‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 79 sur 144 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

CBHTU.LT, AIC0Z1L, IVBT, BICÉTRE. VlLUJllP, CUOtST-LK-aOt

Village situé dans une vallée sur la rivière de Bicvrr, à pe i de distance, vers le sud de Paris. Il est très-probable qu'il doit son nom et son origine aux Gentils, à une de ces peuplade»

HISTOIKE DES ENVIRONS DE PARIS

prisonnières que les Romnins nommaient Letei ou Gentitt. et «uxqtipllos, à diverses épiques, il* donnèrent, dans Us Gaules, des terres pour les cultiver. Celte conjecture est fondée sur les rapports d-s noms GrntUes et Gentilly, et au*si y\tr la certitude acquise de l'exislenre de ces prisonniers dims les environs de Paris, l.a notice d«*s dignités de l'empire dit que, dans l'espace qui se trouve entre Paris cl Chora, il existait desGcntiles «armâtes.

Dans la vie de saint Eloi, on 1R qu'il possédait du bien à Gentllly, Gtntiliarum; qu'il y avait même fondé un monastère, dont il allait souvent visiter les moines.

Il parait que le village de Gentllly était très-considérable à cette époque puisque les villages d'Arrueil et de Cachant en dépendaient, et que les rois de la première rnce y avaient une maison de campagne : en 766, Pépin y tint même un concile, où 1rs évèques discutèrent sur le respect dû aux images.

Kn 878, le roi Louis-lr-Regue Ht don à Ingelwin, évéque de Paris, a de la seigneurie Maison-Royale de Gentilly, et de toutes « les propriétés qui en dépendaient, jointes h et Iles de l'abbaye « on monas ère fonlé par saint Élol. Cette terre de Gentilly « est depuis restée aux successeurs d'Ingelwin. Ils y bâtirent « une maison vnsie et commode, qui devint par In suite et fut « longtemps le li.-u de p!ai>ance des évéques de Paris. Ht y o allaient encore souvent au xv« siècle. 11 y avait à Gentilly ■ deux fiefs, l'un appelé la Tour-Ronde, et l'autre la Tour- « Carrée. On voit encore aujourd'hui les ruines de cette dero nière tour. Saint Lou s établit à Gentilly des Chartreux, les « mêmes qui vinrent en*uile ré-ider à Paris. »

En t»'9i , Clittide Sonnius y fonda aussi un couvent de religieuses de la Miséricorde, qui, à ce qu'il parait, n'exista pas longtemps.

Sous Charles IX . le prince de Condé vint y camper avec ses troupes. Catherine de Médicisqui désirait la paix, s'y rendit pour entrer en accommodement avec ce prince. Ils eurent à ce sujet de longues conférences; mais elles furent sans résultat. Le prince de Coulé continua la guerre.

Il y n deux cents ans que Gentilly était un des trois villages où les écoliers allaient se promener :,ee qu'on appelait alors ire ad eampot.

Sim n Colin , l'un des plus fameux graveurs de caractères d'Imprimerie, est né à Gentilly. Il fut le premier qui grava, en H80 . avec succès , les caractères romains tels, à peu près, qu'ils sont aujotnd lioi.

I.e galant Bcnscra Je avait sa maison de campagne a Gentilly. Il y mourut eu tout, après avoir longtemps souffert de la pierre. •

Gentilly est aujourd'hui un village composé en gronde partie de blanchisseuses et de carriers; on y remarque quelques maisons assez agréab'es, entre autres l'ancien château seigneurial, appartenant autrefois à madame la duchesse de Villerov, et maintenant à un imprimeur de Paris.

Sll.-A~.tll.

Village situé au-dessus de Chantilly et sur la même rivière de Bièvre.

Ce lieu tire évidemment son nom des arches de l'aqueduc que les Romnins, vers le commencement du iv* siècle , tirent cunslrufie pour conduire les eaux de Rungis au palais des Thermes. Cet aqueduc antique traversait le vallon de la Bièvre; on en volt encore des restes continus à ( aqueduc moderne.

Ce dernier aqueduc , objet principal <ie curiosité à Arcueil, travirse, dnns une longueur de deux cents toises, le vallon de la Bièvre. Ilsélèvcde douze toises au-dessus du niveau de celle petite rivière. Il se compose de vingt quatre arches , ouvrage majestueux de Jacques Desbrosses, qui en a fo.irni les dessins. Il fut construit, en 1 6 1 S , par ordre de Marie de Médicis. à l'effet de conduire les eaux de Rungis dans le jardin et le palais du Luxembourg, qu'elle faisait construire.

L'aqueduc seul est antique: le village d'Areueîl n'était qu'un hanic:iu;et ce n'est qu'au xiii* siècle qu'on y trouve une église sous-le titre de Saint- Denis.

Il existe plusieurs belles maisons de campagne a Arcueil, dont une lrés-ai>|iarcnte , située près de l'aqueduc.

Au centre du village est une maison assez vaste , appelée l'AiimrfneriV, dont le jardin est borné par le cours de In Bièvre ; elle fut habitée par le plus scélérat des hommes du x vuf siècle :

on devine que Je veux parler du marquis de Sade. On y montre la chambre on ce monstre attacha sur une table une jeune 11 le-, on y montre la fenêtre p.ir laquelle cette jeune fille, searillee sur plusieurs parties de son corps , et entraînée par lu v ioHice de la li n leur que !i i causait la cire brûlante que le b'irbuc f lisait couler sur ses plaies , ayant rompu ses liens, sauta dms le jardin, puis, à l'aide du treillage, franchit le mur, et, toute ensanglantée, se laissa tomber dans le jardin voisin. Des plaintes furent portées contre cet attentat: mais le marquis de Sade, moyennant une somme assez modique, obtint le désistement de In plainte. Le crime resta impuni.

S III -Ivry.

Ce village, situé sur la rive gauche de la Seine, à trois quarts de lieue environ vers le sud-est de Paris, forme avec les hameaux ou villages de Saint- Frambourq , d Austtrlits et de la Garre, une commune considérable du département de la Seine.

Le village d'Ivry est connu, dès l'an 9t« , par une ebarte de Louis-dJOutremer.

La terre d'Ivry , possédée longtemps par des seigneurs obscurs , appartenait , au commencement du xvn' siècle , à Cl >ude B >gc-Dubois, conseiller d'État, prévôt de< marchands et procureur général de la Cour des aides, qui y fit bâtir un château superbe dont la vue s'é'end du coté de Paris, sur la rivière; une très-belle terrasse domine la plaine et termine le parc.

Après la mort de M. Dubois, le château pnssa d'abord au maréchal d'Uxelles, et ensuite au marquis de Beringhem.

A l'époque de la Révolution, il existait à Ivry une maison d'éducation de demoiselles, célèbre par les maîtresses qui la dirige lient et l'excellence des leçons qu'elles y donnaient.

A Saint-Frambour^ est une chipelle solitai e sous l'invoeatmn du saint, l.a crédulité publique a consacré ce lieu. Un tirund nombre de bonnes gens venaient A la cha 'elle de Saint -Frambourg; chaque malade, passant la tête par une ouverture pratiquée derrière l'autel , espérait guérir radicalement de sa maladie.

PluMeurs maisons de campagne ornent le village d'Ivry. Cdni d'Auslcrlitz offre un nombre considérable de guinguettes C'est à h Garre qu'e>î la b lie verre-ie située prés de la rive gauche de la S. inc. que dirige M. Saget, et où se fabriquent des bouteilles et des verres A vitres.

On remarque, entre Ivry et Vilry, un silo pour la conservation des grains, établi par M. Delacroix, ci-devant notaire à Paris ; et, a lit Garre, un atelier de construction de machines à vapeur et autres, etc.

La vente du lait à Paris est la principale industrie des habitants d'Ivry, où l'on compte l ,100 habitants.

S ST.— BI«4Sr«.

Château immense sttué sur une hauteur, â la droite de la route de Fontainebleau, â une lieue de Paris.

Le roi saint Louis, qui favorisait, de tout son pouvoir et selon l'esprit de son temps, les institutions monastiques voulant établir une colonie de Chartreux prés de sa capitale, leur donna un terrain situé sur la paroisse de Gentilly , appelé la Grange aux Qutux, du nom d'un Lequcux, de qui il Pavait acheté en 12.10. Miiis, les Chartreux s'etant depuis rapprochés de Paris, le mon'istcrc que le mi y avait fait bâtir tomba en ruines.

Jean, évè jue de Wlneister en Angleterre, fit. en 1590, construire un château a la place de la Grange aux Queux. Ce .'hàteau a conservé le nom de son fondateur, Wincester ou \V. ncestre, d'où, par corruption, on a Tait Bicétre. Les ducs de Berri et d'Orléans s'y retirèrent avee les gens de Ir-ur pirti On y négocia une paix dite de Wincrtter ; et la violation du traité, qui arriva un an après, est appelée dans l'histoire la trahison dt Wincester.

Pendant les guerres qui eurent lieu sous le roi Jean, le chef d'un parti anglais, Kobcrt Kimolte, ven' ni de la Champagne, assiégea cette mais m de Bicétre, devenue propriété française , s'en empara, s'y log^a et fit mine d'y livrer bataille ; mais, après l'avoir pillée, il se relira.

Charles V donna Bicétre â son frère le du? de Berri. Ce prince, enchanté de sa belle po>ition, fit bâtir sur l'oini-la ement de ta maison de Bicétre un cnâleau qui passait alors pour un des plus beaux et des plus vastes qu'il y eût en France.

Mais ce nouveau château de Bicétre ne subsista pas longtemps.

En 141 1, lors des guerres civiles qu> curent lieu sous Charles VI, la faction de l>e Gois, boucher de Puris, s'y porta on tumulte, et, s'en étant emparé, y mit le feu. I^c Laboureur ajoute que l'embrasement fut si violent et si général , qu'il n'y resta que deux petites chambres qui étaient enrichies d'ouvrages parlait* eu mosaïque; que les gens <l honneur furent d'autant plus iifTen«é$ de cet attentat, que la perte opérée par cet incendie élail irréparable. On regrettait surtout les peintures exquises de la grande salle, également précimses par l'art et par la richesse des dorures et de* couleurs. On y voyait , dit-il , les portraits originaux de Clément VII et de* cardinaux de son collège, ceux des rois et princes de France, et enfin ceux des empereurs d'Orient et d'Occident. Ces détail* prouvent que dés lors les arts n'attendaient que la paix pour prendre leur essor en France, et que, sans les fatales guerres civiles dont notre malheureuse patrie a été si longtemps la victime, ils auraient atteint à leur perfection bien avant le règne de François 1".

Après cet incendie, Jean, duc de Berri, oncle de Charles VI, dr.nna remplacement et les dépendances de son château au chalitre de Notre-Dame de Paris. Cette douation , faite par lui en juin 1416, futeonlirmée par Charles VU, en l44i,clparLouisXl, en 1464.

Le procureur du roi fit saisir.cn 1519, cette propriété, qui était devenue un repaire de voleurs; elle fut entièrement rasée en 1633. Louis XIII, alors, jeta les yeux sur celte position pour y faire construire un hôpital qu'il destinait à servir de retraite aux soldats invalides. L'édifice qu'il fit élever pour cet objet est celui qui existe aujourd'hui. Louis XIV ayant depuis bail l'hôtel royal des Invalides à Paris, celui de Bicétre fut réuni à l'hôpital général, dont il devint une annexe. Celle dernière destination lui est restée jusqu'à nos jours.

La position de Bicétre, sur une hauteur, est très-convenable pour le rétablissement des malades ; et l'air qu'on y respire est plus pur que dans la plupart des hôpitaux de la capitale.

Une chose importante manquait à Bicétre : c'était de l'eau. On était obligé d aller jusqu'à la Seine chercher dans des voitures celle qui était nécessaire à ce vaste établissement. L'art parvint à créer l'un de ses prodiges ordinaires.

Un puits fut construit sur les dessins d'un habile architecte nommé BofTrand, premier ingénieur des ponts-et-chaussées. Ce puits a cent soixante-onze pieds de profondeur et quime pieds de diamèire. Tout le fond a été creusé dans le roc vif, où sont les source» ; il y a neuf pieds d'eau intarissable. La machine qui élève l'eau est placée dans un manège, au milieu duquel est un grand arbre debout. Sur un tambour pratiqué à la cime de cet arbre, tournent deux câbles, dont l'un file et l'autre défile. Us passent ensuite sur deux poulies de quatre pieds de diamètre placées au haut du puits. Aux bouts de ces cibles sont deux seaux , l'un ascendant et l'autre descendant; le poids de chacun est d'environ quatre cents livres, et ils puisent l'eau par quatre soupapes qui sont à leur fond. Au moyen de ce mécanisme ingénieux, ils se remplissent perpendiculairement, n'éprouvent point de balancements, et sont garantis de chocs qui bientôt les briseraient. Arrivé a l'orifice du puits, des mains de fer, accrochant le seau montant, le font pencher vers un réservoir où il se vide; et, de suite, il aide par son poids l'autre seau à mouler de même. Le réservoir, qui a cinquantetrois pieds carrés, contient quatre mille muids d'eau ; il est revêtu de plomb laminé ; quatre piliers soutiennent la voûte formée de grosses pierres détaille; l'eau s'échappe de ce réservoir par des tuyaux, et est distribuée dans les différents eudroits de la maison.

Depuis longtemps, des chevaux mettaient cette utile machine en action; mais plusieurs inconvénients qui en résultaient et qui en retardaient les mouvements, déterminèrent l'administration de cette maison à proposer un prix pour celui qui indiqnctait un moyen plus sur de parvenir au mAmc but d'utilité : M. de Bernieres, contrôleur des portts-et-chaussecs, l'cni|iorta au concours. Ce sont a présent des prisonniers qui fout mou- \oir cette machine. Celte nouvelle manière réunit le triple avantage d'accélérer l'opération de la bascule des deux seaux, d'exercer les prisonniers et de leur procurer un salaire qui les aide A mieux supporter leur captivité.

Bicétre sert d'hospice aux vieil ards indigents et aux personnes aliénées, de prison et de maison de force aux Itbatins, aux vagabonds et aux condamnés à la téciusion cl à la déten-

tion ; c'est aussi le dépôt pour les condamnés aux travaux forcés jusqu'au moment de leur conduite dans les divers bagnes; le nombre des détenu* est très-considérable. Il renferme aussi un hôpital de vénériens. Ix nom de ce château rappelle l'infamie et le crime. Qn éprouve uu sentiment de peine en pensant mie la plupart des v ices et des misères de l'espèce humaine sont cntissés dans un même endroit et semblent souiller l'air des ea u pagnes au milieu desquelles ce lieu d'ignominie parait étranger. Ite'ux mille deux cents lits sont destinés à recevoir les vieil ar.l» iud'geuts qu'on nomme bons pauvres; ils ne sont admis qu'« soixante-dix ans révolus; et ils y sont traités avec tous les égards dus au malheur et à la vieillesse. On ne peut voir sans vénération ces hommes, respectables par leur âge, se livrer dans un atelier commun à des travaux conformes à leurs forces; tout le monde counall ces jolis ouvrages en os et en bois qui viennent de Bicetrc : ce sont des vieillards de plus de soixante- dix an> qui les font.

Le spectacle le plus affligeant qu'offre la vue intérieure de Bicétre est celui des fous. C'est bien là, en voyant cette dégénérescence de l'homme, qu'on est porté à s'humilier soi-même, et à reconnaître combien e*t vain ce privilège de la raison, dont pourtant nous sommes si fiers. Les fous ne sont plus enchaînes comme autrefois ; ceux dont les accès pourraient être dangereux sont renfermés dans des loges disposées à cet usage.

Depuis 1774, on a établi dans la maison de Bicétre des ateliers ; l'on y punit par des privations ceux des ouvriers qui ne veulent pas travailler; et l'on récompense ceux qui montrent de la bonne volonté, par un salaire, dont une partie sert à leur avoir une meilleure nourriture, et partie leur est remise à leur sortie de la prison.

On peut lire dans mon Histairt d* Paris tout ce qui reste a dire sur le régime, les abus et la population de Bicétre.

8 v.-vin«j*ir.

Ce village est situé au-dessus et près de Bicétre, sur la roule de Fontainebleau, à une lieue et demie au sud de Paris, sur le haut de la colline et à l'endroit où commence la lougue plaine de Long- Boyau.

Ce village, dont le nom a beaucoup varié selon les temps, était connu dès le règne de Louis VII, sous celui de Villa Judita; il porta aussi ceux de Villa Jud$, Villa Julitee, Villt-juitt, et enlin Vi Ut juif.

L'églùe de Villejuif a été rebâtie plusieurs fois ; sa dernier reconstruction est de 1659.

Sauvai rapporte qu'en 1 4M, on vit, le 4 mai, entre Paris et Villejuif, plusde quatre cents corbeaux s'enlre-ballrc avec tant de furie et croassant si effroyablement, que le lieu fut rougi de leur sang. Après quoi, sur les neuf heures du soir, il commença a pleuvoir si fort et si longtemps, que l'eau entrait dans les maisons et jusque dans l'église.

Quand, au mois de mars 1815, les volontaires royaux de la capitale se rassemblèrent autour de Paris pour marcher coalre Bonaparte, le duc de Berry qui les commandait avait son quartier-général à Villejuif, et sous ses ordres le maréchal duc de Tarente.

Le 10 juillet suivant, l'on ne sait par quel motif les Prussiens détruisirent le télégraphe établi dans cette commune pour la correspondance de la ligne de Lyon.

Villejuif est remarquable par un clutteau situé dans une trèsbelle position , mais malheureusement abandonné. Plusieurs maisons de campagne embellissent ce bourg. Le château appartient à M. de Saint-Roman, pair de France.

Bourg placé dans une situation Irès-agréable sur la rive gauche de la Seine, qu'on y passe sur un pont en bois nouvel lement construit, à une lieue au sud-est de Villejuir, à deux et demie au sud de Paris.

Choisy-sur-Seine n'est connu que depuis le comraenccmci.: du \iii* siècle; il est nommé dans les chartes ChoUiatum on Chotiaewn. Ce n'était alors qu'un hameau de lu paroisse de Thiais.

En U07, Jean, ahhéde Saint-Gcrmaln-des-Prés, et, en celle ! qualité, seigneur deThiat.*, djima aux habitants de ce hameau ( un fond» de terre tue le bord de la Seine pour y construira une

chapelle où ils pussent entendre la messe, pourvu que les droits du curé de Thiais fussent conservés et qu'il n'y eût point, én cette chapelle, de fonte baptismaux, ni de cimetière dans sa déf>endance. « Il est assez vraisemblable, dit l'abbé Lebeuf, « que ce hameau contenant beaucoup de bateliers ou voituriers ■ par eau, ce fut ce qui détermina a choisir saint Nicolas pour « patron de la chapelle. »

Srize ans après, il fut question de donner à cette chapelle le titre de cure : ce qui rai fait en 1 334.

On ne connaît de seigneurs de Cboisy que depuis le règne de Louis XI. Une sentence de MHS permet à Laurent Leblanc de faire redresser les fourches patibulaires de la justice de Cboisysur-Seine, dont il était seigneur.

Mademoiselle de Montpcnsier, fille de Gaston d'Orléans, et cousine germaiue de Louis XIV, acquit In lerre de f.hoisy-sur- Seine, et y fit bâtir un château qui Tut la base de celui qu'on y vit plus tard : on appela ce château Choùy-MademoUtlU.

Mademoiselle légua Choisy au dauphin, 111» de Louis XIV et aïeul de Louis XV.

Noos avons dit, à l'article Meudon , que cette terre fut achetée par Louis XIV et donnée en échange au dauphin, pour Choisy-Mademoiselle.

Cboisy appartint alors à madame de Louvois pour prix de la cession de Meodon ; mais, i la mort de cette dame, il pavsa à madame la princesse de Conti , lille légitimée de Louis XIV, après elle au duc de La Vallière et enfin à Louis XV, qui y fit beaucoup d'augmentations.

Cboisy perdit alors ses premiers noms pour prendre celui de Choity-h-Roi, qu'il porte encore aujourd'hui.

Ce château se composait de plusieurs bâtiments fastueux : le grand et le petit château. C'est dans ce dernier que se voyait cette table qui s'abaissait à l'étage inférieur, et s'élevait, toute servie, dans la salle à manger, ou les royaux convives étalent à l'abri des regards de la dom.sticllé : monument de l'habileté du mécanicien et de la dépravation de la cour.

L'aimable poète connu sous le nom de Gentil Bernard était bibliothécaire de Choisy quand Louis XV y taisait sa résidence.

Choisy a sur la Seine un pont dont les piles sont en pierre et les arches en bois.

Les bâtiments du château, appelés Grand-Commu», ont été occupés par une manufacture de faïence fine, façon auglai.se. Qn y voit une fabrique de maroquin, uue manufacture de savons a l'huile d'olive, une raffinerie de sucre, une fabrique de toiles cirées et de verreries, etc.

Cboisy est bien bâti ; ses rues sont bien alignées ; on y compte I,t40 habitants.

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