BOISSONS
Ville située sur l'Aisne, dans une vallée fertile, à vingt-deux
lieues en virai de Paris.
L'nuliquilé de l'origine de Soissnns a fourni une ample carrière à l'imagination de ce* écrivains qui se sont plu à entourer de fabhs aliMndes le berceau de nus cites. L'un ' a regardé comme le fondateur de cette ville ce prétendu Mngusou Ma. . deuxième rai des Gaules. Ces contes de moines, du xvi* siècle, ne font plus fortune; voici du rosllif : celle place, avant là donynatiun romaine, poilalt le n-nn de Nti9iad**inà; c'était une r!cs forteresses gaii'oises que César qualiliail A'oppida. Cène forti rc^s '-se soumit à ce cnquéant. qund il pénétra sur le tirriloire des Suess'ones. Loixj e, dau> la suite, Auguste cul divi-é la (iaule en provinces et érigé des chefs-lieux chez chaque nation, Ifoofodmtwm reçut avec le titre d ■ chef-lieu le nom d'Augutta Swtuonum. Et lorsque, ver-» le milieu du iv* sièce, I» s chefs-lieux de la (iaule fuient érigés en ci'é, elles prirent chacune le nom «le leur nation; et Auywla Satt*ionum fut nommée Sueuuna cl Ctritus Sutuiunum, d'où esl dérive le «uni de Soissons.
Les Romain- avaient étnblia Soissons une fabrique d'armes, te le< que bouclier», balides cl cuirassts, sous la direction du ni: lire des ntllces.
Les Suessiones, ar>rés les BeMovaci, passaient, suivant S'rabnn et Ce>ar, pour les guerriers h s plus distingués de la Belpi iue. A la guerre, ils étaient armes de piques fort longues, dunt. suivant Lureln, ils ^e arrtairnl avec beaucoup d'adresse.
Avant les Romains ifs dépendaient des Ré. nuis; et sous la domination romaine, ils furent qualifiés, par Pline, de naliou libre : Sue^rinnei tihtii.
Ils fai>att nt partie de la Belgique lorsque cette province fut illv sée en deux ; Sotsann* appartint à la se onde Belgique ; el eefc cité i Cil immédiatement rangée npiés la métropole de Reims,
• Mekloarlrfiiioll, f/ulnri UU viUt it Soiuen; cmU-iunt, tir. , 1 633.
On a recherché qm Ile pouvait ê re l'étendu» de Soissons sous la domination romain*- ; sou enc< iule était, si l'on en croit des eonjectur s, foriillee par l'asp et dN de». ri- de -es antiques murailles, de forme quadran^ul aire comme celle de la pl. -paî t des vill s des mêmes tenta*. M . pouvait avoir environ cent cinquante toises de l'est a l'ouest, el cent trenle du nord nu midi *.
u Ou voit encore dans le pslsis épi-eopal de Soissons. proche
■ le perron, le rate d'une tour carne qui était à l'an. le du
■ mdxiuesl de cette ancienne ville. Ile cette tour les murs « deseen iiiieut le long de la nie des Minimes: a uaurhe on en « iroiMecneore'Iesvcstiuisiianslad' rnièrema son. proche de la « rue des Prisons. De la, ces mur- s'eten lajaal jusqu'à l'endroit * où est I entrée de I abbaye de Notre- D une. (.'autre longueur « paralh-lc des mêmes murs commençait au coin de la rue des « Coidcliers. penche la fontaine de U Grosse-Télé, et rontl « RUtil derrière les maisons qui tout a in uauche de crus qui « d s codent la rue Salm-Mrolas II y a appan n e que la parti tic des muisqul, suivant Grégoire de Tours, tomba en 5t>3 n (lih. S, cap. Si), était une poition qui regardait l'on nt. cl u qui pou- ait avoir été minée de Ion. ne main par les débonle- » menti de l'Aisne'. » Le- murs de l'eiireint- de Soissons se composaient de rangs île pe lles pierres cat rers, et de tarifs alternatifs de briques, forme de maçonnerie adoptée par les Romains dans les m' el iv* siècles de nuire ère.
Il faut rapporter a une pareille ortuine "eu* châteaux, dont le> anciens e. rivains font mention, tous deux étaient hors de l'eue iule de la ville, l'uu si'ué vers le sud-est sur U petite rivière de Crise, dont il prit le ion ; l'autre appelé château A Albâtre, situé au nord et a«ir» près de l'Asue. L'un d' s deux fui peut-être une de ces résidences que h s Césars de Home avaient dans plusieurs villes de la Gaule. On ne -peut guère douter qu'ils ne fussent, l'un et l'autre, de ConstrUelion romaine, puisqu'on a trouvé dans leurs ruines des médailles de Dru us, d.> Tibère, de Néron et de Galba *.
Devenue cité, Soissons »'• tait embellie de plusieurs eonstruc- . lions ruinâmes, el de grandes rouies qui cuiiimuuiq aient aui elles voisines : ces routes sont connues sous le non de Chuuttétt i* Bi unrhaul. On ne sa t pourquoi on attribue aja princesse t'e H nom l'honneur d'avoir cun-tiu t rea lOUlefl les rois Cl les reines de la première race des Franc, détruisaient beaucoup, réparaient quelquefois, et n'édifiaient guère. Ces 10 tes l orti nl les caractères de fabriques romain, s, et les colonnes m il ha ires qu'on y trouve encore eoufinuenl cette opiii>on. L nue, trouvée a une demi-lieue de Soissons, portail le numéro vu : ce qui ferait noire qu'elle in liquail un point de départ autre que celui île celle ville, ou qu'elle a été déplacée : elle était du rcrnc de Seplime-Sevèic.
Une autre colonne, trouvée à Vie sur-Aisne, app nient â Marc-Aurele-Antoiiin Pie ; elle est datée de son tmi-icmc consulat, c cst-8-Uire, de l'an tut de notre ère '. Il y a loin de cette é|HM|ue à celle de la reine Itrunehnut.
Soissons avait la prééminence, après Reims, sur toutes les villes de la Belgique. Une inscription long! mps lue au- ti ssus d'une des portes du pilais épiscopa! scœb.e l'attester, fcll- était conçue eu ces tenues :
Urbi habti hvr rrri Poti tttmoi prima tfltrt.
Le christianisme fut d'abord proche à Soissons. si l'on en croit quc'qurs écrivains, par deux hommes qui vinrent d Italie y exercer la pro ession de cordonniers; ils s'appelaient Ç r pin et Crrpinitn '. tjuoiqu i s ne fus enl revéïus d'aucun car i tère sae rdotal, ils parvinrent à faire quelques prosélvl. s; mais ce zèle ardent pour la foi leur su-ciia des pe séeuti ns de la pa t du C.ésarMaxiinien-llcrcule, collègue de Dioc étien. Ce prince, se trouvant à Soissons. lit animer en sa présence les deux c irilutiniers qui se mêlaient de dédamer contre les idole» : el, après
I Lcbcuf, Oiturlalum mr I jnuui .s. uiimuau
■ I* m iu, Pvr» u. p. < IS.
* ttmujài , Mure ii, p. r: i
i I .i i-f/r du Inirriplirmi il Itrlltt-t.-lirrt. i >i <- m. trVmiriri. -ir v m trmu '!« M i t . n
'l.'lbt.r Li bruf. /IhitIiIii» iur I r/»«i«r de l'éfbtiêÊrmrml 4u tktitU» n ik <Ht»t U Sai'jumiiait, (uuronnrr par l'jra.lruii- de SuHii», rn 1 7 ST . I . 7 *l NTMOMSi
HISTOIRE DES ENVUlONS DE PARIS.
avoir Ml de vains effort» pour les déterminer à abjurer, il les Kvm au préfet Rfctius- Vanta ou Rlcliovare, qui ks Ht souffrir horriblement, aprèsquol on leur trancha la tète. L'Église les a mis au r ang de te* martyr».
Quelques autres néophytes ayant été pareillement mis à mort, les germes de la nouvelle religion allaientétre étouffés àleur naissance, lorsque deux Autre» adversaire» de» idoles furent envoyés de Rome* L'un, appelé Sixtt, était évêque ; et l'autre, simple prêtre, se nommait Sinict. Constance-Chlore régnait alors sur la Gaule; les circonstances étaient plus favorables. Les succès des deux apôtres furent si rapides, que Sixte, après avoir élevé son collègue à l'épiscopat, crut son ministère inutile dans ce lieu et se rendit a Reims. Ainsi fut fondée l'église de Soissons.
Son premier évéque Slnice étant mort, on transporta son corps a Reims pour le réunir à celui de Sixte, qui l'avait précédé dans la tombe de fort peu de temps. Ces deux corps de saints furent placés hors de l'enceinte de la ville, dans un tombeau commun , sur lequel on a bâti ensuite une église qui fut longtemps en grand renom dans le pays.
Vers le x* siècle, l'archevêque Hervée fit transporter les deux corps dans l'église de Saint-Remi. Plus tard, quelques autres églises de la même ville se sont partagé ces reliques. Cest le 1*' septembre que la féte de ces saints est célébrée.
Quelques-unes des premières églises de Soissons s'établirent à cette époque. La maison d'un vieillard appelé Roger, où pavaient été d'abord déposés le» corn» de» deux saints cordon-
réglU* ilf Marisfcl.
niers, fut quelque temps pour les chrétiens de la ville un lieu d'assemblées secrètes. C'est ce qu'on désignait alors sous la dénomination d'oratoires. Comme on y célébrait les mystères delà foi chrétienne, cette maison peut être regardée comme la plus ancienne chapelle de Soissons . Une tradition apprend qu'elle était à l'endroit où a été édifiée plus tard l'église des Filles de la congrégation '.
La chapelle où furent déposés les restes des deux martyrs, après qu'on les eut extraits de la maison dont nous venons de parler, doit avoir une date aussi reculée. Cet édifice était d'abord peu considérable; il fut reconstruit à une époque peu connue et intitulé Sainl-Cre$pin et Saint-Crtfinien. C'est aujourd'hui Saint-Crcspin le-Grand. Grégoire de Tours dit que Théodoric, lils de Chilpéric et de sa détestable Frédégonde, fut enseveli dans cette église *.
Quand les peuples germaniques, mettant à profit la faiblesse des Romains, eurent franchi le Rhin et formé des établissements dans la Gaule, Soissons fut quelque temps considérée comme la métropole des possessions romaines dans le nord. Egidius, célèbre chef des cohortes romaines, que les Francs, mécontents
l Ltmt.tu, livr* h, p- m.
6'rrgvnï iurman'i Aûlvrui, lit». »l, «p. Si.
de leur Chilpéric, prirent un instant pour duc ou pour roi, suivant l'expression de Grégoire de Tours, faisait son séjour dans cette ville. Menacée peu avant par Attila, elle avait su, si l'on en croit quelques récits, détourner le courroux du conquérant, par l'intercession de son évêque, nommé Êdibe.
Egidius gouvernait en maître presqu'absolu ; soit qu'il cjit abusé de son pouvoir, soit quo le sentiment national se fut réveillé chez les Francs, une révolution eut lieu. Childéric repr.l sa couronne -, et Y Etal d'Egidiu$ se trouva borné à Soissons et» ses dépendances. 11 le transmit à son fils Slagriu»,
Mais l'heure était arrivée où les dernières traces de l'existence politique des Romains dans la Gaule allaient être effacée*. Clovis, fils de Chilpéric, jeune Franc, plein d'ardeur et avide de butin, marcha contre Slagrius. Les troupes de ces deux rivaux se rencontrèrent aux environs de Soissons1. Le Romain fut défait et alla se réfugier chez Alaric, roi des Visigoths, qui occupait le midi de la Gaule. Celui-ci le livra au roi Franc, qui l'avait demandé avec menace. Clovis lui lit trancher la téte- Soissons devint alors le siège principal de la puissance de* Francs.
1 tvhcuf, Ditttriulion i«r l'antitn Svù4onnai$. Aucun dn JUI<«rt c.-m tcili;» ifu* ■'•p|irl«c f« roinb*l latailtt it Soiiumt.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
S II — koluoiti mm In ilnmlniillon <tr« Kola
Ce fut à Soi-îoi>ns que (Tovls fit célébrer son mariage avre ce te princesse Imurguignone, nommée Ch'oihtr/iilde ou fi\>tilde, qu> joua un n'-le si important dans la grande ail' tin- de la ron*WSlnn de ce prince. I. 'épouse du roi des Francs avait ra d'abord l'autorisation d'avoir uni- chapelle dans l'enceinte même du palais ; on croit »|iie cetic cha|* Ile a été remplacre par IVgliaa de Siiinte-Soi-hic ou bien parcelle de la Trinité '. On ne peut gueic douter au surplus que Clovis et Clntildc n'aient fixé quelque temps leur séjour à Soissons; une fou'e de circonstances semblent l'at'rs'er. I.'abbé l.ebeuf n'en doute pas ; il ajoute que le roi des Francs, outre l'ancienne denii'ure impériale dans la ville, qu'il habitait ordinairement, avait une.
maison de plaisance aux env irons :
il la plai e au village de Juvigny, situé à deux petites lieues de Soissons, et près duquel on retrouve les restes d'une chaussée romaine: n lie assertion n'est appui ée que sur un putt&fl de ta vie e saint Arnoul, admise par les Kollaudistis. Il y est dit : mnwd code en» (Ira Allemands I ,(».,•!-
toit; et, «'ml tolitut tral, titlor ad Jtniniêtnnt in pa-
gn mrrtinnivo Xi—
mtttit *• Le rappni' bement est ingénieux ; c'est pourquoi nous av on» cru devoir on faire ni ntion ici ; nia:s peut-être il' m ml i a t - on (les ' i l • nages ) lus concluants.
Omis, avant cti'iulu l'en. pire des Francs ver- le midi, m transféra le «iege à l'nris; et il y mourut après avoir partagé, comme on sait, ses COiiqueleseivreses <!<• aire 'ils. Soissons
do» int alors le siese d'un des royaumes fondés dans la Cinulc p il* eesebeis Sieambres; et il Un donna son ItUDt II «lait compila en're le Rhin et la Seine. Clotaire I" y régnait. Des vicli lires et des crimes le rendirent après qinlques années maître, comme l'.lov s, de la monarchie tout entière.
$aini M, diird, abbav e. Le saint de ce nom était alors évéque de Novon. Le roi Franc, a qui mi conseiciicc reprochait plu— S'eurs actions horribles, crut devoir 1 apaiser en reniant une visite à l'cvcque, dont les vertus était en si haut r< nom; il partit donc pour Noyon; mais quand il arriva, Médard venait
• le tmnine. lomr II, p. S.
• Hmr r:,n inn tur rkitlain teel/titutiqueet eivt'U i* P..rt>. t\ fiehtrriinmenl Mf l'kittoir* de France, tome il, f- H» cl rainai**.
Cloître de l'Abbay* de noviumoDl.
d'expirer. (Polaire lit transporter le corps à Soissons, en grnn 'e pompe; it il accompagna lui-même le eortésc avec tous ses leudes. Arrive à Soissons. ce corps fut déposé dans une chapelle dépendante de 1 1 m ii»on royale d»- Crouy : et des religieux d'un mon i tere voisin y furent attachés pour rendre a CCI evé uje, ninsi canonisé d'avance par la nation, les honneurs que l'F--lise défeit a se. saints. Mais cet établissement ne parut pts met considérable nu roi Franc pour expier ses crimes: et il lit coinmen' cr, dans l'enceinte de ce même palais de Cr tiy. une égli«e et un monastère dignes du saint évèquc de Noyon. et qui tir nt
louer sa pieté par les chroniqueurs du temps. Malheureusement , sa mort , qui arriva en 561 , ne lui permit ras d'uccomplir ses projets ; mais, avant de ren «Jrc l'ame. i charma Sigeberl, sou llls, de les pou suivre; et il assigna d. s fonds Considérables , soi', pour ta construction desbàtim nts, soit pour l'entretien d-s religieux.
La maison royp.le.
ou sein de laquelle s'élevaient i es édifient, ainsi que les terres qui l'environn ient . furent au nombre des dons du monarque, 'font le corps fut i lacé a i près de saint Mcda d.
Sigcbet a qui, dans le partage qui fut fait alors de 'a BtdnarCtiie des Francs, élait échu le rnyaumt- d'Aus- Irasi », accomplit le viou paternel qui le concernait dans la possession de ■ son l'ière, I odieux Cbil.ieric . roi de Soi sons. Ainsi fut oebevée la célèbre abnaye de Saii.t- Métlard. Sigeberl y fut inhumé luimême eu US. Sa tombe, ainsi que celle de son père, était placée dans la crypte ou cave
souterraine de l'abbaye, aux pieds de celle de saint Méd >rd. ta tirs figures, gravées sur leurs lombes, sont, si l'on ru croit quelques auti urs, d'un époque pu térieure. Les deux princes y sont rep'cs» niés In cou oi ne sur le front, e! revêtus du jutludiimm uii romain ; d'une n ain i's tiennent le sceptre, et Ce l'autre un petil bâtiment qui ligure l'abbaye- On lit sur leurs lombes ces mois :
Clntoriut rer, fundator hujut rcrttiitt.-. Sigebtrlui rtx, filiut CM if ii regii.
Celle ahbavc prit chaque année une plus grande importance. Les mil a les, qui un tardèrent pas a se multiplier sur le tombeau du fcftint, y a.pilen nt un concours immense de lldeles ,
Il uni marin-,— lu.ii Pnurt Mm, I »m-.»*vboI Comp-
iiistoiiik i»i:s KWinoNs de paris.
et le* donations devinrent de jour tu joer plus fréquentes, Tnr une conséquence tnue naturelle, le nombre des religieux s\vcrut prodigieusement : l'on a écril qu'il y eut une i-p<it]iio ou ilsétiiietit ta nombre de quatre cents, « lesquels pnrligél eu a plusieurs ban les, chantaient jour et nuit mus interruption « ! oflii-e, « I cnlrenalcnt cette psalmodie perpétuelle appelée duns « le* anciennes chartes laut Mrtaass » Wl l'année de la mort de Clotairc. le pape Jeun III avuil, par une bulle donnée au monaslèie de Saint-Médard, le titre de premier i 1 de primatial dans le royaume îles Francs '. Les princes m- complurent a lui accorder des juri I ici ions et des piiviléges Irès-éîetidus; et le* nombreux conciles qui y furent tenus dans lu suite ajoutaient encore à son illustration.
l.e règne de Chdpéric, roi de Saisons, fut un tissu d horreurs dont il faut rapporter le plu» grand nombre à FrodfgQUfl . qu'il s'cait associée sur le liÂne. Ce prince vit périr sous ses veux , de mort violente, plusieurs de ses enfants, et fut as-assiiié iui-méme en 68-1. Il Inissi son royaume à un eufiint encore au Ix rceau. Grégoire de Tours a dit de lui qu'il méritait les noms odieux de fv'ér-m et d'Héintc de son temps. Il alTcelall le plus profond mépris pour les choses saintes, et accablait l' s ministrts de la religion de sarcasmes impie* ; il leur reprochait sans cesse leurs richesses et h ur puissance. A peine croyait-il en Dieu : mais il mail le |du» grand respect pour saint Martin : et il était sans cesse assiégé par la çralnlc d'exciter cuntic lui le courroux de ce saint patron ». Le même blsloi iru a uute que ce roi Ht cousi mire i Paris et a roi-sons des cirques pour donner nu peuple des spectacles unniogiies a ceux des Romains. A l'égard du cirque de cette dernière ville, on n'a pu eu ict :ou\er aucune trace.
Ciotuire II succéda à Ch Ipéric dans le royaume de Soissons. Frcdégoiide, ayant fait assassiner le roi son époux, se retira dans IVsile de la Notre-Dame île Paris, avec son liis Ciotuire. Pendant sa minorité, le royaume et lu ville de Soissons n'offrirent que désordnsel atrocités. Le roi d Au-li m , Chiidebert, vint les ravager avec ses troupes; il j établit un duc ou maire appelé lihuchiiig, le plus cruel des francs, c'est beaucoup dire, et le chargea de gouverner pour lui ; il le lit ensuite assassiner; un second, nommé Magnuvalde. subit le même sort », Les principaux habitants du Soissonuais, lassés de se voir en proie a l'avarice et a la cruauté de ces gouverneurs éphémères, demandèrent au roi d'Australie Téodehcrt, son lils, pour roi. Cette d.inaii te leur fut sans peine accordée; et le jeune prince fut ptoèlamé; ma s une révolution ne tarda pas a avoir lieu. Le | élit fiis de CI. taire ("avait conservé des partisans; les intrigues de Frrdégoude prévalurent : et Clotaire II remonta sur sou troue. Comme sou ai ui, par des victoires et de» ci unes, ce pi inee parvint a se rendre inailrcde tous les Étuis des Francs ; et en iui finit ce royaume de Boissons, confondu dès lors dans la monarchie, qui, dit mains débiles des héritiers de Clovis, pas a enlin. par une révolution mémorable, à ces inairc.sdu palais, auxquels ils ne manquait que le titre de roi. Ce royaume de Soissons uvuit duré cent vingt ans.
Jusqu'à la nouvelle race royale, quelques particularités de l'histoire ecclésiastique signalent seules à noire attention l'histoire de Soissons. L'hibloiicn Grégoire de 'l'ours ' parle d'une assemblée d'evéqurs que Cbildebert convoqua en Sttu, dans sou palais de Saurieiacum (Saunl ou Sourd) , situé à trois lieues nu nord de Soi- sons, pour réintégrer sur sou siège l'évéque de cette ville app.ie Droctégesile .' ce prélat était en quelque sorte suspendu et relégué à la campagne depuis qualie ans, a cause d'une espèce de transport frénétique, mal qui, disait-on, résultait de sou habitude de s'enivrer. Ses collègues déclarèrent qu'il était parfaitement saiu et tout-i-fait propre à reprendre les fonctions de l'episc <pat. i Abbaye de Notie- Dame et de Saint- Vatt. Ijt fameux maire I Kbroîo résula longt> uips à Soissons; et pressé, pur sa femme Leutruile, il y fondu I abbaye de Notre Dame. Le premier établissement fut situé, sous ce titre, hors de l'enceinte, sur lu rive de l'Aisne, dans le faubourg qui parte aujourd hui le nom de Saint-Vast ; mais, comme dans cette situation, ce monastère
1 Lemoitu, lomo n, p. s».
*IMbm) , tlttltriri dt Soiitmt, Ht. mi, rtiip. 17, 1 Gri-yrri Tunmintit kiilor,, lit». «I, <ap «6. ' /! ' I . hb, ix, eu p. 9 .
1 Mi., e»f. ST.
était exposé aux inondations de In rivière , et que d'ailleurs il ne pouvait plus contenir le no:nl.re t. ujours croissant des reïi- •Jcu-is, Kbroiu transféra le monastère dans li vile; et il lit construire à grands fiais de nouveaux édifiées religieux, des édlllccs embrassèrent une partie du palais qu'il linhilnit lui n è ne, et occupèrent la p u tic de la vieille enceinte de la ville regardant l'i»'. Une nin-miilci née toute i ovale lut déployée dans In construction de la principale église. Le portail était dicorc, de deux tours fort élevées, et le fond du rlnuur ou abside, dont l élévation répondait à celles des tours, s'avançait jii <|u au n ur de l'enceinte! le tout formait comme une espèce de cliète.iii >|ut semblait commander à toule la ville. L'église I neluejhj de Notre-Dame ntst point celle que fil construire | Kbroiu : CClle-ei date de l'un liai, cl fut édifiée par l'abb. sse I Mulhililr, de la maison des comtes de Toulouse, sur les ton ic- ' meut* de l'cgli-c ancienne, qui lui elait anlé.icure d'environ cinq siècles *.
Mais, suivant la coutume du temps, on ne se borna point A fa re construire une seule colite dans l'eue mie du monastère :
I d.u.x autres furent édifiées en même temps; et ta dé lieace en fut faite solcnuel'cmeul, ainsi que de la prenne e, dans la dixième année du règne de Clotaire III, par saint Drausin, alors évéque de Soissons, assiste de plusieurs a'.tiv.» prélats. La pr«miéiefut placée sous riiivoeutloudela patronne de l'abbaye: ee fut I « gli-e des religieuse* : la seconde destinée aux religieux qui devaient diriger la communauté, fut dé liée à saint Pierre, c'est aujourd'hui Saint-Picire-aux-Parvis. La troisième, mise sous l'invocation de sainte Geneviève eldeious les saints généralement, devait recevoir les mendiants ou autres bot - d'un rang inférieur, auxquels on oiTi -irait momentaneuu ut asile'. Peu opres, a ce qu il parait, une quatrième église, sous lu titre de $ainft-Cn ■'■ f"tt-diliée pour servir de sépulture aux religieuses; et la fut déposé, eu I un 7u0, le corps de saint Voué, reclus de I ..bbaye. Celte église n'existe plus.
Ce monastère prit piompfrmenl rang parmi les plus distingués de l'ordre de Saint-lien it en France. Klhérie, religieuse de Jouarre. en avait été la première abb "-se; ou trouve parmi i elles qui obtinrent ensuite ee titre, un grand n unbre de prrn-
l cesses de dilTérenles maisons royales. Chaque année, ses rl-
I i bessc» s'accrurent parties donations considér ibles ; et le nombre des religieuses devint enfin tellement excessif qu'on fut oblige de lu limiter par un règlement île 857 ou 8(8. Le nombre des
I religieuses fut alors iixe à deux cent seize ; celui des sieurs con-
i verses ou servantes du dedans à quarante . et celui des tourières
i ou lemnies du dehors a trente.
L'abbaye de Notre-Diune possédait un riche earlulaire et
| plusieurs beaui inuuuscrits, entre autres lu Cité de Dieu, de saint Augustin, écrite eu lettres lombardes, à une époque 1resreculée ; mais son principal tu sur était un soulier et une cein-
1 turc qu'on assurait avoir a- p rtéhu à la sainte Vierge ».
C'est dans ce monastère que fut enseveli saint Drausin; et son tombeau devint i ans la suite le but de nombreux pcleri-
l nugi » ; en elfel, on ne sait pourquoi celte croyance fut généralement accréditée, que ceux qui pass lient la nuit sur ce tombeau
I devenaient invincibles : dans celle persuasion beaucoup de che-
' valais il autres peisom.es venaient d'Allemagne, d'Italie et d'ouire-mer, pour se préparer ainsi soit au combat judiciaire, - m a quelque grave cuti éprise. Vers le milieu du xn* siècle, le laineux Thomas Ileckcl, archevêque de Caiilorbéry. vint de la sorte a Sois-ons pour iuvo pu r l'aide de saint Drausin, contre le monarque dont il fui plus lard la v ictime ».
Il parait que c'est rers l'époque à laquelle nous Sommes parve- D0I que la population s'elant beaui-oup accrue a Soissons pendant qu élu avait eie la capitale et le séjour de plusieurs rois Francs, le nombre des [telle cardinaux ou cures fut augmente dans cette ville et porté a donne. Os douze églises p iroehinle* ou paroissial. s furent Notre-Dame-dés- Vignes, Saint-Léger. Sa nt- Quentin. Saint-Vast, Saint- Martin, Saint-Reoré, Snint-Plerrrle-\ ieil,Saint-Pierr«-ide-Cufllo, Saint-Germain. Saint •André-dellcllin, Saiiit-Picrre-à-la-Chaiix, et Saiiil-Jacques >. Il fnut re-
> lliiloire At Vahknçt d* \oht-l>:imr Ht StMMun». p io^
' limoiiif, lome il. p. St.
' Ungoiay. U». ai, rb«p. Il, p. f,\.
• J • ■".•m Sarubvry I„.
» Ckrmkm trtet nUuliHi'ù rnn-minr tonrll AmmAi *f*4 rimaê, à Ptli * Griët», in-»- StuuOme, <S»T.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
inarquer que le* six premières seules étaient eompiises dan* la ville. L'avant-dernière des six autres, Saint-Pierre-ô-la-Chaux, fut.au commencement du xvn* slèele, convertie en un simple prieure; et sur l'emplacement de la dernière fut bâtie, en 1076, l'abbaye île Saint-Jcaii-dcs-Vignes.
En 7-1-1, un concile fut assemblé à Suissons pour condamner un certain Adalbrrt, titulé évêque, sans qu'on dise (|uel était son évéché, et qui, se prétendant nanti d'une lettre de Jésus- , Christ, dont saint Michel avait été le porteur, introduisait une foule d'usines nouveaux dans l'administration des sacrements. 1 Lis prélats étaient «u nombre de vingt-trois ; et le célèbre duc 1 Pépin, qui devait bientôt monter sur le trône, assista aux ; séances du concile, ainsi que ses principaux seigneurs. Indépendamment des censures qui furent portées contre Adalbrrt, lis canons «le ce premier concile de S< i«snns niii.rmcnt plusieurs décrets fort curieux. Le troisième interdit aux clercs la châtie et le* habillements de laïcs; il défend aux abbés réguliers d'aller a l'armée, et leur ordonne de s'y faire remplacer; le cinquième défend d'admettre des prêtres ou évèques uux fonctions cléricales, axant qu'ils aient été dûment examines et approuvés par les évéqursde la contrée ou ils viennent s'établir; parle huitième, il est défendu aux clercs rf'acntr de* femme* dan* Iturt maisuns, les mercs, snrurs et nièces eicrptécs; le dernier canon porte que celui qui aura péché contre le décret du concile fera jugé par le prince, de concert avec les évèques et les coin- 1 tes, et paiera l'amende suivant la loi. '. Au reste il est digne de remarque que les actes de ce concile ne sont souscrits que par quatre [ersonnes: Pépin, Itadbod, Aribcrt et Helmigiud; et Ton ne sait si les trois derniers noms représentent des leuiies de Pépin ou blendes évéquts : car les vingt -trois prélats dont il est dit que se composa cette assemblée ne sont point nommes.
C'est peu de temps après que fut consommée, n Soissons, la révolution préparée de longue main. L'assemblée ecclésiastique dont nous venons de parler ne fut pas inutile à Pépin, et dut l'aeeclerer; Il parait qu'elle lui fournit l'occasion de faire comprendre aux évèques quec'éla t a l'E surtout qu il voulait recourir pour fonder son droit à l'usurpation de la couronne. Quoiqu'il eu soit, après avoir adressé au pape un message sur cette grande allaire, il crut sa conscience tout-à-fait rassurée,* clollra Childéiic III ; et, dans une assemblée des hommes puissants, tenue à Soissons, il se lit, en l'an 163, proclamer roi. D'abord sacré dans celte même ville par Boniface, légat du Saint-Siège, ipii lui mit la couronne sur la tête, il voulut l'être une seeoniJc fois, deux ans après, par le pape lui-même C'est ainsi qu'il fit sa légitimité.
Des deux fils de Pépin, l'un nommé Carloman, fut sacré à Soissons, eu 786; et celle ville se trouva pendant quelque temps cire encore devenue la capitale d'un royaume formé d'une moitié de l'empire des Francs. Mais, ce prince étant mort trois ans après, le nouveau royaume se confondit dans la vaste monarchie de son frère Cherleraagnc, dont Soissons dev int une des ciies piim j pales.
Quand ce prince entreprit de rallumer le flambeau des lettres dans son vaste empire, Soissons ne fut point oublié. Dans la principale école, ci lle du monastère de Samt-Mcdard, on instruisait les entants des riches ; on cite comme ayautappai tenu à cet établissement saint Oucn, né dans les environs de Soissons, et qui fut Référendaire ou chancelier de Dagobert I", puis archevêque de Rouen. Lue seconde école était destinée à former des cl rcs, l.harlcmague ajouta à ces établissements une école pour enseigner le chant giegorien, qu'il subsiitua à la psalmodie alors en usage. Des deux maîtres h ibilcs désignés sous les noms j de Théodore el Benoit, qu'il avait fait venir d'Italie, le dernier fut mis à U t< te de l'école de Soissons, et y lit promptement de nombreux élèves *.
Chapitre cathédrale de Saint-Crépin et de SaintCretpinian. Ce chapitre date des premiers temps du chr istianisme Soissons.
L'ancienne discipline de l'Eglise prescrivait aux chanoine» la : vie commune; mais ces règles étaient depuis long temps tombées dans l'oubli. Charlemagne porta une ordonnance, que plusieurs rouelles confirmèrent, par laquelle il lut enjoint à tous les clercs de vivre oui tecundùm cananicam aut reijularum intti-
> Plruii HMrl ttetitimttifut, tome 11. if. *t. •UiKviM, tome 11, p. ISS.
tutionem Cette ordonnance fut exécutée pari* chapitre de Soissons; et e'< st l'époque ou fut construit le cloître commun des chanoines. Mais cet usage, jusé si nécessaire pour maintenir les clercs de cet époque, cessa bientôt d'avoir lieu, l a maison du chapitre ayant été brûlée en 988, ainsi que la cathédrale, on fut obligé de laisser les chanoines vivre où bon leur semblerait « Ofl voit encore (1775) la grande porte de cet ancien cloître, u dans la rue dite de Saint- Nicolas; on aperçoit même, à ce « que l'on prétend, dans la petite cour de l'évêché quelques « vestiges de l'ancien rMKtOin des chanoines '. »
Celui qui tenait le premier rang dans le chapitre de Soissons, qui administrait les biens et réglait la discipline intérieure portait le titre d'r'ronnmr. Ce titre fut dans la suite échangé pour celui de j.mrft, plus ordinairement en tisane dans les églises cathédrales ou collégiales du royaume. Pendant que le chapitre forma une espèce de communauté, une maison de refuge pour les panv res fut attachée a leur cloître ; et ils affectèrent un fonds spécial à »on entrelien. On peut conjecturer que cette maison fut réunie a l'Ilote! -Dieu après que les chanoines eurent été dispersés : cet Hôtel-Dieu est, comme l'église dr Soissons, fous l'invocation de saint Gcvaisetde saint Protais: et c'était le chapitre qui nommait les sœurs bospital ères chargées de le servir.
Au reste, ce chapitre, devenu dans la suite très riche et trèsnombreux , fut exempt de h juridiction de l'évêquc, par une bulle de liai ou I102. D a proiluit plusieurs personnages distingués, entre autres, Pierre de Latilly, Etienne de Mormyct Jean de Dormons qui devinrent chanceliers de Fran e dans le cours du xiv* sieele, el plusieurs évèques ou cardinaux.
U doit être fait mention ici d'un autre chapitre de Soissons, celui de Saint-Pierre^iu-l'arci* : c'est le plus ancien après celui de la eathe raie. Ebroin fut au-si, dit-on, le fondât* ur de l'église, d'abord desservie par quelques religieux, que remplacèrent peu de temps après des dires séculiers ou chanoines*. Ce chapitre jouissait du droit de ju-ticc sur une portion de la x ille. L'abbesse de Notre-Dame était regardée comme trésorier»* du chapitre; et, à son avènement, elle prenait solennellement possession de celte dignité, qui lui assurait dh erses prérogatives *. On lui rendait les honueursdenatrunue tt de fondatrice du chapitre.
Ces rapports entre les chanoines et les religieuses tenaient à ce que ceux-ci, comme nous venons de le voir, avaient remplacé des moines institués a l'époque même de la fondation de l'abbaye: car c'était alors l'usage dans l'ordre de Saint-Benoit d'avoir des monastère* doublet; c'est-à-dire, qu'on attachait toujours une communauté d'hommes à une communauté de filles, a Ce que fout connoltie. dit Re^nault, les < .0 1. s cl nuit très titres des églises el abbayes de Samt-Crespin-le-Grand, « Saint Jean-ilcs- V ignes,Saint-Crespiu-cn-Cbaye, par lesquelles » appert que les religieux desdites abbayes avoient des sœurs « et converses, même que l'on leur bailluil de* flirt en garde. « Mais, pour ôter le soupçon de mal juger, par la résolution a du deuxième concile de Nice, les monastcrtsdoublcs d'hommes « et de filles ont été séparés, et déienses faites aux clercs de a hanter les monastères des filles sans cause raisonnable '. »
Par suite de cette dépendance, les chanoines de Saint- Pierre étaient tenus d'assister aux offices et de suivre les processions des religieuses Comme les communication» devenaient encore trop fréquentes, une réforme fut établie par le cardinal de Bourbon au commencement du xv i* siècle, ot Apres une exacte « discussion de toutes choses, il (le cardinal reconnut qu'il • n'était pas de la bienséance que les chanoines de Saiut-Pic rre n entrassent dans le clueur d's filles, pussent certain» jours le « vin et les gâteaux dans leur réfectoire, dînas eut le jour de a 1 * s a option avec l'abbesse, el fissent, en celte abbaye, loutes « les fonctions pour lesquelles ils recevaient de grandes relrla butions eu paiu, en vin, en argent, en ble, et quelquefois a même en viande*. » En conséquence, les obligations du chapitre envers l'abbaye furent réduites a dire des me -ses et à célébrer des offices a certaines époques de l'année. Ce chapitre, au
> Ltmoint, toisr n, p. Mil.
» lltH' trt tthrrjrr dr t arif dt SitHt-Btnr/11, I, ni, rhip. «7.
i {/■iJoi'rr ét l'Mayt dt Hotrt-Oamt dr Sauront I. I, rlup. ».
' Mr dt Ikiiloirt dt fmnrttntu ri/f« dr MmM, l»l», iu-tî. » SI.
- Uornia), BMtttt dt Soitumt, lit. c ISS.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
EGtle, parvint comme relui <lo la cathédrale . n s'affranchir de la juridiction ù. ! .•.Suaire, i/cl-à-dirc , de l'évêque de Soissons.
L'abbaye de Saint-iledard prit à cette époque de nouveaux accroissements. Louis-le-Uchonnnirc lit ngrandir l'église 1 qui subsista jusqu'au xvi* siècle, époque oùele fut pillé*1 et presque détruite par les calvinistes; e le fut rebâtie, n la lin «les troubles relinicux, par un des abbescommendataires de Sainl-Médard ; mais comme l'architecte a qui on avait confié la direction des travaux n'était pas catholique, il se trouva que celle église avait lout-à-fait l'apparence d'un prêche. Les religieux de Saint- Maur qui y furent placés, en IG37 , lui rendirent l'aspect d'un temple eatholii|ue.
Le corps de saint Sébastien, qui fut accor dé presque en entier aux Instances pressantes de I empereur et d Tlilduiii , abbé de ■Saint-Denis, par le pape Eugène II, et qui fut déposé à côté de ^aint Médard, donna à l'abbaye plus de lustre eurorc. Les miracles qui manifestèrent la présenta du nouveau saint mult'plièrent considérable i. eut les pèlerinages et les donations. Les pos-essions de Suint-Médard, en biens-fonds, étaient consi lérables; et, un siècle a pi es son établi- sèment, cette abbaye était devenue pm mtaire de deux cent vingt liefs. Elle jouis-ait, en outre, d'une juridiction épiscopale sur plusiers bourgs. La renommée de cette riche abbaye y appelait >ouvent de grands personnages ; du nombre fut U idrade , d'abord bibliothécaire de Charlemagne, « t ensuite archevêque de Lyon, où il s'efforça de répiimer la licenee qui s'était introduit dans l<s mœurs des ecclésiastiques*.
L«uis-lc-I>é! onnaire lit une visite de seize jours dans celle abbaye, et y laissa des marques de sa pieuse munificence : entre auties présents dont il gratifia les moines, on remarque un calice, une lampe et un encensoir d'or, en ajoutaut à ces dons celui du monastère de Saint-Étiennc-dc-Choisy, dont les dépendances éiaient considérables. Déplus, et ce qui était alors trèsprécieux . il leur donna un texte des Evangiles éi rit en lettres d'or ,<nrialt$. Le format est in-i*, et chaque paye a deux eo? lonttes; mais l'écri'ure e-t tellement variée qu'il n'y en a pas deux ''c la même main Primitivement le volume était recouvert axe - des lames d or: mais, les hunes d'or ayant disparu, ou ne sait n quelle époque , on le recouvrit avec de petites lames d'ar «eut doré , qui forment une espèce de filigrane, dont le travail i Si remarquable. Les mots suivants sont inscrits sur celte couverture : h<tc tabula facla est à U Inyramio , abbate hujus loti, anno incarnait rtrbi m. g. lxix papatûs Alexandri III, rfr imo rtnni Ludorici junioriê xxxill. l.ibrunt aulem istum obtulit Luducicus piut imprritlor tteato Srbaitiano , in ejctptiont ejusdem martyns inclyli et papa? Oregorii urbi* Romer *. Celte Bible rst maintenant a la Bibliothèque royale.
Cette al ibaye, ou le fils de Charlemagne avait donné le spectacle d'une piété si peu éclairée, va maintenant devenir le théâtre de son ignominies nous allons voir s'y consommer une des révolutions les plus remarquables dont nos annales fassent met) 'ion.
L'empereur avait , comme on sa't, partagé ses vastes Etats ■ util' Lothaire, Louis et Pépin, qu'il avait eus d'Uermèngarde. Judith. »a accoude femme , lui avait donné un Dis, ce Charles, dit le Chauve, sous le règne duquel fut dans la suite accomplie la grande révolution féodale. Le monarque, voulant lui former aussi un Elat. fut obligé d'entamer ceux de ses autres fils. Ces lils nu contents se liguèrent contre leur pere, et cherchèrent à exciter les ressentiments du clergé, dont il avait, par plusieurs ordonnances, cl notamment par un concile c invoqué, en Ain, dans son palais d'Aix-la-Chapelle , enti épris de reformer 1rs mœurs déréglées. Neuf ou dix abbés ou évêques les plus puissants de fa lïaule, la plupart les obligés de l'empereur, seconde! tut la révolte de ses lils contre lui; ils llrcut arrêter a Laon l'impératrice Judith, la tirent conduire à Poitiers, cl renfermer dans le couvent de Sainte- Itadcgonde pour y prendre le voile. On prétendait qu'un lien de parenté rmdait nul sou mariage avec l'empereur; et on l'accusait m outre d'avoir souille la couche nuntiale par son commerce adultère avec des seiimetirs de »a cour.
' D«i») J/iiloirr <(• .San'imat, II*. i«, r ».
* Hulnîrt /j!Jrr«irr aWa Frcmt.t, inror u, p 4VS H *uL«<*nlr«
» Ltmain, tomr II, p 1S|.
L'empereur ne fui pas mieux traité par ses fil*; il tomba entre les mains de Lothaire . l'un d'eux . lequel il avait associe à l'empire. Ce fils relégua on pire a l'abbaye de Saint-Mcrinrd deSoissons, et plaça auprès de lui des hommes chargés .'. licitrrson abdicalion, cl de l'engager à se faire mo ne. Il résista. Les querelles survenues entre ses fils, ses ennemis, lui vain i la liberté dont il ne jouit pas longtemps.
Louis-le-Itebonnaire marcha contre son fils Lothaire, à la fêle d'une armée; mais ses troupes, corrompues par ce lit s . I abandonnèrent au premier choc; et il devint une set tmlc I Ij prisonnier de son fils.
Le pape Grégoire IV était alors dans le camp de ce fils ingr.r. et persécuteur, quoiqu'il eut témoigné l'int. ntion de concilier les deux partis: sa conduite parut fort suspecte, d'après le li moignage même d'un conl mporain 1 . Ouoi qu'il en soit, tomme lr peuple était déjà délie du serment de fidélité, dit l'historien. 1 1 i qui prouve que, pendant sa premièie captivilé, linéique n-sein- ^ Idée de factieux l'avait déjà déclaré déchu du trône , Lothain fut tumultueusement proe aîné seul empereur par son n.mir Louis sépare de Judiih, que Lothaire envoya à Torlone, en Italie, et de Charles, qui fut renferme dans une abbaye, se vit contraint de suivre son lils en diveis lieux, puis a Soi»sons. m il fut de nouveau retenu prisonnier et mis sous In gaule de qm I ques prélats qui l'accablèrent d'iodlgnltt s. A quelque leuipi i là, une assemblée ecclésiastique fut convoquée à Compicmu . I la. il fut décidé qu'il donnerait par une seconde pënilenct publique, ! une nouvelle satisfaction o l'Eglise, pour les mêmes crimes dont ! il arait déjà fait une fois pénitence*. Ebhon , que les contem- I porains représentent comme un bomnie non moins cruel qu'uni pudique. José; qu'un synode avait dégradé de i'épiseopal \ 1 1 plusieurs autres, figuraient dans l'assemblée de Compicgnc. Quelques-uns adhérèrent /i < < s n l< s iniques par faiblesse: on ' peut compter dans ce nombre ce eborévèque ' I hégan qui en | parle avec indignation. La plupart étaient animés par un vif r< ssenliment contre cet empereur, dont la licence des temps i ITurourhaii la pillé. On proféra contre lui de véiirables injure*, et on l'accUM a Une foule de crimes. « L'empereur, d'1 uu des « annalistes précédemment cités, fui e •mlamué sans efr« prr- " sent ni entendu, sans avoir fait aucun aceu, ni rien dit qui put ■< rervir à la convaincre » Lne chose fort digne de remarqu-sans doute dans ce passage, c'est que l'auteur n'insiste absolument que sur ce fait, que l'empereur n'a fourni contre lui aucune preuve, de sorte qu'il est clair qu'à ses j iux une asti ni blee de clercs, un concile qui entreprend de juger et de df*poser un roi, n'entreprend rien que de juste et de légal. Telle état effectivement l'opinion régnante dans ce siècle.
L'arrêt des <»é'|iies relativement a l empcrcur fut exi Soissons, la veille de la Saint Martin de I an «33. Ce jour I >. il fut traduit dans ( église de Saint -Me tard ; et son (Ils l.oth ei occupant le Irùne, lui lit remettre une cedule où étaient nvérés lotis les crimes dont il avait à di mander pardon à Dieu et aux hommes. Placé debout et devant l'autel, chargé des reliques de saint Medard et de suint Sébastien , on l'obligea d< lire lui-même, a ha»te voix, l'a te qui le condamnait: puis après ci lie lecture , de se reconnaître coupab'c, de réclamer I pénitence cai.onique et de se dépouiller lui-même des insigne* delà royauté. Il revêtit une robe grise de péuitcnt que lui présenta l'indigne archevêque de Reims. On le reconduisit ensuite au monastère; on le laissa dans la cillule où il devait faire pénitence le reste de ses jours. Ainsi le (Ils et le successeur il Lh u h magne, un empereur, lut réduit à l'état abject de moin Mats une nouvelle révolu'ion vint bientôt arracher le dévi Louis de son cloître. Les Francs ou les l.eudes se révoltèrent contre les auteurs de ces oditui traitements. Lothaire, nbtig «1 1 fuir, chercha à pallier son crime en alléguant qu'on ne pouvait l'accuser d'avoir accepté ce qu'on lui avait offert unanim ment, et qu'a l'égard de la captivité de son père, il était mau.-
« Vit èê Louis-lt-Dthrmnairs. pat l'iitoajrmc dit ff MrfiniHç. lonn- u ,
|i. t*Q rl Hjlv*nl«?«.
1 L'AitroKoms. p. SSI.
> r»»*0«.p. it*.
• On appcliil aiat4 l«« «iraitrt ckaiirt île «ippInM I K^qu' .lam |°a<lmire •irali in dr* rl manxlrrr» du dînera*: n dana la «Ulr rpia opalv, loi»
qu'il rlail abwiit.
» t'Mstrmsm*, p. »»»
HISTOIRE DES ENVIRONS DE l'Ait |S.
f.-vc qu'elle rétwlnit rfVi jugement de* crr'quttK Louis reprit .l"»n<* son "ccptri' : mais et- nue l'on h pei e a concevoir, c'est •jn'il ne voulut régner, malgré les in>t»ncc» île ceux qui l'entouraient. qu'npré<avoir clé solennellement réhabilité psr le mini-tore d'un évè<)U'\ donnant par là une sorte de sain-don nus «des inouïs qui l'avaient di-trôné. Cette nouvelle cérémonie eut lieu à Salnl-neni«: et il fallut, pour satisfaire aux scrupules nbsurd>-s du monarque, que des pré'ats. défaisant en quelque sorte ce que d'autre* p élal« avaient fait, lui ceignissent eux-mêmes l'épée pour te rendre d«cne à ses propre» yeux de porter la couronne *. Le premier acte de l'empereur réintégré fut une amnistie, de laquelle lésé vécues qui avaient été ses plus fougueux ennemis étaient seuls exceptés. Ebhon, entre au'res. futil'uboril jeté '.'ans un cachot, et, deux ans après, déposé au coniile de Thiomilie.
On montre encore dan» les ruine» de l'abbaye, le In-u qui. suivant la tradition, s+rvit deux fois de prison à l.ouis-le-Débonnaire: c'e»tun véritable cachot qui ue reçoit de jour que par un soupirail, et dont on fit plus lard un cellier. Il a sept à huit pieds de long sur trois de large; et il était pré édé par une salle Iriss-vasie où se tenaient les gardes. On lit sur les murs du enchot les lignes suivantes, tracées, selon toute apparence, par quelque antre captif détenu dans le même lieu . et qu'on ne «aurait aitribuer à l'empereur lui-même, comme on l'a fait <|uchiuefois , pui que la langue française n'avait pas encore , a cette époque, remplacé les langues' latiue et tudesque. Voici cette inscription :
IWat'. que je lui* print de douleur t Jfourir nt:tur me vaud oit, Que eouffrir lellet empreinte*
line quatrième ligne <*t illisible.
Louis >e rendit de nouveau à Soissons avant de quitter la we ; et il habita une fois encore cette abbaye de Suint-Méd ird , qui devait lui rappeler de >i tristes souvenirs; mais alors il logea dans une pièce qu'on appelu longtemps après la chambre dornc'c'ail relie où l'on recevait les grands personnages qui venaient prier aux tombeaux de saint Médard et de saint Sebastien : et tel fut aussi le motif de l'empereur dans cette dernière visite.
Louis, son fils, avait encore pris les armes contre lui ; et il menaçait d'envahir une partie de la France. Dans un si pressant danger, le (ils de Chartemagnc ne vit rien de mieux que de courir aux reliques des deux siints , à l'intercession desquels il attribuait sa précédente délivrance. Il passa dans l'abbaye plusieurs journéi s entières en actes de dévotion *.
Le successeur de Louis-lc-Deboimaire , Charles le Chauve , «'arré'a a Soissons, en 842; et, les moines de Saint- Védard Taynnt invite à picndre part à la translation solennelle de quelques reliques dans leur églUc. le monarque, accédant à ce vœu, assista a celte cérémonie; et, jaloux de montrer sa piété, il chargea ses épaules, comme les derniers des clercs, de ces chaises précieuses , après quoi il donna une terre à l'abbaye. Les reliques étaient alors le priucipal objet de la religion chrétienne.
En 853, le même prince présida dans l'église de ce monastère un concile, où se trouvèrent envirou Ircnte évêques : c'est le second qui ait été tenu dans cette ville. Le célèbre Hincmar, abbé de Saint-Denis, y fut élevé au siège de Reims , à la place d'Ebbon, déposé. Une des sessions lui fut spécialement personnelle; car il s'agissait de décider si son élection et sa conséeralion au siège de Reims étaient cauoniques, et s'il pouvait annuler les ordinations faites par Ebb<>n. La question fut résolue en fa vi ur d'Hincmar. l«e concile s'occupa cn>uite de divers règlements pour la réforme des mœurs. Les usurpations si marquées «lu pouvoir eplî-copal sur la puissance royale, qui avaient signalé le régne précédent, reçunnt une grand* force dans citte fisscml lee, et y furent, .en quelque sorte, transformées en principe : non contents de juger des ecclésiastiques qui avalent favori-é l'évasion d'un prince de la famille de Charlemagnc, alors révolte contre In couronne, les pères du concile étendirent leurs droits ?ur le prince lui-même, et -dé nièrent qu'il serait condamné y avait lieu, et renhrmè comme Loui>-lc-Debon-
i L Ae'nmawu, p. SSS.
• i*. Uid., p. 1W«.
• lanw h, p. IT*.
roirc. dans le monastère de Sainl-Médar •, pour faire pénitence, Ci arle< donna sou adhésion aux actrs du concile.
A cette époque, l'humeur orgueilleuse et violente de* prélats d«nnait fréquemment lieu à des dissensions fâcheuses. Dominateurs des rois, ils ne pouvaient supporter des rivaux parmi leurs pairs. C'est ce que laissa voir Hmcmar à l'égard de Rothade, alors évêqua de Soissons. Un curé du diocèse de Soissons axant été surpris en flagrant délit avec une femme . avait été d'abord cruellement mutilé, ensuite dépisé par un synode convoque d'après les oW-es de l'évèque ; trois ans après cette affaire, le métropolitain Hincmar. qui voulait, selon to iteanpareuce, ntoir un prétexte pour rabaisser la fierté de son suff.aganl Rothale, se décl»ra le prolecteur du curé mutilé et déposé: en " onséquence, un dimanche, au moment ou son successeur allait à l'autel pour célébrer la messe. I'archevt.|ue le fait enlej ver a la *ue de tout le peuple : on l'amène d< vaut lui ; il lexcommunie, l'envoie en prisou, et rétablit son prédécesseur dans la cure.
L'évèque de Soissons refusa d'adhérer à ces décidons; alors le fougueux Hincmar assembla su - e-ebamp un concile provincial dans l'église de Saint-Cn-spin-le-Grand, a Soissons, y déféra Rothade comme réfraetaire et désobéissant, et, comme tel, le priva de la communion éniscopale jusqu'à ce qu'il eut obéi. La querelle s'envenima de plus en plus. L'évèque, voyant qu'une nouvelle assemblée ecclésiastique convoquée à Pitres et transférée à Sentis lui était contraire, en appela au pope. Il se disposait a partir pour Rome, lorsqu'il fut arrêté. Nouveau concile de Soissons, tenu dans Saint-Medard, et où Rothade re'usa de comparaître pou1" ne point nuire à son appel. Cité une ecoude et une troisième fois, il est jugé, déposé, et rempla é dans (e siège qu'il occupait drpuis plus de trente années. Les deux conciles de Soissons que nous venons de mentionner ne sont j point reçus par l'Église.
Le pape Nicolas I" termina cette affaire, par son intervention. Rothade, après quelque temps d'une assex dure cap ivité au monastère de Saint-Yléd»rd, obtint la permission de se rendre a Rome. Là, il fut solennellement justifié; et, à son retour eo l'ronce. ce fut son persécuteur, Hincmar, qui le réintégra luimême dans son siège épiscopal '.
Un nouveau concile fut tenu à Soissons, en 860 : et Charlesle-Chauve y assista. Celui-ci était convoqué pour délibérer sur le rétablissement des clercs déposés par Hincmar, a son avènement au siège épisropal à la place d'Ebbon; el, comme la décision des pères fut favorable aux clercs, le puissant archevêque reçut ainsi un nouvel affront. Les prélats qui composaient cette assemblée étaient au nombre de trente-cinq. Avant qu'ils se séparassent, Charles leur témoigna le désir de voir la reine Hermentrude solennellement sacrée par eux. Celte cérémonie eut lieu dans l'église de Sainl-Médard ; el l'on peut remarquer que l'un des prélats fut chargé de faire connaître publiquement au peuple le but du roi, dans cette consécration inusitée, et dont il n'y avait encore que peu d'exemples : c'était, en appelant sur son épou«c le* bénédictions épisco pales, d'en avoir des enfants susceptibles de foire un jour le bien de l'Eglise et de I Etat *.
Il paraît qu'un autre concile fut tenu a Soiss >ns en 876, pour régler quelques affaires relatives au diocèse de Beauvais. EnOn, un historien * fait mention d'une nouvelle assemblée de même nature, tenue pareillement a Soissons, sans en dé igner la date el le but. On sait seulement qu'elle avait été convoquée par les ordres de Louis-le-Germanique : ce qui lui assigoe une date postérieure à celle du précédent concile.
Nous voici arrivés à l'époque où les Normands mirent à feu et a sang les p- ovine es septentrionales du royaume. Les paroles ne peuvent donner qu'une faible idée des ravages et des cruautés exerces par ces barbares. Des vllhs, en grand nombre, fuient réduites en cendres ; des populations erraient fugitives el sans asiles. Les contemporains ne parlent qu'avec douleur de ces temps désastreux ; la chute de l'aulonté royale, que l'imbécillité des princes et 1 orgueil des évêques avançaient d'année en année, laissait les peupl « sans défense; et les seigneurs arrachèrent à l'envi les l.imbeaux d'une puissance qui allait s'effacer. Le régime fé ><Jal fut fonde.
Soissons fut garantie par ses hautes murailles ; mais la célèbre
> Ltwunmê, Mm* u, p. Kl el «aivtntw.
i M. i*!*., p. le».
• et«l<Mr.l, A, rV'M *■ m,im*. Ht. in. «. »5 .
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
ahhave de Saint-Médard fui pillée et presque entièrement incendiée. Les religieux qui avaient été contraints de fuir ne revin eut a Soissons que sous le régne d'Eudes, qui lit fortifier et entourer de larges fossés leur monastère. Vers rc temps, les églises de Soissons se dépouillèrent de rp qu'elles avnirnt de plus précieux, les reliques dess ints. Comme on craignait peutêtre de ne pouvoir échapper h une nouvelle invasion dis Normands, on prit le parti de mettre ces reliques a l'abri drs pillages, en les dispersant m divers lieux moins ej posés. (>t exemple fut généralement imité dans cette partie de la l-'rance;ct de là naquirent plus tard une foule de réclamations et de procès contre les r> litçirux dé tenteurs des corps saints et qui ne voulaient plus s'en dessaisir. Il y cul alors, de l'aveu des cHiqucs les plus éclairés, un cran I nombre de fraudes causées par le désir de conserver des dépôt» trè - productifs; et c'est ce qui a si souvent peru. is de douter de I authenticité des reliques exposées dans les temples à la vénération des fidèles*.
l'hailis-le-Slinple disputait son malheureux royaume aux Normands et aux grands vassaux ; entre ces derniers se distinguait surtout Robert, due de France, et frère d'Eudes, qui avait usurpé la couronne pendant la mlnoiité de Charles. Il forma un«' liçuecnnire iui; <t, dans nue assemblée des irands, tenue en 92Ô, à Solssons, théâtre ordinaire de I humiliation des rois, Robert reprocha lui-même à Charles <on mauvais gouvernement, et fit déclarera l'unanimité par les assistant», qu'il était imposs'bleilc lui rf ster soumis. Après celle déclaration, chacun se retira ; et Charles, laissé seul avec quelques é\éques. fut obligé de se • réfugier dans un château, où il resta sept mois qu'on peut enn-
sidiT. r comme un interrègne*; au bout de ce temps, on lui ménagea une entrevue avec les factieux; là, il promit de changer de conduite et de renvoyer un min'stredont on était mécontent, déclarant qu'il renoncerait au trône dans un an révolu si l'on n'était pas content de lui. Moyennant ce honteux traité, Robert et si s adhérents promirent au roi un an de fidélité et de soumission.
Charles axait cherché à gagner ilu temps. l)és uu'il se vit, en quelque >orte, réintégré, il rassembla drs forces et rappela son ministre; une guerre civile s'ensuivit; il fui battu, chassé, déclaré Indigné' du iiône et remplacé par Robert.
Celui-ci s'mipara d'abord de Saisons: il comptait dans ses rang* la plupart des grands seigneurs du royaume, entre autres, cet Herbert, comte de Vermandois, fameux par ses nombreuses trahisons, et que quelques contemporains ont désigné pat ces expression!: i liqwrvm et infiritlium ntqttvtimu». Son armée occupait le* plaines des environs de cette ville. Kn 933, Charles, ayant (routé le moyen de rassembler un corps de troupes, v int ait quer le roi Robert. Celui-ci fut tué les armes à In main ; mais Charles n'en fui pas moins battu et obligé de prendre la fuite. On a é rit que dix-huit mille hommes avalent été tués de paît et d'autre dans cette deuxième bataille de Soissons.
Au roi Robert succéda Radulf ou Raoul, duc de Rourgognc, qui, étant entré dans Soissons h la tête de ira troupes, y fut pro lamé roi par les seigneurs, «t couronné dans l'église de Saint-Médaid par les mains de l'évêque Ehbon. Charlcs-le- Slmple, livre par la trahison an comte de Vermandois, ne fut plus que l'instrument de la politique perfide de ce Seigneur. H rb rt le tira de sa prison pour l'opposer un momrnt au roi Raoul: puis 11 le remit en captivité. i> prince termina de la sorte, en OS*j, ce que des historiens ont appelé ion rèqnt.
Herbert était alors, suivant un limage reçu à cette è'poquc de désordres, en po->si ssn ii de plusieurs liches abbayes, entre au- ! (res de celles de Saint-Médard et de Saint-Crespin; par son influence, il parvint à faire élire archevêque de Reims son fils !lu»ues. qui notait pat encore cinq uni Le roi c' le pape approuvèrent cette étrange 61c lion fuite concurremment par le clergé et par le pi lipte"; tl Herbert devint de la Mirte administrateur du diocèse, à cause du bas-agi de son Dis. Mais Raoul, voulant, dans la suite, r baisser l'orgueilleux seigneur, lui enleva les abbayes et l'archevêché, l'ne nouvelle élection rut lieu dans la personne d'un religieux nommé .Jritiud , elle irrita les pa-slons, causa une longue guerre civile, peu tant Inquillc le
< (m-iw, loi»? m, p. III
* Fiodoard, Hitlmre dê fégliM <tê H*imi, liv n . I IS.
• Frodoard. Hr. i»,c. 10.
pavs fut en proie à toutes les dévastations; et les diux pr Ist» furent plusieurs fois déposés et ri inténrés.
Kn 141, un concile fut convoqué à Soissons, dans l'éjUse de Saint-Crespin : c'est le sixième Tous les assistants étaient dévoués à Herbert. Le jeune Hugues, qu'on venait de faire prêtre en riépit des canons, fut confirmé dans son siéue. Ce concile n'e*t point reçu parl'Esdise. Au surplus, la guerre continua sous Louis-d'Outremcr, qui protégeait Artaud; et. dans le cours des hostilités. Hugues lé-Grand, comte de Paris, vint met're, en !M*. le siège devant Soissons, cl réduisit en cendres, au moyen de feux artificiels qu'il lança dans la ville, la cathédrale, le cloître des chanoines, et un grand nombre de maisons '. Enfla, un iHirltmtnt tenu à Soissons, en et où se trouvèrent 1a plupart des préla(s et seigneurs du royaume, termina ces différends, et conclut une paix bien nécessaire aux peuples de ces contrée*.
L'histoire n'offre plus rien qui soit relatif h Sois<ons, jusqu'à l'époque où une revohton p'aça définitivement sur le trône les descendants d'Eudes et de Robert, qui avaient déjà régné sur la
France.
g III — SoltWM MM Ira < »ni(r»
Il est fait mention, vers k milieu du \* siècle, d'un Gfselbcrt, chargé du gouvernement du Snissonnais pour la couronne. Ce Ciselbert ayant marié .<a fille Adélaïde à Gui, (ils d'Herbert III. comte de Vermandois, le gouvernement passa, suivant l'usage alors établi, aux deux époux, à titre de seigneurie héréditaire. Gui de Vermandois peut donc êlre considéré comme le premier comte feu lataire de Soissons. Il était contemporain de Hugues Capet. A sa mort, dont la date n'est pas fixée, Adélaïde se remaria avec Notcber, comte de Rarsur-Aubc, qui devint par là, comte Soissons; mais, celte femme étant morte vers le milieu du xi* siècle, la seigneurie échut à Renaud I", qu'tlh-nvait eu de son premier mari. Celui-ci fut assiégé par le roi de France, Henri I", dans sa forteresse nonniue lu /'.mr Jet comte*, qui fut emportée « t démolie en 1057. Il périt pendant le siège, laissant un lits, qui mourut empoisonne quinze jours après lui, et WM lilieque Henri donna, avec le comté, à Guillaume, dit Busac, de la maison d'Eu. Celui-ci, comme ses pireifs, se distingua par sa rapacité, et se brouilla avec l'abbaye de Saint-Médard, aux dépens de laquelle il voulait étendre son domnine. Les moines eurent recours au roi Philippe I". Celui-ci vint a Soissons, et tint, en l oui, dans Saint-Médard, un plaid où le seigneur l'ut condanuic'. Guillaume mourut en 1098. Jean t", qu'il avait eu uAdélaide, fille du précédent comte, lui succéda Guibert de Nogent parle en et s termes du fils et de la mère dans l'histoire de sa propre vie: t Quoique Fort habile au métier « des armes, le comte Jean maintenait cependant la paix avec « soin, mais uniquement pour son propre intétél ; car. mar- <« chant sur la trace de ses ancêtres. Il causa rie grands dom- « mages à l'église de Soissons. Entre les hauts-faits de sa mère. « il ne faut pas om< tire qu'elle lit un jour arracher les yeux ella « langueàun diacre : voilà ce que lui lit oser un parricide qu 'elle " avait auparavant commis : je veux parler de la mort de son « frère, qu'elle fit empoisonner par le ministère d'un Juif, pour u avoir le comté de Soissons. Mais la vengeance divine ne laissa « pas ces crimes impunis; car le Juif fut irappé par le ton- « nerre; et la comtesse, apte- .noir bien soupe un jour de caro naval, fut atteinte d'une paralysie qui lui ôta l'usage «le la « parole, et la conduisit nu tombeau, dans l'octave de PAques. « Or, il y eut entre elle et ses deux lll«, le comte Jean et l'évè- « que Mauasses, je ne dirai pas du refroidissement, mais uoi « haine mortelle. Je me souv iens qu'aux funérailles de sn mèrp, o le comte, aprèi m'arnir raconte trt traih que je riens rte rop- ■ porter, ajouta : que puis-je donner maintenant pour elle, qui o n'a jamais fait aucune aumône de sou vivant? Enfin, le « comte a qui on pouvait dire avec vérité : ion père était amorti rkétntt tu mtniUtttnnt, non-seulement imita l'un et l'autre, a mais les surpassa ni méchanceté *. d
l> après le même historien, ce comte prutagcail à peu de cho-e pies la croyance dis Juifs, et proférai! contre I Messie des blasphèmes qu'un israèliie n'eut pas ose te perm< tire : ce
l Fendnari, liv. IV. e. »•
* Ccrlvl lie V tii-l, fol '«S %*.
• Liv. m, chip. 45.
msvoiiu: r/Ks environs de i-aris.
qui ne l'cmrèehait pus de se montrer fort dévot lîans les grandes fè 1rs; du reste, pilla rd cl «i< h uu lu* au-delà de luule expression : Ici était ce seigneur, >'oi>> l.i femme, Adclinc de , Picr'Ypont,*oupwwnéed'inudé.ité. ollrit l'épreuve du fer chat d ou le combat d'un champion, pour garantie de si vertu, et lut ainsi tonne pour justifiée. Il mourut comme il avait vécu.
Vers l'on 1118', lUiinud II, son frère, lui succéda, (/est l'époque d'un établi s^ ment bien remarquable à Soissons : eelui d une commune dont la eliartc fut rendue, rn 1131, par le roi Louis-le Gros, de coneert avec l'évèque Goslcn ou Joshn de Vwgi, et sans qu'on eût demnndé le eonsenlcmi ni du comte : d'où l'on voit que lévêque jouissait alors duos la ville de lu prérotative fé> d>le. et ne relevait que du roi, tandis qu'au contraire le comte relevait de l'évèque, pour certaines terres, de telle sorte que d;ms plusieurs titres ou nielle le comté : rpi<cop>t'e laeramentnm. et le comte : humidigiut epitropi'. L'abbé de Saint-Médtird finit à peu près dans une situation pareille à l'égard du comte.
Le comte Heuaud ayant envahi une église, en 1 1 31, fut excommunié par l'évèque ; il resta 'leuv ans retranché de In communion dis Ibieles, puis enfin lit sa paix avec l'Eglise, en restituant ce qui ne lui appartenait pas. Quelques année* après, il fut attaque de la lèpre ; et, comme II venait de perdre sou bis unique, voulant prévenir toute discussion ultérieure sur s»n héritage, il Ht rassembler tous ses héritiers, et entre eux désigna comme * on successeur Ives de îVslis, petit -lils, parsa more, deGuiHmime Busac, dont nous avons parlé. Lis autres héritiers consent iivnt à faire cession de leurs droits, moyennant ni e somme d'arpent ; et l'évèque reçut d'Ires I hoinmap' bue qui lui é aitdù. Quant w plant ou relier, droit a l'nrbitiagc du seigneur, que les vassaux payaient lorsqu'ils recueillaient ries liefs en succession collatérale, il fut trans:oimé, du consentement de l'évéque, en une rente annuelle de soixante livres et di\ tnuids de sel. Le roi l.oms-le-Jcune intervint, fut garant de ec traité. D'Aguesscau a prétendu que les deux actes dont il v ient d'être fait mention ont eé fabriquer pari'évèque Goslcn, pour s'nt'ribuer, au préjudice de la couronne, la mouvance du comté de Soissons». Ce Renaud fut le fondateur de l'abbave des chanoines réguliers de Saïul-Lé-er de Soissons.
Ives de Neslt s, dit le Vieux, devint comte en I I4G, renouvela l'année suivante l'hommage qu'il avait déjà fait à l'évéque, et renonça en même temps, comme avait f.ut s u prédéc, sseur, a un usaitc digne de la barbi<ric du temps : il consistait » piller la demture ipîirnpalt ut di ers de rha/jur prilat*. Cet Uj>;igc é:nil i ratiquedaus plusieurs villes e-piseopales ; les comtes dans certains lieux, les habiiantsd:m& d'autres, pillaient, après la mort de l'évéque, les meubles de la maison cpbcapnlc.
Kn 1 1."»5, le roi Louis-le-Jeune tint à Soissons une assemblée de prélats et de barons, dons laquelle il rendit une ordonnance fameuse qui interdisait pendant dix ans les guerres privées entre les seigneurs. Le comte Ives prit place dans ce parlement. A cette époque l'assentiment d'une assemblée pareille pouvait seul donner force de loi à un édit royal dans toute la France féodale; le préambule de l'ordonnance porte ces mots, par rapport aux as-istants : r.r qtwrvm benè placilo nrdinamu**. Lorsqu'elle était r.ndue par le roi seul , die ne s'appliquait qu'à ses domaines et chaque possesseur de fief pouvait protester : ce qui est souvent arrivé. Ives mourut en 1 1 îti, sans laisser d'enfants. Son neveu Conon ou Conan, seigneur de l'iemponl, détint comte après lui. Tout ce qu'on en sait de diunc de remarque, c'est qu'il lit avec l'abbaye de Saint-Meiiard un accord, en vertu duquel, les hommes attachés à leurs terres, sans doutf par le servage, ne pourraient, sans leur consentement rejpcclif, passer ; d'une seigneurie dans l'outre'. Itaoul de Nesles, son frère, lui succéda en 1180. Celui-ci accompagna l'I ilippe-Atigu te eu Terre-Sainte, et, de retour, lut employé, p'f ce prince, dans plusii urs affaires importantes. Il e^t connu coinine l'un des poètes célèbres du siècle. Il existe une cfcirlc de ce comte, par laquelle il s'oblige à payer à l'abbaye de Notre-Dame six
l Art dt rVn>-r Ut dttei. in-»', tonieill, p. ISS.
* /Wmay, li>. », cliap. 48, p. »».
» Tome «i, p SIS.
» Art de vrrifitr lu i.ilit. Urne xli, p. 1ST,
* Dactwinr, Uutoirede franc*, p. SIS.
* Car 1*1. dt Saint- Mtdard, fol. St.
be-anls d'or, le I" ot-tobre de cha îne année, tant que les Juifs n'auraient pas rte expulsés de la ville de Soissons*.
Jean II de Nesbs, di le Iton ei le llè^ue, lui succéda, en 1237, nu comte de Soissons, qu'il admimstiait conjointement avec son père depuis plusieurs années. Jean de Soissmis avait établi sur des lerrrs appartenant au chapitre de la cathédrale, l'églbe de Garenne De cet envahissement naquit une guerre entre ce chapitre et le comte; excommunié par 1rs chanoines, le jeune comte ne garda plus aucune mesure ; il ravagea leurs terres, s..isit leurs hommes, el porta même la main surun des membres du chapitre, qu'il fit mettre en prison. Le roi Louis IX, informé de ces actes de violence, ordonna à ses baillis de s'occuper de cette alTaiic. Alors Jean, redoutant les condamnations royales, proposa de s'en remettre nu jugement du métropolitain, Henri de Dreux, achevêque de Reims. Celui- ci prononça, comme de raison, en faveur du chapitre ; et le seigneur dut restituer les terres et les hommes. Mais ce n'était pas as*eï sans doute pour châtier l'audace d'un homme qui avait osé mettre la main sur un chanoine. Kn réparation de ce fait, il fut décicé qu'au jour qui serait désigné, lui et ceux qui l'avaient aidé dans l'arrestation du chanoine se rendraient a la cathédrale nu-pirdt, en ehtmi't rl m braies, tenant un paquet de Verne*; et qu après avoir suivi dans celte étal la proo ssion, ils présenteraient les verges au doyen pour recevoir de lui ta diniptine*. Il parait que cette correction ecclésiastique rendit Jt an plus sage ; car il n'en est plus fait ment on comme ayiint troublé I église dans ses propriétés.
Jean, devenu comte de Soissons, servit saint l.ouis, et accompagna ce prince dans la Palestine. Il s'y distingua par plusieurs hauts-faits, que Joinville mentionne souvent. A la funeste bataille de la Massoure, tous deux gardaient un pont sur un br.is du Nil. Apres avoir repoussé l'ennemi, le comte de Soissons dit au sire de Joinville, en se moquant : « Senêvhal, • laittons huer cette chv nnaitle, ijue. pab l* quoipe diku, ainsi « comme il jurait, encore cm parlerait* nout de cette j<<urnce i$ a chaii'tire» dm dame*. » Cette rnicniMiifc ou canaille délit l'armée des croisés, fit prisonniers le roi et le comte Uc Soissons.
De le'our en France, le comte fut utile a saint l.ouis en diverses circonstances. Ce prince le chargeai! quelquefois de tenir b s plaid* de ta parie, c'est-à-dire d entendre les phniile> et de recevoir les requêtes d.- ses sujets. Il mourut en I2G9. Jean III, Jean IV, Jean V et Hugues, tous de la maison de îxesles. ne nous offrent rien de remarquable.
Le dernier n'avait laisse qu'une fille nommée Marguerite, laquelle, ayant épouse, vers 1325, Jean de Marnant, frère de (ii;illnuine-/r-//'iri, comte de Hainault et de Hollande, lui Innsmit ainsi le comte de Soissons '. A celle époque, de» différends s'élevaient fort souvent entre les bonrgiois, les comtes el les chanoines de la cathédrale, à cause des droits respectifs de la commune el de la seigneurie du chapitre. Accablés de condamnations et d'aux mit s, les bourgeois prirent le parti de renoncer a leurs privilèges, et de demander au roi Charlcs-le-Hcl un prévôt royal, pour tmir heu du maire qui présidait la commune. Cette demande fut accordée pur lettres datées de 1325. qui décidé, i nt que la prévôté de Soissons ressortirait au bailliage du Vermandos. Sous le règne de Plnlippe-de-Valois, les Soissounais réclamèrent les anciens privilèges de leur cité; mais ce prince ne voulut pas consentir à ce que I ancienne commune lût réiablie : seulement il accorda le droit d'ebre qt.atre personnes de la ville, ou b:cn de les faire chois r par le bailli du \ ermandois. a tics quatre, avec un argentier et un prorarmr, « devaient prendre soin des affaires de la ville, s as einbler au :< moins une fois la semaine, et même lever ues la il les pour les n nécessités publiques*.» Dans la suite, 1rs qu tre eclievins charges d'administrer sous le prévôt furent élus tous les trois ans.
Jean de Hainault prit part aux guerres désastreuses dont la France devint Mors le théâtre; et il contribua, en 13-ifi, à sauver l'hilippe-dc-\ aluls, à la bataille de Crecy. Il mourut en 1357. Des 1341, il avait, de concert avec Marguerite, sa femme, cédé le comté de Soissons a sn tilie Jeanne, et a l'époux de celleci, Louis de Châtillon. Ce nouveau comte perdit sou titre avec
l Dorauy, Nitloirê dt Si'ittnm, II», v, ibyp. 4i, p. 143. i Jrekirv ét t t^lm dt Soiuont, Lijell» (S, lu*, t. > Dormty.
» Dvrmai, le», v, ehtp. SS, p. SIS.
HISTOIRE PKS KNYIflON^ PF- PARIS.
In vie h In bataille <lc Crécv, Sou li's. oltge nu roi Jein. tu j Angleterre. Mii.ué de M langue cap iiffté, \ • utJ il , en Mflî. à Kiigticrand VII, île Co.'d, la comté «le Soi- sons, nli>i d'avo r les moyen- de payer sa rançon. Du sire il.- Cnuei le comté passa n Varie, sa lille alnéc, ii fut ven u p-ir elle :ui due d'Orléans. Mais, comme rc prince n'avait pu acquitter la totalité du prix contenu Robert de Bn\ Ii!s d" la comtesse Marie, rentra en possession de In plus gmnde. partie de cette seigneurie. Iji portion «|ui r» sla mi duc d'Orléans fut réunie nu dom une <|e la courunne a l'av« nemeid de Loui XII. rt ériiiéc en p.iirie dans les premières aimées du ivh sièele. Ounnt à l'autre, ••He fut traits* I -use. eu 14(4, a Jeanne, Me et héritière ><c Hohcrl de liai*. I ui •'poiisn, vlnul ans ai res, Lou'sde Luxembourg, connétable de France, décapi'é en 1 176. De la ina:sou de Luxembourg, îe comté pas a. ver» la lin de ce siée e. a une branche de la maison de Rourhon, parle mariage de Marie de Luxembourg avec François de ItO'iihon, comte de Vrndttmc. Les eomtes >le Sois- *on» qui suivent, jusque vers le md<cu du xvii' »ièclc, a parti) nnent à l'histoire générale du royaume. Le dernh r fut l.oulsde-Rourhon, mort, en mil. sans postérité I gitime. Sa sa-ur. Marie de Rourhon, poita le comte dans la maison de Saxoe- Carigriau, par son mariage axee Thomas-François de Savoie, de nii r (Ils de Chili les-Kinuianticl. De ectie bran lie fut le ce le- IÉ! priuee Lune. e. le dernier des comtes de Solssons de celte inonde ; il momut, en 1 73 1, suis avoir été marié.
Reprenons quelques particularités relatives aux établissements et a ix é iitices relig eux de cette ville, que nous avons dù omettre dan< la rapide es lui -se de l'histoire de ses comtes.
Il existait à Sulssons, mitre la jusli c des roule*, plusieurs nulres juridictions indépeudauies : telles de |Yvc me, de Snintàiedard du eha ilrc de la ea'hédrale, du chapitre dr Saii.tl'iene, de Saint- Jean-des Vignes, de Suint-' Ire-pin le-Crand et de la x ico nié deRiisnn-v. élaicut les pr ncipiles. l-ajusii c de la terre <te Rusancy emmassad une portion de ta vdic el de la l a lieue de Soi sons. Sur tous les chemins qui y étaient compris les sergents du vicomte avaient droit i - por <r l'arc et le carquois; et ce seigneur jouissait dans le faubourg de Sninî- Crrspiu de plusieurs droits d'étalage dis marchandises et autres.
Pu vicomté dépendait la seigneurie de II irtennes, qui y avait été plus anciennement annexé.'. Le possesseur de cette terre était tenu a certaines obligations assel bi/hrn s. n Le dimanche « de d'xant le carême, le sei.neur de liai omi s devait eo- • voyer a Ru ancy soixante c^ns que l'en nommait nur.a ir; « el. uu-silôt qu'ils ét-ient ap. oiies, on les di-lrbuml égaleu ment a soixante pauvrisdu village ou des lieux voisins. Le « mardi de carnaval, dans la maison du s igm-ur de llaru tenues, • n devait fnurnT un porc de la valeur de vingt-quatre a sous p irsis. et le m tire en plusieurs pièces qui étaient dis- « Iri -ue s aux pauvres de Busan-y, en présence du maire et « île - s. r .tenta de ce luu : et. si Ion manquait a quelqu'une de <i ces oh|i|taii»B*, le vicomte pouvait donuer aux pauvres, pour >• les ré oui|>eu-i r, la ilé,>oiul le du bois uecou.cit, qui apparia teita I a la maison de liai tenues1, o
Les channim s de la cathédrale avaient été, ainsi qu'il a élé dit plus haut, obligés a la xie commune, l'er usage ex liait rn- C re au commencement du xi* mccc, iomrne le tout voir |.lus eurs don lions, entre autres, celte d'un nommé Cnenlo. prévol, qui leuua dés xigms au ch p Ire, à lit que let chanoine* nura>en' un bon re^at a leur anninr>aire *, ("est vers la lui du même s <vle q >e les prétendes furent séparées, et que la »ie commune ce- sa d'avoir heu. Il y a ail dès I rs au-delà <:e < io:(u. uiie chanoines; «t ce nomtvie n'a guerc été dépassé défiais. On y comp ait neuf il gn laires. Le pré«ôt, comme inemre principal du chapitre, fai-ait hommage n 1 évéque, cl lui l rtSan serment de ndé lté. en élevant un peu la iiimo gauche, lin d.1 aire voir qu'il n servait I:, droiie pmr In célensi' . es iulçréts du chapitre, Ce racine prévôt, ainsi que le doyen, le i chanter el l'ecolAtre. était élu par, le chapitre, las archidiacres, tt trésorier étaient désignés par I évéque qui nommait aussi à toutes ns prébeuoes.
Entre le» privilèges dont jouissait e lle Collégiale, U faut remarquer ci lui d'a oir tlet ho.nme* de torpt appartenant à leur
I liornuj . Uni ir< de t* rillt de Sn'imi, ♦««», In- »«, t. ». ch. I p. IS •M- iM-, H,.,. ««, f |fl.
/§l>9t : ir r/ti t urail l-ru île i>tu<irur* (lie >n», rur il y •» iirnif ilt
mtin wnrtt fruUmft. qurtwt-tim ilr wmin-mcrtt <t île fnr-
mariiii)e (nul eiitnnh'e. ri tl'nulrr* qui ne lieraient rjue le cent eapilal. Les bo-nm s de main morte ne pouvnic.it rien ae iuérir pour leurs héritiers, de sorte q >e I tir succession tout entière était dévolue à l'église de Sdul-tiena's: mais, nsseï frequ-'innicnl. on usnil de quelque commisération h l'eg ird des enfants ; et l'on cons'-nl 'it n leur f lire paver pour un prix nsse». modiipie la succession paternel e. lieux qui étalent de for -mariage cl de main-morte ne pou>ai nt se marier sans le consentement du chacitre et sous certain- s cou ti ions ; cl ils encouraient des peines, s'. Ii n'ob>crvnieiit celle loi. Pu reste, là. comme ailleurs, ces homme* île rurpi étaient assi'iiilés aux valeurs diver es dont se composaient les domaines. « C'est une chose a étrange, dit à ce sujet l'auteur que nous xcnon«dc citer. « qu'on d munit ou changeait, et même on achetait de ce> u hommes el de ces femmes, comme si <•'• ùt r-té quelque mar- « chnndisc de vil p ix. Henri, comte de Brie el Champagne. » leur (aux chanoines! donna par amno'ite, un homme de H icv, « comme on le voit par jes lettres de 1 1 Ci. Ilelvide, abbessc de « Notre- Pamc, avec l'avis et le consentement de sa cominu- « naulé, donna à l'église de Saiiil-C>crvais une femme de Re<u sons, nommée Licite, en échange d'une autre nommée Pona ecline, (iile de (ïuillaume Pillepaire. Raoul, comte de Sois- « sons, lit un semblab'c troc avec ces chanoines'. *
Lorsque ces gens avais ut a-qui* quelques biens par leur industrie, ils se rachetaient en traitant av<c leurs malt' es. Kn I3MO, trois frères achetèrent ainsi leur lib-rté en payant au chapitre tuisanle florin* d'ir du i<>in du roi Pans cet état de servitude, on ne pouvait prétendre à l'état clérical : « toutefois, a lorsque les « naumnes voyaient un enfant de bonne rspéni»- « qui s'avançât aux études, ils lui permettaient de prendre la n tonsure; et. di s la, il éta t affranchi. Mais, en lui donnant a celte permission, »n l'oldigeail par é rit à être reromanuanf « enver* f* bienfaiteur» t à nr jmnai* rien entreprendre a leur « detacanlnge » Quelquefois c elait par dévotion qu'on s attachait ainsi à I église-, f, alTranehi une fois, on croyait être plus agréable n Dieu, eu devenant de nouveau l'esclave de ses serviteurs.
Pendant quelques siècles le chapitre héritait, de droit, des chano nés c|iit u avaient pas fait de testam nts ou pour les portions de biens qui n'y avaient pas été désignées. Cet usaiie dut sans doute lon ribucrà l'enrichir. Plusieurs dons lui furent faits sous i crtaiues londili-ms : la plus remarquable, qui leur avait été a-sez souvent imposée, c'ait de laver plusieurs fois dan> |.i semait. c U* pied* e le* maint de quelque* pauvre**.
LYdiiicc de celle ca hé Ji.de, co nmencé dans le cours ilu xi' siècle, servit au chapitre avant d être achevé O'çfttvaiHa au po tail ci a la tour, dans le xir siècle; cl il est dit que I exè.|uc Aucoul de Pierre ont légua eu mourant se* quatre chevaux au chapitre, pour en affecter le prix à l'achètera ni des bâtiments de la cathédrale'. Les eveque» q< i suiv irent celui- i, quelques seigneurs et bourgeoi , el le roi Pliihp c- Auguste lui—
ineine. conliihuè eut aussi a l'achèvement de l'édifice-. K i
v ers l'an 1 1 1 3 , on pul célébn r l'ofilce dans le chœur : c'est ce qu'attesta Tins -liotion suivante tracée sur une p:crrc de la tribune qui sépare le chœur de la nef :
^Fino milleno lit eenleno ApSdSIM
llun<- inlmrt ekornm eœpitijrex eanomenrum
Cette église fut placée sous l'invocation de >olre- Pim^, et de S di t-Gervais »t Saint-ProLiis. On v plaça successive plusieurs reliques; mais lechapilre et l'église ne possedaien' d leurs patr •nvqu'uu reliquaire où l'on croyait qu'il y avait .' i tait de la bienhtureute mr e Vr Dieu k. cl un vase, danslvqurlott avait recueilli un peu de tamj det ,Uht mart'irt*. Hans le coui" du xiii* siècle, les chanoines parvinrent à se procurer quel j m uns de leui s os l'a xin siècle fut marqué, ainsi que le suivant, par un grand nomnre d • dons qui enrichirent htnucoup) le trésor ,1e celle égl se.
Pans le Soissonnais. comme dans plusieurs autres province',
I /3i>rm»f, |>. SI .
t lit., p. St. rl SS.
>liHlirr Ue SaM-tîntaii.
> OiriMfi li«- », rlnp. tu, p SX.
' H <»•< etiap. SI. p. 10-,.
ni?TOIRE DKS ENVIRONS DE PARIS.
les désordre* de* lefflr» <t 'e< uiicrrs civiles avaient II » ré un crand nombre île bénéfice* â <>. taies. P rieurs éprouvaient ces scrupules sur ers détendons illévalcs dr terres teitéciaetl <|iic$; et il n'eait pis rare de les voir fairf par testament, ou même de leur vivant, des cessions en laveur de l'édise. Au (o uraeneemi nt du xv* siècle, lluitues de Château-Thierry, I un r1. 's principaux scpinirs du p ixs, abandonna, de la sorte, cinq bénéfices, sou-» ln eon .ition qu'ils seraient donnes à des cler. s mil y vivraient sous une règle. Ainsi fut fondée l'abbaye de .ini-Jran, dans la suite appelée de* vtgnm, parce que Hugues
■ i i> >ln à sa première concisMon tn nie arpents de vignes, qu'il acheta sur la pente de la colline où s'élevait l'abbaye, et qu'il
e. itis-cra a l'entretien de ses eti.ni -ines éguliiTs. Le roi Philippe confirma, en lOTfi, la fond ition du s. igneur, i t x ajouta d M privilège* import jnts. Dans la suite, plusieurs SoitsoniMU Ht plurent n enriebir l'abbaye. Ltaéyéqarsmotitèrcnt toujours lK iucoupilepredileetionpourceschannines.'< Jepui-, dit l'bisto- « rien Dormay, membre lui-même de celte compagnie, je puis
■ mettre entre les preuves de l'aiïeclion que les évoques ont » témoignée aux premiers religieux de celtcabbaye la coutume
■ qu ils avaient de s'y retirer quelquefois et de c'y faire saignêr
i taule* ans avec le* religieux. Pour comprendre ceci, il faut - savoir qu'un ancien reglemi nt île cette maison obi^eail les « religieux a te faire tirer du sang tous ensemble deux ou Irois « fuis l'an , soit pour conserver la santé, soit pour afl'alblir la •< nature. I.es évoques v liaient s'y faire sauner avec eux : et
ii cille coutume dorait, ce semble, encore l'an I3tti), puisque « l'ancien pouillc, écrit par les ordres de Simon de IJaey, en u fa t mention', o
L'église, d abord peu considérable, recommencée au xiu" siècle, ne fut achevée que vers le milieu du xv' : c'est celle qu'on voit aujourd'hui. Le eloiire était très-vaste et |vnuvait contenir quatre vingt-dix chanoines. Il parait que le nombre des titulaires fui porlé jusqu'à cent vinct. Il n'y faut pas comprendre plusieurs prieurs et rare» à la nomination de l'abbaye*. Vers le milieu du lei" siècle, on reconnut que la situation élevée de l'abbaye en faisait un poste, d'où un ennemi quelc- nque pouvait commander sur la ville. Pour obvier à cet inconvénient, il fut arréi'é d'étendre ses limites de ce coté, alin d'y comprendre l'abbaye; et c'est le fameux amiral Ce Coligny qui fut chargé de diriger cette opération.
Le xu* siècle vit fonder à SaUaoai plusieurs nouveaux établit* simeuls tnalngucs h ceux dont nous venons de parler : enlic a - très les abbaye* de Saint ■Crespin-en-Chn\e et de Saint-Léger, iouti s dcux-ituceshois de l'enceinte neluePe. Il 'nul également rapporter a cette époque la célèbre H libéra île Long-Poiit, sous la règle de saint Bernard, siluée à tiois lieues de la ville, et qui d. vint dons In suite le lieu de sépulture de ses comtes et de ses évoques. L'établissement en fut eonlirmé, « n 1 1 33, dans une assemblée tenue à Soissons par le roi Louis-lr-Cros, el dans laquelle siégeaient les grands du royaume \ ois In Tin du même siê 1<', la curc de Saint- \\ aasl fut érigée en un chapitre de douze chanoines.
Ces» aussi l'époque a laquelle il 'aut rapporter 'a fondation de plusii urs hosp-ces, tels que ceux de Saint- \\ aasl, dr Saint— l-azaro, de Saint-Gervais. et celu des pauvres clercs de Saint- Nicolas, depuis transfonné en iolh ge.
Il y cul aux xi* et XII* siée es plusieurs conciles ou synodes mi parti, tenus à Soissons ; non- citerons qui, en 1 1 1 5, eut pour objet rte condamner les hrigan Cges de Thomas Le roi Louis- Ic-Grossr rendu lui-même alors a Soissons, et c'est de celte ville qu il parut pour réduire le seigneur rebelle. Peu d'années après ( 1 1 20 ou II 32), eut lieu le neux ième concile de Soissons i outre le célèbre et malheureux Abailard. Celui-ci axait été ass« m h é par le légat du Saint Siège - et le docteur, amant d'Iléloise, y fol appelé a repon ire sur ses doctrines, devant ce légat, a->iste d'un grand nombre d évéques et d abbés. Abailard s'ef-
f. rça d'abord d'y faire briller les talents qui lui avaient acquis i ne si grande réputation ; mais on ne lui donna pas la liberté < c se di- endre; et, après avoir étab I sommairement que quelques-unes de ses propositions étaient contraires aux doctrines «le l Église, a On le contraignit de brûler son livre el de pro- « nouccr devant les porcs du concile le symbole de saint Ath a-
o na-e; il le lit et obéit a leur commandement, mais d'une faço i ■ tri te et pitoyable : les larmes lui coulaient dis yeux; eteha- « que verset qu'il disait était entrecoupé de oup rs. Il n'eut « | as de la honte seulement dans cette assemblée ; car, n même a temps qu'il paraissait d-n* la rue, les artisans sortaient de « leurs iKMJiiques pour le v oir ; et une canaille importune le « suivait, criant qu'il en<eign;<il trois dieux', n On eut de la peine à empêcher le* bons Soissonnais de le lapider.
En ne», les grands seigneurs du royaume terminèrent à Soissons, par un traité de paix, les différends qui s'é aient élevés entre la France et l'Angleterre, depuis la répudia ion de la lameu-c Aliénor de Guyenne, el qui turent, 'dans la suite, si souvent renouvelé-. Cette paix ne fut exécutée que l'année suivante.
Iji 1200 ou 1301, Philippe-Auguste, après avoir épiusé Engolbcrge ou Isrmberge, princesse de Danemark, s'en était dégoûté pre-que sur-le champ, l'axait répudiée sous prétexte de parenté, et remplacée par Agnès de Meranie. On sait que cette conduite de ce souverain appela sur sa tête les foudres de l'Eglise, el M metlrcson royaume on Interdit. Pour remédier aux maux d'un tel état de cl ose», un ooncile fut c -nvoqué à Soissons. Pendant les débats, un jeune inconnu se présenta dans rassemblée, parla a\ ce beaucoup d'é oquenec en faveur disemberge et disparut. On assura que c'était un ange qui venait annoncer les volontés célestes; il n'y avait plus à balai) cr : alors, Philippe, sans attendre la doision des Pères, fit bru quement venir Isembertc, qui était au monastère de Notre-Dame, monta ci cheeut. mit la reine en troune cl partit pour Paris'. Les onlains d'Agnes lurent déclarés légitimes par une bulle; mais le chagrin que lut cau-a cet abandon amena sa mort peu de temps après.
Les cruelles dispensions auxquelles le royaume fut en proie sous le malheureux règne de Chorl.s VI devinrent pour Soissons la source de grandes calamité». Eu 1413. les troupes du roi et du dauphin xinrent mettre le siège devant cette place, où le •me de Bourgogne, en se retirant, avait laissé une forte garnison. Les Soissonnais n'oublièrent rien pour leur défense : ils brûlèrent les faubou>gs. notamment celui de Crise, cl démolirent plusii urs bâtiments aliénant aux murailles, et donl l'ennemi eût pu fa re des postes avantageux. La ville, bien munie, avait pour gouxermur Euguerrand de Bournonville, vaillant homme de guerre. Plusieurs gentilshommes, qui avaient a cœur de témoigner leur dévouement à la faction bourguignonne, s ciaient renlcrmés avec lui dans la place ; le siège commença; et l'artillerie, après avoir battu h s murs pendant buit ou dix jours, parvint a y faire dis brèches considérables. Li s bourgeois, craignant l'assaut, déterminèrent alors le gouverneur à traiter. Hector, bâtard de Bourbon, l'un des chefs de l'année, se présenta c.onc pour conclure une capitulation; mais, comme il éiait sur le point d'entrer dans la x .lle, un religieux l'avant aperçu d'une iVnèirc de sou abbaye, lui lira un coup d'arbalète, donl il mourut. Il ne fut plus des' lors question de capitulation ; et, après plusieurs coin mis ires-vifs, la ville, victime d'un forcené, fut emportée et livrée nu pillage Quelques-uns ont prétendu qui- NM Anglais qui faisaient partie des troupes hourguiguoaucslurciitla pr-neip ilecausedceed sastre, eu abandonnant leurs alliés, «ton se réunis-ant aux Aimagnacs victorieux, pour avoir part au bulin. Quoi qu'il en soit, rien n'égale les cruautés qui furent alors commises dans cette ville : les bourgeois, innocents, en très-grande partie, de loul ce qui s'était passé, subirent les traitements les plus BltreUX. « Des maisons cl des « personnes particulières, le mal passa jusqu'aux choses et aux
* personnes les p us saillies. Les églises furent pillées, le- mo- « aasleres forces et les reliques emportées; tout s'y lit avec « tant de violence et de rage que vous eussiez pris l'es soldais « pour une troupe de démons. Il y eut m cette rencontre des « v ierges consacrées au service de Dieu, qui servirent de joui ts « a la passion biulale de ces furieux; il y eut même des o prè'res élevés au gibet d'une façon honteû*e. el qu» je ne « pourrai* rapporter tant confusion. C'était alors une grande « gi àce d être enfermé dans les prisons ou d èlrc joie dans 1rs « cachots : on vit d'hounétes bourgeois attaches aux gouttières
* de leurs maisons; on en vit d'autres étendu- sur le pave,
* se rouler dans hur sang, et combattre contre la mort, et
< D .j ■ Ht. t, rhap. m, p. :
t M., il*, v, rbap. tJTI.p. »»•
< ttortMf, llv. v, rfaap. un, p. 97.
» 14 , II», t, rbap. RUS, p «T».
«80 HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
« quelques-uns pendus dans le* places publiques. Enfin, après I « Uni de massacres el de » iolenccs, le feu fut mis en quelques " quartiers d<- 1» ville, et consuma en peu de temps ee qui n'a- « vail été fait qu'en plusieurs siècles*. »
A la tét« de cette année qui exécutait tant d'atrocités, riaient te roi, le dauphin, le* dues d'Orléans, de Bourbon et d'Aquitaine, et le connétable d'Albrct. Cela seul peut servir à caractériser l'esprit du temps.
Après 1rs excès de ln soldatesque vinrent ceux du roi, que ses conseillers portaient o faire uu grand exemple. Ilournonville et quelques autres personnages distingués do la ville furent décapités. Ensuite on conduisit un grand nombre de gentilshommes et de bourgeois en différentes villes suspect» s d'afleetiou pour le parti bourguignon; et là on If* pndit, nfln de contenir ces villes dans le detolr par l'cfWant spectacle des rigueurs royales. On en pendit cinquante-un à Paris; on en pendit plusieurs à Léon et ailleurs. Environ doute cents individus, qu'on tenait en réserve dans les crcbols de finissons pour les pendre dans l'occasion, furent obligés d'acheter leur vie an moyen de grosses sommes. Quant a la Mlle, ra ruine semblait résolue : la halle fut détruite, ainsi que plusieurs l'àtimt-ms. Toutefois, à la fin on se lassa ; et le roi, touché de compassion, chercha, un peu .ml, A réparer une partie des maux qu'il avait laissé faire. On commença a rebâtir tout ce qui avait été renversé.
Quatre ans après, Soissons, de nouveau tombée au pouvoir (Us Bourguignons, fut surprise par un parli de l'armée du dauphin, enlevée el pillée une seconde fois, mais sans éprouver Mrtant de dommages que la première. Enfin, np:éa avoir subk deux fois encore le Joug du du^r de Bourgogne, cette ville, a l'époque où Charles VII fit la paix avec ce prince» Arras, en i i rentra sous la domination royale»- Soissons^avoit alors
t beaucoup déchu. Un grand nombre do ses habitants avaient perdu leur fortune par des confiscations ou des pillages. La population était considérablement diminuée.
Environ un siècle après, Charles-Quint, en guerre avec la France, vint établir ses quartiers à Soissons, et signa la paix, en 15-M, dans la salle de i'alihayc de Saint-Jean. A quelques années de là, h s doctrines religieuses des novateurs se manifestèrent à Soissons comme dans les autres parties du royaume, et y furent l'origine de calamités semblables àcellcsqu'ellc avait déjà souffertes dans le coursdes guerres, elviles du xiv* siècle.
En t..» .. un parti de Huguenots, h la tète duquel était ûcnlis, surprit la ville pendant la nuit. Les catholiques furent obligés de se soumettre et de livrer burs arme. Tous les prêtres et religieux, après avoir caché à la liAtc ce que les monastères avaient de plus précieux, s'éloignèrent de la ville. Les églises furent alors entièrement dévastées, et l'on brilla un grand nombre de reliques. L'église cathédrale de Saint-C-ervais fut transformée en un prêche. Cette domination huguenote dura six mois, après lesquels Soistons revint au roi par la paix conclue avec les réformes. Il n'y eut depuis lors que peu de troubles. Les cathol ques ne se vengèrent |<as dans celle ville avec autant de fureur que dar.s h s autres; et, à la Saint-Bai thélemy, il n'y eut que trois hommes mis à mort. Les autres Huguenots curent l< chemin libres pour s'eufuir*.
Dans la suite, Soissons prit parti pour la Ligue, et devint uu des boulevarts de cette association criminelle. C'est IA que le duc de Mayenne eut une. entrevue fameuse avec ee duc de Féria que Philippe envoyait en France pour faire couronner sa fille. Sondons souffrit beaucoup pendant les Bept années que dura cette guerre), pares qu'elle était entourée de villes qui tenaient le parti contraire. Enfin elle se soumit au roi, qui, a la pacification, en donna le gouvernement au duc de Maymnc. Ce duc s'y furiifla au commencement du règne suivant ; elle subit un siège de quelques jours, et rentra sous la domination du roi dés qu'on y apprit la mort de Concini, dont le joug avait quelque temps pesé sur la France.
Soissons dut à Cfaarles IX l'établissement de deux foires : à Henri IV, un siège prrsidialet un bureau de finances ; àLouis XIV, une académie Quelques-uns des gouverneurs que les derniers rois y maintenaient contribuèrent à son embellissement. Uu congrès européen y Tut tenu en 1 728.
> Dormf, Ut. »», ektp. tu, p. m.
* li., Il», vi, <*»p, ttLix, p «S S.
% IV — a>rwrl{iUoB.
Avant la Révolution, la \illo de Soissons, capitale du Soissonnafs, avait le litre de comté. Elle était le siège d'un évêché suffraganl de Iteirns, d'une uénéralité , d'un présidial, d'un bailliage, d'une élection, d'une juridiction consulaire, etc , «le. F.lli renfermait cinq collégial s, quatre ahbitv es d'hommes, trois ih> (illes : des couvents de minimes, de capucins, de feuillants et de céles'ins, et des couvents de minimesses et de filles de la congrégation île N'ntn llame: une aca témie française, l'une dps plus nneiennemenl fondées, un collège d'oratoriens, un séminaire dirigé par des prêtres séculiers, el un hôpitalgénéral.
C'est aujourd'hui le chef-lieu d'une sous préfecture du dé— p liemcnl de : Ank, M tnatinn <st délicieuse : assise dans un vallon riant et fertile, ses murs sont baignes par le cours de l'Aisne, qui la sépare du faubourg de Saiut-Wast, avec lequel elle communique par un pont de pierre. Une promenade agréable embellit Ici bords de la rivière , et prête un nouvel ornement au paysage.
L'an ien château de Soissons, batt h la place de celui où les rois d la première race faisaient leur résidence, est flanqué de grosses tours rondes et massives. Indépendamment de ce ebat .m, il v en avilit un autre situé hors de la ville qu'on appelait le ChâiMu de Crwttf. Celui-ci était sur le bord de la rivicie d'Aisne, et servait de demeure ordinaire aux rois de Soissons. On en voit encore des vestiges.
Plusieurs" églises n Soissons méritent une mention : telles ■ont la cathédrale, Saint-Jean-des- Vignes et les restes de celle de Salm-Médord.
La raihidratr, sous l'invocation de saint Gervais et saint Protais, ne parait pas remonter au-delà du xn* siècle; plus haut, tout est conjecture. On s'est beaucoup évertué pour dé- » terminer le Heu où fut originairement cette cathédrale : les uns la plar. ni i i eiidioit •■<! tu' plus tard l'abbaye de Saint-Crcpin; d'autres dans la ville même, à peu près dans le même emplaceini I qu cl • oe up au "uni'hui; et ceux-ci nous paraissent avoir raison. Leur sentiment, au reste, est le plus généralement adopté'."
L'église cathédrale de Soissons, telle qu'on la -voit aujourd'hui, est vaste et^'tfâotbèlle architecture. -, Saint- Jtnn jft-Vijntt tut fondée l'an 1076. par un seigneur de Chrtteau-Thierrv : elle fut consacrée à l'ordre de Sainl-AugiMin ; on la nomma d'abord Naint-Jenn-du-Mont , mais, comme 1b fondateur lui avait donné plusieurs vignes situées aux environs, elle en prit le surnom de Saint-Jean-Jes-Vignes.
En 1560, on enferma dans une nouvelle enceinte de la ville i s i ■ ir,, i nid-ave d- Sam' Jean des-Vignes, avec quelques terres incultes qui étaient entre cette abbaye et l'ancienne enceinte, C'est Hurlée, terrain inculte qu'on a depuis bâti les maisons qui forment la rue appelée Pauleu ou de Panleu. L'église de celte abbaye est grande et as«ei bien décorée.
L'hMxiye de Saint-MSdard est a droite de la riv ère d'Aisne. L'cvèqui de Noyoi . Méda d, étant mort, Clotaire I". roi de Soissons, fit transporter el enterrer son corps dans l'em-lo» de l'une de ses maisons situées aux portes de la ville; et il forma le dessein d'élever sur le tombeau une église, qui serait des»crvw par une communauté de religieux. Il commença en effet la ci nsii uctiondecetlecglise.qui fulaehevée par Sigebrt, son fils.
Saint-Médard acquit par la suite t>eaticoup de célébrité, et il se lit dans cette église, en présence de Louis-le-Débainiane, dix-huit miracles dans un jour. Cette abbave fut aussi une écolo* où les rots eux-mêmes envoyaient ceux de leurs fils qu'ils destinaient au sacerdoce; elle possédait deux cent vingt fermes, sept prieurés et autant de prévôtés. L'abbé exerçait, dans l'abbaye et dans tous les lieux qui en dépendaient, une juridiction épiscopale, et ne relevait que du pape. Lorsque h s abl> iyes lurent mises en commende, le revenu de l'abbé eommendalaire de Saini-Médard fut d'environ cinquante mille livres.
I es bâtiments de l'abbaye de Saint-Mednrd avaient élé fort maltraites par les calvinistes; lorsqu'en 1030 les bénédictins de ht congrégation de Saint-Maur y furent intro luils, ils n'y trouvèrent, pour se loger, d'autres bàtimen s que la pri on qui avait servi a I.ouis-le-Débonnaire. Ces religieux rétablirent les lieux régulier.
* ' p P*roi»)t, Hittoir* 4» tointmt, lame l, p. 3 i ».
histoire des environs de paris.
Aujourd'hui, il ne reste «le cil auclea cadeau, prison d'un empereur, que quelques vestiges.
H V. -BUsraphle 1h ktann rrlrbrea un à iklutH
Soissons eut de bonne heure une académie qui, d'après ses statuts, devait toujours prendre un protecteur dans l'Académie française: et sa devise confirmait le profond respect qu'elle portail a cette société-mère. Le corps de cette devise e»t un aiglon qui s'élève vers le soleil, à la suite d'un aigle, avec ces mots: Maternât autibu$ audax. D'après cela, il est clair que l'Académie française est un aigle puisque celle de Soissons le dit.
Soissons a produit quelques hommes de mérite.
Julien d'Hérieourt, né dans cette ville, fut, pour ainsi dire, le fondateur de l'académie de Soissons. puisqu'il en occasionna l'établissement. Son petit-fils, Jean d'Hérieourt, s'est distingué au barreau de Paris, et publia un ouvrage, estimé dans son temps, sur le droit ecclésiastique français.
Paschase Batbcrt. abbe de Corbie, au ix* siècle, était de Soissons : il se rendit célèbre par un grand nombre d'ouvraees puhliés pour la première fois à Paris en lois. Son Traité du Corp» et du Sang de Kotre Seigneur jfttm CkrUt excita dans son temps, et a causé depuis de grandes contestations.
Jacques Robbc, connu par des ouvrages de géographie, naquit et mourut à Soissons.
Hubert Sussannau, poète et humaniste, naquit à Soissons, en lin. Il publia quelques traités de grammaire et des poésies latines.
Un homme remarquable par ses vues ambitieuses, par les maux qu'il a causés, et qui faillit devenir le ehef d'une quatrième dynastie des rois de France, le duc de Mayenne, mourut a Soissons, en ton, à l'Age de 57 ans.