CHAPITRE I
VILLEROY, PBINGT, CKI-Ï, JIILLY, VIRT.
« I.-M«aeej M Villeroy.
Bourg situé sur une colline a peu de dislance de la ri\ière de Juine ou d'Etnmpes, à une lieue un quart au sud-ouest d'Essonne et huit au sud de Paris.
On ne snit rien de relatif à ce lieu avant le xni" siècle. Il est désigné dans quelques titres anciens sous le nom de Manamiacum , ce qui a fait conjecturer qu'il awiit appartenu a un iudividu nommé Manassés. De ilanastiacum on u fait Mana$*i, puis JMnwy, et enfin Méntcy ou Mmntty, qui est le nom actuel *.
La situation de Ménecy est agréable. Le vallon que forme le cours de la Juine , fort élargi en cet endroit, offre de riants paysages. Le bourg se compose de plusieurs rues assez bien alignées. Les ducs de Villeroy, qui en étaient seigneurs dans les derniers temps, y avaient fait construire plusieurs jolies habitations. L'entrée du côté de Paris est encore décorée d'une porte qui est due au dernier titulaire de cette famille. L'église est entouré* d'une plate-forme plantée d'arbres et surmontée d'une haute tour à double étage; saint Pierre et saint Deuiscn sont les deux patrons.
Les coteaux voisins de Ménecy sont couverts de vignobles. Quelques établissements industriels ont concouru à donner de l'importance a ce bourg. La tourbe qui, depuis Essonne', constitue en très-grande partie le sol des bords de la rivière de Juine, y est, en cet endroit, extraite avec une une très-graude activité pour être brûlée après une simple dessiccation. Au nord-est, est sur la Juine un grand établissement pour la fabrication de divers produits chimiques, où l'on extrait une grande quantité de gaz hydrogène qui sert à l'éclairage de Paris. De l'autre côté, et aussi sur les bords de la même rivière, s'élèvent des bâtiments qui doivent servir à la fabrication du papier de paille.de pomme de terre, etc. A peu de dis'ance de ceux-ci. au sud, on remarque un four a chaux alimenté par la tourbe, et ou l'on produit un ciment employé pour les canaux, et dont la solidité parait inaltérable. Ces etablissenx nts ont beaucoup accru la population de Ménecy. Elle était évaluée à 600 en 1726; elle a doublé depuis cette époque.
Il se tient, dans ce lieu, une foire par an, le 9 octobre. Il y a. le mardi de chaque semaine, un marché assez considérable pour les grains.
Ce bourg appartient au département de Selne-ct-Oise, arrondissement et canton de Corheil. U communique par une chaussée à la grande route de Fontainebleau.
YiUtroy. « Il n'y a aucun lieu de douter que la raison pour « laquelle ce hameau de la paroisse de Ménecy a eu le nom a de Villeroy , ne soit parce que ce fut une terre que l'on « conserva au domaine au commencement de la troisième race, « lorsque Kontcnnv , qui y est contigu , fut dévolu au vicomte « de Corbcil, dans le temps que ce vicomte devint seigneur et « propriétaire de la ville. Aussi, crois-je pouvoir conjecturer
■ de là que ce lieu a été Goddinga villa, où les moines de Saint-
■ Denis vinrent trouver Charlemagnc au mois d'octobre
« pour obtenir un diplôme en faveur de leur monastère : car il « est certain qu'un des fiefs relevant de Villeroy, et situe vers « féntenay, s'appelait encore le fief de la Gode, il y a deux « cents nus. Il est assez naturel que, dans le langage fran ais, « qui tend toujours a ahréger les mots latins ou latinisés, de a Goddinga on ait fait Gnde . Mais depuis il fut appelé Villa-lit- * gii par opposition à Villa- Alibali$, Villabé, qui y était con-
■ ligu, et dans la paroisse duquel il était compris '. •
En 1364, Haimond de Mareuil, à qui le roi avait fait don de la terre de V illeroy, la céda à son tour au prince de Galles, fils du roi d'Angleterre. Elle ne resta pas longtemps seigneurie anglaise ; mais on imiore à qui elle appartint jusqu'au xv< siè cle, époque où on la voit devenue un hameau avec une église au titre de Notre-Dame , dont la cure était a la nomination de l'abbaye d'Ilieres. La seigneurie était alors possed' e pur l.i famille Legendrc. En 1 .130, Nicolas de Neuville, secrétaire ries finances , reçut la terre rie Villeroy , de Pierre 1-egendrc , son grand- oncle maternel. Cette famille en prit le nom, qui a été successivement porté par plusieurs personnages distingués. Le fils de celui que nous venons de nommer, appelé aussi Nicolas de Neuville, joua un nMe très-important sous les rois Charles I \ . Henri III, Henri IV et Louis Mil; et il a laisse des mémoires instructifs sur une longue période de notre histoire.
l'Ins servilement attache aux personnes des rois qu'à la raison, à la justice , mais plus encore attache à ses fonctions, qu'il regardait comme son honneur , il fut disgracié par le roi Henri III. et embrassa le parti de la ligue. Ses négociations entre le duc de Mayenne et Henri IV contribuèrent puissamment à placer ce roi sur le trône et à ramener la paix en France.
A la lin du xvi" siècle, les bâtiments du château ayant étc accrus, l'église et le hameau disparurent ; cl il ne resta iC UxL'li| u^?r& m fti iO il s o i^&r&cs cj \x\ \ ur t w flUn 1j u t à I
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Charles de Neuville, fils du précédent, reçut de son père la terre et le nom de V illeroy. En 1615, celte terre, qui n'était encore que chàtcllenie, fut érigée en marquisat. Plusieurs flefs et villages voisins étaient compris dans cette érection. Le marquisat relevait directement du château du Louvre *. En 1637, Louis Mil, se rendant u Fontainebleau, s'arrêta à Villeroy, et y fut retenu près de deux mois par une lièvre pernicieuse dont
i Voyet larlirle Etfnm.
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
lavait été atteint n Sainto-Crnevieve-des-Bois. Alors, si l'on en croit un écrivain «tu temps ', le château étail un des plus beaux qui fussent en France; et peu d'étrangers qnittaieut ce pays sans l'avoir visite. Les appartements et les jardin* en étaient richement ornés.
En tfiA.1, le marquisat devint duché-pairie. Les ducs de Villrroy se plurent à embellir celte résidence, qui devint une des plus vastes et des plus somptueuses des environs de Paris. Son architecture ne présentait pourtant rien de fort remarquable. I a cour s'y arrêtait ordiuairement , lorsqu'elle se rendait u Fontainebleau.
La compagnie, nommée vulgairement lu Bande noire, a'heta ce château pour le détruire. Il ne reste plus que la grille, les murs de l'orangerie et quelques bâtiments, dépendances du chatenu qui rcrv aient aux domestiques. La srule vente des plombs a produit, dit-on, aux acquéreurs un bénéfice considérable.
l u.-MBfy-
Village situé sur la grande route de Paris aFontainebleau, a deux lieues A l'est de Mclun et à neuf trois quarts au sud-est de Paris.
On remarquait dans ce villnge un prieuré dont le titre clérical fut transféré, en 1780, au prieuré de Sainte-Radcgonle, qui n'en est pas éloigné. C'est aujourd'hui une maison de compnmie fort agréable, on se trouve une source, dite de la rierge, dont les eaux guéi issent, nssurc-t-on, beaucoup de maladies, et où l'on vient comme en pèlerinage de plusieurs lieues a la ronde.
A Montgcrmont, ancienne paroisse aujourd'hui comprise dans l'ringy, est un château qui appartient au marquis de Guntaut-Hiron, et dont les jardins, très-remarquables, sont bornés par In petite rivière d'Ecole.
Priugy appartient a l'arrondissement et au canton de Mclun. Le territoire est en vignes et terres labourables. Un y compte environ 400 habitants.
«III -<étj.
Village situé h quelque distance de la grande route de Paris à Fontainebleau, A trou lieues et demie vers le nord ouest de la première ville, et à onze et demie au sud de la dernière.
Ce village a une demi -lieue de long et ne se compose que d'une seule rue, bâtie le long d'un ruisseau.
La terre avait le litre du comté. Le château a été hati. en 1400, pur le célèbre Jacques Cœur; il est actuellement possédé par la comtesse d'Astory, fille du comte Eon de Cely, dentier scigueur de ce Heu.
Ce château, remarquable par sa construction,* est entoure d'un parc d environ deux cents arpents, qui renferme de trèsbelles eaux.
Le sol des environs est en vignes et blés. Les cerises qu'il produit sont estimées.
Cély appariient au département de Seine-et-Marne, arrondissement et caulou de Meluo. Sa population est d'environ r>00 habitants.
| IV.-.WIIIj.
Petite ville située a quatre lieues A l'ouest de Fontainebleau et à douze et demie au sud de Paris.
On f lit remonter un peu haut l'origine do ee lieu. « Selon « les anciens, dit l'historien du Câlinais, il a eu son commen- ■ cernent, des l'an 3895 auparavant notre seigneur, par Dryni, « le quatrième roi des Cailles'. ■ Nous n'avons pas besoin de relever l'absurdité de cette origine. Les historiens du xvr* siècle, en mutière de généalogie des hommes et d'antiqirilé des villes, se faisaient un devoir de donner leurs Actions pour des vérités.
Milly avait une collégiale fort ancienne et un llotel-Dieu fondé par ses seigneurs. Cet établissement existe encore sous le titre d'ho-piee ; et l'église de la collégiale . dédiée A Notre- Dame , a remplacé l'nncienne église pnroi*>lalc dédiée a saint Pierre, qui n'existe plus.
La terre avait le titre de haronie-pairie. Le château , de construction gothique, était très-fort ; et il a éprouvé plusieurs sièges.
iDabreuil, ÏW«nr dt« Ântiquitit d* Paru , «tppl«a«ol, pa«« »»• • Hortn, Uvr* u, p*«r *o« .
« Les habitants de Milly, dit l'écrivain cité plus li ut', ai.t a plusieurs beaux privilèges pour la chasse, dus à Isa! e le de a Milan, femme du seigneur Guillaume de Màutenay, ehevaa lier, en son vivant teigneur de Milly, laquelle donna per- « mbsion de chasser aux habitants de ladite ville à toutes a manières de bêtes menues, a toutes sortes d'engins, lièvres, « oiseaux, et permis â eux de mener leurs b stiaux où il leui a semblera bon. Elle fit confirmer ce privilège par le rot u < liai les, l'an 1391. »
Vers ce même temps, la ville ayant été prise et brûlée par le roi de Navarre, uni aux Anglais, la même dame leur concéda d'autres droits pour empêcher les habitauts, désolés et ruinés. d'abandonner le pays, tl lahoumgr.
En ma, la ville fut de nouveau prise et brûlée par les Anglais, après un assez long siège. Elle fut encore prise cl brûlée en Hïo. Ainsi, dans l'espace de moins de cinquante ans. le feu consuma trois fois cette ville : ce qui a fait dire a notre historien qu elle e*t fort tujttlt au feu.
Au xvi" siècle, Itellin, gouverneur de Paris pour la ligue, était seigneur de Milly ; et il y reçut lui-même le roi Uenri IV lors de la pacification.
Milly est situé dans une vallée sur la petite rivière d'Ecole. Le terroir des environs est sabloneux et produit principalement des grains. La place de la ville est grande ; et l'on y remarque une halle spacieuse, où se tiennent trois foires par an : la première le 22 janvier, la seconde le 3 mai, et la troisième le 38 octobre. Le marché a lieu le jeudi de chaque semaine.
« Les habitants de celle ville de Milly, dit Morin, sont « grands chasseurs : ce qui les rend surtout fainéants et peu u soigneux do travailler. A cause des roche» et des bon, ce u lieu est fui dangereux pour les passants qui y sont souvent u voles, et s'y trouvent des hommes morts et assassinés quelquefois. » Mais cette citation a elé écrite en 163U , et depuis celle epuque il s'est opéré des changements notables dans Ici une rs. Au jou ni hui, lis habitants de Milly ne se reconnaîtraient pas dansée vieux tableau.
Milly est un chef-lieu de canton Je l'arrondissement d'Elampes et du département de Seine-et-Oise, Il y existe une justice de paix et une brigade de gendarmerie. Sa population est d'environ 1,700 à l,8uo habitants.
S V — Sir) t'Irnr) a trgansrs
Village situé sur l'Orge, à cinq lieues au sud de Paris.
On appelle le plus souvent ce village Viry -sur-Orge. Il D'en est fait aucune mention avant le xi* siècle. L'église parait a>oir été batic dans le xiu* siècle. Saint Denis en est le patron ; mais on lui a adjoint sainte Luce : c'était une ancienne seigneurie.
La situation de ce village, sur la pente d'une montagne garnie d'arbres de plusieurs espèces, et le riant bassin de la rivière de l'Orge, non loin de la grande route de Fontainebleau, est très agréable. On remarque à Viry plusieurs belles maisons de campagne, entre autres celle qui appartient à la duchesse de Kaguse. et le domaine dit Pitd-di-ftr, ancien fief qui n appartenu à la famille Perrault. Charles Perrault y fit bâtir une galerie en coquillages*, digne encore d'exciter la curiosité des personnes qui visitent ce village. Cette galerie a trente-six pic ls de long sur quinze de large. Les coquillages forment une espèce de mosaïque représentant des fleurs cl drs fruits. I a tradition du pays porte qu'un évoque, aidé seulement de son valet de chambic, s'est occupé de cet ouvrage pendant vingt ans. Cette propriété a appartenu au prince d'Eckmiihl ; et elle a été habitée par le maréchal Jourdan.
C'est dans une des maisons de campagne de Viry. que le conseiller il état Foulon, nommé le 13 juillet 1789, adjoint au ministre de la guerre, se retira quatre jours âpres, voyant ses partisans disgraciés et ses plans rejeté*, et même, pi>ur éviter la rage populaire, se fit passer pour mort et enterré. Il fut arrêté par le syndic du village, et conduit à Paris, où, malgré les cfTorls des électeurs, il fut assassiné.
Le sol est bien cultivé; on y trouve deux fours à plâtre. Viry appartient à l'arrondissement de Corbeil ; on y compte
l Marin, li're il, pmft 40».
> OSuvrn cMiu <U Cm»rl*$ Perrault, pige M, ISM.
HISTOIRE DES BNV1RONS DE PARIS
environ 400 habitants, en y comprenant quelques petits hameaux.
Flbi nr-n'Anr.01 r,ES. Village â trois lieues, vers le nordouest de Fontainebleau, et à douze au sud «le Pari».
C'éfait une ancienne seigneurie, où Corne Closse, srandmaltre des eaux-clforêls, fit, sous le régne de Henri 11, bâtir un fort beau cbâlenu, qur les propriétaires subséquents fe plurent a orner. On y remarquait des peintures à fresque par Le Primatiee, et un fort beau canal. Henri IV, en le voyant, résolut d'en faire exécuter un semblable a Fontainebleau ; ainsi, ce dernier canal eut pour modèle celui de Fleury.
Il fut possédé par le eardinal de Richelieu. Le comte d'Argoupes lui Inissa son nom. Il est aujourd'hui renfermé dans les domaines de la princesse de Talmon.
Le parc a trois cents arpents.