COUP D'OEIL GÉNÉRAL. — CHAPITRE PREMIER
PATS n'fXTOB SEIHI KT MARNE.
Sur la rive droite de la Marne, la craie et l'argile plastique se montrent en abondance, elle calcaire marin y est rare.
Il en est autrement du calcaire siliceux ; ce calcaire, disent MM. Cuvier et Rrongnlard, forme au sud-est de Paris un plateau immense. U n'est interrompu par aucun autre terrain ; et, dans tout le pays, dont il forme la base, on ne connaît aucune partie de calcaire marin; mais on ne peut en dire autant de la formation gypseuse, dont les marnes le recouvrent quelquefois, ni des autres formations supérieures à celle-ci. Nous en avons conclu que le calcaire siliceux remplace, au sud-est de Paris, la formation de calcaire marin.
Nous soupçonnons cependant que cette sorte de terrain n'est pas absolument exclue des pays formés par le calcaire marin , et qu'elle s'y montre dans quelques parties en couches extrêmement minces, recouvrant les dernières assises de ce calcaire. Nous soupçonnons, par exemple, que les marnes calcaires dures, souvent grises, souvent infiltrées de silice et de quartz, comme à Passy, à Neuilly, à Meudon, à Sèvres, etc., ne renfermant jamais aucune coquille, ni marine, ni fluvintile, appartiennent à la même formation que le calcaire siliceux deChampigny.eic. Il y a eulre ces couches minces de marnes dures cl les siliceuses et entre les bancs puissants de calcaire siliceux la plus grande analogie; leur position respective dans la série des couches est la même, puisqu'on trouve toujours ces couches audessous du gypse, et dans le passage du gypse au calcaire, comme à Trie'l, à Meudon, à Saint-Cloud, etc.
En parlant de Meaux, la vallée de la Manie forme la limite naturelle de ce terrain jusqu'au cap où est située Amboise ; il u'y a qu'une lie de calcaire siliceux sur la rive droite de celle rivière, celle qui porte Dampmart et Carnet in.
On remarque que le calcaire siliceux quitte la vallée de la Morne à Ambroise, pour aller gagner, presque en ligne droite, ce!le de la Seine à Villcneuvc-Saint-Gei>rgcs; alors il la suit jusqu'à Dravt il. En s'étcndanl sur la rive giuchede celte rivière, il prend pour limite, à 1 ouest, la vallée d'Orge jusqu'à Saint- You, au-delà d'Arpjijon.
Vers l'est, nous n'avons pu déterminer ses limites d'une ma-
mière aussi certaine ; elles sont el trop éloignées, et trop souvent cachées pur les sables; mais il parait qu'elles Unissent, comme «lu côté de Nemours, aux collines de craie qui commencent a Montmirail, etc.
Il serait ratifiant et inutile de décrire successivement tous les petits plateaux renfermés dans cette grande enceinte; ce serait d'autant plus inutile, qu'il y a peu de terrains d'une structure plus uniforme que celui-ci. Nous nous contenterons d'indiquer quelques-uus de* pointe les plus remarquables parmi ceux que nous avons examinés.
La colline de nampmarl, au nord de Lagny, est le seul terrain decaleairc siliceux que nous connaissions sur la rive droite de la Marne. Ce calcaire siliceux, sans coquilles, est recouvert ici de calcaire siliceux d'eau douce; et, vers l'extrémité nordouest, celte colline porte le terrain gypseux de Cametin.
La colline de Chamnlgnv, sur le bord de la Marne, est un des points où le calcaire siliceux peut être le plus facilement étudié, et un de ceux où il présente tes caractères de la manière la plus évidente. Le terrain est formé, dans une grande épaisseur, de masses calcaires compactes réunies par des infiltrations de calcaire spathiquc.dequarti cristallisé, de chalcédoine, de cacholong et de silex mamcloné et colore en rouge, en violet ou en brun. Quelques-uns de ces silex, comme l'a découvert M. Gillet- Laumont, offrent cescouches pleines et parallèles de chalcédoine et de sardoine que l'on recherche pour la gravure en camées; enfin, y on voit tous les passâmes possibles du silex dur et translucide au silex blanc, opaque et friable comme de la craie. Le calcaire gris, compact et infiltré de silex, est exploité dans ce lieu pour faire de la chaux d'une très-bonne qualité. Cette exploitation, ayant fait creuser e t remuer dans un grand nombre de points le terrain de cette colline, nous a permis de rechercher si nous ne pourrions pas apercevoir quelques débris de coquilles fossiles, soit marines, soit tluviatiles : nous n'en avons vu aucun Indice; mais le sommet de la montagne est composé de silex et de meulière renfermant des coquilles d'eau douce.
Selon les observations des minéralogistes cités plus baut, la colline d'Ebly appartient à la formation gypseuse. Il y a, de ce point jusqu'auprès du confluent de la Seine et de la Marne, une grande étendue de terrain sans plâtre; mais il faut remarquer que le calcaire marin disparait, et que ces deux formations reparaissent également près de Cré'eil.
« La colline qui domine Creleil au sud-est, et au pied de Lift quelle se voitle hameau de Mcslv, fait partie delà formation ■ pvpseuse. Le sommet de cette colline domine de quelques « mètres l'entrée des platrières. On trouve d'abord des marnes a argileuses vertes, des marnes calcaires dures el des rognons « de gypse cristallisé, vulgairement nommés qrignard.
« On v reconnaît ensuite les trois masse*. La première est à < trente 'mètres de profondeur; elle avait un mètre seulement « de puissance : elle est maintenant épuisée. La seconde est à « trente- quatre mètres; elle a environ un mètre quinze centi- « mètres d'épaisseur. La troisième, qui est ù trente-huit mètres « de profondeur, a un mètre trois décimètres d'épaisseur : c'est « celle qu'on exploite actuellement. Klle est composée de deux « baucs bien distincts. Ces masses sont séparées par des lits de • marne feuilletée. On n'a point encore trouvé d'os fossiles c dans ces couches de gvpse. »
Entre Seine et Marne, les terrains de soble et grès sont trèsrares.
Ixs meulières sans coquilles se trouvent en petite quantité dans beaucoup d'endroits ; mais elles ne sont abondantes et remarquables que vers le cap occidental du plateau de Trapes, i-t l'appendice de ce plateau qui porte le village de l.aqucue. Les incnli» rcs y sont en petits fragments.
Quant ait terrain d'eau douce, il est si abondamment répandu aux environs de Paris, qu'on ne peut indiquer tous les lieux où il se trouve.
La vallée de la Seine offre peu de limon d'atterri ssement dans In partie de son cours, que nous suivons. Ceux de la Marne sont généralement composés d'un limon plus tin; et on n'y remarque pas ces cailloux volumineux que présentent les aitcrrissemenls de la Seine.
CIÎAPITRE 11
SAivr.VAUB-nKS-rossfcs, champio^y-scr- marnk . r.nr.NKviéKES-
Sl'K-MARXK, LA QltBlB-BK-BRlB, TOUBKAN, «OZ4Y, foNTEN A* — TRKSIGHV ET LUMIGSÏ.
Ce bourg est situé à deux lieues de Paris, sur l'isthme de la péninsule que forme le cour- de la Marne.
Une inscription et un diplôme attestent son antiquité. L'inscription, découverte en 1 725. prouve qu'il existait en cet endroit un collège de prêtres du dieu Silvain; que cet édifice fut rétabli par deux curateurs, Mareu* Aurelius, dit Hitartu, affranchi d'Auguste, et par Magnut Cryptarius.
Collegium Sitvani rttltiutnMl M. Aurelius, Aug. lib. Hilarut et Magnut Cryptati»*, curatores.
Rien n'indique ici l'époque de cette restauration : le titre (.Vaugude, plus éminent que celui d'empereur, était commun à tous les souverains de Rome. Il est inutile de se livrer à des conjectures sur un sujet peu important. Il suffit de dire que, sous la domination romaine, il existait un édifice consacré à Silvain, dieu des forêts, et que ce lieu convenait à son culte, puisqu'il était couvert de bois.
Le diplôme de Clovis 11, roi des Francs, est daté de l'an 6J8. Ce roi donne à Rlidégisile, pour y fonder un monastère, une forteresse, Castellionam. appelée des rossés, qu'en languevulgaire on nomme Castrum Bagaudarum. château di s Bagaudes1.
Malheureusement ce diplôme porte , comme tant d'autres, d'Incontestables signes de fausseté; mais les moines faussaires n'ont certainement pas altéré les appellations géographiques qui seules Ici nous intéressent.
Les Bagaudes étaient des troupes insurgées contre le gouvernement romain, qui, composées de soldats révoltés, d'habitants des campagnes irrités par des injustices , ravagèrent pendant plusieurs siècles l'intérieur de la Gaule. On les battit plusieurs fois ; on ne les détruisit point. Ils existaient encore ou cinquième siècle, du temps que Salvien écrivait son livre de Gubernatione Dei*.
L'existence des Bagaudes dans les Gaules, sous la domination romaine, comme sous les rois Francs, l'existence des lmbnnds nommés Brabançons, Htmyers , Routliers, Grande t- Contpagnies, Ecorcheurt. Trente mille Diables, Quinze mille Diables, etc., qui, pendant douze cents ans, désolèrent la France, prouve que les gouvernements faibles et absolus sont les pires des gouvernements.
Il parait que le surnom de» Fout*, donné à ce lieu, provient de ce que les Bagaudes ou autres, avaient, pour se fortifier, coupe par un fossé profond l'isthme de la péninsule.
L'abbaye de Saint-Maur-dos-Fosîés ne . consistait en, oie qu'en un' petit monastère qualifié de Ctrnobiotum. Les molius s'en étaient retirés, et les bâtiments tombaient en ruine, lors qu'en l'an «16, l.ouis-le-Déhonnaire ordonnai Begon, corat? I de Paris, de rétablir ce couvent. On y rassembla des moines; l'abbé Benedictus fit construire une église élégante, solennellement dédiée en 839 ; elle fut enrichie du corps de saint Baboleiii, premier abbé; et on y construisit une chapelle de Notrt-Dainedes-}firtirle?. Avec cës ressources l'abbaye prospérait, lorsqu'en l'an Hill , les Normands ou Danois, conduits par le fils <tc Welland, vinrent fondre sur le munaslèrc des Fossés et l'occupèrent ; mais l'année suivante ils l'abandonnèrent après l'avoir mis au pillage.
En 868, un parti de ces bnrbires exerçait ses bri^anin?e* sur les bords de la Seine; les moines dr Gfrnnefeuillc, m Anjou, effrayés de leur approche, prirent la fuite- et erraient en divers lieux pour mettre à couvert le corps do leur patr. n. saint Maur. L'empereur Chaiks-le Chauve I- ur ordonna de li déposer dans le monastère des Fossé*. Kn«e, évèquc de Paris, reçut le corps saint, le chargea sur ses épaules, le porta dans l'église d-s Fossés, et, le t i novembre dr cette année, le mi ferma dans un e <ltre de for. Ainsi, l'abbaye de Clnnnefi uille perdit le corps de son patron, et celle de> Fossés en profita. Ce
j i IHftvmat; ekart*, «tilméiu Laportr , Du Tbcil et <U Bre«nigDy, loti», i, [ Sali<ianu4,dt Cut*rnat,./H< IM lit). ».
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
nouveau saint prévalut sur saint Babolcin . premier abbé des Fo«sés ; et l<- mon istere, cnrlcbi «le cette proie, en reçut le nom. Au lieu de porter celui clé Saint-Babolcîn, il prit eelui de Saint- Maur qu'il n toujours porte depuis.
En l'an 878, nouvelle incursion des Normands dans les environs de Paris Les moines fuient, portant avec eux le corps de j saint Maur. Us le déposèrent entre les mains de personms qui, par dévotion, voulaient se l'approprier ; ce ne fut qu'en l'an ï)20 | qu'elles le restituèrent. Les reliques alors étaient d'un grand prix , on les volait quand on ne pouvait se les procurer autrement.
Les moines de Saint-!Haur-dcs-Fossés eurent bientôt réparé leur perte : nu moyen de leur précieuse et productive relique, ils Tu ent rcHlir leur église détruite par les Normands, et devinrent riches. Leur richesse amena le désordre. L'abbé Muinard |w>rt;iil des habits séculiers, et ne s'occupait que de chasser dans les bois voisins. Les religieux imitaient son exemple. Le t'é'Oidic régna dans l'abbaye. Rurcliard , cemte de Corbeil, avoué de Salnt-Maur-dts-Fossés, voulant y rétablir l'ordre, y envoya Mayeul, moine de Cluny. Mais celui-ci fit de vains effort*. Les moines lui déclarèrent qu'ils quitteraient leur couvent plutôt que de se soumettre a la réforme. Ces moines dissolus, à l'exception d'un seul, abandonnèrent leur couvent. Mîiyexl les remplaça par des moines de Cluny, qui furent plus studieux et plus décents dans leurs mœurs.
Au xii* siècle , cette abbaye acquit des biens immenses; et, au xvi», par l'effet du concordat, les abbés de Saint-Maur-des- Fos>és devinrent commendataires. François Poncher, évéque de Paris, en fut le premier abbé qui obliit ce titre. Jean de Bellay , qui, après lui, devint evéque de Paris et abbé de Saint- Maur, parvint à faire réunir les biens de ctttc abbaye à l'évéché de Paris; et, en 1533, une bulle de Clément VU éteignit la dignité abbatiale. On ciéa des chanoines au lieu de moines.
Au xv n» siècle, il se trouvait encore des amateurs de reliques. Kn ifijs, îles voleurs, pendant la nuit, s'intredubirent dans cette église, enlevcreut le chef ou la téte de saint Maur, enchâssé dans un beau reliquaire d'urgent. Ils prirent ce reliquaire et jetèrent la relique dans les champs, totte téte êtriit remplie de rouleaux de parchemins écrits, qui la firent reconnaître. Elle fut, un an après, découverte par des laboureurs; on la transporta d'abord dans l'église de Saint- Mandé, puis dans celle lie Siint-Maur.
En i:.ifl , les chanoines qui avaient remplacé les moines, furent u unis au chapitre collégial de Saint Louis du-Louvre. Ainsi, de cet ancien monastère, de cette abbaye o\ ulente , il ne resta que des murailles et une église qui devint paroissiale.
Les assises , qui ^semblaient Us officiers de toutes les justices dépendantes de l'abbaye de Saint Maur, furent l'occasion d'une fête ou cérémonie qui attirait un concours de peuple si tumultueux, que le scandale et les profanations qui s'ensuivirent, nécessitèrent une ordonnance de l'archevêque de Paris , qui défendait aux chanoines de Saint-Maur d'ouvrir leur église à l'heure accoutumée.
D'abord, ce ne fut qu'une cérémonie assez simple; le cortège des oftlciers de justice, après leur assemblée, nlhit, tambours battant , dra|«aux déployés, faire la procession dans l'église de ce monastère; il sortait par-dc.-sus le cloître, puis allumait, avec solennité, le feu le la Saint-Jean, l e peuple aime les spectacles; on vint en foule de Paris et des lieu \ eircouvoisins. Le nombre des spdafeurs devinant toujours plus considérable, les actmrs redoublèrent d'émulation et donnèrent plu> d'appareil à leurs cérémonie».
Les dévots passaient ordinairement la nuit dans l'église ; on y disait la messe ce jour-la à trois heures du malin ; mais, pour rendre la chose plus mystérieuse, on se détermina a la célébrer n minuit. Le peuple, toujours enclave du mystère, s'imagina ; que la m it île la Saint-Jean était très-favonil'lc aux miracles. Les moines, secondant ces dispo-ilions su^cr.stit icusi s, exposèrent les reliques de siiut Maur, qui avaient, dans ce temps-là, la fari lle de uuérir les épih.-psics; et on y transporta les persoincs atl;.qi;c<s de celle maladie.
pp-mièrenuml , ret- nlissait d ms l'église le bruit des tam- Loiiin et lie la dcchr.rgc des ai mes à feu ; pui*, pendant quatre heures que duraient la mes-e de minuit et les matines, ou n'en • tendait, dit M. l'abbé Lebeuf, que des cris, des hurlements eon'imicls d«s malad-s, où prétendus tels, de deux sevs, que
six ou huit hoinn e- p omi liaient étendus sur les hra«. tout au tour de la chaprlle de Saint-Maur. Us mnladis criaient de toutes leurs forces: saint Maur, grand ami de ltieo , envoyezmoi guérisou, s'il vous plait: les porteurs faisaient encore plus de bruit, en criant, du vent, du vent ; et des personnes charitables éventaient les malades avec leurs chapeaux ; d'aulrrs criaient: Place aux malades, garnie rougi, parce qu'on prétend que cette couleur est coutrnire aux épileptiques. Quand lin malade avait répété trois fois de suite sa prière, on le comptait guéri, et l'on criait à haute voix: Miracle, Miracle! Enlin c'était un vacarme si granJ, que l'on n'entendait point le clergé chanter, et qu il se formait trois ou quatre chants dans les différentes parties de l'église. Pendant cette nuit, il y avait, dans la même éitlise , de petits marchands de bougies et d'images , des mendiants de toute espèce , des vendeurs de tisane qui criaient: A la fraîche, à la fraiehe ; tout cela augmentait le desordre; et,aprèslagrand'messe, les pèlerins et les pèlerines le* plus sages couchaient dans l'église, sans se gêner de leurs petits besoins-, les autres allaient passer la nuit dans les cabarets ou aux marionnettes, ou bien a la danse ; ainsi se passait cette prétendue dévotion '.
François Rabelais, célèbre par ses ouvrages ingénieux et qui nous paraissent grossiers, obtint, en 1535, de Jean du Bellay, evéque de Paris, la huitième et dernière prébende de Saint- Maur, lorsque l'abbaye fut sécularisée. On prétend que ce fut alors qu'il composa son Pantagruel.
Ce fut aussi dans ce lieu que les confrères de la Passion essayèrent les premières représentations de leurs mystères. Le sujet du dernier spectacle donné à Saint-Maur par ces nouveaux comédiens fut la Passion de Nolre-ScIgncur. Le pcnp'e de Paris y courait en foule, et trouvait la Passion fort amusante. L'ar- Huence fut à un tel point , que le prévôt de Paris crut devoir en défendre la continuation. Alors ces comédiens se pourvurent à la cour; et, pour se la rendre favorable , ils érigèrent leur société en confrérie, sous le titre de Confrérie de lu Pauion.
Le roi Charles VI, qui régnait alors, curieux de voir ce spectacle, se rendit â Saint-Maur, et en revint si satisfait, que le 4 décembre 1-102, il donna, aux nouveaux confrères, des lettrespatentes qui leur permettaient de s'établir dans Paris.
Avant la Révolution, le prince de (".on le avait, a Saint-Maur. un tres-bcau château qui a été détruit, et dont on volt encore des vestiges avec un parc d'une vaste étendue; il dominent la rive gauche de la Marne. On y voit encore un graud nombre de jolies maisons de campagne, toutes dans une très-belle position.
L'isthme de la péninsule de Saint-Maur qui, dans les temps antiques, parait avoir été coupé, l'a été de nouveau sous Napoléon , pa/ un canal fort utile à la navigation de la Marne. Ce canal est revêtu en mnçoniierie et couvert par une voûte Iressolide qui n'ôte rien à l'agriculture et favorise le commerce. Les bateaux, eu contournant la péninsule de la Marne, rcnco.t- Iraicnt des embarras i t parcouraient un espace d'environ six a sept lieues; aujourd'hui, par le bienfait du canal, dégages d'entraves, ils n'ont pas plus de onze cents toises à franchir.
Saint-Maur est du canton de Charenton, de la banlieue de Paris, et contient environ 800 habitants.
g ll.-(A*nrl(a)-«iir Marar.
Village situé près la rive gauche de la Marne, sur la route de Roua y a Paris. !» trois lieues à l'est de cette dernière ville.
Il existe eu France , même aux environs de Paris, plusieurs villages nommes Cbainpigiiy. On les a quelquefois confondus avec Champigny-sur-Marne ; et le savant de Valoi^'y est trompé. Le titre le plu» ancien qui mentionne ce village est de I06o; il y est nomme Camptnninum ; quelques années plus tard on le trouve appelé Cnmpiniacum.
On connaît un (.ranci nombre de seigneurs de Champigny. Lorsque , sous Charles VII , le roi d'Angleterre fut maître de Paris, Il enleva la terre de Champigny à Charles de La Rivière, chevalier qui tenait le parti du roi de France, et en lit don au sieur de Salisbury. L'abbé Châtelain écrivit dans ses Vogag.t , que lecbâteaude Champigny était aussi lai;l que lepetit Cliati I t.
Ce château était tortillé. Le 5 avril, vendredi saint, de l'an MI9, les Armagnacs, dit le Journal du rejjne de Charles VI,
• Diiplcssi», Birtoiriiu iiotllt il Mtav-c, l. r, p. ISS.
HISTOIRE DKS ENVIRONS DE PARIS
fondirent comme desdiabtrs drrhaln s sur les environs de Paris ; iis mirent le feu nu fin i «le Chain) igny- sur- Marne, > brûleront femmes, enfants, hommes, bestiaux e> <;iains. Quand ceux du fort en sortaient pour échapper aux llnnimes , ils riaient» assaillis et percés a coups de lance, ou massacrés à coups de hache. Cet acte de cruauté fut, le même jour, renouvelé en d'au» très lieux; et le leudemain, veille de Caques, les Armagnacs en firent autant, ou pis, au château de Croissy '.
On sait que res Armagnacs étaient du parti du dauphin, qui devint roi sous le nom de Charles VII.
Les guerres du xv« siècle engagèrent les hnhitants à se clore de murs. Dans le siècle suivant, François 1" leur en donnn la permission par lettres de 1545. Les mêmes lettres établirent un marché à Cbampigny. Charles IX, en 1563, accorda deux foires à ce village.
Le village de Cbampigny est orné de plusieurs maisons de campagne remarquables. Il faut surtout citer le domaine du Tremblay, dont le château a été détruit, et le château de Cuellly, dont les jardins et le parc sont d'une grande étendue.
Le vin de Champigny avait autrefois beaucoup de réputation ; et, encore aujourd'hui, les vignes sont la principale culture de cette commune. Ou y trouve aussi, sur les bflrds de la Marne, des prairies charmantes.
g III -«'hrne»lër*'»-«ir-VI»r»t
Village situé sur l'un des coteaux qui bordent la rive gauche de la Marne, à troi» lieues et demie au sud-est de Paris, par In route de Rozay.
Le premier titre qui mentionne Chenevières est du xu« siècle. Son territoire était alors, en grande partie, planté de vignes. Au xiii* siècle , on entreprit de construire l'église sur un plan trop vaste; la nef seule fut achevée sur ce plan. \jt chœur, construit dans la suite, est moins élevé. Cette égll e fut donnée à l'abbaye de Monl-Ëtif, située à deux ligues de Chenevières.
En 1668, un curé 4e Chmevierc», nommé Gcrvaîsi-lc-Potillelier, mais i>lus connu sous le nom d'Aristote de la rue*, fut privé de son bénéllce, comme entaché de simonie et d'hérésie. En 1683, Claude Dossier, chanoine régulier et curé de Chenevières, obtint un arrêt du parlement contre le seigneur et les habitants du lieu : cet arrêt lui adjugeait la dime du vin à l'anche du press >ir, et dans les caves ou celliers de ceux qui ne porte/aient pas au pressoir.
Plusieurs communautés, telles que celles de Sainte -Geneviève, de Saint-Maur, avaient des liefs sur le territoire de Chenevières. Les abbés de Saint-Maur y possédaient des serfs , qu'ils affranchirent en 1250.
Les habitants de Chenevières supportaient impatiemment l'exaction nommée <frotl de prise, attentat mai>ife>le à In propriété. On sait que dis ofllciers du roi, de la reine, dis princes, etc. , appelés chccauthcur* , fourriers, preneurs, pillaient les maisons des habitants des campagnes, enlevaient la volaille, les bestiaux, le* lus, le linge, les tables, etc. Cette coutume révoltante, ce brigandage féodal dont j'ai souvent parlé, forçait les habitants à déserter leur pays natal, à renoncer a leur famille. Les rois de France avaient déjà accordé à quelques communes des environs de Paris la remise de cette seiviiude abominable; les habitants de Chenevières, enhardis, se plaignirent au roi Charles VI, qui. par une ordonnance de septembre iloc, les exempta du droit de prise , a condition qu'ils conduiraient gratuitement à Paris plusieurs charretées de paille. Les communes de Puteaux et de Surcsne obtinrent en même temps la même faveur ou plutôt la même justice \
Chenevières est dans une position trés-ngrénble. Plusieurs maison* de campagne s'y font remarquer autant par leurs construction que par les points de vue qu el!es offrent : telle est celle qu'on nomme le Château, dit des Retz, appartenant nu comte de Veiinar. Une maison construite avec guûi sur les bords de la Marne appattient à M. de Marsilly ; M. Jay possède aussi à Chenevières une maison de caropigne , où il se délasse de la culture des lettres par la euhure des roses. Son jardin, dessiné eu amphithéâtre sur le penchant du connu , est remarquable par uiMrès-beau point de vue , et par la variété des roses qui
I Journal <f, Ckarlt, 17, |u«e «I.
tW.Mn dHdwti,, -U f.r.i, iot. il.
» JWw'Wrf» Ordonne».*., i. ,», P. 144 rl ||5.
Près de Chenevières est l'ancien château A'Ornusson, bâti du temps de Henri IV. Ce château, «tuiesl aujourd'huien ruines, a, dit-on, appartenu â Gabriclle d'Estrécs.
«MT—La 0»e.e-en,»r.«.
Village situé près de la route de Rozay, à quatre lieues au sud-est de Paris.
Ce village est nommé dans les titres du xn* siècle Cauda, La Queue, sans doute parce que le château auquel il doit son] origine avait été élevé près de la queue d'un étang. Le château, ou plutôt les seigneurs devaient foi et hommage à l'évéque de Paris.
Un de ces seigneurs, nommé Haschtrus de Cauda, au xn* siècle, vendit le château et la terre de La Queue, à (instance, fille de l.ouis-le-Gros. Cette seigneurie, en I1G9, eut pour propriétaire Alix de Bretagne, mariée à Jean de Chitillon.
Le village participa aux malheurs des différents siècles, et notamment à ceux des guerre.* intestines et presque continuelles qui, à différentes époques, désolèrent la France. It y participa, au xv' siècle, pendant les règnes désastreux de Charles VI cl de Charles VII, et surtout dans les mois de septembre et d'octobre de U30, ou la guerre entre les Armagnacs et les Anglais se concentra sur les rives de la Marne, et dans les cantons que nous venons de décrire.
L'abbé Lebeuf rapporte, d'après les registres du parlement, que, le 9 octobre 1430, le comte de Suffolck reprit sur lu Armagnacs le château de La Queue, qu'il fit dé 1 olir. Voii-i I • passage : « Après le recouvrement et démolition de la ville et c forteresse de La Queue-en-Brie, retourna et entra à Paris le « comte de Sulfolck. à grande compagnie de gens d'armes de la ■ nation d'Angleterre. »
Il parait que le château de La Queue est resté dans l'étalon l'avait réduit cette démolition
La Queue était anciennement entouré de murs avec troi* portes. L'abbé Lebeuf dit avoir vu, en 1738, les restes de ces portes; I nue s'appelait la porte de Paris, l'autre la porte d» Lagny, et la troisième la porte de Brie.
Quant à la fortercs-e. il n'en existe que ce qui est représente dans notre gravure. Ce reste féodal, qui fixe les regards des voyageurs, rappelle des temps d'oppression et de mort, et contrasté fortement avec l'air d'abondance qui règne dans les campagnes environnantes.
Ces tristes et informes témoignages de l'existeoce du régime féodal, et de ces milliers de seigneurs, destructeurs et oppresseurs de ceux qui produisaient, sont nombreux en France. Nous en avons déjà mentionne, nous en mentionnerons encore.
On remarque dans les environs de La Queue plusieurs maisons de campagne, entre autres le châleau de MaisonceUtt, dit des MammueU, et la maison de l'Ermitage.
Petite ville bâtie sur la roule de Rozay à Paris, à sept lieues et demie au sud-est de cette dernière ville au nord de Mclun.
Les plus anciens litres latins nomment ce lieu Turnuacum et Tumomiwn, puis ensuite Tornemium.
On conjecture que cette ville doit son origine à une comrnuniulé de lilles, et que, durant les courses des Normands, au xi* siècle, ces religieuses quittèrent leur monastère, lequel, ayant été détruit ou du moins dévasté, fut dans la suite répire par les soins des évèqucs de Paris et de quelques riches séculiers.
Il veut anciennement deux églises dans ce lieu : l'une de Saint-Denis, dans le vicuv château à l'occident de la ville, était un prieuré desservi par quelques moines de Saint-Maur; l'autre de Sainte-Madeleine, était l'egltse paroissiale de tonte la ville.
Des le règne de saint Louis, il existait un Hôtel Dieu et une maladreric a Tournait.
Le plus ancien seigneur de Tournan connu est Gui ou Guillaume de Vilry, qui vivait du temps du roi Henri I". Cesl lui qui, en 10*8, donna aux moines de Saint-Maur, l'église de Saint-Denis. Du descendant de celui-ci vendit, pour aller à la croisade, sa terre de Tournan à GuideGarlande. Les seigneurs de Tournan relevaient des évèques de Paris, qu'ils devaient porter sur leurs épaules lors de leur entrée solennelle dans leur sic^e épi coj>al. •
Au xiii' siècle, Ancelle de Garlande était seigneur de
HIST01RV. DKS ENVIRONS DR PARIS.
Tourna». En 1293, Tournai) sortit de la maison dcGarlande et I entra dans celle de Chombly. Dés lors on trou\e beaucoup de | démembrements de cette terre : ce qui rend très-confuse la série des seigneurs de ce lieu ; cependant il est certain qu'elle fut possédée, en très-grande partie, par Charles, (Ils du roi Philippe-le-Hardi. Le roi Philippe-de- Valois, fils de Charles, continua à en jouir; et, en 1313, la donna à Jean, son fllsainé, duc de Normandie ; il existe plusieurs autres seigneurs de Tournan.
Quoique situé dans la Brie, pays nivelé par de grandes masses d'eaux. Tournai) fe trouve placé dans un vallon, peu profond à la vérité, où coule une petite rivière qui prend sa source dans les beis d'Hermières cl qui se jette dans la Marne, auprès d'Ozouer. On compte dans cette ville 1,646 habitants.
Fontenay est une petite ville avec un château, située dans la Brie, à dix lieues de Paris, sur la route de cette capitale à Rozay, à deux lieues au nord-ouest de cette dernière ville.
Fontenay -Trcsign y était peu connu avant le vit siècle. Un château royal, bâti par François I", tira ce lieu de son obscurité. Charles IX y fit plusieurs séjours, y donna des fétes et y attira, notamment en 1571, les princes et seigneurs du parti prolestant qu'il comblait de caresses. Conseillé par son indigne mère, ce jeune roi joua, pendant plus d'un an, sans se décon* certer, un rôle de déception et de perlldie habilement conçu, plus hab'lement exécuté, et dont s'honoreraient des hommes vieillis dans le crime. Il s'agissait d'aveugler, d endormir les princes et chefs protestants, de gagner leur confiance pour les assassiner avec plus de succès.
L'amiral Coligny, mandé secrètement à Fontenay, s'y rendit. Charles IX l'entretint de son prétendu projet de porter la guerre en Flandre, projet qu'il feignait de cacher aux F.spignols pour mieux tromperies protestant». Coligny environne it séductions, se laissa entraîner dans le piège; plusieurs s'y jetèrent après lui : tels furent les députés de plusieurs villes protestantes qui vinrent alors à Fontenay pour se plaindre des infractions aux édita, ou pour prier le roi de les garantir de nouveaux troubles. Ce prince leur prodigua les caresses, les promesses et les espérances.
Parmi les députes qui vinrent encore auprès du roi à Fontenay étaient le comte Louis de Nassau, frère du prince d'Orange, les sieurs Lanoue, Tbéligny, etc., qui, déguisés et en grand secret, suivant l'expresse recommandation du roi, se rendirent ensuite au château de Lumigny.
Ce château est situé à une forte lieue et au nord-est de Fontenay ; il est remarquable par une petite montagne d'environ quarante pieds de hauteur, qui est un vrai phénomène au milieu d'une plaine parfaitement nivelée : ce qui porte à croire que celte montagne est factice comme il en existe un très-grand nombre en France. A sa cime s'élève une vieille tour ronde.
Le château et son parc sont considérables, et situés, ainsi que le village, au bas de cette montagne.
Charles IX se déroba de sa cour de Fonlenay ; et, accompagné seulement de sa mère, Catherine de Mcdicis, des m chaux de Montmorency et d'Anville et d'une petite suite, il arriva à Lumigny. Là, avec les principaux protestants qui s'y trouvaient déjà, et quelques autres tels que Briqucmaut et Cavagnes, il tint un conseil, où il renouvela des promesses qu'il était bien résolu de ne pas tenir, el des ruses qui tendaient à prouver qu'il trompait les Espagnols pour servir le parti protestant, qui était seul trompé.
Après le conseil, Charles IX, sa mère et les chefs protestants déjeunèrent ensemble; puis ce roi fit une tournée dans le château. Fn le parcourant, il trouva l'occasion de donner de l'exercice à son naturel méchant : arrivé dans un lieu où l'on nourtis ait des lapins, il s'arma d'un bâton, cl s'amusa à frapper sur ces animaux ; il en tua plusieurs'. On sait que ce roi se taisait un plaisir d'abattre, à coups d'epee, les télés de la volaille, des cochons el des mulets, et de donner la mort aux bêles et aux hommes.
Le séjour du roi à Fontenay eut lieu au mois de juillet 1*71 ; et ce fut le 24 août 1572 que tomba le masque dont le crime'
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s'était couvert, et que furent massacrés ceux qu'on avait abuses par des caresses.
Kn 1618, le chà'cau de Fontenay appartenait au due d'Kpernon si fameux p »r sou orgueil, ses violences et sa tyrannie effrénée. Le jour «te Pâques, le roi Louis XIII et toute sa cour étant en grande cérémonie a l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, le duc, piqué de voir le garde-des-secaux, Du Vair, assis audessus des ducs cl pairs, se leva brusquement de son siège, saisit le garde-des-sceaux, et le poussa avec injures et mauva s traitements hors de l'église. Cette viotrnee rappelle celle que ce même duc exerça contre l'archevêque de Bordeaux, qu'il frappn publiquement de coups de poing et de coups de bâton.
Le garde-des-sceaux se plaignit vivement au duc de Luynes, qui gouvernait alors la France, et qui n'aimait pas le duc d'Kpernon. A la cour on résolut d'arrêter celui-ci; mais ce n'était pas chose facile, le duc ayant beaucoup d'amis pour le défendre. Quatre compagnies de Suisses furent destinées a investir son hôtel pendant la nuit du 7 au 8 mai. et à se saisir de fa personne. Le fier duc en fut averti : il réunit Irois cents cavaliers affidés, partit a leur tête à la pointe du jour, et arriva à Fontenay.
Le duc, s'y croyant à l'abri de toute poursuite, renvoya une grande partie de son escorte ; mais, dans la soirée du 8, d apprit par un courrier que ses amis de Paris lui adressèrent . qu'il n'était pas en sùretc i Fontenay, et que ries brigades de gendarmerie et de chevaux-légers de la garde marchaient pour l'y arrêter. Aussitôt d'Kpernon donna A tous ses scrvileuis l'ordre de monter achevai, et, pendant la nuil, partit avec eux et prit la route de Meta : voilà ce que lui valut son amour pour les pre>éan-e>.
Ce château passa ensuite à la famille de Breteuil. François- Victor le Tonnelier- Brcteuil était marquis de Fontcnay-Tresigny, sous le régne de Louis XV.
La construciion du château de Fontenay date de la renaissance. Son plan est un carré qui laisse au centre une cour de même forme ; le tout est protégé par de larges fossés, remplis d'eaux vives. On entre dans ce château par deux portes avec ponts-levis. Ces portes sont, chacune, fortifiées par deux tours que réunit une voûte crénelée, el par des meurtrières. Les quatre corps de bâtiments qui entourent la cour portent le caractère dts constructions du temps de François I". A l'extérieur, les quatre angles sont, chacun, flanques d'une tourelle ronde el élégante, dont la toiture a la forme conique très-effilée. Ces tours sont plus fortes en diamètre que celles des portes. Une de ces portes se présente en face de l'église paroissiale ; et l'autre donne entrée au parc.
Ce château s'est conservé dans son entier jusqu'au commencement du xix* siècle, époque où une de ses parties, menaçant ruine, rendit sa démolition nécessaire ; il n'y reste que trois corps de bâtiments et deux tours. Unadcs tours démolies contenait la prison et des cachots ; et l'autre, une chapelle de forme élégante.
Dans l'intéiicur des bâtiments encore debout, les amateurs des arts trouveront plusieurs objets intéressants : on voit dans les restes d'une galerie, convertis en appartement décoré, des peintures représentant, sur un fond d'or, des femmes en diverses altitudes, el. sur des panneaux et le plaîond, divers sujets tirés de la fable et du roman d'Angélique et Médor.
Dans l'une des tours est une pièce ornée de peintures remarquables par leur conservation; cl es sont appliquée sur une boiserie circulaire, dont le fond brun fait ressortir des arabesques eu or, entremélecsdc chiffres couronnés et régulièrement répétés. Dans 1rs panneaux sont peints des vases élégants, remplis de fleurs de diverses espèces, dont l'exécution est d'un l'un adniii able. Le plafond de cette pièce présente des armoiries et djvers sujets allégoriques. Le style de ces peintures fait croire qu'elles appartiennent a l'époque de la construction du châUau.
La place, qui se trouve entre le château et l'église, est décorée par une de ces fontaines anciennes qu'on voit encore devant de vi m châteaux, et qui se trouvent gravées dans de vieilles vignettes. Vers la cime, trois jets sortent d'un vase en plomb, tombent dans un premier bassin, et s'en échappent pour tomber dans un autre bassin plus vaste.
L'église paroissiale parait bâtie dans le temps où le furent la fontaine el le château. L'architecture en est simple el de l'époque de la renaissance. On y remarque des fragments de beaux vitraux ; les fonts baptismaux sont remarquables : leur sculpluic npparlie it au règne de François 1".
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Le cIik'Ikt s'élève en forme carrée ; des girandoles semblables ù celles du château ornent la toiture de cette église.
La ville de Fonlenay était autrefois entourée d'une muraille flanquée de tours et percée de portes. On en voit encore le* restes. Il v a environ quinze ans qu'une de ces portes, trop basse p ur les voitures de hautes charges, fut démolie. L'Ile était curieuse et contenait n un étage supérieur uue grande salle, où l'ancien ha iage tenait ses séances.
Celte ville est traversée et vivifiée par la grande route de l»aris à Rozay.
Aune lieue et demie, et au nord de Fonlenay . est le vaste château de la Houttaie, entouré de larges fossés pleins d'eau ; il a été embelli par le maréchal Augereau. On n'y entre que par des ponts- le vis.
Petite ville située dans une vallée agréable et fertile, sur la petite rivière d'Yères, à onze lieues vers le sud- est de Paris, et sur une route qui passe à Tournan et se termine de ce coté à Rozay même.
La petite ville de Rozay est fermée de murs flanqués de tourelles de distance en distance : ce qui prouve qu'elle eut autrefois plus d'importance qu'elle n'en conserve aujourd'hui.
Kn 1016, Hildcgaud, seigneur.de ce canton, établit dans ee lieu des chanoines qui, plus tard, en H53, donneront un grand exemple de modération & leurs confrères, exemple malheureusement três-peu suivi : ils trouvèrent leurs revenus trop considérables, et demandèrent que le nombre des chanoines fut doublé, afin que chacun, étnnt moins riche, menât une vie plus conforme à l'Évangile.
On remarque à Rozay l'Intérieur de l'église paroissiale, qui, par la délicatesse de son architecture, peut être comparée à une cathédrale. Il y avait, avant la Révolution, un couvent de religieuses de l'ordre de saint Dominique, converti aujourd'hui en hospice. Il s'y tient deux foires par an.