ROUTE OE PROVINS
CIIAPITRE 1.
BMCT, CONfLâXS, CHARENTOS, CRÉTKIL, SC5ST-KN-BRIS ET BOISSV- SAIKT-lÉGEïl, BRIB-CoMTK- ROBERT.
S ■«.— Bercy.
Château et port situés sur la rive droite de la Seine, au-delà des barrières de Taris appelées de la Râpée et de Bercy, entre le cours de cette rivière et In rue ou route dite de Berev.
Cette vaste, tendue de terrain qui s'étend depuis les barrières de Paris jusqu'au territoire de Couflans, était jadis occupée par des maisons de campagne, des habitations patticuliéies, et par deux maisons qualiliees de châteaux, et leur parc. L'une, appelée le Petit litrcy. est située en-deçà ou à l'ouest de la' rue dite Grangt-auï-Mercier$ : je parlerai de sa destination actuel le ; l'autre, située au-delà de celte nie, subsiste en son entier, et est nommée le Grand Iinrcy.
Ce château a longtemps appartenu à la famille de Malon. It Olier, marquis de Noiutel, l'a possédé, et l'a fait reconstruire par Louis Lcvaux, architecte du roi; le parc fut plante sur les de-sins de l.e Notre ; il a près de neuf ecuts arpents de surlace, et est orne de plusieurs statues. L'intérieur, richement décoré, olïre des tableaux qui représentent plusieurs circonstances de l'ornbassade de M. de Nointel à Conslantinoplc, peintes sur les lieux par Carrcy, éle.e de Lebrun.
Au commencement du règne de Louis XV, ce château appartenait a M. Paris, frère de Paris de Marmouttl, si fameux par ses rieliesses. Ce propriétaire fit construire à une exlrémiié de la terrasse, sur le bord de la Seine, un gros pavillon nommé encore l'tilé-ParU.
Ce clu'iti au et son pare, placés sur le bord de la Seine, et dans une heureuse situation, appartiennent aujourd'hui a M. de iNRolai.
Le château du Petit-Bercy, situé en-deçà et à l'ouest de ta rue la Grangc-nux-Mercicrs, subsiste encore; mais il a subi la métamorphose qu'ont éprouvée les maisons de campagne, les jardins, etc., qui sont situés entre cette rue et la barrière de Paris : voici la cause de celte métamorphose.
Dès qu'une contribution fut exigée aux entrées de cette ville, il se forma nu-dela de ses barrières des réunions d habitations, des guinguettes, où les boissons, franches du droit d'entrée et à un prix moindre qu'à Paris, attiraient les Parisiens. De plus, une grande partie des vins et autres liquides imposables qui arrivent à Paris, s'y rendant par la partie supérieure de la Seine, passe nécessairement devant Bercy : le commerce sentit bientôt la nécessité d'un entrepôt, où les vins et eaux-de-vic pussent être déposés avant d'être passibles des droits d'entrée. Ce ne fut pas l'unique motif de la préférence que les marchands et entrepositaircs donnèrent à l'entrepôt de Bercy sur le grand entrepôt situé dans Paris : ils étaient plus libres dans ce premier lieu, et pouvaient avec moins de gêne opérer leurs manipulations.
Bientôt toute la partie de Bercy, qui s'étend depuis la barrière de la Hapée jusqu'à la rue de la Gfange-aux-Mereiers, fut achetée, louée et couverte de magasins, pour la plupart construits à la bâte. Ia-s parcs, les jardins, les avenues plantées d'arbres disparurent presqu'enlièrement et furent remplaces par des celliers, des magasins et des maisons nécessaires aux besoins des commerçants. Le château du Petit-Bercy eut le même sort : il fut acheté par une compagnie qui loue des emplacements aux marchands. Le parc sert à cet usage ; mais le hâtimeut du château, ainsi que son jardin anglais, a été conservé.
Tous ces bâtiments, élevés sur le bord de la Seine, formèrent un quai nouveau dont la longueur était d'environ six cents toises ; mais un événement inattendu détruisit en peu d'heures les travaux de plusieurs années.
Le 31 juillet IB20, dans l'après-midi, un incendie éclata avec v iolenee et dévora presque toutes ces constructions, la plupat t couvertes en chaume. Le vin s'échappait des tonneaux brûlés et s'écoulait par torrents. Les pertes furent immenses : plusieurs marchands y perdirent leur fortune ; celle des autres en souffrit plus ou moins. On n'eut à déplorer la perte d'aucua individu. I n homme sur le point de périr, et que personne n'osait enlever au milieu des flammes, fut sauvé par un jeune étudiant, nommé Darode, qui, dans cette occasion périlleuse, montra autant de présence d'esprit que de courage.
Cet événement n'empêcha point les maisons du port de Bercy de se reconstruire ; et rétablissement de l'entrepôt vaste, mode et solide, situé dans l'cncelntc de Paris, ne Pc pas non plus de prospérer.
La Seine ou affluent l'Oise et la Marne, et l'Allier qui se jette dans la Loire, laquelle communique à la Seine par le canal de Briore et par celui de Montnrgis, transportent à Paris le produit des vignobles voisins de leurs rives ; et le port de Uercy en recèle une bonne part. Aussi, dans les mois des arrivages, .e port est aussi animé, aussi embarrassé que les rues les plu» fréquentées de Paris
Les marchandises déposées au port de Bercy sont les vins, !es eaux-dc-Nic, les huiles, les vinaigres, etc. Dans la nie d* Bercy, parallèle au port, on trouve des chantiers de bois a brùkr et de bois de construction, des entrepôts de pierres a plâtre, de briques, tuiles, ardoises, etc.
Bercy est du département de la Seine, de l'a de Sceaux et du canton de Chareutou.
Village et château situés à la suite de Bercy, et sur même rive de la Seine, à une lieue et à l'est de la barrière de
Paris.
Ce lieu doit son nom au confluent de la Marne et de la Seine, qui se trouve dans le voisinage. Il est ancien.
L'église de Saint-Pierre de ConQans existait au onzième sieele. Il y eut autrefois un château et des seigneurs qu'il serait fastidieux et peu instructif de dénommer. Il suffira de dire qu< François de llarlay, archevêque de Paris, désirant avoir uw maison de campagne dans les environs de celte capitale, en I07S, en acheta une du due de Richelieu, ainsi qu'une Ile sur la rivière. 11 y lit construire un nouveau château pour lui et
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS. goo
pour ses successeurs a l'archevêché de Paris, et y mourut le 6 août 1685. La vie de ce prélat fut peu édifiante; et son éUge funèbre' serait très-difficile a faire sans trahir la vérité.
Le château de Conflans, devenu la maison de campagne des successeur» de l'archevêque de Harlay, se rattache aux éxénements de l'épiscopat et aux longues querelles que fit naître la bulle L'nigenilut entre les jésuites et ceux qui ne l'étaient pas*. Depuis le galant de Harlay jusqu'à l'ignorant, l'opiniâtre, mais le charitable Christophe de Beaumonl, il se présente à raconter trop de faits qui ne plairaient pas a tous les lecteurs. Je me bornerai à dire que, de ce château, magnifiquement orné, irrégulièrement construit, on jouit d'une vue Ires-variéc, tres-pittoresque, qui s'étend sur le cours de la Marne et de la Seine, et sur les campagnes environnantes.
Bourg situé à l'est et à deux lieues de Paris, sur la rive droite de la Marne, à la suite de Conflans.
Sous ce même nom et sous la même commune sont compris des lieux autrefois distincts, aujourd'hui physiquement réunis, dits Ut Carrières, Charenton, le Pont d» Char < Mon, Charcnton- Sainl-Mauriee, tous situes sur la même rive de la Marne, plus ou moins prés de son confluent dans la Seine, et au basdu plateau de Vincennes.
Le quartier de Charenton, appelé Ut Carrièru, avoisine Conflans. Son nom désigne assez l'ancien emploi de son sol. Ce quartier se recommande par de jolies maisons de campagne placées sur le penchant du coteau, et surtout par des fabriques remarquables; telles que la fonderie de fer de MM. Manby, Witson et compagnie, dont les ateliers pourraient être compares aux forges de Vulcain ; des graveurs de cylindres pour l'impression des toiles, etc.
CKAIISTON-LE-POHT.
Charenton est connu dès le vu* siècle, si l'on en croit la légende de saint Mcrry. Il y avait alors un pont de bois que l'on suppose avoir existé du temps des Romains : on le nommait Pont Carantoni*.
Le pont de Charenton, sur la Marne, est un des plus anciennement bâtis pour faciliter, par terre, les arrivages à Paris. Il a toujours été regardé comme la eler de la capitale de ce côté. Aussi a-t-il été souvent fortifié et attaqué; et cette circonstance l a rendu célèbre dans l'histoire de nos troubles civils. Dès l'an 865, on trouve que les Normands s'en emparèrent et le rompirent. En juin 1358, le dauphin Charles, régent du royaume pendant l'absence de son père, Jean, prisonnier en Angleterre, se présenta devant ce pont à la tète de son armée pour s'en rendre maître; il voulait de là se diriger sur Paris, qu'occupaient les Anglais, et leur allie, Charles-lc-Mauvais, roi de Navarre. Les Anglais, qui s'étaient emparés de Charenton, sous Charles VII, en furent chassés le 1 1 janvier 1436, par la troupe du capitaine de Corbeil, nommé Perrière. En 1465, l'armée de la Ligue, dite du bien public, attaqua ce pont, et s'y posta pour protéger ses opérations contre Louis XI. Us calvinistes le prirent en 1667. Le25avril liOO, Henri IV l'enleva aux soldats de la Ligue, qui s'y dérendirent avec acharnement ; il était alors protégé par une grosse tour bâtie à la tête du pont; et l'histoire rapporte que dix enfants de Paris y résistèrent pendant trois jours à toutes les forces de l'armée royale. Henri IV fut si irrité de cette défense inattendue, que, devenu maître de la tour, il la lit raser et fil pendre les dix audacieux qui lui avaient tenu tête. Pendant les guerres de la minorité de Louis XIV, les Frondeurs y repoussèrent le prince de Condé, et y firent une perte de quatre-vingts officiers, au nombre desquels était leur commandant. I* prince de Condé s'en empara de nouveau la même année.
Pris et repris ainsi successivement pendant plusieurs siècles,
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