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opérer une réforme dans l'abbaye, où il s'était introduit certaines pratiques relâchées, sinon comparables a-.ix excès qu'il avait fallu reprimer quelques siècles auparav ant, du moins fort opposées à la règle fondamentale du monastère. L'év éque (It d'abord à ce sujet une tentative qui n'eut point de résultat ; puis il obtint un arrêt du pirlement qui enjoignit aux religieuses de maiif/er et de courtier en commun, de ne pas sortir île l'enceinte sans la permission de l'abbessc, etc. Les religieuses i c virent rien de mieux alors que d'intenter un procès a l'évéque relativement à la juridiction. L'affaire traîna pendant une I vingtaine d'années ; enfin, Marie Cornu, abbrsse de Chellcs. vint à Farenioutier à la lètc de dix religieuses, tirées des abbayes de Chctlcs et de Montmartre, et y introduisit la réforme tant "de fois éludée. Il y eut à Farcmoulier, pendant quel |ue temps, à cette époque, des abbesses triennales ; mais, aprè- ni petit nombre d'élections de ce genre, l'ancren usage prévalu'; et elles continuèrent à être élues à v ie par les religieuse* jusqu'à l'époque où le concordat attribua le choix au pouvoir temporel.
Peu d'années après, nouvelle guerre entre l'évéque et l'abbaye. Il y avait alors au monastère, pour exercer les fonctions spirituelles, deux religieux de l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés. tics pères avaient un logement dans la cour d'entrée; c'était une espèce de monastère à part ; il se composait d'un dortoir, d'un réfectoire et d'un logement destiné aux hôtes. Ils étaient les conseils et les appuis de ces filles, dans les différends qu'en tSti leur suscita l'évéque Jean de Buz, dont nous allons raconter la triste aventure.
La famille de l'évéque était riche et puissante. Les premiers démêlés furent amenés par divers empiétements sur les possessions de ràjibaye, que le prélat et les siens crurent pouvoir se permettre Impunément. 11 s'ensuivit de sanglantes querelles; quelques serviteurs du monastère furent assassinés et leurs maisons incendiées. Les religieuses se plnignirent. L'évéque, furieux de ce procès qui lui fut intenté, se transporta un jour au monastère avec quelques valets armés de bâtons, accabla les religieuses d'injures et mit les moines en fuite. Cette démarche violente envenima la querelle : elle dura fort longtemps , et amena plusieurs arrêts du parlement.'
Au xviP siècle, le procès relatif à la juridiction fut encore repris, et terminé sous l'épîscopat de Bossuct, par uuc transaction qui affranchit l'abbaye pour le temporel, et maintint la supériorité spirituelle de l 'évoque.
Cette abbaye fut détruite pendant la Révolution ; Il n'en reste aujourd'hui que les bâtiments de l'abbatiale, qui forment un.» ré-idenec fort agréable.
La pelitc ville de Faremoutier"étalt le siège d'une chàtellenie, | avec haute, moyenne et basse justice, et bailliage seigneurial Il y a marché le lundi de chaque semaine pour les grains «t fiuits des environs. Il s'y tient une foire le lundi saint. Le pèlerinage a Sainte-Fart y est toujours en faveur, cl attire en ce lieu beaucoup d'étrangers, le 10 mai de chaque année. Il y a trois tuileries. Qn y compte environ 1,100 habitants.
g IV— I » Celle
Village situé sut la pente d'une colline, au bas de laquel c pas>c le grand Morin, à deux lieues à l'ouest de Coul «miniers, et à douze et demie à l'est de Paris.
Il e>t dit qu'à une époque assez reculée, un oardeur de pource.uix de In Brio, nommé Blandin, témoigna l'intention de se raire ermite, et, à cet effet, obtint de son maître un quartier dr terre dans une île du Morin. Là, il se construisit un oratoire
! sous le titre de Saint-Pierre. A sa mort, plusieurs abba\e» voisines, telles que Farcmoulier, Saint- Fiacre, etc., voulurent avoir quelques lambeaux du corps de ce saint homme ; mais la plus grande partie resta dans le lieu même qu'il avait habité: et une communauté ne tarda pas à s y former. Le nom de ("fila ou La Celte*, anciennement donné à tout prieure pîu considérable ou au lien de retraite d'un seul ho.nmc, fut con-
' serve à ce couvent, ainsi qu'au village qui se forma à peu de distance,
I e* comtes de Dammartin furent les bienfaiteurs les plus con-
; sidérab'es. et même les fondateurs réels de celte maison. Aussi
• Oupttssts, litre it, fiff Mi 1 Crllulc n'en cl qu'un iliinmuM.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
fut-elle regardée, jusqu'à la fin du xr> siècle, comme une dépendance de It-ur sciçnruric. Mais, à celle époque, te* religieux étaient livrés à de tris excès de dcbaui-hc qu'on n'ose 1rs retracer. Et suivant tin tabulaire de 1082, « le vice était seul en « pratique dans ce couvent ; il s'y commettait plusieurs autres « infamies qua> et dicere pudet. et audire furpe est, qu'on rou- « girait de dire et d'entendre". » Bien ne pouvant rappeler cc< moines à Kurs devoirs, les possesseurs du couvent, le donnèrent en celle même année à l'abbaye de Marmoutiers. pour y introduire une réforme.
Devenu prieuré de Marmoutiers, La Celle se lit remarquer par la régularité de ses religieux; aussi ?c plut-on à l'enrichir parle don de plusieurs églises des environs. Au xiii* siècle, l'église, menaçant mine, fut rebâtie ainsi que le cloître. Au xvn* siècle, l'abbaye de Marmoutiers céda cette maison aux Bénédictins anglais, réfugiés depuis quelque temps en France, et que Louis XIV naturalisa en 1650.
Ce couvent a été détruit lorsde la Révolution. Il n'offre plus aujourd'hui que des ruines.
l a ( elle est un village assez considérable, dont les environs sunt en terres labourables, vignes el prairies. On y compte près de 1,200 habitants, en y en comprenant plusieurs hameaux voisins. Il appartient au département de Seine-et Marue, arrondissement de Coulommîers.
g Y.-C*»l*MMnlera.
Petite ville située sur un bras du grand grand Morin, a quatre lieues au sud de la Ferté-sous-Jouarre, douze au nord-oue>t de Melun et quatorze à l'est de Paris.
Une église, dédiée à saint Denis, existait très-anciennement en re lieu. Les comtes de Champagne en étaient seigneurs directs, en le ur qualité de comtes de Bue, et y avaient établi des chapelains qui jouissaient de plusieurs privilèges, tics comtes, si puissants, habitaient quelquefois ce lieu où se trouvait un manoir seigneurial. Ce bourg devint bientôt assez considérable. Vers la lin du xi* siècle, une seconde église, sous le litre de Sainte- Foi, fut érigée par Thibaut III. comte de Champagne, à l'extrémité orientale delà ville et dans un quartier qu'on appelait alors le Moncel. Des religieux y furent également établis; et, peu après, les revenus des chapelains de l'ancienne église passèrent à la nouvelle fondation. Saint-Denis cessa dès lors d'être une collégiale et devint la cure de Coulommiers. Quant à réélise de Saiute-Foi, elle fut donnée par son fondateur à l'abbaye de Conques, du diocèse de Rhodez, dont elle devint ainsi un simple prieuré. Ce prieuré reçut d'importants privilèges. La seigneurie de toute cette portidn de la ville lui fut dans l'origine concédée par les comtes : le prieur y renonça plus tard : mais il reçut en échange la juridiction seigneuriale dans toute l'étendue de la ville, et, de plus, le droit de percevoir une contribution sur les marchandises de toute espèce que l'on vendait à la foire qui se tenait, chaque année, 1« jour de la fête de Saint-Denis et durait pendant deux journées.
Ce prieuré fut successivement enrichi par les dons d'un grand nombre de seigneurs. Plusieurs églises, entre autres la paroisse même de Coulommiers, en dépendaient, ainsi que les écoles de la ville. Il fut sécularisé vers le milieu du xvi' siècle par une bulle du pape Paul III. Dès lors il n'y eut plus de moines; et le prieur, qui jouissait ainsi tout seul de riches revenus, se chargeait de payer quelques ecclésiastiques séculiers pour célébrer le fervice divin au prieuré.
En 1231, Thibaut Vf, comte de Champagne, se distingua par un établissement plus grand et plus utile que celui de son aïeul et qui doit consacrer son nom dans les souvenirs de cette petite ville : nous voulons parler de la charte qui affranchit et constitua la commune de Coulommiers. Elle serait une belle action, si le comte ne l'avait pas concédée à prix d'argent comme c'était alors l'usage général. Celle-ci est fort remarquable : le comte y fait plusieurs concessions ; il accorde aux bourgeois l'exercice de la justice surles étrangers qui viendront on sont venus s'établir dans la commune de Coulommiers, lorsque l'objet en litige ne s'élèvera pas au-dessus de vingt sous ; mais il se réserve la justice pour les crimes très- prollta blés au seigneur. « Je retiens « dit-il, le meurtre, le rapt, les larrons ; je retiens les champions « vaincus desquels j'aurai l'amende, etc. » Il termine ainsi cette
« ttuptnii, un» h, pitc«tjutUlic«UvM, B. <t.
, pièce que sa longueur ne nous permet pas d'Insérer ici : Et est à m '•<)!> que, se aucun de la commune de Collnmicrt e$tail arrêtez ou prit en aucun lieu por ma dette, gie ( je ) suis tenu à délivrer fuy et set choses dou mien : et s'il entait prit ou arrêtiez por autre chose, gie li tut tenu à aider à délivrer à huent foy : et est à savoir queue aurum de car (ceux ) quivenrtmt ester en la commune dt Collommicrt. t'en veullent raller.'il t'en iront tainemtnt et franchement quant il rormnt tt auront conduit de moi pleinement xv jnrt : et ett à tacoir que mi serjant qui sunt à moi et sil qui ont met Chartres et let chartret de mes anttttort seront en la commune de Cnllomvrs, s'il vuelUnt, et, s'il ne vuellent, it seront en ma main ti cume il estaient devant; et ces convenances qui sunt devant dite* gie jurt'es à tenir par moi et por mes uirs et aux et à lor oirs à tus jors : et por que ce soit chose ferme et e stable gie' l'ai sellé en munteel1-
A peu près vers la même époque fut fondé à Coulommiers, par un seigneur nommé Jean de Palras, un Ilôtel-Dieu qu'accrurent daus la suite diverses fondations charitables. Au xiv * siècle, il était administré par des religieux et par des religieuses. Au xvir», on y réunit la maladrcrie de Chailly. Vers le milieu de ce même siècle, il se forma dans celte ville une association de dames de la Charité. Cette confrérie fut remplacée, au commencement du siècle suiv ant, par trois sœurs de la charité pour le soulagement des malades. L'Hôtel-D-cu et l'hôpital de la Charité sont aujourd'hui réunis sous le nom d'hospice.
Coulommiers souffrit beaucoup pendant les guerres civiles qui livrèrent le royaume aux Anglais. La ville (ut pillée, et le prieure livré aux flammes; mais ces calamités fuient réparées après le retour de la paix. Ainsi que nous l'avons dit piéeédéinmenf, on obtint les sommes nécessaires au rétablissement du monastère, en promenant les reliques par tout le rovaume. Pour Sainte- Foi de Coulommiers, le même résultat fut obtenu au moyen d'un grand nombre de miracles, qui se firent dans lotit le cours du xv« siècle : c'étaient surtout les aveugles qui v accouraient pour y rccouvtcr la vu\ Des proces-verbaux <lu prieuré constataient, dit-on, uu grand nombre de ces guérisons miraculeuses'.
Au commencement du xvii" siècle, Catherine de (Jonzagae, veuve de Henri d'Orléans , duc de Longue\ille , qui possédait Coulo. nmiers comme dame ou châtelaine, y fil bâtir un trèsbeau château dans une Ile que forme en cet endroit la rivière du Morin. I^c duc de Chcvreusc , en 1730, fit abattre cette demeure seigneuriale, dont il ne reste plus que des vestiges. A peu de distance du château et sur l'alignement même des bâtiments, ! la princesse posa en i G 1 7 la première pierre d'un couvent qu'elle destinait a des capucins. Cet édifice fut achevé en M.2S; et les pères en prirent alors possession. L'église de ce monastère existe encore, et se fait remarquer par une architecture trop élégante pour un<5 capuciniere.
Outre les établissements religieux ci-dessus désignés , Coulommiers possédait encore, avant la Révolution, un couvent de ebanoinesses de l'ordre de saint Augustin.
Celle petite ville, l'une des principales «te La Brie, était anciennement le siège d'un bailliage, d une élection , d'une maîtrise particulière des eaux et forêts, et d'une subdé légation de . l'Intendance de Paris. Elle est aujourd'hui chef-lieu d'un arrondissement du département de Seine-et-Marne et la résidence d'un sous-préfet. Elle a un tribunal de première instance, une justice de paix , et une brigade de gendarmerie.
Le commerce y est très-con*tdérable et concourt surtout à l'approvisionnement de Paris: il consiste en grains et farines, fromages, melons qui y sont fort estimés, laines, tanneries, etc. Il y a deux foires annuelles, le i" mai et le a octobre : celle-ci est la plus considérable. Le marché se tient le mercredi de chaque; semaine. Celui du premier mercredi de chaque mois, qu'on appelle marché franc, est presque une foire.
Plusieurs maisons d'éducation pour les jeunes gens des deux sexes sont établies à Coulommiers, que sa situation rend i saiue et agréable. On ) compte environ 3,r.oo habitants.
pj VI,— SteUay-le-Chatcf.
I Boissy-le-Chàtel est situé à une lieue de Coulommiers , et à , deux lieues vers l'ouest de Rebais.
i DuptrM», Uitloirt iu iiotif dt lieaux, l. il, |u*e«» jutlilicnnct, o 2*i. s DufUtsiê, urne i, li*r« m, pcgelti.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
O village, aujourd'hui de peu d'importance, eut autrefois un château fortifié: il appartint, dans la suite, à M. de Caumartin, intendant de Flandre.
Il ne reste plus de ce château qu'une grosse tour, les débris d'une chapelle, et deux autres bâtiments faisant partie de l'habitation principale , entourée de fossés larges et profonds. « M. Villette a fait réparer les deux tours et les autres bàti- « monts existants. Ils sont environnés d'un jardin à l'anglaise, « dans lequel serpente une petite rivière alimentée par une ■ source dont les eaux coulent daus la partie des fossés qui n'a « pas été comblée. ».
Le village n'offre rien de remarquable.
8 TH. itcbnu
Petite ville située à trois lieues à l'est de Coulommiers et à dix-sept de Paris.
Nous avons vu le bienheureux Adon fonder le monastère de Jouarre. Pendant qu'il signalait ainsi sa dévotion, Radon ou saint Out il, son frère, voulut se signaler par quelque établissement du même genre A trois petites lieues de Jouarre était un lieu fort solitaire, également distant du grand et du petit Morin, et voisin d'un torrent alors appelé Rtibae, d'où v lent sans doule le nom actuel de Rebais. Ce heu faisait partie d'une terre royale. Saint Ouen la demanda a Dagobert qui s'empressa de l'accorder. Une abbaye d'hommes v Tut sur-le-champ érigée , Jet
et reçut le nom de Jèrutalem qu'elle a perdu dans la suite. Saint Ouen voulut d'abord s'y retirer, comme son frère avait fait à Jouarre ; mais, cédant aux instances de ses amis, il continua, nu nom du bien public, de rester à la cour, exerçant sa charge qu'on croit être celle de référendaire. L'abbaye parait avoir été fondée vers l'an 634. Deux ans après, saint Aile, moine de Luxeuil, en fut nommé le premier abbé'.
Cclui-el était cousin-germain de saint Faron et (Us d'un certain Aguvald , l'un des seigneurs les plus eonsilérables de la cour du roi d'Austrasic, Clotairc II ; de plus, sa vocation fut déterminée par une bénédiction de saint Columban , donnée à l'âge de sept ans. Il avait acquis une haute réputation dans le motias 1ère de Luxeuil : c'est pourquoi saint Ouen le demanda au roi et aux p'élnts assemblés en r.36, à Clichy, comme le personnage qui pouvait le mieux gouverner son monastère. Celte même année, l'évéque saint Faron et le roi Dngnbert accordèrent a l'abbaye de Rebais des privilèges dont voici la substance: personne ne pourra s'approprier rien de ce qui appartient au monastère ; les évêques ne s'attribueront à ce sujet aucune puissance ou autorité ; ils pourront venir prier dans l'église du couvent; mais ils s'abstiendront de pénétrer dans le cloitre et de le visiter, à moins qu'ils n'y soient invités par l'abbé et les religieux ; enfin bs moines, au décès de leur abbé, éliront librrmeul son successeur'.
Sous la direction de saint Aile, cette abbaye devint bientôt florissante. Ou y comptait alors jusqu'à quatre-vingts religieux. Une Maison-Dieu, c'est-à-dire un asile pour les pauvres, y était attachée. Après saint Aile, on compte parmi les abbés de Rebais plusieurs autres pcT-onnsges non moins distingués par leur dévotion que par le rang qu'ils ont tenu dans le monde, entre autres saint Philibert, fondateur des abbayes de Jumièges , de Nermoutiers, etc.; saint Rieul, qui devint archevêque de Reims; saint Gautier , premier abbé de Saint-Martin-de-Pontoise : Noël, chancelier sous le roi Louis-le-Jeune, etc.
Dans les siècles suivants, les princes et seigneurs se complurent à doter richement celte abbaye. Au xvP siècle, elle possédait un très-grand nombre de terres et d'églises, toutes réduites en prieurés. Ces moines savaient fort adroitement stimuler la
Bénérosilé des seigneurs de cette époque. On voit, par exemple, enri 1", comte de Champagne, t'éftuùtr presque, suivant l'exprCîMon de l'historien du diocèse de Meaux, pour payer en péages , bois et terres , une petite partie ipartieulam) du tuaire de Jrtut-Chritl, un fragment du bras du prophète Êlytée, une dent du bienheureux martyr Lazare, et deux dente de min te (if nevière : précieux trésors que l'abbé de Rebais, Rrice, avait bien voulu consentir à échanger pour quelques superfluités de ce baimonde, c'est-à-dire, de vastes propriétés.
Dn bourg considérable s'était formé autour de l'abbavc , dépendant à tous égards du monastère; il ajouta encore à ton
1 MM* Annal, tttttt. franc, lame lu, ■ ttufheelt, \*m* i, lit r* i. |wgr «t.
it.
importance. Fiers de la puissance et d> s honneurs attachés à leur dignité, les abbés commencèrent alors à vouloir lutter contre les évéques, afin de se soustraire à leur juridiction : il en résulta une querelle semblable à celle dont plusieurs autres monastères avaient été ou étaient le théâtre. Cette affaire dura plus de cent ans; et la cour de Rome fut plus d'une fois obligée d'intervenir. Dans cette période de temps, les excommunications ne furent point épargnées, comme on le pense bien. Enfin, en 1212, il y eut un compromis par lequel la juridiction spirituelle et temporelle était accordée à l'abbé, hors certains cas tels que ceux d'hérésie, de sacrilège, etc., lesquels étaient spécialement réservés h l'évéque. En compensation de celte demivictoire, le monastère s'obligea à délivrer tous les ans au prélat six rauids de grain, à prendre sur la dlmc d'Ussy. Cette affaire fut reprise au xvu' siècle, sous l'épiscopatde Bossuet. Ce prélat ne put souffrir que quelques abbés de son diocèse se prétendissent affranchis du joug épiscopal. Un procès s'ensuivit. Bossuet, ayant alors obtenu gain de cause, rentra dans ses droits de juridiction pleine et entière; et l'abbaye fut, par la même décision, dégagée du tribut dessixmuidsdeblé ou d'avoine qu'elle payait depuis le xiu' siècle.
Lorsqu en vertu du concordat de François I", le droit d'élire leur abbé fut enlevé aux religieux, le monastère déchut bientôt de son ancienne splendeur. La faveur livra ce riche bénéfice à des hommes peu dignes d un poste pareil. La discipline se relâcha insensiblement; et. à l'époque où la réforme vint plonger le royaume dans des troubles fatals, l'abbaye était bien loin d'avoir conservé son antique renom. Le nombre des religieux était peu considérable. Ils se regardaient à peu près comme libresde toute règle; et l'abbé, quand il n'était pas à lacoorou ailleurs, vivait au sein de l'opulence dans un château contigu à l'abbaye, et dont il reste encore quelques ruines.
Vers le milieu du xvi« siècle, la famille de Lenoncourt possédait celte abbaye comme à titre héréditaire en ligne collatéral'. Philippe de Ixnoncourt, le premier abbé de cette maison, en même temps archevêque de Reims, ayant été nommé cardinal, partit pour Home, alin de recevoir ie chapeau. Dans le but de paraître avec plus de faste à la cour pontificale, il avait fait enlever l'or, l'argent et les pierreries, dont les châsses de son église étaient ornées, et, non content de ces spoliations, avait emprunté une somme assez eonsidéiable au capitaine Reulignv d- puis gouverneur de Meaux pour les ligueurs. Celui-ci. vovant que le cardinal ne se hâtait pas de la lui rendre, vint a la'lètc de cent hommes d'armes, prit le château, le pilla, tt y lak*a une garnison. Le cardinal résigna peu de temps après l'abbaye à son neveu, nommé aussi Philippe de Lenoncourt, lequel a été surnommé Virrogne, à cause de ses excès et de ses débauche» de table. Celui-ci voulant, au bout de deux années, se délivrer des ligueurs, appela à son secours le maréchal de Biroti, qui vint avec cinq ou six mille hommes, et prit possession de Rebais nu nDin du roi. Il y eut alors même quelqne mésintelMg.nce entre les moinrs et les nouveaux venus, et, comme probablement ceux-ci ne demandaient qu'un prétexte pour agir ta ennemis, on prétendit qu'un coup de feu avait été tiré sur Us gens du maréchal par quelqu'un du monastère; et Rlron, saos plus ample informe, ordonna à ses soldats d'entrer dans l'église et d'y mettre le feu : ce qui fut exécuté. Cet édifice fut rceons'ruit trente ou quarante années après, mais ce fut dans des proportions moins grandes et moins belles qu'auparavant. Quanta l'abbé, il résigna l'abbaye, en I62J, à son neveu, nommé aussi Philippe de Lenoncourt, et mourut quelques années après d'une maladie ei infdme qu'on- n'oee en parler*.
Ce troisième Lenoncourt en nsa à l'égard de ses religieux de manière à les forcer de chercher à briser son joug et à s'unir à la congrégation de Saint-Maur. Ses dissipations leur laissaient à peine de quoi vivre. 11 se faisait décorer du titre de marquis et visait manifestement à chasser entièrement les moines du couvent , pour le faire ériger en duché. Ils trouvèrent donc le moyen de conclure un traité avec la congrégation de Saint- Maur; mais l'abbé, feignant d'y donner lej mains, se Ht confier re traité, qui ne put recevoir son exécution qu'à sa mort. Il mourut en 10(51. Pour tracasser ceux des religieux qui désiraient une réforme, il avait introduit dans le monastère une quantité de mauvais sujets, bannis de divers couvents pour
i buptesêiê, ion.» i. Un* », «m.
HISTOIRE DES ENVIRONS 1)F. PAHIS
leurs méfaits. Dès qu'il eut cessé de vivre. In règle île Saint-Maur y fut introduite : «t depuis I on n'enteudit plus parler de cette abbaye : elle a-été détruite pendant la Révolution. L'église de l'abbaye était sous l'invocation de saint Pierre. Il y avait eu outre ileux paroisses, toutes deux à la présentation de l'abbé : c'étaient Saint-Jean et Saint-Nicolas. Sur la première se trouvait l'Hôtel-Dieu, composé de deux salles, l'une de huit lits pour les bommes, et l'autre de six seulement pour les femmes. Cet Hôtel Dieu a été conservé.
Le commerce de Rebais consiste surtout en grains. Il y a eiuq foires annuelles et marché le mardi de chaque semaine. Rebais appartient à l'arrondissement de Coulommiers. On y compte 1,300 habitants.
g VIII. -I.» Fcrt<>CSMeh«r.
Petite ville agréablement située dans une vallée étroite sur la rivière du grand Morin, et traversée par la grande route de Sézanne à Paris, à dix-huit lieues à l est de cette dernière, à quatre lieues et demie de Coulommiers.
Nous avons dooué ailleurs l'étymologie du mot Ftrti; nous rte reviendrons pas sur ce point. Un grand nombre de lieux en France portèrent le même nom; et leur origine doit être expliquée de la même manière*.
Elisabeth, femme de Gaucher, seigneur de La Fer té, consacra, au xi* siècle, la maison qu'elle avait dans cette ville, pour y bâtir une église de Saint-Martin ■* cette fondation nous apprend à la fois l'origine du nom de Gaucher, donné à La Fer té, et la fon hit ion de son église.
Un Geoffroy, seigneur de La Ferté-Gaucher, épousa, au xu* siècle, la troisième fille de Hugues de Vermaudois, nommée- Mathilde, de laquelle naquit Ada, qui devint l'épouse de Simon d'Oisy. Voilà tout ce qu'on sait de ce seigneur.
A la fin du xin' siècle, la seigneurie de La Fcrté-Gaurher et celle de La Ferté-Ancoul , appartenaient à Jean de Guignes, vicomte de Meaux, qui, en 1306, épousa la veuve de Mathieu V, de Montmorency, Jeanne Le Routeiller.
Quanta l'église fondée par Elisabeth, femme de Gaucher, elle fut d'abord occupée par des chanoines séculiers; mais elle passa, bientôt après, aux chanoines réguliers de Sainl-Jeandes-Vignes; eufin, en lias, des différends survenus cuire ceuxci et les moines de Moléme ou la Maison-Dieu, qui occupaient l'église de Saint- Martin-dts- Champs, au sujet d'une église de Saint- Romain, dont Sainl-Martin-des-Champs avait toujours dépendu, nécessitèrent un règlement portant que Saint-Murlin et Saint- Romain seraient dorénavant deux paroisses distinctes et indépendantes l'une de l'autre ; que la première appartiendrait a l'abbaye de Saint-Jean-des- Vignes, la seconde à celle de Moléme.
Il y eut donc Saint-Martin-des-Champs et Salnt-Marti il dans la ville. Mais comme le titre de la cure était à Saint-Romain, les chanoines ne tardèrent pas à s'y transporter cl à y établir leur demeure. De là le prieuré conventuel qui y substitua longtemps : Saint-Romain était hors de l'enceinte de la ville. Le service paroissial, pour la commodité des habitants, s'introduisit dans l'église de Saint-Martin. Alors personne ne pouvait tenir école, ni dans la ville, ni dans toute l'étendue de la cbatellenie de La Ferlé, sans la permission des chanoines réguliers.
Vers le commencement du xvif siècle, fut fondé à la Ferté- Gaucher un couvent de chanoinesses régulières. « Deux filles . de celte ville , dit l'historien de l'église de Meaux , Rarbe « Drouin et Louise Drouin, conçurent, vers l'an i6*o, ledes- - srin de se vouer à Dieu. Elles s'exercèrent ensemble pendant « quelques années dans les travaux de la pénitence, sous la « conduite de Pierre Legris, prieur-curé de la même ville. » La dame de La Ferlé-Gaucber les seconda et fit les frais de la fondation ; le prieuré resta soumis immédiatement à l'évéque.
« La communauté, qui ne cherchait qu'a faire son salut dans « une humble retraite et dans le silence, jouissait d'une poix « profonde, que rien ne paraissait devoir troubler. La prieure € mourut en 103-1; et M. de Iklleau, évéque de Meaux, fit <« défense aux religieuses de procéder a aucune nouvelle élec- « tion.... On s'arrangea l alors pour chasser les chanoinesses « de leur monastère et pour \ introduire en leur place les rcli- « gicuses de la Visitation, et. le «j mai IC35, levéque arriva
» Vojri U ftrli-y,hn, lon.c i, page §7.
« lui-même à U Ferlé avec quatre religieuses de la Visitalion, « de Meaux. »
Les chanoinesses étaient sans appui, sans secours ; cependant elles résolurent de résister à l'évéque. Le refus qu'elles firent d'Introduire chez elles les protégées de ce prélat inita le saint homme, qui, l'année suivante, revint à La Ferlé, amenant main-forte avec lui. On rompit la clôture du monastère et Ut poster une douzaine de sergents aux portes du dehors. Louise Drouin se mil en devoir de les aller fermer ; elle fui saisie par quatre des satellites de l'évéque, qui la jetèrent dans un carrosse et la conduisirent à Faremoutiers. Quatre autres furent enlevées de force et conduites chez les religieuses de la Visitation . de Meaux, qui restèrent en possession du monastère. Cependant les chanoinesses restaient fermes dans leur opposition; et, dans ce temps, mademoiselle de Montpensier vint elle-même jusqu'à La Ferlé, alin de les engager à se rendre et à embrasser l'institut de la Visitation; mais elles résistèrent à ses instances. Louise Drouin cita l'évéque de Meaux au parlement. Lu procéj eut de l'éclat ; on prenait alors grand intérêt aux querelles ecclésiastiques. Le parlement donna gain de cause aux chanoinesses, et confirma leur établissement.
La Ferté-Gaucher était, avant la Révolution, le siège d'uu bailliage seigneurial et d'une maîtrise particulière des eaux et forêts; c'est aujourd'hui un chef-lieu de canton, le siège d'une justice de paix, et la résidence d'une brigade de gendarmerie ; l'Ilotcl-Dieu n été conservé; il s'y fait un commerce assez considérable. Le grand Morin y fait tourner plusieurs moulins. On compte à La Ferté-Gaucher 1,860 habitants.
Le hameau de Mont-Blain. voisin de La Ferté, renferme un château, dont le site et les points de vue sont tres-agrcahles.