ENVIRONS OE MEAUX
JrfltlT, CtJIST, CLATÏ, THILBANDOU. LISV, JOPAMIB TBII.PHBT,
SAirr-mcai , la FEtTt-wcs-JocAMi, • si v r m - 1 inn.i.i .
Village situé dans une petite vallée a trois lieues au nordouest, de Meaux, et a huit au nor<l-est de Paris.
Vers l'an 1 182, un seigneur nommé Koucauld, de Saint-Denis, bâtit une éitlisren ce lieu pour le repos de l'Ame de sonlils, el y plaça des chanoines réguliers auxquels il assigna de* revenus.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Peu de temps après, à la requête du fondateur, cette église fut éftgcc en abbnye, o condition que l'on y suivrait en tout les usages du monastère de Saint-Victor de Paris, et que la maison, si elle venait à cesser d'avoir un abbé, reviendrait nlorsavec toutes ses dépendances à l'abbaye de Chauc, qui en disposerait comme d'un de ses prieurés propres. Juilly avait le titre d'abbaye. Giraume, qui en fut le premier abbé,' existait en MOI. En 1626, Nicole Dangu. bâtard du cardinal Antoine Duprat, fut revêtu de la même dignité.
En 1555, le cœur du roi de Navarre Hen i d'Albrct y toî déposé. En 1638, .
par suite de la ré-
forme de tous les \ monastères de chanoines réguliers , opérée quelques années auparavant, des pères de l'Oratoire furent établi*, a Juilly; et ils y fondèrent un collège, devenu célèbre dans la suite.
Le collège de Juilly, dont l'existence date, comme on voit, de près de deux cents ans , reçut de Louis Mil, presqu'à sa naissance, le titre A' A cad émit royal* .
Il a conservé une ivjuitatlon justement méritée par les principes d'ordre et les solides élu<les%il s'y faisaient remarquer.
Li Révolution n'a point détruit cetétablitsement ; et l'on compte encore quelques-uns des membres de l'ancienne congrégation parmi les personnes qui sont chargée* de l'enseignement La maison n'est pas remarquable, mais elle est convenablement distribuée. Un parc de trente arpents y est attaché.
Avnntla Révolution, y vivait modestement un savant traducteurde Tacite. J.-H. Dottcville de l'ora'oire, correspondant de l'Académie des Inscriptions et Rclles-Lrttres. Sa traduction est surtout remarquable 1 ar son exactitude et par une précision digne du texte original.
Le terroir des environs produit des grains. Une petite partie est eu bois. Juilly appartient A l'arrondissement de Meaux. et ne compte que 450 habitants.
A une demi-lieue environ de Juilly est le village de Nantonillet, autrefois qualifié de marquisat et remarquante pnr le château qu'y Ht construire le fameux chancelier Duprat. Il exhte encore et l'on y montre un caveau où il avait amassé des sommes d'argent considérables, que François 1" consacra aux besoins de l'Étal.
Les amateurs des ouvrages que la renaissance des arts a pro-
MoMmirlrr.— lmp. Vuxe\ frères, Luc***» et Co»p
duits au xvi» siècle trouveront dans diverses parties de ce cM* teau des objets qui les intéresseront.
«il -Calay.
Village peu considérable situé à deux lieues au sud-est de Dammartin, et à huit et demie au nord-est de Paris.
L'église de Culsy, dédiée A saint Pierre, est tort ancienne. , Elleavait sans doute été fondée par les possesseurs du sol, titulés seigneurs de Culsy, et parmi lesquels on compte des évèquesdt
Meaux.
Église de Senti».
Vers l'an 1 190, fut fondée, on ne sait trop par qui, à peu de distance du village, l'abbaye de Chambrt- Funtaine, pour des religieux de l'ordre de Prémontré. Les seigneurs de Cuisy, ceux de Dammartin, d'autres encore furent les bienfaiteurs de ce monastère. Il s'accrut rapidement; plusieurs églises lui furent données, et enfin, celle de C.uisy même, dont ce lieu n'avait été primitivement qu'une dépendance. En 1332, on voit Philippe-de- France , tlls de Philippe-Auguste, et Malhilde, son épouse, comtesse de Dammartin , donner à ces religieux le droit de chasser avec chiens, oiseaux, furets et filets, toutes sortes d'animaux, sur les terres de l'abbaye, excepté le terf it le tanj/iVr' : exception qui prouve qu'à cette époque la chasse de ces derniers animaux était toute royale ou toute seigneuriale, et peu faite pour des moines.
L'église et les bâtiments du monastère ont été démolis ; il ne reste l'arrondissement de
n'us que l'Abbatiale. Culsy appartient Meaux. Sa population est très-faible.
A peu près à une lieue de Cuisy, est Monthim, dont la population, en y réunissant celleyle Pringy, est d'environ 1,000 habitants. Ce lieu est remarquable par un château jadis assez fort, et qui fut pris et repris plusieurs fois pendant les guerres de la Ligue. En 1591, un nommé Pierre de Rrie, qui se faisait nommer Batte- Maiton, l'occupait pour les ligueurs avec une soixantaine de soldats. De là il faisait des excusions dans les villages voisins. Ce chef de catholiques, ayant une fois surpris un bourg, le livra au pillage, et porta l'impudeur jusqu'à faire dépouiller les femmes qui s.', trouvèrent alors dans
D«H<-ti(», Ui,toirt du iioeitedt tltaux, tome i, Vf,
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l'église ; elle* retournèrent chez elle* toutes nues. Le gouverneur [ de Menus pour la Ligue, indigné de celle vio'cnce, ordonnn à Baat-Maiton de quitter son commandement; celui-ci répondit en livrant la place à quelques soldats de la garnison de Dnnimarlin, alors attachée au parti royaliste. Le gouverneur se transporta sur le champ à Monthion, somma la petite garnison de se rendre, et sur son refus, escalada le château : tous les soldats furent pendus aux fenêtres. Dans ce moment le gouverneur de Dammartin écrivait au chef de cette garnison, pour l'engager à tenir ferme, en lui promettant du secours. I.a lettre ayant été saisie, celui qui en était porteur fut aussi pendu avec les autres. Ansi se faisait alors la guerre.
L'église paroissiale est dédiée à saint Georges. Monthion est situé sur une montagne, comme l'indique son nom , et l'œil parcourt de là les plaines fertiles en grains qui l'environnent.
Un des derniers seigneurs de Monthion était cet homme prohe, modeste, prorond en économie politique, ami sincère de
|utin-, i l dont la noble conduite et les travaux devraient servir de modèle à tous les fonctionnaires publics.
S m Cteya
Bourg situé sur la route de Paris à Meaux, à six lieues et demie de In première ville et à trois de la seconde.
Au xii* siècle, il existait en ce lieu un prieuré desservi par deux religieux, fondé à une époque assez reculée. La maison dr Chatillon, à qui cette fondation était probablement duc, possédait ce lieu a titre de seigneurie, et y avait un manoir. En 1225, Gui de Châlillon, dis «le Gaucher et comte de Saint-Paul, fonda une chappellcdans son château et la lit desservir par un religieux attaché aux prieuré, lequel fut ainsi composé de trois religieux Cette chapelle, avec les biens qu'il y annexa, fut par lui concédée a perpétuité en même temps n l'abbaye \olre- Dame-de-Chage de Meaux1. Clayeesl appelé Cloia dans le titre qui constate celte donation.
On ne trouve rien sur ce village jusqu'aux guerres religion du xvi* siècle. A cette époque, le château était une de de ces nombreuses forteresses que les deux partis prenaient et reprenaient tour à tour. En 1 59 1 , cette petite place fut rendue a Lanouo, commandant pour le roi; sa garnison était composée de soixantedix hommes qui se retirèrent à Meaux. Environ huit ou dix mois après, le comte de Chailly , à la téte d'un parti de ligueurs, prit le villnge, le lit piller i > lirùler par ses soldais, l e lendemain on envoya de Meaux des ouvriers pour raser le château.
Après la pacification, Claye devint un des chefs-lieux accordés aux protestants du canton. Le prêche s'y faisait publiquement. En 1616, le parlement fit défense aux religlonnaires de ce lieu d'exercer leur religion, soit en public, soit même en particulier, tant qu'un seigneur haut-justicier n'y ferait point sa résidence habituelle. Daniel Tissart , seigneur des trois quarts du village, s'y étant tlxé, le calvinisme fui de nouveau exerce par le ministre Billot ; et une école fut rouverte ; mais, sur quelques prétendues contraventions , le parlement porta un nouvel arrêt par lequel il supprimait le prêche et fermait l'école. En dépit de cet arrêt, le calvinisme fut encore exercé a Claye. C'était le rendez-vous des rctigionnaircs des environs; et divers ministres de Paris, Charenton, Orléans, Meaux, Llsy et La l'crté-sous-Jounrre, tlnrint plusieurs assemblées au château. C'est dans une de ces assemblées qu'ils décidèrent, vers 1660, que les calvinistes pouvaient enterrer leurs morts de
6ur. et ne devaient pas In pisser leurs portes lors de la l'étéieu. Le parlement condamna ces décisions. Pour en finir, le roi nomma, en 1668, deux commissaires, l'un catholique, l'autre calviniste, afin de décMer certains points sur lesquels Il s'élevait sans cesse des discussions dans ce diocèse. Par suite de leurs conférences, le prêche de Claye fut définitivement supprimé, et le culte public du calvinisme cessa d'y avoir lieu.
La cure de Claye, au titre de saint Etienne, resta à la nomination de l'abbaye de Chage, jusqu'à la destruction de cette | abbaye. Ce fut, en 1710, le litre d'un doyenné rural.
Le château n'existe plus; son dernier possesseur a été le duc de l'olignac. Le canal de l'Ourcq passe à l'extrémité orientale du i village ci à l'endroit où se trouvaient les basses-cours duchàteau. La rivière do Bcuvrone coupe Claye dans un sens opposé à ce-
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