‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 84 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

MOttT, HEMOCbS, LABCHAKT, MALESBERBES, ASGEi VILLE- LA-

«ivifcKE, puisEaix, sourrEs

g I -Mare*.

Petite ville Htuée sur la rivière du Loing, près de son confluent dans la Seine, à deux lieui-s au sud-est de Fontainebleau, et à seize lieues de Paris.

L'origine de et lie petite ville n'est pas connue, mais elle parall cire nncirnne A ce sujet, on a débité beaucoup d'erreurs; on Ta confondue avec itormttle. qui en est distant de deux lieues; on a dit que, près île ces murs, s'était 'lonné, en l'an .'»96, un combat enire les rois Clolaire et Tliéolebf rl , et qu" Moret était en conséquence le lieu nommé L'ttnfao par Frt degnire. Ce» eneurs et quelques autres introduites par Mo— rin, auteur de l'histoire du Gatinais, ont été victorieusement réfutées par le savant abbé Lebeuf, qui a prouve que Muret n'était ni Darm-lle. ni Latafav ; et que ce dériver lieu, dont on a fait par corruption ht (au*. e.-t situé dans le diocèse de Toul*.

Kn l'an 850, il se tint un concile dans un lieu nomoié J/«ritum. SI ce lieu est Moret, comme on le croit, cette ville remonterait aux premiers temps d • la monarchie.

■ L'abb* Gmilntrt, lome n.pige <«0.

• tctairriiumnti aùl»r<«iM«. pie l'itibr Labaaf, toiar l, a. S».

Vers l'an 1128, 1* roi Louis-le-Grns acheta de Foulques, vicomte du G aliuais, le chà'euu de Mon t -sur-Seine.

Depuis citte époque, les rois de France ont fait plusieurs téjoura a .Moret. Kn 1 155. Louis VII. dii le Jeiin>>. y convo |ua une assemblée pour juger les querelle* violen es qui divisaient les moines et les b lurgeois de Vexelay. Il s'y trouva aussi, en l ififi. |Kiur prononcer sur le différend plus grave encore entre l'abbé du monasierc de Vez lay et le comte de Nevers 1 : il Ratissait du droit de commune que les moines, encore plus tenaces que les seigneurs, disputaient aux habitants de Vexelay.

Philippe- Auguste, en 1202, se rendit à Moret, où s'étaient rassemblées plusieurs troupes, en recruta d'autres, et marcha contre Jean , roi d'Angleterre. Dans le récit de ces divers si-jour j, les historiens ncdonneut a Moret que le titre dechtkteau.

Moret, quoique nommé de loin en loin dans nos monuments historiques, eut le bonheur de ne prendre qu'une faible part aux grands événements politiques. Cependant, étant limitrophe du duché de Bourgogne, il ne put échapper aux dangers de cette situation. Une croix, située au bout ou faubourg du côté de la porte de Bourgogne, indiquait la séparation du royaume de Fiance et du duché de Bourgogne.

L'église paroissia'e de Moret , sous l'invocation de Notre- Dame, fut, en ll66,deJiec par le fameux Thomas Beckrt. archevêque de Canlorbcry.

Un prêtre de Moret ou des environs avait commis des vols et autres crimes ; le prévôt de cel'c ville, en 1373, le flt eropn sonner. I.e prêtre invoqua son privilège de cléricature, cl demanda à être renvoyé devant l'archevêque de Sens ou son officiai. Le juge n'admit point le déclinatoire . le Gt pendre et étrangler, ayant eu la précaution de lui faire couvrir la fête, ailn que le public ne vit point sa tonsure ou sa couronne, comme on disait alors. Le parlement de Paris, auquel l'archevêque de Sens porta sa plainte, condamna le piévut et ses officiers i faire dépendre le corps par le bourreau, a le faire apporter à la porte de l'église cathédrale de Sens, à s'y trouver en personne avec des torches ardentes en leurs mains, été dit e nu-tête et à genoux ces mots : Voici le corpt de défunt Jacquet Faleut. que noue, par intdccrtance. avons fait pendre et mourir; lequel corpt non» rtndont à cous et à t'Egli»e, parti que ledit Jacquet, au moment de ta mort, portait la lonture cléricale. Le prev (M fut, en outre, condamné à cent livres d'amende envers l'archevêque et à cent livres envers le roi.

L'archevêque, avant celle satisfaction, fil éfein Ire les cierges d-s autels, couvrir les calices et autres choses; et, après l'nmendc honorable, les cierges furent rallumes en signe de joie publique*.

Cette ville fut assiégée, en 1420, par le roi d'Angleterre elle duc de Bourgogne. !.>• gouverneur, Denis de Chailly, livrais place, et se retira à Melun, sans faire beaucoup «le résistance1. Kuviron dix ans après, sous le règne de Charles VII, une troupe rayale, sortie de Provins, attaqua Moret et le reprit d'assaut. Ce roi lit fortifier la ville et l'environna de fossés.

Du comté de Moret dépendaient plusieurs vicomtes, baron nies , seigneuries et deux cents fiefs, sans y comprend e les arnere-flefs, La seigneurie de Fontainebleau était .iu nombre. Kuviron cinquante prévôtés ressortissaient du badi ane de Moret. Tous les officiers de ces justices se réunissaient, deux fols par an, aux assises du bailli.

Kn 150», et dans les années suivantes, résidait a Moret, Perrenol de Chantouney, ambassadeur d'Espagne à la cour .1 France: et de là il écrivait a diverses personnes eminen'es. Sa correspondance est, comme on le pense, imprégnée des principe e-paguo's et ultiamonlains*.

En 1004, Henri IV avant a lopté pour maltresse Jacqueline dt Btuil, lui lit épouser René Du Bec, maqu s de Vardcs, a><< la même condition qu'il avait imposée i M. de Li.incourt. lorsqu'il I unit a Gubriell-î d'E*tréc<; c'est-a-dire avtc la condition de ne point consommer le mariage : unions infâme* qui font I < honte de ceux qui les contracli ni et des rois qui les ordonnent Files furent , dans la suite, imitées. En prenant pour mal re*K

i l;, u.-.l,lrt Uiiiaritnt à» France, lome m, p»«. «13, 4SI, ïo7, lit,

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1 Rtgtilrtt criminel», minuterai da parlement, fol 4SI.

' U flair» ekronoluciaut, par Srrrj , brriul darnes- Uittoirt d» Cluvrtti T),

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' Hemiirn iêCtmdi, lomt il, pa«« 4 rl »ui».

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Jacqueline de Beuil, et en la mariant ainsi, le foi la créa conteur rie Mnrtt.

Mademoiselle de Beuil, comtesse de Moret, était vive, enjouée et même tufi lele ; r « amours avec le jeune prince «le Joinville tourmentèrent Henri IV ; et. nnrè< qu'elle lui eut donné un fils, Antoine de Bmirbon, comte de Muret, ce roi la remplaça par Cha lotie des lv-s:irls. qui, uon plus fidèle, épousa secrètement Louis, cardinal de Guise. Henri IV fut mulheureux en femmes et en maîtresses.

Antoine de Bourbon, comte de Moret, en sa qualité de bâtard royal, fut pourvu d'un grand nombre de riches abbayes. Il n'en suivit pas moins la carrière des armes. Sa fin est restée un problème historique, lequel, après tout, n'est pas d'une très-grande Importance. H fut tué. suivant le plus gran<i nombre.cn 1833, à la bataille de Castehiaudari ; d'autres veulent que, seulement blessé, il ait vécu longtemps après comme ermite, en Portugal, dans l'Anjou, dans la forêt de Sénart. etc. Quoi qu'il en soit, le comté »>as*a de la maison du mari postihe à celle du marquis de Vardes, puis à celle de Chabot- Rohan. Dans la suite, ce comté fut engagé à l'Intendant des finances Caumartin.

L'historien du Câlinais, Morin, décrit ainsi l'ancien état de la ville de Moret : « Ktle est d'une assiette assez forte et bien a bâtie de belles maisons, et ceinte de hautes murailles nvei: « profonds fosses en talus de grosses pierres de grès ; il y a une • forte et antique tour de forme carrée, du côté de Bourgogne, « et une du côté de Parts ; il y a trois portes a cette ville : « celle de Paris, du pont de Lolng et la porte d'Orléans1 ». Cette description a été écrite en 1630. Aujourd'hui s s fortifications sont fort délabrées; son vieux château ne présente que des ruine» pittoresques et un donjon en terrasse. Son église, dans le style du «• siècle, est assez bien bâtie. On y voit encore les portes de la ville avec leurs fortifications.

Le faubourg, situé au-delà du Loing, s'étend jusqu'au prolongement du canal de Hriare, qui. depuis Montargis, Va aboutir A la Seine. Le Loing ayant cessé d'être navigable, en 1720, on ouvrit celte prolongation du canal.

On voyait encore au milieu de la vi'le. vers le commencement du xvu* siècle, le* ruines d'un vieux château qui avait appartenu aux templiers, et qui dépendait de la comraanderie de Saint-Jean à Corbeil.

Près de la ville, du colé de la porte du Pont, était un prieuré nommé l'ont- Lcmvé, dont l'église i'énorjiueillissait de posséder un œil et un doigt de saint Biaise. Un peu plus loin, du même côté, se trouvait le prieuré de Salnl-Mamert, où venaient porter leurs offi-andeK les personnes travaill es de la rage, qui s'en retournaient guéries. On voyait encore dans les environs de Moret une chapelle de Salot-Nicaise eu grand renom pour la guérisoo de la coqueluche.

Le commerce qnl s'y fait consiste prinri paiement en grains; le sol est pour la plus grande partie en vignes et en prairies. Il y a marché les mardi et vendredi de chaque semaine, et trois foires dans l'année ; le Vendredi-Saint, le lundi après le 8 septembre et le 6 décembre.

Moret fait partie de l'arrondissement de Fontainebleau ; c'est un chef-lieu de canton et une justice-de-palx. Sous le règne de Louis XV; on y lomptait 1.4 IS habitants; aujourd'hui, leur nombre s'élève à environ i ,800 habitants.

Petite vi'le située aux bords du Loing et sur le eanal de Briare, traversée pv la grande route de Paris à Lyon, a quatre lieu- s au sud de Fontainebleau, et dix-huit entre le sud et le sud est de Paris.

Le nom de Nemours, en latin ffemoriuin, semble attester son antiquité; sa racine Nem. qui, dans la langue celtique, signifie lieu sacré, temple, sert à composer plusieurs noms de lieu iiont l'origine remonte très-haut, tels que Nemetis, Ntmotus, etc. Il a pu dériver du mot latin nemus, forêt ou de nemorosus. lieu rouvert de buis, où se trouvaient ordinaircmeut des sanctuaires. Ce pouvait être un lieu de culte au milieu de* bois ou au moins un lieu de rendez-vous pour la chasse et non un lieu d'habitation. Sans m'amuser à léfuler l'origine romanesque et ridicule que donne à cette ville l'historien du Gàtinais, je dois déclarer que, dans les monuments historiques de la période romaine,

■ Uerin, ptae S47.

dans ceux des première et seconde rares de nos rots, il n'est fait nulle mention de Nemours. Ce n'est que vers la fin du xti* siècle que ce lieu commence à Apurer.

La chronique d'Albéric de TroivFontnnes cite Union, seigneur de Nemours, et dit qu'une de ses filles nommée Aveline ou Hameline épousa Gauthier de Vlllebeon, chambellan des rois Louts-le-Jeune et Philippe- Auguste '.

Sous la seigneurie de Gauthier, il s\ tablit à Nemours des institutions qui in tiquent une population assez nombreuse; nousen parlerons dans la suité.

Gauthier profita de l'influence que lui donnait son emploi de chambellan, pour faire nommer trots de ses fils à trois évèchés ; il miurut en 120S. Son I1U aîné, Philippe, se'gneur de Nemours, mourut avant son père. Le flls de ce dernier lui succéda dans la seigneurie de Nemours, sous le nom de Gauthier II. Gauthier llffut maréchal de France; et son fils Philippe vendit la «erre de Nemours au roi saint Uuis.

11 parait que ce dernier Philippe de Nemours est le même que celui qui, en 1248, accompagna saint Louis en Egypte, et fut un de e<-ux que ce roi chargea de payer deux cent mille livre* aux Sarrasins, somme dont le roi prisonnier était convenu pour vi rançon. Interogé si cette somme avait été exactement pay e, Philippe de Nemours répondit affirmativement ; mais il i»j ut«i qu'il érail«f> irvenn à tromper les Snrrasins et * leur soustraire, sur le p >i(ls de l'urgent, la somme de dix mille livres. A ces mots, le saint roi montra une grande co'ère. Saehrz, dit-il, <fue j'ai promis deux cent mille lirres, et que je veut que cette tomme leur toit payre tout entière. Joinville marcha secrètement sur le pied du si iuueur Philippe, lui fit signe des yeux, et dit pour l'excuser : Sire, e*t-ee que voue croyez aux paroles du seigneur Philippe? c'eet une plaisanterie. Mo % Philippe répliqua : Monseigneur Joinville dit vrai; c'est une plaisanterie que j'ai faite pour savoir ee que cous en diriez. Votre plaisanterie est de mauvaise grdee, reprit le roi ; je vous ordonne de payer fa somme entièrement*.

Ce roi était probe; le* seigneurs de sa suite ne l'étaient guère.

La seigneurie de Nemours, devenue la propriété des rois de France, y resta jusqu'en 1404, époque où le roi Charles VI, par lettre du 9 juin, en y joignant plusieurs autres châteaux, érigea celte seigneurie en duché-pairie, en faveur de Charles d'Rvreux, dit te Noble, roi de Navarre, et en échange du comté d'Èvreux ». Béatrix. 6lle de Charles, deux ans nprès. épousa Jacques de Bourbon, comte de la Marche. De ce mariage provint Éléonore de Bourbon, qui fut mariée â Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac.

La dignité de duc et pair, dont les seigneurs de Nemours étaient revêtus, ne préserva point oc lieu du malheur des guerres civiles, comme on le verra dans la suite.

l<e« comtes d'Armafinac, parle miriage de Bernard etd'Kléonore de Bourbon, devinrent possesseurs du duché de Nemours; et Louis XI, par une déclaration du l S avril 1461, en confirma la possession à Bernard. Son fils, Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, malgré ses serments, prit les armes cont-e te roi Louis XI, qui commença dès lors à le considérer comme ennemi ; cependanl il lui pardonna. Bientôt le duc, se conliant aux prédictions d'un moine sorcier, retomba dans le* mêmes faute-», et se révolta contre le roi. Il fut arrêté, conduit prisonnier et enfermé dans la cage de la Bastille. C'est de cette rage que, le 31 janvier 1477, il adressa à Louis XI une lettre remplie d'humb'es supplications; il avoue ses fautes, en demande pardon, et signe le pauvre Jacques.

Le roi ordonna au parlement de Paris de loi faire son procès. Il fut condamné à perdre la tête; et, le 4 août 1477, son arrêt fut exécuté aux halles de Paris. Ou sait par quelle atroce circonstance Louis XI aggrava son supplice. Il voulut que les jeunes enfants du duc de Nemours, la léte nue, vêtus en blanc, fussent placés mus l'écharaud, afin que le sang de leur père réjaillit sur eux. Ce roi contlsqua tous les biens de Jacques d" Armagnac; ils furent distribués à divers seigneurs. Le duché de Nemours, au mois de septembre 1477, échut à Louis de Graville, seigneur de Monlagu, qui ne le garda pas longtemps. Charles VIII, au mois d'août 1484, restitua aux enfants de Jac-

* Httutil 4m OTriorfoM *t mr*mm, tome «nu, p. TS».

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HISTOIRE DIS ENVIRONS DE PARIS

d'Armagnac plusieurs (mes, châteaux, et le duché île Nemours ave* (outra «es dépendances

I.nuis XI était certainement cruel, devol et très-mauvais chrétien; radis Jacques, duc de Nemours, parjure, traître, et eonsp rant contre la personne du roi, devait être condamné à mort. Lui et la plupart de ceux de sa famille ne sout signalés dans l'histoire que par de mauvaises actions, notamment Jean d Armagnac, cousin de Jacques, qui épousa solennellement «a propre sœur, libelle d'Armagnac'. Aussi, dans une chanson qui courut dans le temps, qualifie-t-on ceux de cette famille de tanniUt H Armtifnae*.

Le duché de Nemours fût uni au domaine parle roi l^ouis XII, en 1604 et en 1607. Il en Ot don à Gaston 'le Foix, son neveu. François 1", en tfilft, en gratina Julien de Medicis et Pbiliberte de Savoie, son épouse; en tâ24, le même roi le donna à sa mère, lj>uise de Savoie; puis il le lui retira pour le donner, en 1528, à Philippe de Savoie, et à Charlotte d'Orléans, sa femme. La maison de Savoie resta en possession de ce duché jusqu'à la mort de Charles-Amédée. Alors, en 1673, il fut cédé à Philippe de France, duc d'OrlétfiS.

Tel est l'historique, tres-sommaire. des seigneurs, comtes et ducs de Nemours. Jetons un coup d'cetl rapide sur les établissement religieux.

Saint-Pierre, église paroissiale, est la plus «ncienne du lieu; en ignore son origine. Elle est située dans le faubourg qui porte son nom.

Le prieuré et la collégiale de Saint-Jean, composes de chanoines réguliers, suivant la règle de saiul Augustin, furent fondés, en 1170, par Louis- le-Jeune, qui ramena de la croisade quatre moines, et en apporta une précieuse relique, fa ifu dt iptiit*. L'archevêque de Sens, Guillaume III, a ces moines l'église de Saint - Pierre, ainsi que l'église Le roi leur lit construire uu vaste monastère et une église, ou la tète de saint Jean-Baptiste fut honorablement lofiée ; elle n'était pas la seule en France; et, pur par conséquent, son authenticité, aux yeux delà critique, paraissait Ma* suspecte ; mats alors ou n'y regardait pas de si près, et l'on croyait tout. Cette relique opéra des merveilles, guérit un grand nombre de fi ieles croyants, et notamment les personnes attaquées du mal caduc, le mal Saint-Jean ou t'épile. sic. Le bruit de plusieurs gtiérisons miraculeuses attira à l'église un grand ■ombre d'offrandes, et à In fille de Nemours une aITlunitv considérable de pèlerins; de sorte que ce lieu, auparavant presque inhabité, reçut uu accroissement rapide de populiton. Cet accroissement s'opéra aux dépens des villages voisin», surtout de celui de Grez, dont les habitants, en grande partie, vinrent s'établir à Nemours. Plusieurs maisons nouvelles y furent construites pour loger les pèlerins; ou y établit mome uu hôpital. Les moines, devenus clianoiucs eurent, avec leurs voisins, et spécialement avec le prieur de Neuv ille, des querelles qui furent apaisées en 1 190. En 1 193, ces chanoines parvinrent a se faire donner les biens de l'hôpital1.

L'abbaye de la Joie, monastère de filles de l'ordre de Clteaux, fondée en 1281 ; c'est dans l'église de celte abbaye que furent enterrées plusieurs personnes des trois familles qui ont possédé la seigneurie de Nemours. Eu 1764, cette abbaye fut reunie a celle de Villers; et les bâtiments furent ensuite achetés et habites par les ermites de la foret de Senart. Aujourd'hui c'est une maison de campagne.

Philippe de Nemours, chamb. Uan du roi saint Loui», et dont nous avons cite un trait peu honorable, fut enterré dans l'église de l'abbaye à laquelle il avait fait don de quelques reliques apportées de la Palestine.

Ces deux mui ons religieuses, sur lesquelles nous avons peu de notions, subirent le sort de tous les monastères de France et furent supprimées eu 1700.

Nemours se ressentit des malheurs que causèrent à la France les guerres civiles des xi v* et xv siècles, produites par l'ambition des princes et seigneurs, et surtout par celle de l'Angleterre. Eu I3j8, cette ville fut pri»e, pillée et brûlée par les troupes du roi de Navarre*; elle se releva de ces désastres. Ce

netme, tome il, page 417.

I Bittrirt a/itlfl/991'ifut % M., lomr 01, f. SSt 1*414).

* liitMrt de Lnuù XI, pu liadeftoir , tumr »i, p*|t 191. *lfl»l "'•ff "<b1.|I j«4 liu I'. ABMlmt, lu»* m, p, «st.

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fut p >ur en éviter de pareils à l'avenir, qu'en 1 394 elle sollicita et nhlint la permission de construire une enceinte de murailles, de* fortifications, de creuser des fossés, et de jouir du droit de bourgeoisie, à l'instar des aulr-s vi les de France. En creusant le sol pour établir ces fortifications, on decouviil un amas de médailles d'or, d'argent et de cuivre. Ces médailles prouveraient l'antiquité du lieu, si elles étaient romaines; ruai» on n'en connaît aucune description.

Sans doute les fortifications de Nemours n'étaient pas achevées en 1380, puisqu'en cette année une troupe d Anglais armés entra sans obstacles dans cette ville Froissard, qui rapporte cet événement, ne dit pas à quels excès ils s'y livrèrent; il se borne à nous apprendre qu'ils logèrent dans la maison do Saint- Jean de Nemours '.

Quoique fortifié, Nemours fut pris par les Anglais,; et, en 143.7, des trou|M-s du roi Charles VII, venues de Cliftlcu-L 'tid n, assiégèrent cette v ille ; et la garnison, après douze jours d'attaque, fut forcée de capituler.

Au xiv' siècle, les ducs de Nemours, de la maison de Savoie, en servaul le parti de Rome, de l'Espagne et de la Ligue, troublèrent cl ensanglanli-re.it la France. La ville de Nemours eut le bonlicur de ne participer que faiblement aux malheurs de cette époque; niîiis une pi. lie de se* habilans «vaut admis les principes de la ré oruiation religieuse, principes alois trts-rcpanJus en France, il eu résulta des troubles. Le il janvier lûfil, dans In maison de Robert llarat. élu du roi, se tint la première assemblée des refigionnaires ; le ministre Mathieu Viret y établit une église évanpéliquc et y uorama trois anciens. Quelques jours, après, un ministre do Châtillon-sur- Loire, nommé Papillon des Roches, prêcha dans la maison de Baral, et baptisa l'enfant d'un nommé Chavenat. GranJe rumeur parmi les ecclésiastiques de Nemours. Le bailli de cette ville I apaisa en ordoi tiant que le ministre serait mis en arrestation dans la maison mime de Barat. Trois jours après, il fut mis eu liberté, à U sollicitation de la duchesse de Fcrrare, qui résidut au château de Muntargis.

Cate duchesse , nommée Renée de Fiance , fille du roi Louis XII, était la protectrice des réformés persécutés. Elle recueillit dans son château de Moutnrgis ceux qui purent échapper aux massacres de la Saint Barthélémy.

Au mois de novembre suivaut, l'enfant baptisé par le ministre Papillon tut enlevé des mains de ses patents et rebapti-é suivant le rite catholique; ce qui ne s'opéra pas sans q tien lies. Alors arrive dans cette ville uu sommeiller du du - de Nemours, Jean Maillard, dit de Miby qui, accompiuné d'une trentaine de prêtres, fait le dénombrement de tous les proie -tant * de Nemours, et profite de l'émotion qu'avait causée ce second baptême pour souever une partie des habitants contre l'autre. Maillard, à U tête de cinq ou six hommes, fait sonner le tocsin, at aque la maison de Chavenat, ou venaient de se réfugier quelques protestants menacés, pille la boutique, s'empare de sa femme, qu'il b|i sse à coups d'epeo et de hallebarde, qu'il trame dans. In boue, et qui mourut de ces violences peu de jours après; ctenfin il met le feu a la maison; mais le bailli, craignant que l'incendie ne communiquât aux autres ItAtim nts de Ta ville, envoya des sergents pour l'éteindre. Le feu éteint, l'émeute se dissipa, et les partisans de l'une et l'autre religion vécurent en paix.

En 1562, autorisé par son maître, Maillard forma le projet d'assiéger Nemours, d'y piller et massacrer les protestants, même des catholiques qu'il n'aimait pas. Il réunil à Mon* trois cents hommes, qu'où nommait la band* dts pied* ntw, parviut à obtenir de la compagnie du duc de Guise trois cents cavaliers, fixa le jour et l'heure où ces d' ux troii|>cs devaient nrriver dev ii u i Nemours, et convint qu'un coup d'arquebuse ou de pistolet serait le signal que donuerait Maillard, resté dans la ville avec plusieurs aflidés..

Le i" juin, un habitant nommé Jacques GuiHin, se ren iant à Paris, fut reocontre pur les troupes qui raan ha eut sur Nemours; il igiioratl leur dessein, mais il conçut des soupçous et envoya un exprès dans cette ville pour en avertir les habitants qui, profitant de l'avis, fireul doubler la garde.

Pendant la nuit du I" au 3 juin, arrivèrent les troupes ennemies; elles se logèrent, sans bruit, dans quelques maison.» des faubourgs, derrière uue petite UMulagnu «ppelee faCA*jiai«|, el

l ChrorOfuti ét Mmintet, tome H, pt«e 4 tS, racla.

IIISTOIRK DES ENVIRONS DE PARIS

attendirent le signal convenu. Maillard, alors de garde, voulut s'emparer ries clés des portes; Jean Riverdi, fourrier du duc de Nemours, s'y opp-wa. Pendant ee débat, un habitant de la ville lâche, sans intention, un coup de pistolet; a ee brui». que les ennemis crurent êlre le siunal, ils s'avancent aux portes de la ville ; étonnés de ne les pas trouver ouvertes et de voir les ponts levés, ils se retirent.

Maillard, quoique consigné ches lui par ordre du bailli, et gardé par deux catholiques, fit ce qu'il put pour le succès de sa conspiration. Ses partisans indiquèrent uns ennemi» un lieu où il» pouvaient facilement pénétrer dans la ville î mais les protestants y accoururent et repoussèrent les assaillants.

Maillard, convaincu d'être le chef de la conspiration, et sur lequel on trouva une liste des habitants qui devaient être pillés, tués ou au moins chassés, intimidait te bailli de la ville. Oluici pet mit aux chefs îles troupes d'entrer dans Nemours; il leur offrit du vin atin de se concilier leur bienveillance. Il voulait ménager tons les partis', mais bientôt, avant reçu des ordrei du due de (luise, le tS Juin, il rassembla toos les habitants île la nouvelle relit ion, et leur ordonna île quitter prompteinenl la ville.

Les habitants proscrits, après plusieurs remontrances inutiles, furent forcés .l'obéir à cet ordre rigoureux. Ils se retirèrent a Monlargis. ou la duchesse <le Ferrare les accueillit ; cMe en employa une partie a Barder cette ville contre les assauts nu die. eut à soutenir dans la suite; d'autres se réfugièrent a Orléans. Il y <n eut plusieurs qui, phjs attachés a leur snn'é rt a leurs intérêts qu i leur opinion religieuse, restèrent à Nemours et se soumirent à entendre la messe. I.'édlt de pacilu-atiou du la mars io«8 permit h ces protestants de revoir leur patrie. On leur assigna un lieu près de la vil e où ils se logèrent; et ayant reçu un ministre nommé Olivier Molan, Ils reprirent l'exercice de leur culte1.

I« ville de Nemours n'offre, dans son histoire, aucun autre événement notable: il faut l'en féliciter. Voici quel était l'état de celte ville au xvir siècle : • Elle est bâtie en carré, dans un « fond qui est commandé de collines à demi-lieue de ta autour, «i dit l'historien du Câlinais; elle est de médiocre grandeur et « a quatre portes et un château de médiocre défenses elle est n toute enceinte de mural les, de rempart* et fossés. Kn cet « endroit est bâti un beau pont de pierres de taille fort an- » cien*. »

I* château, flanqué de quatre tours, existe encore: le pont a été reconstruit sur les dessins de l'ingénieur ferronet : l'église du prie . ré de Saint-Jean est devenue l'église paroissiale de la ville. Il s'y trouve un Hèlel-Dieu desservi par des sœurs de la Charité.

I,cs canaux de Briare et d'Orléans, réunis à Montargis, ae prolongeaient par le cours du Loing jusqu'à la Seine : mais le l oing ayant cessé d'être navigable, en ITM, on creusa un canal parallèle a celte rivière. Ce eanal réloie Nemours a l'ouest de cette ville; un pont, où passe la grande route de Fontainebleau A Montargis fut, vers l'an 1785, reconstruit sur ce canal ; la porte de ville, du côté de l'ouest, dont la baie était trop étroite pour les voitures de haute charge, fut démolie vers la lin du siècle dernier.

Nemours, bien bâti, bien pavé, a devant son château une place assez vaste. Les bords du canal, ceux do Loing. où se trouve la promenade dite de la Butte, et le vallon formé par celte rivière, offrent de» promenades et des pointa de vue agréables. Dans le château sont placées diverses institutions : on y trouve une bibliothèque publique composée de dix mille volumes. Celte ville est vivifiée par la grande route de Fontainebleau à Monlargis, qui la traverse, par le canal qui la edloie, par des maoufnctures de chapellerie et surtout de tannerie. On y trouve plusieurs moulins à tan et A farine, des ateliers considérables et une marbrerie.

Sous Louis XV, on comptait à Nemours J870 habitants ; aujourd'hui ce nombre s'élève à 'MM*

BXVtnotNS de M.Mouma»

Si l'on excepte le vallon de Loing, embelli de vastes prairies et amplement garni d'arbres, et quelquee parties situées à l'est

■!•»..• 1 M *h "tfjhqov^ ni inMoi-IttriM t& t'&'Uih »'J

• HitMn urléétattifU i* tome l, page 750, cl tome u, -,.cr .••»

• W.iloir. d» Gitinais, p*|« SOS.

cl nu nord-est de Nemours, lc< environs de celte ville oO'rent l'im age d un véritable désert, Ce sont des coteau arides semés, de rochers d<- gres et un s -1 ingrat qui, presque partout, rc use aux laboureurs le fruitde. leurs travaux. Un de ces to i ers. dont le sol est hérissé, s élève verticalement à une lieue de Nemours, sur le bord de la route de Monlargis, et semble menacer les passants de sa chulc. Un étranger, dit-on, admirateur de ce rocher, se fit construire tout auprès une cabane où il passait quelquefois la nuit. Obligé d'abandonner ces lieux, il lai-sa uue somme assez considérable à un peintre, A coudition qu'il insc< irait sur ce rocher, en gros caractères et sur la face qui regarde la route, cette phrase mystérieuse :

Quand janriil pu creuser tes entrailles nwriirm, m «erss I suiel de rats plaisirs.

Cette inscription, en grande partie effacée par le temps, fait naître le désir de la connaître tout entière; et, quoiqu'elle sait d'un faible intérêt, noufavonscru devoir la rétablir telle qu'on la lisait il v a quarante ans.

Lu Fav", château et village situés à une lieue de Nemours, sur le penchant d'une colline.

i ,. ,.„.,, i si recommandable parce qu'il a appartenu I .Vichrl fhnwti de f Hotpitat . petlt-flh*. filleul et élève du vénérable cteMfUertfieM* iHotpital. II ae montra, à plus», ura égards, rlig. e de son illustre grand-père ; il fut chancelier du roi de Navarre, et charge de plusieurs ambassade*. Il composa quatre Dùeemn «ur l < tut de la France, depuis 1586 jusqu'en U9f , .|ui étonnent par la fore* et la lucidité des raisonnements, par r . , ,Ll . h h, | ireié «lu style: ils sont les ehefs-d'œ livre des prosateurs du xvi' siècle.

L'église du Fay contenait plusieurs tombes. Sur une d'elle était I effigie d'un homme armé, la tète découverte. C'était un ancien seigneur du Fav, nomme Estienne Ilarton, comme l'indiquait cette épitaphe'rcmarquablc par ses rimes et par sa singularité :

Cy irt»» EsUsnae Horion, de nos communément regreuc, lequel, en son vivant, du Fs| fut aeigneur; de venus, bonne* munir*, rlariiiqiie BBtValler, en tous ses Inils et noblesse anliqur Mtralct ; pieux cl discret, orateur su henitquc du r»i Charles, feu huitième île r« l>«m, mouiller el d'hoslel-malstre . de bnn rennm, aumnsnlrr, humain, henin * loul homme: toi jeune, etaril pélrrln, fui a Itome el S Jérnsalem i>6 le sèpulchre deïéaus, le» sstnU lleni visita, tout remplis de varias ; mais, après avoir «ouienu des doutrurs es'-rtslres, intsni des sacrement», Uesaincte foi tbietianne, lendemain do RoJN M.YC. el VI, il readit l'esprit le jour SsiBcuKstieBM. Requiesrsiin P*«e Amea.

ittB,-t.e»tiiist

Bourg situé à quatre lieues nu sud-ouest de Fontainebleau cl A deux petites lieues à l'ouest de Nemours.

C'était anciennement une petite ville fermée de for'cs murai les avec tourelles et remparts. Elle fut, dit-on, le heu de la naissance de saint Mathurui ; et cetle circonstance la rendit célèbre dan- le voisinage. Mahurin exccl ait dans l'art d'expulser des corps les démons les plus opiniAtres. La fille du césar Galère-Maxime était possédée d'un diable qui, dans les exoivismcs, cria par la bouche de cette prioce?se, qu'il Ne sortirait point, ti Malhurin leSénonaiê ne l'en rhastait, et que c'était lui qui, par set prière* continuelle*, délivrerait le peuple romain de la pestilence en laaurtle il était1.

On fit donc venir Malhurin; et il réussit effectivement A délivrer la fille de l'empereur, comme aussi à faire ces-er la pesté* lence de Rome. Après ce double suecè*. Il rola quelque temps dans celle ville, et y mourut. On ensevelit sou corps ; mais le lendemain, ce corps fut trouvé hors de terre. On se souvint alors de la promesse qu'il avait exigée de le transférer dans la (ïaule. En conséquence, ses amis le prirent, traversèrent les llpes et le déposèrent en la ville de Sens, où il fut bonorab eineut ensev eli par lté ordres de l'empereur. Là, sa présence fut sur-lc-cluunp signalée par une Infinité de iniraeLs; « ce qui incita de bAiir, « sous les ausplcei duilit saint, une très-mn^iilfique è.li e au « lien qu'il fut né; et son corps fut tire de Sens et mis en cette « eghsc, ou attentent de tous eilés les dtrot/és d esprit, et s'y a font de Bfandex merveilles de jour en jour'. »

C'est ici une vieille fable dont les légendaires se sont emparés pour la reproduire en divers lieux et en diverses façons, llli-

t Noria, Uv, u, pageStt.

I Idem, page SSS.

IIISTOIHE DES ENVIRONS DE PARIS

dius ou saint Allyre chassa pnreillement le diable du corps île In fille de ccl empereur Maxime. On trouve sauvent la même légende appliquée à plui-ieurs saints.

L'église de Siiint-Malhurin fut dévastée par les calvinistes au xvi« siè le. On y venait processionm Bernent, le joor de Saint- Bnrnabé, de» villages environnants à buit ou dix lieues à la ronde.

Au xvi* siècle. Nicolas de Grimonville était seigneur de Larchant, chevalier de l'ordre du roi. capilainet dis cent archer» de la garde. C'était un homme d'exécution; il allait même audelà des ordres tyranniques que lui donnait Henri III. Ce roi, en l 58S, avant expulsé de sa « our Maruueri e de Valois, su sœur, ép"U*e de Henri IV, ordonna à Larchnnt de l'arrêter en chemin. Larchant, avec soixante archers de In garde, se rendit * Piilaiseau, où était couchée cette reine. Touilla jusque dans son lit. l'emmena prisonnière avec sa suite à Mbntargis, où le roi l'interrogea lui-même. H puis la fit relàckftr.

Ce f«t le même Larchant qui, en 1588, disposa tout pour l'assassinat du duc de Guise, à Blois. Il réussit à merveille et en fut recompensé par le roi. Larcbant mourut sans enfants, en I59>.

Ce bourg est situé au bas d'une montagne qui le domine vers le nord. Autrefois, du côté du midi, étaient de vastes marais qui y rendaient l'air trùs-insaluhre : ils furent desséchés au commencement du xvir» siècle, et deviurent alors d'excellentes prairies.

Larchant appariant au département de Seine-el-Marne, i La Chapel.e ; sa population est de 500 habitants.

fl IV. Halrnherbea.

Boirg considérable situ* sur la rivière d'Essone, et traversé par la route de Fontainebleau à Orléans a quatre lieues vers le sud -ouest de la piernière ville, et à seize nu sud de Paris.

Ce lieu, dont le nom signifie mauvaùee htrbei. étiit une ancienne seigneurie avec château autrefois nommé Boù-Maletktrbes En HH8, el'e appartenait à Jean de Montagu. qui, le 1 7 octobre 1 509, fut décapité a Paris ; puis, au xv» siècle, à Louis Malet, sieur de Graville, de Marcoussy. etc., amiral de Fiance. Une de ses filles, Anne Malet de Graville, fut enlevée et épousée, malgré son père, par Pierre de Balzac, seigneur d'Enlragues, à qui elle porta en dot la seigneurie du Bois-Malf sherbes. Ce fut elle qui, par ordre de la reine Claude, tradui>il, en langage de son temps et en vers, un vieux roman eu prose, intitulé Irt Amoure d'Âkilt et de Palénwn ; cette traduction est restée manuscrite à la Bibliothèque royale.

Le petil-Ûls d'Anne rie Graville, François de Balzac, seigneur d'Eiilragues, de Marcous*y et du Bois-Malrsherbcs, épousa en secondes noces Marie Twhtt, maîtresse du roi Charles IX, lequel l'avait rendue mère de deux cn'ants, dont l'un fut appelé CharUebéiard, duc d'AngouU'me. François d'Entragucs devait éirc blâmé par les nobles de s'être allié à une femme roturière, et par les moralistes d avoir épousé une fille déshonorée ; mais on a bien d'autres reproches à faire a ce François d'Entragucs. Il eut deux filles, héritières des goûts de leur père, c'est-à-dire très-galantes. Je ne parlerai que de Henriette, dont Henri IV devint violemment amoureux.

Le p^re, profitant de l'aveugle rassion du roi, mit à un trèshaut prix le déshonneur de sa fille et le sien. On marchanda assez longtemps. Henri IV, impatient de conclure, consentit à signer une promesse de mariage, dont Sully déchira une copie devant le roi, cl consentit à donner cent mille écus, somme qui aujourd'hui équivaudrait à plus de huit cent mille francs, Pour faire sentir au roi combien celte somme était excessive, Sully, en >a présence, 1 étala sur le plancher. Henri IV, en voyant l'espace qu'elle occupait, s'écria : V entre- taint grit. voilà une nuit bien wtyte '.

Henri IV ne borna pas là ces libéralités envers cette maîtresse, et ses parents eurent une bonne part aux bienfaits dont il la combla. Il la créa «nsuile duches.se de Vcmeuil. Je dois dire que ce fut au mois d'octobre I5fl9, et au château de Maie herbe», que Henri IV. par le ministère d'un nommé Nau, conclut le lionttux marché, et que ce fut dans ce cblleau que la marchandise lui Ait livrée.

d'Entragute, que Sully qualifie de pimbtche et de

i W« femelle, quoique ses services fuseut amplement i n'en fut pa* ro«»ius infidèle et ingrate. Elle entra, avec son I ère et autres de sa famille, dans une conspiration contre la personne du roi et contre sa dynastie. La conspiration étant découverte, les conspirateurs furent, en février 1606, condamnés & des peines graves que la bonté du roi commua en de plus douces. La marquise de Verncuil eut la terre de ce nom pour exil : et son père, condamné à mort, fut relégué en sa maison de Malesherbes.

Au xvii» siècle, la terre de Malesherbes passa dans In famille de l.nmoignon. et donna son nom à un membre de cette famille, Chtéticn-Guillaume Lamo gnon-Malf »iierbes,qui. par ses talents, tes principes, son courage, devint un des hommes le* plus respectables du xviu* siècle, et dont la mémoire e»t honorée par une statue pincée dans la grande salle du Pala's-de- Justice.

M. de Chateaubriand, arrière petit-fils de M"' de Malesherbes, po*»ède cette terre.

Le château est situé sur un coteau ; on y joait d'une vue très-étendue. M. de Malesherbes en fit abattre l<s deux ailes qui mentaient ruine. On y a conservé et Ton montre avec respect l'ameublement de la chambre où Henri IV fut cajolé et trompé par Henriette d'Entragucs. i.-j.;.

Ce bourg s'honorait autrefois d'un beau couvent de eordeliers, fondé, en I49«, par Louis de Graville, amiral de France. Les bâtiments pouvaient contenir de trente à quarante relitaVui. Le fondateur y avait sou tombeau. Au xvi« siècle, les armées du prince de Condé ruinèrent presque entièremmt ce couvenl: mais il fut réparé par le zèle des seijmeui s de Malesherbes. En 183}, le roi Louis XIII voulut s'associer A ce bienfait, et la nouvelle église fut consacrée dans la même année. On l'enrichit alors de quelques précieuses reliques, entre autres du awaloa de taint Athunau. Il s'y faisait des pèlerinages tres-renommés, surtout le jour ou se célébrait la fêle de rvotre-Dorne-de-Pitié et le vendredi avant le dimanche des Hameaux. Ce rmmaslere n'existe plu» ; mais Malesherbes possède son ancienne église paroi siale sous le litre de Saint-Martin.

Le parc du chàt< au. enclos de murs, est conllgn à un bois d'environ trois cents arpents, fort bien percé et où se trouvaient plusieurs a'bres exotiques.

Le sol des environs produit surtout des grains. Le man-hé passe pour le plus cou -id érable du déparlement après celui d Orié ins, et a lieu le mercredi de chaque semaine. Il « lient en outre quatre foires par année ; la première, le mercredi de la Passion; la deuxième, le 4 juillet; la troisième, le 24 août : et la quatrième, le 1 1 novembre.

Malesherbes est un cher-lieu de canton de l'arron lissemmt de Piihiviers. département du Uiret II y a une justice de paix et une brigade de gendarmerie. On y compte- euv iron t ,o<m> ou i,i 00 habitants, en ycoroprenant plusieurs hameaux voisins, entre autres. Roueille, où l'on remarque un château trèsancien situé à mi-côte, et qui a sept tours loutes difleren •<* les unes de» autres. 11 appartient à M. le comte de Fe«- Rouville.

g V. - Aagenllle-Ia-Mvlrrc

uToa

Château ancien, situé sur la rivière d Esaonue, i une lieue au sud de Malesherbes. Réduit au corps flanqué de deux tours, ce château présente belle apparence. Au xvi* siècle, il appartenait à la famille l.'lluillier. dont le chef, Jean L'HuUlier, fut eu I&9J, prévAide Paris, et facilita, non sans de grands risques, la reddition de celte ville à Henri IV. Mnlheureuseroeut pour la mémoire de Jean L'Huillier, le service qu'il contribua à rendre à la France ne fut pas gratuit ; avant la reddition de Paris, il avait, de

avec M. de

fait un traité avec Henri IV

aussi, ce roi le mettait au rang de ceux qui lui avaient remis

Ln peu plus tard, Angerville fut acquis par la Condé. Quelques constructions semblent se rapporter à cett* époque. Lamnison de Condé l'ayant, vers le milieu du xvti* siècle, donné au président Pcrrot, le grand Coude y trouva momentanément un asile pendant les troubles de la Fronde. On s remarque encore la salle des gardes et la chambre du prince. Ce château est actuellement la propriété de M. Berryer Oh.

avocat.

HIST01RK DES ENVIRONS DE PARIS

S vi -

Petite ville située entre Nemours et» Plthivirrs, à qunirc lietir» et demie de In seconde, et a près de vinjrt limes au su 4 de Paris.

Puceaux, autrefois Puteau. Puleolut, nom commun à plusieurs lieux rie France, et qu'il ne finit pas confondre avec le Puiset. dont le nom latin est le même. Le château du Puiset est fameux dan? l'histoire du xnr siècle par les vexations, le brigandage et la cruauté de ses seigneurs.

Pui«eaux, au xu* siècle, était nommé Puitidt. Louis Ml, vers l'an 1 si»», adressa une lettre à Fnisc, abbé de Saiut- Vielor de Paris dans laquelle il lui remontre que ses homme* ■mi ses serfs) de Pu«eols ont commis quelques exrès sur les terres de l'abbaye de Saint-Maximin d'Orléans; il l'invite à luire un accommo lemenl av«c l'abbé de Saint-Mu.ximin'. Il résulte de cette lettre que les abbés de Saint-Victor étaient seipeurs ru tout ou en partie du territoire de Puisrnux, et qu'ils \ avaient des serfs < t un prieure sous le nom de Suinte- Marie. Dan* un nete rte l'an M7«. où sont dénombrées les églises nppai ennui a l'abbaye de Saint-Victor, on trouve le prieuré de Pu i eaux, ainsi dés^né ; Sanr/n Maria dt Pntedit''.

Le prieur de Sainte-Marie «le Puise uix .naît la haute, moyenne et bn-se |ustiee d-ms la ville et dans la banlieue; le faubourg seulement dépendait à cet égard de l'nbhaye de l'errieri s Les appels de cette juridiction monirale étaient portés directement ;iu pari' ment de Paris; et, dans In suite, le bailli de .Mcltiu et le prevol de Château- I an Ion ayant lente d'entreprendre sur les droits des moines, un acte de t Parles V . en 1 3»>| , confirma les coi cessions qui leur avaient été. faite» par Lonis-le- Gros. et dé endit aux h ngislrals des lieux voNtns de troubler les religieux dans l'exercice de leurs droits.

Toute la terre des environs avait primitivement appartenu au prieuré; dans les derme s temps, les habitants lui p uaient simplement la dime de leurs produits.

« 1-e château de Puiseaux, brtli par Louis VI. comprenait, « au xvii' siècle, 1 'église, le prieuré et le ran^ des maisons qui « sont du côté de l'église, sur la p'ace du Marroy. jusqu'au « carrefour; et se voient encore qnel'|ues vestiges et restes de " vieilbs murailles fort épaisses- Les poiteaux de la ville île « Puiseaux sont des plus beaux qui se puissent voir, y ayant « de grosses tours de pieir. s de taille, a ixros | av illons couverts « d'ardoises, notamment la porte Saint-Jacques, quia été bâtie « par un excellent architecte nommé Jacques de Riuges. dont « elle a retenu le nom 5. »

Les habitants de cette petite ville ont slgnnlécn plusieurs circonstances un courage qui les a honorés. Kn i.'ins, ils contraignirent seuls l'armée du prince de Coudé de décamper après quelques jouis d'un siège infructueux ; et, plus tard, le duc de Itou illon tenta vainement de s'en cmpa'er.

Dans h nuit du 19 juin 1098. une trombe éclata sur celte petite ville, et la ruina presque entièrement.

Dans le siècle dermer. un aveugle, ne à Puiseaux, se distingua par la délicat, sse de son toucher et la linessc de son esprit. Cet homme inspira a Diderot sa Ltltrt *ur les areuqltt; qui conduisit le philosophe à la Bastd'e.

l'uis.Hux est un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Péthiviers, département du Loiret. Son principal commerce consiste en vin, vire, miel et safian. Sous Louis XV, on y comptait 404 habitants; aujOurd hui leur nombre s'élève à l ,'.ioo.

A VII — SHrappra.

Bourg situé sur la route de Lyon et près du Loing, a deux lieues et demie au su i de îNemours. et a vin.t 'ieues de Paris.

Ce village est fort ancien. Le pont bâti en cet endroit, sur le Loing, passe pour être de construction romaine; il était connu, dit-on, sous le nom de Pont-Sulpicit; mais ^es nombreuses et petites arches, construites en forme d'ogives, démentent cette origine. Toutefois ce pont est iinmonumcnt remarquable de l'art de construire au xv'.siccle. 11 traverse toute la h.rgeur du vallon du l-oing Au milieu, la roule est intenompue ; et, au lieu d'une arche en maçonnerie, se trouve un espace qui devait être rempli par une charpente : Cv. qui indique la présence d'un pont-levis qui fer-

i Rerurtl in Htttnritnt d* Francr, tamt xvi, p»gc III. • GalUa r*r»li»no. lame .m. p.ie.- «»7. » HUIar, dm <,iti*a„, VHr S 7 7.

la roule dans des temps de danger. La route qui correspondait à celle du poi.t, aboutissait, à l'est du vallon de Loing, â l aucien château du Boullay.et, du côté opposé, à Chàlcau-

l.andoii.

L'église de Souppes est fort ancienne. C'était un prieurécure, dépendant de l'abbaye de Stint-Floreiitin de Itonneval. I.Ydilice actuel leinonte, ace qu'on croit, au règne de Philippe- Auguste. Le patron est xairif Clair, archevêque de Cologne, dont le eor» s y était, en grande partie, déposé avec plusieurs attires reliques. -Suint Ott<r recevait surtout les prières et les hoiniunges des personnes affligées de maux d'yeux ou qui ne voy dent pa* clair : on a souvent attribué aux" saints la vertu de "guérir des maux qui avaient îles rapports avec leur nom. Un venait a Souppes en grande alduence, à cei laines époques de l'année Ce* pèlerinage* avaient enrichi le prieuré; mais il fut deliuit pendant les guerres civiles du xvi" siècle et au xvic. Les litres ayant été brûlés, les biens ravis, et le* bâtiments abattus. || ne restait plus que quelques vestiges du monastère.

Sur le temtoire de Souppes, dans une prairie, entre deux collines, était l'abbave d'hommes de Ccrrrtu-rrtu, en latin Samtt-etla. Elle fut bâtie r.ous le règne de Philippe-Auguste, vers l'an 1 190. o C'est une des belles églises qui soit au teste de la «" France. avecd>s eloitres bien bâtis et de belle longueui ; niais « ni l'un m l'autre n'a ete parachevé'. » Les cloitns renfermaient un lies grand nombre de lombes. Ces moines vivaient sous la règle de LÎleaux L'abbaye fut pillée pendant les guerres de lebgioii K le a ete démolie dans la Dévolution et remplacée par une pap«leri,-.

A u C lieue de Souppes est le ehâ'eau du Ikuillay avec un pitil hame.iu, compris, ainsi ([lie plusieurs aul rcs, dans la co:uiii'ine Ce château es" ancien ; et ses p >s»esseurs se sigillé. ei:l plusieurs fois ilaus des troubles qui agitèrent la contrée. II y i u eut qui furent de véritables brijaiUs. Ce château appartient ncluel etoenl au comte d llarcourt.

On remarque â Souppes une usine considérable, ou l'on converti! le fer en n i» r el ou l'on fabrique des ouvrages en acier ; le propriétaire d • cet le usina est M. le bai on de La Car le.

Le sol des environs produit des grains. Il y a aussi des prés des vignes et des bois. ■

Le v illare de Souppes s'accroît continuellement par la route très-frvqucntée qi i le traverse; il est en grande partie compose d'auberge-, elnopaitienlà l'orron lissemeut de Fontainebleau. et au eanlon de CliAieau-Land m. Les hameaux compris dans cette coiiunuiie forment une population d'environ 1 ,100 habitants.

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