‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 83 sur 144 · PLI · texte numérisé non relu

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Chàtesn de ï.jncy.

du roy 1

En 1539, Charles-Quint faisant un voyage en France, fut conduit par le roi dans ce château, et lo>- dans l'appartement dit du Poilti. Des fêtes brillantes eurent lieu en l'honneur de cet note ronflant, dont le nom inscrit d'abord , comme on sait , sur les tablettes du fou de la cour, parce qu'il avait osé se mettre ainsi entre 1rs mains de son oniien captif, fut remplacé pur celui de François lui-même : alors on plaçait ce roi au rang des fous, pour n'avoir pas commis une perfidie.

Le même prince fit aussi exécuter divers travaux dans la forêt; il créa une charge de maître des eaux et forêts, ainsi qu'une capitainerie des chasses, dont le titre fut réuni a celui de concierge du château. I>e bourg prit beaucoup d'accroissements sous ce règne. Plusieurs hôtels y furent bâtis par de riches courtisans.

Henri II flt continuer à Fontainebleau divers travaux que son père avait entrepris. Quelques uns de ses enfants y reçurent le jour.

Sous le court règne de ce prince, fut tenue , en 1660 , à Fontainebleau , une assemblée notable , relative a la conjuration d' A m boise.

i Birt«4rt du GatiiU, tU. ptg* »fl.

' Charles IX orna ce château de plusieurs statues, et y flt o •cuter r1i\ers embellissements.

Henri III habita quelquefois Fontainebleau comme ses rr-

déccssruis.

Henri IV , paisible sur le trône de France , en fit son séjour l'a M) ri . Il dépensa en constructions ou accroissements dans !<• château et dans le parc, la somme, très-considérable pour l'époque , de deux millions quatre cent quarante mille huit cent cinquante livres.

En 1 590 , ce roi y reçut Charles-Emmanuel, duc de Savoie , qui venait traiter en personne de la restitution du marquisat de Saluées, que la France exigeait de lui. Ce fut dans ce voyage que l'adroit prince italien noua plus fortement, selon toute apparence, les intrigues qui conduisirent , un peu plus tard, le maréclial de Biron à l'écbafaud.

L'année suivante, ent lieu, dans la salle des étuves , sous la galerie de François 1", la fameuse conférence entre Duperron . évêque d'Évreux, et Duplessis-Mornay, sur quelques citation s des livres des saints pères, que le premier accusait d'infidélité. Sully, qui n'aimait pas Mornay, dit qu'il s'en lira mal. Quand la séam-e fut levée, le roi , s'adressaut à son ministre:

' A»t*l«ilh4tt vittntt rkitMVX

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Eh bien! que toi»» M «emu/e <f« eo/re pape ? (On appelait quelquefois l)uplessi*-Mornay, le pape des Huguenots. \ — m II me « semble, reprit spirituellement Sully, qu'il est plus pape que roui a n« penser: car, ne voyez-vous [tes qu'il donne un chapeau rouge ■ à M. d'EerêMx'. »

Le roi se trouvait à Fontainebleau quand les trames coupables de Biron lui lurent révélées par Latin, conlldent et agent de ce marécbal. Il appela sur-le-ctamp Sully auprès de lui, et, pressant avec émotion la tétedu duc contre son cceur, il lui dit : Mon ami. il y a bien de» nouvelles; toutes le* compilations contre | moi el mon état , dont nou< ne fatsions que nous douter, sont maintenant dicouverttt.

Alors il lui développa le plan du conspirateur ; el il fut convenu entre eux qu'on ferait d'abord venir Biron a la cour avant de faire aucun éclat.

Biron' liésista quelque temps a se rendre aux invitations qu'il reçut ; mais enfin , pressé par le roi qui déclara qu'il irait le quérir fats* tvf me s il ne déférait à us ordres; rassuré, d ailleurs, par ses complices, surtout pnr *e perlide LaOn, qui le perdait, il partit pour Fontainebleau , et y arriva le 13 juin IMS.

Son entrée fut un véritable spectacle, parce que tous les esprits élaent vaguement pn occupes des bruits qu'on avait répandus.

On sait avec quelle orgueilleuse opiniâtreté Biron , persuadé par Làfin, que le roi ne savait nen. ou du moins n'avai' aucunei-reu>ecoo<rc lui, résista à toutes les démarches que ce prince fit pour en obtenir un a\ eu Cluieau de N

et des marques de repentir : Mon ami. «lis-ut Henri TV an duc de Sully, voilà un malheureux homme q>it le maréchal ! J'ai envie d» lui pardonner, d'oublier tout ce qui s'est passé et de lui faire autant de bien que jamais. Il me fait pitié ; mon tœur nt se peut porter d faire du mal à un hommt qui a du courage, duquel je me suis si longtemps servi, et qui m a été ni familier ; mais toute mon appréhension est que. quand je lui aurai pardonné, il nt pardonné ni à moi, ni à mes enfants, ni à mon état.

Fnfln. après avoir ordonné à son conseil d'examiner de nouveau les charges contre le maréchal , il flt tout préparer pour son arrestation; mais il voulut encore essayer une dernière ientalive. Le soir, après le jeu , il fait venir Biron dans son cabi-

• innsmisi roysln, m-folio, t»aw i, ehip zev.

net et lui dit : Maréchal, c'est de votre bouche que je teuxsacoir te dont, à mon grand regret, je suit trop éclairé. Je vous assure de votre grâce, quelque ch^se que tous ayi commise con're moi; \ le confessant librement , je le couvrirai du manteau de ma protection et l'oublierai pour jamais .— C'est trop presser un homme de bien , s'écria l'obstiné Birou ; je n'ai eu d'autre dessein que celui que je vous ai dit. — Plut i Die», reprend le roi; mais je vois que je n'apprendrai rien de vous. Alors, jetant un regard plein de compassion sur lui, il sortit en lui disant : Adieu baron de Oiron , vous sacet c* que je vous ai dit. Le maréchal fut arrêté

sur-le-champ et conduit le lendemain à Paris, où commença la procédure qui le mena à la mort*.

La paix ramena les plaisirs à la cour d* Henri IV ; et Fontainebleau fut leur théàtie; des intrigues amounuses, des rhassesàoulrance, un jeu effréné :

tels étaient alors les passe-temps royaux, o Un avait « joué fort grand jeu ."dit Bassompierre ( 1608 1, pendant que le roi était & Fontainebleau, et moi fait le malade et avait intraduit un marchand portugais , nommé Duarte Fernandcz, qui faisait bon tout ce que l'on jouait, fournissant desmirques a « eux qui lui donnaient des fonds ou des vnges pour sa sûreté. Il v avait huit ou dis honnêtes gens de la ville qui étaient de notre partie, et, de la cour, M. de Cuise, de Créqui et moi.

Ceux de la ville étaientAlmeras, llbensi, Cathelau , Beddnu , Choisi deCaèo et autres. La » Un

i.pi «i- * .

tinlouttlet.

« roi voulut qu'ils vinssent Ions le» jours-jouer avec lui peu plus loin, parlant d'un autre séjour dans la même résidence royale. au>si en Ifi08, • nous demeurâmes quelques jours ■ à Fontaiurb eau, dit-il, jouant le plus furieux jeu dont ou ait « oui parler; il ne se passait journée qu'il n'y eût vingt mille a pistoles pour le moins de perte ou de pain. Les moindres c marques étaient de cinquante pistoles; les plus grandes mar- « ques étaient de cinq ctuts pistons, de sorte que l'on pouvait « tenir dans sa main plus de cinquante mille pistoles de ces « marques-la. Je gagnai cette année-là plus de cinq cent mille • livres au jeu , bien que je fusse distrait par mille folies de « jeunesse et d'amour .* •

< MstktiU, loue II, lirr* II.

• Mémeirte du msrétIUU <f> /î,no™r«,rr., ka-IS,L i^p. IST «IM.

Uoi.tmnrTf .— Imp. Piuo* frères, Uvcnnt el (~oaa>

HiSÎOIRR DRS ENVIRONS DR PARIS.

Le in janvier mot), Henri IV écrivit, de Fonlnincb eau. Cet mois à Kuily : a Mon ami. j'ai perdu nu jeu vingt-dtu.r midi m pittnltt i plu* de six rent nulle fr nr.' . que je vous prie de • faire incontinent mettre ez mains de Fevdcau, etc. * a

Si l'on rapportait tous h* événement» dont ee château fut le théâtre . on aurait h écrira une partie de I histoire de France: il faut donc s'attacher aux faits le* plut diunes de mémoire.

Kn IM'I, Louis Mil jura solennellement rlan* la grande église du bourg le renouvellement <le lu paix avec I Angleterre, m présence d'un amlMSuideur de ce pays, lin niait, il Ht. dans une des filles du château, quarante-neuf chevaliers de l'ordre du .Saint- Ksprit. « Le jour de la Feie-IHcu <le la même année, » le roi toucha, dans l'allée royale, le long de l'étang, près le

■ jardin des pins, les malades des ecrouclles, au nombre de

■ 126»: on y tu avait compté nue autre fois 1533' »

. ii in 12, ou vit arrivera Fontainebleau une machine extraordinaire pour sa forme, par les moyens qui la menaient en mouvement, et curieux' p.ir l'objet qu'elle contenait: c'était une chambre en bois très ornée it recouvcrlc en damas cramoisi. Celte chambre, arrivée de Valence où elle avait été fabriquée, était portée sur les épaules de <tix— huit gardes dixcorps a la fois, tous, la téle découverte, relayés, de loin en loin, par dix-huit . autres gardes. On avait d'abord décidé que des paysans, pris dans les villages qui se trouvaient sur la route, seraient les porteurs; mais les gardes du corps voulurent avoir l'honneur de se charger de ce précieux inrdeau. Cette chambre portative contenait un lit, une lubie, une Chaise, un homme et deux serviteurs. Cet homme était le cardinal de Richelieu , qui , tombé malade a Valence, et craignant les mouvements des voitures ordinaires . Imagina cette nouvelle manière de voyager. Ajoutons que , dans les bourgs ou villages ou pnssa celle étrange voiture, dfnllutsouvent abattre des maisons, démolir des portes pour lui l'aire place. Ce fut dans cet équipage que le terrible cardinal arriva à Fontainebleau, et qu'il eu partit pour se rendre à l'an», où, le 4 décembre 1041, il termina sa désastreuse carrière.

En 1614, Henriette d'Angleterre, femme de Charles I", vint •'y réfugier ai»res la Révolution qui mena Ce prince a l'echafaud. Il est digne de remarque qu'ruviron un demi siècle après, on y vit le roi Jacques-Slnart, banni de son royaume a la suite d'une initie révolution, pour avoir voulu régner par le jésuitisme et l'arbitraire.

Le roi Louis XIV séjourna, ponr la première fois, à Fontainebleau, en 1845. Ce fut peu d'années après, que la reine Christine de Suéde, venue en France a | ires son abdication, recul, contre le gre du roi, ce château pour demeure, hxtiavaganle , indécente même à Fans , elle se montra ci ut ile a Fontainebleau ; et c'est la qu elle lit assassiner le marquis de MoiiaLle-ehy, son grand-écuyer , action véritablement flétrissante pour sa mémoire, et dont les détails paraîtront sans doute avoir quelque inteiét : nous les emprunterons u la relrtn.n du pcie Lftbel, nuthurin de Fontainebleau, qu'où lit venir pour confesser la victime \ Ce leli'jieuv lut appelé, quelques jours avant celte sanglante cotast ophe, devant la reine qui lui remit un paquet cacheté, eu lui re commandant le secret absolu. Elle le rappela le 10 uovrmbie a une heure après-midi. Un valet l'introduisit ttuiis la galerie des cerfs, dont la por c mt soigneusement ferme. La reine était debout, au milieu de In galène, parlant à Monaldesehy ; Irais autres personnages étaient à peu de distance, et I un d'eux plus rapproché de Christine. Celle princesse, dès qu'elle vil le Religieux, lui demanda le paquet qu i I <• lui avait remis; et . l'ayant décacheté, elle communiqua au marquis les pipiers qui y étaient rwitei niés ; il polit en les pi ruant, mais déclara qu'il ne savait ee que c'était. Xt vtmln-tou» pu» reconnaître cet lettres, dit In reine, d'une voix assurée? Il réfléchit, Alors (Ile tira de dessous elle les originaux uOnl ces papiers n'élaienl que des copies écrites de sa mmo, et les lui oominuii.qua. L'infortuné se jeta alors à tes pieds et chercha a te jusniier. Les trois assistant» mirent l'epce a lu main.

* Il ce releva et tira celte reine a un coin de la galerie, et « tantôt a un autre, la suppliant toujours de 1 eulenure el de le

«il*» Watt ]Mh »b s^JUj^ôv •• •

' Ar**«ft*M t ■«tnl.-l <t* Sully. UOM- Tl, rhtf. tivn.

> t. n <:>■' i i lomr 1, SatS SO.

* Inwrrr ,1<a< K> lomr I Ur VUiêtmirt Si d$trrtption 4s f vniainitfajii. par

1'^tisiUKii.w. u»i.

I • recevoir dans ses evenses: S. M. ne lui dénia jamais rien, I " msis ré 'outa avec une urande p itirnce, sans qui 'tintais elle « témoignât la moindre imporlunilé, ni aucun si une île colère, i

■ Aussitôt, se tournant vers tnol, lorsque ce marquis lu pres- « sait le plus de l'écouler el de l'entendre dire : Mon prie, me o dit-elle, rayez tt tours f. r »• (s'approchaut ilu marquis,

0 appuyée sur un petit bAton d'ehene a poignée ronde i , que je

■ ne preste rien contre cet homme , et que je donne è ee traitre » tout le trmpi qu'il veut el ; /•«« qu'il n'en taurait délirer d'une u pertonnt ofensée, pour te justifier, s'il /• p»uf . •

Apres une heure de conférence, la reine se tournant vers le Rcl gicux.luidit : Mon père, je me relire et r m» laittc cet homme , dispotci-lea mourir, et ayez *oin de ton dm*. A ces mois, Monnldeschy tomba encore aux pieds de Chi .me . t t le pere s'unit à lui pour implorer sa grâce File répon lit, d'un accent ferme et modéré, qu'elle ne pouvait l ac order. </u 'il était plut cern/uiule qu* ceux qui tonl condamnés a la roue; qu'elle lui avait communiqué ses a flaires les plus secrètes, et l'avait, en outre, cumulé de biens, et que sa perhdic ne pouvait espérer de pardon; alors elle se retira, et les bourreaux s'approchèrent. Sur les cr.s et les .in- tances réitérées du malheureux marquis, celui qui semblait le chef sortit pour essayer de fléchir la reine ; mais sa démarche fut infructueuse. Le Religieux, a son tour, voulut faire une tentative; mais ses vives supplications resierent rneen sans résultat ; el, sur ce qu'il cherchait a lui fiire euteniire qu'une pareille exécution pourrait sans doute déplaire au roi , qui lui accordait un asile dans son palnis, el qu'il valait mieux soumettre le coupable à sa justice: Quoi, mon père, dit-elle, moi, en qui doit r^tider la justice ahtolueet tnureraine tur met tuje.lt, me voir réduite à tollieiter contre un liallit domestique, dont Itt preuves de ton crime rt de ta perfidie tonl en ma puissance ' Alors elle le congédia sans vouloir en entendre davantage; et le Religieux crut qu'il n'avait rien de mieux à faire que de retourner auprès du patient, qu'il ne pouvait plus soustraire a la mort. Il

1 entra donc dans la galerie, et chercha a réprimer le désespoir du marquis; il l'engagea a >c < ou cm i la < oui' -sion commença •n latin , français et italien , ainti qu'il te pouratt mieux rrpiiqurr dan.< le tro uble où il était. Sur ces entrefaites, l'aumonlcr de la reine entra dans la galerie: le marquis .s'interrompent, court à lui, espérant encore, llscmsereni quelques li st.ints, se tenant les mains, a Kt, après leur con érenee Unie, l' aumônier « sortit et emmena avec lui le chef des tiois, commis pour cette

• exécution: cl peu après, l'n timonier étant demeuré dehors, a l'attire revint seul el lui dit: Marquis, demande pardon à « />iVw; ror, tant plut atitndre, il faut mourir ; es-tu tonfetté? a et lui disant ces paroles, le pressa contre la muraille du bout u de la tuler e ou isl la pc nlure de Saint-Ucrmain-en-l.ava ; et « je ne pus si bu n me détourner que je ne vis qu'il lui porta « un coup dans l'estomac, ou ci>té droit ; et ce marquis, le vou-

• laut parer, prit l épcodc la main droite, dont l'autre, en la « retirant, lui coupa trois doigts; et l'épée demeura faussée . et a pour lors 11 dit a un nuire qu'il était armé dessous ; comme « en effet il avait une cotte de maille qui pesait neuf a dm li- « vres; et le même, a l'instant, redoubla le coup dans levi.ng-, a après lequel le marquis s'écria : Mon père ! mon péril — Je m m'approchai de lui ; et les autres se retirèrent un \ t» A quai- « tter; et, un genou en terre, il deman la pnMou n Onu, et me a dit encore quelque chose ou je lui donnai l'ab»oliiHon avec la u pénitence de soullrir la uioit pour ses péchés, pardonnant a « ceux qui le fanaient mourir; laquelle reçue, il se jeta sur le a carreau; et. eu tombant , un autre lui donna un coup sur le n haut de la tète, qui lui emporta des os ; et, étant eiemtu sur

• le ventre, faisait signe et marquait qu'on lui coupât le col; et a le même lui do na dtux ou trois coups sur le col, sans lui a faire grand mai, parce que la colle de maille, q<ii était montée

• avec le collet du pourpoint, paru el empéelia l'excès du coup ; « cependant, je l'exhortais île se souvenir de Uieu et d'i u au n « avec patience , cl autres choses semblables. » Ci lle nlli eus exécution eu elail U quand t'aumouier rentra dans la galène ; l'infortuné se Irainn. jusqu'à lui, et eu obtint une seconde ntwolution ; après quoi « celui qui avait frappe sur le col du In ni ir- « quia , el ipu elail avec I aumônier a sa vauche, lui perça la

• gorge d'uue épée assez longue el étroite, duquel coup le utar- « qui» tomba sur le coté droit < I ne parut plus, mais demeura u plus d'un quarl-d'heure a respirer, durant lequel je lui criais

• cl l'exhortais du mieux qu il m'était possible ; cl aiusi ce uiar-

HIST01RK DES H N VIRONS DE PARIS

t qui», ayant p* rdu son sanj,' r finit sa vie à trois heures trois « quarts "rte l'après-midi, •

Le corps de Mon-ddcscby fut transité à réalise d'Avon, située h>rs du pare, et fui ensevi li a l'entne [iris du bénitier. On y voit un monument fort simp'e et son épilaplic qui ne présente à l'eu près que le nom mal écrit de Uonaldrschy. Chrisline, ajoutant à ^on crime des ai tes de dévotion, fit dire des messes pour 1 Aine de c» lui qu'elle avait fait assassiner.

On ignore de quel penre de trahison Monaldcschy s'était rendu coupable. Comme la teine avait abdiqué, cl que par consignent des seents d'État ue pouvaient pas avoir une trèsgrande importai) -e a son égard, on a conjecture que Monaldeschy, amant de CbrUtine, avait reçu la mort pour l'avoir traliiect dédaignée; mais il faut convenir qu'il y a b»cu des rais ..ns pour douter de celte explication. Quoi qu'il en soit, les contemporains nous apprennent que cette action fit horreur à la «'oui1 '.

Ce meurtre, commis en France, d*ns une maison royale, par une reine étrangère, et qui avait abdiqué, était un crime pirlicul er et un attentai au droit des gens. Mazurin, qui ré^niit alors, adressa d>'s plaintes sévères à Christine, qui lui repondit avec colère par des bravades et des injures. Voici celte lettre curieuse :

a \l. Ma/arin, ce un qui vous onl appris le détail de Monal- « deschy, mon écuy< r, étoient tnVmal infirmés. Je trouve o fort cirante que vous commettiez tant de «eus pour vou» « tVlaieir de la vérité du rail. Votre procède ne devroil « pourtant pas m'élonncr, lout fou qu'il est; mais je n'auruts a jamais cru que ni vous ni votre jeune maître orgueilleux cu>n icy o>é m'en témoigner le moindre restent ment.

u Apprenez, tou^ tant que vous ete«, val U et maîtres, petits « et grands, >(ii"tt m'a plu d'agir oiruri.que Je ne dois, m ne veux n rendre comp'e de mes Bêlions à qui que ce soil, surtout a n des fanfarons de votre sorle. Vous joue* un singul cr pi r « tonnage pour un personnage de votre rang ; mais quelque» a raisons qui %ou« aient déterminé à in'éi-rire, j'en fais lr>'p a peu de cas | our m'en intriguer un seul instant. Je v« ux que « vous sa hie/. et que vous disiez à qui voudra l'entendre que « Christine se soucie peu de voire cour, cl encore moins de « vous; que pour me venger je n'ai pas besoin d'avoir recourt u à votre formidable puissance. Mon honneur l'a voulu ainsi; « ma tclonli eit une loi que vous «levez respecter; vous taire a est votre devoir; el bien des tiens que je n'estime pas plue « que vous fcrocnl Irés-bien d'appiendre ce qu'ils doivent à « leurs égaux avant que de faire (.lus de bruit qu'il ne con- « vient.

« Sachez enfin, mont le cardinal, que Christine est reine a (clic ne l'était plus] partout où elle «-si, et qu'en quelque lien « qu'il lui platt d'habiter, les hommes, quelques fouines qu'ils n soient, vaudront encore mieux que vuu* et vos alfide*. Le a prince de Condé avoit bien raison de s'écrier, lorsque vous « le reteniez inhumainement à Vineenne» : Ce vieux renard « f/ui jusqu'ici, a trompé Dieu et le diable, ne se lassera jamais a t/'uutrager tes bons serviteurs de il. ta t. à moins que le parlées ment ne congédie ou ne punisse sévèrement cet illustrissime a faquin de Pitcina.

«r Croyez-moi doue, Jules : comportez-vous de manière à «r mériter ma bienveillance; c'est à quoi vous ne sauriez trop « vou- étudier. Dieu vous préserve d aventurer jamais le a moindre propos indiscret sur ma personne ! Quuiqu'au bout de a du monde, je serais instruite de vos meuées. J'ai de* amis « et des courtisans (elle veut dire des assassins) à mon ter vice, « qui sont aussi adroits et aussi surveillants que les vôtres, n quoique moins bien soudoyés*. »

II es» curieux devoir, au lieu de chercher a se justifier, cotte roi ne dévergondée braver, injurier, menacer ceux qui lui reprochent son double ai tentât, et dévoiler, dans sa colère, les liideux sécréta du despotisme. Persuadée qu'eu sa qualité de reine 11 lui était permis de commettre, sans contradiction, tous les crimes, elle s'irrite contre hs contradicteurs et les menaces. Le contenu de celle Lttre fait sentir combien il est nécessaire de contenir le pouvoir souverain dam de justes limites. La

t Été maint é» M. 4e MottmUié.

» pi*c**i*UT„n*t,t M f»u tMiiuu, recaelllie* pu i, Lê Place, (»-<», tom- «v, Ff

petite portion de ejolrc qu'avait acquise a celte femme son g->ùt pour li s letlres ct pour les sciences est rnticrrrm n* t fia 'ce par les extravagances ne sa conduite, cl par le meurtre qu'elle a commis à Fontainebleau. Ennuyée de son séjour en France, d'où, au moins, elle aurait du être expulsée, elle retourna à Rome. *

Le dauphin, fils de Louis XIV, naquit à Fontainebleau en IBfii ; et le prince de Confié y mourut en lfi*6. L'année précédente, le roi y avait signé la révoralion de l'édlt de Nantes, acie de fanatisme funeste pour la France, tache ineffaçable pour la mémoire de l*nuis XIV.

Ce mi crut, par cel acte jésuitique et Impie, obtenir les faveurs de la Divinité et une prospérité constante; il n'éprouva que des revers, et fut presque toujours battu par tes ennemis. Après sa défaite n Ramllly, Il s'écria, plein des fau-ses idées que !es jésuites lui avaient Inculquées : Dieu a iTonr oublié ce que j'ai fait pour lui? Un dieu qui oublie! l'n homme qui croit avmr rendu des services à ce dlcul Voila des dncrincs bien étranges.

Louis XV vint a Fontainebleau, pour la première fols, en 172-1, et y épousa, l'année suivante. Marte Lecziuska. La cour y fit, dans la suite, divers séjours qui n'ont rien d'important. Le dauphin, fils de Louis XV, y mourut en 1765.

Le château que François I". Henri IV et Ixiuis XIV s'étaient plus à embellir, fut une des demeures de prédilection du conquérant longtemps heureux, qui leur succéda au commencement de notre siècle. Cette résidence lui dut aussi de notables i mltellisscmcuts. Le> dépenses que Napoléon "y fit depuis 1804 jusqu'en 18 II, s'élèvent à une somme de o.'.mz.ooo Ir.1. C'est près du triple du montant des sommes que llenri IV y consacra.

Quelques circonstances importantes qui se rapportent au règne de Napoléon doivent être si-nul c> ici. C'est u Fontainebleau qu'il accueillit l'épouse que la in iisun d'Autriche voulut bien lut donner après son divorce avec Joséphine. M. de Las Case» nous fournil à ce sujet des détails assez piquants qui laissent entrevoir comment, dans les cours, on c;éc. toujours une morale particulière pour les princes : « Le mariage de Murieu Louise s'accomplit a Fontainebleau Immédiateimut «près « son arrivée. Napoléon était allé au-devant d'elle, et s'était et introduit déjiui e dans sa voiture. Il voulut, dit l-as-Cases», <■ lui épargner tous les détails de l'étiquette doimsliquc en u usage dans pareille circonstance; on l'en avait du reste soi- « gneusement instruite à N ienue. L'empereur, pour ce qui le « regardait personnellement, lui demanda quelles instructions m ell<* avait reçues de ses grands paienls : d être à lui tout-à- « fait, et de lui obéir en toute chose, fut sa réponse. Kl ce fut « aussi pour l'empereur la solution de tous cas de conscience, « et non les décisious de certains cardinaux el évèques, coiume « on l'a dit dans le temps : d'ailleurs, dans la même circon- « stance, Henri IV en avait agi de la sorte'. » Napoléon dut sans doute être charmé de l'attention délicate qu'avaient eue les grands parents de la princesse, de le délivrer dis ennuis de l'attente el des cérémonies, cl de la si bien préparer i vouloir sur-le-champ tout te qu'il coudrait.

A la suite des différends qui naquirent entre Napoléon et Pie VII, quand le premier voulut s'emparer de ses Fiais, le pape fut d'abord conduit à Savoue, puis transféré, plus tard, À Fontainebleau. Il y arriva le 20 juin 1812, â minuit. Si l'on en croit ce qu'a dil Napoléon lui-même sur celte affaire, pendant son exil à Sainte-Hélène, il n'avait point ordonné ce. te translation, exécutée en très-grande haie, parce que la sûreté du pape pouvait être compromise à Savoue, d'un instant à l'autre Du reste, pendant ce séjour à Fontainebleau, qui a servi de prébxle à tant de bruits calomuieux contre l'empereur détrôné, le pape fui traité en souverain libre et non en capliC Mais il opposait une inébranlable fermeté à toutes les propositions qui lui étalent faites; il était prêt à céder lout, excepté la donation de Pépin et de Charlcmagne, que le nouvel empereur revendiquait. « Que de choses, a dit Napoléon, ne m'olfrait-il a pas pour retourner à Rome ! La discipline de l'église, l'iusti-

1 JT«M4«rt« à» «si s, une i, ftft l«.

1 irAwrMl i» Stialt-BUHu, Umm i, |m|* lit.

• M.,lo«U,p*g.»1

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

« tulion des évéques ue lui étaient plus rien, s'il pouvait, à ce « prix, redevenir prince temporel1. >

Cependant Napoléon sema t le besoin de se délivrer des inquiétude- que 1rs affaires religieuses venaient mêler à celles que lui Taisait éprouver l'Europe entière année contre lui. Il voulut en finir avec le pa|ie. Les points principaux qui divisaient ces deux personnages étaient, 1° le séjour de Paris, auquel Napoléon tenait et que le pape s'opininti ait à refuser; V le délai llxé pour l'expédition des bulles relatives à rétablissement des évéques. Quant au premier point, on mit en avant le séjour d'Avignon comme tome moyen ; et quant au second, Napoléon avant demande que le délai lut de trois mois, le pape sembla t dépose a consentir à ce qu'il Tût parlé à six. Les affaires en étant là. Napoléon comman le une partie de chasse et se rend a l'improviste à Fontaine'.leau. a Son arrivée ino- « pince surprend le pape, et prévient l'effet des mauvais con-

• seils qu'on n'aurait pas manqué de lui donner. Le saint père « le reçoit avec affection et même avec plaisir. Ijh lendemain, a il lui rend sa s visite. I.Vnlrevue dure plus de deux heures : u elle a lieu dans le cabinet des petits appartements. On se dit a d'abord tout ce qu'on a sur le cœur; nuis rien d'amer ne « vi ni aggraver le passé, et les propositions les plus conci— n liantes vont nu-devant de l'avenir. Tout ce que Napoléon « sait mettre de séduisant dans une conversation, il le mot « dans celle-ci ; de son côté, le snint-pére l'écoute toujours a avec bienveillance, ou lui répond avec celte onction pater- « nette qui le rend si vénérable. I.n conversation est eu italien :

• «m padre. min figlia, sont les termes dont ils se servent en « s'adressant la paru'e. Tant de confiance et de douce p rsun- « sion ne peut p -odulre qu'un heureux dénouement. On ne « tarde pas n s'apercevoir qu'on est sur le point de s'entendre ; u et fi grave entrelien est bientôt assaisonné par l'enjouement a le plus aimable. I.e pape a fini par accepter la résidence u d'Avignon. De son côté. Napoléon a écarté des stipulations u trop délicates qui paraissent alarmer la conscience du saint u père, telles, par exemple, que la cession formelle des Etats « romains ; mais toutes les autres' formalités semblent s'aplanir n d'elles-mêmes ; et, quant a l'institution canonique des éveil ques, le pape consent à se renfermer lions le délai que l'église a <ie France a prop .sé' »

Un secrétaire ayunt été appelé (et ce fut le narrateur même à qui nous venons d'emprunter le* détails de cette scène), les hases d'un concordat furent iucessamment Jetées sur le papier. Des négociations s'ouvrirent & la suite. Au bout de trois ou quatre jours, tout fut terminé. I.e pape et l'empereur signèrent ; et plusieurs prélats furent comblés des faveurs impériales à l'occasion de cette heureuse conclusion. Mais Napoléon n'eut pas plutôt quitte Fontainebleau, que des conseils ennemis circontimeut sur-le-champ l'esprit débonnaire et facile du pape, el que les mêmes difficultés reprirent naissance. Elles fuient encore aggravées par la publication que le gouvernement crut pouvoir faire du concordat conclu et signé.

Voici en quels termes Napoléon parlait à Sainlc-Hélène de cette remarq iahle transaction : a J'ai arraché au pap'.', par la « seule force de ma conversation privée, ce fameux concordat " de Fontainebleau, danslcqutl il a renoncé à la puissante tema porelle... Il n'eut pns plutôt si-né, qu'il s'en repentit. Il a devait, le lendemain, dîner en public ave • moi; mais, dans 1 la nuit, il fut ou feignit d'être malade. C'est qu'immédiate- « meut après que je l'eus quitté, il retomba dans les mains de « ses conseiller» habituels, qui lui tirent un épouvantail de ce a qu'il venait d'arrêter; m nous eussions été laisses seuls, j'en a eusse fait ce que j'eusse voulu... C'était vraiment un agneau, « tout-à-fait bon-homme, un véritable homme de bien, que « j'estime, que j'aime beaucoup, et qui, de son coté, me le « rend un peu; J'en suis sûr5. » I* pape, au reste, gardait si peu rancune à Napoléon, que, lorsque celui-ci revint de l'ite d'Elbe, il dit à Lucien : Vout allez à Pari*, c'est bien; faite» ma pai.r arec lui; je mie à Rome ; il n'aura jama>t aucun désagrément de moi*.

On montre encore, à Fontainebleau, le vaste et superbe

• fat., lom« iv, |M(* ISS.

• Manutcrti dr 4M 3, par te baron Faim, 4 i, p. SA.

* Vf mariât dt Hainlc-llrtini, UilM T, p 354.

* 14., lu m, pago ItS.

appartement occupé par le pape pendant son espèce de

! détention.

Eulin, c'est à Fontainebleau que vint s'éteindre cet'e domination immense qui avait bouleversé l'Europe el qui semblait devoir imprimer une face nouxelle à l'univers. [Napoléon, «pri s avoir fait des. efforLs extraordinaires dans cette campagne .le 1814, qui est un de ses plus beaux titres de gloire militaire', voyant toutes ses espérances évanouies par la capitulation dé Paris, se rendit à Fontainebleau. Il s'y logea dans son petit appartement, au premier étage, le long'de la galerie de François I". Ce qui lui restait de troupes vint sur-le-champ se ranger autour de Fontainebleau. La restauration des Bourbons s'essayait alors ; m:tis un parti très-puissant soutenait encore le s> sterne de l'empire. Dans l'opoir de décider les princes ailles pour la régence, on sillicila de l'empereur une abdication. Après avoir hésité et pris même quelques mesures pouratmquer Pans, voyant ses chefs dcc uira.'és, il signa, le I avril, l'acte demandé. On voit encore, dans le cabinet qu'il occupait, la petite table sur laquelle fut signé cet acte qui l'excluait dii trône.

Mais bientôt cette abdication en faveur de son fit* ne suffit plus : on voulait l'expulsion de sa race ; ses plénipotentiaires vinrent chercher de nouveaux pouvoirs. A cette nouvelle, il veut rompre toute négociation, réun r les corps d'armée* qui lui sont encore lidèles, se retirer sur la Loire, en Italie, et v poursuivre toutes les chances de In guerre. Le silence de tous ceux qui l'entourent est la seule réponse que reçoivent ses propositions. Alors il reprend la plume, et signe une nouvelle ahlicaiion, dans laquelle se trouve comprise sa dynastie.

!> >ns rinlervafle de celte abdication el du traité qui livra an maître de l'Europe la souveraineté de l'Ile d'Elbe, on assure que .Napoléon tenta de s'emp tisonner avec une préparation indiquée par Cabanis, et qui avait seivi à Condorcct pour se ifftispff la mort'. Ce fait a trouvé des contradicteurs.

« Le Jour de son départ ayant été fixé, le So, a m'di, les a \oitures de voyage viennent se ranger dans la cour du fer-

■ à-cheval ; la garde Impériale prend les armes et forme la

■ haie; a une heure, Napoléon sort de son appartement; il « Ironie rangé sur son passage ce qui reste autour de lui de la « cour la plus nombreuse et la plus brillante de l'Europe : c'e-t « le duc de Bassano, le général Belliard, le colonel de Bussi, le « colonel Anatolc-Slontesquiou, le comte de Tuicone, le « général Fouler, le baron Mtsgrigoy, le colonel Gourgau-I, « le baron Fain, le lieutenant -colonel Athalin, le baron de la « Place, h- baron l-elorquc-d Idewl'e, le chevalier Jouanen. le

• général Kosakowski et le colonel Vousow ilab ; ces deu*. der- « niers Polonais.

<i Napoléon tend la main à chacun, descend vivement l'esra- « lier, et, délassant le rang des voitures, s'avance ver» la « garde; il fait signe qu'il veut parler; tout le monde te lait, o et, dans le silence le plus religieux, on écoute ses dernières « paroles:

« Soldais de ma vieille garde, dit-Il, je tout fais met adieux. « Urpuit vingt ans, je vout ai trouvés conttamment sur le cAe- « min de l'honneur et de la gloire. Dam eu derniert lempi, « eomme dans ceux de notre pro-périté, vout n'are: retti d'être « det modèles de bravoure el dt fidtliié. Avec des hommet tels a que vous, noire caute n'Hait pat perdue; mais la guerre était « interminable : c'eût été la guerre eirile, et la France n>a « serait devenue que plus malheureuse : j ai donc sacrifié tout « not intériltà ceux de la patrie; je part; roi*», miian ii, roa-

■ ii'ane; de tenir la France. Son bonheur riait mon u tique u pensée; il sera toujours l'objet de met vœux! Se plaignez pat « mon tort; ti j'ai consenti à me survivre, c'est pour tenir a encore à votre gloire : je veux irrirt les grandes thoeae que « no» aroni faites ensemble!... Adiru. met enfants! je rouo drait vous pretter tous sur mon crrur;que j'embratteau mon* « votre drapeau! »

« A ces mois le général Petit, saisissant l'aigle, s'avance. « Napoléon reçoit le général dans ses bras, et baise le drapeau.

• Le silence d'admiration que cette grande scène inspire u e-a a interrompu que par les sanglots des soldats. JS'apolcoo, don» a l'emo'lon est visible, fait un effort, et reprend d'une fou

1 HtnuterU <lt I s l k , par le baron foi», p. us ri «ni,. I « Manuscrit dt 4SI*, par le baron foi», p. r( oui».

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Ml

« plus ferme : Aditu meurt une fois, met ritux compagnons ! « eue ce dernier baittr pave dans vos «but* f

«Il dit; et «'arrachant eu groupe qui l'entoure, il s'élance « dans sn voiture, au fond de laquelle e*t déjà le général

Bertrand '. »

Telle e>t la scène qui a formé le dénoûment do grand drame dont Nnp-déon a tié le héros, et que le talent de M. Horace Vernet a rendue d'une manière si noble et si vraie.

Description du ckdltnu de Fontainebleau. C'est une réunion, ou, comme le disait un An. lais, vu rendez-cous de châteaux contigus, Irè—irrégulièrement groupés, et bâtis sous différents règnes et en divers genres d'architecture. On pourrait compter, dans cet ensemble irrégnlirr de bàimrnts, jusqu'à six châteaux attachés, avec leurs cours, les uns aux autres, sans plan uniforme. Chaque cour est entièrement ou a peu pré* entourée de trois ou quatre rorp* de bâtiments ; voici leurs noms :

La cour du Cher al- Blanc; la cour de ta Fontaine; la cour Otalt ou du Donjon ; la cour ou jardin de l'Orangerie; la cour dn Prince* et la cour dtt Cuvines.

La cour du Cheval-Blanc s'ouvre sur la place de Ferra re ; elle doit re nom à un cheval en plaire, copie du cheval de Marc- Aurèle, moulé h Rome en isoo. Quoique ce cheval ait été brisé en I62A, la cour, où il était placé n'en a pas moins conservé ce nom. Des bâtiments feroinicnl la cour du coté de la pince de Ferrare; ils furent dém< lis, et, en 1810, remplacés pir une bfrllc grille de cent quatre mètres de longueur. L'aile droite de celte cour, commencée sous Louis XV, achevée sous Louis XVF, fut élevée sur l'emplacement de l'ancienne ga'erie d'Ulysse, précieuse par les peintures de plusieurs maîtres italiens, qu'avait attirés François l".

La façade qu'on voit au fond de celte conr est ornée par un vaste escalier en fer-à- cheval , construit sous Louis XIII, en 1614, par Le Mercier. Cet escalier, placé à l'extérieur, n'est point abrité ; il en impose p ir sa masse ; on l'admire ; mais le dessin n'en e»t pas pur. Ses doubles rampes eussent gagné en beauté, si Le Mercier, architecte très-médiocre, eut donné à leur plan plus de simplicité et des formes moins contournées.

Cet escalier a deux rampes qui, par une courbure tourmentée, s'élèvent à la hauteur d'une terrasse placée devant les appartements du premier. Au bas de chaque rampe est une fontaine.

L'aile gauche de celte cour, bâtie sous François 1", sert de logement am ministres : c'est dans cette aile que fut enfermé le maréchal de Biron avant d'être conduit à la Bastille.

Cettecour, nommée aussi fa cour d Honneur, la cour dm Fer à- Cheval, *%\ la plus vastede toutes celles qui composent le château.

La cour de la Fontaine doit ce nom à une fontaine qui a souvent changé de forme et de place; aujourd'hui elle présente un batsln dans lequel quatre mascaron* versent de l'eau. Cette cour, entourée de bâtiments de trots côtés, s'ouvre du côté du sud et sur les jardins : ce qui la rend très-agréable.

Les bàtinjents de cette cour ont servi à \oiet les reinesmères, et, en 1539, l'empereur Charles- Quint. C'est la que se tinrent, eu isso, une assemblée de notables, et, en t003, la conférence entre Dnplessis-Mornay et le cardinal Duperron ; c'est là que fut logé le pape Pie VU, en 1804, et que, dans l'étage su péril ur, fut placée la belle bibliothèque qu'avait réunie François I", laquelle fut, en 1685, transférée à Paris, où elle devint l'origine de la fameuse bibliothèque du roi.

C'est à l'aile gauche de celte cour que se trouvait une salle de vinut pieds de longueur, qu'on nomma d'abord la grande tatle, puis la salle de la belle cheminée : ce nom lui vient d'une cheminée de vingt-tiois pieds de hauteur sur vingt de large. KHe était oince d'un bas-relief en marbre, représentant la statue <;<|uestre de Henri IV, triomphateur de ses ennemis. On raconte <l«ic ce roi, montrant ce bas-relief au maréchal de Biron, lui adressa ees mots : Maréchal, que dirait le roi d'Espagne, s'il me voyait ainsi9 — Il ne tous craindrait guère, répliqua Biron; puis, voyant le roi prendre un air sévère, il se hâta d'ajouter : i'entends s'il tous voyait ainù figuré en marbre. Celle salle a aussi servi longtemps de salle du spectacle.

La cour Ocale ou du Donjon est longue et peu large; on y entre par une porte nommée porte doive, à cause de ses anciens ornements ; elle ne mérite plus ce titre. Les bâtiments qui environnent cette cour sont plus anciens que ceux des autres

Htmvitril «*« III I, r»r le Iftv eV.V f »«S ri wlv.olr»

cours; on y volt un pavillon qui porte le nom de Saint-Louis, quoiqu'il ait été construit sous le rèitnede Fiançois I"; mais ce roi le Ht reéddier sur les mêmes fondations. La était vraisemblablement l'ancien château habité par saint Louis. Les deux tiers des bâtiments qui entourent cette cour offrent un balcon extérieur que supportent quarante-cinq colonnes de grès, et que Henri IV lit construire.

Outre la porte dorée, dont j'ai parlé, celle cour a une autre entrée appelée la porte Da- phin* ; elle a soixante -six pieds d'élévation, et fut construite, en 1601 , à J' occasion de la naissance de Louis XIII.

Dans les bâtiments qui entourent cette cour, sont la salle de bal et la biblioihèque. La s»l e de bal est remarquable par les peintures du Primai ire, de Moolo, de Dubreuil, peintures aujourd'hul fort dégradées. La bibliothèque est p)a> ée dans une ancienne chapelle , dite la Chapelle du Roi , bâtie sous Fran-

Sïis I*' ; sa hauteur e>t divisée en deux parties : la chapelle aute qui communique aux appartements, et la chapelle basse qui se trouve au res de-chaussée. Ce ne sont point les livres qui manquent à cette bibliothèque, la plus nombreuse de toutes celles des malsons royale»; mais c'est l'emp aeement qui ne sufht pas à les contenir tou«.

On trouve dans ces mèm*s bâtiments , les appartements du roi et de la reine, des salles du con ell, du trône, des boudoirs, des c n b; nets. Dans un salon, on montre une petite table ronde en bois d'à ajou : c'est sur c*Ue table qu'en tst4 Bon,. parte signa son abdication.

C'est aussi par ces bâtiments qu'on arrive à la galerie dé Diane. Elle fut construite, en 1600, pour servir de galerie à I appartement de la reine ; mais, la voûte menaçant ruine , on a été obligé de démolir et de sacriller plu ieurs peintures d'Ambroise Dubois, dont cependant on a recueilli quelques frngments.lla fallut restaurer et repeindre cette gab rie. Ces tradepuis longtemps entrepris, ont été termines en 1826 ; et MM. Abel de Pujol et Blondel ont donné, dans leur exécution, une preuve de leur goût et de leur latent liés- remarquables.

Le jardin de l'Orangerie est, comme 1rs cours. que je viens de décrire, entouré de divers corps de bâtiments. Sous François l«»,il fut nommé le Jardin des Boit. Henri IV y établit une belle volière ; et Louis XIII fit convertir cette volière en orangerie : elle éprouva des accidents. En 1703, le feu la détruisit; Louis XIV la Dt rétablir. Pendant l'hiver très-rigoureux de t78», le feu qu'on entretenait dans cette orangerie, poussé avec trop d'activité, causa un incendie qui consuma ce bâtiment ; en coupant les communications, on parvint à arrêter les p. ogres de la flamme qui menaçait le château tout entier'. Des orangers qui dataient de plusieurs riecles furent perdus

Ce jardin est dessiné en jardin paysagis'e. Il rut d'abord nommé Jardin de Diane, à cause d'une statue en bronze de cette déesse qui se trouvait placée au milieu d'un bassin : celte statue et ses accessoires furent déplacés pendant la Révolution. On les a rétablis en I8t l , en construisant une fontaine fort agréable, où figurent la statue de cette dées»e et plusieurs autres ornements. On doit cette restauratiou aux dessins de M. Hurtault.

Dans les bâtiments qui entourent ce jardin, étaient la galerie des Chevreuils et çelle des Cerfs, ainsi nommées a cause des têtes de ces animaux qu'on y avait placées entre des tableaux peints, sous Henri IV, par Dubreuil. Ce fut dans la galerie des Cerfs que, le 10 novembre 1657, la reine Christine de Suède fit énorger son gramj-écuyer, Monaldeschy. meurtre dont nous avons parlé. La galerie des Chevreuils n'eriste que daus des murs qui menacent ruine; et celle des Cerfs forme aujourd'hui des appartements de princes.

La cour des Princes, la plus petite de toutes celles du château, est entourée de bàtiraeuts où logeait la fameuse Christine de Suède.

La cour des Cuisines, dont l'entrée est sur la place d'Armes, est située ao nord de la cour des Princes et de la courOvalcetau-delà du fo>sé. Celte cour vaste et régulière est entourée de trois corps de bâtiments que Henri IV Ht construire, en 1609, d'après lesdes-

■ H. Bratard, daat »©o olile oswge dd Guidé au rvynawar d PnulatmtbUn, aaalgae i cet ««eaeateol le • mars 1 7SS. OoH |«e défère areque J'a c pour ce! éeritala, toaie ratew d* I» bibliothèque dn rbiirau dont J'ti éprouve la cemplai<a c* et A qui je dota Ira notion* to* pli» eiaete* de celte deocriptloa, j« ne puwpUeer «et é'cncntat ro 178* ; avaal co«i»i«né le fa il, eu 178», dao, aa eol.mo. 1«c«m*i»e de r*re..»».l: je m'tm tut» 1 eeile deraitr* »«4.o».

HBTOIRK PKS KNVIHONS DK PARIS.

sinsde François Jamin. Sur le portail df- celle cour, on voit une inseripl on latine qui contient un éloge du roi qui lil tlcvtr et - bâtiments, après avoir affermi «on Irônr «t sauve l'Etat.

Au bas d un pavillon situe au nnli u de la façade qui repon I à lu porte d'entrée, est une fontaine appelée >/«< Trois- Visages, parce qu'on y voit Irois mnsenrons eu brome jetant de I eau MM un bassin. I «• nom de ectte cour indique Jiuet la destinaiion ^es bâtiments qui l'enlouicnl de trois edié».

Après avoir sommairement décrit le* bâtiments du château de Fontainebleau, il convient de parler de su ehapelle.

Chapelle de la Sainte- Tiinitt. Ou y arrive, en passant sons F escalier en fer-u-ehcval, de la cour du Cheval-Khmr. KUe fut construite, en iaau, sir IYn>placeruent d'une plus ancienne, bâtie en MU, pnr saint Louis; ri, jusqu'à la suppression lies m .in s monastiques, elle a constamment ete desservir par des religieux m Ibu Kl e < si magnifiquement décorée. Henri IV, et surloulsoolits, l.ouisXIII. y lire ni esecuter plusieurs réparations. iVndiiut qu'on la léparnil, arriva, nu mois île juillet |60H, à Foii'aiiiel>lcau ou se trouvait le roi, l)om Pedre de Tolède, ambassadeur d'rispagne en France. Henri IV se plut n lui montrer tous li - appartements et ee qu'ils cmitenai- ni .le curieux et de magnifique, et lui en demanda son avl*. L'fapagnol, avec un t. m grave cl seule nt icu\, et un mi d "tousse* idées sur la Hminlé, répondu ip e. il., m r, enàtcau, D'eu liait It /»<•»■« mal logé, l'ique de ce reproche, l>- roi réplique aussitôt : Aon* autre* Fiançais, non» logtani Dieu dans n»$ raurt, «I non mrr< quatie murailles, rammr rot»* autres Etpagnolt; et enrare doutr+jt $i, étant loge dan/ ro4 rmur$. il nt serait peu logé dant drt pierre*, fuis, souriant, il ajouta i Hotn Pèdretn$x<>ytztrms pas que ( ttuire n'est pat eneore arkttrt* mon intention n'ett put dtlauttr etllt ehapiftt en l état qu'élit est '.

Eu décrivant l'ensemble des bâtiments de Fontainebleau, ou ne s'' si point ai lùtr sur les statues, tableaux et peinture» qui Ira décorent. Celte description aurait exigé de trop longs détail* ; et il est des objets qu'il faut voir et non décrire, Ouant aux ouvrages des fameux arli>lea italien* que François I" attira à Fou aiutb eau pour embellir ce. chah au, tels que Uuux. Nicolo, le Priinaticr, Léonard de Vinci, etc., les temps, 1rs événements et les progrès de la dcieuce publique le» oui presque tous fait disparaître.

Ces artiste*, soit pour se conformer aux goûts du voluptueux Framois I*', soit que. de leur temps, au xvi- siècle, l'empire des bienséances uefùl pas encore bien établi, avaient caractérisé leurs pioduclions par une naïveté qui allait Jusqu'à la licence. « Ou y voit, dit Sauvai, des dieux, des hommes, dos femmes, a des dt esses qui outrageaient la nature en se plongeant dans a les di- solutions les plus monstrueuses. Anne d'Autriche, en • I64S, à ton avènement à la régence, en lit iriiler au rlTicer a pour plus de cent initie crus, s Sauvai ajoute que, si e le avait voulu brûler tout ce qui s'y trouvait d'abominable el de dissolu, il aurait fallu réduire en cendres presque tout Fontainebleau. Dana le même temps, Sublet des Noyers, intendant des bâtiments, lit brûler, à Fontainebleau, un laheau <|«e Michol-Ange ava l peint pour le due de Fenare, rt que Français 1" avait acbete fort cher} il ie rcscutail 1. m et Jupiter, dont l'expression passionnée stand -tissa M. l'intendant !. Les partisans des bienséances applaudirent à cas Ueslrueuoiii; les amateurs des beaux-arts s'en affligèrent. Le* observateurs moralistes < n tirèrent ces conséquences, que, depuis François l" jusqu'au temps de la régence d'Anne d Autriche, il s'était opéré une amélioration daus le moeurs de la cour, ou bien que, dans cet espace de temps, le sens de la vus avait acquis une délicatesse, une susceptibilité qu'il n'avait pas auparavant, nu plutôt que ce changement était dû aux progrès de l'hypocrisie,

Fiançojs 1" ne se bornait pas a salisiaire ses goûts licencieux par des peintures. « A l'extrémité occidentale de l'aile neuve a ,.jr lu cour du Chr val-Blanc) se voient encore des restes Ue « la Grotte du jardin des Pins, monument des amours de F'rau- « çoisl" et d'Anne de l'is*elcu, duchesse de Valeiilinnis, qui < avait son «ppirteincut au-dessus, monument qui servit 'le ■ bains sous Henri IV il qui sert maintenant d'écurie : tant le « temps opère de métamorphoses * I a

jse rtsY-i, I

• JmrnoUt ffruri IT, par l'IUloile, tatnr m, p»|r 175, ti a«U. » S«in»l, Am> un Jet mil <f« Eranei.

• '.mis du toxiMftur i ronlatutUf, par ■ «cniaid, pm(m 13.

L'écrivain que je viens de citer ne dit que ce qu'il lui convient de dire. Si l'on en croit madame Villedieu, c«lte grotte cachait des fantaisies peu décentes. Des miroirs, connusdu roi seul, y étaient disposés de mautèie que François I", sans être vu, pouvait y voir toutes les femmes s'y baigner'.

Le pare et les jurdint ripondeul a la magnificence du château ; i s ont, sous différents règnes, changé de formes et de destinations- Je ne parlerai, très-succinctement, que de ce qui existe aujourd'hui. Un beau et vaste jardin, dessiné dans le genre pittoresque, orne la partie su I du parc, ets'éten ! le jeu de la façade extérieure de l'aile neuve de lu cour du Cheval- Blanc. Des eaux abondantes traversent, limitent, embcllice jardin, et vont se verser, en passant sous un rocher, dans In pièce d'eau appelée l'é'ang. C'est sous Napoléon et en 181 1 que ce jardin a tté commencé.

Le parterre, autrefois nommé Jardin du Roi, parterre du Tibre, est aujourd'hui riche d'ornements de jets d'eau , ii a souvent ohnn.é de forme. Il a été reparé eu tttl7.

Le parc doit ses principaux agréments à ses belles allées, au canal et a la cascade qui l'alimente. Le canal, creusé sous Henri IV, a cinq cent quatre-vingt-cinq toises de lon^ sur vingt-trois de large. La cascade établie sous Louis XIV, dégradée par le temps et la m*in des hommes, vieut l'être restaurée avec Inauioup de goût.

Laissons ces beaux jardins, riches* d'ornements fastueux, pour m'oCcupcr de la ville du Fontainebleau,

Ce lieu fut constamment qualifié de bnure jusqu'au temps de la Révolution, < poilue où il reçut dis institutions qui lui donnent le caractère de ville. Fuutaïuehleuu, sous Fraoçois I ', consistait eu quelques hôtels de courtisan* cl en écuiics. On y voyait et on y voit encore l'hôtel bâti par le cardinal el chancelier Pupral, que François 1" acheta pour y loger les chancelier» de France. Il est situé sur In place F'errare. Ce fut dans cet hojal que fut commencée, en mut, l'instruction du procès du ministre Fouquei. Trots vastes édifices, dont deux ci-devant écuries et l'autre hôtel des gardes-du-coips, sont aujourd'hui coiiveiliscn caserne.

Il existe a F'ontameb eau deux hospices, l'un fondé, en 164«, par Anne d'Autriche, pour quat«rii pauvres mal. ni. s, il Y an tre, eu IGUG, par madame de Moulespun, pour l'éJuca'iou d: soixante jeunes flUcs pauvres, et poui la nom rit me de quarjn e vieillards, appelé la (hambieou le Mont Ptirtus On volt liai'» la chapelle le monument funèbre do l'abbé Guéuëe, mo I I8U3. Ces hospices ne se soutiennent à peu près que par li* bienfaits publics. Madame de Monte*pau fil peu de (rais pour assurer l'existence de l'hospice qu'elle fonda.

La population de Fontainebleau, tres-faible d'abord, ne commença a s'accroître que sous le règne de Henri IV. Ce Ion n'avait pas même une église paroissiale, el dépendait de celle du village d'Avou : ce ue fut qu'eu 1B24, sous le régne de Louis xi u, que l'on construisit, a Fontainebleau, l'eylis- paroissiale de Saint -Louis. *

Fontainebleau est bien bâti, surtout dans la partie moderne de cette ville. Plusieurs rues seul alignées et assez larges, uot miment celles uu aboutisstnl les grandes roules de Paris et de Milun.

Au-devant ùe l'entrée méridionale de la ville est un obélisque d'une hauteur considérable, qui s'élève au centre d'une étoile formée par plusieurs routes ptreées dan* la forêt, tt notan ment par les routes de Monuirgis, d'Orléans el de. Muret. Sur ci s faces l iaient inscrites les époques des naissances des 'i.auts de Louis X.VI et de la reine Marie-Antoinette. C-es inscriptions furent effacées pendaut U Eévuluiion. Cet obélisque fut eUbli eu |7«6.

L'industrie et le commerce «'éloignent des lieux où le*, châteaux dominent. Le commerce est presque nul à Fontainebleau. Oq y exploite des pavés degrés, extraits des montagnes voisines de la ville. Ou y vend des raisins Iri's-cstimés que produisefll des s ignobles du voisinage. On y trouve une manufacture de porcelaine et une autre de calico<«. Il s'y lh ni deux foires, Fane le Iciptemaiq de la Ti in te, l'autre le i<î novembre.

Foahiinel'leau appartient au département de Seinc-ct-Marnc, il est le chef- lieu d une sous-piéfcelure.

Oaucourl, auteur comique, dout le talent s'est quelquefois

1 Oïwri d» madame ii Yillstiisu, loua t.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

rapprocha de relui de Molière, naquit, en 1661, h

blrau.

S.uis Louis XV, on évaluait la population de Fonti à 4.HOO habitants; elle s élève aujourd bui à

I.a plaine, au centre de laquelle sont as»i.s la ville et le château de Fontainebleau. c»t de presque tous les roté* environnée de Loi» et «le montagnes, de sorte que du château el des

iihih.ii. ,lr la ville la vu. est bor el arrêtée pai .1rs tnon-

ta.nc» rouverte» d'arbres. D'autres montaunc». en partie ou entiènmi nt chauves et décharnées, offrent la tri-le blancheur de la ruche de res. I.e sol est sabWuinéux t t la végétation n'y prospère qn'u force d'art et de soins. Au sud-est de Fontainebleau, et surtout ilans les campagnes qui environneut lu route de Melon, celle stériliié dis parai, le sol, devenu fertilr, est bien cultivé. C'e»t de te côte, et tunout dans l'inturek>ant et riche villaue de Tonneiy , kitué sur la rive gauche de La Seine, a une licur de Fontainebleau, que l'on recolle cet raisin», si estimes i Paris, qu'on nomme chatttlat dt Fontainebleau.

La foret dt h'onlatntbUau , anrit nnement nommée forêt de Biéi e i tiieria), entoure la t iile ; sa surface est évaluée à Ij entedeux nulle huit cent soixan-edix-sept ar|ieuls vin^l-huit porches; elle «si dmkec e.. cent soixante-seize triages et percée

Les afférentes espèces d'arbres < ncut tout I accioïkkcineut dont ils sont susceptible*. Un y troqve de» plantes a'pines lies-curieuses. File produit annuellement de six à sept mits contes de bois, et environ huit ceut milliers 4e pavés, qu'on transporte à Pain sur la Seine.

M. Ile ang< r, dan» son *o/>ag<* de Paris à Marseille, rend ainsi l'imprission qu'avait produite sur lui l'assert de cette vaste forêt: « bile est.dit-il, affreusement be.le ; ces vieux f chênes, ces roc lu s cariées, noires, informes, ces blocs de giè* • entassés au hasard, a moitié exploité» pour lecai tisse. lient « dt s pavés , < es hêtre* élances dans tes airs ou couché» « terre, « cbrauchés par la fou.ire ou prêt* a tomber ; voiU ce que j'ai « vu dans h s plaisirs du roi. »

A celU fi-rèt se rattachent quelques souvenirs anecdolique* qu'il ne faut pus omettre.

Dans un temps ou l'on croyait aux sorciers, aux revenants, aux apparition» merve lieuses, a la non* tanglantt , au umiue bourru, àuchttal faeolet, etc., etc., les habitants de huitainebleau et des environs de la ibrêl croyaient aussi à la chatte du grand- etntur: c était un fauléine noir qui, avec un bruil all'reux chassait dans la foret; ou l'entendait souvent et on ne le voyait jamais.

Cependant Henri IV , chassant dans la forêt de Fontainebleau, cuicnJit <ie> jappement» de chien», le >ou «le» cors, les Cfis des chasseurs, bruit qui, d abord lointain, bientôt >e rapprocha de lui. Ce roi chargea le comte de Soissons u'aller a la recherche de te bruit; le rouile ne vit non: mais on assure qu'un grand homme noir, se présentant dans l'épaisseur -les brou- ail es, cria ; M'tultndtz-voiu, tt dispaïut: saisi tle Iruvcur, le tonne s'enfuit. Le» paires de* enviions attribuent ces bruits a un esprit appelé it yraiui-KiH€ur, qui chassait de temps en temps t u « elle foret ; d autres pretendeut que c est la chatte de $m*t Uubett ou la chatte du roi Arthur qu on entend eu d'autre* lieux '.

Voila ce que raconie l'ieire Maihieu, lustoiien liès-ciidulc. plusi< urs faits pareils ont ete rapportes avec, dts preuves qut ne permettent pas le moindre duule. Lue diss. lUtion, inséiée dan» le Ile ueii intitulé Varitltt hittonauet, eotiklnle, de lu manière la plus convaincante , l'existence de ces bruits aériens. L'explicaiiun quelle eu donue est ^u saiisfaisanle *. Mais, parce qu'un fut extraordinaire est inexpliqué, tioit-ou le rc\p. quer eu doute, duit-ou lui appliquer une cause surnaturelle? C'tsl a usi qtie procède l ignorance: a la physique a ule appartient i txplication de ce phénomène; ucs troupes d'oiseaux aquatiques produisent un pareil biuil.

yi.au; au grand homme noir qui apparut cl parla, eu supposant la réalité de son apparition, ce ne pouvuit ctre qu uu charbonnier de la forêt, qui. ellruyé du bruit, dit tout naturellement: L entende z-tnut 7

Je ue don pas omette ici un droit féodal assez remarquable. A l'extrémité de ces bois, du côté de Melun, est un lieu appelé

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la table du roi. Tous les ans, au 1" mai, les officiers des ennx et foré's se rassemblaient autour d'une table de pierre pour rerevoir certaines redevances que devaient au roi quelque - u u gtrt de la far t. L'ahbcssc du Lis y envoyait porter «• jamoon ruittt deux bouteilles dt vin; un meunier du faubourg de Saint- Lierne de Melun y portail, comme labbcsse, un jambon et deux bouteilles de vin : eh mue nouveau marié du l'eut ( tut , compris dans In paroisse de Saint- Ambroise de Melun, y déposait un gdttuu et einq dtniert ; le bourreau de cette ville appo.lait aus>i son gâteau avec deux deniers '.

Lea seigneurs féodaux recevaient do toute mata.

ehvibous nx ro>TAi?imr*u.

In montaane dite du Mail, parce que Henri IV su rendait quelquefois sur son sommet pour y jouer h ce |eu , autrefoi» escarpée et aride, est aujourd'hui Men plantée; on y monte par une pente trés-sdourie et par d'S allées bordées d 'arh.es. Elle offre à Fontainebleau une pmmenada ngréable el aux promeneurs un point de vue très-étendu. On y arrive par l'allée de Maint u. n ires-fréqucntée par les habitants.

Avon, village situe au-delà dn pare, à une prtite demi-lieue de Fontainebleau. Ce village existait avant celte ville, qui. pendant plusieurs siècles , n'eut pas d'autre église paroissiale que celle il' A von.

Kn entrant, a droite, près du bénitier, fut enterré le malheureux marquis Monaulesch?. Sa pierre tumulaire, longue de dixhuit pouces, large de quinxe, porte celte inscription incorrecte :

Cigitt Hlonadtlxi.

On volt dans cette église la tombe à' Ambrait Dubois, peintre qui travailla beaucoup aux peinture» du château : il mourut en l«i&. Sous le porche de cette église sont les épitsphes d Kdme lsntit d Aithtmêon, anrien garde du cabinet d'histoire naturelle du roi, mort le 13 décembre I7SS, en sa maison de Saint Aubin; et celle i'Étitnnt Bc.rnt. auteur du Court de mathtmaliquts, mort en sa maison ue Hasses-Loges, le 37 septembre 1 781.

Rassrs- Loges. Hameau situé à une deml-lieue de Fontainebleau, ou fut fondé en 1310 un prieuré dédié à saint Nicolas par un chanoine de Roye-en— Verman 'als. Suivant les intentions du fondateur, le prieuré «levait être un hôpital de six lits, desservi par deux rehuieux de l'ordre de la Charité en Champagne; mais dans la suite, l'ordre s' étant éteint, In IMHNM Tut vendue aux carmes de Touraine, qui en tirent un simple prieure, où venaient se placer ceux de leur ordre qui ne trou-

pas la r^le ordinaire assez rigide. La, ils célébraient l'ot'llce le jour et la nuit, observaient un 1 "

sai< nt toujours mai are, mangeaient séparément et «e récréaient en travaillant la terre. L'église du prieuré fut rebâtie par Anne d'Autriche en 1661 .

Prés de ce hameau est le port de Vdlrîn, situé sur la rive gauche de la Seine. Avant la Révolution, ce lieu ne consistai! qu'en une seule auberge ; plusieurs autres maisons y ont été construites depuis. l> lieu le-cvn déplus grands acerols&emejits, ' si le pont qu'on y a commencé s'achève. Ce puni, fort désiré, doit avuir cinq arches en charpente, de soixante- (eux pied» d'ouverture, appuyées sur des piles et culees en maç anneiie; il aura trois cem quarante-quatre pied» de l.muueur. ' ,

EnaiT«r,K ns U KADBLMTtl. Situe prés de Valvln, à l'E. iîç' la rorèt, sur une colline et au bord de In Seine. Il fut bati, vis l'an m 17, par un gentilhomme breton, nommé Jacques Codeiiit I. espèce d'enthousiaMe, qui n'ajani pu rtSisnr ù f»n«ler un urJic de chevalerie p iur poursuivre" les UnelRate», fondation qui lui avait éié Inspirée par une apparition de la Madeleine, vint en celnu, dont Lotus Mil lui lit <ionation, et s'y" lit einiile: il y vivait priant Dieu, mar. li .nl pie.Is nus, et. portant sur microbe grise une grande croix de satin rouge ave • les rluffr. s ile la b 'Ile uénilenle <lont il s'Intitulait le chevalier. Sa s .nte s'éiant dérangée au bout de quelques annéts, un minime des bonshommes de Passy lui persuada de doiiiiMr tous ses biens à sa communauté, à la charge de subvenir 4 Te»-' tretii n de son fils alors adolescent, selon le mode de vie sj économique d'un ermite, et cela seulement daqs le cas où if tttait

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

fidèle obtervateur de commandement» de 0<cu, sans quoi on ne lui devrait rien. Il ne pnraii |>ou>laut pis qaie h - bonshommes I aient cru pouvoir profiler dt* ce ron'rat, qui est a la fois un * monument de sottise et de cupi 'itc. et « qui peut servir de « modèle à ceux qui, par une prétendue piété, enrichissent le* « ministres d'un Dieu pauvre d'un bien qu'ils volent a leurs « légitimes héritiers1 »

1 Vers la lin du xvii* siècle, cet ermi'agc était devenu une relrai'e de voleurs; ils m furent expulsés, et le roi donna le prieuré aux rarmes des llus<es-L"ges.

Dans la forêt était un autre ermitngedit de Framhard, beaucoup plus ancien, puisque Philippe-Auguste en lit donation a un chanoine de Saintc-Ku verte d'Orléans. Et'enne, «lors nbbé de Sainte-Geneviève de Paris, écrivit à ce chanoine pour lui remontrer les damiers d'habiter une demeure déserte, ou deux de ses devanciers avaient été fués, l'un après l'autre. Cet ermitage devint dans la suite un monastère; mais, ayant été ruine plus tard, Louis XIV ordonna, en i J 1 2. de le détruire entièrement, alin que ce lieu ne devint plus un atile de débauche» ou une retraite de toleur».

Ijë sieur Louis de Saussoy céda, en conséquence, l'ermitage de Notre-Dame-de-Saint-Franchard aux Mathunns de Fontainebleau, qui, une fois l'an, y envoyaient un moine célébrer I office daus la chapelle rétablie. Depuis plus d'un siècle, on n'y célèbre plus l'office le mardi de la Pentecôte ; néanmoins, les habitants de Fontainebleau et des lieux voisins s'y rendent en foule à pied, à cheval, en voitures, simples ou élégantes. Qu'y va-t-on faire? Les dévotes y vont recueillir, dans des fioles, \'cau de la roche qui pleure. quu'qu'ellc ne soit, comme le disait Guillaume, évéque de Tournais, ni bonne à boke, ni belle à voir ; mais elle a, disent-elles, la vertu occulte de guérir beaucoup de maladies. Les ouvriers s'y rendent, non pour y boire de l'eau de la roche qui pleure, mais pour se divertir à table pendant toute la journée et toute la nuit ; les enfants y vont pour acheter des joujoix et du pain d épiées; le» honnies et femmes de la haute société y paraissent pour voir et être vus; la jeunesse des deux sexes y accourt pour danser sur la pelouse à l'ombre des chênes. Il y rc^ne un malaise , un tapage, une confusion insu portables : et chscun se relire salisfait d'avoir assisté à la féte de Saint-Franchard.

N'oublions pas Thomery. joli village situé sur la rive gauche de la Seine, aune lieue de Fontninchleau ; il est renomme par la probité, l'activité et l'aisance de ses habitants, qui \ont acheter, dans divers départements, des fruits qu'ils soignent chez eux, et qu'ils transpoilent à Paris. Ils ont poussé jusqu'à la perferfion la culture des raisins, connus sous le nom de chattela* de Fontainebleau. On ne trouve à Thomery ni château, ni homme opulent; il n'y a point de pauvres; t <u> lehabitants, jouissent d'une heureuse médiocrité, fruit de Iwn travaux.

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