‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 61 sur 144 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

UEACX.

It

Ville située à dix lleue« au nord-est de Paris, sur 1rs bords de la Marn . Jatinutn, scion Ptnt/mée, et fixtuinmm. selon In table théedos enne. est le nom dilTérem'iienl éc it du chef lieu de a Mtion du Meldi. Ver» le milieu dtl iv siècle, ce chef-lieu reçut lco>m de la nation r c<lui de MrUH dont «n a fa:t Mcaux. St afcen, Ptolémée, Pline, nomment le* Meldi ; ce dernier les place au rang des nations uautoi es qui. sous l'empire romain, jouissaient • e quelques privilèges: Mrldi lilitri. Ilrmnrquou» que Ce*ar. daussesComui'-iiinire*, ne pirle nullement de cette nation. Il nomm-des AM'i oit il lit cons-rune de* ha qurs pour soi p s-age «an» la G-ande-Ur« ligne ; mais tous les ami >tnteurs taisent qu- cette pu ition ne peut convenir h la n -lion dont nous ptir ou» et qu au lieu de J/e/dVi ou uoli lire

tfe/oV.

Un a découvert plusieurs antiqu les à Mcanx : au xr s'c-le, nnuéteira une stat.ic «ut qu •. qu'on dit èire cille du dieu Mars ; i t on en co ic ut que ce dieu avait un temple il était nJo é dans celle ville '.

K*t-ce saint Denis ou l ien saint Sanctin q»i fut le premier évoque de Menait y élah'il U religion chrétienne! On n a p. mi de irritu le. on n'a que îles c >nje turcs A d muer et d s légendes faD denses a l'a re valo r en faveur de Inpotolat de I un ou «le I nuire de ces »ainls. Sait t Sancin is ou S.incUn e t la prcf.reii c; quoiqu'il eut .té evéque de Verdun, il nVn est p is moins con»»déré comme le p.itr.m de Mean\. Il ni', d t-on. cn'crrC dai»« I éirl.sc qui por.c encore sou nom; on y voit son tombeau véi.éré.

Au vr s:ccie quelques marchand* <'e Verdun, profitant d'un temps de la n ne. ae.ieléiviit des h.ibi'anls le cor s du s:iint, ntoyiutHni un somme d'argent, et le Oternl dé,»o er dms leur parie, a l'abbaye île S dot Vana». Au xvn« sic. le. le* »eligh ux de cette niihaye, pour dedommag. r I église de Mcaux de ici'e I nntne privation, lui fi B t don d un o* «le la cuis-e du s.ii t, qui fut con erve iivec vén rat on dans la c ihédralc*.

I.'. rito re t u elmpere é.litle sur le tombeau du suint devint d'il- In si.lic une petit. iib'-ayc, transforme plus lard en i-ne i J se i a-oi^i de et co I g aie a>ee douze prébendes, & la tioinintion u chapitra de la .athdiale, dont ce chapitre pouvait étr- rons d re comme une annexe.

I.'hisiwrc ceci sta lipn* de «eaux compte, après Saaatta, ptodèif* aulr s é»É |»< s p cque cul en meut inconnus, ma s « Oi.l quelques-uns n en ••ni pa* moins cie an^és au uoinbic de saint» : n treauiies sniul It gonirr. sou» l'invocation duquel fi t édillée a Mcaux. dans le faut» mrg de Cnrml on. une petlia • «lise i hurlai-, depuis cou vert le «n un sio.ple prieuré, dépeoi ml de l'abbaye de UMtjfti dont nous pH Icroiis pli.s b i*.

n' vaililr. Sntlrt it M ''<tnl'. *i\ m«i« J*U»n* et VttJi. t MaMfca 4t t'tgiiu %it Ht>ur. t f thim Uu|:ie »i». imw i. page *. > D. lu i l llm ée . d* V j,. /•. in-t*, ITSi. bine i, livre i,

A celle époque se inpi orle une nuire fondation n li .ieu.'c, un peu plus disne de rrmarq c. Vc s l.i lin du v« siècle, I , to iibi au d'une jeune fille . nommée t'.clinc, et regardée comme sainle. devint enc ire un lieu de prié-cs, où fut aussi édifié un monastère considérable, nlor» hors de l enccintc «»e la ville. Avant le V sic -le on comptait juspi'a soixante nlu-ieux dans ce monastère de Sainte-Céline. Us vivaient cous la règle de saint Uei'Oit. et étaient v<tus de b!an'\ Avec le temps, l'abbajc déchut a tel point qu elle se vit léJuite à^un lies- pi lit nombre i crel gicux. donlU viepa saitpmr fort 'relâchée, lin seigneur dn pays,avan»àea?urderelevcrccinnn istère, y établit une nouv> Ile colonie religieuse qu'il prit on nesait ou; mais il pirnlt qu'il avait fort mal choisi, car ceux-ci ne tardèrent pas a $canduhu r toute In cilh par la enrr> pt>on de leur» nui un. Pour remédier à ces désoidres, Hugues d'Oisy, alotsvicnmlc de Mcaux. Invita l'abbiye de Marmoutier-lcg Tours, fort renommée par sa régularité, a y envoyer quelques religieux, et h placer le monastère sous sa" dépendance l.'évèque. en touii, ennurmn cet anangement: it Sainte-Céline fut depuis considérée tomme un prieuré de Marmouticr'.

Cette nouvelle tentative eut plus de succès que la précédente : le nouveau prieure recouvra l'icntot son aneieu renom : et plusieurs dame* ou seigneurs des environs se plurent a l'enrichir. Adèle, fille de Guillaume de Normandie, roi d'Ang elerre, et comtesse de Champagne cl de Brie, leur accorua le consulat, c'est-o-dirc loule justice, haute, basse et moyenne sur le tetritoirc qu'il* possédaient au-delà du pont de Stlnte- Ceùne. Au commencement du Ml* siècle, une tertiUdt de deux plan de viande, que le prieuré devait accomplir tous les ans, le jour de la fétc patronale, envers le vidan«e de Trie-le- Kdrdoul, fut abolie, parce qu'.l c était devenue une cause de fréquentes et graves discussions entre les moines et le vj lame.

I.e pri- ur de Sam e-Céline avait le d- oit de présentera l cn'quc de Mcaux des eaudiJats p mr plusieurs cures de cette Ville; il jouissait en outre de ceriaines prérogatives in lénifiantes.

Saint Faron, frère de la fundatri e de la célèbre) abbaye de Farmoullers, devint éveque de Meaux, vers le milieu du v siècle; c'était un noble Bourguignon qui, s'étant dégoûté du u onde, comme il arrivait fréquemment alo s quitta la cour et sa femme, euiradans la eléricaiure, fui élevé à l'épisu-opat. et fonda » M aux une aW>aye qui prit son nom et acquit dans la sui e beaucoup de ecl bihV. Faron, qui avait fat, dit-on. pendant sa viepiusi uis miracles, el dont l'ép'scopai aum signalé par une fou 'e de fondations peuv-sdout nous pa ler .n», lut. a d quM parait, long empstieg yé par s -s religieux : souiorps resU en tirre jusqu'en l'an n-lO. époipie ou la tieiislulion solennelle en fui laile par l'abbe du ntuBastefe*. « Ce' abbe avait eu lu curiosité d'ouvrir le tombeau du »alnt a évé pie. Il le fil In veille «le Pâques, ■uh* irmoint, ri il trouva a le» reliques en Tort bon étal, envelop, ées d'un linc.ul qui a é ml en ore entier depuis plu* de trois CC.it* ans qu on o l'avjii renouvelé ». » l.c xèl« fut ranimé par erita c reons'anee m ra u'eusc; et une châsse d argent r«\ut 1rs re>tcs du «aint, dont on lit prea'alilcm mt une généreuse «lisinbution.

Quant à l'histoire civile de Meaux à ectte époque, elle n'ollie que fut pu de p rt culanté». Les premier* rois francs y av.-.ient préposé d--s ofli ici-s que les historiens du temps appellent comtes. Oré.oire de Tours parle de deux pirsonnages auxquels il donne le litre de cotutea de Mcaux. et qui vivaient v.r.s l i fin du vi* siècle; il les iiom-ne Gnndehaud et Guerpiu. CoudeUiiud. étant parvenu a oht< ni.- la foiutiou de eomie ou déjuge de Miaux. au pr.julieede Guerpiu qui en é ait pourvu, c lira dan» cette vil"*, it se m t à juger les cause*; ne la, tomme sa charge l'exigeait, il pareiurnt lescampauncs du terruoirc de Meaux: et. se trouvant dans un ct-rtaui village, il fut assassiné par C.uerpin. A «cle nouxe le. les parents de Gnndehaud se réunis eut. po ■ir-uivent l'assassin, le découvrei t caché ns une maison et le tuent. Ainsi, dl Grego re de Tours." le meu'tre dépouilla l'un et l'autre du conté de Meaux ». M<aux ap,)ariint au royaume d Ausiras e jusqu»

■ /lup/'-ti'-, livre i, page 1 1 ■

t g«| .il on, Âtl. S». U *tJ"-l., tome u, page ttS.

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% Urffril Tmrtmt»êh.\ib viu.eap. t».

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

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l'ép»qiic où la monarchie fut tout entière réunie sous le joug de Clolnire If,

Vers le ix' siècle, le clergé était tombt' dans un état de corruption et de désordre qui aggravait chaque jour du an toge les malheurs des peuples. On chercha à y remédier par ta convocation de plusieurs conriles, qui curent pour objet principal la reforme des mœurs ecclésiastiques. En 810, eut lieu le pemier concile de Mcaux. I.à fureut recueillis drs canons de divers con îles précédents qui n'avaient peint reçu d'exécution. Cinquante-su nouvraax canons furent ajoutés. Quelques-uns attaquant ceitnins abus que la puissance séculière | ouvait seule réformer. On y voit, par ex* mole, que le i oi et ses leudes, passant dans les villes, venaient s'établir avec toute leur suite dans In inai'on épiscopale; qu'ils y faisn ent loyer quelquefois des femmes ou filles, et que ce* séjours, étant prolongés, deve- I liaient une cause de drsordre re-ur les cités, pnree que les femmes séJu'sahnl les clercs et les valets *t pillaient les bourgeois. Lne fou'c de canons prescrivaient aux évéques les ' règles d'api ès lesquelles ils devaient diriger leurs diocèses. I D'autres prescrivaient la vie commune aux chanoines et défendaient aux clercs de porter les armes sous peine de déposition. Ces clercs, ntta hes à l'église par un lien religieux, se trouvaient encore dépendants de leurs seigneurs respectifs. Le concile décida que lorsqu'ils suiv raient ces seigneurs dans d'au- Irri diocèses, ils ne pourraient reprendre l'exercice des fonctions cléricales avant d'avoir fait preuve quelque temps encore de bonnes mœurs, et que, pour être odoiinés, il leur faudrait se présenter de nouveau devant l'évéque, au diocèse duquel ils avaient été d'abo d attachés. H fut pareillement ordonné qu'on ne pourrait plus chasser un moine de son monastère pour dérèglements de conduite, sans le consentement de l'évc- ! que. Les détenteurs de biens ecclésiastiques refirent l'injonction de payer Us redevances dues à l'Egl se, sous peine d'ana- I berne. Plusieurs canins furent dirigés eonde les ravisseurs, | les adultères, les corrupteurs de religieuses, etc., contre les juifs, contre la débauche et le concubinage dont la maison des seigneurs était si souvent le théâtre. Tour conclusion, ce eoncile renouvela tous les capitulaircsdeChailemngne et de Louislé-Débonnaire, invoquant ain<-i à son appui la puissance séculière ; n ais tant de grns puissants avaient alors intérêt à maintenir les abus que I Eglise voulait redresser, que les évéques du concile ue pureut obtenir la conlirmalion de leurs décrets. Dix-neuf canons scuhmcnl lurent, l'aimée suivaute, adoplés par Ch irles-le-Chuiive'.

Vinrent binilôl les ravoges exercés pirle* Normands. En 8(52, Menux avait échappé au pillage par les soins de Charles -Ic- Chanve ' Quelques années ap es, celte cité fut moins heureuse et subit : soit du plusieurs autres. Klle fut prise et en grande partie coiisum<e par le» j&ammes. En 88", Mcaux commençait à pciue a se relever d s suites de ce désastre, qu'une nouvelle tioupe de Nomands vint l'assiéger. Les habitants se défendi- \ reut d'abord nvec eo raac; mais M) défaut d • vivres lc« obl gea à capituler. Le vainqueur leur accord i la vie à eon litinn qu ils soi liraient tous jusqu'au dernier de lu ville. Cette condition ayant été exécutée, les barbares comnv-iicérent aussitôt par mettre le feu auv ma sons, pui> ils poursuivirent celle malheureuse population qui venait de passer h rivière, fondirent sur elle, tuèrent une paille de ceux qui In composaient, cl ramenèrent le , reste en captivité '. Il parait que l'abbaye de Saiut-Faron seule , souffrit |>i u. Dai s la sultcon releva les maisons et |« g édifices dont plusieurs ne furent i oint rci oiistrui's sur leur ancienne place.

Dans • es (MB pi d'anarchie et de violant**, il en fut à Mcaux ! coniiiir partout ailleurs : tous les fruits que l'Euli-e avait obtenus des reformes opérées sous les règnes «les premiers Carljviuglcns furcn' piomii'einenl perdus: et les liens de In discipline >c relâchèrent de nouveau. I.a p'us grande partie des abnayes tomba au pouvoir ce laïques, qui purent ilès lors aecommoder à leurs <apri.es l»s rëp'emeii'S religieux. La vie commune fut abandonnée par les chapitres ; et les clercs continuèrent à donner des exi mplcs d'imn oralité.

Mukre de nombicuses usurpations des seigneurs, l'église de Mcaux était restée fort riche. Vtis celle époque, ses biens furent

' Lalibr. f n«r,i. .•«„, , •(,•., mtrina, in -Mi*, lom* »n, |Mgt IIIS.

* Durhrtnf, Ihttarin frmnçan. Urne m, pute SIS.

> .4M». Ii,r« u, dini Ducbrtne. u>me u. rue» SU «I Hir

partagés en deux portions, dont l'une fui dévolue ri l'évéque, et l'autre au chapitre, L'évéque jouit des droits seicn unaux sur les principales terres de son diœèsc, telles que la Ferlé sous- Jouarre. I.isy, etc., jusqu'au règne de Pbilippc-le Bel. Il lit battre monnaie, comme plusieurs autres prélats du rovaume. Lorsqu'il ne se croyait pas en sûreté à M aux, par suite des querelles fréquentes qui s'élevaient entre lui et les puissants comtes de Champagne ci de llr e, il avait la farulté ■!<• se retirer avec s pt personnes de sa suite au château de Dammunin, où l'on était tenu de le recevoir. Ce droit lui avait é:é accordé, en 1328, par Philippe, comte de Boulogne 1 1 de D immariiu. Quon.l ce comte faisait sa première entrée dans la ville épisco pale, il était porté prnccsMonnellement, depuis la p'irte de la ville jusqu'à la cathédinlc. par les quatre vassaux de l'église. Ces vassaux étaient le vicomte de Meaux, le vidnme de Trir- Ic Biidoul, le seigneur du fief de Saint-CIcr, au village de Marmil-lès-Mcaux. et le seiuncur de Bonlarrc-cn-Multien. Ijd premier de ces va^siux était dédommagé de celle humiliante servitude par une rétribution cnnsidéiahlc A laquelle l'évéque était as>ujeli; la vaisclle d'or ou d'argent qui servait ce jour-la nu repas du prélat, le linge qui In couvrait, la ch use dans laquelle on l'avait porté, le tlrap d'or dont elle était décorée, et quelque s autres objets analogues devenaient de droil la propriété de ce seigneur. L'évéque nommait aux canonients, semi-prébendes et A toutes lis dignités du chapitre, le décanat excepté. Ce chapitre, au moyen d'une prébende donnée a léveque en 1383, s'était affranchi de sa juridiction, et ne relevait pnr conséquent que du pape '.

Ces entrées pompeuses et ce luxe féodal annonçaient l'orgueil des évéques et non la régularité de leur conduite. Un sousdiacre de Meaux, nommé Fulcoia*, peint ainsi dans ses vers la morale des évéques du xi* siècle : ■ La p uparl de ceux qui a sont élevés sur le siège épisenpal ne s'occupent point du salut « des Ames ; ils ne cherchent qu'à accroître leur dominntion sur € le peuple et le clergé. Pour pirvenir à l'épist opat, ils emc ploient des moyens pervers, qu ils cachent sous le manteau a de ta religion; c'est ainsi que plusieursobtiennent desévéches « sans les avoir mérités par leur bonne conduite. La nobles e a et l'opulence ont détruit les lois et l'antique règle de l'Église; 0 des présents, des services, des paroles, obtiennent des honu ncurs qui n'appartiennent qu'a une conduite régulière*. •

La seigneurie ou comté de Meaux passa h une branche di s comtes de Vcrmandois, puis aux comtes de Cliampavoe.

Tbihaud IV, un de eescomtes, faisait h guérie au roi Louis Ic- Gros. qui venait de faire raser le châteaux de Pohet. Thihau I, qui eu avait construit un autre dan> le i avsciinilrain, pnurtuiv i, se relira à Meaux. et commença par dévaster le p»y« du roi, et déhancher ses barons; il faisait, disent les grandes chroniques, du pis qu'il pouvait fare. Le mi, aidé par les forces du comte de Flandre, Ht les mêmes dévastations dans les pav s de Thiliaud cl vint en l'an 1 1 1 1 , placer son camp devant Meaux. Le comte sortit de celte ville a la tétc de ses troupes, et les rang* a eu balai l-\ L'armée royale fondit avec impeluosi é sur celle du comte cl la força à toups d'é|>ée. ou <!•• brime d'acier, à n ulr. r dans la ville. Plusieurs, en fuyant sur le-, ponts, tombèrent d.uis la nviè c et se noyer» ni

Mraux eut des vicomtes dép' nlnntsdii comte de Champagne, et Hugues d Oisy lut le premier vicomte.

En 1135, les cliaiioiues de la cathédrale fondèrent dans le faubourg de celte ville ou et. ut l'< glUc de Sainl-Fnron. et à peu de distance de cette abbaye, une nbhavc nouvelle. Il existait d- jà dans ce lieu une cli«p«lle sous l'invo ation de Notre Dame; et celte chapelle avait elle-même remplacé I ant ienne cnlhcdialc d< truite pur les Normands. Le nom de rhaaqr, <,ui «le ce luu s'étendit a d'autre» fonda' ions religieuses, Mgniile comme celui de S.iinl-Crépin en Chavc de Soisson», si 1 ou en croit l'historien île Meaux amphilh'àtrt, en laliu, carra : au m in« csl-il traduit ainsi dans i|uclqucs titres anciens. Celle étymnlnijic ferait croire a l'existence d'un nmi hiihentre ou d s a* eues dans iclle cité Les fondateurs tirent plusieurs concessions a Icui

I Dapttttit, litre n. W» »7 et tuh.

< Htrutil Jn IlOt-ritm «V Fimmtr, l«me II. p..;- Ito. • Grnmiitt rkrn». dr Fr*nrt —Rttmtii d>« Hi$lnritn$ it fmnte, loin* an. il.'" ISS.

1 Ooflmh, lin i. \\\n II. p*te III, r| nolri, pa«r. Cas rl «rit.

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ctabPsscment ; et quelques-uns s'y rc-lirèrt ni pour «e séparer entièrement de la vie mondaine ft laquelle ils étaient livrés.

L'année 1 1 70 est marquée par un événement fameux dans les annal, s de nos cites, quoiqu'en général les historiens n'y mont donné que peu d'attention : nous voulons parler de l'établissent! nt de la commune à Meaux. (".'est Henri 1", comte de Champagne el de Brie qui en fut l'auteur; mai» la charte fut souscrite par sa femme Marie et par sou (Ils nommé aussi Henri. Ce'le pièce présente, comme Ions les artes du même genre, un tablait frappant de l'état de misère et d'nsservigsement dans lequel était p'nnuér une grande partie de lu nation. On y r< marque cette restriction formelle en fa m- tir de I » liberté înJiv idtielle ; Sciendum e»t quM nullui. prater majortm hntninem, de communia captrr jiotrril On sait que dans certains lieux l'autorité ecclésiastique s'opposa avec violence à ces utiles concessions, que dans d'autres au contraire elle les favorisa. H ne parait pas qu'à Meaux l'evëque ait alors manifesté aucune opposition aux i olontés du comte de Champagne.

C'est peu d'années après que fut publié l'édil de Philippe- Auguste contre le» juifs, Ku vertu de ces rigoureuses dispositions, ceux qui se t'otiv,->ient h Meaux en furent bannis; toutefois H parait qu'ils ne tardèrent pas a y rentrer, puisqu'ils y avaient au xin* siècle un quartier et un cimetière.

Près de la cathédrale de Meaux. comme près de celle des autres cités de France, existait, un hospice occupé par des pauvres matriculairri, ainsi nommés parce qu'ils « talent inscrits sur la matricule de l'église. Ces hospices furent l'origine de ces hôpitaux, nommés vulgairement // tri Dieu. Manon Dieu. Ils étaient d'abord destinés a des pauvres en santé; on y admit des malades. A Meaux, la ilaiion-Dieu avoisinail l'église cathédrale il une porte rie la ville appelée Porte- Saint- Melar on l',rte- Dor<e, qui fut détruite en 1557. Dès que les pauvres malades étirent succède, dans ces maisons, aux fainéants et valides matriculaiics, les aumônes y abondèrent. Les uns s'engageaient à payer, en rentes annut lli s, tant de muids de blé, tant de setiers de vin; d'autres promettaient de fournir, à certaines époques de l'année, des quartiers d'agneau. Thihaud V, comte de Champagne, voulut participer .i ces libéralités; il s'engagea a donner aux malades de l'hôpital la moitié «les mets qui seraient servis sur sa table toute» les fois qu'il résiderait a Meaux. I ne comtesse fit obtenir a cet hôpital une cure, c'està-dire les revenus qu'elle produisait.

En 1244 , Thibaud VI , roi de INavarre cl comte de Champagne , donna , de concert avec l'évèque Pierre de Cuisy , rQôtcjVDieu aux religieux «le la Trinité, en stipulant que tous les biens et revenus qui en dépendaient seraient exclusivement consacrés au soin des pauvres rt a l'entretien des religieux, cl que le tiers ne pourrait en être disirait pour le radial des captif», suivant l'usage ordinaire de cet ordre.

Au commencement du xvi* siècle, les habitants de Meaux se plaignirent des désordres et des scandales qui régnaient dans cette maison et intentèrent un procès aux religieux pour leur ôter la direction de IHôUl-Dieu ; ils y parvinrent après de longs débats. L« s Trimt ires, expulsés, 6e bâtirent un couvent à peu de d>siancc , au dehors de la ville: cl l'Hôtrl-Diiu fut des lors dirigé par trois administrateurs séculiers , dont le plus ancien était renouvelé chaque année.

lu iépcndainment de cet Hôtel-Dieu, il se trouvait A Meaux uni- mal'idrerie sous le titre de Saint-Lazare. Elle était construite hors de la ville, du côté de l'orient , sur le chemin de Trie le- Port.

On a conservé un ancien extrait de la règle établie dans cette maison comme dans la plupart des établisse un uts du même genre. Il est curit ux, et peut concourir à donner une Juste idée des niu-urs et des usages du temps. Le voici : J liuyot, par ta grâce 4f Dieu, archevêque de Sens, vueil el commande que In riglt tl la manure de vivre que tiennent Ut ladretdu Pupelin, que ceux de Meaux la tiennent en toute* manières. Laquelle rnjle te comment t ainsi : premièrement ,qu il* n'aient fias de propritr (proprù le), ii et n'est par la dispentalion de leur maistre; el te il rit ainii que un M muiro ( meure) . et que \on trouve auchune ftopi ile. que il ne toit point entarré en terre tainte avec tei frire* mtimet- Je rueil que les hommes soient sépara des famei, el que lei homme* ne entrent point èt lieux des famés, soient malades

I Ouflfltl, tome il, fift 833,

ou >a»'nji. Audi je vruil que leshommes manquent el dorment enlemlilc et tembtablemtnl le* famés... Autti me plail b'itn qu'ils roisrnl (aillent) à l'aumome : mai' je rwil qu'il* ne lei dnpendent (depen-enl) pat tan* le eonqii de leur mniilrc. Et te il est aimi que un malade toit trouve èt Heur des famet tenz bon tetmoing, je reuil que il abtline de vin et de chair, par l'espace de troit joun: et te il est trouvé de nuit arec une famé, que il mengutf à la terre pure tenz nappe , du pain el de lyuue ; et que il

n'ait ne vin, ne chair tant comme il plaira au maislre et te un

dil auchun obpropre à son frère, que tout attlong de la lemaineil

abttinede vin et de chair et se il eit ainsi que un tint rebelle

el inobedient en f anant lei metet (limites) è lui bailléei de ion maitlre , ou en allant par les villes et tavernes , et il retourne à l'oitel ; je rueil que devant la porte , a piez nuz avec verge* tenant , que il demande grâce et misrricorde au maitlre et aux frèrrt... Autti. je vueil que en l'rqliie if* tiennent lilence, et en ta table el en dor louer que il* pat Irot p< u ou nient : el encore que ils parlent bien bas ,*... «r te auchun rit frotter en larrecin on fornication, que il toit bouté hori de la compaingnie des frère* et mit en prison , au pain de oige et à l'yaur tant teulement '.

Dans ces vieux temps, tous ;es actes, même les moins importants, s'ils ne contenaient rien de cruel, portaient un caractère étrange.

Li s frères soumis à la règle précédente furent remplacés, vers le milieu du xiu* siècle, par les chanoines réguliers du Val des écoliers; et ceux ri, par un administrateur dont la nomination excita de longs débats.

Indépendamment de cette maison, un autre asile ouvert an\ malades, et siti.é nu faubourg de Cornillon, fut aussi réuni à [Hôtel-Dieu , dans le cous du xvit» siècle. De cette époque date encore la fondation , à Meaux , d'un hôpital général , de tiné a recevoir les pauvres, atiu d'empêcher la mendicité publique.

Pour terminer ici tout ce que nous avons n dire sur les établissements de charité vers le milieu du xiv* siècle, disons qu'en I3.'>n, un riche bourgeois, nommé Jean Rose, fonda sur un emplacement situé près de la |e rte Saint-Denis un hnp tal | our vingt-cinq aveugles de l'un et de l'autre sexe, et pour dix entants pauvres. Il voulut en rv.itrr qu'il y eut t<v jours douze bis destinés aux étrangers; rt il y établit d>ti\ prêtres de l'ordre de Saint-Augustin. Le nombre de ceux-ci fui augmente dans la suite. Une cho^e digne de remarque, c'est qu on demandait l'avis des aveugles eux-mêmes pour donner aux religieux des finitions dans l'etablissenu n1, « t dans cntaii.s .as n r me pour les remplacer. Au xvn* siècle, le séminaire et le co lége de la ville furent incorpores a l'hôpital de Jean-Rose, et l'administration en fulconllee aux chanoines réguliers de Sainte-Cenevlève.

Reprenons la suite des particularités historiques dans l'ordre des temps. En 1 24B , un légat fut oblige de renouveler une réforme de rïiscip'ine ecclésiastique qui avait deja été essayée quelques années auparavant: on se plaignait de ce que les chanoines causaient dans le chieur pendant l'office divin, a voix hante et ii.telligible. H fut an été, pour réprime) licence, que quiconque serait enten lu à la distance de quatre stalles de chaque côte, pér irait la rétribution entière.

Ces chanoines, si enclins il scandaliser les lidelrs par leur manière d'assister aux exercices religieux, n'en é'aient pas moins irès-sév ères sur toutes les irrévérences qui pouvaient é rc commises a leur é^ard : et cette exigence donna lieu, en i"Jr>7, à une affaire assi z bizarre, a La populace, sans respect pour le • sacerdoce, ni même pour le lieu saint, n'avait pas honte a d'aller faire ses ordures aux portes dus chanoines, et jusque ■ sous les murs de l'église cathédrale même, h Le« chanoines, s'étant plaint à diverses repris* s, et voyant qu'on ne tenait aucun compte de leurs plaintes, fermèrent de murs l'église, ainsi que leurs maisons claustrales ; mait ce que le* chanoinet bd<itsnte;t de jour, let habitants l'abattaient de nuit. Enlin ils s'adressèrent à l i cour de Rome, qui lit défense de renouveler un pareil *candale sous peine e centures tcrlùiattiquet*. Les chauoines, méprisés par les habitants, s'étaient sans doute rendus méprisables.

Dans le siècle suivant, ces chanoines intentèrent un procès a

1 DuptstlU, piT " JmUac*U«w, tome il, paftr ST. • litm, p*ic 1*1,

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la plupart des communautés do h ville, pour les obliger à paria,:1 T une dépense à laquelle d'anciens règlements les axaient astreints. Toutes le» fois qu'on pouvait avoir quelques craintes du dehors, il fallait qu'ils tinssent une sentiuelle au haut du clocher de la cathédrale, de peur de surprise. Ils n'eurent point de surcès dans leurs demandes ; mais leur réclamation envers Tévéuue relativement à In juridiction fut p'us heureuse; c'était une affaire qui durait depuis Fort longtemps, et qui avait donné lieu déjà à plusieurs transactions: les turbulents chauoincs furent enfin exemptés de toute juridiction épiscopale, par une buliede Clément VII, dotée de 1383.

C'est l époque où le comté de Brie , el Meaux . sa capitale, passèrent sous une suzeraineté nouvelle. Henri Hl. comte de Champagne et roi de Navarre à qui ils échurent, mourut en i s 7 4 , M laissant qu'une lille, nommée Jeanne, qui lui su: céda dans ces États. Celte princesse ayant épousé le roi de France Philippe-le-Bei , les deux comtés furent de la sorte réunis il la couronne. Louis X, fils de Philippe el de Jeanne , succéda à sa mère, comme roi de Navarre el comte de Champagne et de Bric. Il n'eut qu'une tille nommée au*si Jeanne. Cette princesse ne pouvait régner en France d'après la loi fundamcnlalc qui exclut les femmes , mal* elle pouvait monter sur le tronc de Nav arre ; et la loi féodale lui donnait droit à revendiquer les deux comtés.

Phil<ppe-de-Valois, en montant sur le trône de France, avait pris le titre de régent du royaume de Navarre , mais la princesse était parvenue à sa dix-seniieme année, et était mariée a un prince du sang, le comte d'Kvreux. Les Etats de Navarre réclamèrent leur jeune reine ; et la jeune reine, à son tour, réclama la possession des seigneuries. Le roi, à qui il importait de conserver des domaines dont le possesseur pouvait devenir un voisin dangereux pour la couronne , représenta que les comtés étaient incorporés au royaume depuis 1284, et qu'ils ne pouvaient en être séparés sans grand préjudice ; en conséquence il proposa en échange l'Angoumois, avec les comtés de Longueville et de Mortagne. Comme les jeunes princes étaient en son pouvoir, l'éehanue, quoique peu avantageux pour eux, fut accepté par un contrat solennel , date de 1 32». C'c>t ainsi que furent réunis à la couronne les deux comtés de Champagne el de Brie*. Dans la mite, le comté particulier de la ville de Meaux a quelquefois servi d'apanage auv princes Catherine de Médicis en prit p ression en 1559. l e duc d'Alcnçon, son Bis, fut comte de Meaux, de 1574 à 1584. année de sa mort, depuis laquelle ce comté rentra au pouvoir de la reine-mère. En 1590, le sieur de Vitry, qui était gouverneur de Meaux, acheta cette ville, sous la condition qu'elle pourrait être rachetée pnr le roi. Elle le fut, et le comté ne sortit plus dès lors du domaine de la couronne

Cependant, le roi Jean ayant perdu la bataille de Poitiers, et le royaume étant en proie à tous les désordres , le dauphin Charles, son fils, fut obligé <'e se réfugier à Meaux. Cette ville servit encore d asile peu de temps après à plusieurs princesses, et à prés de trois cents daines des plus nobles ramilles. Ces femmis redoutaient les excès auxquels se portaient les paysans révoltés qui composaient ce qu'on appelait alors la Jacquerie. Les Jacquiers ne tardèrent pas à sepiésenler devant la villc.au nombre • e neuf mille Le dauphin y avait laissé une garnison commandée par le comte de Foix, le captai de Buch et le seigneur de Hangest'. Malheureusement, le mai e nommé Jacques Sou las était secrètement du parti des révoltes, el il desirait livrer Meaux nux Anglais, qui tenaient déjà Paris. Un épicier de cette dernière ville, appelé Pierre Gilles, lui amena un corps considérable de troupes parisiennes. Le maire Bt ouvrir les portis à l'épicier, et les paysans trouvèrent aussi le moyen de

C'nétrer dans la ville. Les dames. Us gentilshommes et leurs m mes d'armes furent alors assièges par deux ennemis à ;a fois, d iiis le Craml-Marehé, où ils s'étaient retirés. La victoire leur resta pourtant; d'une part le captai de Buch parvint h repousser le» Jacquiers, après en avoir passé au fil de l'épée ou jeté dans la rivière un très-grand nombre ; d'un autre côte, Jacques Soulas et Pierre Gilles, a la léte des bourgeois de Paris el de Meaux, furent aussi vaincus par In noblesse, qui, avilie de vengeance, voulut que les édifices et les maisons mêmes se ressentissent de la victoire. On mit le feu à ce qu'on appelait la v ille

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Miifferraine. c'est-à-dire a un grand nombre de maisons iliiées au pie 1 du rempart. Le château, toutes les maisons des chanoines et celles d'une grande quantité de particuliers furent incendiés. Le eu durait encore quinte jours après. On pilla jusqu'à la cathédrale. Il y eut, comme on pense bien, un grand nombre d'hommes pendus ; le maire et quelques notables de la ville furent décapités.

L'indignation profonde produite par les brigandages et la cruauté des nobles avait causé le soulèvement nomme la Jacqutrit. L'esprit de vengeance animait les malheureux paysans qui se portèrent à des excès très-blâmables; ils furent cruellement punis de la leçon infructueuse qu'ils donnèrent à la noblesse. Ces paysans, à cau»c de leur habit, étaient nommés Jarque$; et lorsque les gentilshommes les pillaient, on appelait cet attentat rt'ere tur Jacqut* bonhomme. Dirigés par un chef haliile, ces paysans auraient amené une révolution notable,

lîans la suite, lors des (roubles civils qui désolèrent le royaume, Meaux donna l'exemple du dévouement à la cause royale; et ses bourgeois se mirent fréquemment en campagne, pour all< r jusqu'aux portes de Paris exercer des pillages e-onire les partisans de l'Angleterre. Les Parisiens s'en plaignirent, et le monarque anglais vint, en 1420, mettre le sie'gc devant la ville. Tous les bourgeois étaient armes; et en outre mille soldats figuraient sous les ordres du bâtard de Vauru et d" plusieurs autres seigneurs'. La ville soutint, pendant cinq mois entiers, tous le» efforts de l'cuneml, sans le moindre désavantage».

Voici comment Panteur du Journal de Pwrit sous les règnes de ( harles VI et Charles VII raconte la prise de Meaux : l e roi d'Angleterre, depuis la fin de l'an 1420, et pendant les premiers mois de Mît, était campé «levant Meaux. Ceux qui défendaient celte ville suivaient le p.irli des Armagnacs ; ils était-ut d'intelligence avec M. d'Auffeii ont, qui, le 2 mars 1421, arriva au bas de la muraille, à l'heure de minuit, avec cent lances. Ils lui tendirent des échelles, et les couvrirent de draps blancs pour que les patrouilles anglaises ne les aperçussent pas. M.d'Auffemoul. p e. eile de quatre ou cinq ribaudt, montait sur une des échelles lorsqu'un de ceux qui s'élevaient avant lui, portant sur les épiu'cs une besace fort lourde, remplie de harengs saurs qu'il avait volés à un marchand, laissa échapper cette besace; elle tomba sur la tête du seigneur d'Auffement. et le ïenver a dans le fosse. Alors ses soldats crièrent : A l aid»; Monsieur ni tombidan» le (oui. Au mot de Monsieur, qui n'éliiil pas commun et désignait un homme puissant, une patrouille anglaise s'a\ ança et cria : Moniteur, de par le diable; tout et et tout mortel le seigneur d'Auffeu.ont lut tiré du fosse et fait pi isonnirr.

Les h bi unis, instruits rte cet événement, et sachant que la mine que les Anglais avaient pratiquée sous ia ville allait bientôt faire explosion, se retirèrent dans le quartier appelé \eMarcht, qui en est séparé par le cours de la Marne, quartier bien fortifié. Le roi d'Angleterre, instruit de celle désertion, s'empara de la ville, où il restait encore quelques habitants qui, alarmés, se cachèrent dans les églises et où ils purent. Le roi d'Angleterre lit publier qu'ils pouvaient sans danger rentrer dans leurs maisous.

Dans les premiers jours de mai suivant, le Marché de Meaux se rendit à discrétion au roi d'Angleterre. Les vainqueurs n'étaient pas généreux : on mena le bailli à Paris, et on lui trancha la léte aux halles , sept ou huit cents individus périrent de faim ou de misère dans diverses prisons. L'abhe de Saint* Furon, qui s'était distingué parmi les défenseurs de la cite, eut beaucoup de peine à échapper au supplice; et l'évéque, avec 'un grand nombre d'autres chargés de fer, fut jeté dans des bateaux et conduit eu Angleterre.

Si les hommes du parti anglais se montraient cruels, ceux du parti opposé, de celui de Charles VII, ne Tel nient pas «ceins Le bâtard de Vauru commandait la place de Meaux pendant le siège; ce noble bâtard se rendit fameux par ses actes de ftro cité. Son cousin, Denit de Vauru, digne satellite de ce bâtard, parcourait les campagnes, enlevait les laboureurs; et, s'ils ne pouvaient sur-le-champ paver la rançon exigée, il les faisait attachei à la queue des chevaux, les trainaù à Meaux, les faisait pendre ou les pendait lui-même à un orme, dont les f

< Moasurtol, Bittmrt it CkarUt VI, chip. ir.( * BtlUforeti, tome il, pmfe 10«|.

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étaient ordinairement garnies de cadavres et qu'on iiu:nniait

Varlirf tir Yiluru

L'auteur contemporain du Journal de Pari* sous Charles VI rt ChaMes VII cite de lui d -s Irait» qui f», t horreur. Ayant un jour fait capture d'un jeune paysan de» en» irons de Meaux, Il le fit lier n la queue de fiétt cheval et le iraina ainsi jusqu'à la ville. I ut . le malheureux fui mis à la torture. Pour faire cesser ce suppliée, il offrit uncromon : sa j< une épouse lui chargée de m procurer la somme qui détail sauver son mari. Il fallut du temps et des prines pour cela ; illc necourut enlin. se présenta devant le bâtard <ïc Va uni et lui dcinauiln son mari C« lui ri reçoit d'abord la somme qu'elle lui portai', et lui ordonne de sortir; elle insiste, et demande en pleurant son mari. On lui dit qu'il était mort, ainsi que d'autres villains qui n'avaient pu payer leur rançon dans In délai lioé. I.a malheur' use épouse, ne se possédant plus, l'accable d'injures et de menaces. N auru la fait d'abord frapper i ar fes satellites, puis ordonne qu'elle soit suspendue par les bras à l'orme.

Celle malheureuse, pour toujours privée d'un mari qu'elle aimait, privée de la somme qu'elle avait si peuib ement recueillie pour lui fauver In vie, battue pour avoir manifesté son désespoir, attachée presque nue et vivante à un nrbre, aux branches duquel étaient |>endus quatre vingts ou cent cadavres, qui, ayités par le vent.se heurtaient contre elle, avait encore de grandes souffrances à éprouver. La nuit vint; les secousses morales et physiques, la frayeur dont elle était Mlrie, amenèrent les douleurs de l'enfantement : elle poussa t des cris qui retentissaient jusque dans la ville. I teins la crainte de subir un supplice semblable, nul habitant n'osait aller la secourir. Enfin, cet horrible supplice se termina par une scène plus horrible encore; des loups vinrent lui arracher les entrailles, et la dévorèn*nt elle et son enfunt, déplorablrs victimes de ta férocité des rbefs.'de l'absence des lois el de la barbarie du siècle !

Apres la prise de Meaux. le roi il' Angleterre, pour punir non les crimes exécrables du bâtard de Nauru, mais la résistance qu'il lui avait opposée, le lit traîner dans li s rues de celle ville, décapiter, et lit pendre son corps à l'orme qu<- ce capitaine Inliumnin avait lui-même nommé \'arbrt de Vauru : son drapeau enveloppait son corps, et sa tête, placie au bout d'une lance, s'élevait au-dessus de cet arbre. Denis de N auru, ton cousin, y fut ensuite pendu'.

On ne pouvait attendre que des crimes des nobles qui se vantaient de leur férocité, qui regardaient les actes d'humanité comme des acte» de liiiblrsse. et chez qui, comme le remarque domines, étail a 'mis ce proverbe : quand on est bon rt qu'on n'est pas cru d, cela porte inalh ui.

L'arbre de N auru devait être situé sur le chemin de Mcaux a Paris, près de l'Avenue de Chauconin; et la était encore, vers le milieu du \\ n" siècle, un orme où le bourreau suspeudait les ma'faileurs retirés de la potence*.

Meaux resta au pouvoir des Anglais jusqu'en 143(1, époque où le connétable de Itieliemont piil la v il le d'assaut et força six n uis Anglais, qui s'étaient jetés dans le marché, a capituler après un mois de défense. L'année suivante, elle fut de nouveau prise par I s Anglais, el r.- prise par le même connétable. Ces divers événements lui causèrent des dommages considérables. Plusieurs de ses égl se* fur. ut détruite», entre autres celle de Saint-Rcmy. L set anoines de la cathédrale, eux-mêmes, étaient devenu* *i pauvrt*. que pendant (o*ffcMJM tt$ centrent de rhan- Itr l'affirt dont leur eijliti1. Mais, In paix ayant été rétablie dans le royaume, ou s'occupa de réparer tant de dcsaslns 1 1 de mines, aiiui que le relâchement dans 1rs moeurs el |i iIim i-. pliue qui en avnil été la suite : et c'est à quoi s'appliquèrent quelques évêquis qui se sueei-dcicnt dans le siège de Meaux; mais plusieurs n'étaient pas disposes a minci cr l'ordre Jean de Cariatide entre autres, vers l'an 1170, si l'on en cr.nl une piochiuinlion des ehanoint s de In latln'dralc, • tint un vrai brigand. Il pillait et dévns'nit avec ses sntelbles les terres de l'église, réduisait les chanoines il les cultivait tirs, | ar ses v iolences, à endurer la faim, et n n'avoir plus de » éléments, rt leur fni-all subir le suppluc de In toiture et autres mauvais traitement»*.

• /.«.»•'.', u.«tt., VltiCharitt i //.)»«•» m UN. ' liup tt$i$, li»rr m, pége î»t>.

* Idrm, II*, ni, ptft *)•».

» / Il», m. <•/».

\vnnt l'époiuc ou na piireiit les troubles de la réforme, les abus et les désordres régnaient dans le diocèse de Meaux.

Cuillaume Kriçonnet, nommé évéque, en loin, y fa saut ui.e visite pastorale en lôtt». trouva à peine quatorze prêtres, dans toute l'étendue de son diocèse, capable* d'enreigner let peuple* et de leur administrer let tacremrnts* . Les choses étaient au point, qu'un très-grand nombre rie curés ne réci taient même plus dans leur paroisse; et qu'il fallut plusieurs foi«, dans des synodes, leur enjoindre cette résidence, s ans les peines les plus rigoureuses.

Dans les temps barbares, les évéques. devenus seigneurs féodaux, s'occupaient plus île leurs intérêts que de leurs devoirs. A une époque plus civilisée et plus rapprochée de la nôtre, Meaux eut des évéques dignes de leurs fonctions. Je ne citerai que ceux dont lu conduite se rattache a I hi tore de cette ville.

Guillaume Briçonnct attira près de lui plusieurs savants; et presque tous les savants avaient alors embrasse tes opinions de Luther. Ces opinions, favorisées par l'evêque et p«r les désordres du clergé, tirent de rapides progrès; cl Meaux devint, eu France, le berceau du luthéranisme.

Soit que Guillaume firiçonnet fut effrayé des progrès de ces opinions nouvel es, mm» qu'étant en procès avec les cardcliers de Meaux II craignit d'Oire pari m accuse <f hérésie, il changea subitement de conduite, renvoya, en 1623. la plupart des savants qu'il avait p-ès de lui, donna des bénéliccs aux moins suspects, lit un mandement où il condamna hautement 1rs op nions de Luther, et i évoqua les pouvoirs qu'il avait donnés à quelques prédicateurs, sous prétexte qu'ils prêchaient une doctrine rnouée. Enlin, pour se montrer irrépn chnb e, il devint même persécuteur. Vais ce retour a<>x opiuions et aux pr.-tiques anciennes produisit peu d'effet : il conserva son e»êché, mais il ne put éteindre l'incendie qu'il avait allumé'.

En làît. fut afilehée, a Meaux. la huile du pape Léon X, sur les indulgences: bulle immorale, impie, et outrageante à la justice divine, par laquelle, en payant, les âmes souffrantes étaient lit ces du purgatoire, et les Vivant» allaient eu paradis. Quetqw s léditieax déchirèrent cette bulle, et y substituèrent un éefti dans un autre sens. On parvint à les saisir; on les condamna a être fouettés pendant trois jours, à Paris, par la main du bourreau, et h l'être encore à Meaux, et marqués d'un f<r rouge; enlin ou les bannit du royaume. I n d'eux, Jean Lerlerc, cardeur de laine, après avoir fuit quelque séjour à Rozay. en P.rie, ne - v voyant pas en sûreté, se n n lit a Metz en lx>> raine, où. nyant abattu quelques images dans une eliapelle, il fut pris, jugé et exécute a mort ; if eut le poing roupr. le nez arraché, fut tenaillé aux deux brat et à lapoitrine, tl enfin brùlr à petit feu'. Ce supplice alioce prouve à quels excès peut se pntt- r le fanatisme. Alors, pour se maintenir, le catholicisme avait besoin de tortures et de bourreaux : honteuses ressources !

L'année d'après, deux ecclésiastiques de Meaux. lavés d'hérésie, furent conduits à Paris, où Ion lit leur procès; et l'un d'eux fut biùlé en place de Grève. Enlin, I evéque lui-même, quoiqu'il eût pleinement donné les mains a ces persécutions, déjà menacé par les ro'dc lers ses ennemis, fui dénoncé par eux comme hérétique. Ils motivaient leurs accusations sur ce qu il les avait traites de faux prophètes, de >cnbrset de pharisiens, sur ce qu'il avait distribué des Nouveaux-Testaments et di s livres de psaumes en français, crime grave, crime de leseignoraorel Plusieurs des docteurs qui I entouraient, el divers autres personnages furent arrêtes et traduits par-devant le parlement de Paris. Le prelal dut lui-même y eomparniire et subir plusieurs interrogatoires. L'affaire se termina de manière que lis uns ont pu tenir lli leonnct pour pleinement justifié du soupçon u'bérésie, tandis que d'autres ont encore émis des doutes sur ce point '. (Juoi qu'il en soit, à l is-ue de ce pro bes, on ne voit pas qu'il ait mis moins de zèle a faire poursuivre les hérétique*. Eu 165». un malheureux, qui avait osé parler puhliqiurnent contre l'eucharistie, fut brûlé vif au milieu delà vile. Il ni pomsii»re directement un chanoine de sa cathédrale, et commit Martin limé, conseiller de la cour du parle-

■ Duplnri , II», i», pagr si».

' lii'te, Hillairt rrrlr$i<M,qurt ttKH i. paie t.

* Ou/'lrim, In . l> , page 3X0

» Mj'itboJK. ttïalotrr W« c«f.,.„ m,. li.i i.— H»»»,,, . Frnnii (.< ptfr ••», rlr. '

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ment et grand-chantre de Paris, pour exercer, en son nom, loulc Juridiction contre lus lu retique»* qui se trouu>raienl dans la Mlle, le marche et les fmihour-s de Meaux. Çg prélat mourut en 153-1. Meaux lui dut plusieurs embi I issements; ilaurantlit son rnct'iutr de tout le bourg de Saint-Demi, et lit exécuter de grands travaux au palais épiseopnl. Son amour pour 1rs ' KlUMCI fut snmalé par le don d'un très -grand nombre de «olumes précieux fait « In bibliothèque île Saint ticrmnm-dcs- l'res ; et son zèle charitable, par les aumônes immenses qu'il lit distribuer aux malheureux, dans le cours d'une peste qui désola Meaux en lô-'î et dans les imitées suivai tes. Constant ennemi des abus de la discipline eceésiastique, il fut pr< sque toujou s en guerre avec les cordelier» de Mi aux, alors en grand crédit, qui usaient de leur influence pour maintenir plusieurs de ce* abus. Ce* pi res étaient en possession de toutes les chaires; et dans une assemblée synodale, tenue par l'évêque, les cures de ] la Mlle avaient représenté « qu'ils ne prêchaient que rarement

■ e ilement dans le temps des quêtes ; qu'alnrs, I ht venle,

• on voyait le même prédicateur, monter en chaire dnns quatre « ou cinq paroisses dilTcrentes en un même jour; mais qu'il >< débitait partout le même sermon, et que c'était poiirgrossr >• In quêle, dont il était chargé, avec plus de célérité «t de <' promptitude; que ces religieux affectaient cependant de ne « prêcher que dans les églises les plus riches, où, par con&é- « quent, la recuite devait être plus abondante, et que les pa-

• roisses pauvres étaient négligées : ils en nommèrent plu- « sieurs, où, depuis neuf ou dix ans, on n'avait point encore » annoncé In parole de h eu une feule foi*; qu'enlin, le temps t de» quêtes Uni, ils se renfermaient dnns leur couvent, et ne « paraissaient plus qu'au temps de la quête suivanle'. n lté pareil* fait» sont précieux; ils expliquent 1rs progrès de la reforme.

l e successeur de Guillaume Briçonnet l'ut Antoine Dupral, homme tristement fameux en France : sans instruction, sans patrie, sans morale, il n'avait que de l'ambition. Il fut légat 1 du pnp •, cardinal, chancelier de France. Aspirant à la papauté, il réunit des sommes considérables pour acheter les suffrages | <lts cardinaux; mais la mort le frustra de cette espérance. Il ' n'avait jamais réside a Meiux. Il construisit le château de Nantouilli t. près Juilly, et une salle a l'Ilo el-Dieu de Paris: c'est j ce qu'il lit de plus solide, tic chancelier avait été marié avant de se fefov prêtre; et ce fut son fils. Févequc de Clermout. qui rit possession de son évêehé de Meaux après sa nomination : on suspendit, au haut de la voûte, son chapeau de cardinal. Immédiatement après sa mort, le roi François I" écrivit aux chaînions, pour leur dé.cndrc de procéder a une élection qui lut appartenait en vertu du concordat.

Jean de Bill, que le roi nomma en remplacement du chau- ' eclier ear.lri.al, signala son épiscopal par une longue querelle ' avrr l'ahbessc de t'nremouticr. Au reste, e'é ait un homme fort épris .v>. bien* de ce mon le. Il posséda une grande quantité de bénéfices par simonie; et sa mort donna lieu de penser que ses mn-ur* n'étaient pas très- pures, si l'on peut, toutefois, admettre l'ani ciloete suivante, rapportée, sans être révoquée en doute. MrTbisloticn de l'éulisci:e Meaux, dom Tuussaints Duplrs is. La reine Catherine du Medicis, se trouvant uu jour au chntcau de Ville vaieuil. liai ité par cet évéque. regardait «on blason place en p'usieurs induits; il se composait de deux épées en sautoir sur un champ d'azur. Elle en demanda l'explication a M. de Bassompicnv, lequel lui dit: « Madame, ce que vous

■ voyez en ces armes, ne sont pas deux épées, mais ce sont des

• fur «s (ou ciseaux ). Cet évéque fréquentai1, un certain mo- « naslèrc qui est à trois lieues d Ici ou environ. Les pan nts de « la dame qu'il y voyait, ayant averti ledit sieur de n'y plus « aller, sinon qu'on lui ferait un trè--mauvuis parti, l'ayant « rencontre un jour entre Signj et Signet, qui eu revenait, le

■ prirent, et le faisant descendre de dessus son mulet (car « c'était là l'équipage de cet évéque); Ut lui firent l'opération « atte dt$ force* ; et le remirent sur son mulet, de façon qu'il « vint mourir à Vi lemaieuil *. »

Les auteurs du Gallia Cnrhtlana semblent confirmer ce récit, en disant que, m on en croit la tradition, cet évéque mourut misérablement, mittrt ■ prriii. Mais qui compjsn ce blason satl-

■ li»fltî$i*, lit. l«, |*fc SSS, V. Slmoiinm tftUtn*», I 14. • Mtmmrti dm P. Juarirr, Icmt l, noir »«, pagr T»S.

rique? L'explication de llassoinpierre ne satisfait pas à celle question. Ce ne fut certainement pis Jran de Huz lui-même, qui, en peu de temps mourut d< s suites de sa mutilation ; ce ne peut être que des héritiers mécontents, des propriétaires du château de Villemareuil qui maudissant sa mémoire, ont dù placer dans «es ,u moitiés l'instrument de mn suppliée et le témoignage de sa boute. Quoi qu'il en s«it. cet évéque liaient, et qui n'< st pas le seul rcclé-iastiiiuequi ait nubi le même sort, fut uu ardent persécuteur des | artisan* des nouvelles opinion* relicieus. s. A son article, dans le Gallia t krutiaua, on lit : Lullieiantr furtionn pmpuqnalor acerrimui.

Sou successeur fut Louis de llre/e. neveu du sénéchal de Normandie de même nom qui devint l'époux de Dune de Poitiers; et c'est le crédit de cette maîtresse de Henri 11 qui fit alors I < yi'-|uc de Meaux. D prit possession de son siège, en 1664; et les troubles, que divers signes précurseurs annonçaient au royaume, ne tardèrent p^sà se manifester.

On n'avait pas épargné jusque là les supplices pour arrêter les progrès du protestantisme dans la ville dont nous n traçons l'histoire. Kn 1646, il arriva qu'on surprit une soixantaine de ces novateurs au grand marché. A l'issue du procès qui leur fut intenté, quntoize de ces malheureux furent brûlés vifs; d'autres fouettés et bannis. Un < nfaut fut suspendu par 1rs aisselle*, puis fouette par le bourreau, et renfermé pour la vie dans le couvent de Saint-Faron. Quelques-uns fuient simplement condamnés à faire amende honorable, ru chemise et un cierge à la main. Ces cruautés ne firent qu'augmenter le nombre des seda res. Eu \U4, il »e lit publiquement un mariage a la façon de Genève Quelques année» après, dans le grand marché, où l'on comptait plus, d- douze cents familb s, il s'y trouvait à peine une douzaine qui fussent encore «radiées à la foi catholique '. Les poursuites des magistrats commencèrent alors à éprouver quelque rési«tanre et à exciter des désordres. A cette époque, d Aiutclot, frère de l'amiral Colighy, ayant, devant le roi et la cour, traité la mesoe d'idolâtrie, fut conduit à Meaux, et y resta quelque temps prisonnier.

Au commencement de tâ60, les qunrlcnicrs. centeniers et dixainiers de la ville et du marche reçurent l'ordre de veiller sévèrement a ce que tous 1rs habitants se rendissent dans les églises les dimain heset les Jours de fêle, et à ce que toute* 1rs observances de l'Eglise fussent accomplies; de faire chasser des maisons tous h s domestiques suspects d'hérésie, de disperser toute assemblée illicite; d'arrêter tous ceux qui y nui aient a«>i té. etc. I.iut de vexations firent cuflu éclater la guerre civile.

Les réformé-, qui depuis trcnte-srpt ans s'étaient hissé paisiblement emprisonner, toilurrr. brûler vifs; encouragés, excites par les princes de lu maison de llourhon. enuem's dr elle des Cuises, et indignés de l'horrible |M-rsécution dont ils étaient sans cesse les victimes, prirent les m mes en différents lieux, et combattirent pour leur croyance, tandis que ceux de la maison de Lorraine ou -les Cuise? se firent les chef* <tu parti catholique : la guerre civile comtnrnça ; et le, protestants armes furent nommé > hwjurntilt.

A Meaux, les reformés, surtout ceux qui habitaient le quartier dit le Marehè, et qui s'y trouvaient en très-grand nombre, rommenccri nt à se montrer et à manifester leur vengeance par des dé-ordres et des destructions. D.ris plusieurs lieux, les croix, les cloches, les Images furent détruites et les églises converties en temples, et appropriées aux nies de lu nouvelle r ligion. Le peuple de Meaux s'y rendit eu fou'e. Enfin, dans le cours de celte même année, le cuiédc Saint Mur in. nommé Pierre Daman, entraîné par les réformés, leur abaodunua son église, pour une somme d'argent ; et ainsi le proteslaulisiiie fut publiquement professe au sein de la ville.

L'edil de janvier 1563 autorisât le. prêches r>ans tout le rOMume, en d'hors des vill s closes. Cette même année le prince de Coudé, l'amiral de Coligny, d A' delot, flot an et plusieurs nulles vinrent a Meaux, it y rélébrcri nt publiquement la cène. Un tarie! cordelier, devenu min stre, y pré ha le jour ie Pàiitcs. Les catholiques, consternés . n'osèrent rcintur; l'arrivée a, Mrnux du jeune roi (.bar les IX, et de sa rocre, Catherine de Mcdicis, ranima leur espérance, et leur

> UVmitirri mmuttrttt 4t i'F.»fml 'Mirai*»), prori r*or lu btUiUsr fl tirfr (irftiiiitl dit «c-ux, pcwlsM littianblrs 4V U L»ur.

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rendit un peu d'éneruie : ils r'emanderent la destruction des hérétiques, ou au moins de riiéré«ic. Mais i.alherine était alors dans un é'at de llurluation mire l'ancienne et la nouvelle religion, et paraissait favorable u la dernière. On se contenta de faire une procession solennelle dans les rues: et l'on exigea des quarante principaux bourgeois, dont vingt catholiques et vingt protestants, la promesse de maintenir la ville en pais ; après quoi In cour quitta Meaux.

Deux bourgeois huguenots, Louis de Meaux, seigneur de la Ramée, et Pascalus, surnommé le Diablr, parre que, dans les mv stères représenté* quelque temps auparavant, il jouait le personnage de cet esprit malin, formèrent, peu de temps après, le complot de livrer la s ille aux chefs de leur parti. Ils liront adopUr leur piojet dans une assemblée secrète de» habitants. L'était le 3& juin, lemlrmain de la Saint-Jean, è six heures du matin, et au son des cloches qui annoncerait la première messe, que le complot devait éclater.

Ce jour donc. Ils commencèrent par oeru|ser toutes les portes sans faire de bruit, y posèrent des corps de-gnrdc de Miigt-cinq à truite hommes; et avertis que leur complot s'était ébruité, sans attendre le signal, ils se rendirent sur-le-champ a la cathédrale ; quelques chanoines qui n'avaient pu être prévenus s'y trouvaient deja; épouvantés a l'aspect de ces hommes armes, ils leur demandent ce qu'ils vculeni : Mou* mulont. répondent ceux cl. que tout quittiez la ville tur-tt champ, tl nour futtirz placé V .< «omîtes tropà l'étroit : chaitittez ceu.r d'entre noutà qui tout aimerez mieux céder tôt maitons pendant rotrt abitncc. Les chnnoines, voyant qu'il n'y avait nul moyeu «l'éluder cette étrange proposition, cédèrent et désignèrent quelques-uns des reliuionnalres récemment arrivés de Paris pour prendre possession des maisons canoniales, et y vivre à discrétion. I.a troupe se divisa alors; et. tandis qu'une pat tic alla prendre des logements, le reste parcourut toutes les églises; ils y renversèrent les autels, bridèrent les croix et les images. L'abbaye «le Saint- Farou subit le même sort Touies ses richesses fuient dispersées, il n'y resta que les murs et la voûte : et l'on enleva jusqu au plomb qui avait été employé a la toiture i>u aux gouttières. Quelques cchevins de la ville présidaient à ces spoliations; il faut dire qu'eu général l'argenterie fut mise de côté cl envoyée au roi.

Meaux fut ainsi pendant huit jours une ville lout-a-fait eaki nisle : les chanoines et beaucoup d'autres prêtres avaient été conduits hors des murs. La messe semblait abolie dan» la ville et les faubourgs. Le parlement de Paris, des qu il eut connais sance de celte révolution, rendit un premier arrêt, en date du 3u juin, par lequel il déclarait les séditieux trattictà la patrie: et, par un second du 13 juillet, il les condamnait tous a mort.

Cependant la ville était dans un état de désordre que les hommes sages des deux croyances devraient également voir cesser. A cet effet, on envoya a la cour une députation chargée de lui demander un goiivu ncur et une garnison. I.a cour accéda à cette demande. Alors il se lit une sorte de transaction, e'e-l-adire que l'exercice du catholicisme fut repris dans plusieurs églises, tandis que le protestantisme continua d être exerce dans d auties. Ou abattit les fortifications du marche, atln qu'elles ne servissent plus de rempart aux pertiiibattuis; on leur accorda des lettres d'abolition pour tout ce qui t'était passe. Avec le >ecours des troupes envoyées par la cour, les catholiques n prirent le dessus; et, soit pur ruse, soit par violence, ils parvinrent à expulser un grand nombre de calvinistes de la ville. Ceux cl, s étant présentes pour y rentrer, éprouvèrent un refus, et voulurent employer la force. Au nombre a'i nviron quatre cents, Ils pénétrèrent dans la ville et s'emparèrent du marché; mais, au Unit d'une quiu/aine de jours, ils manquèrent de vivres pour leurs troupes, et, comme on annonçait que des secours arrivaient aux catholiques, lisse retirèicnt et se dUper serent en divers lieux.

Les catholiques, apprenant qu'une petite lrou|>ede protestants s'était refugt e au château des Signets avec une pièce d'artillerie, vinrent en force contre eux. I.cs assiégés demandèrent a se rendre à condition qu'ils auraient la vie sauve : In capitulation fut conclue; mai- pouvait on êlre obligé de tenir parole n des hérétiques? A Rome, la négative était ptsaéefl principe. On les conduisit à Meaux ; et lu ils furent tous peu us ou étranglés. L edit de paclucatiou d Auiboise vint suspcudie ces troubles déplorables.

Ils recommencèrent en 1607 ; et, dans celte année, lu cour qui se tenait & Monceaux en ilrie. ayant eu nouvelle que les chefs huguenots avaient d»-s*ein de l'y surprendre, se réfugia a Meaux, d ou elle se rendit à Paris, escortée par les Suisses. Les réformés de Meaux voulurent encore, à cette époque, s'emparer de la ville; et Ils se rendirent maîtres du marché. Les deux parties principales de cette cité se trouvaient presque toujours comme en état de siège l'une à l'égard de l'auire. L'intérêt des chefs de« deux partis enflammait le fanatisme des peupb s afin île s i n sci v ir.

La journée de la Saint-Rnrthélemi devait être sanglante dans une ville signalée par tant d'nnimosttés : ce jour, dès que les magistrats eurent reçu les ordres de la cour, les pot tes de la ville furent ferméts: et l'on procé 'a a l'arrestation des calvinistes qui se trouvaient alors A Meaux. l es journées des 34 et 35 août 1573 furent consacrées n cette opération 1 ; les rues Poitevins. Saint-Remi et des Vieux-Moulins se trouvèrent a 'ors presque entièrement dépeuplées ; mais, maigre la surveillance extrême exercée par les catholiques, formés en milice, plusieurs huguenots du marché réussirent heureusement, pmdnnllu nuit, a sortir de la ville. Le lieutennut-géiiéral. nommé C<sset, en étunt iufoimé, se transporta dans ce quartier a la tête d'une troupe, et fil main-l'atte $ur le* femme* de ceux qui t'étaient enfuit ; quelques-unes d'entre elle> furent Indignement outragées, et on en poignarda environ rinjt-cmq. « Ceiour-la même',

• Jean Maciet, procureur au bailliage, et Cilles le Comte, mar- « eband drapier, furent découverts comme Ils cherchaient a a s'enfuir ou a se cacher : le premier fut mis en pièces sur le

■ pavé, et le second jeté par les fenêtres de sa maison, puis « traîné par les pieds jusque sur le pont, et enfin jeté nans 1a «rivière, après avoir reçu plusieurs coups de poignard. Le « même jour, on en trouva trois sur les tuiles d'une maison dans o la rue du Château; et leurs amis, pour leur conserver la vie. « s'cITorcèrcnt de les constituer prisonniers; mais la p pulace se a jeta sur eux et les tua sur la place Le lendemain quelques- « uns du menu peuple allèrent au château où plusieurs de ces « prisonniers avaient été renfermés; ils lesappelerent i ar leurs « noms et surnoms, comme pour les faire c ndufre devant 1

■ lieut* nant-géuéral ; et, à mesure qu'ils sortaient pour tra- « verser la cour, on les assommait à coups de levier, et on leur « passait l'épi ' au travers du corps.... On en tua ainsi ce a jour-la jusqu'à soixante dix dont les corps furent jeiés au « fond d'une tranchée uue l'on avait faite exprès dans la cour « même du château. Deux d'entre eux, Jean Taupin et Jean

• Ijiloue. quoique percés de coups, n'étaient point morts; ils a revinrent a eux, et se retirèrent pendant la nul du milieu de

■ ces cadavres; mais ils ne purent pas aller bb-n loin : à deux « pas de la il.- tombèrent de défaillance. Le lendemain matin on « les acheva ; et, quoiqu'ils respirassent encore, ils furent

• rejetés dans la tranchée avec les autres: il en restait encore h dix-sept, que l'on mena la nuit du 38 au 39 au moulin de la

■ J ut v crie, où ils furen' poignardés, puis jetés dans la Marne. ■ Tels furent a Meaux les ( ITets d> s ordres erim neis du roi

Charles IX et de sa dmne niere Catherine de Médicis, et les déplorables résultats du fanatisme, autorisé par la puissance souveraine. Un roi qui ordonne froidement le massacre de ses sujets n'est pas un roi : l'infamie attachée au nom de Charles IX sera éternelle.

La Ligue fut publiée a Meaux en février I67T ; elle y fit de rapides progrès. Le chri de cette union fatale, le duc de Guise, était a'ors gouverneur des provinces de Rue et de Champagne; et cette qualité lui donunil beaucoup d'influence *ur l'esprit des bourgeois, qui néanmoins restèrent assez longtemps indécis : ils se con'entèrent de contracter une sorte d'alliance ave • Paris comme pour témoigner h ur résolution a suivre les destinées de cette capitale. Enfin, Henri III, ayant signé I union, il n'y avait plus derni>on pour hésiter; la Ligue fut francheiueut adoptée i ar les hahitants, et jurée parles magistrats.

Cette ville fut alors, comme les autre», le théâtre de cet Cérémonies publiques, de ces dévotions bicarrés où ta religion servai' presque toujours de masque à la politique. C'est ce qu'on appela des pnucttiont blanchet. On marchait, très-grave-

I Ni •<■••• èf t Enfant. — Dr Tkau, lit, m. — iirmiirtt dt Vttat dt franc* tout t karlrt IX, lome I. Iitge SST.

> Uuplrair. lit. I», ►•»<• ITT.

HISTOIRE PFS ENVIRONS OF PARIS. «71

ment, sur deux rang*, dans le» rue* de l.i ville i't dans celles dm villnces voi-ins. Le plupart deces Intrépide* processionnaires, armés de chai|ue m:iiu d'une croix et d'un cierg-- allumé en plein jour, étaient nu-pieds, et avaient le corps couvert d'un linge blanc; d'autre* s'y présentaient <n ehemi-c. Il y cul des dévots plu* /clés qui. pour surpassi r les processionnaires du oommiin. se pré- entaient bravement a ces processions cniièrement nus, A l'exception du linge blanc, costume de rigueur.

Plusieurs de ers processions vinrent à Mcaux des lieux voisins. Ollesrie Miaux se rendirent à Nntie-Dame-de-ln-Virtoire et à Seuli • . Il y en eut une où l'on compta jusqu'à dix-sepl cents personms. Dans une autre procession, faite dans l'enceinte même delà ville, en I4.N9, on représenta Jcsus-Clirist portant sa croix, et accompagné de plusieurs peisonnagcs tenant la lance, I éponge, les clous et tous les instruments de la Passion. Parmi ceux qui y prenaient part, <• on remarquait un conseiller « du prési liai qui avait laissé ses épaules d découvert, et qui se « fouettait rudement à chaque carrefour avec des escour.écs « garnies dr hameçons et de pointes de clous qui lui cnsauglau- « laient toute la peau.1 d

On faisait a Mcaux, comme à Paris, des extravagances au lieu de bonnes actions; dans l'une et l'autre villes. on< tait soumis a la même direction : celle des jésuib s. tous ligueurs.

Après la mort du duc de Guise, la ville de Meaux embrasa le parti de son f err, le du>' de Mayenne. La guerre civile, qui se perpétua à l'avènement de Henri IV . ne présente lien de bien remarquable relatif ment a Meaux, quoique lis environs deeet'e villa aient presque toujours fait partie du théâtre des hostilités. La ville elle-même tut plusieurs fois menacée d un sie«< par les troupes royales; mais les bourgeois pl< Ins de résoluliou et bien armes «-t.». m commandes par dis hommes dévoués a la l igue et à la maison de Lorraine. Ils lui restèrent d'abord fidèles, mail bientôt ils s'en la-sérent, malgré les installées réitérées des chefs île la L gue Ils avaient persiste a ne point recevoir de garnison française ou étrangère, assurant qu'ils sauraient fort bien se ganter eux-mêmes; de surle que le- tiuii|ie-, lor-qn'il v > n usait a Meaux. ava . ni le marché pour logement, et ne pouvaient, sous aucun prétexte, pénétrer dans les autres parties de la ville. Kn i&us. Ileutigny, alors gouverneur de la ville, ayant tenté d'y introduire quelques soldats wallons, excita une sédition violente, à l'issue de laquelle il fut fait prisonnier, et la garnison expulsée. Le duc de Mayenne nomma un autre gouverneur.

Cependant Menu IV avait entendu la messe. Le gouverneur de Meaux, Louis l'HôpItal-Vilry, voyant que la Ligue et le fanatisme oe ses partisans n'avaient plus de prétexte, traita secrète* ment avec le roi. qui consentit a lui donner wngi mille ccuset la charge de bailli et gouverneur de Mcaux. Ce traité élant conclu, l'Hôpital Vitry, la veille de Noël 169$, assembla les principaux habitants de Meaux, et leur dit qu il avait quitté le service du roi, par e que ce i rince était huguenot ; qu'il était résolu d'y rentrer aujourd'hui qu'il s'était rendu catholique; il se garda bien de parler des vingt mille éeus Après son discours, il rtnditaux oubliants les clefs de la v ille, pritl'écharpe blanche, se mit a la létedesa compagnie de cavalerie, rt sortit de Meaux. Les habitants assemblés résolurent d'imiter leur gouverneur. Ils envoyèrent un courrier pour l'engager a retourner dans la v ilJe , il y revint et distribua des ecbarpea blanches. Le gouverneur joua très-bien son rôle.

Le lendemain, jour de Noël, Il partit avec deux échevins de la ville pour se rendre a Mantes où résidait Henri IV, et offrit a ce roi la sounns-ion des habitants de Meaux. Ils renconticreul n Duinmartin le roi, qui accourut à eux m leur tendant les bras.

« Je vous emlirasii tout, leur dit- il, embrattezmoi ausn. « Vous m'avez été contraires, et dt mon côté je roui ai fait du a nuit- Je ne veux pa* seulement oublier U passé ; je tous ferai à a i'atmir tout le Oim que jepourrat- » Il lit son entrée solennelle dans la ville le lendemain l" janvier i.'.ii i. et uceorda quelque.- articles que la ville lui demania. relativement au moin lien de la religion catholique, et à la continuation de divers ecclésiastiques dans les bénéfices qui leur avait été accordés (inr le el.ef < <• la Ligue. Plus lard, en vertu de l edit de Nantes. |t.s. villa.es de Clieunoiit et de Moressart lurent accordes aux jji oiesiaut- lie Miaux pour y Unir leurs prêches et assemble*

» Dufltuu In. i», p«(C SS7.

Le lieu de sépulture qu'ils avaient au grand marché Imr fut con-cr\é; et celui qu'ils possédaient dans la ville, rue Daine- \ v. fut échangé contre un autre cimetière qu'un leur accorda au faubourg des Vieux-Moulins1.

Les premières années du siècle suivant furent consacrées, par les é>équcs de Meaux, a refnimer le- merur- ecclé-iastiques, lesquelles s'étaient, comme aux siècles prccedrntt, singulièrement corrompues pendant les troubles civils. Ce fut à l'égard de certains monas'éies, et notamment de celui de Saint-l-'arnn. une tèi'lie difficile a remplir. Kn 1614, l'évéi|ue (de Vieux-Pont l s'y présenta accompagné de ses ofliciers et de son conseil. (Quelque- archers s'étaient emparés des portes parce qu'on avait lieu de craindre une résistance ouverte de la part des moines. On sonna la cloche du chapitre : mais plusieurs, déclarant qu'ils n'étaient pas soumis a la visite episcopale refusèrent d'assister au chapitre, escaladèrent les murs du jardin pl s'éloignèrent. Le chapitre se composait d'environ douze religieux, qui n'avaient a leur tétc ni prieur, ni sons-prieur, et se gouvernaient à leur gui-e ; le prélat demanda les clefs ; on les lui apporta : alors il fit faire une visite dans les chambres des religieux ; on y troura deux fille* d-1 mauvaise rit. qui furent mite* mtrt let mains du prévint dt* maréchaux et fomtttétê publiquement tn pleine rue V Une réforme fut alors Introduite : mais, ceux qui ne I avaient point adoptée élant rentres au monastère, Il s'ensuivit une sorte de guerre intestine qui dura quelques années, et pendant laquelle les insoumis omirent l'exemple d'une vie plus scandaleuse encore qu'auparavant; ils parvinrent à ramener à leur manière de v ivre p usieurs des réformes, et a< ca derent d'outrages et de mauvais traitements ceux qui persévérèrent dans une meilleure conduite Knlln l'autorité royale intervint; et tous ces scandales Unirent ptr l'incorporation de l'abbaye à la congrégation de Saiiil-Mnur, qui venait alors de prendre naissance.

Il fallut également réformer l'abbaye de Chage, voisine de celle de Samt-l'aron. et où l'on vivait aussi dans le libertinage et le desoidre. Ce ne fut pa- sans rem ontrer une vive opposition; la reforme était également urgente parmi le clergé séculier. Les chanoines avaient presque partout remplacé la vie cléi iede par des habitudes toutes mondaines : ils portaient des habits courts et de grandes moustaches. En 1036, Pévéqur de Ik'lleau. successeur du précé eut, publia des statuts synodaux, par lesquels il défend A tous les ecclésiastiques de son diocèse de hanter les taverms et jeux publics, d'nssisler aux sprctuclts dei comédiens et farceurs, d'aller à la chasse, de porter arquehu>esr>u pistolets, et d avoir ehes eux des concubines ou / nanti notées d'impudicitt *.

L'histoire de Meaux ne présente nen de remarquable .■ I poque ne la Fronde; et depuis ces troubles jusqu'à nos jour.-, nous n'avons qu'a signaler l'épisco|>at de l'illustre llossuet, d >ul l'éloquence et l'énergie sont sulli-amin' ni connues

Le cours de la Marne divise la ville de Mcaux en deux parties : l'une, au nord, e t la ville proprement dite; l'autre, au sud-est, est appelée /« Marché, souvent mentionne dan- eeite notice. Anciennement ce marche consistait en un \a-'e champ de foire qui, a ce qu'on prétend, n'était point séparé de la v illc. Ou ajoute, qu'un comte de Champagne détourna, pour la commodité des habitants, le cours de la Marne, et fit passer celle rivière entre la ville et le marché; mais ce fait n'est pas sulllsammeut prouvé. Il est diflicilt- de croire que, du temps des comtes de Champagne, on ail conçu et exécuté un pareil projit.

En supposant ce changement du lit de la rivière, on dit que l'ancien lit était situe au lieu appelé le Itrassel; et que In Manie faisait le lourde la ville, ce changement de ht a proJuil. ajoulct-on, quelque confusiou sur la position de Meaux. Il eu résulte que la Mlle, qui se trouvait ancieuucinent a la gauche du cours de la Marne, peut être regardée maintenant lomme élant sur In ri\c droite de cette rivière 4.

Un pont établit la communication entre les d'UX partie, de la ville. Le courant est si rapide en cet en lrolt, qu'au un bateau ne ptut > laisser. Ou y a établi plusieurs moulins qui serv, nt a la moulure des Urine- dc-lniccs a lYpprovisioiinemcnt de

i Itufhêtii, lome i, li». if, p**r III .

• M., Il V . «, |Mgr 110.

* lit., loini) H, jugr 470.

» li/., nul,«, |u«r 707.

y Googtfc

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Paris. Les bateaux suivent le canal dit «le Cornilton. Le canal de l'Ourrq pus e à i eu de distunce.

Menu», avant la Révolution, était chargé de sept paroisse*; le deux chapitres, celui de Saiut-Saintin et celui de la ealhe- Irale; de deux abbayes d'hommes, celles de Salnt-F.von et de > liage; d'une abbaye de chanuiucsscs régulières de Saiut- \ui:ustin, dites de Notre-Dame; d'un prieure conventuel de acnedictim s. nommé Nocfoi t ; d une maison de chanoines réau- .ier», dit" Trinltaircs ; d un couvent de cordeliors ; d'un couvent je capucins ; d'une maison de religieuses de la Visitation et il'un couvent d'ursulines. Toutes ce* communautés ont disparu ; le nombre des églises est réduit à trois : la cathédrale, et deux succursales pour les faubourgs.

I a cathédrale est un forf bel édifice ; il a cinquante-deux toisrt de hmg depuis le grand portail jusqu'à la chapelle de Notrel>ame-du-t:he>et, sur vingt deux toises de large de la porte du midi à la porte «lu nord ; sa hauteur est de seiz-- 1. i • > •oiischT, sans compter neuf autres lo ses entre le dessus de la voûte elle faite du b timeu . Le parvis dont la condi tion date de igio, a vingt lois-'S de long du midi au nord. I a tour a six toises de circonférence, ou quatre-vingt-un pieds carrés, el i nvirou Ami cents pieds de haut. A l'extrémité est une plate-forme environnée d'une balustrade; de la, quand le temps est l>eati, on iltcouvre assez faci'etncnl Moulmarirc et le Motil-Valérim. I sanetunire est un des plus beaux que présentent nos . -Ii es gothiques; dix-huit piliers en faisceau, ou colonnes rondes,

< h il. mii de MnifvnLiinc.

soutient» nt les voûtes de la nef, el quatorze celles du chœur. Ilossuel a été en.-eveli dans cette eaihulrnlc

La construction de cet édilice fut commrnrée au xil* siècle. On voit, eu i2GH, Jenndc Poinry, évéque de Meaux, s'oeeu|>cr des moyens de la continuer ; l'argent manquai! : on faisait di s quête» en différent» lieux : elles étaient insufll nntes. On arrêta que, comme on avait d' jà fait, ou prendrait une année du revenu ce tous les beneliees vacants pendant dix uns. Les sommes produites par cet'c ressoude suftirent à peine i rassembler des matériaux ; il fallut encore, en 1282, recourir à de nouveaux moyens, a des dons particulier» et a desconiribu'lons imposées aux habitants. On parvint enfin, dans le» premières mimes du x\i' siècle, A l'achèvement de la construction de l'église eathedrale.

La ville de Meaux a conservé son évécl é. quoiqu'elle ne soit que le chef-lieu d'une sou— préfecture du département de Seine- ;i-Marne. Kl'ea un tribunal de première instance et un tribunal de con mrrcc, une justice de paix, un collège de plein exeri >•, une école ec«lé»iastique a I ancienne nbbavede (.hage, une bibliothèque publique et une société d'agriculture.

I^a ■ nv irons de cette ville produi « ni des grains qui sont transportés a son mâ ché, le samedi de chaque semaine. Il s'y iicul deux foires, l'une et ladre de trois jours : la première le

15 mai, la seconde le 12 novembre. Le commerce principal de celte ville consiste en grains, lc«tiaux, lames et fromages qui conservent et perpétuent le nom de la petite province, dont elle était autrefois la capitale. *

Meaux, situe dans le département de Seine-et-Marne, est un chef-lieu de sous-préfecture. Sa population est évaluée a 7.375 habitons.

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