CHAPITRE IV
cuatrav-undos, égrivili.e, palf-v, tEHRitaEs. momargis, rouir vi fontai.nkhi eau.
g I rhillraii.l.mdon
Pctile ville située sur le Suzain, rivière qui. à un quart de lieue de la, se jet é dans celle du Loing, a deux lieues de Nemours et à vingi lieues de Paris.
Les monuments historiques du moyen hgc font souvent meulion de ce lien, et le nomment, jusque vers la lin du xu1 siècle, Ctittram .Xantonii , sans uotile ce dernier nom est celui du premier constructeur ilç ce châ eau.
De prétendus savants ont cru et imprimé que ce château était le lici où passa Césur pa tant d' A'jedinrum, Sens, pour se rendre y Genabum, que ce lieu est l'antique î'i Uaudunum ; mais ce nom n'a aucun rapport avec L'astrum Xnnioni*. D'Anville l'a bien sen i, quoique, dans son svstetne, il soit persuade que f;e»af>um est Orttam, au lieu d'èire f.'iVn, et qu'il fasse passer César dans le voisinage de Chàlcau-Lan Ion. Il preu-rc néanmoins placer Yrlldwivnum â Itcaune qui n'en Csl pis éloigne. Si M. d Anvitle, au lieu de faire passer César par Orléans, de faire considérablement allonger la route du conquérant romain, prisse d'arriver en Berri, l'eut fait arriver par une route plus directe et beaucoup plus courte, par celle de Sens ;i Gîen, il aurait peut-être trouvé le Yïllaudunum dans la posilion in'ermédiairc appelée Bltntaxt, qui, par le rapport des distances et celui des noms, convient mieux que Château Landoii d que Beaune; mais il ne faut point ici s'arrêter sur cette question; il suffit, quant à présent, de dire que l'antique forieresse, nom-
> M.r.»,pa,e 1*6.
HISTOIRK DES ENVIRONS DE PARIS
mi;e par César Vrltoudunum, n'es! point le Cantrum \nntonit, n'est point Château Landon
Qtiniqur ce lieu ne soit pas le Villavdunnm de César, il est trci-ancirn : il existait dans les premiers temps de la monnrehic et devait probablement exister sons la pérlo (e romnine. I.e moine Aymoin raconte que saint Séverin après avoir guéri le roi Clovis d'une Uèt re qui le tourmentât depuis deux ans, se retira a t'hAtean-Pvanton, y passa le res'e de ses jours et y mourut en l'an SOS*. Chili; an-Nanlon devint, sous la seconde race, chef-lieu d'un comté; Rurchard, comte de Corheil. ri<*nna, vers l'an 998, appelée Sria, situé dans le comté de Nanton '.
Le château de ce lieu devait être i omidérablc pour le temps, puisque le roi Louh-lc Gros, pendant les vives et longues querelies élevées entre 1rs chanoines d'Etampes et l'abbé de Maurigny, en IH9, y séourna pendant plusieurs jours. Ce château devait être fort, pui»qn*rn 1 1 1 1 ce même roi, après avoir pris et démoli le château du Puisct, fit enfermer Hugues son seigneur, fameux par ses crimes, dans la lotir de Chftteau-INanton. l.'abbé Sngcr, qui écrivait au xn', en parlant de cette incarcération, nomme ce château f <ufrupi btndulphi*. C'est la première Ibis que ce lien est ainsi nommé. Il est présumablr qu'un comte du Gatinais, ou un vicomte de Châtcui-Landon, a p lé Lm^ulphut. nom que le vulgaire prononçait par Lando ou l.andou, aura fait recomtiuire le château, et que ce I eu aura retenu son nom. Il est certain qu'avant le xn» siècle ce château est toujours nomme Ca'irum Kantonit; que, dans la suite, ou lui donne rarement ce nom, et qu'il porte généralement celui de Castrum /un ■ donis qu'il conserve encore.
Cbâteau-Landon fut long-temps considéré comme la capitale du Gatinais ou au moins comme le séjour de ses comtes lu d'eux, Girard de Randerarlt ou de RanJerodr, vivait sous le règne de Philippe-Auguste; et Guillaume Lehreton.au livre» de sa Philtpptde.le mi t au rang des seigneurs sur lesquels Otlion de* ait compter pour favoriser une insurrection que ce prince voulait exciter en France*.
Ce ci ftteau se glorifiait de ses églises et monastères. 1-e monastère de Saini-Sirertn figurait au premier rang de cette ville. Ce saint, comme il a été dit. s'y retira aprè. avoir guéri le roi Clovis d'une fièvre opiniâtre, et mourut en l'an 606; il fut enterré dims l'oratoire près du château. Bientôt, grâce à la dévotion du roi Childebert , fils de Clovis, des prêtres, qui devinrent des chanoines séculiers, y furent établis. Ils n'étaient pas riches; Hugues, archevêque, vers l'an 1 141, leur donna l'abbaye de Norrria, située près de Nemours, peut-être la Nosave, dont l'abbé et les moines mouraient de faim*. Quelques années après, en liât, Louis VII donna a l'abbé et a l'abbaye de Saint-Victor de Paris, non-seulement l'église de Saint-Sévi rin, mais celle de Sami-Trviftiiil ou Uqal. Alors, sous ces nouveaux martres, l'église de Saiul-Severin reçut une organisation nouvelle : In prêtres de Saint-Sévenn, de séculiers qu'ils étaient, devinrent chauoiues régulier»; et même le roi ajouta à leur revenu celui du prieuré <lc Saint-Sauveur de Melun qui produisit douze sous par an V Plusieurs rois et particuliers se plurent à enrichir la collégiale de Saint-Sevcrin, sain i dont le corps était conservé, dit-ou, dans l'eglisc de cette collégiale; cependant l'existence de ce corps était sujette à contestation, puisque les Saxons, ayant pillé l'église, avaient empoité la châsse ou ce corps était contenu, châsse d'argent fabriquée même, à ce qu'on disait, par s.ihit Kloi. M is. par l'adresse des chanoines, ci' corps échappa, dit-ou, aux dévastions de ces brigands'. Pillée parles Anglais, pillée par les troupes <lu prince de Coudé, le corps de saint Sév erui est toujours sorti victorieux de l'incendie et des dépréciations, et a continué d'être oITeil à la vénération des fidèles croyants.
Outic l'église du chapitre de Saint-Tugnl, réunie à l'abbaye de Saiut-'Scverin, il existait à Chàtcau-l-amlon, une égliM* de Saintt-Croij, qu'en il su Philippe-Auguste concéda à utte même abbaye, qui devint maîtresse de toutes les églises de celte
< Ittttuil dt* lliilorini dt Frtmti, tome m, p. «-. «1 17*.
' 14. lomr t, p. SSS.
v 14. lomr vu, tigr SS.
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» C«Mi«cArt>fMa«.<*me tu, iaitruawMa. ralonn» ST.
* Id. A. Coltl un toi .
i Union i dit (iuiinuu, par Marin, livre M, [ujr
, ville. Les grandes masse» attirent â elle» et finissent par ab*or« I -ber les masses inférieures.
I Cette abbaye obtint en 1 1 SI , du pape I.uce II, une. but qui défendait â tout chef d'église de construire aucune église a CluUcau-l.and»n sans la permission du chapitre de Sainl-Sév. rin. Le inéine chapitre sollicita el obtint de Plu ip|>e-Augu»le. 'en no», un privilège portant que les prcvoU et baillis du roi J ue pourraient saisir ni U s biens, ni les hâte* ou serfs du cua ; pitre. (> privilège coûta cher : pour le conserver, chaque en - | nome lut ob igé de payer au roi dix livre* chaque année. I 11 existait à (.hâleau-Landou, connue dans la plupart cVf j lieux de France, des juifs qui preuieul de l'argent a usure ; ils ru avaient prêté à lim-ues, abbe de Nmit-Séverin ; cului-ci, pour la somme de quarante-cinq livres, obtint du roi Philippe - Auguste la faculté de ne point payer tes créanciers '. htrangr gou vi rilement, (|ui autorise les actes de mauvaise foi 1
Cette abbaye et la ville de Châteaii-Landon éprouvèrent de l'a. 'lieux evcucnieiils |>ciid ml les guerres ctiiles qui dés».|er>".' la Franee. En 1438. les Anglais prirent Cliâimu-Lando», mirent le feu à l'abbaye, dont l'église et les bâtiments furent ilénutl-: le château éprouva le même sort : li s habitants qui s'y étaint réfugiés avec leurs provisions parvinrent à s'échapper. On raconte qu'un chanoine, pour sauver les reliques de saint Sève, i •'avança au mibeu de 1 incendie, saisit ces reliques, les noiU sur la muraille, les livra a ses confrères fugi ifs, et expira*. I ou- les chanoines furent mis en fuite; et les Anglais se fortiliereut à Chàleau-l-andon.
Kn I4S7, le connétable de Hichcmnnt et le comte de la Mâ che furent uivoyes par Charlts V II, pour faire le siège de Château Landon. Il» commandaient l'avant-gardedc I armée royale; rl< entoiirerenl Cliâteaii-Landou avec leurs troupes, sommèrent de »« ren Ire la uarnuon anglaise, qui repoussa celte sommation , alors ils donnèrent un assaut : après trois jours de siège, celle pi* ce. Tut prise; et ils tirent pendre plusieurs habitants qui, ne> français, avaient embrassé le parti «le l'Angleterre *.
Les deux partis ennemi» étant également enclins au pill»' et à la destruction des choses et des personne*, la ville sic <làteau Lan.iou dut beaucoup souffrir de ces deai conquêtes : on n'en connait point les détails.
L'église et les au re» bâtiments de Saint- Séverin reatèrrnt longtemps dans un état de destruction : les chanoines disperses n'observaient point la riule, lorsque Jacques d'Aubuss n en t t;t>, non. me U- premier abbé eominendataire : il fil recanstruire avec magnificence l'église, les lieux réguliers et la maison abbatiale ; il appela neuf chanonus de la t landre et retallil la régularité.
Le second successeur de l'abbé d'Aubusson fut l'regenl du Mimttier, fils du seigneur de Courlempierre , gou venu ur de Chatrau-I.andon. Kn 1441, il prit possession de celle *bba\ et ue tarda pas a uianifesler son adhésion aux nous elles opinions religieuses qui se répandirent alors; il tint même, dans sa maison abbatiale, des conventicules de protestants, li était encore abbé de Saint-Severin, lorsqu'en liti) un parti de pr >lesUiuts se porta sur cbât eau -Lamlon. et, n'attaquant poiut In ville, se borna à piller l'abbaye, située hors des murs. Les chanoines prirent la fuite; et, si l'on eu croit l'auteur de l'histoire du Gatinais. deux d'entre eux furent les malheureuse» victime* du fanatisme des reformés ; l'un, nommé Caillac, fut tué à coups d'arquebuse ; l'autre, Itaoul de la Mol lie, éprouva un sort plus cruel encore. Les reliques de saint Séverin furent sauvées, it celles de saint Tugal brûlé .-s. Cependant un citoyen xélé pour leculledes reliques, culte étranger aux principes évangéHquc», parvint a sauver du feu l'omoplate de saint Tugal. Les pillar l« emportèrent quatre charn ttes chargée» de but n et se retirèrent.
Celte expédition fui si peu remarquée qu'aucun des principaux historiens de cette époque ne la mentionne.
Les .banni nés deSaint-Severin étaient rentrés dans leur nu> na»tère; m«is ils furent bientôt harcelés parle chevalier ,/,; Uitufayt, qui n'était ni catholique ni protestant, mais dont les exploits caractérisaient un chef de brigand» ; il clait alors la terreur du Gatinais ; à la tète de ses compagnons de brigan-
itipraM tbp <m. t Mainp
■ ' * . • ' i" , iftrMAM, mh m, rot. soi .
< Uitloirt dm Ctliuu, p«r Murio, Mrr* II, aac* STI. ,' Uiitoirt dt Ckarltt 171, f. «4 et SSS. Cbroali|aM de Monitrelet, t il i
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
dam», il Attaquait et pillait tout les lieux où II y avait A prendre. Il pénétra, ri la laveur de la nuit, dan* le couvent do Saint- Sé»enu, et enleva un reliquaire en argent qui avait la forme d'un bras, et contenait, à ce qu'on disait, celui de saint Sévarin. I.es brigands Bardèrent le reliquaire et jetèrent dam la forêt de Fontainebleau l'os da saint, qui fut, dit-on, retrouvé miraculeusement.
Ces mêmes brigands tentèrent une seconde entreprise contre l'abbaye de Saint Séverin : ils s'introduisirent, a la faveur de la nuit, dans le couvent et y nnlevf»rent trois chanoines, les menèrent à Ktampes, les tapotèrent a la torture, et les forcèrent à payer, pour leur rançon, lu somme de quinw cents livres I.
Le chevalier du Boulaye. en 1570, s'était assorié un chevalier Bouterillect quelques autres gentilshommes: ils se rendirent, avec leur banle, A Milly, oUse tenait une mire, pillèrent les marchands, enlevèrent leurs marchandises et leur argent, et, chargés de hulin, se réfugièrent dans le château de Ville-Maréchale; là, ils furent assiégés par l'armée du prince M.'insfclil, qui, avec deux pièces de canon, battit vivement la place. Du Boulavc, voyant le danger, exhorta ses gens à se bien défendre et sortit fui tu émeut du chàleau. Bouteville capitula; ou lui accorda la vie sauve ; mais les paysans, auxquels ces brigands avaient causé tant de maux, les massacrèrent en grande partie. I.c | arlcment de Paris considéra ceux qui furent pris comme des voleurs de grands chemins, et les condamna à être pendus. De Thou, qui rapporte ce Tait, ne dit pas si ce Bouteville était de la branche des Montmoreofi qui portait ce nom V . Ainsi le Câlinais, Chateau-I.an.lon , s. s reliques et ses reliquaires Turent délivrés de la crainte de ces lu igands : mais cette ville ne fut pas exempte d'autres malheurs; elle en eût évité plusieurs, si les églises, se conformant aux principes evangé» liques, évasent possédé moins de riches reliquaires, et si leurs prêtres, plus instruits, eussent eu plus de raison. Ces prêtres entraînèrent lc« habitants dans le parti de la Ligue et attirèrent beaucoup de maux sur Château-La ndoo.
D.ms les premiers jours de novembre 1687, le duc de Bouillon, fortifié par les troupes allemandes appelées Reittrtt, que le duc de Cuise venait de chasser de Vituory , près de Montargis, attaqua Château- Landon. Celui qui commandait la pluce, nommé f'jimovr. n'avait à opposer aux a.ssaillants que vingt-cinq soldats et soixante habitants : la ville, vivement attaquée, fut prise; l'historien du Gat nais d t qu'elle obtint une capitulation honorable. Un hisioiien plus exact s'exprime ainsi : « Le duc de n Bouillon s'achemine à Cliâteau-Laudon, le bat, le force ; le
• Bei&tre le pille et le saccage, transporté d'une étrange
• impatience de ne voir ni l'argent ni le front du roi de Na- « varrv, etc. *. »
Dans les temps de guerres civiles, une ville prise par un parti ne i. h tait pan a être reprise par un autre. Au commencement de i.'iKO, les Ligueurs reprirent Cliâlcau-Landon. sans doute après qu'ils se furent rendus maitres d'Orléaus. Ce dernier événement, ires-tseusible aux habitants, parut sans doute peu digne de l'histoiie, car, a l'exception de celle du Galinais, il n'est mentionné dans aucune autre.
I.a famine, les maladies contagieuses, suites ordinaires des guerres civiles, vinrent ajouter aux malheurs des habitants de ectti- ville. Dans les années 1606, I007, une maladie contagieuse qui s'etcudit sur une grande partie de la France et qui lit de grand* ravages à ParH, désola Château- Landon. Celte ville resta presque déserte par la fuite d'uue partie des habitants et par la mort des autres.
I.hiitcau-Lanilun a peu figuré dans la Révolution. L'ancienne abbaye de Saint-Sévcrin a subi le sort de toutes les maisons de la mime espèce : un abbé commenlataire et des chanoines réguliers la possédaient et en jouissaient à leur manière; elle a passé en des mains plus actives et plus pioduclives.
L'r'glut de \oirt- D-ime . paroissiale de Chàteau-Landon, est remarquable par sou clocher, que fil, dit-on, construire un é\èque de Poitiers, patriarche d'Antiochc Ce ne peut être que Jacques Juveuel des L'rsins, évêque de Poitiers qui portait en effet le titre de patriarche d Antiocue; il mourut lê 12 mars 1-liO*.
1 Bonn. Biitoirê du CafiiuU, page 58».
• Utis un, lome t. page e«* Ml » Mvù.ir» dut dfuUrUrauil,, 4< f k a*tiu ,w.<.~. lomeli, pjge 120(1.
ti
ITne Inscription
qui s'y trouve porte qu'il fut construit par Simw Samehj. dit Bontcmps, trretlmr dvtUt patriarche, lequel donna ;>oi»r faire tetiarher :«■'.-> litre» 10 tout.
Si l'on peut conclure du particulier au général et juger, par on seul exemple, des moeurs sacerdotales de < e Heu, ces mtvurs n'étaient guère édlllantes; l'ignorance des prêtres les lm!ui<nil au crime et à des profanations absurdes. Voici ce qu'on Ht dans le journal de l'Kstoile : «Sur la fin de ce mois de mtrs (ifloi), « un prêtre de Chllcan-Landon Ait condamné, pararré donné • en la Tonrnelle, d'être pendu a Nemours et son cor, s réduit a en cendres, pour avoir été convaincu de consacrer ordfnai- « remetit en sa messe la Cnrp.i* /Wm avec du papier, sous « couleur d'un sort qu'il exerçait par tel moyen '. n
Bodin, dans sa réfutation de Jean VVier, dit que les plus grands sorciers ont été prêtres*.
Château-Landon, chef lieu d'une justice de paix et d'un canton de l'arrondissement de Fontainebleau, est dans une position agréable ; il s'y tient un marché considérable le jeu H de chaque semaine; des terres labourahles, des prés, des vignes, des bois, occupent les habitants rt leur fournissent des produits suffisants à leurs besoins. On y exploite du blanc i\\t a" E»p<ignt ; on y exploite aussi des carrières de pie> res dures qui sont transporté* s par le canal du Loing. Os pierres, espèce «le marbre dont la couleur n'est pas flatteuse, reçoivent un beau poli ; on les a employées pour la construction de l'arc de triomphe de l'Etoile, a Baris. Les quatre piédestaux ou acrotères qui s'élèvent aux extrémités du pont d'Ieua, sont aussi de pierres de Chiteau-Landon.
Sous Louis XV, on comptait dans cette ville I ,394 habitants; aujourd'hui leur nombre s'est élevé a 3,139.
8II.-t*re*.IU.
Bourg situé à & liaues au sud-est de Nemours, et A 33 au sud de Paris
t L'origine de ce bourg remonte au xiu' siècle; l'église paroissiale du lieu fut, en 1383, fondée par Jean d'Egreville, qui en était seigneur, et dont les ancêtres le possédai* nt, à ce qu'il parait, drpuls longtemps1. Dans les siècles suivants, il est fait mcmion de divers seigneurs du nom d'Ktreville ; en uni, un voit un personnage portant ce titre piéter foi et hommage à l'abbé de Ferrlères, pour certaine terre qu'il tena t en lier de l'abbaye. Dans ce même siècle, sous le règne de Charles VII, les Anglais s'emparèrent d'Egreville, et ruiuèreut presqu'entièrement l'église et le château.
Plusieurs de ces scluncurs furent ensevelis dans l'église de ce lieu; la famille s'éteignit au commencement du xvi' siècle. On lisait, sur la tombe de marbre du dernier titulaire, cette inscription : Ci gil noble et puittant eeigneur memire Aymond d Egrrcille, chevalier, sieur dadit lieu, et dernier de te nom, en ton virant chambellan, capitaine de cinquante lancée d'ordonnant du roi Franfoit.pi entier decenom, lequel trépana au tervite du roi au duché de Milan, et fut tué par let ennemie le 38 décembre 1533.
Ce même Aymond d'Egrcvllle laissa douze livres de rente à le maladrcrie qui existait depuis longtemps A peu de dislauce in bourg, et où il y avait une chapelle sous l'invocation de Notre-Dame, rebâtie au xvi« siècle.
Saint Martin est le patron de 1 église paroissiale. De la famille dont nous venons de parier, la seigneurie d'Egreville passa A e lle de Givry. puis A celle de La Châtia, dont le nom rappelle plusieurs personnages distingues, entr'autres le maréchal de La C.hAtre, qui se signala pen tant les guerres civiles du xvt' siècle.
Egreville était le sie»ge d'un bailliage relevant de Châtean- Lamlon; chaque bourgeois devait par an an seitrneur, pour rfroif rfe bourgeoitie. deux boisseaux d'avoine; les bouchers devaient en outre lui livrer, chaque dimanche, toutes les langues de bcrufi. vaches ou moulons tués dans ta semaine*.
Le chAleau fut rebâti sous le règne de François I-. Kuviron un siècle après, le maréchal de La Châtre l'embellit de pinsieurs riches bâtiments, da cours et de jardins; A cette époque,
• Jmrnnl dr Hnri IV, pm 1.r*«lli\ kmh* m, w 18t.
> D. Mutin, Hhivirt du *M,
, liireiu, p*f« SSS.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
le parc avait quarante-trois arpents. . Le château appartient aujourd'hui à M. le duc de Saulx-Tavaniies, pair de France; et le parc, fermé de murs, a près de trois cents arpeutt.
Egreviilc avilir quatre portes, dites de Saint -Mari m , de Notre-Dame, du Grand-Marché et de Nemours.
Il se tient dnns ce bourg trois foires par an, le 35 janvier, le 5 juillet, et le ts novembre. Le marché a lieu le lundi de chaque semaine.
Les principales productions du terroir des environs consistent en grains ; il y a aussi des vignes et des bois.
■ En cette villette, dit l'auteur cité précédemment, était « autrefois la vraie demeure des forgerons, a cause des mines « de fer qui étaient en ce quartier'. » Il paraît qu'on ne
s'occupe plus aujourd'hui de ce genre d'exploitation industrielle. On y trouve trois tuilrries.
Egreviilc appartient au département de Seine-et-Marne, arrondissement de Fontainebleau et canton de Lorrei : ce bourg, qui dépend du dioce&c de Sens, présente, en y comprenant plusieurs hameaux voisins, une population de près de 1 ,600 individus.
' s m - rater.
Village peu considérable situé à deux petites lieues d'Egrevillc, et à trois au sud-est de Nemours, ainsi nommé pour te qu'il y acait, dit-on, en et lieu de beaux et tomptueux palaù et nui ■tant mprrhrn. dont Irt ruinti tt trouvent encore*. On écn-
Maison de J. de La Fumai»» i Cbatasv-l awrj
▼ait à cftte époque Pallay, ce qui rend un peu moins marquée l'Invraisemblance de l'étymologic offerte ici par l'historien.
a Peur remarque des antiquités de ce lieu, ajoute-t-il, fouil- ■ lant aux environs d'icelle lerre et château de Pallay. «e trou- i
• veut force conduits et canaux de pierre, par où couloient a quelques fontaines ; se rencontrent encore quantité de caves « souterraines et fondemens des vieux temples, que les babi- « tans dudit lieu tiennent pour avo r été démolis et mis par
• terre par les Calabres ; et se trouvent force médailles de Clo- « dius César; où éloit bâti un temple de Vesla, dont les voû-es a sont faites de petites pierres taillées en diamants; se voient « aussi les lavaloires et autres antiquités remarquables de lom- « beaux et grandrs pierres de lierre, figurés et timbrés de c diverses armes à croix de chevaliers de Jérusalem, dont l'ori- « gine est telle. •
I On voit, par la nature diverse de ces ruines, que ce lieu, après avoir été, pendant la période romaine, reroarquab e par plusieurs édifices, devint au moyen-âge une des maisons de ces chevaliers créés dans la terre aime pour la défense de
I D. Mon», Biltoir* dm Ca/i'MII, pjgf 100.
Jérusalem, et qui, oubliant bientôt leur destination première, ne songèrent plus qu'à accroître leurs richesses. Là était effretn émeut un riche et magnifique hoipital : ainsi appelait-on les mai-ons des templiers. Ces ruines *e trouvent maintenant à l'extrémité du village ; elles sont encore consiiléraMes : « elles a appartiennent, dit un auteur modc<nc, à un tlierme bà'i par « les Romains, et situé près d'une superbe fontaine appelée la « fontaine carrée. Ce therme, d'après tous les vestiges qu'il « représente, paraît avoir été consacré au dieu Apollon*. »
La terre était très-étendue ; et uu grand nombre de fiefs en dépendaient ; Pbilippe-lc-Bel la donna, lors de la destruction des templiers, à une famille de gentilshommes du nom de Charvier; de celle-ci elle passa à plusieurs autres. M. le marquis le Charron, maire du village, en est aujourd'hui le possesseur. Celle terre était une prévôté comprise dans la cliàtellenie de Château- Landon.
Le châleau, pris et détruit en parti par les Anglais, sous le
■ D. Mono, Biitoirt du Cilinati, i>ip'c SIS.
• Oudiftl»,/)*! loniMirf topefrtfhia** du iéfrttmtnt i* Stin*-it-Vern. jr. i It Pal*?.
HISTOIRE DES KNV IRONS nE PARIS.
rèipie de Oh nie* VII, est d'une très hante aot'qn'lé; un m sé sec très-profond l'entoure de tous cotés; il iiûVe Ta* ecl d'une foreresse; la cour est entourée «le murs qui ont vinul-deux pie is «le haut et prés de six d'épaisseur; la ferme de l'hôpital où était autrefois le laxaret. appartient nu même propriétaire.
I.a rivière d l.unnin qui passe pur ce villatic y fait tourner plusieurs moulins. La population, y compris divers hameaux, se monte A a 50 habita bt"
8 IV 1 ci î le rc.
Bourg situé près d'un étant! , qui don ne naissance a u Clairy , à trois lieues ou nord de Montrais et à viiifzt-i inq au sud de Paris.
Ce Heu se recommande plus - |r iv Je en coi & l' attention du l' cieur par l'existence d'une fameuse abbaye, qui est l'une des plu* anciennes du roy -ume. SI l'on eu cro\ail les manu» nts conservés dans l'abbaye même el«M>oi l'historien du Gotinais, prit'urde lailite abbaye de Ferrier**, Bous offre l'extrait, il faudra!! n-monter, pour en trouver le bereeau.au * années qui *ui virent, immédiatement le séjour de Jésus • Christ icibas d'après let témoignages dont il est faeile d'ap..
pré. ier l'mtpor tance : « L'an XI»
c après la l'assion « de N, S. Jcsus- ( hnst, vinrent, des paitics d'Oriem. au ro\ auine de France, au Iru qui est
« appris Ferru res
en Caslinols, très - glorieux sainlscl- ssoixanlc-dou7e di ci- « p'es de IN. S., « c'est a savoir « saint H i unes ,
h saii t Savmlan . saint Po*eii»ian , saint Mart'an , saint ■ Tonus, saint Honores, saint Paterne, sai-.t Kucabes et « plusieurs a. itres, auquel leo d Fcrrièivs, nur ndmn >rtltintnt o et par avision divine, i's édilièrent une enlise en l'tmnneiir o de N. S. Jésus-christ et de Notre-Dame, laquelle église ils a appelèrent Bethléem, pour eet'e cause. »
La vision d >nt il est question dans ce passage est tonte aus»i faim euse : comme tous ces sa nts pi rson agrs éiaicnt en prières dans leur oralo re. une lumière éclatante vini toul-àcoup les éblouir; et ils viient devant eux la Sainte \ ierge tenant son eufant entre S4*s bras, et entourée d'unies en adoration, de même que dans l'ètable de Bélbléem où eile i'avaii mise au
' D. lUrla, Un* n, ft* TH.
monde : de la le nom d« B. thléem qui fut don* é A ce Peu.
■/••ermites de lié'Méem rép ndirent i rornp'emeni autour d'eus les nuance de la foi: et quelques habitation* se formèrent amour de leur église. Comme ce lieu était Isolé et peu connu, on pouvait y vivre dan* la solitude; et mremeut les troub eo auxquels les autres parties de la Gaule étaient eu proie s'y faisaient re»s- mi r. losensih'ement Bélbhero était devenu Une sorte de retraite pour ceux qui avaient dessein de quitter le mon le. s-dl momentanément, soit A Jamais Les Solitaires y avale ut mémo formé uue espèce d école on l'ou envoyait les
jeunes go os pour
aâ^^!^J?^•sv^^^i^fâ^fls2ÏJ@[^ t
les former aux bonnes montra, à la piété et A la science. Cet état paisible se maintint pendant prés de quatre siècles.
Il n'y eut, pendant ce laps de temps
eonsi te ablc, nue
peu de vicissitudes dans la situation de ce monastère.
L'invasion des Il tins et des Vimdales J ut fui futaie tomme a tantd au- Iresctablinsements du même genre.
Après la célèbre Bateiile de ChAlons. qui put seule soustiaire la dauli-ao jougd'Attlwi , ce brigand ayant d s, tt*è les di bris de >a notnbreu e armée en diverses troupes pour ravauer nu moins le territoire qu'il ne pouvait Conquérir, une -le ces l audes suivit h Loire en se dirigea n t vers OrLa n*, el . s'anctaiit dam le (îaiiuais, vint à F rrières. On comptait alors près de quatre crins solitaires; t< us furent nia-sacré», cl leurs mai uns brûlées, ainsi que I egl se, n>- présentèrent plus qu'un désert.
Par bonheur , quelques temps auparavant, un duc
des Rourguiiinons, nommé Gaudegu' ou Gamebeit a mêle aussi Waiidellieit. parc*- qu'i' po lait la baibe a la nuunS e de ■ Vanda'e>. s'était «rréié à Bélbléem en chassant, et y avait n çu fort bon accueil Ses gen l'étant \ «nu joindre, les solitaires les engagèrent tous à se faire baplisir, leur pr 'mettant un pie n succès s'ils invoquaient le Christ. Après la victoire de i.hAlons, • laquelle ce seigneur Bourguignon avait contribue. Il >e lit chrétien, ain-i que les «iens ; et, pour témoigner sa i iéle envers la crovnnce qu'il venait d adopter, il lit rebâtir l'église et le moiinstère de Bethléem, el 1rs dota de revenus considérable, afin qu'il de fnl encore un asile de paix, comme avant le mas- ^rrc effectué par hs sol lat. d'Attila.
Une circonstance remarquable, e'est qu'en restaurant ainsi ce monastère, le fondateur en fit don, avec toutes ses depea-
n Monurvr,
CUteauTdc Mcntr.rgi».
MoDtaarlr«. — Imp. Pulot freres, Li.scim» et Coup.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
f>n à réalise de Saint Pierre de Itome, ordonnant i|u'ii paierait, pour re< ounaissance qu'il (lait du patrimoine et propre Kétitagt de l'êglite de Hume, une on e d'or nu pnp • tons les trois ans Cette église était probablement In seule qui relevât aussi directement de Rome; elle lui pavait un cens, portait ses armes (lesdiux clefs en sautoir), et se trouvait Mwslraite à toute autre e<pece de juridiction'. On ne voit |>as trop quel fut le motif qui poMa ce «lue a cette concession inusitée, mais un fêle peu éclat' é n'en exigeait pas He trcs-puis<ants à cette époque, et II lui euftit peut être d'ouïr parler d'une tradition d'après laquelle, «lès l'origine sa<nl Savinian, l'un des fondateur* de Béihléem avait invité suint Pierre à Tenir s'y établir, comme dans un lieu à lui appartenant. On sent que cette relation est p'eine de failles.
« En de vWa légistes d« s histo;res de Gastinals il est écrit
■ que Clovls I" «voit en singulière recommandation et aimoit
• grandement ce lieu d-- Bethléem, même auparavant qu'il fût « baptisé: et il se plaisoit fort eu ce heu pour ce qu II étnit fort
■ commode p»ur prendre son déduit à la chasse; outre ce. il
■ se plxisoil encore en la m inière de vivre des saint* ermites « de Béthléem. lesquels, s'elant retirés du siècle et ayant « abandonné toutes sortes de délices et volup'és mondaines. € menoient une vie austère et s'occupoienl seulement a prier « Dieu, supportant leur pauvreté avec une face gaie et riante.
• et d'un cœur constant et généreux, semblables en leurs a discours comme ils éloieut en leurs actions, sans fard ni flat- « terie. Aussi notis trouvons en quelques mnnusi-rits. qui sont
■ en notre lildlutl èque Ce F< mères, que le roi Clovis te eon- « tri I toit è tu Irotu ermite* même dtt point* plu* importun* d « l'Etal, sur baquets recevant d'eux un sain et fur une con-
• teil. Il avoit grande cro>ance en eux, et les honorât et « respectoit pai-dcsus tous les évéques et chrétiens de son
• royaume*. »
Si 1 on en croit les mêmes témoignages, ce furent ces mêmes solitaires qui engrigerrnt C'ovis à épouser Clotihle qu'il connaissaient, parce qu'elle venait tous les ans visiter Bethléem. Ce mariage ayant éié ro en, la princesse Bouruuignnnue mit au monde un premier « n'ant que Clovis consentit a laisser baptiser pour fédéraux vives instances de sa femme. Cet entent mourut. Le roi païen s'imagina que ses dieux , irri és du haplème . l'avaient fait mourir p ur son châtiment, et ne voulut plus Consentir a ce que ses autres enfants fussent baptisés. Cependant la reine étant accouchée de Clodomir, et le voyant fort malade, le voua è .Notre-Dame rte Béthléem, et pria Clovis de vouloir bien qu'il fut t apti é, l'assuran', «ur ta foi, que dans ce cas il serait rétahli. Clovis y consentit ; et Clodomir fut fait chrétien.
Que'qoes années après, Clovis ayant lui-même embrassé le chrl tiauisme, voulut signaler sa prédilection p ur Bethléem, en y faisant construire une nouvelle église en l'honneur de saint Pirrre, qui fut dans la suite l'église abbatiale de Fe rier. s. La fondation do cette église a été ai tribuée a d'autres personnelles ; mais une chaite produite par les religieux au a vi* siècle, et qui ne pa<ait pas avoir été cotitestéc, établit tout au moins que Clovis en fit eommeiicer l i construction, et qu'il la dota, suivant l'u-age, de plusieurs beaux privilèges.
Celle église fut b,Hie à peu de distance de celle de Notre- Dame de Bè'hléem : et un monastère lui fut également nnnexé Lts guerres qui suivirent la mort de Clovis devinrent fatales à ce monastère; et il subit divers dommage s que le pieux zele des princes répara. Mais, avant de nous eu occuper, il convient de parler d'une troisième église dont la fondation est même antérieure à celle de l'abbaye, et qui devint dans la suite l'église paroissiale dr Fcrrieics. Voici qu'elle fut I occasion de cette nouville fondation pieuse. Saint Amnnd, archevêque de Bordeaux, |as«ant pur hasard dans ce pays, rencontra un des ermites de Béihl cm qui était aveugle, ei lui rendit tulutement la r«f. Pour perpétuer le souvenir de ce miracle, l'endroit qui en avait été le théâtre fut nommé le champ de Saint-Arnaud ; et peu après, une p. tite chapelle y fut érigée en l honneur du saint : c'était vers le milieu du v* siècle. Deux slèc e* ■près, une ville s'étant formée en cet endroit, la chapelle fut métamorphosée en une belle église qui eut aussi pour patron saint
1 D. Bonn, |. n, p. TSS.
• M., pif* T»«.
Arnaud. Nous verrons ci-apres comment elle échangea plus tard saint Amnnd pour «aim É'ol.
Il existait donc dès lors, comme on voit, trois églises à Perrière», à une époque assez reeu'ée: cette circonstance l'a quelquefois fait appeler Ferrières-aux-Trois-Clochers.
Quant à la tille, observons d'abord que ce nom de Ferriires lui vient ne ce qu'ille était le lieu de résidence d un grand nombre d'ouvriers forgerons qui travail'aient le fer élirait de plusieurs mines des environs, lesquelles étaient eneme en activité au xv' siècle, et sont maintenant épuisée". De ces Ferrariet, le I eu fut aprelé F marin, Ferrariu*. d oii l'on a fait ensuite Ferrières. On se servait déjà de ce nom au moins au roinmenremenl de la seconde race. On voit dans une pièir du lègne de Charles-le-f.hauvc le lieu étalement désigné sous ces deux dénominations *■ Ihlhhem ar Fenarias'i
Mais, longtemps auparavant, les forgerons et les pèlerins avaient fait île cet endroit une ville assez considérable qui el fil entonn e de murs, el qui possédait une t >ur bâtie, assure-t-on. sur les ruines de quelques châteaux plus anciens. Au commencement du vu* siècle, cette ville naissante fut assiégée et prise par Théodoric, roi. d'Orléans parc* qu'elle était du parti de Clolaire, son cousin. Ce prince la démolit et y lit grandi nreilian de bowgeo<*, afin de ne pas laisser d ennemis derrière lui. I.'abhave fat alors en partie brûlée; et l'église de Satni-I'terci- [rata découverte. Cependant, par le «ecours des fois suivants, Fei rières se releva de ses ruines. Dagobert l,r restaura l'abbaye; ce qui l'a fail cunsidenr comme son fon latetir Jusqu aux dern ers temps, on célébrait <tans cet e egiise une messe qu'on disait établie par lui, et qu'on appcli il la Mette ./u Roi.
Dagoben II voulut être au»sl ■ oinple au nombre des I irnfaiteurs, des moines, el des habitants de Ferrière* ; il re onnot et amplifia encore tous les prmléue* de l'abbaye. Sur sa d.innn le. le pape reconnut toutes ces concessions, cl joignit, è ce létnotpiBagè d'alTeclinn, le don d un deselou* dont ta nt Pierre acmt i t -rutife, acec la paume de la main de ce i rince des n poires, laquelle* relique* it voient encore à prêtent. Les rois de la seconde race firent au-si du bien à cette abbaye. Pépin y fui sacré ainsi que deux aulres princes de cete race Au trm(<s de Churtcmagne. c'est le célèbre Alcuin qui en était l'abbe. Sous < barles-lo-Chauve on volt Loup, aumônier de ce prit ce el ifoi y avail été décoré du même litre, écrire à un roi d'Angleterre pour avoir du plomb destiné a couvrir 1 église du mona«tere*.
Ferrières souffrit encore pendant les premières guerres qtte la couronne eut à soutenir, au eumm» ncement de la troisième race, dans le but de recouvrer quelques lambeaux du royaume sur les possesseurs de tlefs. Cetiè petite ville passa sous In domination royale avec le reste du comté de Câlinais, ainsi que nous l'avons dit ailleurs ; mais ce ne fut pas sans être prise et reprise plusieurs fois. Dans le cours de ces vicissitudes. ioul un faubourg, avecl'é^lisc paroissiale deSaint-Amand. fut livré aux flammes. Cette egiise ayant quelque temps après ele rebâtie aux frais des ouvriers forgeron*, i s exigèrent qu'elle fût dédiée a leur patron, saint É oi, menaçant même de la détruire si l'on n'y voulait consentir.
Ln 1180, sur la demande d'Arnulphe. alors abbé, le roi Philippe-Auguste affranchit et SU* de tertilude le* habitant* de Ferri're* et de toute la banlieue, tant tmlet que femelle*, tant le* enfant* que le* t'niteun, et leur donna droit de bourgeoiiie et licence de te Irantporler et aller, arec toute leur famille, demeurer en quelque lieu qu'il* foudroient*.
Dans la suite, il lut accordé aux bourgeois de Ferrières divers privilégia. Les amendes prononcée» contre eus parle si'-ge présidial de Sens étaient considérablement réduites. Comme habitants de l'un des sept châteaux de I aneic t comté de Sens, ils étalent dispensés de tout péage pour leurs charriots ou animaux, lo squ'il» se ren aient dans celte ville. Quc'ques obligations leur étaient aussi imposées : ils payaient diveis droits à l'abbaye, tels qu'un droit d'étalage pour le* viande* de btw herie, etc. ; Ils étaient également tenu» de réparer el de gar er le château. L'abbaye elait exempte de toute charge pareille; et il est dit , «.pressé nent dans une charte de l'hi ippe-Aa<ustfl q^i'on mpourra rien eu exiger, mais bien en impcticr par piièru *,
> D Vorin, page VIS.
• Id p«gc 7«7.
>ld., p«g«70S.
> U., p. TIS.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
De nouveaux désastre» accablèrent Ferriêres a l'époque où les Anglais s'rmpnrère nt de la r rance. Ces étrangers v tinrent qui Ique temps garnison en 1 «3« ; mats, obi gé* dr sVn éloigner peu de temps nprês, t>ar le eomte de la Marche, aide de» habit nls i.- Montargi», II» ne la quittèrent qu'après a>oir incendié le château, ainsi que la plus grande partie de la ville. L'abbaye et r et lise de Saint Éhd ayant été de nouveau détruites a relie époque, tous le règne de Louis XI. I'abl>é de Saint Pêne. Blan hefoit, obtint de les faire rehallr avec ce qui restait de l'aueirn foit qui cessa entièrement d'exister. Ce même prince leur remit pour dix ans In somme de quinte livres que chaque bouig «is était tenu de payer pour ta bourg oitie. (juaut aux murailles, ce fut au règne de Franc»»» I" seulement qu* 1rs habitants obtinrent l'autorisation de les faire relever ; mais ce travail ne fut achevé qu'en t*S3. Quelques années après, In guerre civile ayant éelaté, Ferrlércs lut prise d'assaut, et pillée pendant trois jours, l e troisième jour, le cardinal de Chatillnn, alors abbe, vint h Ferrlères, et fit retirer les calvinistes; mais l'année suivante, i&ftQ. un parti s'en empara de nouveau, et, n'y tt ornant pas ce que les premiers venus avaient enlevé , martyrisa cruellement les n liglcnx ; bj peste, qui survint, ajouta a toute» ces calamités. Enfin, en 1595. un pa ti de rny li tes s'y Introduisit par ruse ; et, vivant la a d'scré ion pendant sept • jour*, ils achevèrent la ruine de ces malheureux hahitan's. Celle vil'e ne s'c»t jamais complètement relevée depuis celte cprM|uc. Alors son enceinte était fort étendue : elle eornpri nait trot» fnubourus. celui du Pemy. ci lui de Saiut-Suviulen, et celui de Sainl-Êlol; son marche éta t un des plus fréquentes pour les grain»: e'Ie avait deux fore», aux fêtes de saint Pierre et Je saint Michel, plusieurs fabrique» de toiles, drap», carn-lus et des tanneries ;l<i po.ula ion élat ron«liléralile, el il faillit quinze prêtres pour decervir la seule pjiroisse de Saint Elol.
On n marquait, sur le grand portail de l'église de Saint- Pierre, une statue qu'on prétendait te^femnter Clovi», ainsi que l'établissait l inscript'on suivantr : ltit$t le portrait de Ct»rù, roi dt t'ra-re. prtmirr du nom, et premier rot rtWfirV.L'authenlicitédu monument peut très-certainement être révoquée en doute. L'église a trente to se< de long. On peut remarquer qu'une de» ■ ' lu s. dédiée h la Vierce. était destinée pour servir de lieu dp réconciliiition aux persounes que quelques différends avaient brouillé t.
Une grande rour se trouvait entre les églises de Notre-Dame et de Saint-Pierre ; c'est la, dit on, que Pei>ln tua courageusement un hou mm avait mis a mort tout lr» animnnx qu'on avait lancés contre lui. C'était une espèce d'arène destinée à des jeux publics* Les rlorrcs aliénaient n cette église : elle contenait, ainsi que i elle de Saint- Pierre, une grande quantité d'objets sacrés, t ntr'nutre» de ta trait èrtésc. des tnorreau.r de ton linteuit, de la piètre de ton VimbcaH. de relie où i t'attitdant It Jourdain, de la rergt d Aaron, de la mai\ne du riet, qurlquet chtttux dt la Vierge, un peu de la barbe de taint Pterrt, tte.
I' y avail, à Fernère». une célèbre co .freric de Notre-Dame de Bethléem, dont, à diverses é,ro |ties. plusieurs princes et seigneurs voulurent êire membres. La ville de Part» s'y lit inscrire en liiîS.
Ferriêres appartient à l'arrondissement de Monlargts ; c'est un chef-lieu de canton.
Il y a des fabriques de cuir» et de bonneterie, et un établissement u'eaux minci aie». Ou y co uple i ,000 habitants.
$ T — Maalargia.
Ville silnée sur la grande route de Paris à Lyon et sur le canal de Briare, a vinut-h<<it lieues et au sud de celle capitale de U France, a 17 lieues et à l'est dOilean», et a treize et au sud <'e Fontainebleau.
La ville de Montargis doit son origine a nn rhateau-fort ou plutôt à une fo te tour bàiie, dit-on. au v* siècle, par Cutis, sur le sommet d'une colline élevée, pour servir de urfense contre les incursions des Hun» el des Visigotiis, qui ravageaient la .France sou* la conduite d'Alaric. Pic. rc de France, qualr èroe fil.» de Louis- le-Gm* dont nous pa lerons c.-aprc*. fut le prt mier qui fortifia et augmenta je chat -au de Montargi , accompi^né abus scuirnieul de quel<|Uis inaiso as de particuliers. Il paraît que la ville s'accrut rapidement; car , de» a v suit le regne de Churies
> D. M'trio, page TTS.
• ld., naga Ttl. 1
VII. elle formai) déjà une place forte, ceint* de murailles et envirnnnéederosfé» alimente» pnr| seativ.de inrivjèrv du {.oing.
Le château de Mnnt«rgl», a l'exception de l'entrée située du edlé de ta vi le, était de forme ovale, environné de profu n fossé- el de fortes muraille» couronnées de créneaux 1 1 flanquées d'énormes t urs; quatre tour» défendaient la porte d'entrée, dont l'architecture était remarquable. Par celle porte ou entrait dan» une première cour séparée du corps de l'édifl<'e pu- un second fossé et par des murs élevés; IVglI-c se Imu ait d mis eeite première cour où l'on voyait une pta'c-f"rmi" .»usc pttbie de lecevoir plusieurs pièces d'artil'erie. L'eut ée rte la se onde rour. fermée par un pont levis el par un pont dormant, était rtinne ■ de retiaiiehemenis, sous lesquels ou awiit pratiqué de» casemates pour sertir nu logrm ni des troupe». Ile rtUe seconde ronron arrivait a une troisième par une en réc surnionlée d'un beau donjui de forme ronde, coiistiuil m pierre de laille et couvert en plomb, dans lequel se trouvaient trois is»ues fermée» par trois ponls-levis. et où ne pouvaient pênétr- r que deux hommes de fr<int:c*e»t par ces i»sues que l'on arrivait i la troisième tour, où était le logement du r<l, attenant au donjon. On remarquait une très grande sali-- formant la quatrième partie du corps du • haicau, protégée au dehors par six tours, sur l'une dc-qnel'es s'clrvnit la ■ruile l.orloge. La longueur intérieure 4e celte salle était de 1 73 prds, et sa largeur de âl pieds; on y voyait six cheminées ormes de peintures a fresquf : sur celle du nu il était représentée I histoire du célè.ire chien de M.uit.u i- qui romba tlt le mi u Irfin de >on maître en présence de t.harlcs V l|| '. Ode salle é ait voûtée dans loiite sa 1 nmueur; elle était lambrissée, décorée île peiniurcs f . prév niant diverses armes rvec lents devises, et percéede div-seat grande» croisée» avant dlvstvi pi. d» de iiàtit sur huit d lai .é. Chacune d s tours qui servaient à la léfetise du ciiàieiiu contenait quatre chambres voutee* dans chacune desquelles était une rhemiuée.
Au xii* siècle, Montargi» se eompo»nit d'un chAtrau et d'un bourg appelé Mont Agit, Mont Arai-ut ; Il appml nait a la famille <ie Courlenai, célèbre pa< se- h » dignités et par ses piet. niions a la couronne de France. Ehsaacih, héritier* de celte famille, épousa l'ierre, qualr ème (Ils au mi Louls-lc Gros; Piinc p> il des lors le titre de seigneur de Court- nai ci de Monlargis. On n'a point a reprocher a ce prince les cnm. s alors familiers à la uob esse; la chronique d'Ali er c le qualifie d iio.uine très-probe (ci'r prohit'imvt). En 1 170, il accorda aux h uni, mis une charte de fraiiehi-e a l'instar de la cttarte de l.orrls, avec ce. le différence qu'au lieu de payer six denier» par arpent de terre, comme à Lonis, I s liaïu ants de Mont ir^ts funni tenus de P'.vcr. le jour de la léte de Saint-Jean, cinq sous pour cbaèuneî de leur maison*.
Eu pavant ce «n-, tes hommes de Montargi» furent exempts de toutes «ontribuimu- et coutumes exiuees lorsqu'ils v< n latent ou ai bêlaient quelques m irehaudi» s. Celui qui ava tde- propriétés A ■oùargn ne pouvait les peidre, quelque crime qu'il eut commis. Les i archauds qui se rendaient aux foir s . t marches de Montargis ne deva t-nl être arrêtes ni eu venant m m s eu retouruaut. Celle charte exemptait aussi les habitants de
' Voir 1 rommrol et Ut hi«l«ir« rM rtpporUSt par OH*i»r dr I* Xarrhr rl Julr»
Srali^rr : »ulnj t V)oa<»idi«r, >«i«i de son rldrn, fui nlif.i tl «*s.uiué d.nt i< lotrl dr RoihIj, pat un gro larme nouant- Mi' tirr, qui ae Kndail t rarmrr dr i barln VIII Le rklra. Jpr^« è\ir âemruit plu.ienr» jour* pn>« du rorpi dr aon otal rr, •■!«•( nn «oldai >|*ji «Util i ,„,<> . nt, éitai »fr|»r, il reronnul I ....... r. éVa Monididlrr, «r jri« Mr im . l'ârraM. dt muraure», «I la
P' Ui-ui-u de trf ab'iirmrnli, tau* qu'il fut potaiblr de lr fane rloignrr : rr qui donna ê pru-rr au -o'.dal qar «iuit poutail ékrr la iirunnrr dr I nuinnir prr- duqurl il avait mrobtié re rbira. Ajant r.immoniqur ara toupr^nia i q<>rlqura-uoa de ar» ramaïadra, l'avriitiirr 61 du biuM, rl * ml à la roiui.iWaanrr dr Chjrlr» VIII, qui II venir drianl lui Haran» rl le uMtl Lr ebl»ii nr (m p<» plu Al en pieaenrr du toi, qu'il - j.n . «ar vi.i ait*. I'alli.|ua el l'eiTirra de le eV»»rrr. fnppe daa indice* qai t» reuniatileM rual<a Marâtre le r.d erd-inaa. »rlon l uaof. -. leda. I entre l'arrutatetir el l'aeru e, |ujrm. n. bien dlgnr de rr* temps d'i(n< ranre rl i<r barbarie l-r champ-rlot fin marque daui l'Ile Noirr-Danve : Harairr éloil arme d'un Krn» b.lion ; le rhien avait un bat»» nean prrre pour aa retraite el te* rrlaorrmrnia. Apièt plusieurs alljq ea d U'til enOn «on adveriaire a U gorge, |r rrnreru »i le farta i faire l'aveu de ton ciinir en prrornra du roi el da loule la caur. /fait rreona» »u« r» cnmtot ttl unrfai t
' Le mare d'ararnt salait atort 50 aom, re q-n ferut aujnuid'hui c nq livres par aiaison ; ainai la couulbuliaa «Ull aatmiua, va la giandr rareW el la valeur da l'avittau
Goôgle
* HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
In talle, des co-vécs, cxc-pté dr celle qui con^isic a charrier, une Ml 1 1". le via du Seigneur; elle déf. mini aux si rgcnls du rhatcau d'exiger d • ceux qui Inbou'enl lu terre a» ce une ch»rrue. |Jus d une emine ou d un denii selierdc scLle. Plusieurs autres servitudes il ml l«'s hahil'ints de M mturgis sont exemptés par celle charte, «t celle* auxquelles ils restaient assujet s. prouvent l'état déplorable ou se trouvaient, avant cet affranchi semeur, Ici habitants de la France, l.'nechaite de coinniuiic otTrait aux habitants la perspective d un sort meilleur; et, si die ne leur donnai* pus In l.bcrté loul entière, elle la faisait espérer. (Vite charte Tui ac or.lee par Pierre, qui ne prend d'autre qualité que celle du frère du roi. par son épouse Kl'sah
Piciredc Courlenai. en sa qualité de seigneur suzerain, ordonne aux seigneurs subalternes qui perçoivent des redevances a Montargis, de jurer, l'un après l'autre, le maintien des articles de c-'tte charte, et dé-lare, s'ils s'y refusent, que les habitants s<<nt affranchis de Imites leurs prétention* léodalcs. Celte charte était commune aux ho unies île Montâtes, à e ux qui habitaient la chaussée situé.' entre le bourg et la lépwrit, aux hommes de ( ami, heu qui peut être représenté par ci lui de la Cnneurre, et à • eux qui hnhileut une i anic d'Amilly ; enlin. llle est commune a ceux . ni I ahilent mms le château*.
Il m s* lté de celle cl arte qu'a Montargis il existait, au xii"
sic. le, ut .h-e paroissiale. "m e léproserie, il s'en trouvait
alors par toule la France ; qu'il existait une chausse bordée d'babitatn.ns: que de* particulier* habitaient dut)- le cbà eau, et que des seigneurs voisins prélevaient des redevances dans le bourg.
Pierre II d- Courtmai. seigneur de Montargis, succéda h son père. m->is n'hén a . oint de ses b>miu s qualités Appuyé de la puissante faveur de son cousin, le roi l'b lippe -Auguste, il cpo. sa, en iih-I. Agn s. 1111c de Guy, comte de Nr>crv d'Auxerre • t de Toiineire. Le roi confirma, à son cousin Pierre II, la possession "'e ces cou tés, a .elle con li ion que ce d-rmer lui céderait lu ei^neiuie de MoutargK q i il si rait l u i de lui r >titu-r si, par la mort de la comtesse s m épouse, ou de sis bér.t ers il aimait qu'il perdit U tom e de [Severs*.
Le roi de France gaidn Mon argis. et Pi rrc II le duché de Ncvers. Pieire e. t une vie f.nt agitée ; il li » la kuc re a ses voisins, notamment a Henri, seigneur de Cu n, qui I. bit il et lui enleva sa I i 1 1er Malhilde. Il lit pendant plusieurs années lu guenc à lévéque d'Auxe re, pilla les égi srsel les mo usières de son ilincesc, et fut exeommunie. (détail un h un me orgueilleux, teiriHle dans s< colère, qu'aucune no son ne pouvait leinpéier*. Sa femme cant moi le, il épousa, eu i lté, V I, m e. urur ''e reni|>ereur de Constantin 'pL, et lui, pa ce mariage. éle»é sur le hône impériid d Orient. Il n'y r --la pas longiein.-s, it iiHuirut en prison; sa veuve et su posléiiié gouveruerem pend .nl i|uilq«c t mps l'emplie g ee.
Les liabilimts de Moulai gis dois , ni -ils s'enorgtlcillir de rc qu'un de Ici rs mauvais seigueurs est devenu empereur de Conslnntiuop'e?
Kn isjo, les habi'ants de Monlargls obtinrent du roi Philippe-le Ijmg U confirmation de leur» privilèges; et les religicu es bénédictines de cette vi.lc furent, dan- lu mi me année, m s s s us la sauvegarde du même roi. Dans un gouvernement bien og.misé. tons les sujets doivent avoir une |»art é^a'e a la sau vi gai de des lois, à la pr «le lion du chef ; ces sauvcgarics prouvini bs vices d i gouvernement; «Iles sont iiombieuses au xiV' siècle : les communautés religieuses refoulaient la nomination des ducs et des bailbs. ei leur preléraieut ci Ile ou roi.
Cl.arl.s «ni le »age ou U tarant, rui passienné pour les construetlons, fit rrha ir. vers I an 1370. le château de Montargis.
• Moult lit réd'lbr noinldemeut, de nouvel, le ehastel de
où list faire niou.le noble salle », d.t Clirhline de
Monterais partagea, pendant les x.v. iv et x\v siè les, la
• Ut prMUf. fkm*ktm tl IHrrtéi iwJUMMA <U **>Urgi$-JfFrmat. fêtr l«ï ri MivaMM.
« I rlr>. Sr, ,,,,,„ um amptiitim» r*lletth, le»* I , Ni «047.
' Jlrrccil tU i k,$.ornu,d. France, lo«e xiu, |»(c 7CS, 7»7 ; Um* XTUI,
^i&rtMàùé» Lebruf. lunr .„. p.,. lit.
eominenieneiit «le l'année i3f.n le roi d Anglrlericnccupa avee son armée une cran le partie de In France, et i otammenl r (iatinais; celle ville dut supporter plusieurs maux, dont les moindres furent h* alarmes et U disette des vivres; elle dul sonffr r des dévastations de ce» bandes de voleurs et dVsassins, appelés grandet fnm/iri'/nir*, malhnndrint, ecarrhrvrt. et dont la longue existenc accusait le gouvernement de faiblesse ou d'impérilie. Ces désordre» excessifs, cet état de cri e permanent duèrent pendant les règnes de Charles VI et de Charles VII.
S >us ce dernier règne, en 1427, le régent de France pour le roi d'Angleterre lit. vers le |.. juillet, mettre le siège devant Montargi*. Le comte de Suffulk et son frère, auxquels se joignit bientôt le comte de Warwi. k, commandaient cette expédition. Pour fournir aux dépenses du >iége, |«, chefs chargèrent un grand seigneur d'à 1er à Paris, et d'y lever une contribution: la somme de cette coutnbulion recueillie, ce grand seigneur lu joua aux dés et >a perdit. Ainti IuhI riait gouverné, dit l'auteur du Journal île Purit, qui rnp; orte ce l'ail1.
Cbarlis Nil. en accord. mt liveisî prix ilces aux habitants de Montargis. déclare « que cette villci si )<rinri,al chef du (iati • nais, qu» ws habitants ont soulfert et enduré tant de p ries o et de dommages, que ce a esté chose comme impossible de « les pouvoir supporter; et. avec ce. leur ont fail el porte. « nos adversaires, lou e gi erre mortelle, et même depu s trois « ans en ça ou environ, oui été — assiégés de tous eûtes par « les Anglais, nos anciens ennein s et a.l wisaire*, qui.... les u ont ternis par oYuv mois en telle des resse çi nécessité, que u plus n avaient que m- ng- r. Il néannn ius. par lagrikicde « Notre-Seigneur et la greiile résistance desdits halutaus . ... « joint aussi le bon secours que nous leur •lonnàmes, furent « liniilein>'iit i lec vaincus et dcconlils le dus enue aïs. et ires- . lionmahlemeui pour nous el iceux babi.ans, lut levé le .it € siège. ■
Ce siège, indiqué parla chronique du hér>ul d'armes Berry, par le Journal de Pari» du règne île Charles VII, et . onlirm • par t'ordonnance de ce roi, fut commence ve s le lojuilH tu;, il dura environ ceux mois. La résistance îles ha.. liants cl les secoms envoyés par le roi lor. crent U An.l -is a se relicer.
Char.es \ II. salis ail du courage dis habiiamsde Montargis; leur leumigna sa reci nnai sai.ee en l«ur ace rd.mt quatre fores franches, rcxenipli.m de loute* tailles, aides, Lai rages,
péages, cl liais autres subsi. es cl u n.. .s pié entes il a
venir; voulut que dorénavant cette ville >ùl nommée J/o«/orgit-le Franc, l'adjo guil. ainsi que sou château, au iloiiiniue de ta couroune, et accorda aux hululants e ilrn t de preuJre dans lu lorei • u laais pour construire il se chmlTT1.
.Montargis sou (T H liiaueuup peiuiaul ee siège, •! eut encore des maux a supporter dans la suite. Outre les pdlai.es continuels des brigands et dessus de guerre, il eut p usieursasaats as «ti nie.
Kn 1431, le seigneur de Vdlars élnil capitaine de la ville el du chaieeu ne Montargis; son épouse avait un f<éredu parti il s Anglais, nommé U , Bourg dt-Jurdu Ce f ère. seigneur g iM'on, avait obtenu, à cause de sa su-nr, la permission d'entrer dans la ville cl le ci.ateau. et d'en so tir À <oonlé. Dnns ses allées et venues, le •• tgneur gascon vit une «icmoisc le, c'està d re une fille noble qu'eulr< tenait le barbi>r du seigneur de Villa s; il lui promit de I épouser el de lui donner deux mille éei.s, si elle consentait à m cr les Anglais à s'emp irer du coteau. Kl.e ht pari un Irai hier de celle prop isitiou, et lui proin t de partager avec lui la sont ne pro nise : le barliier consentit à tout. Les ennemis, c minaudé» pi.r un Aragonat» nommé messirc François de Sur eune. sont bientôt instruits de l'intrigue : ils arrivent jiu p<ed du cbnleau. e', fav rise» par le barbier et sa maitresse. pirviemieut a s y in rodmre par escalade el a s'en rendre mailres; ils s'emparent aussi de I* -enl point les traitres qui h savaient aides dan Cl les laissent mourir de faim; puis ils pill nt la ville et le château, el foui un lie tic butin. I.e capitaine de la plaee. le s. igneur de Villais, dont la coupable négligence était cause de c lie prise, fui disgracie, et les hululants de Montargis, tomme a l'ordinaire.
1 Journal it Parit tmt rknrltt l'//,pjw 171.
• Lu »> m . ur . fimuMtt* rl NtttUë in lllhwill it In MM rt <*•• fmmtoa.fi il» MmMJ ffiMIa franc; f I. I». SI, ti, in, S».— i.bi..»..^... Jr Sir.j. UiHoiredr UMrlM VII.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
su portèrent re que cet événetnent avnit de. plu» insultaut cl de plu« désastre«>x '.
Le roi Charles VII quelque temps a^rès, rnvnya des troupes jvmr ri preiidr-' Montaruift; I»* *i«e de Grsville et le sciun>'ur de Guitry li'§ tin n m indaicot : ils le prirent sans ép ouver beaucoup «h; résistance. Il n'en fut pus ainsi du c àteau occupé par l>s Anglais, qui le «té'èndai n> vi.o>ireusemetit, et faisaient d< s ef-' .fo ts pour reprendre la ville. Crnv ille et Guitry, avec leurs six i-rn s h >mnies de troupes, romnattirent pendant six semaine* ; ma s. voyant l'insuffl-ancc du leurs forées, ils abandonnèrent Moimivi*, et se relirêrenl, au mois d'août, au-delà d- la Loi«e.
Cet e re'raite inatt ndue dés $,>éra tout«s le» p-rsonnes allachers an parti des Français. I.e len lemain, les Anu'ais du «ha i> an. u'élant plus contenus, ne manquèrent i as de s'emparer «le la >ill • ; ils y l»l>sèrcn' une gaini>on composée de FrHiirais de leur parli : air, i faut l'avouer, plusieurs seigneurs île France roailiMtfcii-iit contre leurpalrir. Les An.-M< llrenl des incursions dans les environs; ils se portèrent sur Mitly, le prirent, brûlèrent ta ICKicre-sc tl l'église : ils Hretitép'O'iver un sort pa cil à R ii-Nal>hrrbt$.. la perte de Momargts causa la ruiuedu seigne«ir de la Tremouil e; vo cl comment :
Ce seigneur, en M17, pour s'emparer du gouvernement de France, venait de f.iire assassiner un favori du roi, nommé Le Ca nu* de Brauiieu: par cet exiiloit, il gouvernait sous le uom de Cbar'es VII ; mais il déplut à plusieursautr.es i-eiuneurs jaloux de son autorité ; et >a ncglgen.e à prévenir In prise de Montargi* fut le prétexte de leur poursuite. Le sire du IV nil, neveu de ta femii e de la Trémouille. le sire de Coitlvy et quarante ou «inquant- hommes d'armes arrivent secrètement au château ac Cluuon, où se trouvaient le roi et la Trémouille; ils sont introduit- dans l'intérieur par le lieutenant «lu capitaine du château ; ils parviennent usqu'a la chambre duseLn. urde la Trémouille; uu d'eux lui porte un coup d'épée. Le roi, au bruit de cette expédition, s'effraie et laisse faire les seigneurs, qui culcvi nt la Trémouille, le transportent au château de Montrésor. où du Bc uil, son neveu, lui fait co outre payer six mille écus d or. Montargis fut dans la sui'e reconquis par les troupe* de Charles VU.
Au xvtt sitcle. ie cha'cau de Montargis appartint a la fille de Louis XII, R«iieed«- France, duchesse de Fcrrare; te chà eau et la seigneurie lui furt-nt d>unés en apnnaue, nue plusieurs autres, par François I" : elle s'y relira en I559, après la mort du duc son époux. Cet'e princesse, studieuse, savante, avait en conséquence embrai-sé le parti de la reforme, comme l'avaient fait tous >es gens instruits do celle epo |ue. Les habit mis de Montargis ne portagcaienl pas tous son opinion : ee qui lui attira plu&i> urs d sugréinents' Mnhel Barienu, nmitre des eaux ci forêts, m:irguillier de la paroisse de Sainte M. idcleine, lit venir, en t 5«S. dans la ville, une garnison de trente hommes bien armés, dont le nombre s'aceru' le - jours suivants. La princ esse, qui laissait les porte» de sa ville ouvertes a tous les uariis. en témoigna son méeon entem- nt à Barreau, et, ptr le bailli de la ville, (il iléiend e aux hahi aut* de faire uucune.a«scmhl< e ni de jo ir ni de nuit. Malgré cette défense, lis calhn|<qucs s'assemblèrent, se portèrent sur plusieurs m'Usons de protestants,' notamment chez un aubergiste qui echapp-t à leur fureur, imis dont il « mutilèrent et tuèrent la femme, ils se portèrent chez le ha II» «tu lieu, qui soutint heureusement leurs attaques. Ils assaillirent plusieurs autres maisons et les p lièrent. la princesse, n la prcini'Te nouvelle de ce désordre, envoya d ux genti'sh"mme> pour apaiser ce tumulte : puis elle fil venir d'Orléans des troupe* qui désarmèrent les scdilku», dout les plus coupables furent pendus en eflhcie.
La ville fut tranquille et devint l'agile de tous les protestants éelnppés aux fers dis eaehoU ou au l'en dis bûchers son cliâ ttau était rempli et ressemblait à un hôpital; «Ile accuei la<t également les familles protestantes cl catholiques qui redoutnicnl les mites des troubles, les nourrirait et le» occupait à des travaux utd s.
L'armé- qui assiégeait Bourses, après la reddition de celle •vi le, pn sa» Montargis: le cardinal de Lorraine et lu duchesse de «"•uisc, iille de la |.r ucesse Hcuée, puis le roi «l le due de Guis*-, vinrent visiter relie prit cesse en ton chaU-au «le M ntar^is, lui lin-ut «le belles p ome-sses; ma s les soldats qui suivaient la cour exercèrent plusieurs vioenecs dans la viiie.
» UiMinchremJiiw ** Chtrla ri/, p« HtiJ, Mr«rt «l'unei, |*|.
On iiv .Il prive la princesse «In droit «le garde ■ ans la ville de Montargis. I c duc «le Guise, *ou tendre. H' ieivl«e une ordonnance aucons>'tl du roi, par laquelle on lui onhnna t, |our le s- rvice du «oi, «le renoncer à Montargis, et «re ehni-ir to i séjour à Fontainebleau, a Suint-Germain-» n-L«ye ou à Vinc^i n«s; Imis compagnies à cheval v inrent np u\ er cet or.lrc av ee menaces et violeniHis. La pri-«ce-se répondit qu'elle voyait bi<-n que ce n'éta't pas po»r le service du roi qu'on voula t la déloger ; que la ville et le hAleau de Montargis ne piésentaient aucune forlillcation qui pùt donner de l'ombrage: que h vtll<* était « nlre les mains «irsgeiis du roi; «pie I s mai uns qu'où lui olT«ait, voi- >iucs ^e Paris, IVxpo^alenl aux insuit s des malveillants, et quM c ne croyait p»is que l'ordrr qu'on lui adressait fù à la connaissance du roi son neveu. Elle pria le banni de La Gar-le, qui commandait dans la ville, n'aller, avec un de s*» genttlshomim-s, à la cour, pour^iire entendre ses représentation".
Pendant que ces deux envoyé* étai. ut en route pour wtte <^>rnmission. le sieur Mali 'orne, qui commandait tes comp'iLnic? à cheval arrivées 6 Montargis, et qui, dévoué au du>* d • Guise, voulait lui «lonn r une preuve de son zèle a !•- servir, s'avi a de menacer la princesse Iti nécde faire tirer des pièces de canon contre son château , si elle refusait de l'ahan onnr-r pr>mp cmrnl. Le duc de,Biron. è qni Malicorne demanda la permis ion «l'exécuter cette audac eu«e entreprise, refusa; et la princesse, informée de ce p ojet, «dressa ces pnro'es à Malic-.rne ; /»,«„y jai-tf*. Malicorn$ ptrtonnt, $i et n'ut t» rot", n'a U droit dt mt command€T. et, $i rot» en venez U, j» me mettrai la première *ur ta liriche, pour rotr «i eott« terez «i audacieux que de tuer la fille d" un roi. Ces paroles Courageuses intiini Jère >t Malicorne, «lui s'excusa en préicxlaul «le prétendus ordres qu'il avait reçu*. Ilieniùt après Malicorne, aitiié à Orléans par U nouvelle de la Mesure du duc de Guise, laissa Monterais et la princesse en jaix'.
La fille de Louis XII resta encore longtemps à Montargis, continua a y donner asile aux prototauU persécutes, et y mourut le 12 juin 1575. âgée de 65 ans.
Le pria e de Béarn. depuis célèbre scus le nom de Hcri IV, pen tant qu'il était affligé de h petite vérole, ré-i lo, en 1 585, à Montnruis, et n'en sortit qu'après sa guérison. Depuis cette époque. Montargis peut se féliciter de ne point llgurcr dans l'histoire, ou de n'y figurer qu'ai cidcntcllcment.
Pendant la guerre de la Fronde, en 1653. le prince de Condé, parti de Guyenne, marcha à la téle de >on armée sur Montargis, el somma la ville De se rendre : elle ne pouvait lui résister: elle lu; ouvrit -es portes; il y trouva en abondance des vivres et du fourrage qu'il ne paya point, parce-que lés héros ne sont pas en usage de payer. Après y avoir enlevé tout ce dout lui et son armée avaient besoin. Il se retira*.
Le cliâ eau de Montargis a fait long'emps partie du domaine de la durons ; el les rois de France y tinrent souvent leur cour. Il riait 1res important par sa position, d'une «léfeuse facile, et pouvait contenir 6.000 homrms d'armes. Oémo i en partie en 1810. il u'ofTre plus aujount'hui que des ruines qui sont loin de donner l'i.lée de ce qu'il fu" autrefois.
C'est à Monta gis qu'on doit le premier inlice de l*ns«aninat de Henri IV. Le pér- Bonnet, prieur-curé, en célébrant la me>se sur le grand autel de la Madclciue, trouva une le ire avic le signnleinent du meurtrier de ce prince. Henri IV négligea l'avis; et le meurtre M consommé par Ravailkac au mois de mai i G 1 0.
L'église de la Ma te'eine, située au milieu de la ville. e*t l'unique paroisse de Mouta>gis. Commencée sous le règne de Henri 1 1. elle fut achevée en 1008. (iette èzlix, bâtie sur les itssins du célèbre Dueerceau, est p incipalement remarquable par la hardie.»e et la bailleur des piliers, parité ronds, partie cannelés, qui rorment I enceinte du chœur, et supportent les lambri- et les voûtes colatéra e*. C'était un prieuré de Sainte-Geneviève dépendant de l'abbaye d«* Sens.
La ville est en général mal bâtie, mais assez bien percée. Elle est silure a^iébblement à l'extrémité «l'une vaste prairie, sur les bords du l.oing et du canal de Briure, qui lui servent de promena le, « t sont l'un el l'autre tmvenés p«r la grat.de roule. Le climat est lié n-nx, surtout le ong du canal, dont es eaux stag. njtites i rojuisent des exbaiabous roalsaiuts. Le teiritoire pio-
> HitMr» tetlïtitHiq** lomt n, p*f« *•> el sulvaaU:*, « Him$irm 4» tUmtgtml, uaM tu, s»T.
iTISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
dull dn*sez bons vin» blancs qui se consomment sur le* lieux. Il produit aussi du bois et quantité rie grains, don' il se h il un grand commen-e avec Par s Le commerce des h< stiaux est asseï c .n<l léra ile, ainsi que celui des lui nés. Dans les environs, le safran est cultivé a-ec succès.
On 'a t à Muntargis d-* la moutarde estimée, de la coutellerie et ries «lra|ft commun*. Il y a aussi plusieurs tanneries, cl dans les environs, deux papeer.es considérables dont les produi s ont de la réputation.
Montai gis est un chef lieu de «ous-préfecture du département du l.o ret: de* tribunaux de première instance et de commerce y sont •'taillis ainsi qu'un bureau et des relais de poste.
Sous Loui» XV. la population de Monta gi» s'élevait à 5,458 habitant*, aujourd'hui on en comnte Cette ville est la patrie de Marie llou vien s de la Mothe Guyon, imcus- q»ieii>ic, née en 164*, morte* Rlo'sen 1 7 1 7. l'ar e Manuel, homme de lettres, nnq uilé Vloniargisen 1 75 1 . Fils d'un potier <ie terre, il reçut cepen ant une é mcation soignée, et devint répétiteur de collège à Paris. Il se livra ensuite à la culture «les lettre-', et pu I a un pamphlet qui le conduisit à la Itaslille, où il resta trois mois. Knjinllct i7M9, il embrassa avec ar ic ir les pr ne prs de la dévolution. Membre <<e la Socié'c des Amis de 1 1 Constitution, au renouvellement de la municipalité en i7Ut. il fut nommé procur ur de la co nmune de Pans K!u dé nué à la Convention, il ilemanda que le p uple, réuni en assemblée primaire, se prononçât sur I abolition de la myaulé. Quant elle fut décrétée, on chargea Manuel, en qualité -le procureur de la commune, d aller l'annoncer au roi : et, quelque» jours après, il s'op.iosa avec f.>rce à ec que le roi et la fami'le roy île fussen enfermés diins la tour du T- mple. Ad mi* daos l'uilimiléde Danton, de llobcsplerre et autres hommes ma quauts de l'éooquc, tout parle a croire que Manuel eut couoai»sauce. de leur* projets, qu'il ne crut pas devoir les seconder, mais, que n'étant pa* assez, fort pour les renverser, il ne vou'ut pas en être com-uice. En effet , on re narque que , des ee moment, il revint a des sentiments de mo éralion ; et Ton s <it que, loio .l'avoir pris part aux mas acres de septembre, il eut, a ce su,ei. une vive altercation avec Danton, alors ministre <:e la justice. Il parvint à sauver plusieurs personnes destinées a la mort. Ami .onslaut des député* de la Gjrot.le. il siégea avec eus tout >e temps qu'il re-ta à la Convention. I.e 5 septembre, il accusa la vdle île Pari* d'être omph e des mas*ac> es de sertemlne. qu'il appelait la .S i-m- ih l>my du peupl*. I.e jour même de la cou laonutlinn du roi, Manuel donna sa démission, et «en* it a I as*rmblcc que, •> composée comme elle l'était, ■ il lui était impo'Mble de s iuvcr la France, et nue l'homme de « bien n'avait plus qu'a s'envel qiper de son manteau. ■ Manui I se retira à Moniurgis, où il fut pourvoi*! pnr Kl ennemi*, qui craquaient qu'il ne révélât les projets dont i s le savaient instruit. Dans le co'.ranl a.- mars, de» furieux, elran çr* à la ville de Moutargis. assainirent sa drmeure, Paccab erenl de coups de pierre* cl de Liions, lui crevèrent uu œil, et >e laissèrent (our mort : il se rétablit néanmoins. > t se réfatlia à Paris, où ses ennemis le flnut arrêter, traduire à la C meiergerie. d'où le tribunal révolu'ioiiuaire leo*oya à l\cbafaud le 14 uovcinbre 1703, i ra-e de 42 ans.
Manuel ne manquait pas d'érudition ; il parlait avec facilité et avec une c ncisiou remaequable, qui lui u nnat le ton *cn teutieux; ses réparties étaient viviset mordantes. Il a laisse plusieurs écrit*, •lonllo Police dètoilte est un des plus piquant», et fut l'éditeur des I. Un s écrites pur Mirabeau, du doujuu de Viuceuncs, à Sophie Itufley, comtesse de Monter.
Moula gis eU aussi le lieu de naissance de Girodet-Trioson, l'un des plus gr nds peintres de l'école modem , élève de David, qui n'a pas craint de I appeler sou plus bel ouvras*. Le Summeit H'Eadt/iiùiin, Hypoerate réfutant le* prt'ientt d'Arittstrce. une S< ce du Déluge, te- Funnaillu i£ Atala. la R-tolie du Caire, l'y$maiion et Qu'ai s, tels sont le» piincipaux titres de gloire de c l urtU'-e célèbre, que la mort a eiilc*é trop tôt i l'école française; ne à Moutargis, en 77a;, il mourut â Paris le a décembre i*U.
«▼su-
au sud par les hautes plaines du Gatinais. et à l'est [ Tout cci espace présente de vastes plaines interrompues par des gorges, dont les unes s Ml dirigées a l'orient, et les autres a l'occident, précisément dans la même ligne; elles sont ordinairement formées par deux montagnes : l'une, adoucie, est composée, a sa surface, de pierre calcaire mêlée de terre et de salile; l'autre présente A la vue des rochers de grès jetés pêlemêle l-'s uns sur les autre*, quelquefois sépares et soutenus pur le sable q- i forme les pentes où il* sont restés enfoncés. Ces montagnes et ces rochers sont également dirigés d occident en orient, et se répondent toujours en lignes droites et parallèles, quoique souvent interrompue*.
A l'aspeet de toutes os roches amoncelées ou éparses dans une si grande étendue de terrain, il n'est personne à qui il ne vienne dans l idée qu'elles n'ont p >t toujours été dans c. t état; et il suftlt de jeter les yeux sur I s premières venues pour aper-
Il n'y a peut-être point de forêt plus intéressante a certains égards que cela* de Fontainebleau ; elle c»t bornée au nor I par la Seine, a l'ouest par une vaste plaine sur laquelle elle domine,
cevoir que les plus grosses, comme les plus |>eti>rs, ne sont que des fragments dont on voit encore les rassure*: chacun de ces fr gments a donc appartenu a une plus g>o*.se ma»se : mai*, où était cède masse omis l'origine, et quel e force a pu venir s bout d'en briser ain*i non pas une. mais une infinité, dans un espace de plusieurs lieues ? De toutes ces I mgues chaînes de rochers, les unes sont isolées, l-s autres sont terminées à leur sommet par des plaines plus ou moins étendues, que l'on appelle fldtirrtt.
Une chose digne de remarque, c'est qne dans tonte PtHenrlw de h forêt, où l'on volt tant de gorges et tant de vallées, on ne trouve que peu de sources. La fontuine des Accaeias, celle qiri a donné le nom à Fonta nebleau, celles d i Mont-Chauvet et du Calvaire, et un - tres-jolie source située dans la partie du b>is appelée la Mad'-laine, sont à peu près les seules que l'on y rencontre. Ces sources sont très fréquentées ans la belle saison, et servent souvent de réunion pour des repas champêtre*.
Quoique le terrain de la forêt de Pontaiueble m soit en général très m .dlocre, Il y a pourtant de grandes différences d'ua canton à un autre; dans quelques pa ties on voit des futaies de toute beauté; dans d autres, on ne rencontre que de» genévriers nu de» bruyères. Souvent, dans le plus beau canton du bois, il se t o ive des vides ou il n'a probablement jamais pu croître d'artirr» ; ainsi cette foret off e une variété qui lui est propre : des bois plus ou moins touffus, plus ou moins beau.; <ies plaines où quelques arbres épirs s'élèvent au-dessu * rie» genévriers et des bruyères, ou qui en sont totalement dépourvue*; des roebers mut à lait nus, ou garnis quelquefois de chênes et de hêtres as*ez beaux, et surtout de vieux bouleaux dont les ttoncs b|;in s -e détachent agréablement sur le gris sombre et bleuâtre de i es ruchers.
Ce chêne est l'arbre qui fait le plus d'honneur à la forêt de Fontainebleau ; et c'est celui qui y est le plus eonmun. Apres le c oen vient le hêtre, qui ne lui cè 'e en rien pour la beauté, mais qui lui est bien inféri.ur pour l'uvage; le charme «bonde aussi dans celte forêt : il y a des cantons presque remplis de c< tic e pece, qui fait, quand elle est jeune, de ires-bon* fournis pour le gibier. L'érab e et le châtaignier s'y fout remarquer, mais en plus petite quantité; enlin, le dernier de* arbre* qui y dominent est le bouleau, qui prospère assez bien partout.
Le» a' bres i Indique Ton douve dans cette forêt sont le cormier, l'alisier oïdiuaire et l'alisier de Fontainebleau; les arbriss aux les plus commun» sont le néflier le houx, le petit houx, l'épine blanche, l'cpine-vinette et le genévrier : occupe souvent des plaines entières.
On voit de fort beaux agarics sur i quand ils commencent a vieillir: notamment sur le cl^oe. Les mousserons, les morilles, la girolle, la goimelle et plusieurs autres c»pè e* de champignons se trouvent en abonda ce dans toute l'etrudue de la forêt ; on en rencontre pour ainsi dire de toute forme et de toute couleur, ainsi que des mousses et des II» hens.
Le gibier est trés-abondant dans la forêt de Fontainebleau, il e*t même diùicile de voir ai leurs un plus grand nombre uV cerfs et de biches ; les chevreuil» n'y sont pas a beaucoup près aussi nombreux, il est même rare d en rencontrer; les daims et les sangliers s'y rencontrent fréquemment; les lapins s'y! vent en innombrable quantité ; les perdrix rouges et les grises y sont aussi très-communes.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
les curieux. Le naturaliste y trouve des plantes et des insectes deiimntite d'espèces d fferrntes. et plusieurs enlr'autres qu'on a de la peine a trouver ailleurs ; le paysagiste peut y venir étuflin la nature : des arbreti t des roche* <<e toutes »o>tes île formes lui fourniront abondamment de quoi exercer ses crayons ou FCI pinceaux, soit qu'il s'a- tache à quelqu'un de ces objets en particulier, soit qu'il en groupe plusieurs ensemble. C'est là qu'un misérable vacher d'Achères a puisé le goût et fait les pre-
rs essais d'un art où il est parvenu a se faire un nom ; Ijtnlara
se munissait d'une provision de charbon; et, p ndanl que se* vaches paissaient tranquillement, il s'exerçait à dessiner, sur quelque ruche unie, le- différent* objets qui le frappaient le plus. Devenu ensuite garçon d'écurie dans une auberge de Cbadli, il en eut bientôt barbouillé toute» les chambres : enfin, un artiste ou un simple connaisseur qui passait par hasard dans cette auberge, eiam nant, sur les murai les de sa chambre, 1rs traits de charbon qui la tapotaient, y entrevit des dispositions heureuses ; ii i mroena le garçon d'ecurie lui fit apprendre le dessin, et le mit en état d exercer un art d.ms lequel il «-rit pu faire les plus grands pto^rè», tans son penchant malheureux pour le v|u, qui l'a prrdu.
il n'est (oint de forêt plus agréable pour les personnes qui aiment lis promenades à pied, à cheval ou en voiture, les routes y étant praticables en tout temp-, même après les plu» fortes pluie* l>t p'àtii rcs les p us pnehis des bords de la forêt offrent pre que de tout roté les plus beaux lointains : de la montagne de Houron, ou découvre ÎSemnurs, au bout U'uue ail e charmante où coulent le Lolng et le canal de Briare, el.au-.leiè, les ruin - du château de Montaruis; des plaiieres du t^lvairo. la vue s'étend au loin du . Aie de Montereau et de Sens ; eu avançant un peu plus, la Brie présente en apparence une vaste pla ne enti entélée de bois, de vilhges et de coUeaux ; et l'on distingue, sur une même ligne, les clo hers de Bombm et de Vormaut, ce dernier à la ni tance de 8 » 10 lieues; iitais la plus belle de toute» ces vues est à l'extrémité des monts de Fais, du côté du Cuvier et de Chatillon.
DIXIÈME PAItTlE.
ROUTE 0 £T»MPES.