ Hoir, dit-il eneore. j'ftnufft Sa femme voulut avertir M. « Girardin ; mai» il s'y refusa. Il se remet a la fenêtre, mais, « ru voulant ►« rasseoir, il se lats>a tomber, et mourut qucl-
• qoes minutes après. J'arrnurut comme il finit tq>iranl. M. « Cirer 'in, qui crut que ee pouvait lira une apoplexie, et que « peut-être M. Rousseau n'eta't pus mort, envoya sur-le-el amp « cherchrr deux mdeetns ; mais il est certain qu'il n'existait « plus. Les deux médecin* arrivèrent et dirent aussi qu'il était « mort d'apopbxie. Cependant M. Gimrdin ricska qu'ils lissent « rouvert urc du eorps. Apres cette ouverture, ils persistèrent « à croire qu'il était mort d'apoplexie. J'atmiai à l'ouvrrlure " n d irmbaiim'tnrnl de ton enrpi. •
■ Os détail*, ajoute ec>ui qui les a recueilli", que l'on peut s regarder comme très véridtques, détruisent l'opinion qui (Vit « alors publiée par quelques écrivains, que Rousseau s'était « empoi-onné a
le viilaj»e d'Ermenonville fait partie du département de l'Ois* et de l'arrondlss ment de Scnlis. On y compte environ son hxbilanis. Ces habitants durent, en I8Ï4. à la tombe rie Rousseau, de n'être point frappés de rontrihutlons de goerrr par l< s aimées étrangères qui envahissaient alors la France.
g III.— Minirutl-lr-llaMcInul n
Bourg situé sur la grande rouie rie Solssnns, à onze Meoi s ou nord-est de Paris, à quatre et demie au sud-est de Senlia.
Ou a dit tans autorité que la mot rie INnnteuil dérivait rie Ai"/ qui. rn celtique, m miia t une source, nue fontaine, h la vient le grand nombre de Deux dés'gnés en France sous ce nom : Carher rn rompt- huit dans le seul duché de Valois.
Le Manteuri dont >West question fut d abord, du nom d'un de ses s gn urs. curnommé Nanlmtl Ir lhMuin, puis Mwrevi'J It-llau tauin. Il e»t connu dana le» écrits ries vu' et mi* siècles sou» le- dénominations de Fitcm* NantiAialtntii . de Santricut et d ' Nanl-rn-tttit.
In 'La -rigueurs de Nanteuil, nomn > Vn'hert, construisit dan> ce lieu une éitltse dédiée à saint Georges. Voulant donner à ce saint «'es marques particulières de confiance, le* sueecs- »eur- .!i * ..I tt lui érigèrent a If un frais une église près rie IcU' château, y i lacèrent un p-ètre et le dotèrent r chemeiH.
• Cttte enlise de Saint-Ceon.cs «levait, riit (Jarlier, être située
■ vers le pavill .n gauche riu chat' nu actuel. » A peu près vers la menu- époque, fut érigée une seconde église dédiée à Motte- Dame.
Valbert était tres-faible: le clerpé avait rempli son esprit de terreur*. Il alla eontult r saint Eustate, alrii' rie l.uxeuil, sur le genre rie vie le plus »ùr pour arrivtr 11 la perfection chrétienne. L'ahbr lit lu n'poiw qu ou «levait attendre du chef d un couvent. Il lui Ht rmnpiemre que |.« règle îles rloll'cs pouvait seule lever les difficultés qui se reucontrenl dans l'imporl inte affai e du salut. Valnert ent>a donc à l.uxeuil.
1,'nblié pioflta de cette occasion pour avanrr les nllaires de sa eomm nnuté. \ rib i étant sur le point de distribuer fous ses l.ii us, l'a >bo l'i nuagen a ne pas oublier le mnnnslcie ou il trouvait un rfuge coutie les attaques rie l'ennemi de son âme.
Il y avait dans l'étendue rie la forêt rie Brie, du roté de* d«ux rivières appelées Wonn*. un endroit que ries persuanw pieu-es avaient eiiotsi p -ur retraite. \abert. vouant faxiri-cr d'ius ces personnes ri s iucliuaiions pareilles nus siennes, liiirahn, don><a an toute propriété 1rs emplacements qu'elles o eupaient, et leur procura Ions les si-cour* qui drp< n la eut de lui. Cai donations oui été les premiers iléniembrcim-iii* de In terre «te >anieuil et I online de plusiem* cnmmuna ites rcliuicus.* qui sont deviiiiiis emisi eiaiilcs pir la mule ll.ms le p.nlac.«' 'lise» inni». it préiera a tout aune le m u istere ri l.uxeuil, auqucl il donna >es deux teir.x de lli-riv-en-P oulhicu el de Nnnleuil-en- Brie.
I UUrmiur MmOutih», fit , M' » ». L a<IS, f*f IM.
Ou vnvail a'ors h Nan'e"il. outre réulisp de S 'int-Grorcr». une baMliqu' composée rie deux chapelles : l'une dédire h sirinl Jcîin-Bnptiste. 1 autre a Notrc-D.iinc. Valbert plaça «lans Crlfe église des religieux de l.uxeuil.
Les religieux de l.uxeuil envoyèrent sur 1rs îicux, immédiatement après la donation de la terre de ISantruil. une co'onie de b urs confrères, pour prendre pnssession de çette terre. Cet établissement fut l'origine d'une abbaye en titre.
Les faux légendaires du mo.xen nue ont attribué un grand nombre de miracles h Vnlbctt. Ils racontent, c tre autres ', que quelque temps avant In rettai'e riu saint bomnie, un d- ses fermiers vint le trouver nu cbntenu «le Nanteuil, pour lui dire qu'une bande d oies fauvages faisait un yrai d déiifit dans us terres; Valbert lui dit d'à 1er trouver ces oie*, de les a»peler et de les enfermer pendant trois jours sans leur donner d - nourriture. Le fermier, plein «le ronlianec dans les po'oles de son maître, exécuta ce qu'il lui avait prescrit. Le troisième jour de h détention de ces oie* étant arrivé, le fermier >e r n rit près d'elles; mais sa surprise fut extrême lorsqu'il vit les oies refuser la liberté qu'on leur olf nll. Il revint trouver saint Nalbert, et lui raconter ee qui venait d'arrivé . Celui-ci lui 'lit d'examiner si les oies étah nt au même nombre. Le fermier aya-it appris qu'un domeslii|iie de sa ferme en nvari volé une et l'avait mangée, retourna vers «amt Val crt, qui m de- * mnn a les plumes; le fermier les lui pr-senta. Le fffinl se mil aussitôt en p'Ière; et l'oie reraïut subitement couverte des mêmes plumes qu'auparavant. Saint Vatbcit or lonna nu fermier rie la reporter à ses «•oiii|.agiies. qui. In voyant, p Hissèrent le cri qui leur est naturel, prlnnt leur vol «t ne reparurent plus.
Presque aussitôt après fa mort, saint Valbert fut canonisé; et ri s'éiablil à >antruil, eu son honneur, un pèlerinage assis singulier-, on ne l'invoquait p-s d uis les eglisis, mais les pis. leruis faisaient leurs prières près d'une l'on aim*, qui fut pruriant plus de huit sicde- un objet de grande vénération. I e : w «lu lieu tenait ses audiences a cAlé de cette fontaine ; c'était évidemment un reste de l'nntiq' e culte des kWtafi es.
Lnuis-le-Délmiinairc, persécuté outraté, delrnné par son (ils et par le « Icgé. ap«rs avoir été une seconde fois rétabli sur >on imne dans l e. lise rie S. mit Hmis. vint tt Nanteuil. et «le IA se rendit a Kieray.
Sou* les successeurs de Charles-le-Chauve <t après a mort de Valnert, les comtes de l'ontliiiu, i-c* héritiers natunls, reveniliquènnt les bien* qu'il avnit donnés, et obligèrent les moines h déguerpir des deux châteaux qu'ils t liaient de la ilé<ote générosité de V'ailert *.
Il parait qu'alors les re igieux se retirèrent à Luxcuil, alianrionnant les «irux terres rie Herlyet «le Nanleu I. bleu résolus ri y nnlree dés qu'ils en trouveraient l'occasi. n File ue s. pré-entail tas : Ils h lirent naître.
Ils prirent a l.uxeuil les reliques «le saint Valbert, et les portèrent •obmnellement à Herly, dans le dissent de r nouvel' r une prise rie possession , et plutôt de faire une sommation «le tendre un patrimoine usurpé ou de soulever tes hnliii. nU en leur fnveur. Ils entrèrent ainsi processiminel eiucni dans Hif'y. I e briitl ce leur arrivi c s étant répandu «lans les lieux v mins , il - e lit un «oucour*pr«dig'eux rie peuple q-i «lemaud.i h.iu'enient h- «. t..M • : -n. m ries religieux dans un bleu qu'ils ava eut reçu de saint Vnlh-rt , et dont le saint lui mém les avait investis. Les préposés a l'nriitiin si ration de Herly, intinil lés par les clameurs, fuient obligés rie céder. Quelque* mit actes o^ré* i propns excitèrent de plus en plus le rèb de la multitude, et confirmèrent les religieux dans In jouissance qu ils venaient d'obtenir.
F.ncotiragés parce succès, les religieux de l.uxeuil résolurent d aller a Nanttuil. atiu d'y faire la même tentative. Ils arrivé rent jus in à In nvtère de Marne s ns op|iosilion. \sx ofilclers du « liitean. informes rie leurs desseins et de In rouie qu'ils tenaient, s'ét iient rendus a l'autre bord de h rivière, afin de le* emiéehrrdc passer outre. Plusieurs mlmc'es, opéré* dans le chemin, avaient rassmiblé à lu suite des reliques une foule d •
1 •<:-"'. ' n tt mîracln ./.• ru n r Alhrrt, >rr. S.
■ lioli ii m n|u,« .|ur Irtrlitrtcs «le itonilion porltirnl S Icâ •urfprt'/au fmrxêrum rtgum et procirum.
HISTOIRE DES ENVIRON S HE l'A RIS.
prrple qui maniVslait In meilleure vo!on-é île repousser le* <tbslnclcs qui |<ourrni< nt arrêter le* re'igh ux «lan* leur maudie rnvoliu-nnle. Le» oflici< r» jurereni donc h prnpo* «le chercher leur t-utut dans une retraite prec pitée, et fuient témoins de l'entrée de leur* adversaires dans le bourg de Nanteuil1.
lie grands débats «'élevèrent ensuite entre le comte de Rretruil et les moine» ; mai* ils furent terminés par un accord de l'an 1000, qui réylaquè 'es moine* rentreraient en possession du monas'ére et des bâtiment* de sa dépend'<nee ; qu'il» desserviraient in chapelle de Salnl-<ieori;e* • t jouiraient d'une portion d'héritage, mai» renonceraient A leurs pré entions sur certaines parties de la terre et du château de Nanteuil.
I.i s chosrs étaient dans cet étal lorsque la terre de Nanteuil passa de la maison de» eotnti ■ de Ponihicu duns celle des comtes tle Crény ; nu | lut At les »eigneu'i de Nanteuil devinrent scigneu s du donjon de Crepy. Noua parlerons plut tard des comtes de Crépy.
Au mu* siècle, vivait Philippe de Nanteuil, seigneur du donjon de Cr» py . cité avec éloge dans les historiens de cette époque. Il fut, en convoqué à I n»seinb'ée d< s grands du myum e, réu< ie afin d- prendre un parti sur les Albigeo's. PhilipfH- de Nanteuil chercha n prouver qu- le roi ne pouvait se dispenser de leur taire la gnerr; et son a« is pré- «lut.
Le roi PI iltpie- Auuuste conçut le des eiu de réunir au chàtenu d Crépy la st-ignruiie du douion, que les seigneurs de Nanteuil po* édnient sépare mmt depuis le règne de Robert. Philip e de Nant> uil y consentit.
l e Il s de Philipi"- I" de Nanteuil, Plii'ippe II, bAtit un hôpital dans ce lieu, et déclara l'église et l« maison libres de toute ehnr. e, a condition qu'elles ne jouiraient pas du droit d'asile : ce droit, comme on le sait, assurait l'impunité a tous les crimes.
Iji même année, H3o, il établit un marché à Nanteuil.
Philippe II fit le voyage de Palestine. N rassembla à Jérusalem un grand nombre de relique*, et. revenant par Aulio l e fit d >m ci tte vi le l'acquisition du corps de saint lia by las, dont il fit don à I église de Nanteuil : c'était, dans l'opinion de celte époque, ri lu cr un grand fruit d'un voyage au-si long et aussi pénible.
Phi ippe II laissa entre autres enfan's une li le nommée Alix, mariée h Pierre de Pacy -en-Valois, qui devint, par ce mariage, seigneur de Nanteuil. Au retour d'un vny agede longcours, Pierre trouvas* femme ejreinte.et In maltraita «1 violemment qu'elle accoucha axant terme d'un enfant mort ; mais, plus lard, revenu de ses soupçons, il d> manda à faire pénitence de sou crime qui
avait p' ivé un eira< I du baptême, en se ne t ml à la rigueur
des | eines eanoni iiiir*. Il ordonna même qu'aptes sa mort l'en- IhiiI ferait représenté sur sa tombe, et que lui-même y figure rail av.c la calotte de moine , qui était alors un sig.ic de pénitence.
*A l'ierre de Pacy stieeéda son fils aîné , aussi nommé Phi- In p '. Celui ci aiTrauchtt Us habitants d-- l.evjgnen, dépendant rie >a seigneurie. Il leur permit , en rt> autres choses, de déposer d> leurs h et s , de se marier où bon leur semblerait , et de preudra In tonsure. «> dernier privilège, dit Ca lier, fut celui qui Un' In le 1 lus les habitants de l.cvignen : ils sa lireul tous couper les « neveux, et même raser en signe de liberté. Autr efois des cheveuk coupés étaient un signe de servitude, une dégradation qni rav.ilnit les grands au rang des prêtres ; alors ils pa-sanitt | «ur une marque ne libeite. Les particuliers rasés te rro> aient ai ohlis et presqiiYlevé» au rang des piètres.
Jean de Par-y, (ils de rhilippe, fut très- processif. En tas:., son receveur île la terre de Nauieuil, de coiiccil avec lui, perçût quelques droits qui revenaient aux leligieux de Nant uil. < euxci assi.nèient h- ixceveur, qui fut condamné à restitution. I.< prieur ries leligieux avait soutenu le procès au nom de sn comm< nauté . avec beaucoup de fermeté. Jean conçut contre le prieur un reventimeut tte*— vif , qu'il cominuiuqini a Renaud , • on lils. Ce ui-ci joignait n beaucoup de hauteur un caractère des |ilus fougueux. Il donnn ordre a neuf de* gens «lu chàliau d'attendic le prit n au passage dans un endroit convenu. Ceuxci 1 xi r nièrent ponctuellement les ordres du jeune seigneur, loinliérrnt sur le prnur, et le laissèr.-nt presqi c mort (Cependant, avi nt l'expirer, le prieur révéla le* auliurs du crime ; mai* le meui trier obtint sa grâce auprès du roi Charles VI, moyennant
> AtUim. r$f. i S. 14.
la fondation de quelques nie**e», le don de quelques eiertes. les frais de couverture de I église du prieuré, et un voyage k Jérusalem.
I.nrs des guerres «ivile, sou» f.hnrles VI, en 1416, un a roi de troupes bourgulgnones pénétra dans le Valoi*, du coté de Nanleuil-lc-Hnudouin: les sol its y causèrent de grands maux : le bourg fut pillé -, le seigneur. Louis de Pacy. fut surpris dans son château e> dépouil é de tout ce qu'il avait. Depui* cette ex pédition, le» tein s des environs de Nanteuil , san* c-sse ravag c, rc-ter. nt incultes l'i space de trente ans. On ne recommença à les cultiver qu'en 1446.
La terre de Nanteuil passa par droit d'héritare de la maison de Pa y d >ns celle de Broyés : l'un de ces s- iuneurs, Henri de Lenoncourt , fut très -puissant: il vivait du temps de François I" ; et. comme il désirailjoindre a la seigneurie de Nanteuil un titre qui répondit a la majesté de son châ'eau. a l'étendue et à la richesse de ses dépendance* , il conçut le dessein de faire changer sou litre modeste de chAtellen:e en celui de comte. Krnnçois I" remplit s* s désirs. Ce comte comprenait cinquautequatre fiefs. L'érection en comté est de 1641. Les roi* François l"rt Henri II séjournèrent plusieurs fois à Nanteuil, et y signèrent plusieurs chattes.
Les deux seigneuries de Nanteuil et de Pacy strient jusquelà cté réunies dans la mèm - main, depuis le mariage de Pierre de Pacy avec l'héritière de Nanteuil. Après la mort de Jeanne de Vider», Mlc-mère du seigneur de Lenonrnurt et veuve de Jean de Broyés, le comté de Nnn'euil fut vendu aux Gui*e par Marguerite de llmyes, veuve de Hmn de Lenoncourt.
Cete ncquisilion fut l'elTil de la vlu'ence1. François de Lorraine, duc de Guise, craignant que le lils de Henri de Lenoncourt i e | rutilât du séjour que la cour avnlt coutume de f,i re ait château de Nanteuil dam se* voyage* rie Villers-Cotteret* , pour reprendre la même faveur dont a. ait j m le pere pxr le crédit de la comte se d'Étampes, ob igi a , d autorité et par des nienaces. la veuve du comlc a lut vendre la terre » t lecomiéde Nanteuil, quoii|u'elle eût un lils auquel i e comte appnrti ni t de droit. Le connétable de Montmorency aida le duc de Guise duos In conclusion de celle aiïaire. Le contrat de cette vente force est de 16(6. Il porte que la terre et le comte de Nanteuil-lelluudnnin ont été cédés moyennant la s 'mine de scn.uoo lit.; cl Car ier 'ait remarquer que cette somme retuboutg m à peine la v ru ve du seigiv tir de I en meourt des embellis* mrnts que son mari avait ajouté" au château ite Nanteun; que Je du- avait, en mis du priv ries bâtiments, tous les biens fonds de terre nu préjudice d'un mineur « t d une veuve.
Le due. npres c< lie acquisition, r eu t le roi dans son nouv eau château ; celui-ci y tint même que qui* conieilad Elnt.
Sous François II , le du<* de Cime et le cardinal de Lorraine prirent les renés du gouvernement. Le duc , qui ne cherchai! q - a tenir le roi dans un eutu-r assujettissement, rendait fréquents h-s voyauis de .\ n 1 1 1 • u . I , ou des amusement* étaient préparés au jeune prince.
En i5o9, éclata contre le» Gulae la conspiration d'Amboise. Plttl p|,c de Lenoncourt, éveque d'Auxcrre, frit parti contre ces pun es, croyant les forcer è rendre la terre de >anteuil n son neveu ou à lui. Il iii cnla un pioces au duc de Gui>e ; mais ce pro ès n'eut aucun résultat. •
Le duc de Guise résidait habituellement au château de N mleuil. et le coiinélnble de Montmorency n t.haiinlly. Ce s ni ces deux homnes qui Bur> nt la pins g au ic part aux allure* du règne de Châties IX : des intrigue* se no en nt entre eux. « On u ne voyait que courriers sur le chemin rte Nanteuil à Qiau- « lilly, des intendants, des ofiiciers, îles non* d'alTatresque ces
deux seigneurs s'envoyaient réciproquement, lis ne traitaient a i as d'égal a égal ; le connétable donna t au duc le titre de
• Momtignrur, iians «les lettres qu'il terminait toute» par cette
• formule : Kofrr tr*$ humble tt irit-obtiuanl snc ltm - Le iluc « appelait le connétable monsieur, et finissait ses lettre» par ces
• mut* : Votre bien bon amt '• *
Sur la fin Je itiio, et après le colloque de Po!s*y, les Cuise, voyant éclniut rieur* projets an.bitieux, se n-dr. reui de ta co ,r ; le duc de Cuite, principal cb.f du triumvirat, établit au châ-
I D* Tti«<i, i7ii(., tome oc, livre mu, f*t* ItS — Malérai, |<j«« J» — TrmpUux, paff lit \ * Csrllfr, tiiilotrt 4m dwhé if r«/«rf«, tnm • u, lOrt*» »«•, p»r- »»0.
232 HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
teau do Nanlcuil une espèce de siège de clic puissante association.
Alors une foule de seigneurs , ses partisans, vinrent à Nanteuil pour le féliciter sur son attachement au pani catholique. Le connétable avait aussi sa cour à Chantilly; et, depuis le retour du duc à Nanteail, ces deux seigaeurs ne dissimulèrent plus leurs liaisons. »
Le duc de Guise, après avoir fait prisonnier le prince de Condé à la bataille de Dreux, résolut le siège d'Orléans qui tenait le parti des Huguenots. H fut assassiné devant cette ville d'un coup de pistolet.
Le comté de Nanteuil passa alors à son fils , Henri de Lorraine, enfant en bas âge. Les Guise continuèrent à se rendre au château de Nanteuil; ils y tinrent même plusieurs assemblées notables du parti catholique. Le. comté de Nanteuil resta au pouvoir des Guise jusqu'en 1 578.
Henri de Guise, héritier du courage, de l'ambition et de l'humeur turbulente de son père, recommença les assemblées au château de Nanteuil, ce qui déplut au roi ; et . comme l'autorité du fils n'était pas encore arrivée au même point que celle du père , il reçut des ordres secrets de vendre ou d'échanger le comté de Nanteuil.
Le jeune duc remit, en 1570 , au roi cette terre et son château, et le pria d'en disposer. Le roi le garda deux ans, pendant lesquels plusieurs seigneurs se présentèrent pour en faire l'acquisition , mais inutilement, parce que le roi voulait disposer rie ce château en faveur d'une personne fidèle. Il en fit don à Gaspard de Schomberg, officier d'un mérite éprouvé, qui y fixa sa résidence. Il fit des augmentations au château qui était déjà très- vaste et très-orné.
Henri de Schomberg, fils de Gaspard, posséda après lui le comté de Nanteuil, et mourut en 1032. Henri fit paver le bourg de Nanteuil , et acheva les deux pavillons du château qui n'avaient pas encore été terminés.
Charles de Schomberg, (ils du précédent, lui succéda dans le comté de Nanteuil. Il mourut sans enfants ; et, après sa mort , ses deux soeurs vendirent , en 1 038 , pour 900,000 liv. la terre et le comté de Nanteuil à François-Annibal d'Estrécs, pair et maréchal de France, dont les descendants possédèrent le comté.
Avant la Révolution le comté de Nanteuil appartenait au prince de Condé.
Le bourg renfermait un prieuré conventuel de l'ordre de Cluny. L'église ayant été abattue, les bâtiments qui composaient le monastère subsistent seuls aujourd'hui. Le château « été démoli en grande partie ; mais on voit encore une tour que sa construction remarquable, jointe aux souvenirs historiques qu'elle rap ne Ile, nous a engagés à faire graver.
i canton.