CHAPITRE III
VERSAILLES (hISTOIM).
8 l« -Drp-u, mm •*-l|tM> J..,.'* Lmutm Mil.
Tous les écrivains sont d'accord pour reconnaître qu'une chartre, donnée par Odon ou Eudes, comte de Chartres, au monastère de Saint-Pierre, de la même ville, est le titre le plus ancien où soit mentionné le lieu qui porte aujourd'hui le nom de Versailles. Dans le nombre des témoins signataires de rc titre, se trouve un certain Hugo ou Htuuu dt Vermliit. On ne sait rien de plus sur ce personnage. C'est donc en 1037 qu'il fut fait mention pour la première fois d'un lieu devenu depuis si célèbre. Nous trouvons, immédiatement après cette chartre, un acte de 1065 ou loec, par lequel un Geoffroy de Gomet fait à la fameuse abbaye de Marmouliers en, Touraioe, entre autres dons, celui de trois prébendes à Versailles, dont l'une tombera dans le domaine du couvent (indominio) et dont les deux autres formeront deux canonicaU qui seront A la disposition de ses religieux [arbitratu tt ditpotitioru dictorum (ratrum majorùmonatterii). Enfin, en «084, l'évéque de Paris, Geoffroy, concédant quelques chapelles dans son diocèse aux mêmes moines de Marmouliers, y comprend ce qu'il désigne sous ce nom : Alton $anctiJulianidt Vtrtaiiis'.
Il est ici quelques remarques intéressantes A faire. On voit que Versalis avait alors une collégiale, fondée sans doute par un ancien seigneur (peut-être Hugo de Versalils) aux droits duquel ce Geoffroy de Gomet avait succède d'une façon quelconque ; et de plus, une église paroissiale, sous la dédicace de saint Julien. La maison de Versaliis, qui parait avoir possédé à cette époque le territoire environnant, ne tarda pas à imiter l'évéque de Paris et les gentilshommes que nous venons de nommer, en enrichissant l'abbaye. Vers l'an 1100, Philippe de Versaliis, dégoûté du monde, quitta sa femme Helvise, et se retira a Marmoutiers pour y prendre le froc, après avoir, de concert avec cette Helvise, fait diverses concessions A l'église et au prieuré (ainsi désignait-on la collégiale), et lui avoir même donné une terre labourable auprès de Foutenay.
Les recherches qu'on a faites pour trouver l'origine du nom de Versailles n'ont pas été heureuses. La plupart des écrivains ont répété que ce nom lui venait de l'élévation du sol, qui faisait renverser les moissons1.
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» on rdroavc et nom <Un» ane rue appelée, de* le tnie ulecle, IVeiu Fern/iu. C'rtl la nie de VrriaHIrf actuelle dus le hatoarf •alat-TffMr. L'<M>« Lebeuf crotl q) ••' c a reçu *»■ nom d uo dt« («Igneor» «e rVWttr.
Digttized by LaOOQle
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS. î&
L'nbltayc de Marmoulirrs eut en sa possession les prébendes, le prieuré et la cure de Versalia*. pendant environ un siècle. Au cimmrncemcntdu règne de Philippe -Auguste, c'est-à-dire, vers l'un 1180, l'abbé de Saint-Magloire.de Pans, lit un traité avec l'abbaye, et lui donna un prieuré qu'il avait dans le diocèse de Saint-Malo, en échange du prieuré dit de Saint-Julien et de ses dépendances'. Le roi confirma ce traité par un diplôme daté de Saint-Gcrmain-en-Laye, dans lequel il exprime que la maison de Versailles, rfomwm de Veruliù. continue à être, ainsi que par le passé, sous sa royale protection.
La fête de ce saint Julien, honoré dès longtemps à Versailles, se célébrait le as août, avec beaucoup de pompe; cl, comme le saint était en grande réputation dans tout le voisinage, clic Attirait un concours assez nombreux de dévots.
L'église paroissiale avait le même patron ; elle était desservie par un curé, qu'on nomma l'abbé de Saint-Magloire, ju qu'au xvi* siècle, temps où celte antique abbaye fut réunie au diocèse de Paris'. La nomination appnrliut alors à PévéwMj toutefois les prieurs de Saint-Julien se prétendaient titulaires primitifs de la cure, et ils avaient vraisemblablement raison, car il est probable que le prieuré avait longtemps fan l'office d'une cure, et que l'établissement paroissial datait simplement de l'époque où l'accroissement delà population avait paru l'exiger. I es prieurs, au reste, alléguaient une preuve assez bizzare à l'nppui de leur prétention : c'est qu'ils étalent tenus «Je fournir à l'église, dans l'hiver, de la pailU pour fa femme*. On voit en y réfléchissant, que cette espèce de redevance du titulaire du prieure pouvait
en effet être considérée comme le reste des devoir* et des soins que leur imposait le titre de pasteur, envers une si précieuse portion de leurs ouailles*.
Les prieurs de Saint-Julien étaient au nombre de ceux qui devaient à l'église de Notre-Dame de Paris un tribut annuel d'un genre tout particulier. Ils donnaient, le jour de l'Assomption de la Vierge, le pigment, sorte de on e'pict, ordinairement servi à la fin des grands repas, et dont on usait peut-être pour terminer d'une manière un peu mondaine les solennités religieuses. Un registre, qui date du règne de Pbilippc-le-Kel, porte diverses mentions de prestations pareilles. Le prieuré fut réuni au diocèse de Paris, entre I6G4 et 1671, sous l'épiscopat de Pérélixe , historiographe de Henri IV.
Indépendamment des tilulaires de son prieuré, Versailles comptait encore des successeurs decis anciens seigneurs qui l avaient fondé. Tel était Martial de Loménic. conseiller et iccrélalre des finances sous le règne de Charles IX. Vers l'an t.->6i, le roi, sur l'invitation de ce seigneur, y établit, dans cette même année, quatre foires, qui devaient avoir lieu, l'une le 38 août, féte dn patron du lieu; la seconde, le 25 janvier; la troisième, le jeudi de la mi-enrème; et la dernière, le mercredi d'après la Pentecôte. Le même monarque permit aussi d'y tenir marché le jeudi de chaque semaine. Loménic, suspect à la cour, parce qu'il avait donné diverses preuves d'intén t au jeune roi de Navarre, fut enveloppé dans l'abominable proscription qui signala le jour de la Saint-Barlhelemi, en l'an l '>'2. Le roi de Navarre, devenu Henri IV, transmit au fils de Loménie la bienveillance qu'il avait marquée au père. Il allait, dit un contemporain, courre le cerf arec lui à VrrtaiUt**. Jean
pierre, devint mais
sou royal.
le.
g II -I MUXIII.
Ce prince fit d'abord construire un petit pavillon pour servir de renJiz-vous de chasse. Peu après, le roi «ennuyé, et sa « suite encore plus, d'y avoir souvent couché dans un méchant « cabaret a rouliers et dans un moulin à ne ni, après de longues « chasses dans la forêt de Saint-Léger et plus loin encore, » transforma ce petit pavillon en «in petit château de carte*1.
Arrèlons-nous ici pour examiner la situation de Versailles
i Callia f»n»lw««, tome m, colonne SIS. > Voyti te rouille du M* ilèck.
■ Le »ol des miitont particulières , des église*, de» école», lut planchera des de rota «talent, au til< et un, aieeles, reeouwu de paille. L* luMcoa- H « en changer souvent, t Hémoira i* THItymUain, partie i, page SU. «Saint-Simon, témirttj tome i, page 104.
XajSJS
avant 1rs grands changements qui vont lui donner une toute nouvelle.
Quelques détails sur l'état même du sol sont d'abord sains. Le tertre sur lequel est aujourd'hui le château se trouvait alors le point méridional d'une vallée dite de Chaville vers l'est, et de Mit* à l'ouest. La vallée s'étendait même sur les côtés de la butte de Versailles, jusqu'au pied de la colline de Satory, située au sud. La butte de Montbauron, actuellement dans l'intérieur de la ville, f les deux portious de la vallée. Au-delà de ces I les marécages de Porchéfontaine, dont le nom est resté à une ferme située à gauche de la barrière de Versailles, sur la grande route de Paris; et ceux de Glatigny et de Choisy-aux- Bcrufs, où il y avait déjà des hameaux peu considérables. La second n'existe plus. Plus près de la butte de Versailles se trouvait le village de Montrcuil. aujourd'hui réuni à la ville moderne. A cette époque, où le vieux pont de bols, remplacé depuis à Sèvres par celui en pierres que nous voyons actuellement, n'existait pas encore, la grande route de Paris à Brest traversait Saiiit-Cloud, et se dirigeait de là vers Vaucresson, Rocqueneoitrt, Villepreux, etc.-; une route secondaire partait de Saint-Cloud. passait par Ville-d'Avray, Montrcuil, où elle parait avoir laisse son nom à une rue qui porte encore le nom de rue aux Bceufs, coupait le village de Cholsy-aux-Bœufs, et se prolongeait vers le» pâturages de la Normandie; c'était, depuis un temps immémorial, le chemin qu'on faisait suivre aux bestbux distinés à l'approvisionnement de Paris. La plupart des collines environnantes étaient alors couvertes de bois, dont il resteencore des portions assez considérables, mais entre lesquelles les bâtiments et les cultures modernes ont mis de plus vastes intervalles. Tels sont les bois des Conards, de Porchéfontaine. etc., qui vont se réunir vers le nord-est à ceux de Metidon ; celui de Fausses-Reposes, qui occupe les environs de Ville-d'Avray ; cclu des I lubies ou des Spectret et Loupt-Garout, qui va par Rocquencourt rejoindre la forêt de Marly ; et enfin celui de Satory, qui, se continuant de colline en colline vers le sud-ouest, s'étend presque sans interruption jusqu'à la vaste forêt de Rambouillet.
Lorsque Louis XIII fit l'acquisition de Versailles, le petit château seigneurial occupait le penchant de la butte en face des hauteurs de Satory, au-dessous d'un moulin placé sur le met. Ce moulin était, à ce qu'il parait, d'une c et jouissait d'un certain renom dans le pays Lous XIII y avait quelquefois couché, ainsi que le dit Saint-Simon. Le monarque, en faisant élever son château sur le sommet delà butte, trouva,' dit-on, le moyen d'épargner le moulin, line anecdote, que la tradition a conservée, est un témoignage de ce fait. Louis XIV montrant un jour à un des seigneurs de sa cour les vastes bâtiments dont il avait couvert la colline, lui dit : v Vous » souvient-il d'avoir vu un moulin en cet endroit? — Oui, Sire, a répondit le seigneur: le moulin a disparu, mais le vent a est resté. ■
L'église de Saint-Julien était placée un peu au-dessous de la maison seigneuriale, et sur l'emplacement même où l^ouis XIV lit depuis ériger le grand-commun. Le village s'étendait le long de la route aux Bœufs, sur le reste de la i o line depuis le bas de la place d'armes jusque vers la porte de l'Orangerie : tel était alors Versailles.
Le château que Louis XIII fit construire à la place de la maison seigneuriale n'eut que vingt-deux toises sur chaque face ; il était formé de quatre pavillons liés ensemble par des corps de bâtiments simples. L'intervalle était une cour carrée. Le corps de bâtiment où se trouvait l'entrée ne consistait qu'en arcades surmontées d'une galerie en terrasse, et était orné d'un frontispice. A une époque où l'ambition et la turbulence des seigneurs tourmentaient le royaume, on avait cru devoir mettre la demeure royale à l'abri d;un coup de main, au moyen d'une faus»e-braie, sorte de chemin couvert, en de du fossé qu'on traversait sur un pont-levis. Ce château ressemblait, comme on voit, à tous ceux qui furent élevés en France au xvi* siècle. Ensuite à ces châteaux déjà plus réguliers, plus spacieux, plus commodes et plus ornés que les manoirs féodaux qu'ils avaient remplacés, succédèrent de plus élégants et de plus somptueux édifices*.
• Dtêeriplitm dtt Suriront de tarir, par Alexis Donnât, ingraiew-feo- -S, page 171.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Dans ion ensemble, ce rhàt<au était, comme on «oit, une assez. me><|uinr construction. Le pa*sigc de llassompierre qui suit 1rs mois que i venons de eitet prouve que les eonti m-
Foraint en porlnient le même Jugement. On délibérait, dan» assemblée des notables convoquée au eommenccn.ent del'année iMt, sur quelques profitions du roi. notamment s'il devait être fait quelques retrnnchemenls aux dépenses pour les bâtiments. Basaompierre, disant d'abord sur re point qu'il aurait pu eue de cet avis sous le résine précédent, ajoute: <> Nous avens bien pu connolire an roi actuel la qualité de des- « iruclcor. mai» non celle d'eihlicaleur. Saint-Jean d'Angcly, « Clérac, l,cs Tonnaina, Montheur, Négrenelisse, Snint-Anton- « nin. et tant d'autre* place* ratées et démolies ou hrùlres me « rendent preuve de l'un, et le lieu où m>us sommes, auquel, a dt puis le dire* du feu roi son père, il n'a pas ajouté une a seule pierre, et la suspension qu'il a faite depuis seize an- " nées au parachèvement de ses autres bâtiments commencés <• me font voir clairement que son inclination n'est point portée a à bâtir, et que les finances de la France ne seront pas epui- •• -«■■ s par se* somptueux édifices; si ce n'est qu'on veuille lui <i reprocher le chelif château de Versailles, de la construc- •• lion duquel un simple gentilhomme ne voudroit prend e « vanité. '»
Le rhileau avait été placé de manière à ce que, de cette élévation, la < ue portât aussi loin que possible Sur ce tertre borné de plusieurs cotés par des hauteurs asseï rapprochées, quelques chemins furent percés au travers des bois, qui, en descendant de la butte de Montbauron, ne se terminaient qu'au milieu de la place d'armes actuelle, c'est-à-dire sur le penchant même du tertre de Versailles Alors, dans les environs et du même roté, furent élevées quelques mnisons de plai>ancc par des courtisans, qui désirèrent avoir leur résidence près d'un séjourque le prince semb'ait alTcctionner particulièrement. Ce jeune et infortuné Cinq-Mars entre autres, qui paya de sn lê'e sa résistance aux volontés tyranuique* de Richelieu, avait pi. -s du château une habitation dont il ne reste plus de traces. Autour de ces demeures durent naturellement se multiplier les chaumières; et le village se trouva ainsi étendu graduellement sur l'autre revers de la colline. Quelques rue» furent même commencées dans l'emplacement ou esl actuellement la ville iieuv.- . Telle est celle qui reçut alors et qui porte encore actuellement le nom fameux de Duplessis. Ce quartier possédait alors une Irpiottrit très-ancienne, a laquelle tous les villages envi, mimants envoyaient leurs malades. Elle existait dès le xiv siècle, dotée de quelques terres situées aux environs*. La nomination du desservant appartenait à l'évéque de l'aris, au commencement du xvi' siècle. Elle fut sans doute abandonnée ainsi que plusieurs autres établissements du même genre, dans le cours des guerres de religion. Louis Mil en lit un hôpital sous le nom de la Charité, et il loua à crt effet une maison voisine, afin d'agrandir le nouvel établissement : c'est la l'origine de l'hospice actuel de Versailles, situé rue Dupletsis, et auquel nous reviendrons. I
Il nous reste à reconnaître les changements opérés sur les derrières du château. Un jardin occupa tout ce coté de la col* line, mais il ne comprenait guere que la moitié du jardin actuel, et ses limites étaient deux bosquets dont on avait dessiués symétriquement les allées. Il y en avait un qui portait le nom de bosquet Ikiupht*. en l'honneur du prince que la reine mit au monde apres vinut-trois ans de stérilité; ces bosquets avalent été non pas plantes, mais percés dans un bois qui occupait tout l'ouest du tertre. Kn dehors de l'euceintc tracée autour du jardin, était un parc qui ne s'étendait que jusqu aux villages de Chuisy-aux-RaHif» et de Trano i. A peu de distance fu établie une ferme dite de la Ménagerie, uni» où d ue parait pis que le roi l ouis XIII ait réuui d'autres animaux que ceux qui élalenl nécessaires à ses chasses.
Tels étaient -ou- ce règne la ville et le château de Versailles. Louis XIII y séjournait surtout daus l'automne, r«mme on le voit par la date de plusieurs déeUralions. Quelquefois, abandonnant le séjour de la capitale, ou tant d'ennuis l'assiégeaient, il venait se réfugier dans ce petit château, comme pour secouer un moment le joug Inévitable que la uùhleetede sou caractère
1 ■«•emsifrre, MtmMru , in-M, I. lu, Slt. • JLi»«r ri#0 livrât, •!>•*>, I1SI, folio (I.
lui faisait porter : c'est ce qui fit de Versailles le théâtre du détournent Inattendu de la fameuse / urne dei Ihiptt.
La reine -mère désirait ard< mment que son fils Louis XIII éloignât de la cour le cardinal de Richelieu, son ennemi Pendant l'absence de ce cardinal, elle rut, à ce sujet, un entretien secret avec le r.>i son fils. Celui ci promit tout ce qu'on lui demandait: mais le cardinal, soupçonnant cet entretien et son objet, parvint a pénétrer dans le heu no se tenait le conciliabule. Il entre au moment où les d> ux Interlocuteur* s'y attendent le moins, a Ah! k eoiW, s'écrie le mi — Vrmt partie: dt moi! • dit bar liment le cardinal k la relue. CHIc-ci, frappée de l'apparition subite du ministre, hésite d'abord, puis elle répond : > Oui. nnut parlioni de roui comme du plut méchant et du plut ingrat dt tout It* homme': et alors elle se répand contre lui en accusations et en mur s, Le roi la supplie vainement de se modérer. Le cardinal se jette à ses genoux ; mais elle n'écoute plus rien : Il faut qu'il soit chassé à l'instant même. Il te tourne alors vers le roi, et le prie de lui permettre de quitter son service et la cour. Le faible Louis XIII, cédant A la première impression, l'invite à se retirer. Le cardinal obéit; 11 (ait ostensiblement tout préparer pour son départ. Marie triomphe : la cour entière, birntot instruite des résultat- de celte scène, se transporte au Luxrmhourg ; et le roi, encorr indécis, se réfugi» presque seul à son château de Versaillet.
On a prétendu que si la reine-mère l'eût accompagné au lieu de rester à Paris pour y accueillir de* félicitations, elle eut triomphé. Elle se crut trop sure du succès, et cette confiance la perdit. Le roi se trouva le lendemain dans une disposition favorable à son ministre ; on le fil secrètement savoir à celui-ci, qui. par le conseil du cardinal de La Vallette. partit sur-lechamp pour Versailles. Kn entrant, il se précipita aux genoux du monarque, en l'appelant le meilleur dtt maitrtt. Louis lui répondit qu'il le regardait comme le terviteur le plut fidilt tt It plut affectionne ; et. apres avoir ajouté diverses autres paroles, il termina en disant : a Continuel à mu tenir comme tout are: fait jusqu'ici, tt it vont maintiendrai contre toute» let in trignet de vos tnnemit '. » Le cardinal, se voyant dans cette heureuse position, voulut se faire adresser de plut vives instances pour conserver le pouvoir: en con<équence, rommt il pleurait quand H routait, suivant l'historien l.eelerc*. il se jeta de nouveau à genoux, en versant d'abondantes larmes, et dit « qu'il ne pouvait pas accepter l'honneur de demeurer auprès
■ de Sa Majesté, de peur d'être l'occasion d'une division acan- « daleusc entre le Gis et la mère, et qu'il chercherait que'que
■ solitude pour s'y aller cacher et pleurer le reste de ses jours « le malheur qu'il avait d'être difTiimé comme un ingrat envers * sa bienfaitrice, a Le roi lui commanda absolument de rester à son service, cl lui assigna pour logement l'appartement du comte de Soissons; et sur-le-champ i s travaillèrent tous duix à chercher les moyens de punir les auteurs de l'intrigue dont le cardinal avait failli devenir victime. Voilà ce qu'on a appelé la Journée de* Dupet.
l a domination de Richelieu dura dès ce moment jusqu'à sa mort, sinon pais>b e. du moins toujours triomphante. Ce ministre cessa de vivre en 1643, et son maître le suivit de près dans le tombeau.
8 III H.gnr de I oui. XIV
Après la mort de Mazarin et les troubles qu'il avait causés pendant la régence en moi, Louis XIV déclara qu'il voulait gouverner la France par lui-même. Presque aussitôt se manifestèrent ses goûts fastueux, qui Imprimèrent un aspect tout nouveau a la cour de France, et furent l'origine des misères que la population eut dans la suite à endurer par les dépenses «■normes qu'ils occasionnèrent.
Jusqu'alors la cuur s'était fixée tour à tour à Paris , à Vinrenncs ou à Saint-Germain. Plusieurs raisons rendirent le séjour de la première de ces résidences désagréable au jeune monarque. • Li s troubles de la minorité, dont celte ville fut le « grand théâtre, dit Saint Simon '. avoieut inspiré au roi de « l'aversion pour sa ca itaie. l a persiidt'ou en. -me qu- son s séjour y étoit dangereux, et que la résidence de la cour
' Mémnirei 4t IrIMhi, lame m.
1 Tit du cardinal U aVAWfcv, tome u.
*U4m»irn, mine t, |. .<<■ ISS
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS. 27
■ ailleurs rendroit k Parts les cabales moins fréquentes par la
■ dislance des lieux , quelque peu éloignés qu'ils fussent, et o en même temps plus difficiles kcacher par les allée* et venues, « fut un nouveau motif qui l'en éloignait II ne pouvoit pardonner à Paris sa sortie fugitive de cette
• ville, la veillede* Roi» ; il s'y tr«uvoit enrore Importuné fie In « foule du peuple chaque, fois qu'il sortoit et qu'il paroissoit
■ dan* les rues. Il ne rétoit pas moins d'une autre sorte de
■ foule de gens de la ville, qui n etoit pas pour l'aller chercher a plus loin.
■ l e goût de la promenade et de la chasse, bien plus coro- « munes à la campagne qu'à Paris éloigné des forêts et stérile
■ en lieux de promenade; celui des bâtiments qui vint après, « et peu n peu toujours croissant, ne pouvoient être satisfaits dans « une ville où il n'auroit pu éviter d'être continuellement en « spectacle; enfin, I idée de te rendre plus vénérable en se o dérobant aux jeux de la multitude et k l'habitude d'en être a vu tous les jours : toutes ces considérations fixèrent d'abord le « roi à Saint Germain, a
Mais voulant signaler son reçue par la construction d'une demeure qui attestât réellement mut l'orgueil de la majesté royale, il tourna ses regards sur Versailles, dont la situation paraissait, à quelques éparcls, favorable à ses vues, et où il ne s'agissait que de continuer l'ouvrage entrepris par Louis XIII. Les travaux commencèrent dés 1661 : il fallut surmonter des obstacles de tout genre, et dompter la nature à force d'art et de prodigalité.
Les travaux furent poussés avec activité, sons les ordres de l'architecte Le veau; deux corps de bàiment, qui composaient les deux cotés d'une avant-cour, s'élevèrent sur deux lignes
parallèles, en avnnt et k quelque di-dam-e du château, en-deçà des rossés. On abattit la partie de!
qui en formait
et ainsi Tut découverte l'enceinte appelée cour de Rientôt aprèa. le vieux château fut en quelque sorte enfermé dans un nouveau plus élégant. Ainsi l'aspect général changea comme on peut le voir au frontispice d'un ouvrage qui retrace tes fêtes données par le roi k Versailles, en 1064 '. On y a représenté une vue du château ; nn cortège chevaleresque en fait le tour. Quoique cette vue soit bien loin de donner une idée de ce qu'est actuellement ce vaste et magnifique palais, on y chercherait vainement la modeste demeure que nous venons de décrire. C'est du cité des jardins qu'il y eut le moins de changements. Les deux lesquels dont nous avons parlé aboulis<aienl enrore k cette époque fort près des bâtiments.
Pendant que les travaux se continuaient, le roi venait assez souvent passer quelques jours à Versailles : « Son goût pour « madame de La Valliere, dit Saint-Simon >. qui fut d'abord un e mystère, donna lieu â y faire de fréquentes promenades. » Quand il lui parut que le château commençait k devenir digne de lui, il voulut donner aux reines et à La Valliere quelque» fétu peu commune», pour me servir des expressions de la relation contemporaine ». En conséquence, il s'y rendit k & mai têtu, accompagné de toute sa cour. Alors furent déployés un luxe et une élégance dont la cour de France n'avait point encore offert d'exemple. « Le roi traita pendant dix jours plus de six cents « personnes; outre une inllnlté de gens nécessaires k la danse « H à la comédie, et d'artisans de toute sorte, venus de Paris. »
Cette relation offre déjà ces formes d'adulation qu'on a tant prodiguées depuis dans ite pareilles occasions, a Le ciel même, ■ y esl-il dit, sembla favoriser les desseins de Sa Majesté, « puisqu'on une saison presque toujours pluvieuse, on eu fut
• quitte pour un peu de vent, qui sembla n'avoir augmenté que « pour (aire voir que la prévoyance et la puissance du roi étoient a à l'épreuve des plus grandes Incommodités. De hautes toiles, « des bâtiments faits de bois presqueen un instant, et un nombre a prodigieux de flambeaux de cire blanche pour suppléer k
• plus de quatre mille bougies, chaque journée, résistèrent a « ce vent, qui partout ailleurs eut rendu ces divertissements « impossibles à achever, a
Un gentilhomme modenais, Vigarani. avait été chargé, de concert avec le duc de Saïut-Aiguau, d'arrêter le plan do cette fêle. Les plaisirs de chaque journée durent, suivant l'usage de
> Ftttt ée Tirtaitln, In-folia.
' Uémmrtl, lome i, p*«c 404.
• FM— ée Vtruakt, tn «S St.
i époque, se rapporter k un sujet donné. Les fictions séduisantes de l'Arioste s'offrirent au gentilhomme italien. Il choisit le palaii d'Alcint. ce qui fit appeler ces fêtes Itt plai$irs de i'ile « «aeAoatee. On avoit fait en conséquence orner un rond, où a quatre grandes allées aboutlitoienl entre de hautes palis- « sades, de quatre portiques de trente-cinq pieds d'élévation « et de vingt-deux en carré d'ouverture, et de plusieurs festons « enrichis d'or et de diverses peintures avec les armes de Sa • Majesté. » D'autres salles et théâlrrs avaient été construits de la même manière en divers lieux des jardins.
La première journée fut un carrousel où le roi représentait Roger, couvert de diamants et brillant de tous les avantages personnels dont la nature l'avait doué. Accompagné des autres chevaliers qui devaient disputer les prix, il entra d'abord dans la lice, précédé des hérauts-d'annes, des pages et des écuyers tous richement équipés. Les dames, assises sous des arcs de triomphe, applaudissaient à cette entrée brillante. La calvncade était suivie d'un char colossal, représentant celui du Soleil entouré des Ages d'or, d'argent, de fer et d'airain, des Saisons, des Heurts, etc. Quelques-uns de ces personnages allégoriques vinrent tour-k-lour débiter des vers aux reines; puis les courses commencèrent. Le roi y remporta quatre fois le prix. La nuit venue, des tables furent placées par les divinités qui entouraient le char du Soleil ; et alors Pan et Diane s'avancèrent sur une montagne mue par des ressorts cachés, en descendirent, et tirent poser sur ces tables ,tout ce que les campagnes et les forêts produtseul de plus exquis. Derrière ces tables, sur un théâtre élevé comme par enchantement, des musiciens, pour charmer le repas, exécutèrent des symphonies. La journée suivante offrit des plaisirs analogues : nous y voyons figurer un des plus beaux génies dont la France s'honore ; la gazette rimée de Loret porte ceci :
Le second jour li comédie, Des rimes rie Molière ourdit, * Où l'on remarque plrJnrmenl,
Grand esprit al grand •crément*.
Cette comédie, ourdie par lu rimee de Molière, est la Prineeue d'Elidt, où la cour trouva une foule d allusions fines et plaisantes. On y voit un de ces fous, personnages fort comrauos dans les palais, au xv* siècle, et dont la
d'alors offrait
encore quelques analogues.
Les jours suivants, d'autres comédies de Molière, U Mariage forci, 1$ Fdehtux, furent également représentées devant cette assemblée. Enfin, le roi voulut aussi voir jouer les trois premiers actosde Tartufe, que Molière n'avait point encore achevé. Quoiqu'il approuva beaucoup cet admirable ouvrage, il en défendit la représentation publique jusqu'à ce qu'il l'eût mûrement examiné. Les applaudissements que reçurent les pièces de Molière, attestent les progrès du goût dans celte cour. Toutefois, par un singulier contraste, on s'extasiait en i devant les devises et Jes intermèdes que Periguy avaient composes dans un jargon fade et ridicule.
Cependant les travaux se poursuivaient. L'architecte Juin- Haidouin Maueard avait alors remplacé l-evenudaiu la direction de ces bâtiments. Mansard avait reconuu, dés l'abord, combien la nécessiié de conserver l'ancien château de Louis XIII pouvait contrarier la grandeur de ses plans. Il le lit sentir, mais sans pouvoir changer à cet égard la volonté de l'impérieux monarque. Soit sentiment de respect pour ce qu'avait construit son père, soit bizarrerie de goût, Louis XIV persista k conserver le château; et l'on rapporte que le> inspecteurs des bâtiments lui ayant un jour déclaré, saus doute afin de servir les vues de Mansard, qu'il n'était pas d'une construction assez forte pour pouvoir être maintenu : Je toi* bien, dit- il avec humeur, où l'on vuut en venir : ri U bâtiment ett mouvait, U faut l'abutm ; moi* il tera rétabli comme il ut. Le bâtiment se trouva bon.
L'opiniâtreté du roi rut donc le motif de la conserv ation des trois façades de ce qu'on appelle aujourd'hui la Cour dt mmbn>, à cause du pavé dont elle est revêtue. Cette cour paraîtra toujours mesquin," à côté des vastes l>âUnaentst|uil'accornpagistnt. Son sol fut exhaussé de quelques marches; son uiveau esta 8,9* pieds nu dts.Mis.de U hauteur des, eaux, de la Seine, à Sevrés. C'e>l le point le plus élevé du sol du château.
I Num AiiOrifM, <<| U «Ml ISS*.
II1ST0IHK DES ENVIRONS DE PARIS
Pour réunir la cour de marbre au» bâtiments construits par l.evpau en avant du château, ainsi que nous l'avom dit précédemment, on fit d'abord une addition de construction de 15 toises de profondeur, dans un style analogue à celui du bâtiment primitif. Ceci lait, on éleva dans la façade du château qui regardait le jardin un vaste corps de logis qui le masqua entièrement. Là, rien ne uêna Mansard; dans cri état, le château occupait un parallélogramme d'environ ?0 loises. Il avait, comme on voit, changé une troisième fols de face.
Un peu plus tard fut construite l'aile du sud ; mais alors elle n'était point liée au château, comme elle le fut dans la suite. De l'autre côté, â l'emplacement où est aujourd'hui la chapelle, on éleva celte grotte célèbre d'où l'on voyait un torrent d'eau se précipiter à grand bruit entre des rochers artificiels sous les voûtes de l'édlûce. On doit cette ingénieuse composition aux dessins de Robert : et, pour l'embellir, Cirardon, aidé de deux autres artistes, exécuta les beaux groupes dont on a décoré depuis celte partie des jardins connus sous le nom de Bain* d'Apollon.
Celte grotte, construite â grands frais, fut démolie ; et sur son terrain on éleva la Chapelle actuelle, le troisième édifice qui ait porte ce même titre. Il est fait mention de la première chapelle dès 1665 1 ; une seconde fut, le 30 avril 1682, bénite sous l'invocation de saint-Louis; cibles prêtres de la mission curent l'emploi de la desservir; les lettres- patentes de cette année* portent fondation d'une communauté de quatorie membres de cette congrégation, savoir : six prêtres, six clercs et deux frères, pour être attachés â cette chapelle et y administrer les sacrement* aux personnes de la cour. Enfin, m 1690, fut décidée la construction de celle que l'on voit aujourd'hui. Achevée en lïio, elle fut bénite par le cardinal de Noailles, le 5 juin de la même année.
Il semble qu'avec l'aile dn nord qu'on venait d'ajouter i celle du sud, le château devait offrir des logements suffisants pour la cour la plus nombreuse et la plus magnifique. Toutefois, ce ne fut point assez encore; et l'on se vit obligé de construire ces deux bâtiments parallèles qui forment une troisième cour H se prolongent jusqu'à la grille. La première intention avait été d'élever seulement quatre pavillons; les intervalles furent remplis dans la suite; ces pavillons furent assignés aux ministres. En adjoignant aux diverses constructions que nous venons d'énumérer un immense bâtiment carré que le roi lit bâtir devant l'aile du sud, sur l'emplacement de l'ancienne éplise de Saint-Julien, et qu'il apprla le grand-commun, on saisit l'ensemble des édifices qui constituent le château de Versailles, et auxquels les successeurs de Louis XIV n'ont pu apporter que de légers changements. Ce grand-commun était destiné aux cuisines et magasins ; il contenait mille chambres, où se trouvait entassée cette foule de valets de tous grades, nécessaires pour le service d'un si vaste palais.
En dehors de la dernière enceinte terminée par une grille, est une vaste place d'armes, à laquelle aboutissent trois avenues que l'œil peut embrasser du centre même des cours du château, et qui offre un magnifique aspect. Ces avenues furent séparées par les écuries, vastes bâtiments que Mansard voulait rattacher tout à fait au château par des galeries qui eussent entouré la place, en venant se terminer aux extrémités mêmes de la grille.
Les changements ne furent pas moins considérables »ur l'autre revers de la bulle ; le génie de Le Nôtre y seconda merveilleusement les belles conceptions de Mansard : de magnifiques jardins y remplacèrent les humbles bosquets de Louis Mil. Mais, ainsi que l'architecte, le dessinateur des jardins eut à lutter contre un entêtement irréfléchi de Louis XIV Ce prince s'opposait à ce que l'allée royale ou du tapi* ttrt fui agrandie selon les vues de Le Nôtre.
Celui-ci, reuouvelant ses Instances, parvint un soir à obtenir uoe sorte de consentement ; et, craignant de le voir bientôt révoqué, il passa toute la nuit â faire exécuter son projet. Le Nôtre avait, comme on sait, une vivacité d'esprit et une liberté —es «iul rend ce fait assez probable. Quoi qu'il en soit, allées reçurent aussi dus dimensions proportionnées étendue de l'allée principale. De* pièces
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1 R-iiUnt erthitpiêcopeux, ftrit, iraAe IS«S. ' **eiur**i» parltmtnl, is mal ««St.
(1 eau furent heureusement distribuées dans ce et l'orangerie, élevée dan* les années 1685 et 1686, à former un ensemble imposant.
Nous avons fixé plus haut les limites du jardin et du parc de Louis XIII; dans la suite elles furent changées. La plus grande partie des terres qui avaient appartenu au parc jusquelà furent attribuées aux nouveaux jardins; et les limites de ceux-ci ayant été portées plus loin, celles du parc durent nécessairement aussi être reculées. Une nouvelle enceinte comprit donc les villages de Trianon et de Cbolsy-aux-Bceufs, qui furent alors détruits : c'est la portion qu'on appelle encore de nos jours le petit pore. Les terres des deux villages furent départies aux trois fermes de Satory, de Galie et de la Ménagerie. Cette enceinte avait 1 6 myriamèlres de tour : une seconde qui en avait 88 comprit les villages de Rennemonlin, Noisy, Railiy, Fontenay. Roisd'Arcy, Saint-Cyr, Gnyancoort et Rue : c'est ce qu'on appelle le grand pare. La clôture de ce grand parc est aujourd'hui presque entièrement détruite, et les terres sont aliénée* en très-grande partie ; de sorte que cette vaste étendue de terrain porte une dénomination qui n'a plus de sens. 11 faut remarquer que ces deux enceintes n'ont jamais été enfermées» exactement l'une dans l'autre; la ville, le château et le jardin les coupent en un point où les deux lignes viendraient à peu près se confondre
Le petit parc se trouve rattaché aux jardins par deux belles pièces d'eau : le grand canal et celle dite des Suisses, parce qu'un régiment suisse fut employé à la creuser.
Cet article des eaux de Versailles rappelle de pénibles souveuirs. On ne peut lire sans effroi, dans les écrits des contemporains, des passages relatifs aux travaux immenses qu'il fallut exécuter pour amener ces eaux sur cette butte aride, environnée jusque-là de quelques marais insalubres. Ecoutons Saint- Simon : « Mais feau maoqooit, quoi qu'on pût «aire; et ces « merveilles de l'art, ces fontaines, tarissoient.
« font encore à tout moment, malgré la prévoyance de ces «. mers de réservoirs qui avolent coûté tant de millions à éta- « blir, et à conduire sur le sable mouvant et la fange. Qui « l'aurait cru? Ce défaut devint la ruine de l'infanterie : raa- « dame de Maintenon étoit à la cour; M. de Louvois étoit « bien ave celle; on jouissoit de la paix ; il imagina de détour" <> ner In rivière d'Eure, entre Chartres et Maintenon, et de la « faire venir tout entière à Versailles.
a Qui pourra dire l'or et les hommes que la tentative en « coûta pendant plusieurs années, jusque-là qu'il1 fut défendu, a tout le* plut grandet peines, dont Ut campe qu'on y avoir a établit et qu'on y tint trft-longtempt, d'y parler det tnaladet, « surtout dit morts que le travail tt plut encore Ut exhalaia tons de tant de ferres remuées tuoitntf Combien d'autres « furent des années à se rétablir de cette contagion ? Combien « n'en ont pu reprendre la santé pendant le reste de leur vie? « Et toutefois, non seulement les officiers particuliers, mais les « colonels, les brigadiers et ce qu'on y employa d'ofiiciers-gé- « néraux, n'avoient pas, quels qu'ils fussent, la liberté de s en « absenter un quart d'heure, ni de manquer eux-mêmes un « quart d'heure de service sur les travaux.
« La guerre les Interrompit en 1668, sans qu'ils aient ete « repris depuis; il n'en est resté que d'informes monuments a qui éternisent cette cruelle entreprise*. »
Uangeau nous apprend qu'en 1684 il y avait tous les jours vingt-deux mille hommes et six mille chevaux qui travaillaient à Versailles*. L'année suivante, il porte le nombre des travailleurs à trente-six mille. Madame de Se v igné dit* qu'on emportait la nuit des chariots remplis de malades ou de morts. Enfin nous lisons dans les Mémoires de madame de La Fayette : u On « employoit les troupes à ce prodigieux dessein pour avancer « de quelque* année* Ut plaùir* du roi, et on le misait avec « moins de dépenses et moins de temps que l'oo n'eût o:é « l'espérer. La quantité de maladies que cause toujours te re- « mucraent des terres mettoit les troupes qui étoient campées « à Maintenon, où étoit le fort dn travail, hors d'état d'aucun « service ; mou cet i*»w«iwil ne paroittmt digne d'à « attention, au *<tin de la tranquillité dont on jouittoit'.»
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HISTOIRE DES ENVIONS DE PARIS
REntrnîné par de fausses idées de grandeur et de gloire, I Louis XIV avait poussé la prodigalité jusqu'à la démence : ici le même entraînement le conduisit a des actes de cruauté.
Cependant, tandis que ces grands travaux s'opéraient, une ville nouvelle prenait la place de l'unti<|tic village de Versailles. Le roi encouragea, par une foule de concessions avantageuses, les persounes de tout rang à imiter son exemple, et à faire construire autour de son château.
En tfi'J, parut une déclaration royale qui fut suivie de quelques autres, également favorables à la cité nouvelle : elle confirmait les dons d'emplacement sur lesquels on avait déjà bàli, ou sur lesquels on devait bâtir. Ces maisons ne pouvaient être affectées à aucune hypothèque, ni saisies et adjugée* pour autres causes que des dettes privilégiées; en lf.aj, les mêmes avantages furent étendus aux héritiers des propriétaires auxquels In cité devait de nouveaui accroissements; eofin.en 1696, il fut ordonne que le* loyers de ces maisons ne pourraient être saisis que pour le paiement des dettes privilégiées. Tant de concessions avantageuses devaient naturellement ameoer une prompte métamorphose : les modestes clos des paysans se vendirent en peu de temps, pour servir à la construction de vastes et élégantes demeures, et les voies étroites qui menaient à l'ancien village devinrent comme par enchantement des rues spacieuses et tirées au cordeau. Louis XIV, en 17 13, crut devoir supprimer les déclarations dont on vient de parler, attendu, dit l'ordonnance, que Ut motifs en étaient ceins, et que set vues à n i égard atoitnt été remplie» au-delà de ses espéraneet.
Toutefois, cette révocation n'arrêta point les progrès de la cite nouvelle; mais, comme le despotisme ne pouvait jamais perdre entièrement ses droits sous le règne de ce prince, Il fut d'abord défendu aux simples particuliers de bâtir en pierres de taille, et d'en donner même l'apparence à leurs maisons au moyen du plaire : il fallut qu'a, l'imitation des bâtiments royaux, les premières habitations fussent en briques, ou du moins qu'elles fussent peintes de manière i le faire croire.
La ville fut rattachée au château, d'une part parla rue des Réservoir*, et de l'autre par celle de lu surintendance. Elle oflrit alors trois divisions principales : au nord, la ville-neute; au sud, le Vieux- Versailles ; en lace du château le vaste emplacement où se trouvait le faubourg de Limoges, ainsi nommé , parce qu'il était le séjour d'une colonie de Limousins employés au château. Ce faubourg était partagé en deux rues parallèles: c'est le coté de la ville qui a le moins gagné jusqu'à nos jours. Louis XIV y lit construire derrière les écuries et sur la grande avenue do Paris deux maisons, pour être les demeures du grand» veneur et du grand-mallrc de la maison du roi. L u peu au-delà de ces deux bâtiments, fut tracée une avenue transversale formant une espèce de boulevart, qui séparait la vide de la campagne ; en avant des deux buttes de Montbauron et du Parcaux-Cerfs, la grande avenue n'offrait aucune habitation; et Bonteuips, valet-de-chamhre favori du roi, n'obtint pas sans peine l'autorisation d'y construire un petit pavillon, car le roi voulut que rien ne détruisit le caractère d'unité que lut offrait cette position. Ce petit pavillon, étendu par la suite, est devenu la maison de Ferj«nne#.
Dans le Vieux-Versailles, l'antique église de Saint-Julien avait été détruite pour faire place au grand-commun, sans laisser d'autres traces qu'une rue qui porte encore le nom du saint. En face de cette rue fut bftli un couvent de récollets établi d'abord dans la ville neuve, et depuis transféré dans cet autre quartier pour dédommager les habitants de la perte de leur église. Cette maison de récollets devint dans la suite one des plus riches de cet ordre. L'enlisé n'offrait de remarquable que quelques tableaux de Jouvenet ; pendant la Révolution elle fut démolie , et le couvent fut transformé c» une caserne de Suisses.
Un parc, destiné à élever des cerfs et aut res hetes fauves, occupait tout l'espace entre le potager actuel et la butte des étangs Gobert. Sur la fin du règne de Louis XIV, on fit de ce terrain un nouveau quartier qui conserva le nom de Parc-aux- Virfs. Des rues furent alignées et des malsons bâties, et l'on lixa l'emplacement d'une église.
Dans la ville neuve, une chapelle vaste avait été construite dès les premiers temps, assez près de l'église actuelle de Notre- ! Dame : elle était desservie par les missionnaires de Saint-Lazare. On continua cependant d*y honorer d'un colle particulier
l'ancien patron saint Julien. La population ayant rapidement augmenté, Louis XIV posa, en 1680, la première pierre d'une autre église qui fut achevée en 1 686, et placée sous l'invocation de la sainte Vierge, On y transféra de l'église voisine les reliques de saint Julien ; mais le culte de ce saint fut abandonné l'année suivante ; et l'on ne voit pas qu'il en ait été fait, depuis cette époque, aucune mention particulière à Versailles. Quant à la petite église, elle ne servit plus dès lors que pour inhumer ceux qui n'avaient pas voulu être ensevelis bourgeoisement dans le cimetière public. Le célèbre Péiisson y recul une tombe. Cette église n'existe plus. Les principales rues de ce quartier datent de cette époque.
Le palais avait été terminé, du moins quant à ses parties principales et nécessaires, en 1672 ; et c'est aussi vers ce temps que le roi y établit sa cour d'une manière fixe. Ainsi il avait fallu onze ans pour ériger tous les bâtiments, autres que ceux que nous avons indiques comme étant d'une date postérieure. C'est là qu'entouré de toutes les magnificences qu'il avait créées, Louis XIV passa les vingt-sept ou vingt-huit dernières années de sa vie, marquées par des revers au sein desquels il se mon tra plus réellement grand que dans le cours des prospérités de sa jeunesse. Nous esquisserons' ici les particularités principales qu'offre l'histoire de la cour pendant cette période de son règne.
Louis XIV, après avoir, dans les premiers temps, couvert ses amours de quelque mystère, avait cru pouvoir ensuite s'affranchir de toute contrainte et afficher publiquement l'adultère et l'immoralité. La Vallière, la seule de ses favorites dont le caractère ait trouvé grâce devant l'histoire, fut en quelque sorte une seconde reine dans la demeure royale. Dès lors il fut tacitement convenu à la cour que le roi devait avoir une maltresse au moins , et que des actions, coupables ches un de ses sujets n'avaient plus rien que d'ordinaire et de régulier chez un monarque aussi puissant. Ou suit les progrès de l'esprit de la cour sur ce point, en lisant les contemporains, en comparant par exemple les passages qui se rapportent au commencement de la faveur de La Vallière, et ceux qui regardent le temps où, lassé de ses complaisantes tendresses, son infidèle amant cherchait auprès de la Acre Montespan des relations d'un autre genre et des plaisirs plus vifs.
Les charmes d'une artificieuse rivale étaient enfin parvenus à éteindre In passion du roi pour la première de ses maltresses en titre. La Vallière recula longtemps devant cette cruelle certitude^ enfin, obligée de reconnaître que le courage même avec lequel elle supportait l'infidélité du monarque était à chargp, elle accomplit une résolution formée depuis longtemps, celle de cacher les erreurs de sa vie dans un couvent. En conséquence, le 19 avril 1674, elle reçut les adieux de la cour chez celle qui l'avait remplacée, et s'ensevelit le lendemain, à l'Age de trente ans, dans le couvent des Carmélites de la rue Saint- Jacques, où, sous le nom de soeur de la Miséricorde, elle vécut trentesix ans dans ta pratique des vertus religieuses. « Une anecdote «■ singulière, dit Saint-Simon, c'est que madame de Montesa pan, étant tombée dans la disgrâce, alloit souvent voir « madame de La Vallière aux Carmélites, et la consultoit
• comme un directeur1. » Cette circonstance peint le caractère de La Vallière mieux que tout ce qu'on pourrait dire,
Montespan régna dès lors à la cour, non pas sans partage à la vérité : car une foule de maltresses, dont il est fort inutile de citer ici 1rs noms, occupèrent plus ou moins de temps les affections du léger monarque ; mais la faveur dont elle jouissait n'était que momentanément altérée ; le roi revenait toujours à elle ; et les inégalités mêmes de son caractère semblaient l'attacher encore à cette femme, sur laquelle madame de Mainleson a écrit ce singulier passage : « Elle atteloit six souris à un a carrosse de filigrane, et s'en laissoit mordre ses belles mains. « Elle avoit descochons et des chèvres dans des lambris peluts
• et dorés. Le roi la montrait aux ministres comme un enfant, «^se récriant sur le badioage de Mortcmart ; mais elle savoit « tous les secrets de l'État, et donnoit de très bons conseils « et de très-mauvais, selon ses passions *. »
En 167 a, les filles de la reine furent dispersées et remplacées par des dames. « C'étoit, raconte madame de Sévlgné',
i Vimoirts, tome III, pj«e SS7.
» LeUrr, U mvlnm* d» ««<aI«m.. UX» VI, ptge SSS. ' UUru i, xnvUm* i, S,iin*, Urne II, pift S»».
HISTOIRE DES ENVIRONS DI PARIS
• une carême redoutable que cette chsmbre des filles , d'où ■ «or toit une hydre à télés renaissantes, qu'il falloit sms cesse
• conilwitlre. Madame de Montespan préféra la sûreté qu'elle
• te proruruit en r étouffant tout d'un coup , à l'honneur
• incertain d'en triompher souvent. » L'attachement momentané du roi pour une de ses filles fut, dit-on, re qui porta madame de Montespan A exiger une réforme qui peut avoir contribué à rendre plus tranquille l'existence des favorites, mai* qui parait n'avoir été d'aucune utilité sous le rapport des mœurs.
Ici nous voyons paraître sur la scène la célèbre veuve du poète Scarron. Longtemps obscure à la cour, ou elle ue présageait guère qu'elle v occuperait un jour le second rang, elle soiguait avec une affectueuse patience l'éducation des enfants que la favorite donnait au monarque. L'humble gouvernante, que le roi avait d'abord vue avec une sorte de déplaisir, sut lira luellrment gagner son estime, sa confiance et son affection, l-a rivalité éclaia dès que l'Impérieuse maîtresse s'aperçut des progrès de madame Scarron sur le cœur du roi; et cette rivalité subsista longtemps, Louis na pouvant que peu à peu rompre 1rs lieu» qui l'attachaient à madame d« Montespan. D'ailleuriî madame Scarron, politique dans son ambition, et rêvant dés lors une puissance à laquelle les autres favorites n'avaient pas osé prétendre, ne manifestait que de* dispositions bienveillantes envers sa rivale; elle marchait lentement pour arriver avec plus de certitude au but. A mesure que les grâces de son esprit séduisaient le roi chaque jour davantage, elle le familiarisait de piu» en plus avec cas idéea et ces habitudes dcvotleoses qui faisaient le fond de son caractère. Peu à peu, des scrupules s'élevèrent dans le cœur du roi sur les liaisons coupables dont il avait si lougtemps donné l'exemple; madame de Montespan, toujours plus négligée, s'éloigna momentanément de la cour ; en lin, en test, après le mariage de mademoiselle de Blois, sa fille, avec le duc de Chartres, depuis régent du royaume, elle cessa entièrement d'y reparaître. Bile vint à Pans, où, jusqu'à l'année lïOî , époque de sa mort, il lui fut régulièrement paye une pension de mille louis d'or par mois (vingt-trois mille cinq cent cinquante de no* francs '). Ainsi madame de Montespan coûtait elle seule à la France trois fois plus que tous les savants de l'Europe et du royaume, dont les pensions se montaient, suivant Duclos', à soixante-six mille trois cents livres: c'était payer un peu cher, aana doute, les faiblesses d'une concubine disgraciée. .
Aussitôt après celui rupture solennelle eut Heu la bisarw et secrète union qui plaça dans le lit du pros orgueilleux des potentats de l'Europe n veuve d'un poète dont le nom rappelle a la postérité une figure ridicule et des écrits d un style burlesque. Les écrivaios ont varié sur la date du mariage du roi avtc cette veuve, devenue marquise de Maintenon. On l'a apportée tour à tour aux années 1684, 1685 et t«86. Il est probable que c'est A l'année intermédiaire qu'il faut s'arrêter, l-a cérémonie fut célébrée à Versailles dans une des chapelles des cabinets, on présence de Louvoie et de Monrhevreuil. L'archevêque de Pans. Harlay, lit la célébration, le père de La Chaise dit la messe, et Bontemps la servit *.
Parvenue au litre d'épouse de Louis XIV, il parait que madame de Maintenon aspira A celui de reine, en rendant ton .mariage public. Le ministre Louvois, qui, après s'être en vain oppose à ce mariage, avait du moins fait promettre au roi qu'il serait toujours tenu secret, l'emporta sur les instances de la nouvelle épouse. Plus lard, elle lit encore quelques tentatives, que Louvois rendit une seconde fois infructueuses, de concert avec l'archevêque de Paris».
Le règne de madame de Maintenon changea la face de la cour : c'est alors que la licence des mœurs s'y couvrit d'un voile de pruderie orgueilleuse et de souple hypocrisie, qui ne fut depuis que momentanément soulevé. Tous les esprits se tournèrent vers une dévotion sans lumières ; on s'attacha surtout aux pratiques, aux vaine* observances; et on négligea la morale évaugélique, objet principal de la religion. Conduit dans cette fausse route par les jésuites La Chaise et Letellier, on arriva au fanatisme; et bientôt d'effroyables persécutions précédèrent la révocation de l'édit de Nantes.
I Valut», SfM* it £««ti XIV.
s Mémoirtt Mcrttt, toma 1, pjga ISS.
* Sjonl-Siroon, Mjmmru, .otnr IV, pite SS.
« Tant que le roi, dit Duclos1, avait été occupé de ses
• amours, la cour avait été galante; aussitôt que la dévotion « s'en fut emparée, elle devint triste et hypocrite. On s'cail a empressé aux fêles, aux spectacle* : on coii'ut a la chapelle; c mais le roi t tait toujours le dieu à qui s'adressait un nouveau « culte. Il ne tint qu'à lui de s'en apercevoir quelquefois : un « jour que ce prince devait venir au saint, les travées étaient « plaines de dcvols et de dévotes de cour. Brissac, major des
■ gardes du-corps, entre dans la chapelle, dit tout haut aux
■ gardes que le roi ne viendrait point, et les fait retirer. Les
• trsvées se vident à l'instant ; il n> reste que la marquise de « Dangeau et trois ou quatre antres femmes. Un quart d'heure « après , Brissac replace les gardes ; le roi en arrivant est « étonné d'une solitude si extraordinaire : Brissac lui en dit le s raison, le roi en rit, et peut-être excusa-t-il l'indifférence
• qu'on marquait pour le salut . par le respect et la crainte t qu'on témoignait pour sa personne. »
On sait les disgrâces qui assaillirent Louis XIV dans la dernière époque de sa vie. Plusieurs batailles perdues amenèrent des pains ennemis jusqu'aux portes de Paris. Une famine opiniâtre se réunit au fléau de la guerre pour accroître les souffrances du peuple. Un luxe insensé avait épuisé le royaume. Les impôts ne pouvaient plus suffire à l'entretien des armées, et il semblait que la misère, de plus en plus croissante, allait tarir toutes les ressources du revenu public. Vlllars sauva la France a Denaio. La paix fut conclue, et Louia XIV put continuer, dans une tranquillité humiliante, un règne pompeusement coinoieucé et tristement fini.
Il est préaumable que les résultats graves et nombreux de l'orgueil et de l'ignorance do ce roi lui causèrent des chagrins qui avancèrent ses jours. La nature l'avait doué d'une constitution robuste et d'un sens droit qui laissèrent souvent à deviner son défaut d'instruction et ses illusions de pouvoir. Ce monarque. Ires-malade, dit h ceux qui l'entoura enl : « Je meurs dans la foi et la soumission A I Eglise; ji n« sut* « pas instruit dt$ matitVtt e«i la frotibtai! * ; • et en s'a dressant aux prélats : « Je n'ai suivi que vos conseils; j'ai fait « uniquement ce que vous avex voulu; si j'ai mal fait, vous en « répondrez devant Dieu, qne je prends A témoin. ■ Les cardinaux de Roban et de Bissy ne répondirent que par des éloges sur sa conduite : s car il était destiné, dit Duclos », A être loué a jusqu'au dernier moment de sa vie. >
Il ajouta ensuite : « Je prends enoore Dieu à témoin que je « n'ai jamais liai >e cardinal drNoailles; j'ai toujours été fâché « de ce que j ai fan * outre lui, maison m'a dit que je le devais « faire. » On proposa alors «lu recevoir l'archevêque; il déclara que, loin d'y avoir de la répugnance, il le désirait : ■ Si ces a messieurs dit il, en regardant les deux cardinaux, n'y trou- « vent point d'inconvénients. » Ceux-ci, qui n'en trouvaient que trop pour eux, se retirèrent dans l'embrasure d'une fenêtre pour en délivrer avec le père l>e Tellier, le choiienliir et madame de Maintenon. « Tellier et Bissy, continue Duclos k, « jugèrent l'entrevue fort dangereuse , et la firent Juger telle A « madame de Maintenon ; et tous, se rapprochant du lit,
■ recommencèrent leurs éloges sur la délicatesse de conscience a do roi, et lui dirent que cette démarche pourrait exposer la « bonne cause; qu'ils approuvaient cependant que l'archevêque « pût venir, s'il voulait donner ta parole au roi d'aci pter la « constitution. »
L'archevêque réfuta les conditions, et ne put voir le monarque.
Dans la même matinée, le roi lit venir le Dauphin, et loi adressa ces paroles, qui furent encadrées au chevet de son lit. au-dessus de son prie-Dieu. « Mon cher enfant, voos allez être « bientôt roi d'un grand royaume; ce que je vous recommande « le plus fortement, c'est de n'oublier jamais les obligations « que vous avez à Dieu... Souvenez-vous que vous lui devez « tout ce que vous êtes... Tachez de conserver la paix avec vos
• voisins. J'ai trop aimé la axmtt*; ne m'imitez pat en cela
1 Mtmeiru uentt, tom« ], peg* «St.
* Par un dfUol d'iaMnicUaa ta matières r*ll«ten>«t , Il «e jrl* d.nt Ici best des Jéauitas, qal lui Orcal caaametlte laites In fastes q«l dotianorercol |i lin dr \ot\ i*fnf
• Hèmoirti «atrvfa, (on>« I, pat* ISS.
* Mémtirti Mcralt, lana I, pat* 4 St.
• Avait mat, qui sa raserait pas la* asMiu** qss m cs«i avait «ntr«lo<».
HISTOIRR DES ENVIRONS DE PARIS
n non plus que dan* 1rs trop grandti iêptnu* que j'ai faite*. « l*i eue/, conseil en toutes ehoses. et cherchez à connaître le a meilleur pour le suivre toujours. Soulagez vos peuples le plus « tôt que vous le pourrez, et faites ce que j'ai eu le malheur de .» ne pouvoir faire moi-même. • Grandes et belle* leçons, dont : es successeur» ne profitèrent pas !
I.e roi lit entrer tour à tour les princes et princesses du cane, leur parla à tous, mais s'adressa séparémeut au duc d'Orléans ninsi qu'aux légitimés qu'il avait mandés les premiers,
« l.e mardi 27, \n roi, n'ayant auprès de lui que madame « la marqui c de Maiotenon et le chancelier, ordonna qu'on « lui apportât deux cassettes dont il fit tirer et brûler beaucoup a de papiers, et donna pour les autres ses volontés au chance-
* lier. Ensuite, il demanda son confesseur, et après lui avoir
• parlé bas, il fil venir le « ointe de Pontchartrain.el lui recom- « manda de faire porter son corps aux Jésuite- et de l'y placer1 « vis-à-vis de celui de Louis X III. son père, a
le lendemain, il aperçut dans la rlace deux domestiques qui pleuraient au pied de son lit : u Pourquoi pleurez-vous? leur « < it-il; m'nve/.-vous cru immortel? » Puis, regardant roa- « dame île Maïuteuon : s Ce qui meooosolede vous quitter, c'est o l'espérance <|iie nou* iii>us rejoindrons liientôt dans l'éter- <■ inté. » Il p;ir;iii que cet adieu ne fut pas coûté par celle à qui il s'adressait, s'il est vrai qu'elle ait dit en sortant : Poyex U u rmdtz-rouê qu'il m* donne I C$1 hommt làn'ajamaiê aimé « que lui. •
l>cpuisque le roi était alité, la cour se rapprochait insensiblement du duc d'Orléans ; bientôt la foule avait rempli son nppnrtement ; mais, le jeudi J9, le roi ayant paru se ranimer, le duc d'Orh ans se trouva seul ».
Le surlendemain, il répéta plusieurs fois. : € Mon Dieu, « xenezà monnide; hâtez -vous de me secourir, » et il tomba dans un état d agonie. Le dimanche. \" septembre 17 la, à huit heures un quart du matin, il expira.
Tels furent les derniers instams de ce roi, mélange bizarre de grandeur et de petitesse, de confiance et d'orgueil, de courairu et de fnib'e>se, résultat nécessaire de son heureux naturel et de son défaut d'instruction.
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Son successeur n'avait que cinq aus. Le régent, Philippe d'Orléans, dont la conduite a fait époque dans les annales de la e irruption, était un prince qui au courage militaire joignait beaucoup d'esprit, des talents variés et des connaissances supérieures a celles que reçoivent ordinairement ceux qui sont i ïar^és de gouverner; mais ces Iwllcs qualités furent ternies pur uu penchant a la débauche dont il fit une habitude lorsqu'il fut arrivé au faite du pouvoir. Le Palais-Royal devint le théâtre de ses dérèglements, et fut seul témoin des saturnales de cette époque ; c'est une page de moins dans les pages scanila'euses consacrées à l'histoire de Versailles : il en restera tou jours assez.
Louis XV prit 1rs rênes du gouvernement en 1733. La première moitié de son règne est toute brillante : une maladie menai e ses Jours é Metz; un rri général >ie douleur et d'alarme se fait entendre dans toute la France; les temples étaient remplis <!e Français qui demandaient à Dieu la guérison de leur jeune monarque : Louis X V recouvre la snnté ; et à cette occasion il est proetamé h Bien- Aime. La seconde moitié est deshonornnte ; déjà séduit par sa propre tour, il tombe d'excès en exee*, et d< vient l'esclave de ses maîtresses et de ses ministres, ou te froid •peetnteur de leurs intrigue», toujours basstset sou- ^ eut crimii.etlrs; il meurt, et des railleries seules accompagnent son cadavre dans son dernier séjour. Entrons dans quelques de.ails.
Versailles s'était gravement ressenti de l'absence de la cour pendant la Régence, a Les maisons, pendant sept années, « ne s'y vendaient pas le quart de la valeur qu'elles avaient « acquise précédemment ; mais, Louis XV ayant constamment u fait de Versailles sa principale habitation, l'ancien ordre de '< choses reparut*. »
La ville reçut sous ce règne quelques accroissements assez importants. Le nombre des habitants augmentait de jour est
1 Duel»», Hfmoirti «ntli.
* Le Cietmu iê IWw/ta, p<«*4«.
j jour; les espaces et le terrain perdu furent mis à profit ; on halil en totalité les rues à pavillon ; et les avenues de Pans et
j de Sainl-Cloud deviorent de magnifiques laubourgs.
Mais c'est surtout dans le quartier du Parc-aux-Ccrfs qu'eurent lieu les changements les plus notables : là, tout prit une physionomie nouvelle; et, l'église de [Notre-Dame étant devenue trop cetite pour ce quartier, qui s'airandissait tous les jours, Louis XV fît exécuter le projet de celle du Parc-aux- Ccrfs. qui avait été suspendu jusqu'alors. Cetie église fut construite en 1736 et 1737, avec un presbytèic; son portail fut piai é du coté du nord.
Dans le même temps, le village de Montreml s'étendait vers la ville, et formait, avec le table écart du Pelil-Moulrruil du côté de Porc héfont aine , deux faubourgs très-vastes et trèscomiuerçants.
Le château ne subit aucun changement important. Louis XV le transmit à son successeur a peu près tel qu'il l'avait reçu à son avènement au trône.
Nous allons maintenant analyser quelqU'S-uns des principaux événements qui se rattachent en a>.sez grand nombre au séjour de Louis XV a Versailles.
Louis XV, élu roi à ciuq ans , ne reçut point une éducation convenable aux grands devoirs qui lui étaient imposés par ses augustes fonctious. Il répugnait a l'élude; et l'on craignait d'iiffaiblir, en l'y contraignant, sa constitution déjà très-faible par elle-même. Son instruction fat donc presque aussi insuffisante que celle de son bisaïeul Louis XIV.
Bientôt on lui fit épouser la fille d'un prince détrôné, de Stanislas, roi de Pologne. Mat ie L<eksinski, qui, dès ses i lus jeunes ans, avait eié abandonnée dans l'auge d'une écurie de tillagc, vint habiter dans le plus magnifique «les palnis, et s'asseoir sur le trône d'un des premiers royaumes de 1'Kurope.
Les premières années de ceite union fuient heureuses; (aiui's XV était sous la tutelle de ses ministres, ou plutôt ne faisait qu'appuyer de son nom leur administration ; il était tout qnlier à l'intérieur de sa famille, et y trouvait la paix qui fuit trop souvent la demeure des rois.
Ainsi s'écoulèrent les belles années, les années sans taches du Jeune mounrque.
Ce temps fut court ; et a ces marques si expressives d'attachement qu'il ne cessait de recevoir, succédèrent bientôt les preuves non moins formelles de haine, et plus encore de mépris; aux protestations d'amour, les sarcasmes et les railleries»; aux sU tues, les plus dégoûtantes caricatures.
On dauphin venait de naître ; la reine possédait alors tout le cœur de son mari; peut-être l'eût -elle possédé longtemps encore. Elle n'exerçait sur son esprit aucune influence fâcheuse, les miuUtres gouvernaient seuls l'État : mais l'affection du roi pouvait cependant se tourner vers un autre objet, dont l'ascendant pourrait finir par devenir fatal à leur ambition : un voulut prévenir le couplet faire naître un changement dont on se promettait de maîtriser les résultats. Déjà des courtisans avaient fait auprès du roi de vaines tentatives de séductiou, lorsqu'une jeune dame du rang des illustres de la cour se chargea du succès. Elle eut l'infamie de faire au roi des provocation* si près-* santés, que le jeune roi, violenté, succomba ; et la provocatrice, liere de son triomphe , se hâta u'aller impudemment en oin ir les preuves aux yeux de ses instigateurs ; elle reçut de» applaudissements, et devint la maîtresse du roi '. A celle-ci succédèrent tour à tour ses trois sœurs. On rougit d'avoir de telles turpitudes a raconter. La carrière du libertinage fut ouverte à Louis XV ; il la parcourut tout entière, et ne la quitta qu'à la mort.
On a accusé le cardinal Fleury d'avoir favorisé les premiers aetes de débauche de ce monarque ; cette accusation est sans fondement. Il est certain que ce prélat fit des remontrances au roi, qui les repoussa avec fierté : alors Fleury laissa faire ce qu'il ne pouvait em, êcher.
Quatre dames de ta cour, toutes sœurs, fureut donc successivement les maltresses du roi : c'est aux deux premières qu'où
> te dois «Jraler qu celle 4*mu, doai IV(ir»«lnie «Un canparabla ■ relit de 1* deralret de» protiiiiirc», >• repcmlt. dreim <le>ole et miatt pim<«. s II* fréquent* titiduinrni le» eglue», H «oalax- a lt» iiauwr ». t'a Jour, ilon» legl»* de Salnt-Sorli, «yanl derant;* quelque» pmoniie» pour t« pUrer, un bun <j!i ptcwni* i haute toi» : Vottâ Ken rf» Irnl» pour m* p : elle repfiqa*
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
doit l'invention de ces petits soupers dans des réduits solitn'rrs accessibles aux seuls coiilldrttis, désignes sous le nom dopetiii appartement». Louis XV, enchanté de la découverte, eu lit pratiquer dans tousses châteaux ; ils furent également destinés nu x plaisirs de l'amour.
Louis XV croyait de bonne fois effacrr par de» pratiques de dévotion le scandale de sa conduite. Jamais, au milieu de fes I>lus grands désordres. Il ne manqua de dire ses prières du matin et du soir ; il entendait régulièrement In messe tous les jours; il avait alors un livre d'heures d'où il ne levait pas les yeux; et le mouvement de ses lèvres marquait qu'il articulait chaque mot; assidu à vêpres, au sermon, au snlul. ce prince était plein de vénération pour les prêtres, d'horreur pour les indévoU.
Quand il allait soit dans ses petits appartements, soit dans la maison du l'nrc-aux-Cerfs, où se trouvaient souvent renfermées de jeunes tilles que ce roi avait fait enlever violemment de la demeure maternelle, il leur enseignait le catéchisme; et, avant de les admettre dans sa couche, il leur faisait réciter leurs prières. Ce mélange de débauche et de dévotion se retrouve dans la conduite de plusieurs rois.
Aux quatre soeur» succédèrent d'autres maîtresses, dont la plus connue fut madame Le Normand d'Estlole, fameuse sous le nom de marquùe de Pompadour. Depuis longtemps cette jeune femme, bercée de fausses idées par sa mère , aspirait A l'honneur ou plutôt à la honte d'être la concubine du roi. Elle affectait de fc trouver sur son passage. Un Jour, le roi et toute
U Vtrw1'«».
la cour s'étant rendus à un bal donné h l'Hotel-de-Ville de Paris, elle ne manqua point de s'y rendre. A la faveur de son déguisement, elle approcha du roi, lui fit des agaceries et parvint a piquer sa curiosité. Elle se démasqua; puis, par un raffinement de coquetterie, elle s'échappa dans la foule en laissant tomber le mouchoir qu'elle tennit à la main; le roi le ramassa aussitôt , et , ne pouvant atteindre du bras la belle fugitive, le lui jeta le plus civilement qu'il put, et l'on entendit daus tous les coins de la salle : U mouchoir ut jtté.
Le premier valet-de-chambre et un écuyer furent chargés, de concert avec le duc de Richelieu, de prendre les arrangements les plus prompts pour mettre le monarque à même de jouir des charmes de la nouvelle sultane.
Admne dans son vil emploi, ses charmes ne produisirent que très peu d'effet sur le monarque dégoûté : il la dédaigna; «Ile revint en pleurs auprès de sa mère. Bientôt elle intrigua auprès des dues, des valets-de-chambre. Les seigneurs de la cour, quoique illustres, ne rougissaient pas alors de remplir auprès du roi l'Infâme emploi de proxénète. Leurs intrigues réussirent, et madame Le Normand d'Estlole fut mal tresse déclarée.
Le premier acte de la favorite fut de faire exiler son mari , dont le caractère ne se serait pas accommodé de la nouvelle fortune de sa femme.
Bientôt, par ses talents, par son intrigue et par son art merveilleux d'amu>er Louis XV, elle prit sur ce roi et conserva jusqu'à sa mort a ptu près le même empire qu'avait exercé madame de Mainteuon sur Louis XIV. Le roi ne sortit de la tutelle du cardinal de Fleury que pour tomber sous celle de I* marquise de Pompadour. Pendant toute sa vie, elle régla la destinée et du monarque et de la France; elle fit et défit les ministres, décida de la guerre et de la poix, et peupla les prisons de ses victimes.
Cette conduite attira sur Louis XV la haine que les Français portaient à lu Pompadour; mais' la passion du roi s'usait. Sa maîtresse ne s'occupa plus que de ses goûts ; elle lui céda sa maison du Pnrc-aux-Ccrfs. Sa complaisance, ses intrigues la maintinrent en faveur. Ce ne fut point l'amour, mais l'avidité des richesses et du pouvoir qui attachait la Pompadour; ce n'était pas non plus de l'amour que le roi ressentait pour elle, il cédait à une ancienne habitude. Les liens qui les unissaient se trouvaient fort relâchés, lorsque le 15 avril 1764, ils furent rompus par la mort de madame de Pompadour. Le roi en fui peu affecté; et, placé à une des fenêtres du château de Versailles, 11 contempla d'un œil sec le convoi de sa favorite.
On ne pourrait compter les sommes que ses parents retirèrent de sa succession : la seule vente de son mobilier dura un an.
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C'était un spectacle où l'on allait par curiosité. On y trouvait continuellement de» objets extrêmement rare» qu'on n'avait vus nulle part. Il semblait que toutes les parties du inonde m fussent rendues tributaires du luxe de In marquise.
Parmi les nombreuses épltaphes auxquelles cette mort donna lieu, il faut remarquer la suivante; mais, pour l'entendre, U est nécessaire de savoir que le nom de fille de madame de Potnpailour était Poisson, et que cette favorite était sujette à une infirmité nommée fleur» blanches.
HUpUcit rtgina jactt, qua lilia «uni
Fer nimû\ an mntm ri floribn» occutaf allié ?
Il en est une
I lus «anglante encore que nous nous dispenseront de transcrire. Ole est connue de la plupart des lecteurs.
On <* rut que Louis XV, après la mort de la Pompndour Ct notamment après celle de la reine, avait lait un retour sur lui-même et allait s'imposer une conduite plus régulière.
Vain espoir t Toujours dévot et toujours débauché, il ne manquait pas d'aller à la messe et au sermon, et de fréquenter son Sérail do Pare-aux- Cerfs; et, laissant le gouvernement dans les maint d'homim s vicieux.
II se livra plus que jamais aux excès varies de la débauche1 .Ce Tut bientôt après que parut n 1 1 cour la fan i um du Barry, qui tnit le comble aux désordres.
Louis XV,depui.< la mort de ta dernière maîtresse, était dans un état d'insouciance et de ?atiéié; ebaque jour de nouveaux caprices loi soumettaient on des femmes de la cour, ou de simples grisettes dont la faveur n'était qu'éphémère.
La cour abondait alors en personnages dont l'unique emploi était de pourvoir aux plaisirs du monarque. Entre ceux-ci se trouvait un certain Lebel, premier valet-de-chambre du roi, et spécialement chargé du rôle de pourvoyeur. C'est ce Lebel qui fit ta découverte de celle qui devait lixrr les goûts du roi.
On ne connaît pas bien l'origine de cette femme, dont les destinées offrent une bizarrerie si grande. Il est certain toutefois que, venue a Paris de bonne heure, elle fut placée dans la communauté de Saint- Aurc, où on lui reprocha bientôt de lire de vilains livres et de les faire lire aux autres pensionnaires.
Manon Vaubernier, c'est son premier nom, quitta bientôt la
1 V«jn HUtoir* d» Paris. L», J'ii ami raconte U tentative d'attaïf Inai par l'éauiuire «et J4mIM, Dsmiena : Je ne rrritndiii paa iar ce poiat hislo-
Aqueduc de Bue.
communauté et te retira à Vitrj avec sa mère. La, un père Ange, piepus, qui. suivant quelques-uns, était le père de Manon et qui la faisait passer pour sa nièce, la plaça chez une vieille dame en qualité de demoiselle decompagn ie. Mais la vieille dame , ayant découvert des liaison* secrètes entre Manon et ses deux fils, renvoya la demoiselle de compagnie.
En sortant de cette maison. Manon fut placée chez une marchande de modes; c'est là qu'elle «U un jour une dame (iourdan, surintendance des plaisirs de la cour et de la villa, Manon fiëquenfa bientôt l'hôtel de la Gourdan, qu'on uommait alors la petite comttttt.
Dans la maison de la marchande de modes demeurait aussi un commis de la marine, jeune et riche. Manon, qui avait reçu des leçons de dessin , crayonna , autant que la chose était possible, les traits de ce jeune homme sur une feuille de papier et l'attacha à la porte de M. Du val : c'est ainsi que se nommait le commis.
Celui-ci écrivit au bas : Je voudraie bit >i connaître l'auteur. Le soir il trouva un second portrait, celui de Manon, avec ces mots t Cut mat.
Le lendemain Duval entre chez la marchande de modes, observe les physionomies ; la petite Manon sourit, et le soir elle lit ces mots écrits sur sa porte. Quand donc mon maître pourra- t-il m'aeheeerdepluemét?
Manon répond sans perdre de temps : Voire peintre ira déjeuner chez tout dimanche, à neuf heure* ; laittet voire porte entrouverte. C'était mener les affaires grand train.
L'entrevue eut lieu ; mais Manon fut inflexible sur un point; elle consentit à se rendre , mais après capitulation. Duval tourne alors ses vues d'un autre côté, et écrit à In modiste « que son obstina - « tion l'a mis dans le cas de lui préférer une femme qu'avec un a peu plus de complaisance elle l'aurait facilement engagé à lui a sacrifier. » Manon répond « qu'une jeune fille de seize uns n « toujours mieux valu, vaut et vaudra toujours mieux qu'une o grosse coche de quarante ans, fût-elle issue du sang des t Bourbons. » On ne se décide qu'avec peine à rappeler de semblables grossièretés ; mais elles peignent, mieux que tout ce qu'on pourrait dire, le caractère et les mœurs des personnages qu'on veut faire connaître.
Manon, retirée chez sa mère, qui venait de se remarier, fit la connaissance d'une marquise Duquesnoi qui donnait à jouer deux fois par semaine, et qui, pensant que la présence de la de-
Stoauunra. — !■!> Pu loi trtre». L» m '«■»
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motalte pourrait lui attirer plus nombreux compagnie, !a prit avec elle et la garda pen 'ant dix-huit mois.
là, venait souvent un certain c >mie du Barry. très répandu da-s ee qu'on nommait alont le grand mmnV Hu Barry proposa à Mannn de devenir la souveraine de on hôtel, où elle verrait des marquis, des du s, des princes même. Les propositions du comte furent acceptées.
Dans cet Miel, Manon *lt Lebrl : c'est de là qu elle pa-sa dans le lit du monarque ; mais Lebel, qui était loin de penser sans doute que les charmes de Manon exerceraient plus tard un empire assez grand sur le roi pour l'atta ber irrévocablement a elle, In lui avait présentée comme la femme d'un homme de roodi'ion. Lorsqu'il vit l'influence que prenait chaque jour In favorite. Il craignit la découverte de la vérité, et par là la P' rt- de sa faveur ; il s* jeta aux phds du roi et loi dit qu'il avait été trompé; que Manon n'était ni mariée ni de condition. « Tant pis. dit le roi : qu'on la marie doue prom ptrnicnt, a «lin que e «ois dans I impossibilité de faire quelque sottise. » Ht. au bout e huit jours, le mariage fut conclu avec le frère de eelui-1* même des maios duquel le roi l'avait reçue, avec Guillaume dit du Barry.
C'est aiusi qu'on vit une «lie perdue s'a*seolr, en quelque sorte, sur le t int, ruiner le tré or public pour étaler un luxe de reine, et fai e dép- ndre de ses caprices le destin de la nation. C'est ain*l qu'une femme, reste im p. r de la prostitution, a»<lée des d'Aiguillon, des Richelieu, des Maupeou.desTerray, enfonça de plus en plus la France dans l'abime de maux dont une résolution générale pouvait seule latiier.
Ope ridant la du Btrry n'était point encore maîtresse en titre : il lui manquait la présentation ; et cette cérémonie suprême rencontrait beaucoup d'opposition de la part des princi s et des princesses. Pour la première fois peut-être, Louis XV témoigna une ferm» té constante : et la prés- ntatinn fut décidée. Mais alors s'offrit une autre difficulté : il lallait trouver une femme qui se chargeât du cérémonial.
Il exi tait à Psr^s une madame de Béarn, fille de qualité et veuve d'un garde-du-corps. poursuivant un procès duquel dépendait toute sa fortune. Kl e était alliée aux Richelieu et aux d'Aiguillon; ceux-ci lui firent gauler son procès. Celte cir constance et ©rat mille livres qui lui furent promises la Mreut passer par dessus toutes les convenances, et la uéleriniuèrent à pré ent» rà la cour Mme du Barry.
La favorite, dans les premiers temps, éprouva qu' Iques contrnr étés ; mais elle eo triompha aisément ; bientôt même elle ein une cour Le mi soupatt tous les soirs chez sa maîtresse, dont les cartes d'invitation portaient : Sa Najetttmhoiuntra de ta prhtnct Ou vit Insensiblement h * comtesses, les marquises, les dnch*-s«e$, les prm -es du >ang venir gioasir la cour de la du Ra>ry. Dés lors sou triomphe tut complet; et le renvoi du ducdeClioiseol, regretté «le la l'rarire entière, en fut une preuve1.
Depuis c«tte époque, tout fut confusion et pilla e dans I administration. Du Ban y le roué, accusé d'avoir tiré sur le ban qoier de la cour, se récriait de n'avoir enco<e touché que deux m liions trois cent mihe livres. 1-e banquier de la cour, dans s< s comptes, prenait en ettYt pour comptant les mandats du comte. Il était naturel que eelui-cl profitai de son cre lit, et il en H*all largement. Le roi lui a. ait donné, en outre, un marquisat décrut mille livres de rente; et, quelque temps plus tard , le comte se vantait d'en être a son cinquième million *.
Le mari de la comtisse avait aussi reçu soixante mille livres de re.ite, à ••oikMio.i >|u*il >ie m Htraii plu- l i - pieds dans Paris.
De son cô é, la favorite puisait à son gré dans le né>or ; les mini très faisaient des dépenses énormes : comment lEtat n'eùt-il pas p»nché vers sa ruine?
- l a comtese cherchait, autant qu'elle le pouvait, à étourdir le roi par de nouvelles orgies. Les ministres, toujours chancelants,
» Vutrl 11 lettre <|M lui etri»il Loi.. IV : . Koa <«•()>, le n»*reotenle-
• rneni que m, ciurai <■» isniSeS me lotteeie veue txUtr è i-heMieloa», eu « <ou» vous rendre» dai»<li><t-uuatre heure». Je traita aurai*, enmije i.rauroup « pl« Ma, Mu* fr-Unt* ptilirulicre que j'ai pour madame la diKhe.se de
• Cnoieeel. dont la santé ni'r.i lnieret»ante. Pnnei (iule que totie ronduite « ar mr tsaw (i-eri te un autre parti. Sir rrla, )e prie Dieu, m n rou»in, a i>y il v«aa ait en >a ulale rtrlee. « Les l*moi|p>et;e» de l'estime vengèrent le due d'une d. •«•«<•. eu»«i dure.
* Lu jour U perdit au jeu, sur parole, sept untl« lesis : • met an
ne s'oecupnient qu'à mettre la favorite dans leur parti pour renvers- r leurs adversaires.
Opendnnt, au comble de sa faveur, la du Barry ne pouvait éehapp-r a la haine de la nation tout entière. D'abord celte haine s'était manifestée par de» epigrammes, par ries cl ans -us sur sa con "uite passée '. Plus lard , un chevalier de Morande. réfugie en Angleterre, publia un ouvrage intitulé: Mémoires teerelt d'une femme publiqut. ou Ettait tnr lu avnluretdt la comttut du Barry, depuis to» berceau, jusqu'au lit d'honneur \
Plus tard enfin les choses prirent un caractère plus grave; et, à mesure que le monarque approchait de sa fin. les princes, et à leur exemple toute -a - our. s'éloignaient de la favo ite. Un jour, dans un sermon, l'abbé de Beauvais. résolu d'avoir un évéché ou d'aller à la Bastille, s'étendit sur les mœurs de Salomon, et laissa à chacun le soin de faire les applications, a Ce, n moi arque, disait-il, rassasié de volupté, las d'avoir épuise a pour i éveiller ses -eus flétris, tous les genres de plaisirs qui a mtourent le trône, finit par en chercher d'une «soe»e noi- « velle dans les vils resies de la corruption publique, a L'abbé fut nommé éveqtie de Sraez.
Mais le moment approchait où Louis XV allait quitter le trône avec la vie. Depuis longtemps, it était triste et n é ancoliiiue; ceux qui leutouraenl res- lurent de le tirer de cet état, de le i appeler au gont du plnis r ; et ils tinrent chez la du Barry un comité dans lequel ou décida qu'il fallait faire un voyage a I laiton. Ou fil alors counaltre au roi la fille du ioncierge, que la comtesse crut propre à dissiper la mélancolie du inooarau" ; les mena es et les promesses furent prodiguées ; la jeune fille partagea la couche du prince. Elle portait dans son sein e : erme d. la petite vé oie : le roi en fui alteiut et ramené malade à Versailles.
Son état ne para ssait pas encore dangereux, et la du Barry • e quittait pas i n seul in-iant le chevet du Ml.
Mai» la maladie faisant des progrès, le mi demanda que la comtesse te retirât , puis, portant un regard sur sa conduite passée, il dit « qu'il était fâché d'avoir donné du scaudu'e à « ses sujets; uu il ne voulait vivre iiés»imais que pour le sou- « tien de la religion et le bon lieu r de ses peuples. » T dives résolutions I
Ici les choses vont prendre un caractère d fférent. Louis XV a légué à son successeur un Étal ruloé, des ministres intrigants ou ineptes, une cour corrompue et n n prisée ; c'est alo* s que l ouis X V I, entouré de ces éléments de destruction, va prendre les rênes du gouvernement.
Les premières années du règne de Louis XVI furent asses paisibles, et Versailles se ressentit de ce calme momentané, lie* accroissent' nls ass.es considérables eurent lieu du côié du noid; à la même époque fut elfecture lu réunion des deux Vtontrcuils à la ville. C'est sous Louis XVI que fut élevée, en 17 77, la salle de spectacle comme sous le nom de théâtre Hiontantier, c'est en 1788 que le plafond de cette salle, qui n'avait
f<in«trr, c est en 1788 que le plafond de cette salle, qui n a- ait pas assez d'élévation, fut remplacé p ir une voûte en grisaille entonne de parasol. C'est sous Louis XVI que turent construits plusieurs auires édifices Dubl cs. nul. s'ils n ont pas le même
plusieurs auires édifices pubres. qui. s'il» n ont pas le ♦Vlat, la même riebes-e dans leur eonsiruction. prés* nt rat du moins plus d'util té dans leur destination ; c'est sous Louis XVI enfin que lurent replantés les jardins du ci.âteau.
Ce prince monta sur le liône eu 1 77 4 ; les circonstances étaient diffieiles, et peut-être avait-il d< jà raison de s écrier en apprenant la mot t de sou aïeul, qui l'appelait à la royauté : O mon Dieu! quel malheur pour moi !
I/Miis XVI appela au ministère les hommes que l'opinion publique lui dés gna comme les plus propres à léparer le- maux de l'Etat. Vergennesent le département des aiTai.es étrattgè-
t Le eomlc de Laaraavels prti une Site de la ne SaiM-Henorè, hil i aie malien rt I» fit publiquement appeler la rw«u du Tmntmu. La eamieaee du Bati) rit beaueoup de <• plai<*iuriie, mai» la pMivie rr.mte.se du r •i.isr.u fut mise 1 i, >t | f lien, et le cemle de l.iurauiiai» M nti lice de Unt < Loudie».
* Le rhcvalirr de Moiande menaçait de p .h 1er uu n"U<tl eeiit : on rinoja en An^leierrr on arldd eliarge d'uff. >r du nuauverit quarante mille li«r«a. La ne«»fi itien »eréu«.il pae; mal» BeaunurthaU *>» • U. mea; il rai le m.mi-Cill pearclnquanl* aille li<rear«B|Hael. et la prome-ae, de la sari du | aient fraataû, d une peaaioa de deux ceaU litMasUdint. d« Me, . j, . e» la -voit du chetaliar, au la Uta de a* (eauna.
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res ; Turcot, qui s'était fait remarquer dans son intendance de Limoges, dirigea les dînons; Malesher' es. connu ca» sa probité, (lit emphné dans le conseil. Sous leur admini-trntion, le> affaire* semblèrent se rélal>lir nn instant -, le erë>lll national reprit, et l'on osa concevoir l'espoir d'une prospérité durable. On remboursa vingt-quatre millions de la dette exigible, cinquante de la dette constituée et vingt-huit des antidations; mais la pluie était profonde et ne pouvait se cicatriser. Il fallait un remède prompt et énergique : plusieurs furent essayés
. Le mal empirait chaque jour ; et lorsqu'il fut parvenu à son dernier période, «n Hit obligé d'en venir à reconnaître ce grand principe pro lamé par tous les hommes de bonne foi : que la vie de la nmion est dans la nation même ; que c'es' la qu i f*ut l'aller ch- rrlur. I es Etats-Généraux, demandés avec tant d'instances, furent enlin convoqué- a Versailles".
Ce fut un beau spectacle que cette représentation nationale, assemblée pour cirât- iser les plah-s de l'Ktat et demander a son roi le redies-ement dis abos san- nombre >ous lesquels la France migrait. Tous les ordus t-tnit-nt d'arconl sur un point: tous csiraient des chai gemcnis; mais déjà l'on pouvait remarquer une con' radier ion frappante dans les espérances et dans le* prétentions de chacun.
Tout ce qu'on fit dans les jours suivants ne contribua qu'à mettre au plus grand jour celle divergence d'opinions.
On s'efforça d abord de rendre aussi apparente que possible la division de la nation française en trois nrdns, en assignant à chacun un costume particulier, approprié à d'autres temps, à d'autres mœurs.
Le 5 mai 1 789, la vaste salle des Menus, disposée avec toute la magnificence possible, reçut les députés pour la séance d'ouverture, l e cierge et la noblesse, en grand costume, occupaient les deux côtés; derrière les deui premiers ordre* étaient les membres du tiers é'at, vêtus de noir. Outre cette distinction humiliante, on avait encore affrété aui plébéiens une porte de derrière, dont l'accès n'était aiuité que p*-r un hangar sous lequel ils repèrent enlas»és pendant plusieurs heures, tandis que l<s députés de la noblesse et du clergé larlngeaient avec le roi
l'honneur d'entrer par la porte principale. Voilà de ces faits peu im ortanls en apparence, mais metises résultats.
qui entraînent souvent d im
Le chancelier, dans son discours, dit : ■ Le roi s'en rapporte c aux vœux des Etats pour recueillir des voix » Le tiers p nsa que v« ter par or ire, c était lui enlever l'avantage qui lui était assuré en votant par téte, puisque les députés de cet ordre étal- nt égaux en nombre à c>-ux des deux ordres réunis; ei, le soir même, tl décida que les députés du clergé et de la noblesse se réuniraient à lui pour procéder à la vérification des pouvoirs respectifs, et que les votes seraient comptes par te le. Dès Ion, le gant fut jeté.
Une proclamation royale convoquait pour le lendemain , 6 mai, les trois ordres, dans le local desiioé i our les recevoir. Les députés du tiers seuls s'y trouvèrent; le lendemain et les jour" suivants. 1rs députés du tiers atten<tirent encore vainement ceux des deux autres ordres, qui. réunis chacun dans une sa le particulière, prétendaient que les pouvoirs de chaque député fussent vérifiés par l'ordre seul auquel II appartenait.
Enfin, lassés de tant de longuturs, les députes du liera, fiers de la force que leur prêtait l'opinion publique, soutinrent leurs prétentions avec fermeté; quelques membres du clergé se réunirei.t a eux ; le 17 mai, ils déclarèrent que « l'œuvre de la • restauration nationale pouvait et devait être commencée sans ■ r.turd par les dépuiés présents,» et Ils se cons huèrent en A'trmbbt nationale.
Breniot, dans la cl ai bre du clergé, la majorité fut d'avis de se réunir à cette assetnb ee ; la noblesse luttait encre, lor»ue la cour, alarmé de la force et de la considération dont l'Assemblée nauooale était entourée, prit des mesures pour en arrêter l'effet.
Le 30 juin, les députés, se rendant à leur salle, trouvent les portes fermées et gardées par des soldats. Ds pro e-tent et l'Assemblée nationale de France se retire dans un jeu de paume t dans un lieu témoin d eSci h.es et de j«ux, et qui allait l'être des destinées de Empire*.» Là fut pri.s l'arrêté suivant : « L'As-
* On wnllr» firlirmeal pourquoi »••« putMt it ujn> i 11 roavaeatfoii de* ttMU-Gtetrtm.
« aaflti, Mina ii, 1mm l, mm « s» (cmImum mm frira* saurais).
La noblesse et une partie du clergé obéirent; l'Assemblée demeura dans In salle, pensant que u
nir dor.lrx-s'. C'est la que des cérémonies vint s min.
• semblée na tonale, eonsl lér>nt qu'anpelre a fixer la co-isti-
■ tut ion du royaume, etc., rien ne peut empêcher qu'elle ne a continue ses délibération* dans quelque lieu qu'elle soit forc cée de s'érallir, et qu'enfin, pa tout où «es membres sont c réuni', là est ( Assemblée nationale, etc.» Tous; les membres prés« nt* prêtèrent serment de ne jamais se séparer et de se réunir partout où les circonstances l'exigeraient, et ce serment fut confirmé par leur signature.
0 pendant, le comte d'Artois envoya dira au maître de la salle qu'il jouerait à la paume le lendemain Celui-ci, intimidé, parce qu'on lui avait durement reproché sa condescendance, prévint les dépotés qu il ne pourrait leur prêter sa salle •■our tenir leur séance. Ils alierrn alors o euper l'église Saint- Louis, où les députés qui n'avaient pas assisté à la séanre du jt-u de paume vinrent encore i ret>-r serment. Bientôt enfin la majorité «lu cierge vint demander à se réunir.
1 e lendemain M était fixé pour la tenue u'une sémee royale. Là le roi recommanda aux tieux piemitrs ordres de propo-er
• une réunion <t avis tt de sentiments », et le garde il es -sceaux lut une dcclamlion qui minutait aies délibérations pris» s par « l'ordrt du iitrt-itnt. le 17 de ce mois, ainsi que ci lles qui « auraient pu s'ensuivre comme illégales et inconsiit.>ti«>n- « nelles. ■ l.e roi termina ensuite son dis. ours en disant : « Je « vous ordonue, Messieurs, de vous séparer tout de suit -, et de
■ vous rendre demain chacun dans les chambres affectées A
• votre ordre, pour y reprendre vos séances. •
le reste de la naiion en
corps ne pouvait
lorsque le grand-maltre des cérémonies vint sommer 17 blée d'exéculi r les or ires du roi, prononça ce» paroles devenues célèbres : « Allez dire à ceux qui tout tnroojaf a/»« nous tommtt
■ tri par la volonté du j'tvftle, ttque «rouf n'êtt «orftroai que par a ta pu\ tance de* b<iV\nnetiet. » L'Assemblée déclara qu elle l ersislair dans s>s | réeedmts arrêtes, décréta que la personne des dei utés était iuvkdahle, et que ceux qui se prêteraient à des attentat* contre eux seraient déclarés traîtres A la nation et couya blés de Crime capital.
Tandis que ces choses se passaient A Versailles, le régiment des gardes-françaises criait a Paris : Kie< U tierriiat I Les autres troupes suivaient cet exemple, et les rouis de la Bastilla tombaient sous les attaques des citoyens.
Cependant le roi avait fait rassembler autour de Versailles une armée de dix mille hommes, sous le commandement du maréchal de Broglie. L'Assemblée avait réeianvé plu leurs fols contre celle mesure; nuis elie n'avait pu obtenir du roi une réponse satisfaisante.
U cour avait fixé la nuit du 18 au 14 pour l'arrestation de plusieurs députes, c Us régiments de royal-allemand et de « royal-étranger avaient ordre de pr ndre 1rs arme-; Us hus-
• sards s'étaii nt postés sur la place du château ; les gardes- « du -Corp» occupaient les cours. A ces préparutifs menaçants c la cour joignait nu air de fête...
a On fit jouer la musique des deux régiments. Les soldais
■ auxquels on n'avait pas épargné le vin, formèrent des danses * « une joie insolente et brutale éclatait de toute- part»; une
• troupe de frinmes, de courtisaus, se livraient A un insultant « triomphe*.»
Ces fêtes avaient lieu A l'Orangerie; l'Assemblée les connaissait; elle savait que la salle des Erats devait élre entourée, et que bs députés, que leur patriotisme avait fiii désigner pour victimes, devaient être enlevés de force du milieu de leur» collègues; elle savait enfin qu'elle devait être dissoute par le roi.
Le 16. le» députés étai. nt à leur poste dés huit heu.es du malin; une adresse fut décrétée, mais à peine la dèputation futelle sortie de la salle, qu'on reçut avis que le roi allait se rendre A l'Assemble*. Les événements de Paris étaient coouus.
Le roi vint en effet annoncer qu'il se contrait A l'amour de ses sujets; qu'il avait donné ordre aux troupes de s'éloigmr de Paris et de Versailles, a Je vous autorise, ajoutait-il , et vous « invi e à faire connaître mes résolutions à la capitale. » Ce : 1 rf'ap laudissemi nls; et I Assemblée entière
< Ferries», Htm., I. I, p. 4S rl J« t t Utm ir» d.l»«7/,. «,.„* I, fit SU.
• t'arriéra, ln»l,mi|it.
HISTOIRE DES ENVIRONS DK PARIS
Cependant Paris s'était affranchi de la dépendance royale. Lne nouvelle organisation municipale avait remplacé l'ancienne, et une milice nationale s'était formée. On craignait à chaque instant une excursion des Parisiens.
Alors, plusieurs personnes de la cour, et entre autre» les princes, par lin nt de Versailles et se retirèrent hors de France.
Cependant l' Assemblée nationale décrétait les droits de I homme et l'abolition de tous les titres et privilèges, au grand déplaisir de In cour et du roi , qui refusa son assentiment à la déclaration des droits et aux premiers articles de la constitution.
Ainst, l'Assemblée et la cour étalent sans cesse en opposition ouverte ; cette opposition prit un nouveau degré de force dans les premiers jours d'octobre. La discu>tion sur le veto fut le prétexte de beaucoup d'agitation; la cour crut avoir à craindre quelque chose de cette effervescence générale, et appela de nouvelles troupes ik Versailles. A leur arrivée , les gardes-ducorps donnèrent aux officier* un repas où furent aussi invités les officiers des cent-soisses, des gardes-suisses, des chasseurs d«s Trois-Evéchés et de la milice bourgeoise. Ce repas eut lieu le I" octobre. Les convives, hués d abord A la joie, ensuite exaltes par le vin et inspirés par des personnages puissants, lir, nt des extravagances, et se portèrent à des excès. La cocarde et l'habit nationaux lurent insultes.
A Pans, on se raconta les scènes de Versailles, on exagéra tout; bientôt des groupe* se formèrent dans tous les quartiers de la ville; et des agents d'une puissance ennemie, qui avait froidement résolu la ruine de la monarchie française, profilèrent du mécontentement général , soulevèrent une masse effroyable de pi'ii[ilc qui criait : Du pain! du pain'. A Yertaillet!
I ne tioupe d'hommes et de femmes, armés de Tourelles, de pique*, de hâtons, se réunirent aux Champs-Elysées et se mirent en iiiiin he La place de Crève était couverte d'individus qui répétaient : o Le peuple est malheureux : la source du inul est à « Versailles; il faut aller chercher le roi et l'amener a Paris; «' il faut exterminer le régiment de Flandre et les gardes-dn- « corps qui ont osé fouler aux pieds la cocarde nationale ■>
Le général Laiavclte tenta en vain d apaiser l'effervescence ; il scnùt la nécessite de suivre l'attroupement afin de le contenir et d'en régulariser les mouvements.
Vers les cinq heures et demie, l'attroupement formé aux Champs-Elysée* entra dans Versailles; aussitôt la générale bat, toutes les troupes et la garde nationale sont sous les armes; la municipalité s'assemble ; les gardes-du-corps sont à cheval et sforment en escadrons sur la place d'armes.
Pendant ce temps, les Parisiens, dispersés par le mauvais temps, s'étaient réfugiés dans les galeries de l'Assemblée nationale. Les hommes étaient assez, calmes, mais les femmes ne pouvaient se contenter d'un rôle passif ; toutes voulaient entrer dans la salle ; enlin elles conviennent d'un certain nombre ; In députation entre, et leur orateur (Maillard) s'écrie : « Le « peuple manque de pain depuis trois jours; il est au déscs- « poir; il a le bras levé; il se portera sûrement à quelques « exee-.. iNous demandons la permission de fouiller dans les a maisons suspectées de receler des farines ; et c'est à l'Assem- « blée n épargner l effusion du sang... Mous voulons le renvoi o du régiment de Flandre et une satisfaction de l'Insulte faite « à la cocarde nationale. Nous obligerons tout le monde à la « porter »
Quelques moments après, un militaire parisien, à la tète d'un pi-litloii de femmes, veut pénétrer dans la cour du château : les gantes-du-corps s'y opposent; et quelques uns d'entre eux le \ frappent de coups de plat de sabre; celui-ci crie qu'on veut l'assassiner, et appelle a son secours la milice de Versailles. On répond de tous côtés que les gardes- du - corps chargent le peuple; la milice fait avancer deux canons: le peuple attaque les gardes, et la milice fait sur eux un feu de mousqueterie.
Alors une troupe d'hommes et de femmes proposent d'attaquer le château; mais la nuit vient sur ces entrelaitcs mettre un terme à ces scènes déplorables, sans pour cela calmer l'agitation.
J'ai dit dans un autre ouvrage' qu'une partie des femmes restées dans l'Assemblée nationale v passa la nuit ; que d'autres, pour se mettre i l'abri de la pluie", s'étaient réfugiées dans des
i S*illj, lime III, pw» «• H SI.
> *lT»>fM Ki.tori^, i«r I* «feu/ait»*. um»« I, ptp. SI 6.
églises, dans des eoi ps- de- garde , dans des cabarets; que d'autres enlin, groupées avec les hommes féroces qui tes accompagnaient, méditaient sur les moyens d'exécuter les crimes qu'il leur restait â commettre.
Lorsque, vers minuit, les députés se rendirent à leur séance, ils trouvèrent la salle pleine d'étrangers. Des femmes, en grand nombre , remplissaient les loges et les places des députés . où elles chantaient, buvaimt et vociféraient. La salle retentissnlt de ce cri : Du vain! du pat* ! Les députés furent même insulté* par quelques furieux.
Cependant l'armée parisienne, conduite par le général Lafayelte, arrivait À Versailles. La ville, la cour et les magistrats furent un peu rassurés, mais leur sécurité fut de peu de durée.
A six heures du matin, une foule de femmes et d'hommes s'élance brusquement dans les rues, et marche vers le château, dont In garde avait été refusée a la milice parisienne. Les brigands penèireut facilement dans les cours; une femme injurie un garde- du-eorps placé a une fenêtre ; celui-ci fait feu et tue un volontaire parisien. La fureur des assaillants redouble; ils saisissent un gnrde-du corps , lui coupent la tète et la placent au bout d'une pique.
Pendant que In cour du château était le théâtre de ces scènes sanguinaires , une autre troupe de femmes et de bandits se dirigeait vers l'appartement de la reine, et éclatait en injures atroces contre elle Tout cède à leur fureur : plusieurs gardesdu-corps tombent sous leurs coups ; mais enfin le général Lnfayette arrive; ses troupes s'emparent du château; et les brigands et les femmes les plus déterminées se retirent à la hâte, et marchent vers Paris, emportant comme un trophée les télés de deux gnrdes-du-corps.
Dès lors Versailles fut plus tranquille; la fraternité s'établit entre la garde parisienne cl les gardesdu-eorps ; l'on n'entendit plus que les cris de rite la nation! Vite le roi! êtes la rtint! vivent le» ganlet-du-eorpi ! vice le général! Cet autre cri , qui devint presque général, se lit entendre : Le roi à Partit Alors le roi se présente au balcon et dit au peuple : «Mes amis j'irai - a Pan» avec ma femme et mes enfants; c'est â l'amour de « mes Lons et fidèles sujets que je contie ce que j'ai de plus <- précieux. >
lj£ départ eut lieu à une heure après midi; et comme l'Assemblée nationale avait décrété qu elle « était inséparable de la « personne du roi pendant la session, > une députation de cent membres accompagna le monarque dans la capitale, et, quelquelques jmirs après, 1 A sseia blée entière quitta Versailles, et alla s'établir à Pans , qui fut désormais le lieu de ses séances.
La même faction qui avait souillé par des meurtres les jours de la Révolution h Paris, qui avait poussé une masse de peuple à se porter a Versailles , arma les bras de ses horribles agents pour ensanglanter encore cette dernière ville.
Le 'J septembre 1792, des prisonniers d'Orléans furent conduits a Versailles. Au moment où les voitures qui conleuaient ces malheureux entraient daus la ville par la route de l'Orangerie, une troupe d'hommes étrangers entoure tes voitures et leur escorte, en criant : A bat Ut aristocrate! il faut le» • ijorger! Ils s'avancent dans ce dessein ; deux fois repoussés, ils reviennent à la charge. Le nombre de ces assaillants augmente. Alors l'agitation n'a plus de bornes ; le - trois pièces de canon qui précédaient la troupe avaient a peine dépassé la grille de l'Orangerie, que les portes en furent refermées; et cette ti oupe féroce, se jetant sur les voiture» sans défense, massacra tous les prisonuiers qu elle put saisir. De cinquante-cinq qu'ils étaient, trois seulement échappèrent à la mort. Parmi les victimes on comptait MM, Bertrand, l'évèque de Perpignan, le commandant de la même ville, le Juge de paix l arivière et le duc de Hrissac, pair de France et gouverneur de Paris.
Les meurtriers ne bornèrent pas là leurs exploits : ils se portèrent dans les prisons de Versailles et assassinèrent un grand nombre de détenus. Le maire, des magistiatset plusieurs habitants de la ville tirent des efforts héroïques, s'exposèrent vingt foisà la mort pour les contenir. Leurs efforts ne furent pas entièrement sans succès; mais ils ne purent détourner tous les coups des assassins . et le sang humain fut répandu en abondance.
» Um^temps tourmentée par les différentes factions qui se u sont tour à tour arraché le gouvernement depuis la grande . catastrophe de t7«3, dit l'auteur du Dtetionnain kùter,***
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
« de» Environ» di Pari*, la ville de Versailles, arec le reste de « l'empire, sembla enfin retrouver le calme et la tranquillité « lors de rétablissement du Consulat. ■ Pendant la durée de l'Empire, Versailles ne fut le théâtre d'aucun événement remarquable. Le silence de l'histoire est pour les villes un indice de pain et de bonheur.
Toutefois , Versailles donna les plus grandes preuves de dévouement au gouvernement consulaire et impérial. En 1814, cette ville reparut sur la scène historique.
A cete dernière époque, Versailles ne pouvait rester étrangère aux événements qui changèrent la face de la France ; elle se rendit aux Prussiens sans tenter une résistance inutile; mais aussi, en 1816, elle fut une des premières à arborer le drapeau tricolore.
Apres la bataille de Mont-Saint-Jean , lorsque les environs de Paris furent inondés par les troupes alliées, un assez grand nombre de gardes nationaux de Versailles offrirent de servir activement dans les rangs de l'armée française, et prirent en effet une part trés-active an combat qui se donna le 1" juillet dans les boli de Rocquencourt, combat où furent complètement défaits deux régiments prussiens1.
Cette circonstance devint fatale à V ersailles. « Blucber, dit « l'auteur que nous venons de citer, en apprenant le « de ses troupes, jura qu'il tirerait de la ville une « éclatante. En effet, le lendemain, 3 juillet, il a à la téte d'un fort détachement de son armée. En vain la a ville avait déjà arboré le drapeau blanc; en vain les autorités u constituée», précédées de ce drapeau, allèrent à sa rencontre « et implorèrent sa clémence : Blucher s'obsiina à entrer en
■ ennemi dans Versailles. A peine y fut-il arrivé qu'il ordonna « a tous les habitante, sous peine de mort, de lui apporter
■ leurs armes dans l'espace de deux heures. Quand, par cette a mesure, il eut oté aux habitants tout moyen de résistance, il a permit è ses soldats de mettre la ville au pillage; la plupart « des malsons, surtout celles des rues écartées, furent ravagées
■ de fond en comble. »
Tels sont les principaux événements historiques qui se rattachent à la ville et au château de Versailles. Il ne nous reste plus qu'à offrir la description de l'une et de l'autre.
a U vUl*.
On sait qu'après avoir longtemps été la seconde ville de l'Ile-de-France, Versailles est devenu le chef- lieu du département de Seiiw-cf-Oue, qui enveloppe de tous côtés celui de la Seine. La plus grande longueur de ce département, d'une limite à l'autre, est de 10 myriaroèlres , et sa plus grande largeur de 8. Son étendue en superficie est de 67 2.547 hetares, ou de l, 126,685 arpents carréi, ou enfin de 270 lieues géographiques*. Cette étendue est distribuée comme il suit :
«3.7J3 H3,668 XI, 176 18,300 7,302 23,908 S, 358 3.1,780 25,643 2.877 1.819 36,946 2,958 2,500
Vignes et pépinières,
Jardins, prairies artificielle», etc.,
(des domaine» de l'Etal, des communes et établissent, publ . des domsines de la couronne,
(des princes de la famille royale, des particuliers,
Total,
Vingt-sept petites rivières parcoureut le département de Stine-et-Oise ; on porte à 87 le nombre de ses étangs; sa population , d'après le recensement fait en 1820, s'est élevée individus», distribués ainsi
Je Manies,
de Pon toise, de Versailles, de Corbeil,
Le commerce du département consiste en grains , farines, fourrages, fruits, vins, bestiaux, laines, arbres, bois et en objets de consommation locale.
Quant à l'industrie qui appartient spécialement aux fabriques et aux manufactures, elle s'exerce surtout avee succès dans la manufacture royale de porcelaine de Sèvres, dans celte de bouteilles du Bas-Meudon, de toiles peintes de Jouy-en-Josas , de tanneries dans plusieurs lieux, de toiles de colon répandues dans les divers arrondissements, enfin de plusieurs antres espèces, telles que celles de bas de soie à Dourdan, et dans un grand nombre de fabriques et exploitations de chaux, plâtre, briques, tulles, tourbes, etc.
Du reste, le département de Seine-et-Oise fait partie de la première conservation forestière et de la première div' notaire; Il relève de m Cour rovale de Paris; il 1 députés à la Chambres des Députés.
Venons à la description particulière de la ville.
VILLE DE VCBSAILLSS.
Trois quartiers biens distincts forment Versailles'. Le Fietur- VmailUi est la partie de la ville située a gauche de la place d'armes ; le Pare-aux-Ctrfi comprend tout ce qui est à gauche de l'avenue de Sceaux ; et enfin la partie qui est à droite de la place d'armes est appelée la VitU-Neuve.
tst
' t'»ff* ti-itmê, article
m tio.iTi 1
de sources; cellesdu nord sont recueillies, entre Bailly etVauluceaux, dans un aqueduc, réunies au regard de Chèvreloup, et amenées par un conduit en fer au regard de la grande pépinière, entre la route de Saint-Germain et le ehemin du Chénay; là elles se mêlent à celles qui viennent de Rocquencourt et du Chénay; puis elles sont enfin conduites au pavillon des sources, rue de la Pompe.
Les sources du nord-ouest sont rassemblées à la porte du Bel- Air, et sont amenées, avec celles des Fonds- Maréchaux , au regard de la plaine de Glatigny, et de là distribuées dans les fontaines.
Les eaux de la Seine, conduites à Versailles par le moyen de la machine de Marly , alimentent aussi un grand nombre de fontaines.
Enfin les eaux des étangs, destinées à remplir les bassins des jardins, alimentent aussi les fontaines du château et deux fontaines dans la ville.
Pour les monument» proprement dits, il se réduisent à un petit nombre.
L'église Saint-Louis tient Mtns contredit le premier rang ; elle est située dans le quartier du Parc-aux-Cerfs : c'est la paroisse de ce quartier. Louis XV en posa les premiers fondements en 174S. L'architecture rappelle trop la triste époque où tous les arts tombaient en France vers leur décadence. Les chapelles sont décorées de tableaux de différents maitn s. mais qui, presque tous, portent la même empreinte que l'im-hitcturc : ce sont des tableaux de Boucher, de Vanloo, ele. Il en est cependant decx, l'un de Vien et l'autre de Jonvenct, qu'il ne faut pas confondre avec ceux de ces premiers peintres.
L'église de 'Noire-Dame, située dans le quartier de la Ville- Neuve, fut bâtie par Louis XIV, sur 1rs dessins de J.- II. Mansard. Le portail a deux ordres, le dorique et l'ionique, couronnés par un fronton. Les deux rampanilles placées aux angles tiennent de ce dernier ordre, et sont moins élevées que le dome qui répond au milieu de la croisée. L'intérieur de l'église présente un ordre dorique denllculaire ; il est orné de plusieurs tableaux de différents maîtres.
La nouvelle salle de spectacle, ou le théâtre Montaoster, fut construite en dix mois par le machiniste Boullet, sur 1rs dessins de Heurtier. La façade est comporte d'nn
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
dnri()ue et ionique, orné, nu rez de chaussée, de cinq arcad-s et de deux i orirs en arrière-corps. An-dessns de l'entablement est un uroupe de M- Ipomcoe et de Thalie. sculpté par Koullcl, frère du machiniste. L'intérieur est disposé en rot «ode avec un plnf.md qui offrait aulrerois un tableau circulaire de M. Bocqnet, mais qui e>l remplacé aujourd'hui par une voûte peinte en trnsaille. La salle peut contenir jusqu'à I ,J00 personnes.
Le jeu de paume, devenu fameux depuii 1 789, a conservé les deux Inscription* suivante», «ravées métal.
« Les Kcpi éscntants descommiines de France, constituées le « 1 7 juin 1 7a» en Assemblée nationale , ont prêté ici, le 10 du « même mois le seraient qui suit :
• INous jurons de ne jamais nous séparer, et de nous ras*emc bter partout ou les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que « la Coust tutinn du royaume soit établie et aiTermie sur des • Toi'dein' nls snli 'es. •
Il faut et core eiter, parmi les monuments publias. In maison deju tice. l'église Saiot-Symphorien, l'hospice roial et militaire, le collège ratai et la bibliothèque, dont les description* en raineraient beaucoup trop loin1. H est temps de parler du
g TH.— OSSeni •> WrAm»tru
Saint-Simon, qui vo» ait tout au travers d'un prisme rembruni, appcliiil Varsailtes le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux. Louis XIV, *ek>n lui, ne s'était plu qu'à y tyranniser la nature à force d'art ei de trésors « Il y bâtit l'un après l'autre, dit il', a »ans dessein général; le Ixau et le vilain furent confondus, « et le vaste fut joint a l'étranglé, s II faut avouer nue voilé un jugtnvnl un peu sé»ére. Sans doute le site était ingrat, sans doute le rhâ'cau laisse encore b en des choses à désirer: m dis quelques défaut*, quelques vices doivent-iL empêcher de reconnaître des b< au les sans nombre?
On a luii beaucoup de descriptions du château et du parc de Versailles, et la plupart de ces descriptions occupent plus d'un vo urne. Obligé de nous renfermer dans quelque» pao.es, nous ne p «rlerons que de» points principaux et intéressants.
Trois avenues, à quatre rangs d'arbres chacune , mènent au château de Versailles : l'une vient de Salnl-Ooud, une autre de Sceaux; l'avenue du milieu, la plus longue, est celte de Paris. Ce* trms avenues se réunissent à une place Immense appelée Ptar» d'armes.
En face est une grille en fer qui douas entrée dans la co u r d u château.
A tlrn te de cette cour est la chapelle. Voltaire, qui n'avait •ans doute pas de grandes connaissances en architecture, mais dont le tact exercé était souvent un guide sûr, a dit, dans ton TanpU du goit :
11 n'a n'en drsdffnuts pompcui De U chapelle de Versailles :
Ce coliflrhct fastueux, Qui du peuple «blooli tes feux, El dont le connaisseur se raille.
Cet édifice devait être tout de marbre ; mais la crainte de le rendre fto d lit changer <le projet. Il est le dernier ouvrnge de Julcs-Hnrdouin Mansard; encore ce grand homme ue I a-t-il pa-. su finir avant sa mort. Cest surtout à l'extérieur de cette chapelle qu'on doit rapporter les reproches que lui faisait Voltaire.
Du même côté et aux extrémités de la galerie est la talU du iptrtaclr* de la cour. Dé» le rétine de Louis XIV, remplacement de c tte salle é ai' désigné, mniselie ne fut construite que sous son successeur. Depuis, l'cxi culion en a été interrompue plusieurs fois; reprise avec activité en 1 767, elle fut achevée en 1770, pour les fé-es dounees i l'occasion du mariage de Louis XVI».
La forme de cette salle est un ovale tronqué «'ans la partie des loges, et carré dans celle de l'avuut-scéue ; elle et peinte en
t Vov«, tar loti* ees 1 Mrmrt't*. leue I.
S Cesl 4an» eni* Mlle rçae, le wtobre ITSS, les gardes-da-rorpa don- ■^rrttt rtlle fit mMXrrhlqur fut III Uni i* bruit, et »a ■•iie-*al»lii<iie mit La «««phi» *i>«* Lan garde.
La aé»oluU«n »l itmplre laîMreal fermée» Ici porte» de l'opéra d* V«rmUIcs. Ualf-éWMppa ra laaasartde aoaveau, l«r» da mariât* da duc d'Or-
mnrbre vert antique, et tous ses ornements sont •'orés en or mnt. Dans les f*Hes extraordinaires, le théâtre se changée» une seconde salle et s'unit a celle du src tacle par I avant-scène, de manière que les deux n'en font qu'une.
Revenons au palais proprement dit. Sa façade, du coté de la ville, est mesquine et tourmentée; l'architecture est en pierre et en brique; les deux aile» qui forment les deux cotes de la cour sont aussi conMruiUs en pierre et en brique; tout cela forme, avec le reste du palais, un contraste frappent, a Ce bâti- « ment et le* deux ailes, a dit un éciivain. ne sont autre chose a que ce rhétif tkéttan de Versailles bail |>sr Louis XIII, honni « par Bataompierre. et conserve avec un >• in presque ridcule « par Louis XIV. Ils nuisent swgul en ment a l'enemhle et A a la majesté du palais du coté ne la vilie ; et celui qui le voit « pour la première fois, de la place d'armes, a peine a se liguai rer qu'il soitdivne d'une aussi haute réputation. a
Mais la façade du roté du jardin, qui pré ente une étendue d'à peu près 600 métrés1, détruit bientôt cette impression fâcheuse, et l'on y reconnaît facilement ce Versailles admiré de l'unit ers et si digne de l'être.
Cette faça le est c<>mp>sée de trois corps de bâtiments : celui du milieu avance de p us de dO toises dans les jard ns, et en a pour le moins 80 de fies ; les deux autres, appelé* oifes ont chacun 80 toises. Le corps de l'Aliment du milieu, qui est en quelque sorte la principa c façade du ehAtcau. a trois avant-corps ocrés deco'onnes ioniques, qui portent douze ligures représentant les mois de 1 année.
Cette magnifique partie du château est couronnée d'un altique doi t l'entablement supporte un comble » la romaine, terminé par des balustres enrichis de vases et de trophées.
Arrivons à l'intérieur du château, et parlons des lieux auxquels se rattache quelque souvenir curieux.
La gronde ^nlorie est une des plus belles de l'Europe par son étendue, sa magnificence et la beauté de ses peintures; elle a 87 toi»es de longueur, sept et demi d'élévation et cinq de liirtteur. Klle est éclair»* par dix-sept «rondes croisées en face desquelles sont autant d'arcades, dont le fond, rempli par des glaces, réfléchit les jardins et les piè es d'eau. Entre les arcades et les croisées sont quarante-huit pilastres de marbre, d'ordre composite, dont les bases et les chapiteaux font de marnre doré L'entablement est décoré de sculpturesqui représentent des chiffres et des devises de Louis XI V ; sur la corniche sont rangés des trophées auxquels des enfaits attachent des guirlandes de fleurs. La plupart de ces ornements ont été sculptés par Cojsevox ; et l.eb un a 'ourni les de-sins tant de l'architecture que de lous les auti es objets de détail. Le plafond a été peint par cet artiste célèbre, qui v a représenté, s«us des flguns symboliques et de savantes allégories, une partie de l'histoire de Louis XIV, depuis 1681, époque où it ptit les rênes du gouvernement, jusqu'en 1678, de laquelle date la paix de Nimègne. Cette histoire est divisée en vingt grands tableaux et dix-buit p' ttts; les sujets de chacun sont indiqués par de courtes inscriptions.
L'appartement de la reine, composé de plusieurs pièces, est aujourd'hui dégarni de* nombreux tableaux qui en firent lonutnni s I ornement; les phvonds seuls sont restés iota ts : ou les doit à Gilbert de Sèxe ; mais ainsi que l'apparlt meni du mi. celui de la reine est mal éclairé et distribué d'une manière peu c mmoile.
L'appartement du roi, contigu h celui-ci, se compose d'un grand nombre de pièces, entre autres d'une secon e tntichamhre. plus connue sous le nom de \'OE>l-<tt-Bmuf , p irec
3uc sa frise e>t percée d'un oetl ile-bcraf destiné à donner plus e jour 8 ci tte pièce. * Là, dit Mercier', vit un sui«sc carre et « colossal : c'est-un gros oiseau oans la enue. Il boit, il mange, « il 'tort dans cette antichambre et n'en sort point : le reste du a château lui est étranger. Un simple paravent sépare son ht «r et sa table des pul-sances de ce momie. Doute mois sonores « ornent sa mémoire et composent son service : fours . m« a sieur», jmutz. Mt*$iturt, U roi! retireitou*. On n'eatre pat, a «aoiMeianeur. Et monseigneur file sans mot dire. Tout le a mnnde le salue, personne ne le contredit; sa voix chasse a dans la galer.c des uuées de comtes, de marquis et de ducs,
i CierroM it »>r«<rtH«, »ai*5S.
• rattaaa aV faria, Ion» |V. ftit tu
HISTOIRE DBS ENVIRONS DE PARIS
« qui fui* nt devant sa parole. H renvoie le* princes et prina c<-»es et 110 leur parle que par mnLo-\Hab>s : i>ucun<> drl- ■ mlé MiUi.ncrne ne lui en Imvo e; il .tiv.e pour le maître la • portière <|i- tlaen» el la referme : le rt-te <|f I» terre est étal a a se» yeux. (J.aml »a voix retentit, le» pelotons cp"<rs de « cou.livms s'amo.icrtcnt lu se di-S»p™t: Ion» fixmt li'.tr»
repartis sur cetr la ^ in^in qui tourne le bouloi ou en action, elle a un elT t surprenant sur ton» ceux nui la regardmi. Ses etrennes montent a einq cents louis d'or ; car on n'oserait offrir n cette mam on mrtal aussi vil que l'argent. L* soir, un groupe de « uui'li ans traverse de nouveau I OKil-de-Ilwuf. et s attroupe auprès d'une porte fermée, en attendant quille s'« ntr'ouvre. Ce sont des prétendant» à l'honneur insigne de souper avec le maître : tel a poursuivi celle grâce pendant trente -einq années, fidèle, tous 1rs jours t de sa Me. à cette porte murale; et il »st mort à la poursuite « de ses faveur*, sans l'uvoir vu bailler pour lui. Chacun se
• flaUe d'une espérance qui ne s'éteint pas. quoique si souvent « trompée. Au bout de deux benre». celte poite «dtree cl presc S'C da»s un tremblement rc», eeiueu». «'entr ouvre; un huis- « sler de la chambre parait avec une liste à la man. et crie
• sept a huit noms : noms f ruités qui entrent, nu plutôt se « glissent dans l'étroit et envié pH»s;.ge. Puis I huissier letme a subitement *a porte au ne* d<s a»tr<* qui, faisant semblant ■ de se eon*ol r de cette dispàce. s'en vont, le cl agi In et le
.» lin y a nen à ajouter è ce tableau'.
* nepul» que cet erUct* • M* écrit, I* atagallioe pelais <t« Vrr**iHr*a reçu 4tBi«»ra«M rbangemtata, tiasa tant I» fa aie, an atoiat deaa m rMttiaaltaa. Cecbileao, ««rai de l'ancienne monarchie, demeure du tout ptiitMel l««l< XIV, aat devenu, Mae la régne de Loub-rhillpp», *» muté» «W umtu no» tUrint
line! que I* comportent le» limite» étroite* «e ee ma.ee, qui contient près de trol* mille cinq
là Ibiaieiie de
Frêne*.
Due» U freti de cear d'heanaor, dll* em»r royale, ee préaenlcnt d'abord deux groupée de pierre ; re tout : à poulie, l'Bapegnc dompt'e. aou«la (orme d'ua lion; d droit», l'aigle 4e l'empire abattu; le premlet groupe et! l'ouvrage de fiUardoa; de Btinv cal l'anieur de «étend.
Hurleur» aolra» «latoe» décorent celte coar. Au cenire, on tell la»inue t Loot» XIV. A gaurh*. ea entrent, «ont le* itainoa en pied de B*qnr»*e, de Sufreo, de Mortier, de tanne», de Suger. de »wl(r ei lia; t droite, celle* de Turei.no, de ttagnaj-Troiiio, de Toonule, de tJenséoa, de Jooidaa, de tirbel.eo, *V Coibcrl el de S.jird.
Le mutée de ver-eille» comprend trout corpt do baUmeot* principaux : le carpe etf.tr»! , l'ode du Bord el l'aile du Sud.
J*> m-ate-caaiuaét, 4* On vettlnnle de buste» el nalue», pl.ee eu pied de l'eeealler de te Quatre Mlle* rontarréo» eu» létldence» rojale*. 1» L» celle de* p«»1i»il»di- roi- de Frenre. «e Ocai «elle* contenant le» labJeeut-plaa» de ple«ieurs le* régnes de Lo«<» XIII et de Lrn«» II*.
S* Dent Mlle* où tant placer» lr* bataille» ateale*. •* De* partrali» de* araed* amlreat elaaW* par oedre de promotion. T* Lee porirell* de* mnneiablet de mure rangés don* le méare ordre, a' l.e« psfUeiU de* meréeboat de Freare.
(Kut*. — U léne de< Mile» toa^erre» au* porlraiu dee maréchaux de Prane* ttt inierrompae par la çaUrit «t Irait Xlll, apréa laipielle la auile de* po.tr*iu dr» mereebaai reeeromi nre.)
te boni toile* oA a«al place» k<i porlraiu de* gaerrlert célèbre».
im promrar élept,
»♦ Sa pariant d» ulaa dUerruk, qui toadie tu »e«llbiile de le chapelle, te tnecédenl»rpl <tlon» »)»nl «oe ttir le plé'e d een du Draenn, el portant le» aota» de l'Abondance, de Téao«, de Dion», de *»r», dr «prc.re. d'*p>ol'on, de lo guerre. Ooa» rrlie Inagae enfilade, qui formait anlrefoia le» gianda epparlemrnit de Louit XI V. rtldialribuer no* partie de» tableaux repreaeotaat le* érénemenif de »no régne; le^ulio en rat iati- rr«mp*.e pot In galerie qui nnr'e le nom de ce prince, el qui d»nac »ur lo terrante du irrand parterre Onq ealret talont donatnl tar la pièce d'eau de* Sul-»e». el i«ul pnrtairal autreful» le» n<>m» detemna de le PaU, chambre etr*lo<i de la Reine, «alnn du Grandl.ourcrl, Mil* de» Uardet de la «elne, enmidéient l'eiHenihle dp» événement» du rrgnr de Loul* XIV, eu J »J»ul*»t rependani earorr quelque» tableaux réparti» dan» le* deux toile* de* Uaide*-da-c»rp« el de* V»l,-i»-de pied, au place» d»n» d'autre* «érie».
t* A'i haul de IVctlier de marbra t'ourre I* plaie telle det Gard**, aujourd'hui ta- e de Napuleon.
S» La »aile d- 17»». qui tourbe t l'adr do fiuil.
4* Quairi- tatler f nn»»r . f es au» tiblraui dccampagneide I7»ï, él.tS.ett». »• Ua» ta ie de pièce* av. eoot placée* U* gouarhe» *> aq errlle» qui repre- «entent IrtcampazDet de» trmér* Iraivçaiie» depuie 4»t« |n»q**i tu S. •e l«« poilu eppartemenu de la reine.