SI
lui de la grande roule sur laquelle ce village est situé. On y comprend le hameau de Voititu où se trouve une manufacture de toiles peintes. * ^•ÏV
Le sol des environs contient plusieurs carrières en exploitation, des fours à chaux et a plâtre. H produit des grains comme presque tout le pays.
Claye est un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Meaux. On y compte de 900 a 1000 habitants.
A une demi-lieue de Claye, sur la Bcuvrone, est le petit village de Grcs«y, qui ne compte qu'environ 60 habitants Ce fut un prieuré très-ancien, où résidaient trois religieux. On y remarque la maison de campagne habitée par le célèbre chimiste •Macquer, dont le jardin, qu'il appelait son Elysée, et les nombreuses plantations sont bien dignes d'être visités.
8 IV -Trllhardon
Village agréahlemeut situe sur la rive droite de la Marne, que l'on y passe sur un bac, a deux lieues à l'ouest it Meaux, et à huit lieues trois quarts*à l'est de Paris.
On écrivait anciennement Trie-le- Bardoul. L'église et le château sont fort anciens. Le château portai: le titre de ru/ami», et plusieurs fiefs en dépendaient. Probablement cette terre avait appartenu, dans l'origine, a l'église de Meaux, puistjQf le vidnme était l'un de ses quatre vassaux. Eu cette qualité, il avait l'honneur de porter l'évèquc au palais épiscopal. le jour de ta première entrée dans la cité. Ces vassaux étaieut chargés, à la féte de saint Etienne, d'offrir à la cathédrale trois grands cicrgcrvdont l'un portait les armes du roi. Cet hommac» se fnik la part du monarque comme comte de Meaux. A l'offertoire, l'evêque s'asseyait devant l'autel ; et son appariteur criait par trois fais ces mots ;A*olre tire le roi ! Alors le procureur du roi ou un de ses avocats au bailliage, désigné pour représenter le prince dans cette royale cérémonie, s'approchait de l'évéque, se mettait à genoux, baisait l'anneau et offrait son cierge, ce qui était répété pour le vicomte de Meaux et le vidante de Trie-lc-Bardoul '. Ce dernier avait, dit-on, le privilège d'assister aux couches des reines de France, pour déclarer au i' unie le sexe de l'enfant qui venait de naître.
Il y avait dans ce lieu un hôpital auquel fut réunie uneraaladrcrie voisine. «v^.-
I.e lieutenant-général de police Lenoir avait fait construire a Trilbardou un château qui a passé depuis au général Dupont.
iteau est remarquable par son architecture élégante et par ses souterrains, qui ressemblent à ceux de l'Hôtel des Invalides de Paris II est situé sur la rivière, dont le bord est revêtu en cet endroit d'un quai de cent dix-huit toises de longueur.
Le sol des environs, traversé par le canal de l'Ourcq, produit beaucoup de grains. Un habitant y a formé un beau troupeau de mérinos. Trilbardou appartient à l'arrondissement de Meaux, el compte .450 habitants.
Petite ville située sur l'Ourcq, à peu de distance de la Marne, il trois lieues au nord-ouest de Meaux, trois au nord de La Fertésous-Jouarre, et treize de Paris.
L'église est dédiée 4 saint Médard; l'abbé de Sainte-Geneviève de Paris présentait h la cure. •
L'histoire ne signale l'existence de cette petite ville que vers I époque de nos troubles religieux. Elle était devenue à cette époque un des chefs-lieux du calvinisme dans In province ; et le culte réforme s'y professait dans un temple public. Le château fut successivement occupé par lis deux partis pendant la guerre. A la pacification, ce château, dont les possesseurs étaient fortement attachés à l'église réformée, fut très-fréquemment un lieu de rendez-vous pour les ministres protestants ; et ils y tinrent, vers 1682, un synode fameux, qui fut le dernier formé dans le royaume. Cette assemblée dura environ troi% semaines. Elle se composait de cinquante-quatre ministres, dont le plus accrédite était Alix, ministre de Charenton. Le célèbre Claude y parut aussi, mais pendant quelques séances seulemenf*Jusquc-là, ces séances étalent surveillées pnrun ministre protestant ; alors, pour la première fois, elles le tarent par un commissaire catholique, qui s'adjoignit un chanoine de la cathédrale d'Arras. Les séances de ce synode étaient ou -
1 DuplMllf, f/iifei'r« du diothi H» Htaur, tome i, lit. il, ptf I St.
vertes et terminées par de* prières et des lenoMU auxquels le peuple assistait, après quoi, les ministres restaient seuls et discutaient les points divers qu'ils avaient à régler.
L'ancien château de Lisy n'existe plus. Une jolie. maison de campagne, entourée d'un pan-, le remplace actuellement.
Il se fait dans ce lieu un grand commerce des grains que produit le sol des environs. 11 s'y tient marché le vendredi de chaque semaine. Tous les cultivateurs des environs s'y rassemblent avec des montres de leurs récoltes. En général. Ut patient pour agir avec tant de bonne foi , que les marchés sont conclus de cette mnuière sans aucune difilculté '•
Lisy est ua chef-lieu de canton de l'arrondissement de Meaux. Il y a une justice de paix et une brigade de gendarmerie. On y4 compte 1200 habitants.
Boutg considérable situé sur une montagne o une demilieue au sud de la Ferté et à quinze à l'est de Paris.
Quelques savants ont cru reconnaître dans ce nom la réunion des deux mots latins Jotit ara, et ils ont conjecturé, d'après cette étymologie, qu'il y avait dans ce lieu un autel à Jupiter; mais cette étymologie est sans doute fort problématique ; il parait plus simple de s'en tenir aux dénominations de Jotrum, ou Joranut Saltut.
Sous le règne de Clotai«e I", existait, sur les rives de la Marne, une vaste forêt, nommée Jvranum, Juranum, ou Jotra- Runi. Dans cette forêt était une maison champêtre, Yultiacum Eussi), habitée par Anthariut, sa femme A iga et leurs deux fils Ado et Dodo. Saint Colomban visita cette maison et bénit ses habitants. Ado, fils aîné, construisit, dans la suite, un monastère dans la forêt de Joranum, et en soumit les moines à la règle de saint Colomban V (le monastère fut l'origine de la ville de Jouarre.
Des femmes et des filles vinrent partager la retraite de ces religieux et logèrent sout le même toit , comme cela se pratiquait alors en plusieurs lieux. Les religieuses parvinrent à gagner de l'ascendant sur les moines, et ne tardèrent pas à te rendre maîtresses de tout le monastère. Théodechilde fut leur première abbetse. Les religieux, subordonnés aux religieuses, abandonnèrent, au vin* siècle, la partie du couvent qu'ils occupait ni. à des ecclésiastiques séculiers , el se retirèrent ailleurs. On ne sait ni comment, ni pourquoi s'opéra ce changement.
Il existait, dans le couvent des religieuses, une construction souterraine qui communiquait à une chapelle située prêt de l'église, où l'on enterrait les morts. Celte construction a été nommée, dans la suite, lu Catacombet de Jouarre. Au commencement du xvii' siècle, on résolut de transporter, dans la grande -église de l'abbaye , les corps depuis si lougtemps ensevelis en cet endroit; et c'est ce qui fut exécute le 13 octobre 1627 , en présence de la reine Marie de Médicit. On ouvrit les tombes •. Parmi des ossements , confusément réunis, il te trouva une plaque de plomb , sur laquelle un père
capucin crut lire les lettres AG1LB Après quoi , l'on
ne douta plus que ce ne fût le corps d'Agilbert, évéque de Paris.
L'abbaye continua de fleurir pendant les siècles suivants. La dévotion des fidèles se plut à la combler de dont; et elle devint plus opulente encore que Farmouliers. La célébrité de ce lieu le lit choisir, en 1 1 83, pour y tenir un concile, dont l'objet était de porter anatheme contre les neveux d'un archidiacre de Paris qui avalent assassiné un prieur de l'abbaye de Saint-Victor k.
Un bourg considérable et une église dédiée à saint Pierre s'étaient formés autour du monastère.
(Test aussi vers le milieu du xn* siècle que s'ouvrit cette longue léric de querelles , Joui retentirent les siècles suivants, entre les evéques de Meaux, les abesses de Jouarre et autres relativement a la juridiction. Le droit de bénir l'abbctse à son avènement., de nommer a la cure, de visiter la communauté, etc., était sans cesse revendiqué par le siéjse épiscopal, et contesté par l'abbaye. L'ablicsse se prétendait elle-même investie, par d'anciens privilèges émanés de Rome, d'une juridiction tout
1 Oudtettr, Ititlionnairt «Vl rnrcnnw it Parti.
• TUa umtii C atmtakami. — Kttutil itt Hitloritnt dt Fruit, MM m, r*ge «Il cl SIS.
• Dubaï», Util. Pari», lap. pt(«* 141, 14C.
• Ubbe, Coutil., loniei, page »TT.
épiscopale. Vers la fin du xu* siècle , par suite de ce différend, l'abbaye et le village, dont les habitants embrassaient toujour» chaudement la cause de leur abbesse, furent mis en interdit ; de H un procès qui fut terminé ou suspendu par divers compromis qu'il serait inutile de détailler ici.
Il est fait mention , dans quelques titres du commencement du xm5 siècle, d'un Hôtel-Dieu soumis au monastère, et dont, dans la suite, l'abbessc nomma toujours l'administrateur. Ou y réunit plus tard une maladrerie, située nu Ru-de- Vrrou , sur le chemin de Hebais.
Les troubles auxquels le royaume fut en proie aux xiv* et xv« siècles se firent vivement ressentir à Jouarre. Les religieuses furent plusieurs fois obligéesde fuir et de chercher asile ailleurs; et le monastère tomba au pouvoir des Anglais ou des Bourguignons qui finirent par le brûler presque entièrement. A la fin des troubles , il fallut le reconstruire; et ce ne fut qu'au commencement du xvi* siècle que l'église abbatiale fut de nouveau sur pied. Comme dans les autres maisons religieuses, la règle s'était fort relâchée à Jouarre pendant ces troubles ; une réforme fut alors Introduite.
A cette époque éclata un procès entre les religieuses et leurs chanoines, qui, depuis longtemps, avaient élevé des prétentions préjudiciables aux droits du monastère. Enfin, ils levèrent entièrement le mavque , et annoncèrent l'étrange résolution de s'emparer de l'abbaye, d'en chasser les religieuses, ou, tout au moins, de les placer dans la situation dépendante où ils se trouvaient eux-mêmes à leur égard depuis plusieurs siècles. Ut furent successivement condamnés par divers nrréls. Maia, comme ils savaient élever sans cesse de nouvelles difficultés, l'affaire ne te terminait pas ; la guerre était allumée a tel point qu'ils réinsèrent, en diverses circonstances, d'accomplir les devoirs religieux que leur imposait leur litre de chapelains de l'abbaye. Ces chanoines , par l'ardeur avtc laquelle ils soutenaient" leurs prétentions, se distinguèrent par leur opiniâtreté, a On en n vu quelques- uns , dit l'historien D. Duplessis , te « ruiner tellement a la poursuite de ces procès , qu'étant tomo bés malades, il ne Iw rettoit pat un toi pour it procurer mis <i mitérabte potdr ytitant ■ L'auteur ajoute que les religieuses, pleines de grandeur d'àroe , ne manquaient pas d'envoyer du bouillon a ces ennemis de leur repos. Vers le milieu du xtiii» siècle, la querelle semblait calmée, mais elle n'était pas éteinte: et le feu couvait encore tout la rendre'.
Le calvinisme , dont les progrès, dans ce diocèse, avaient été assez rapides, s'était même introduit dans le sein du monastère. En 157 5, Charlotte de Bourbon , fille du duc de Montpensier, et alors nbbesse, s'enfuit hors du couvent, emportant une somme assez considérable , el entraînant à sa suite quelques autres religieuses. Toulet ensemble gagnèrent le Palatinat , où elles firent abjuration de la religion catholique. L'rx-abbesse épousa le célèbre Guillaume de Nassau, fondateur de la république de Hollande. Une autre lllle du duc de Montpensier, alors nbbesse de Farmoutiers, et qui ne partageait pas les principes de ta sœur , lui succéda , en qualité d'abbesse , d Jouarre : eJle conserva les deux abbayes.
Jouarre suivit, pendant la Ligue, la destinée de la plupart det gros bourgs du pays , c'est-à-dire qu'U devint tuccesalvement la proie des deux partis.
Sous l'épiscopat de Bossuet, l'affaire de la juridiction fut reprise avec une égale chaleur de part et d'nutre; et la lutte dura longtemps. Bossuet, ayant voulu user du droit de visite, trouva les portes de l'abbaye fermées, et fut obligé de requérir l'autorité civile pour pouvoir pénétrer dans le monastère. Enfin, les religieuses , après avoir bien disputé et contesté plusieurs décisions, avec une opiniâtreté vraiment claustrale, se soumirent; et il ne lut plus question de cette abbaye.
Jouarre est, comme nous l'avons dit plus haut, situé sur une emmenée. Cette position est fort belle ; l'œil embrasse une partie du cours de la Marne, la ville entière de La Ferle , plusieurs villages et coteaux.
L'abbive n'offre plus que la tour de l'église et les bâtiments de l'abbatiale qui forment une habitation agréable. I*s chasses de l'abbaye ont été conservées; el tous les ans , le mardi de la Pentecôte, on les promène dans une procession solennelle. Ce jour-là il s'y tient une foire ; et l'on évalue à environ dix mille
1 Uuloirt 4* iictit* it Mtou*, ton* U Hv. m, pi|« tl».
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
le nombre des personnes qu'y amène l'intérêt religieux ou mercantile.
Jouarre était, avant la Révolution, le siège d'un bailliage seigneurial et d'une châlellenie. I /ancien Hotel-Dieu existe encore sous le nom d'hospice ; trois '«purs de la Charité le desservent. Ce bourg appartient aujourd'hui à l'arrondissement de M aux. On y comprend plusieurs hameaux des environs, ainsi que l'agréable château de Ventenil , sur la route de Jouarre à La Ferlé; le tout présente une population de 2,700 habitants.
| VII.-Trllp*r«.
Village situé sur la grande route d'Allemagne et sur la rive gauche de la Marne, à une lieue à l'est de Mcaux , et à onze à l'est de Paris.
On di-ait et on écrivait anciennement Trie-le-Port. Il y eut la un» église dédiée à saint Pierre à une époque reculée. La nomma ion du Curé appartenait à l'évèquc de Menux.
On voyait à Trilport un beau | ont qui a été détruit en 1814, lors de 1 in* a-ion des étranger* en France.
Les environs produisent du blé et du vin. On y compte 700 habitants. ' '.
I» h-, la paroisse de Trilport, a quelque distance an sude>t de rc vidage, est Hlnntrru-t.r , remarquable par son château, ou, au xvia siècle , la cour passait quelquefois la belle saison. G'éinit une seigneurie fort ancienne; et un titre de lao-j nous apprend qu'elle était possédée |M un certain Michel Sali^ot , lequel , ;>our «a trîs-grande dévotion et afferlion qu'il nvail à Dieu, notice pire, créateur, sauveur et rédempteur ; à la lièt-glorieute riergt Mûrie, ta mire ; à no* teiijnturt taint Claude et saint A'tthninr. et à toute In benoitte cour tt compagnie du Paraili*. lil rouslruire, au-riedan) du pourpristt circuit de ta cour et chtiirau dudit Monv taux, une chapelle en l'honneur îles deux dert'ii i - saint-. Cette fondation avait pour but de soulager les sujet* et habitant* de la terre dudit noble homme mtttire Michel Suligot. Cs étaient éloignés d'une dcmt-lieue de l'église la plus voisine ; et il voulait les mettre à même de pouvoir plus lacilenu nt assister ou. service divin
Le chAtenu appartenait, dans les derniers temps, aux princes de Coati. Il a été démoli en très-grande partie; cependant on y remarque encore de belles colonnades. Le parc a quatrevingts arpents. Le village est très-peu considérable.
S S III -••lut-FUerr.
Village situé à nnc lieue et demie au sud-est de Meaux, été onze et demie de Paris.
Un ermite célèbre et regardé comme le fondateur de ce villaue. C'était un li landais nppc'é Fefrr, dont le nom a été converti en <elui de Fi.tcre. Si l'on en croit une tradition conservée par plusieurs auteurs, cet ermite, né de race royale, et élevé par s ont Conan, quitta son pays, vint en France auprès de Kiint Faron, alors évéque de filiaux, qui lui donna la terre de Brcitll d -i.s les environs de sa ville épiscopale '. La, le princeanachotèie vécut du travail de ses m»ins, et se construisit un oratoire oaus lequel les étrangers étaient accueillis. Il soignait les main les et guérissait, dit-on, miraculeusement un grond nombre d'inllrnuiés. Les femmes étaient sévèrement exclues de son ermitage. Kllcs lui adressaient leurs vœux en dehors, et ne dépassaient jamais le seuil. Il parait que c»tte règle avait éie imitée de celle de saint Colombau ; mais on l'a expliquée par une aventure à laquelle se rapportent deux miracles qui étendirent singulièrement la réputation de l'ermite : « Suint Fiacre m était, dit 1 historien du diocèse de Meaux i, fort a l'étruit a dans sa solitude, en sorte que dans certain temps, où les a botis lui survendent en plus grand nombre que de coutume, a 11 ne pouvait ni les nourrir, ni les loger tous. Saint Faron, à a qui il lit part de sa peine, lui accoida dans la forêt voisine « tout le terrain qu'il pourrait défricher et environner d'un a fossé en vingt-quatre heures. Sur cette parole le saint part : ■ il trace sur la terre avec sa bêche l'enceinte qu'il se propose « de joindre a son crmitiuc; a mesure qu'il avançait, let arbres « tombaient de part et d'autre*; et le fosié te creusait de lui- « même. Il y avait là par hasard une femme à qui le même
< l>upUui$, iomr ii, pivert juitifiraliv-ri, paga JUS. ■ Art. SS. Jk*rd. lump n. pa|r SU.
• D*»fWfé| lome i, II», i, f% »«• «
a peuple a donné le nom de ReciwuMi, mot injurieux qui est a encore en u-age dans quelques provinces de la France, a Ftonnéc de ce prodige dont elle ne connaissait pas la cause, c elle chargea le saint d'opprobres, et courut l'accuser de magie « et de sortiléjje devant saint Faron qui retournait à Meaux. c Le saint évéque revient aussitôt sur ses pas : Fiacre, livré a o la tristesse, abandonne l'ouviaue, et s'assied sur une pierre o qui se trouvait auprès de lui : la pierre s'amollit comme la « cirt et reçoit l'empreinte de son corpt. Ce second miracle, o auquel II ne s'attendait pas lui-même, fait éclater son Inno- « cenec. Saint Faron en glorifie le seigneur; et l'injuste accusait trice est confondue. On nous fera lu juttice de croire que nous a ne donnons pat cette histoire comme véritable. Cependant on ** conserve depuis plusieurs siècles dans le monastère de Saint a Fiacre, une grosse pierre de figure ronde et creusée vers le « centre de sa surface : elle est placée à main gauche ea> eu- « trant dans la nef de l'église qui porte aujourd'hui. son uni. « quoique sous l'invocation de la sainte Vierge: éi pour la a commodité des pèlerins aussi birn que pour la décence, on l'a a posée sur une espèce de socle ou de piédestal de mastic ou de a pierre brute. Ceux qui sont aflliyés des hémorroï les vont s'y « asseoir avec modestie sans se dévêtir ni relever leurs habits, « et je sais, de manière à n'en pouvoir douter, que plusieurs a personnes, hommes et femmes, y ont trouvé une entière et a parf ite guérisou. » *
L'ima<:inalion produit très- souvent des effets qui ressemblent a des miracles. Le bénédictin Duplessis, qui rapporte la légende de saint Fiacre, ne croit pas aux cho cs extraordinaires qu'elle contient. Celle légende, dit-il, a été écrite longtemps ■près la mort du saint ; le béflédlçiiu doute de la cause et croit auxtflïts. Toujours est-il vrai que l'empreinte du* postérieur de saint Fiacre, sur la pierre où il s'était assis, est une de ces fraudes pieuses, de ces inventions monacales cl intéressées qui prêtent beaucoup au ridicule. Celle pierre miraculeuse, qui notamment guérit les hémorrhoïdes des malades qui s'y asseyent dévotement et décemment, a été placée à main gauche daus la nef de l'égiise de Saint-Fiacre.
Hcveuons à ce saint et à son ermitage Le saint, dit-on, mourut vers l'an G70; et son ermitage fut le lieu de sa sépulture. Iles dévots y accoururent en ioulc. et leur arfluenee nécessita la construction de quelques maisons, qui, se multipliant, r<u nièrent dans la suite un bourg ; car le stint après sa mort fit beaucoup plus de miracles que pendant sa vie.
Son ermitage fut donné, on ne sait à quelle époque, aux moines de Saint-Faron qui, au xi\« siècle, établirent une communauté détachée, mais dépendante de celle de ce monastère. jBCL.,
Parmi les nombreux pèlerins et bienfaiteurs de l'cg'is-c de Saint Fiacre, il ne faut pas omettre Louis XI, roi si dévot, si mauvais chrétien, qui n'observait de la religion que les pratiques sans en obseï ver la morale. Ce roi lil fabriquer une rhà-se destinée à contenir les ossements de saint Fiacre, sur laquil'e se trouvait représenté le prétendu événement du saint qui s'assit sur la pierre, et y laissa miraculeusement l'empreinte de son derrière.
Au xvit* siècle, saint Fiacre étendit sa réputation jusqu'à Paris; et de cette capitale partaient fréquemment des pèlerins pour aller implorer la vertu du saint ; mais celui-ci ne voulut jamais, pendant sa vie ni après sa mort, recevoir des femmes dans son ermitage. On raconte qu'en 1(123 une Parisienne du faubourg Saint-Germain enfreignit la règle, et pénétra dans la chapelle du saint; sur-le-champ elle en fut punie : frappée d un accès de fureur, elle devint folle; et sa folle continua pendant le reste sa vie.
La reine Anne d'Autriche, qui se vouait à tous les saints pour obtenir de la progéniture, et donner un successeur au tronc, douée d'une dévotion pareille à celle de Louis XI, vint, en 1641, faire un pèlerinage à Saint-Fiacre ; mais, de peur d'encourir la colère du saint, elle fil humblement ses prières loin du sanctuaire.
Outre l'église du prieuré, dédiée à la sainte Vierge et A saint Fiacre, était la cure du village, sous l'invocation de saint Jeau-
Baplisle.
Pendant les troubles religieux, le monastère fut presque entièrement détruit, et les moines, obliges de fuir dans Ira bois, n'avaient pu sauver que la précieuse chasse où se trouvait le
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
corps du saint. Ce corps n'était plus entier; 0§r quelque temps auparavant, deux particuliers de Meaux n\ nient été osse» adro ts pour leur en dérober le chef. Dans la siluation pénible où se trouvaient alors Ici religieux, un chanoine de Meaux se présenta à eux et sut leur persuader que, pour sauver cette relique, il fallait absolument la déposer dans l'église cathédrale. Les moines y consentirent et perdirent ainsi tout ce qui leur restait de Icq/ patron ; car jamais la catbédra'e, quelques prières qui lui Tussent faites, ne voulut, dans la suite, se dessaisir du corps du bienheureux.
Ce monastère, restauré et réformé à la pa-ilication, a été de nouviau détruit dans la Révolution. Ce qui en reste forme une mai'uu de campagne. Le tombeau a été transrere dans l'église p«roi»»iale : c'est encore un lieu de pèlerinage renommé; le 30 aoftt est le j»ur où se célèbre la féle du saint.
Les environs de ce village produisent des grains. La popu- 'alion ue se compose que de quelques centaines d'habitants.
S II-— la Perlr-Mua-Jauarre.
Petite ville, située sur la grande route d'Allemagne, et travt'isic par la Marne, a quatre I telles et demie a l'est de MeaUX, quatre au nord de Coulonimiers, et quatorze et demie & l'est de Taris.
. Il existait en ce lieu une seigneurie ancienne, et une église f lus ancienne encore ; mais ce n'est guère que vers le milieu du xii* siècle que ce nom commence à être connu. Il parait que l'église, dédiée n saint [Nicolas, n'avait été, dans 1 origine, qu'une chapelle du manoir seigneurial, dans laquelle un des seigneurs litulés ricomt i de la Ferlé, établit quelques chapelains, qui, plus tard, prirent le titre de chanoines. Lu l no, un évoque de .Meaux, mis en possession de rette eu lise' par un de n » vicomtes, la donna au chapitre régulier de Siint-Jean-dcs- Vienes de Soissous; et ce fut des lors un prieuré de» servi d'abord j .ir deux réguliers, cl plus tard par un seul cure, dont la nomination i ominua d'appartenir à Saint-Jenn-des-Vignes l. Dans l'acte de concession en faveur de celte abbaye, l'église est ainsi désignée : Ecrle$ia B. \irhotaïde i'innnate Auuulfit. Il parait que le plti< ancien nom de ce lieu riait celui-ci : la Ftrlé- Atutoux; la Ferlé, en latin barbare, Fir mitât, forteresse bâtie par un nomme Autcoux ou Ausculphus, sans doute l'un d s guerroyrurs qui, au xi* ou xu* siècle, faisaient bâtir des cha teaux en bols pour y renfermer leurs prisonniers et les produits de leurs brigandages sur les grands chemins. Ouoi qu'il en soit, il a laissé à cette petite cité le nom de la Ftrti-Ancoul, sous lequel elle a longtemps été connue.
Il existait a u Ferté, au commencement du xm* siècle, un HtMcl-l ùeu sous le nom de saint Léonard, dirigé par un administrateur et quelques religieuses. Vers la f Isa du même siècle, cet établissement, dont la situation était incommode, fut transporté dans une maison plus rapprochée du prieuré que |wssédairnl alors à la Ferté les religieux de Saint-Jean-dcs-Vignes. Cet hôpital reçut divers accroissements. En 1685, on lui donna les biens affectés au consistoire calviniste de la ville, ainsi que le cimetière qu'y avaient les réformés. Uix ans après, une léproserie située a quelques pas de l'enceinte et une cha (.elle de Saiut-Guineford qui en dépendait y furent encore réunies.
La Ferte fut.^iu xvi* siècle, un des points où le calvinisme lit les progrès les plus rapides. Dans le courrdes guerres ci précédentes, cette petite ville oyait é:é bien fortiliee. Les religionnaires 1a regardèrent comme leur chef-lieu dans lu Itrie. En 1 56-1, il s'y tint un synode où assistèrent quarante-cinq ministres. Pendant la Ligue elle subil diverses destinées ; l s ligueurs l'enlevèrent au roi en 1589; elle revint au pouvoir du prince, et fut de nouveau reprise par le due de Mayenne en 1690; puis rendue au roi vers la fin delà même année! File avait beaucoup souffert dans le cours de ces guerres. Ou avait, eu dernier lieu, à l'approche des troupes royale*, abattu toutes les maisons des faubourg». Le capitaine Givry en prit alors possession pour Ht un IV. Il fallut donner quatre cents écus À l officier qui y commandait ; car alors s'introduisait l'usage de faire payer la soumission : et l'on sait que Henri IV fut obligé d'acheter de la
• Lepï». Util. S. Jvkaw. i» li«,ii, pjcc SIS.
* LxipIciaiB, MriutU du di,.tèM é» U,9ux, lotue n, |iiice« |astMfWH«s. » • »/
sorte la plus grand»: partie des places du royaume aux seigneurs qui s'en étaient empares pendant les troubles.
Le calvinisme se soutint encore à la Ferlé ave/, longtemps après la pacification. Le prêche s'y tenait depuis l«2î, tantôt dans la vile même, lan'ôt en dehors. Ver- ini'.o. on y comptait quatre-vingts familles de rcl'gionnaires. Fnfm l'exercice public de la Réforme y fut sévèrement interdit comme dans les autres lieux du diocèse.
La siluation de la Ferté est très-agréable ; la Marne y forme une î!e. A l'extrém té orientale e-t un pavillon, autrefois seigneurial, et qui appartient nu duc de la Rochefnu- auld. On y remarque encore une jolie maison, dite le chtltaudt l Ile, où Louis \VI et Marie- Aiiloinrlte s'arrêtèrent au retour du voyage de Varennes, en 1791. l'armi les autres habitations rcm ir |nab'es que présente la Fetté. il faut citer le château d il/f/m/, a l'entrée du faubourg <!•♦ Cou tel»; le i hà'.c.ui de li Ilnire , flanqué de tourelles, el situé près de la rive droite ''c la Marre ; deux nuisons de campagne, à I extrémité nord-c-t île la ville, dont l'une est nommée la ZJ-r/ttie, el l'autre la Galaii», etc.
L'hospice est actuel émeut dans une maison ou étaient, depuis l«77, des religieuses Miramionws.
Près du faubourg de Condetset sur les bords du petit Morin qui se jette un peu plus bas dans la Marne est une Maine de coton cl tic laine, Il >e lient à ht Ferlé quatre foires annuelles qui y attirent les habitants des environs. I.a première n lien le jeudi de la mi Carême; la seconde le 24 juin; la troisième le 2.» octobre , et \d quatrième !e C décembre. La seconde esl |rèsimp tr ante p air la vente des moutons. Il y n marché le lundi et le vendredi de chaque semaine. Au surplus, le commerce qui a suit. ,i.i fun lé la prospérité de cette petite ville est celui des meules a mou in, tirées des car ieres des envi ous, et dont la qualité est iros-estimee. Lis meules de la rYrtc-sous-Jo' une sont recherchées par tous les meuniers de Frauce; il n'c.l pas de lions moulins qui n'en soient pourvus.
I.a Ferté est un chef-lieu de canton de l'arrondissement <'e Meaux, qui ist le sié^e d'une justice de paix et d'flhe bu. a Je de gendarmerie. On y compte près de 1,000 habitants.
Rutitl situé a une demi -lieue au nord-est de la Ferté, sur la rive gauche de la Marne.
Il existait en ce heu un monastère dont l'origine est fort ancienne, et qui fut enrichi par diverses eon essioas des vicomtes de Meaux et de la Ferté. Il fut nécessaire d'y porter la Réforme au coin me ne nu ni du xvn* siècle; « les moines y menaient la € vie du monde la plus licencieuse et la plus dissolue, et quel» « ques-uns même d'entre eux étaient coupables «le divers nssas- • sinats*. » Plusieurs arrêts consécutifs ordonnèrent que l'ordre fut rétabli dans le couvent; mais des règlements qui v furent introduits ne produisirent aucun résultat; et il fallut, pour atteindre le but désiré, réunir le monastère à la congrégation de Saint«Maur et de Cluny : te qui n'arriva qu'au bout de quelques années; car les moines qui n'avaient pas v. u u adopter la Réforme luttèrent avec opiniâtreté contre ceux qu on venait d'introduire dans leur sein, el parvinrent même à les chasser deux fois du monastère.
Le couvent a été démoli et remplacé par un château appartenant a la comtesse de Cnstclliine.
Le village est peu considérable. Les environs sont en grande partie couverts de bois. On y remarque les carrières de Tartercl, d'où sont extraites les plus belles pierres à meules.
g X.-l balrau-Talcrry.
Ville dans une situation agréable, sur la rive droite de la Marne, à huit lieues environ vers l'est de Meaux, et à vingt lieues de Puris.
Ou croit dans le pays que l'ancien château du lieu, bâti sur un rocher escarpé, est du à Thierry, I un des roisde la première race : ce qui fixerait à peu pics l'époque de l'o igine de la ville, mais il faut un peu ^c métier de toutes ces traditions locales, toujours destinées a reculer l'époque de la fondation des v illes.
Cependant, un fait certain et qui peut jeter du jour sur l'oti- •jiti-- de ce château, c'est que Charles le-Sim le, le dernier roi de la seconde race, y fut enfermé, (n DIS, par Herbert, comte de Vermandois. Le château existait donc nu commencement du
\ I Duplttiii, komt i, llv. v, pagt «U9.
»• siècle. Les successeurs de Hcrl>ert le ven firent .aux comte* de Champagne : M depuis il suivit le sort de cette province.
Quant a In ville, on doit penser que, de mémo qu'un grand nombre d'autres villes, elle commença à se former sous les murs du château par le rassemblement des paysans qui, pour fuir les brignndagcs des seigneurs, venaient se mettre sous la protection des plus puissants d'entre eux, protection qu'ils leur foraient souvent payer cher.
.On connaît un chevalier du Soissonnais, appelé Hugues de Châleau-Thierrv. qui percevait les revenus de cinq autels ou églises qu'il avait envahis. Hugues restitua ces cinq églises à la sollicitation de l'évoque de Soissons, qui fit à ce sujet dresser un acte dans lequel, après une vive sortie contre ceux qui iisuri ent le bien des églises, il impose au chevalier une pénitence en expiation de sa conduite passée. Le clergé d'alors, rampant devant les forts, tyran avec les faibles.se laissait dépouiller et dépouillait à son tour. Ce Hugues était un oflicier aux ordres des comtes de Champagne, préposé à la garde de leur vicomte de Château-Thierry. L'éveque de Soissons, qui connaissait sa valeur , l irait charte de l'avoucric de plusieurs bénéfices; mais le chevalier, au lieu de la protection qu'on attendait de lui, avait usé de ruse et de violence pour s'en attribuer les revenus. Ceci se passait dans la seconde moitié du xi« siècle.
Château-Thierry est l'un des cantons de I a France où les fureurs de la Ligue se firent sentir avec le plus de violence. Le duc île Mayenne prit Château -Thierry, et rien n'est comparable aux horreurs que les Espagnols exercèrent, quand ils pillèrent cette \ille malheureuse.
-L'auteur de cette Ligue funeste, le trop fameux Henri de Cuise, assassiné à Blois, acquit près de Château -Thierry le surnom de Balafre II le dut à une balle qui l'atteignit à* la joue, et dont la cii-atrite, aux yeux de Marguerite de Yaloii, ajouta une grâce de plus aux charmes de sa ligure.
C'ett a Château -Thierry que naquit, le 8 juillet 1 62 1 , cet homme eflraordinaire, qui, selon l'expression de Racine, était assez Me pour ne pas sentir sa supériorité sur ftsopc et sur Phèdre, l .i Fontaine, quand, à son lit de mort, son confesseur lui dit qu'il fallait par quelques aumônes reparer le scandale qu'avaient cause ses écrits licencieux, répondit bonnement : Tris-coluntiere; tenez, mon père, outrez celte armoire, veut i) trourertl unt édition tamplite de met tontes; fatttt-la rendre au profit det pauvres.
Chàtcau-'lluerry s'élève en ainphitl entre sur les bords de la Marne; son asiieet e t riant : une promenade plantée le long de la rivière répand de la galle sur le tableau qu'elle offre au voyageur ; et le mouvement des bateaux qui passent le long de ses murs pour aller approvisionner la capitale lui donne l'air d'une ville trcs-comn.ereonte.
m i rii Mi piitTii;
ROUTE DE MEIUN
LIVKE PHEMIEK
DR PAHtS A Ndb'N.