CHAPITRE III
CBSPV.
La ville de Crépy , ancienne capitBle du duché de Valois , est située* 1 4 lieues au nord- est de Paris, à ô ausud de Compiegnc, a & à l'est de Senlis.
On a voulu donner à cette position l'illustration de l'antiquité, parce qu'on y a découvert quelques médailles romaines. Mais ces objets mobiles et portatifs ne présentent aucune preuve suffisante, n'étant point appuyés par des témoignages historiques. Le moine Helgaud esi le premier écrivain qui fasse mention de Crépy. H nous apprend, dans sn vie du roi Robert, que ce lieu était un château que Waltérius ou Gautier , dit Leblanc , comte d'Amiens, fit construire dans le Soissonnais, et où il fonda l'abbaye de Saint-Arnnuld. Ce château et celle abbaye, dont la [fondation est de la fin du \' ou du commencement iJu \r siè- I j e, donnèrent naissance A la ville de Crépy.
Gautier transmit ce château à son quatrième (ils, RoJolphc ou Raoul, beau-père du roi Philippe I". Il vivait de brigandage, comme les seigneurs <:e son temps; I dévasta souvent les terres de ses voisins cl celle i de l'évéquc de Verdun. L'évèque Thierry, ayant refusé de lui payer une imposition annuelle de vingt livres, que lui avaient payée les évéques ses prédécesseurs pour qu'il ne ravageât pas te territoire de l evèclié, Raoul se
rendit1 h Verdun, et, pour la seconde fois, incendia celte cité*.
On consentiiit à payer les seigneurs pour être préservé de leur brigandage; le paiement venait-Il à manquer, ils pillaient de nouveau et incendiaient. Tel était le régime féodal, régime essentiellement destructeur.
Ce Raoul, second ou troisième du nom, était surnommé U grand, sans doute à cause de>a grande puissance, qui lui assurait l'impunité de tous ses crimes. Il'se qualifiait de comte par la grâce dt D'eu.
Raoul , ou son successeur du même nom , est ainsi dépeiut par un auteur de son temps* a II y a, dit-il, de nos jours plu- « sieurs personnes qui ont vu le comte Raoul ; elles peuvent dire « à quel degré il avait élevé sa puissance, quelle autorité 11 o s'était acquise, et de quel despotisme il usait. Trovrait-it «» « chdttauà m bienséance , il l'a$néqeait. Place attaquée, place a prise: tant était grande son habileté dans l'art des siège*; o et de toutes les place* qu'il prenait il n'en rendait aucune*. » Ainsi c'était par une série d'usurpations et de violences que les grands seigneurs fondaient alors leur puissance. Celui-ci dépouilla plusieurs de ses parents, entre autres l'héritière du comte de Montdidier, à laquelle il enleva son héritage.
Dès 1040, Raoul avait embrassé la querelle d'Eudes, révolté contre Henri I*1, son frère, roi de France. Fait prisonnier par le roi, il ne tarda pas à recouvrer sa liberté, et combattit avec ce monarque contre les Normands, en 1054, i la journée de Mortimcr. Le premier , il prit la fuite et concourut ainsi puissamment à la perte de la bataille*. En 1060, on le voit signer, comme témoin, un diplôme accordé par Henri au monastère de Saint-Martin-des-Cliamps. Son nom est inscrit sur ce titre immédiatement après ceux du roi , de la reine et de leur fils , cl avant ceux de tous les grands-officiers de la couronne : ce qui manifeste suffisamment son importance. Henri étant mort, Anne sa veuve, se retira à l'abbaye de Salnt-Vinccnt-dc-Senlis. Là, Raoul la fil consentir à lui donner, sa main.
Le comte de Crépy avait alors une deuxième femme, appelée llaquenez ou Eléonore ; mai« s'en débarrasser n'était pas une chose bien difficile pour un seigneur d'aussi haut parage : il accusa celte Haquenez d'infidélité, la répudia, et épousa la reine, en 1002, malgré le roi Philippe . son tlls. L'épouse outragée se rendit à Rome pour demander justice. Le pape Alexandre II chargea les archevêques de Reims et de Sens d'examiner
affaire et de lui en rendre compte. Le jugera*, t des prélats avant été favorable â la comtesse' , Raoul reçut l'ordre de quitter la
reine pour reprendre Haquenez; et sur son refus, il fut excommunié. Il , parait <|u'il était assez puissant pour braver les foudres de l'Église, si redoutées a cette époque ; car il garda sa nouvelle épouse, comme ou le voit par unè charte de 1060, sur laquelle sont écrits ces mots : Charta manu med scripta et usons MOT Ajout *• #
Quelques années après, ayant eu une querelle avec le comte de Vcrmandois, il lui enleva Péronne, ville de tout temps regardée comme imprenable; il fut si fier de cet exploit qu'il voulut qu'on l'appelât Raoul il Péronne 11 mourut en 1074, et réunissait alors sous son sceptre féodal le Valois, le Vexin et le comté d'Amiens,
Simon, fils de Raoul, eut une destinée qui n'c*t guère moins remarquable que celle de son père. Il portait le litre de comte d'Amiens avant la mort de Raoul. Devenu possesseur de tout l'héritage paternel, c'est-à-dire, outre le comté d'Amiens, du Valois, du Vexin, du comté de Bar-sur-Aube, des seigneuries de Péionne, de Montdidier, de Pontoise, de Mantes, il fut le plus riche seigneur du royaume. Pincé d'abord par Philippe Ie* à la tête de ses troupes et parmi les barons de son parlement ou conseil, son Influence ne tarda pas à exciter la jalousie du monarque; la guerre éclata bientôt après entre eux. Les dévastations et les meurtres qui furent la suite de cette querelle firrnt" naitre des scrupules dans l'Ame du vassal; il suspendu les lin slilites, et se rendit à Rome pour avoir l'avis du saint-pèic sur sa conduite. Le pape (c'était Grégoire VII) lui fit d abord dô-
h- .«fi
i tttttuildtt Uttleritm dt Frnnet, \»mt si, page 151. *6«iBMl <lc No^cnl, lu ri'M m<t. I<b. I, Mtettêtt dtt MSftrftsu d* I lomr m, page 537.
» ttrdenr lifn/, li\rc»ii. |»itf<> 057 s D buitq-jfl, Huft.rirn dt PVmef, i-i-nr xt. page »S» ♦ l.« MftMfS, Nilt-rt d Amttni. | »31.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
|uwrr son cpéc; puis il lui imposa une pénitence, qu'il se chargea d'ncromplir lui-même avec l'aide de dru* religieux, après quoi II lui rendit son épee et le xenvoya absous i. Simon, dès qu'il cul le pied eu France, recommença la guerre contre le roi, qu'il accusait d'avoir entamé se* domaines pendant son voyage au-delà des Alpes. Philippe fut contraint d'en venir à un accommodement avantageux pour son vnssal ; et la guerre cessa. On ne dit pas»si le comte de Valois se crut obligé de demnnder une seconde absolution.
Quoi qu'il en soit , frappé toul-a-coup de cette pensée qu'il pouvait bien n'être pas très-légitime possesseur des terres et cités que le comte Raoul s'était appropriées avec violence, il résolut de faire des restitutions ; Il commença par Montdidier, ou son père était enseveli, a Craignant que cette eirconttance ne portât « préjudice à ton dmt, Simon résolut de transporter ses dé- « pouilles dans un lieu qui lui appartint de droit légitime ; mais, • avaot d'opérer celte translation, avant fait découvrir son a tombeau, la vue du corps d'un père autrefois si puissant, « d'un homme si valeureux, n'offrant que les hideux ravages « de la corruption, le fit réfléchir sur la misère de notre con- ■ dition ; il commença dès ce moment à mépriser toute cette s grandeur, toute cette gloire qui lui avait souri '. •
Bientôt anrès il forma la résolution de renoncer au monde, et de se faire moine. Ses courtisans voulurent le détourner de ce projet, et le déterminèrent à épouser Judith, fille de Robert II, comte d'Auvergne; mais la jeune comtesse n'était pas, à ccqu'il parait, dans des dispositions moins dévotes ; car les deux époux, dans la première nuit de leurs noces, convinrent de se séparer et de s'enfermer l'un et l'autre dans un cloître. Eo 107 G, Judith se retira à la Chaise-Dieu, et de là au prieuré de Larey, près de Dijou ; et Simon au monastère de Saint-Claude, sur le Jura, où il fut accompagné par cinq ou six chevaliers qu'il avait convertis, et qui, comme lui, voulaient embrasser la vie religieuse.
Devenu moine, le comtcdcValois fit plusieurs voyages enFrance et en Italie; et sa piété fut partout un sujet d'édification. Employé par Grégoire VU dans une mission auprèsde Robert Guiscard, duc de Pouille, il revint à Rome après l'avoir accomplie, et mourut dans celte ville l'an 1083. Le pape le lit ensevelir dans le caveau même des pontifes romains : honneur, Jusqu'alors, fort rarement accordé.
Les vastes possess ou' 0c Simon furent démembrées à l'époque de sa retraite du monde. En 1 077, Herbert IV, comte de Vermandais. Ion beau-frère, lui avait succédé dans le comté de Valois, dulcbef de sa femme, Adèle de Hildcbrand; et, dès ce moment, Phistoire de* comtes de Vermandois devient celle des comtes de Valois. Herbert mourut au bout de trois ans. Eudes, dit 1 Intenté, son fils, fut privé des comtes par le conseil des bjrons qui le reconnaissaient pour suzerain; et ce fut Adêl.iîde, sa su'ur, qui succéda à Herbert, son père. Celte Adélaïde était mariée a Hugues, frère du roi Philippe l", et surnommé le grand .. i aux' île sa haute taille suivanl les uns, el de -i s exploits en Tern-Sainte suivant les autres. C'est de la sorte que les comtés de Vermandois et de Valois devinrent le partage d'uue branche de la maison royale. Hugues mourut en Asie, dans la première aunée du III* siècle.
I.e château de Crépy fut, au commencement «lu > -uvlf, construit avec noblesse par le comte Gautier, nobiliter con- $tmctmm, dit le moine Helgaud. Il fit bâtir l'église et élever le donjon qui se composait de trois corps de bâtiments.
Il construisit ensuite un beau corps de logis dont la façade regardait le monastère de Sainte-Agathe. Gautier fit tracer ensuite l'enctinte qui environne encore la ville de Crépy. Dans l'in'crvalle qui se trouva entre cette enceinte et le château, il se rorma un bourg, en peu de temps, par l'agglomération d'un certain nombre de familles auxquelles Gautier permit de bâtir des demeures, moyennant une redevance annuelle. I.e comte soumit ces familles à un gouverneur qui prit le nom de burgare; on le nommait aussi li bogre et même li baug... de Crépy. On appela faub mrg une autre portion de maisons qui se forma hors de l'enceinte. Gautier établit dans cette partie un second officier qui, dans un titre de 1070 , est nommé VUUcut.
' icla S. S Btnti., »*c. vi, pagt STS.
: l ,.1'tri,. n 4*1 W-r» ir-i rdatttt è FOitlain 4* Frmntt, |.ul:lif» p " M. Guuol. 1 1» ds Gmf'C < 4» /Vofvai, livre I, cb«pllrc i, p*|o *7«.
Le comte Gautier fonda aussi un monastère du titre de Saint - Arnoul, à la place des clercs ou chanoines que Raoul I" avait placés dans son églisc,et dont la conduite était excessivement licencieuse. La construction du bâtiment de l'église de Saiot- Arnoul dura plus de soixante ans.
Quant à la ville, elle était alors et fut, Jusqu'à la fin du xui* siècle, l'une des plus fortifiées de cette époque.
On distinguait cinq quartiers dans la ville ou plutôt sur lu territoire de Crépy : celui du donjon, celui du château, le bourg, la ville et les Bordes.
Les seigneurs de Nanteuil, auxquels appartint le donjon, en* tretenaient dans cette espèce de citadelle un châtelain qui était indépendant des seigneurs de Crépy, maîtres du château. On entrait dans l'enceinte du donjon par la porte souterraine du grand chemin de Hapaomc.
L'espace occupé par le château se terminait aux premières maisons de la ville, à la Poterne, à la Croix-au-Rourg et à la porte aux Sentiers. On entrait dans le château par deux portes principales : celle de Compiègne et celle des Pourceaux. On perça plus tard une nouvelle porte du coté do fief des Rordcs, qui parait être celle qu'on nomma depuis porte du Paon.
L'enceinte du bourg continuait depuis l'emplacement de la porte du Paon Jusqu'à la croix de son nom, et jusqu'aux murs du château et du donjon : c'est celle troisième partir de Crépy qui avait le gouverneur particulier, auquel les titres donnent les noms de burgare, li bogre el U boug- . On ignore si ce titre grossier riait alors une in me ou l'effel de la barbarie .lu temps, ou celui d'un caprice féodal. Cette fonction, si bizarrement designée, était la même que celle de châtelain '.
Le dernier bourg de Crépy, dont ofl ait connaissance, se nommait Itobert ; il mourut a la fin du xm* siècle. A peu près à l'époque où Charles de France reçut en apanage le comté de Valois et établit sa résidence au château de Crépy , la charge ou au moins le litre de boug.. . fut abolie.
Le comté de Valois n'avait point eu jusque-là de limites déterminées ; elles furent fixées sous Charles de Valois.
Le comté de Valois, ou, si l'on aime mieux, de Crépy, ne contenait guère que ce qui forma plus tard l'arrondissement des deux chntellenics de la Ferté-Mllon et de Crépy, tandis que le pays de Valois, dans le sens général, comprenait aussi les deux bailliages de Senlis el de l'ompiègne,
I* comté de Valois comprenait quatre bailliages; celui de Crépy, le principal, avait sous sa dépendance la Fcrté-Milon ; il devint seigneurial lorsque Charles de France eut été investi du comté de Valois. Crépy avait aussi depuis long temps une charte de commune, qu'on trouve en entier dans Vllittoire du duché de Valoit, par Carller *. Suivant des titres des années 1240, I2;r,, 1282, le corps de ville de Crépy devait être composé d'un maire, de huit jures, d'un argentier ou receveur, et de douze ou quatorze hommtt jugeante, qui formaient le tribunal de la commune.
Le comté de Valois fut, par l'avénement au trône de Philippe de Valois, réuni à la couronne; mais on sait que cette réunion plongea la France dans un abîme de maux, a On peut, dit Car- « lier, rapporter au commencement de l'an 1307, relativement o au Valois, le commencement des animosités des deux mai- « sons d'Orléans et de Rourgognc, touchant le gouvernement « du royaume el l'administration des affaires publiques pendant a le temps que les iniirmités dn roi Charles VI étaient à ce tt monarque l'usage de la raison.
« On éprouva dans le Valois, pendant l'espace de trente an- • nées, tout ce que l'esprit peut concevoir de plus accablant; « les villes furent assiégées et désolées, les villages pillés. I s a campagnes ravagées, les métairies et les moissons brûlées, a de manière qu'on ne trouvait plus de quoi subsister. I. « princes même et les grands les plus opulents, que la misère « a coutume d'épargner dans les calamités publiques, se trou ■ vaient quelquefois réduits à souffrir la faim et la nudile. « comme le mendiant qui a épuisé toutes les ressources de la a compassion publique. ■
Les princes qui ont des haines à satisfaire, des intérêts à défendre, des vengeances à exercer, devraient agir eux-mêmes, se battre entre eux, au lieu d'entraîner dans leur querelle des
■ Caftètr, Miiii ut éuéwUit Yaloit, lone i, livre m, pire STS. * T«mt ii, Irtl i,, p. ■
IHSTOIRK DES ENVIRONS DE PARIS
hommes qui y sont étrangers, dp fornc-dr* population* entières à s'entre-tucr, a ravager meipro lucment leurs propriétés. Il n'exi-te point diins In snriélé de crime- pu* énormes dont les conséquences soient plus désaslrt uses, et qui outragent plus ouvertement la raison et la justire que eel antique usaue. Princes, eomhaltex-vous, détrulsez-vou*. détruise* vos châteaux, vos palais: mais lais-ex en paix l'utile. l'Innocent cultivateur et son humble rhaumlérc.
Les fortifications He la ville de Crépy, pir les guerres des ■Savarrais et des Anglais, avaient éprouvé de notable» dégradntioi s. Elles restèrent pendant trente-quatre ans, depuis 1358 jusqu'à 1 391. sans mnrailh s et fans autre défi n*e que quelques pans de mars et des fox»és à demi comblés. Louis, dur -i Orléans, frère du roi Charlts VI. fit rétablir ces fortification* des l'annéou il commen a à jouir du comté de Valois; ces ouvrages ne Turent achevés qu'en US t.
En l'an la'JO. fut faite, par le même prim-cant habitants de Crépy. la remise d'une exaction dont les détnils rara térlsent le système féodal. Ce prince les exempt» des il mit* dt pritt pour son i ôtelet pour celui de sa lemme. t> droit ebligeaii les bourgeois à fournir gratuitement aux deux époux et à leur suite toutes les choses nécessaires à leur table et à leur ameublement pcnlant leur séjour à Crépy. Les provisions de table cnn-lst?iient en vin, viande, grosse et menue volaille pni-S'<n d'eau douce, fruits, légumes ciblé pour le p«in. Lis bourgeois fourniraient en outre aux écuries, les pdlle*. le foin, l'avoine, et tes grains nécessaire-, le bols et le cha bon aux cuisines. Les provisions d'ameublement étaient les tapisseries de* nppartements. les lits, eoilcs, traversins et oreillers, les tables et les tréteaux, les rhariots. Te» darrcites, lesci evaux et 1rs harnais pour H) besoin du prince et de ses g-ns. et les chevaux fîe selle pour les officiers employés an château. Les lettres sont du mois d'avril duo.
Celle exaction, vrai brigandage, s'exerçait à Paris et dans piesque tous les lieux où dominait un haut et puissant seigneur.
Des lettres du roi ou de ceux qui abusaient de son nom, datées du mois de juin de la même an< ée, permettent au duc d'Orléans de tenir en p -irie, lui et ses hoirs mâles, ton» les biens qui lui sont échus p<r acquisition ou autrement dans l'étendue du com'é de Valois
Leduc d'Orléans prit aunrès du mi l'Influence qu'avait eue le duc .'e Bourgogne : et, à t-a sollic la ion, le comté de Valois fut érige en ducbe-pnlrie. en l ion, par le roi Charles VI. Mais la fflVeur des orléanistes ne fut pas durable; et les Bourguignon*, reprenant l'autorité, s» mirml en campagne et jetèrent des troupes nombreuses • ans le Va*ols. Ce. fut a peu près vers ce temns que le» capitaine'» de f.répy ruecé 'crent aux Irnuy...
Kn vertu des ordres du mi, Valeran, comte de Si-Pnl, voué an parti des Bourguignons, commença ses attaques par les plus fortes places, et se présenta d'abord dev ant le ct<&tcau de Crépy, sommant le capitaine de se rendre. Celui-ci ayant juré de se défendre jusqu'à la mort, Saint- Col passades mmarrs aux voies de conciliation, et demanda une «ntnvue, qu'il nul hit, le cnm mandant >e rendit à des . onditions avantageuses; e co ule -on.bîa dalteulions les bnbiiants de Crcpy : dis, o liions trop • ares abus pmir être omiseB.
Cette cap tulati m d une place que Monstre'ct appelle la mattrtite ville de ti>ut U paye, liva pour ain-i dire le Valois tou entier aux Bourguignons : car les autres châleaui n'opposer nt que peu de résistance.
En I43f, les Anglais vinrent de nouveau mettre le siège devant Crepy. Col la première époque «te la destruction de la ville et de ta diminution du nombre <ie ses habitants. Les Anglais moiilrcicntdans cette occurrence un acharnement extn'me. Piqués d'avoir ec.ioué plusieurs fois devant celle pluie, ils s'avancèrent en forces, parurent inop nément; et avant qu'on eut
Çi mettre la dernière main aux lorllllc itions du rôtë de Sainthomas. i's >urpri ent le faubourg et pillèrent la collégiale, entrèrent dans les maisons des chanoines, et en emim nèrent tous ceux dont ifs es «raient obtenir quelque rançon; ils enlevèrent en-uite de chaque maison ce qui leur convint; puis ils passèrent du Attira à ta ville qu'ils mi.enl au pillage, et detruisireul, dit-on, plus de 1,500 maisons.
• Ord,Hl»., Tlll, p. «SI (| SSS.
Le* Anglais et les Bourguignons attaquèrent ensuite le eli0leau. dont l'enceinte ré onda 1 au contour aetml de la ville de Crépy. Cet espace élait rempli par de grands é lifices, des places spacieuses, des cours, des jardins, des touis et de vastes corps de logis.
Le capitaine de Crépy se défendit vaillamment ; et, sans l'élévation de la grande tour de Saint-Thomas, d'ou 1rs ennemis découvraient toutes srs manoeuvres, il cdt peut-être sau»é la place Dans la première attaque. Il sou'inl partout les efforts des ennemis avec une garnison peu nombreuse, et les chassa de plusieurs postes dont ils s" étal, ni emparés. Cette première action fut meurtrière.
I.es ennemis revinrent à la charge ; leurs machines Jouèrent et firent plusieurs brèches od ils se présentèrent, mais où ils trouvèrent une résistance opiniâtre qui les obligea enfin à se retirer.
Ce second échec ne fit qu'irriter les assiégeants, qnl résolurent et tente ent une troisième attaque. « Il y avait à coté du
• portail de l'église de Saint -Thoma* une tour fort élevée et « qui dominait sur une grande partie du rhàte-iu. de manière « que de là on voyait tout ce qu* se p osait dans son enceinte. « l>es Anu ajs pla crent dans cette tour une espèce de gu> t qui a observait la conduite des assièges et en donnait a» is l.ecapia talnede Crepy ne pouvait dérober aux yeux de l'observateur t la connaissance du pe il nombre des combattants qui lui a restaient. Cette connaissance releva le couraue des Anglais. « Ils jugèrent qu'en livrant en même temps plusIeurV assauts
• de différents côtés. Il serait impossible a la garnison de faire « face. Celte opération fut résolue, a
La place fut emportée d'em' tée; et. furieux de la résistance opposée, les Anglais passèrent la garnison au fil de Cépée, sans épargner personne. Les vainqueurs voulaient coose-ver la place; mais le feu pi it, l'incendie s'étendit de telle sorte que le désa-tre fut complet. Ainsi fut renversée presque de fond en c»mble celte ancienne ville, regardée comme la métropole de tous les domaines possédés par les seigneur* du Valois, dans la Champagne et dans h Picardie, dans le Vexinet dans la Normandie, dans le Vermandois, le Sois^onnai*, le Pnrisis, dans la Flandre même et dans quelques roaumes étrangers. Cc'le ville, slé.'C d'une cour brillante, qui Ion item s surpassa en luxe et magnificence celle du mi de France ; ce luxe, produit d«s vexations odieuses, qui insultait A la misère desfcabitants utiles, disparut pre-qu entièrement.
Les Anglais et les Bourguignons élalent depuis deint ans maltr. s de Crépy, lorsqu en 143» Charles VII lit p endre cette p ace |>ar escalade et passer la garnis >n au fil de Cépée. » Le duc d Orléans rentra dans le duché de Va'ois lit réparer a Crépy quelque* corps de bftlunenls échappés à I incendie, ainsi que le don on, et permit an bourgeois, ensuite aux habit mis de la campagne, ne venir s élahlir sur les décombres dr 1 ancienne vile : celle restauration Ait l'origine de la ville actuelle.
L'anrienne ville de Crépy renfermait, dans l'espace actuellement découvert qu'on tra-'erse (braqu'on va de i.répy à Duvy. d' iit vastes chai. aux. l'hôtel de la comtesse piès ne Sainte- Agathe, et le palais de Bouille, à côte du Pnrc-nux Dames ; >t Château-Fort où le donjon était s tué du <ôté de Duw. On v voyait huit Beaux hôtels et cinq églises; niais cette ville, bdie sur un plan irrégnlii r. offrait des rues u al ali.néi s, et des n aison* en général tres-hasses. La charte de la rommui e dr Crépi suppose que la banlieue contenait plusieurs pctils chftlenux. occupés par di s fieffé* opulents. Le nombre des habitant* de l'an- I cienne ville devait monter A plus de huit mdle, sans compter les lamilics établies dans le château de Bouville. d.ms la forteresse et dans l'hôtel de la comtesse.
Suivant un émt de 1 458. la ville de Crépy, malgré la pro tection du due d Oiléan», et les soins qu'il prit d'y rnpin-lrr les famith-s dispersées l msI. ne ren'ermait i niore que la moitié di s habitants qu'on y compta plus tard.
En 1484, le duc d'Orléans. q«.i fut Ixmi* XII sur le trône, prit possession du duct é de Valois, de la v ille et d« château de Crepy. « Ce duc. dit < arii r, abandonné h lui même, ne tinl « pas une conduite convenable a son état de premier prince du « Min/ et de présomptif hériiier de la rouro~ ne. Il donna dans « des excès d étou derie et reçut les impressions de jeunes sei-
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS. Î35
Le roi Charles VIII le lit arrêter, il -,n> I s> s domaines. »
le duché de Valois, en mho, léunl à la ronronne, lui, quelque* anmes plus tari , rendu a son propriétaire.
Au mois n> septembre IS4I. fut signé à Crépy un traité de paix mire Charles-Onlnl et François I*'. Cette paix fut l'un drséveiimiens les plus importants de cette époque.
F.n i ■ s s, la «Ole de Crépy Tut prise p ir les ligueurs après une trn ative in ilile sur S iiIih Henri IV, ayant repris eette Mlle, en lit réparer 1rs fortifications. Les bâtiments qu'il y rétablit urvnt décorés du rhiiïre <lu roi, c'est-à dire d'un II couro né i'c b anches de aurier et de lierre, sculptés sur la pierre, t erni donna en f.iveur des hnbi'auts des lettres-patentes, où il dé< lare qu'il prend mois sa sauverai de sociale le» bourneois de Crepy, et permet auxdit» bourgeois de courir sus a tous ceux qui contre* irn Iraient a l'ordonnance.
Sur la (in de l'année 1 0 1 6, la garnison de Pierrefont. commandée par Villeneuve, \ int Caire des eour.-cs joqu'aux portes de t'.répy. et essaya même de Mi' prendre la ville. ( ihu> les-de- \ nl>is. c 'mie d'Auvergne fut envoyé au lecoms de la place, a» te une année île quatorze mille hommes d<- pied et de dois mil v chevaux: : <l la . il marcha sur Pi« rrefont.
I «•-••< s troubles Mirvcuus sous la minorité du roi I ouis XIV, le» habitants e Crepy cl de plusieurs autres lieux voisin! pensèrent a relever les miirnllh s de leur • ille, afin de se mettre à l'ai ri <l un co> p de main.
Depuis cette époque l'histoire deCrépy se tait : silence de bon augure, qui prouve la cessation des malheurs dans cette ville.
■ Il - Dwrlpllon
Autrefois Crépy. cap iule de loul le duché de Valois, avait un présldial et un bailliage, une élecion, un grenier a s- l, un écheunage et mie g'ueiie. l e ressnrtdu présidial s'étendait sur dis i hâl> lli uies du du hc L'élection co mprenait la Kei té-Mi- Ion, Vil ers-C> t r Is. Pit riefont, !\anlruil-!e llaudoin el quatrevingt-treize village»; lécheiinage nu corp -le-vdle était romro«e d'un maire, de deux echevins et d'un re.cveur qu'on WHPIIWil argentier.
Ou comptait dans Crépy trois paroisses : Sainte-Agathe, Saint-Denis et Saint-Thomas ; deux cnllégaleg de chanoines : Saint-Aubin el Suint-Thomas; un couvent de clunisies reformes, sous le nom de Saint -Arnoul, et un uulre de capucins; un prieure de béneilicliues, sous le titre de Saint-Michel; une commun.m té d'u sulincs qui élevaient des jeunes (Mes ; un collège où Ion enseignait les humanité*; eu outre, les religieux de Saint-Aruoul lai -aitriil eb ziux un cours de philo opine.
I ..i ville e&l environnée u'uu cours planté d arbres et de proiiii'iia<tes agrchbles; on y entre par cinq pntc-s. La place pu bli.(ue i si vaste.
Crepy est au ourd'hui un chef lieu de canton de l'arrondissement d - Sudi , le siège d'une justice de paix et la résidence d'une brigade de grn >armerie.
L ai. ci n château ne piésente plus que de vieilles murailles. Des trois paroisses, celle de Saint Dfui*»nlsiste seule; lechtrur de l'egli-e asl soutenu par deux colonnes regardées comme un chef-d'ouvre de délicatesse. Elle» n'ont que ucux pieds de diamètre.
II s<- fuit a Crépy un grand commerce en grain»; il y a deux Tunes p.u an il un marenc franc tous les premiers mercredis de chaque mou
g III.- IrnlrtM *m Crrpy
ta r-xiu. aix-imxies.
Lorsque la comtesse Eléotiure entra en possession du chadau de Crépy. le pa'ais de liouville lui devint inutile. Llle prit la résolution de I" chang. r en un naopastère de filles, où l'on ohsrrveiran la règle de (liteaux.
Il existait dans le parc de liouville une chapelle entourée d'enu, et à côle de celle cliapclh -un-corps de logis occupé par des personne» qui célébraient I nfliee oiviii. I.n romlpsta clin n »ca i eue comiimnaute en monastère, rebâtit I égli-e, et lui un- ' ncxji plusieurs dépendances en bois, en prés, eu terre, avec les i viviers du pire, le cours de I eau et une bonne partie des bâtiments qui composait ni le chàb au de liouville. Le pape, pur une bulle de 1 2 1 <>, approuva rétablissement du nouveau monastère t Cette bulle porte, entre autres choses, u défenses expresses de i « causer aucun torl aux religieuses dau» leurs pei sounesou dans t
« leurs biens, de les voler, d< le» assassiner, de ie> brûler ou de m répandre leur sang dans l'intérieur «lu eo ivcnt. d'enl ver île I « forée I s personnes attachées au service de leur maison, de les « maltraiter ou de leur ôl>r la vie. n II fallait qu'il y tilt un désordre afTreux dans le canton, puisqu'on avai recours à l'autorité apostolique pour proscrire des assassinats. Au reste, les chartes île communes sup ms. ni des crimes dans tous les genres : les meurtres, le viol, et des brigandage- afTreux.
Il arriva ai Parc, en 1 242, une : Italie d éclat, qui montre que les premières religieuses de celte abbaye avai ni renon é au mon le snns renoncer à cet esprit d'obstination si ordinnirc aux dévots.
(.es visiteurs de Clteanx, ayant eu ordrr de se trnn<porter au P. ire, afin d'examiner les ronsiitulions et le gouvernement de la maison, firent part de leur mission aux religieuses, et leur présentèrent un règlement dressé au di mier chapitre général. Les religieuses reçurent fort mal les commissaires, et les chargèrent d invectives, en protestant de ne point se sounuttre au nouveau règlement; toutes se rassemb en nt en ehnpilre, et s'engagèrent par serment, en se frappant dans les mains, a ne jamais se rendre. A l'issue du chapitre, les visiteurs repururenl; ils furent neca blés d'injures et de menacs.
Pour ne pas laisser une tell • révolte impunie, ils jetèrent l'interdit sur la maison et excommunièrent les religieuses. « el|. s-ci firent savo r aux visiteurs qu'elles ne se tenaient point pour excommuniées, et que, pour leur inaïquer le peu du ca« qu'edes Cai <aient de Pln'er lit, elles allaient • élehrer wtU n haute voix ; que, pour eux, ils eussent à se retirer prompiemcnt, s'ils ne voulaient s'exposer à ce qu'il leur anivàl mal. Les députés, épouvantés, se retirèrent. Plus tard, on força les religieuses a reirrer dans l'ordre.
Kn avril 1652, le roi Louis XIV érigea en rhàtellenle la seigneurie du Parc aux- Dames, rt permit aux rclljlcus s d avoir une foire tt un marche à certains jours, dans l'étendue de leur seigneurie.
VHa, VILLHBS-CllTTERÏTS, U fSHTÈ-MILON . S l-'-ïw
Village situé a deux lieues et demie à l'est de Crépy, à seize limes et tienne de Paris, par la grande rou e de Soissons; sur une emmenée pris de la pe<ile rivlè ed Automne.
Fer, Prm, en latin V.rnit. Vtrnmm. qu on a souvent confondu avec Vcrn.'ti, était, sous la seconde race, un pa ais nù se sont tenus plusieurs conciles, plusieurs assemblées politiques.
I e roi Pépin, en l'an 745, y réunit en le presque tous
les eve pies îles (■aules, qui y lire.nt uivci s reniement» sur la discipline d < clergé. Cette réunion d evèquis. qui suppose un palais ronsidérali e. n" fut pas la seule.
Dans le siècle suivant. Charb-s le Chauve, en l'an km ou Mi, assembla un autr concile dans le palais de Ver,\n Vernn palatia, donl l'objet était de poiter quelipies remèdes aux désordre* du • lerge. Un rapRiiU du méine wiparaur insiiiue le culte dans le palais de Ver. Kn I an n77, il s'o,>po e a Ce que »<>n fils h ibite ses pa ais, chasse dans ses forêts; seulement il lui permet de pincer des cochons dans le palais de V er. In Verno porcoiotciptai uiiitim '.
Ver est n gardée comme la plus ancienne capitale du pays de Valois : ce lut du moins le siège des premiers comtes du canton, lvor>que ce pays tomba au pouvoir des seigneurs de i.repy, ces seigneurs mirent à Ver. à la place de l'ancien comte, un oUicier qui prit le nom de cnatelun. •
l.es rois de Kranee ont possédé Ver jusqu'au temps de Philippe-Auguste ; mais, de. uis Pnilippe d'Alsace, comte de Klan- ■Ire, le tiiàieau de Ver fut délaissé pour Villers-Colterets : c'est lin, 1114 que fut entièrement abandonné ce château par lis ifiiinruni do Valois Itienlôt Vi-r passa des seigneurs de Valois a d' s seigneurs particuliers. Philippe-Auguste ayant fait préuipl a Raoul ii'Kstrets de ses droits sur le lief du Pe'it-V'er, silue vis -a- vis l'ancien chèieau de Ver, le roi, peu de temps après, abandonna de même à Kaonl d'Ksttée» la propré'é île la teire el du cliateau de Ver. <> château tombait en ruine : le
< r affilutwîa rtftim ffamitrum, tittar* Miti», lonK u, <*|. SSS
Î3fi
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
roi, selon Muhlrac . inséra dans sa donation la clause i|ur ic donataire rétablirait à nruf les bâtiments. Raoul rebâtit le château de Ver avec magnificence.
La terre de Ver passa en ligne collatérale' aux Allcgrins et aux Thumery, qui la vendirent, en 1732, a un sieur Raoux, qui ne la garda que peu de temps.
Au xiv siècle, les fortifications du château de Ver furent augmentées. !.c propriétaire fit construire une nouvelle enceinte, creuser de larges fossés avec des ponts-levis, et bâtit une grosse tour, solide édifice couronné de meurtrières et de créneaux : les murs avaient dix-huit ou vingt pieds d'épaisseur, une pente escarpée défendait naturellement ce château du coté de la rivière et des marais.
Les tours de Ver et de Vivier» ont servi de refuge et de boulevards pendant les troubles des xiv*. xr\ et xvr siècles aux habitants des lieux voisins. Aussi, lorsqu'un seigneur ajoutait de nouveaux ouvrages A son château, il usait du secours des corvées it recevait ordinairement un contingent en argent de s habitants des campagnes auxquels la place devait servir d'asile aux approches de l'ennemi ou pendant les calamité* publiques.
On voit encore à Ver la grosse tour dont nous venons de parler.
S U. - lïllem-CoMrrei*
Petite ville située a six lieues au sud-est de Compiègne, A égale distance au sud-ouest de Soissons, a dix-sept au nord-est de Paris.
Les monuments et 1rs chartes donnent A ce lieu différents noms : Vitlarevd Cotiam, Villare ad Restum, ad Coltum, ad Caudam Resti,t illare ju.rta Rtttum. Dans les ordonnances des rois de France, on Ut : Villien-col-de-Retz et Yillirrs-t'ostrretz.
Villcrs-Cotterets a commencé par une maison de campagne, un Prœdium, qui occupait l'emplacement où fut depuis le couvent de Saint-Rcmi. Lorsque cette censc échut A Chagneric, aïeul de saint Valbert, avec les autres parties du domaine de Nantcuil, autour de cette maison était un certain nombre d'habitations; et Chagneric, voulant procurer aux habitants du hameau des secours spirituels, fit bâtir une chapelle sous l'invocation de saint Georges. Le hameau prit le nom de Villiers- Saint-Georgcs, qu'il conserva assez longtemps.
Les religieux de Luxeuil, établis à Nanteuil par saint Valbert, envoyèrent à Villers un prêtre et des desservants pour faire valoir lés terre* qui en dépendaient. Cette compagnie de religieux cultivateurs, fixés à Villers dès le vu* siècle, fut l'origine du prieuré de Saint-Georges, auquel succéda l'abbaye de Saint- Remi.
Après la mort de saint Valbert, cette communauté de frères servants passa sous la dépendance immédiate des rois de France, et n'eut plus, de rapports avec l'abbaye de Luxeuil. Charles-lc-Chauve en fit même don a l'abbaye de Notre-Dame de Soissons , abbaye double , composée d'hommes et de femmes.
Le supérieur de Notre-Dame, afin de mettre A profit le présent de Charles-le-Chauvc, envoya à Villers un certain nombre de frères rendus avec quelques clercs, qui rétablirent l'ancienne communauté de moines. Ces frères rendus ou frères terrant* s'occupaient habituellement d'agriculture et d'alTaircs de commerce. Ils assistaient néanmoins aux grands offices et suivaient la régie de »aint Benoit. Ils rendaient compte de leur administration tous les trois mois. Le peuple nommait ces frères U rendus Xotre-ltame. Quant nu temporel, les rendus, qui formaient la plus grande partie de la communauté, obéissaient a un chef qui dirigeait leurs travaux. Chaque rendu avait A tes ordres des familles de serfs cultivateurs qui faisaient les ouvrages les plus pénibles.
Le village de Saint-Georges ne formait pas un amas de maisons continués, mais comprenait plusieurs hameaux disperses u'on appelait colonies, grange*, hostises Le territoire du village tait alors partagé en trois portions : la première appartenait aux moines de Saint-Georges, la seconde aux seigneurs de ÏS'anteuil et à leurs avoués, la troisième aux seigneurs deCrépy. l-c gros des maisons était rassemblé entre le prieuré et remplacement du chAteau actuel ; et c'est propiemenl A cet amas de maisons qu'on donnait le nom de Villers, qui, dans le langage de ce temps-là, signifiait un hameau, un village.
\jc séjour des rois dans le château de Villers contribua beau coup aux accroissements du lieu ; la seigneurie était comme morcelée en une infinité de portions; Louis VIII et Louis IX en réunirent un grand nombre, en sorte que les portions de fiefs qui divisaient le domaine du rhatrnu furent réunies presque toutes A la seigneurie du lieu, dans le cours du xur siècle. 1-e roi Philippe-le-Hardl établit à Viilers-CottereU uu marche qui devait se tenir le jeudi de chaque semaine.
A peu près vers le même temps, les chroniques placent une aventure merveilleuse, qui peut donner une idée de l'esprit du tcmp«. Carlier prétend l'avoir lue dans un cahier manuscrit composé par un ermite, nommé frerc François, qui cite pour garant de ce qu'il avance une histoire de saint Quentin, 1rs Antiquités du règne de saint Louis, et trois autres ouvrages du même genre, a Un ecclésiastique nommé Baudouin, ancien récit leur de l'université de Paris, devait aller de Saint-Quentin A « Dijon. Il prit sa route par Vcrberie: il était suivi d'un valet, a l e lendemain de son arrivée, il partit et s'engagea sur le. soir u dans la forêt de Villers-Cotterets. où il s'égara : la nuit, qui « surprit, était fort obscure. Comme il ne lui restait aucun « moyen de se reconnaître, il ordonna a son val"t de monter a sur un arbre, afin d'examiner s'il ne découvrirait pas dans le n lointain quelque lumière qni fui la marque d'un lieu habité.
■ Le valet obéit. Arrive au haut de l'arbre, il aperçut dans
• l'éloignement une lumière; il s'orienta avec beaucoup de soin « et descendit. Il était A pied et son maître A cheval. S'étant « formé une ligne de direction, il fendit avec beaucoup de ré- « solution les broussailles et le mort-bols, pour se faire une « route jusqu'au terme ou II espérait arriver. Après des fati- « gues inouïes, nos voyageurs aperçurent A travers les ténèbres « un vaste corps de logis qui avait l'air d'un chAteau ; ils heur-
• tèrent A la porte; un moine parut en habit blanc : ils lui « demandèrent l'hospitalité avec la soumission et avec les mé- « nagements de gens excédés de lassitude, qui craignent les <• suites d'un refus. Le religieux leur dit qu'il allait prendre a « ce sujet les ordres du père abbé, et referma sa porte. Un in- « stant après l'abbé parut en personne. Il reçut Baudouin avec « beaucoup de politesse, lui prit la main et le conduisit dans « une vaste salle A manger. La salle était remplie de moine* u blancs qui allaient commencer leurs repas. L'abbé plaça Bau
• douin A l'endroit le plus honorable, et lui fit servir des ra-
■ fratchissements abondants, on lui présenta pour boire une
■ coupe de vermeil enrichie de diamants. Le voyageur remplit « de vin le cratère : mais avant de commencer son repas il jeta « les yeux sur toute l'assemblée, et s'aperçut que les moines « commençaient A manger sans s'acquitter des devoirs de reli-
■ gion, dont il est rare que les laïcs se dispensent. Baudouin ne « les imita point : il prit sa coupe d'une main, et de l'autre il a fil le signe de la croix. Cette pieuse précaution termina la « scène. La salle, avec tout ce qu'elle contenait, l'abbe, I * •< moines, les tables, les services, et même le vaste corps de a logis du couvent, tout disparut. Baudouin se trouva dans 1rs « ronces, tenant sa coupe A la main ; on ne marque pas si le vin « fut répandu. Le valet et le cheval se retrouvèrent heureuse-
-« ment. Baudouin se retira des ronces et des buissons, et nllen- « dit dans un lieu moins incommode le retour du jour pour « continuer sa route. U conserva le vase avec un grand soin ; « et, comme II était d'un travail exquis, et enrichi de pierreries, a II le vendit une grande somme d'argent, qu'il partagea entre u deux communautés religieuses, l'une de Saint-Quentin, l'autre u de Dijon, t
Charles de France, comte de Valois, fit plusieurs voyages et séjours A Villers-Cotterets ; et même plusieurs auteurs rapportent A ce prince l'origine de cette ville ; c'est lui. disent-ils, qui bAtit la Mate-Maison. Bergeron' insinue que, jusque-là, ta Maie-Maison n'avait été qu'une métairie; que ce prince rebAtit cette espèce de censc el la rendit un séjour délicieux par les embellissements qu'il y fit. o Chartes, dit-il, se plut tant au « Valois, qu'il poslposa toute autre demeure et y fit son prma cipal séjour des champs, séjournant souvent en son chAteau « de \ illers-Cottrrets, le convertissant de Mnle-Maisnn en heud reiisc demeure. ■> Philippe de Valois lit aussi de longs séjours A Villers-Cotterets surtout avant son avènement au trône.
Lors des guerres des Bourguignons et des Armagnac», le
I V.io,, rayât, f 41
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
■ ' ■ ■ ( •'. ■ ' i de la Maie-Maison, n'étant pas fortifié, fut facilement I emporté par le comte, de Saint-Pol. Un pou plus tard, ce chà- ' tiau fut pillé et dégradé par les Anglais ; non-seulement on le 'Irpouilla de ses ornements, mais un abattit le buis du parc, les arbres des avenues, les bosquets des jardins ; ou arroeba jusqu'nux plantes et aux fleurs des parterres; Us lieux voisins tir la Maie-Maison furent traités de la même manière, en sorte que tout le canton de Villcrt-Colterets ne fut plus qu'un désert Mai de ruines.
Le roi François 1*< fit rebâtir le château de Villers-Colterebj. x Ce roi, dit Bergeron, s'étudia pour le ptal>ir de la chasse, à « faire raeoustrrr, rebâtir et accomoder le château tt l'enclos » de Yillers-Colterels. ■
Jusque-b, les maison* du bourg étaient éparses. 1. 1 grande rue actuelle a été formée par succession de temps.
Les principaux corps-de-logis du château ne furent point élevés sur l'emplacement de la Male-Maison ; ce n'était point une forteresse comme les châteaux voisins ; il fut bati pour servir de maison de plaisance ; et l'édifice pu«sa pour la plus belle maison de ce genre qu'il y eût en France. Cependant, ce lieu si a'.Téable, si commode, si propre au divertissement de la chasse, manquait d'eau, même pour les besoins de la vie; on t tnil obligé d'en envoyer chercher au loin ; et le roi François l'> lit conduire dans la place publique les eaux d'une source nommée du Fait de Retz. Ce roi occupait le nouveau château de » illers-Cotterets, dès l$t$. Il y fit, pendant toute sa vie, des voyages fréquents, et y publia plusieurs actes comptés parmi les plus importants de son règne. Charles-Quint, avant que la paix de Crépy fût conclue, vint aussi loger à Villers-Cotterets, (tendant que sou armée occupai! la plaine,
Après la mort de François I", Henri II. et, apréa celui-ci, François II, visitèrent souvent le château bâti par leur père; ils y tirent même des accroissemt nts et des embellissements notables.
Depuis l'avènement de Charles IX, a la couronne, la reinemère entretint des relations fréquentes avec les chefs de la LigM, File faisait de fréquents vovage» à Villers-Cotlerels, afin d'avoir une correspondance plus immédiate avec le connétable de Mouton rency, qui dimeurail a Chantilly, et le duc de Guise, qui résidait habitue) leipenl au château de Nnnicuil.
Henri IV séjourna quelquefo s aussi à Villers-Coilerets'.
Depuis cette époque les historiens ne nous parlent guère que d'entrées de rois ou de reines, et de fêtes superbes données dans le chnttau de Villrrs-Colterets; de -ces fêles instituées pour le |.hisir des grands et la ruine des peuples, mais qu'on est convenu d'.ippeler de la magnificence.
\ illeis-Collcrels est aujourd'hui une petite ville sans importance; l'aucu n château fait partie des domaines du duc d'Orléans. Sur la place du marché est une belle fontaine.
g III -l a rc-rlr- Villon
Lu ville de la Ferté-Milon tenait, dans le Valois, le premier rang après Crépy. Elle est située à quinze lieues de Paris, entre Reims et Solssous. Il faut distinguer ici la ville et son château.
Dans les monuments historiques il est pour lu première fois fait mention de ce lieu, en 1035 ; voici à quel sujet. In nommé
■ On raconte, touchant le ~j.it du roi daoa ce lieu. l'anecdote tuifaate :
Le» habitanla du village de l'uiaeui, « de Villera-Coliercl», pavaient an-
nuellrn • i i au domaine de talon I< redevance il iur n on d'avoine par Bicnaaje. L'a«oine devait être rrudup jvir tes particulier* sut greniers public*; le village rnlirr chargeait U paire ou garde-b*lei de la porter a >» dejilnahon.
f> .• v i pir publie a «on retour elail trait* à aouper ilaua la IBtiMai, donl il
avait . r , 1 1 . i l « »- la dette. L'avoine élan dépoter aluni V illrrn-r oticrel*
Uenri IV, a qui II arrivait de ae promener aeul dint la foret. lurloul daot relie partie qui n'e«l pis éloignée de* Jardin* du château, rencontra un )*ar ce •J. pute <lrt habilanlt de l'alaeui, charge d'un tac d'avoine, dont If poidv l'inroinraodail beaucoup, l.r pliure lui demanda ee qu'il portail, et ou il allait ; le pair* lui cipliqua loul, et ajouta que ai le roi au limij un faisait bien, Il lui éviterait la peine de porler a dov.toui In an«, celle avoine, avec tant de fatigue.
Le> | .>ire. qui ne eonnaita il pat le rel, pa»a oetre; et Henri IV continua de ■aj promener. Le lendemain, le roi envoya rherrber le pitrr. qui, fort «urpni, rie pri-»«--ula, et reconnut, en tremblant, que la per<onoe a laquelle il avait parle la veille-, était le prince même qu'il avait appelé roi aai long ne:, et crut qu'on l'avait fait venir pour le punir. Henri IV le Mettra rl lui dit qu'il le manitou pour l'avertir que drtotmai* il enverrait chercher a Puiaeui l'avoine de redevance, pour lui éviter la peine de l'app<<Met 1 do*.
Theudon , seigneur de la Ferte-Lrc ou Ferté-sur-Ourcq, jouimal des revenus que les abbés cl religieux de Sauitc-Ccne>ie>c de Parts percevaient sur le lieu de Marisi. Ses nobles aïeux avaient envahi ces revenus. Par un diplôme du roi Henri I" de l'an 1035, on voit que Theudon fut force de les restituer*.
Cependant, on fait remonter plus haut l'origine 'de ce château qualifié de Firmita». ou par corruption Ferlé; on nommait ainsi au xi* siècle toutes les forteresses construites alors. On prétend que les religieux de Sainte-Geneviève y firent, en l'an 88-1, transporteries reliques de leur patronne, pour les préserver de lu destruction des Normands ; mais ce fait ne repose que sur des traditions incertaines.
On ignore quel est le M lion qui donna son nom à cette forteresse, en la faisant construire. On ne sait point non plus l'époque précise où ce lieu quitta le nom de Ferté-sur-Ourcq pour recevoir celui de La Ferté-Milon. On sait seulement que, vers le milieu du xn* sicile, Philippe , comte de Flandre, succéda à Itaoul, comte de Vermandois, et eut, par héritage, plusieurs terres et châteaux, parmi lesquels sont dénombrés Villers-C/Oyterets. Vivier et La Ferté-Milon'.
L'historien du Valois donne *la description suivante de cette forteresse'. Au milieu d'une première enceinte de fortes muai railles, flanquées de grossci tours, on fit construire un donu jon, espèce de citadelle, où résidaient quatre officiers prinu cipaux qui formaient Pétal-major de La Ferle; savoir : le a garde, eu$to$; le veilleur, ou chevalier du guet, vigil; l'asi- « naire ou pourvoyeur, atinariu»; le portier, porlariu$. On « bâtit aussi dans cette première enceinte une chapelle sous « l'invocation de saint Sébastien, patron des militaires, honoré « d'un culte particulier dans le canton, depuis lu translation a de ses reliques à Saint-Médard de Soissons, en 8Jf>. Les a litres nomment cette première enceinte cingulum minus et « trerr cingulum. *
Une seconde enceinte, beaucoup plus considérable quant à l'étendue, renfermait le même espace que les murs actuels de la ville de la Ferté-Milou. Les titres nomment celte seconde enceinte cimjulum majui. Le seigneur chiittlaiu, dnmimiM fa$lri, y avait son hôtel. Le reste du terrain fut occupé par des familles réfugiées, qui payaient au gouverneur un droit île sau veinent, lafYami'tïfurn. I es maisons Inities par ces familles ont été la première origine de la haute-ville. Héribcrt II. comte d'Amiens, avait acquis ,1 m- lu Champagne et dans la Brie plusieurs domaines considérables, soit a titre de bénéfice et d'avoueric, sjII à titre d'apanage ou par achat. La Fcrlé-sur-Otireq fut comprise dans ces acquisitions. Il en transmit la propriété et tous les droits à Hildegarde, su fille, dame de Crepy , lorsqu-'cllc épousa Valeran, comte de Vaxin. Depuis cette donation jusqu'en 13 I I, que le Valois a été réuni a la couronne, 1rs seigneurs de La Ferté-Milon ont été les mêmes que les seigneers de Crépy, sans interruption, [te Hldebrante , sreur ainée de Simon de Crépy, la propriété de La Ferté-Mi on passa à sa fille, épouse du prince Hugues Ic-Crand, et de celui-ci dans plusieurs mains ; enfin, il échut a la comtesse Éléonore, qui le possédait à la fin du ni* siècle.
Il n'arriva rien de remarquable a la Ferlé -Milon, depuis la mort de la comtesse Éléunorc jusuu'au moment où celte seigneurie fut réunie a la couronne et lut donnée au prince Charles de Valois vers le milieu du xiv* siècle.
En 1393, la seigueurie de la Ferté-Milon échut à Louis-de- France, frère du roi. I>e château de La Feilc-Milon tombait de vétusté, manquant d'entretien, dès la fin du règne de Philtppcle-Hardt. Le comte Charles de Valois y avait ord inné quelques réparations, parce qu'il venait quelquefois l'occuper. Le roi Fhilippe-lc-Bcl, «on frère, y fit plusieurs voyages.
Il y a un vide dans l'histoire de la Ferté-Milon, depuis le départ du roi Philippe-le-Bel jusqu'au temps où cette ville vint au pouvoir du duc d'Orléans, frère du roi Charles IV. Il est à croire que pendant cet intervalle on négligea l'ancienne Ferlé, et que ses bAtimcnts tombèrent en fuine faute d'être répirés.
Le rétablissement de ce château parut au due d'Orléans, frère du roi, un objet d'autant plus digne de son altcii'ion et de ses soins, que le seul emplacement de la forteresse le mettait à
l «,.•»...' *•» Wnlor.cnr de r'ranre, tome »i, page «SI. « H, ■,!■■! iti kiitritut à* Franrt, locn nu. page S67. s Hitlmrt a*« iutU if Volait, tonte i, livre il, pafe «2».
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
l'nbri des a' laques, surtout du colé >'e In pente. Bereeron suppose que le prime lit raser le premier château, et qu'il éleva le non% rau, d«ni ou voit de si beaux rist.s. Si l'on en rroit la tradition du lieu, le second chAteau n'a jaira «été achevé. Celle
opinion n'e»t f • que sur son < lat nrtucl, parce qu'on ne
voit pas où les mnn, pareils A ceux qui restent, auraient pu être placé*, n'y ayant pas d'autre roi. pour en recevoir le fondrment qu'une r* nte tort raide. Ce qu'il y y a de cet tain, p'est que le duc d'Orléans, frère de Charles IV, a cimmeti é cl achevé le châ-rau d- l.a Fer é-Milon, a l'exception peut-être de quelque* eo ps de-lo is qu'il n'eut pn* le temps de finir. Il paraît que ce qui manquait aux bâtiments, lorsque ce prince perdit la vie, se ré luirait n^i escouvenuies dont la charpente n était pas encore placée Toute la maçonnerie d. « bâtiment* rt des fortifications avait été achevée.
I.'édi'ice que I oui- de France , duc de Valois, fonda la Perté-Miion. consistait dans des soutenains voûtes, des murs d'une grande épaisseur, flanques de hnules tours, plusieurs corps de louis, des fus és i>rof. mis et revêtu-, et qucli|ues ouvraies avancé*. De» mines et des contre-mines environnaient le fort; deux étages de caves de galeries et de salles sou terni i dis réunirent sous cette paille des onrrs de logis et des cours. Les voûtes de ces retraites étaient d'une grande solidité par leur épaisseur
Au niveau du rei-de-chau«sée et du plain-picd de ers hfttimeuts, régnait extérieurement une magnifique plate-forme soutenue par des murs d'un massif étonnant i>s murs assuraient de plus en plus la solidité des fondements du château. I es voùies de> souterrains rccevuieut une nouvelle force de ci Ile CSfèce de terrasse , a laquelle leurs reins liaient comme appuyés.
Le corps de l'édifice présentait quatre faces qui n'étaient pas toutes également régulières; le frontispice et surtout les cro« murs de ces faces avaient quatre-vingt-qu^tra pieds de hauteur sur dix, quln/e et dix-huit d'épaisseur ; selon 1rs endroits ils étaient garnis de créneaux rt de meurtrières, et soutenus de grosses tours pur intervalles.
Le frontisplee qu'on voit encore n'a rien de régulier que deux tours saillant' a, qui accompagnent la principale porte d'entrée. Trois ranus de fené'res , les unes au-iicssus des autres, éclai< aient 1rs api artements. La tour saillante du côté gau< he tenait à un grand corps-de-liigi* de trois étages, qui, lui-même, élait contigu à une grosse tour carrée, dont les resies conservant le nom rie Tour du Roi. On pense que c'est la que les rois et les comtes de \ aloi« prenait nt leurs logements lorsqu'ils venaient a la Frrté-Milon. Les murs paraissaient plus anciens que ceux .des auiic* bâtiments ; il y a apparence qu'ils faisaient partie du premier chAteau.
I n grand 'on on »t un corp>-de-logis . flanqués de tourelles, dominaient les autres parties du cha eau. qui, quoique iut apnble de résister aux coui»s de I artillerie moderne, a ci pt-miant, avec succès, soutenu plusnurs sièges contre dis traius formidables.
Cette | lace élait à tous égards un po^e des plus importants pour le due d'Orléans.
Le chemin militaire qui passe à La Fcrtc Milon existait dè lors.
Ce chAteau. sous le rèfBC de Charles VII, fut pris par les Bourguignons et repris par les troupes royales, puis repris par Us Bourguignons réui is aux Anglais
Sous le roi Louis Ml, le château de La Ferlé Mllon, quiuvait bcaiictiup souffert dans les guerres civiles, fut réoaYé ; plosciuis maisons du bourir furml aussi relAtis à la même epo juc. Plusiet rsaudes furent reconstruites sons François p». Un reconnaît ces dernières A des Ikuics de salamandres.
Nous av. Qs parle ailleurs1 des sabbats de La Fcrté-Milon nous ne reviendrons pas sur ce point.
I n Fertc-Milo i eut à souffrir des troubles de religion. Plusieurs fois investis par les llu-nenots, elle fut p.|>e par les ii'-ueurs, sous Henri Ht. Mats elle fui bientôt après abandon née. Les bourgeois avaient nsolu de garder une neutralité par-
faite
Ils vivaient dans une complète sécurité lorsqu'un homme audacieux surprit lethAtrau, A la têted'uue troupe de mallu u-
reux que la misère fnreatl à se fa re brigands ; manette (roup>, l>eu aguerrie, se lais»a surprendre A Son lour, et fut i>a*séc au M île l'epée sans qu'il en é bappAl un seul.
Cepcu 'ant les bourgeois, trop faibles pour défendre la place, envoyèrent demander des soldats aux ligueurs. Ceux-ci. en 1489, prirent possession du château de La Fci té-Milou. Le commandant, Antoine de SainM tnni n», s'empara de toute l'autorité, au préjudice 'les habitants, cl s 'Utint pendant quatre anm es tous le» efforts de l'armée de Henri IV.
En I5«tl, le «lue d'Kpcrnon parut, pour le roi, devant les murs de la Fcrté-Milon, dans le dess.in d'en faire le siège; mais II trouva tout si bi.n .lisposé pour le recevoir, qu'il u'osa ►pas risquer l'entreprise, se se retira sans attaquer.
Cependant, quelque ternes plus tard, le roi, devenu puissant par la reddition d'un g'nnd nombre de places, résolut de partir toutes ses forces sur la Frrté-Milon et de s'en rendre maître aqurlque prix que ce fût. Le maréchal de B'ron. en t59i. marcha, en conséquence sur cette ville ; mais Saint-Chamans méprisa ses attaques ; il fit plus, il ei.»o>a jusqu'aux po I s de Paris, qui obéissaient au roi, un détachement de sa garnison, qui enleva sous les murs des Tutlenes l'un «1 s fils du maréchal, et le frère du duc, qui fut plus tard décapité. Le d >c de Bien poursuivit si chnadement Us ligueurs qu'il les joignit a Ivry. en tua plusieurs, et força les aulres A là -lier prise II délivra ainsi son frè e Ce su -cès fut obtenu le 10 août 149 P.
Henri IV donna le commandement du siège de Cl.Atcau- Miion au duc de B ton, lils du maréchal de ce nom. Le duc se piésrnta, attaqua la ville de plusieurs cotés ; mais, trouvant PB' tout une lésistancc insiirnionlahlr, il se ,t,'»e iniiiii àeumertir le siège en blocus, en alleu 'ant \'o< cslou de pénétrer dans la ville par force ou par surprise*. A la fin, et fatigue d'attendre, Bimn fit pa I au roi, de l'étal des cho cs. Ob i-ci vint reconnaître la pince eu personne, ci reprit la condui e du siège. Ou d.essa une uouve le liaUcrie contre la partie du mur qui parut le moins fortifiée, et on lit eu tel en Mil une Uvgt luèclie. Mais Saint Chnmans, malgré In brèche, se l'éèn il jusqu'à l'extréniué || repoussa plnsi ni s as-auls iivec une lutrepidité qui étonna le roi. Cependant il fut contraiut de se retiier dans le chAteau et d'abandonner la ville.
Le roi, en y entrant, croyait trouver des fortilit niions respectables et des travaux imuii mes cl capables de résu l. r a sou arti lerle et A son armée ; il fut surplis de n'avoir foudroyé que de vieux murs. Le fossé du chAteau qu'il lit reconnaître d>«n» toutes ses partit s lui ôta l'espoir de s'en empaier: il eu', m-nur» aux voies de conciliation. Les choses s'a rangèrent ; et Henri IV pril A son' service Saint-Chamans et sa garnison. I.c gouverneur de l.a Ferlé Mi Ion eut de plus une très forte somme.
Mais, comme il avait fait l'expérience du danger qu'il y avait A laisser dans le cœur du pays de grandes for ere-ss, le roi résolut de faire démanteler le château de manière qu'il ne lût plus possible de le rebâtir sur l'ancien plan; il toute.» le- pu misses des environs, à trois limes A la ronde, fufeiil api . Ui»u cet effet. Suivant lesrô'ts dressés par les Irésorie - « Franer, vingt-une piroisses, pond ni quarante-huit jours, fut cul employées A cette démolition. Toutes les murailles ue furent s* rasées; on conserva le frontispice entier qui icgarde le cooebant, el un loou mur du crtlé du midi; on ni'eva lous le* dé combres des mines, de p ur qu'on ne lui b ute par la suite d' n bâtir sur b saneiens foudcmenls: on ue loucha oas aux torUlicatioos de la haute ville.
La l i . ii le fut aux habitants de I i Feité-Milon presque aussi funeste que la Ligue. En l «55, le due d'Orléan cl lepun tt de Coude se léunirent pour forcer la reine A renvover de nouveau le car lin. I Mazarin. Turennc reçut de la cour ie coounan dément d'une armée. Le piin e de Coude lui fut np >u»è par U Fronde. 1^ Ferlé-Milon U naît pour la reine, et devint le bouicvait des troupes royalistes. Le prince |.| >çi toutes ses trmiprs dans les environs: et l'attaque .le la ville fut résolue. Vigoureusement attaquée, elle fui vaillamment défendue, et le de Lorraïue, dont Us forces étaient unies a celles du prioce de
I &■»<*. j .n m , i dt Ueort IV.
* Telle m -M n.n « doc de toi" a donna lies à nuit* ruélorie* d -|ala(s-ra: H.
Iitrwju'il lui o>r«p.|« ru loti, ou Ul un» rhiMoi MNtl I» refrain «un : fi'rn. Wir.'ii, jrulK 4<ea («■ ouImi, lu ar nrroi plut L» ftrti-Utl.m, putta» N dur tiiuu foa meulon à l'iMIanl où Ir bo.uirju mi Iraacka la léat, Il U rai inéau- l'aiirvinU* .t*« dolfli cnfiofier du m^nir . ouf.
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HISTOIRE DES FN VIRONS DE PARIS
Cnndé, désespérant ''e s'en rendre maître, se contenta d'nrdonnef le pillage dans les faubourg cl dans villages voisins Il Gt livrer les MMH a In brutalité des soldats, et •■époui 1er nus sm> rli-miscs quelques bourgeois qu'on lui » • ait «mènes pri- •nuiiiers. Ces bon ucois n obtinrent qu's la fin de la Journi e la liherté de se couvrir de quelques peau , de moutons qu i's trou* verent dans mie b •ueberie. Ensuite, le duc lit mett e le feu aux maisons du faubourg, et «e retira, l a Isarfcerta des siècles passes se m dnlcn ut encore chez, les prit ces. l a levée du siège de l.a Ferlé- M don ruina les affaires d<-i chefs de la Fronde.
Depuis l i mort du duc d Orléans, frère île Char e* VI. jusqu'en 1604. la seigneurie <'e La Ferlé- M U n fut presiue loujgurs pos idée par des enga-istc» : les (innées d'Orange eiuj premier lieu, les Beaunes eu second ; elle appai tient aux ducs de Valois depuis les d. ruines années du.xvn' siècle.
DESCBIPTION.
La ville de Ijl Ferlé Milon peut se diviser en trois parties, q>-i sont le clirt eau, la ville et la chaussée. La haute ville est séparée de la chaussée par la rivière de 1 Oureq.
I.'ainicn château démantelé par Henri IV. en lôU-l, offrait encore de super!» s restes; mais les descendants du propriéla r de ce vieux f rt firent depuis construire le château neuf quou voit a l<u Ferte-Miton. Ce château est surtout remarquable pir ses itéi'Cudances. La rivière dOurcj baigne lis prairies' du parc; un jardin anglais cl les plus hèles plantalions nffr ni un coup d'œil charmant. Du bclvéter situé au milieu de ce pue. ou dérouvre une grande étendue de pays couveilc par se.'t sillages el sillonnée par plusieurs routes.
Vue du cl at au, la petite Mlle de l a Ferlé -Milon si en amphilh< aire que viennent couronner l'église cl lu ueche de Note-Dame.
La Fcrtr-Milon adonné naissance au tendre et élégant Racine: cl c'esi dans ce lieu que l'inimitable l-i Fontaine v nu conU.i ti r une uuiod qui lut lut plus d'une fois à charge.