‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 88 sur 144 · I- .iin.i : " ilr» habiUlltS · texte numérisé non relu

I- .iin.i : " ilr» habiUlltS

le suit pir-drli te Ir.'pas.

el ronsarre ce monument à sa mémoire.

Il serait bien à désirer que tous les magistrats s'eff >rç.a«sent d'en mériter au 'anl ! Les regrets des habitants de toutes les classes sont le plus beau 'es éloges.

f'rlit-Mont-Rt>uge. On nomme a nsi deux longues ranrées de maisons qui, au sortir de Paris, bordent la gnnie routa d'Orléans, et s'étendeni depuis la barrière d'Enfer jusqu'auprès du battrai de Mont-Rouge. Ces maisons, qui forment un véril .nie faubourg de Paris . servent â des auberges, à des magisins et entrepôts de boissons , d'huiles et autres liquides. On y voit un peiii nom'ire de maisons bourgeoises.

L'é lilîce le pli s rem irquabje du Petit Uunt Rouge e t Z hotfict de La Rtrhrfoueauld. • et hospice, dont la eon»lr ictioti fut eu h a>6 nuée eu Util cl achevée in i :» ; porta différent» no m et eut diverses destiiuiti. ns. Il fut d'abord qualiiié e Mai'on roi/aie de finir, pour des militaires et des eecles'a»t<qu s pauvres il malades Pendant la Révolution, celte maison fut destinée a recevoir ,e* malad. s |wuvr s de Hou g-t -Kcne et d'autres lieux voisins et fut nommée Huapr-t nntiinal; eu IHâl, elle reçut la denomiun'iitn de I/cii'<o i ./.- rrtrahe : on y ad oit des penooues qui, manquant de moyens sutllsants à eur • sis'-enee, pouvaient eepe i i.mt payer une pension annuelle de 2oo francs. !.. , bienfaits du vè' érable l.a Roclu fomaul I île Li n ourt ont déteruiiiie les admio sir itcurs a changer le t Ire de cette m u mi qui poitc aujourd but le no n d'Uj*pict de la Horhefourauld.

C e t au IMit-Mnn'-Rouge et dans les environs que se trouvent les portes des trois escaliers pur lesquela on i, I aux

cataeumb s.

C* »t aus»i au Pet t Mont-Rouge que se rendirent les troupel française- éi\ appees aux désastres de la bit.nl e de Mont-Saint- Jean : ainsi que les élèv -s de I Ecole polytechoi iue. ab uidouu nt la iKMtiou .'c Sainl-f^haumont. Ce» iroupe-, eu itmaa 1 e; par le g.-i.éral Vaiidainne et munie de canons, elaien pléluef 1 u'urdcur et brùliuout d eu xeuir aux munis ; mais apprenant la

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contention de Smi i'' ne pouvant utiliser leur courage.

elles quittèrent Mont-Rouge le S juillet 1 8 1& , pour se retirer

au-delà de ta Loire.

Rasnoux, que quelques ailleurs ont écrit Baigneux. est un village nés-ancien, qu'on trouve cite sous le nom de tianioluw, BwiWm, dans des eh m tes des ix\ x* et M siècles. Le père Haniel pen-e que llagneux existait au vi« siècc. et qu'en cet ctulroi' fut hnlhn- une pièee de monnaie du roi Carihert, sur laquelle on lit B<in«un<>co; l'ai bé l.cbcuf prétend , au eon entre, que la preuve la plus reculée <|u'on ait de l'antiquité de ce «itlaue. est une charte du règne «le < Uni s-le-t.liitiivc, dans li(|uelle on lit, parmi les terres de l'église, Baniolum. D'autres historims ont prett ndu que sou nom venait «le Balneolum. à cause des biins qu'ils ont cru y avoir existé ^cependant lu position de ec lieu ne fait guère pié»uunr qu'il ail jamais mi de» eaux abondante-.

Ce vill.itc, situé sur une eroinence d'où l'on jouit d'un air salubre et d'un paysige agréable , se distingue par un ftMti nomhre de mai-ons de pUisanceel ptr son église, .ié>tiéea saint llerbland. Il.-iu oi-rt. fa» ou au ca dînai de Richelieu, et l'exécuteur de s. s ordres les plus secret-, avait lait instruire a Haineux une belle habit ttoti , dont le cardinal lit les Trais, qu'on prétend s'être élevés n plus de trois cet t mille livrts. Ou y remarquait , dit i'abbe l.ebeuf, les statues de Mars et de Vulcain: Mars a > ait le visage du cardinal , et Vulcain, celui «le Bénicourt. Un pavillon d celte habitaiiun, situé a l'extiérnité du jardin, donnait sur la rue Saiul-Eliei ne. Lors de la révolution, li maison ayant été vendue et démolie, ou découvrit la di situation my-tcriru-e de ce pavillon , et d'un puils non moius fameux «|ui avait servi d oultlittlet au ininislre-souve rain. Quand on eut ouvert ce iuit-, dont l'cntiée avait été bouchée, • t qui avait envirou cent pieds de profondeur, on reconnut les ossements de p us de quaiaute cailavres, et un grand nombre de dtbns de vêtements, des montres, bijoux, argent , ele.

Henri IV, nu retour de deux excursions dans le pays de Caux et le Vexin, et après avoir passe la Seine à Meulan, s'arrêta h II gueux le 31 octobre la»!), et lit cantonner son arnne dans les env rons. Voici la lettre que ce prince écrivit, de cet endroit, a Oahrielle d'Kslrée :

u Sy v«istre am- ur est de l'échanlyllon que vous m'avez cn- « voye, m s afayres yronl bien. Mais, de-pu s que ques ans, «i vois me l avés laict t ouver «le la taille i u vidante du Mans a long «t ■émw Je suis arrivé A Itaygneux ayant eu tout le o plaisir qu'il se peut Je vous supplye, oementes mon couieiio temenl : vous le pouvé-, vous le devez; il faut que vous «t le vnulié». Sur ce salutaire conseil, je fvnyié en vous bc- « saut un tmlvon de fnys. Ili ■< . i d

La fonda ion >te l'église «le Bauneux remonte au xiir sic. le; c'est s uis contredit une «le- églises les plus remarquables des enviions d<- la capitale. Le vaisseau de cet edilice est vnùle «l fort l c in ; la nef est d' cotée de |*iites galerits dons le genre de celles de >olre-Dame ne Paris. Sur le couronneiuci.t «tes bas-edlés.sé'èvenldesarcs-boutanls qui soutiennent la constrti tion supérieure de la princip ale nef Le portail est de la plus liante antiquité; «m y voyait» dans un bas-relief, le l'ère Eternel a< compagne de quatre armes poitant «lis chandeliers. Si<r les restes de I an< ien clocher, qui esl a coté Je 1 église, on eu a é evé un nouveau d'une élégante construction. Le presbytère, qui est as e/. c'en iu, < - t élégamment construit: il a < t<- ngramli et rcsiau'é pir François de Chabannc de Rhodes, a'orscuié de It.tgn ux. L'est l'une des plus belles habitations en ee génie des environs de Pars.

Ita. neux fai' pailtc du dépa tentent de la Seine, arrondis enicnt et «-anlon de Sceaux. Il est silué à 1 lieue 3/i sud de Paris, à peu «le di-lance de la grande route d'Orléans.

Le letri o n; est paitie en vignes et partie en lerr s labourables ; le vin qu'on y reei.eitle est as-c/ estime. Bagneux r. nie.me plusieurs earnc.es de pi. rrts a bàur, el uue de pitnes ii plâtre.

lin -HÉHtliii liiÉiiigiirià.

t:iiarmant village bati dans une de plus belles situations des environs de Pans, à deux lieuis S.-O *» cette capitale.

Plusieurs historiens, cuire anlies Valois el l'ahl>é i .• f. pensent qui' Cluilillnn, en latin Canirtlio, a pris son nom de quelques forteresses bâties sur son le riloire ; car, >tan> les x*, xi' et xii- sied s, le nom de ra*lct. thultnu même, était synonyme de foiteressc. Nous ne savon» riin de positif a ce sujet ; néanmoins, il est certain que ce village portait déjà le nom de

• hètiilon en ll92, •insi que le prouve un carlu'airede >otre- Dame- « es-Chatin s-l z-Paris, où il est fait mention de ChâtlUOa sons le nom de Ca*ttllionrm.

Il y avait plu-ieurs seigneurs à Chatillon, parce qu'il y existait plusieurs ftefs ; mais, la principale seiuneurie ai p •rimait à l'abbaye de Sainl-fiermain -d s- Très. Itichatd Tardieu, s Igneur du Mem', lieutenant crin nul de Paris, acquit la sciuncuiie de Chàlillon vers la fin du xvi»siè*lc. Jacqin s Tardieu, l'un de s.s descendants, et Marie Eerncr, son é|mu e, assassinés à Paris, uuai des Oifèvrcs, par les frère- Touelut, fuient enterrés a Chù'il'on, en loiU; leurs erps furent transportes

• t tahumés «lans le caveau de l'égli-c, le 27 août, jour où leuis :<ssnss n- liii-.nl roui us vifs a la | .unie de l i c dU p'.la's. .Icv;.nt la statu- de Henri IV. Depuis, le mini Ire Cobcrl acheta la terre de Chat Hou, qui passa ensul e au duc «lu Maine

L historien Monslrelct. dans sa vie de Charles VI, fait mention deLhatillon: u dit qu'en l'an 1417, Jtau, due de Bourgogne. ' l 'venant de Mculau eldu Val-de-Gahe, qui est le pay- de Vtisadles, arriva au commencement d'octobre, puis eatn^a sur ia montagne de Chatillon. Il s'y trouvait, i'jou'e-i-ll, un nrhrc Me sur lequi I le duc lit nu tire s n étendard. Son armée v rc ta huit jouis pour se rafraîchir, rendant lequel temps elle pilla les villages d'alcmour.à plus <>e huit lieues de distance; puis elle alla faire le siège de Montlbéry.

L'église sous le titre de Saint-Philippe et Saint-Jacques rst jolie quoique très-pcile ; el e paiait avoir été constru te sous le rèfPM de Charles VU; le chœur rurtoul rappelle ce temys; mais le r. s e de l'cdince pan II banemp plus moderne.

Près de Chaiillon, on remarque 1rs ruines d'une ancienne tour, qui parait avoir fait paitie des foilili allons laies jadis dans ce lieu. Cette tour que l'on nomme vulgairement ta four de I roui/, a s- r> i depuis à l'éinldissemeul d un moulin à veut ; du moins, telle est la tradi'iou du i avs. Qoiqu'elle soit mainteii nt presqu eutieieiiieiil détruite, elle oITre cependant encore des ruines t rë — pi»l«>r« sques : ou prétend qu'elle srrvait autrefois à répéter les signaux que lui transmi Itail la tour de Montlliery. Sous I émii ence qui supporte cette tour, on voit maintenant une brt l>el c glacieic.

Le villaae de Cbaldion est «lan* une belle situation, s irune hauteur d'où l'on jouit d'une vue majtu que : l'œil plane au loin sur les villages de Bagneux, Mont-Bouge, Vaugirurd, Vauvres, Issy, rte. ; on y découvre Part-, le cours de la S --ne, ■'e Calvaire. Vinrennes ei les hauteurs de Montmaitrc; dans le lointain, la belle vallée de Montmorency seit de f-nd a re vaste et riant tableau. Ou jouit dans cet endio t d'un air trèspur el tiès-saluhrc , ce qui y a fait singulic. émeut multiplier les m isons de campagne.

Chà Mon est un v d'âge du département de In Seine, de I arrondissement et du cant. n le Si . aux; sa population >stde 7 70 habitants, y compris le hameau «lu Pctn Ch>Uillun. L- territoire de celte commune esl fe.tilc en gra ns: les vignes y sont alondautis; les légumes qu'il produit sont tuât, pour les habitants, une branche de commerce d'autant plus lucrative, «pi il- sont fort icchv reliés dans le- marchés de la capitale.

On trouve, prrs de cet eudru t, beaucoup .te carrières de pierre» de liais et moellons, deux de pierres à pla re et deux four- a «baux. L'une de «es carrières ist remarquable i ar une galerie soutenante et rimpnule, jusqu'à la prufoudeur .le HZ pieds, dont la Dente est si douce, qu'une voiture attelée d trois cbeNaux peut y dvscindie et en tirer les pierres qu elle lournil.

8 I» -ïtnlc.i).i«».n«e..

Jo'i village, situe a deux lieues un q iart sud-sud-ouest de Paris, sur une des r..ut« de Sceaux, et à*un quait de lieue nord te cette dernière vile.

L'origine de Fonlenay ne remonte guère au-delà 'du xi* s èclc.

Le premier litic qui en foit mriilio i est uue b • . 1 c du p pc Alexau Ire l|l, poitaut la .laie de IHi3. Ou présume qi.e le nom l.ituide hunluneium lui a éiedoune paral.usiou aux sources dont son lerrito.re est arrosé.

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Ce lieu portait anciennement le nom de Fonltiuiy-l'i-Bagneur, snn« 'lotilr à cause rte sa proximi'é de ce ilernier » illage La nom rte Fonlrmif-aur- Rote». qu'il porte maintenant, est dù aux rosiers que l'on y cultive en abondance. Il parait «iu* il y a déjà longtemps que 1rs habitant- de ce village se sont adonnés à ce genre de culture; car noua voyons, dans les actes du parlement, que le fai-etir de couronnes on de bouquets de roses de celle cour, se p >urvovait à Fontenay : or cet usagr est fort ancien. Dans ces temps reculés, comme le remarque Sauvai, le* ducs » t p ilrs étaient tenus de porter, tous les ans, en grande cérémonie, des roses aux parlement-. Le roi lui-méme'pnyail un droit de roses a cet te cour souveraine. C'était nu mois d'avril, mai et juin, que les pairs, en per»nnnc. près niaient ces bouquets de roses au moment où Cou appelait leurs rôles.

La ! .10 urie de Fontenay, des l'an II 68, appartenait à l'nhbaye de Sa nie-Geneviève , elle nvait droit de haute et basse justice. L'ahbé Lebeuf rapporte, d'après un écrivain qui vivait ver» l'an 1S00, un hait singulier d exécution de justice par les orfteiers de Salnle-Genevicve. « En 1 266, di'-il, ou • nvlron, fut •• i" 1 - un porc*l qui avoit mandé un enfant chez Kstienne le • Camus: Il fut ars en la cour au More Sainte Cenevief>e a a Kontenet; présents frère Guerln leur Chambericr, Guillaume « le Seriaut, Aubrrt le More, Kstienne le Camus et Marie sa ■ femme. •

Eu 1588. Henri III. par lettres datées de Chartres au mois de juillet, permit aux habitants de Fontenay de se fermer de mur»; mais In mort de ce prince, arrivée l'année suivante, empêcha l'exécution de ce projet,

Colhcrf acquit la seigneurie de Fontenay, en 1676. dans le temps que ce mini-t e s'occupait des embellissements de sa terre de Sceaux. Hlr pis»» depuis, en tînt, au doc du Manie, fils natutel <te Louis XIV et rte madame de Mnntespan.

Fontenay est rt.ni> une situation charmante, sur la penchant d'un coteau, au milieu d'un territoire fertile, bien cultivé, et abondant en arbitres, surtout en rosiers, dont il se fait un commerce considérable. Iji plupart des maisons ont de jolis jnMins, plantés dans le meilleur goùl. On y trouve des haies de rosiers qui, durant la belle saison, bordent toutes les promenades : on en vo t aussi de dix a douze pieds de hauteur, le long des murs, et principalement devant la porte de chaque maison. Il y a un lavoir i>ublic alimente par une source peu éloignée : et le village est côtoyé par un ruisseau qui prend naissance dans un endroit appelé fe pare «si Renard.

La jolie situation «le ce villogc, son paysage, le genre de culture qui y est le plus favorisé, toutes ces causes réunies y ont fait bfttir un timnd nombre rte maisons de campagne ; une des plus agréables, et qu'habi'e M- Le Dru. enlevant maire du Io n, fut ci Te de S-aron. lu premier homme de sou siècle dans le genre burlesque. Quolqn'nssié'jé fort jeune de maladies < louloureus'S, on ne le vit jamais perd e sa gallé; c'est là que, par ses l'Ial -a literies, il attinit les personnes les plus aimables et les plu« iniienieusesde la cour.

L'abbé de Chaulieu, poète charmant qui a rappelé parmi nous ! . - il ||. ii .(<■<• 1 1 !.■ '..n lie ,t|..in.l<Mi |g Ti (ml. . nmrl

en 1720, à l'âge de quatre-vingt-un ans, était né à Fontenay en 1119

Le territoire de Fontenay est, comme nous l'avons dit, parliculièri ment, cultivé en rosiers. Au printemps, cette culture rtonne un aspect em-hanteur à ce village; des champs entiers couverts de ta plus belle des fleurs, forment le coup d'ail le plus agréable, l-es habllans se livrent également, avec beaucoup de succès, à la cuit jre des fraisiers ; la partie qui ne comporte ni roses ni fraises est plantée en vignes, en arbres fruitiers et en arbu>lcs. I<es terres labourables y sont pour ainsi dire nulles.

I .1 population de Fontenay- aux-Roses est de 720 habitants; J fait partie du département rte la Seine, arrondissement et canton de Sceaux. Tous les dimanches et Jeudis de cha |ue semaine, dans la bcl'e saison, un bal fort joli attire les nombreux habitants de c- tte commune, dont la féte a lieu le premier dimanche de juillet.

$ Itoarg-ln nrlar

Bourg situé à deux lieues et au sud de Paris, sur la grande i iule li.' ci 1 le c ipital ■ à 1 h léaus.

On ignore absolument qm Ile prince-se a procuré à ce bourg ce surnom de fa rei'as, et cette iunorance fait naître beaucoup de conjectures et de fables. Ce lieu a pu être ainsi surnommé.

parce que Rignnthe, fille du roi Chilpéric y pa««a la nuit avec son nomb'euxeoiték'e, en se ren «nt, en l'an AM. de Paris aux pays méridionaux de la Gaule, auprès de son futur époux. Recarède : c'est la conjecture de l'abbe Lebeuf. Voici un récit romanesque :

Gérard de DammaMin est amoureux d'une pnnces«e de Frise, appelée Colombe; il l'enlevé: le roi la lui dispute: les deux amants lèvent des années; et des milliers d hommes sont prêts à s'entr' égorger pour décider la question de savoir qui du roi ou de Gérard possédera la belle pr née- se. Pour é< iter l'effusion rtu sang, des hommes sages proposèrent aux deux amants de se battre seuls ; la proposition fondée eu justice fut a loplee. Un endroit nommé le Briquet fui emisi pour le lieu du combat : ce lie.u, était, dit-on, Buiirg-la-Rtint, et portait ce nom par e que, sur le rui-seau qui traverse ce bourg, se trouvait un petit pont en brique. Le roi fut tué; ei Gérard, vainqueur, épousa la belle princesse ou reine Colombe. Par cette aventure, le lieu du combat perdit le nom peu heruïque de Driquet, et reçut celui de Boui-g-la Hune.

Chopin croit que l'emplacement de ce bourg, était celui qu'une charte de l.ouis-le-Gros, de 1 134. dés-gne sous le nom De Prahllum llnldeum : on ne irouve nulle part de trace de retie dénomination t art ; la tradition porte que cet endroit te nommait anciennement Fert Pré. Il est certain que ce lien, des le xii- -iecle, avait le nom de Iiurqw Rrginr, ou Bourg-ln-ltc ne.

Au su* siècle, l'abbaye rt'H 1ères, puis l'abhave de Montmartre possédèrent une grande partie de cette seigneurie. En II S2, les religieuses de 1 elle dernière ahbave furent auto isées à faire bâtir l'église de ce lieu. Elle fu1 sans doute alors construite en bois comme l'étaient la plupart des églises de relie époque ; cette qui a existe depuis porte dans ses formes l'empreinte d'une construction du ■Us* siècle.

Bourg-la -Heine, malgré sa faible importance, ne fut pas à l'abri des maux, qui, au xiv* siècle, désolèrent la France et les environs rte Paris. Edouard III, roi d'Angleterre, débarqué à Calais le 28 octobre 1369. dans le des-eiu d'envahir laFr.mce. dont le roi Jean était déjà son prisonnier yi> la la cuerre et tous ses désastres dans divers cantons; il s'avança l'année suivante jusqu'à Paris, et campa dans les environs qu'il ruina au point qu'il fut oblige de s'en éloigner. Sou armée, ayant épuisé dans peu de lemps Ions les vivres, n'y pouvait plus subri t- r: il In lit camper du cote il "Antoni et rte Lonujumeau. et se louea à lloiirg-la-ltelne, où il demeuia plusieurs jours. Pendant son séjour dans ce lieu, il envoya ses hérauts à Paris pour provoquer le dauplun (.liai le» à iul oonner Imaille Le piiuce français ne répondit pointa celte provocation ; le roi d'Angleterre permit à Gautier de Mauny d aller avec plusieurs chevaliers etoarmoueher jusqu'aux portes de Patis; ils s'y rendirent, et leur entreprise fui smu ellct. Le lendemain, le roi «l'Angleterre, poursuivi par la disette, partit pour Mont-le-lléry. Pendant ee délogemeni, des chevaliers anglais rl gas'ons, au nombre de <l n» cents hommes, pie~umanl que des chevaliers français surtiraient de Paris pour l-s harceler, se mi eut en embuscade pès de Bourg-la- Reine. En effet.dcs chevaliers se concertèrent dans le dessein de gagner quelque chose en se jetant sur la queue de l'armée anglaise; ils avaient dépasse le Bou-g-la- Reinc. lorsque lis Anglais embusqués sortirent brusquement et tombèrent sur les Français; un combat meurtrier s'engagea entre les deux partis : il fut acharné et dura longtemps. Quoique moins nombreux que leurs ennemis, les Français se déleu. liront avec un grand courage; plusieurs chevaliers furent de part et d'autre 'renversés de leurs chevaux. On ne sut dire rte quel côté fut la victoire; cependant les Anglais et les Gascons restèrent maîtres du terrain ; et les Français se retirèrent a Patis',

Les habitants de Bourg-la- Heine eurent heuu-oup à souffrir des guerres civiles du xv» et même du xvi' siècle. Quoique dépourvu de château fort et de murailles, qui ordinairement attiraient la guerre et ses désastns, leur boum se trouvait dans le voisinage de plusieurs châteaux, dont les capitaine* éta ent renommés par leur briganda-e et Imr cruauté ; ei sur une grande roule on passaient fréquemment des gens dexuerre. qui y logeaient au 1:1 .n.d préjudice des habitants. Ces malheurs, ■ mit f histoire ne parle point, restent sans éclat , et n'en sont pas moins déplorantes.

1 Oo-oaifvu Ht J-r.ui v 1, pas* SIS, Mil. d« Usais S*uiw>.

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Un de ces malheurs obscurs arriva, en novembre I •'•«>3, lorsque le p'inec de Onde, n la tète d'une r-rméc fortifiée par la réunion îles troupes allemandes appelée» Rcistres et lansquenet*, partit d'Orléans el s'avançi vent Paris. Leurs gens de pied étal« ni campés à Bourg-ln-Reine, sur la urande route, et leur cavalerie, a Mont Rouge ei à Gentilly. Il y eut, devant Paris, quelques escarmouches qui furent les préludes de la bataille de Preux '.

C'est re qui dut notamment arriver pendant les guerres de la Ligue, lors ,uc Henri IV vint attaquer Paris, et que ses troupes o<*cii| Vrenl plusieurs fois les campagnes situées au midi de ce>te capital--. Du temps des guerres de I ■ Fronde, l'armée du prince deCnndé, après avoir levé le siège d'Étamp-s, vint camper prèsde Bouru- la-Reine, entre Remy et le pont d'An'oni *.

Rouru-la-Heiue consiste principal ment dans les malsons qui bordent lu grande mute ; sur les derrières sont quelqu s habitations rcmaquables. Suivant l'abbé Lete-uf. Il esi»le a Bo.irgla-Rcine une maison avec un enclos asses considérable; bAtie à ce qu'on as«uie. par Henri IV, pour la belle CabrielieV Plusieurs maisons des ent irons rte Paris ont eu, si l'ai) en croit les prop iéiains. l'avait âge d'avoir été possé ées et habitées par celle favorit*-, peu digne d app'oehtr un grand r»i. 1,'lnsloire parle un l;t . .. • *e ère qui n'est pas ce ul des poètes courtisans; la belle Cabriclle n était qu'une courtisane toitunée ; voici la note qui nous a été fournie sur cet ancien édifice.

Cette maison, de construcl'on ancienne, est située an milieu d'un parc de quarante arpeuts ; son entrée est dans la t .r <n ie- Rue, n' 41 ; on y arrive par une avenue, de tilleuls. M. Jannon- Qiin»remère, néiio- iant, adjoint du m-iirc de Paris, a feit réparer le bt\ imenl. M. Dnnjan, architecte, a donné ses «oins à cette restauration exécutée avec goût, sans nuire aux objet* qui peuvent intéresser les curieux. Deux grandes chambres au prvnier ont conservé leur dénomination ancienne : l'une est nom me e ebambre de Cahriellr d'Ksirécs, I autre, chambre de Henri IV. Celle de Cannelle, trop vaste pour une habitation particulière, a été partagée eu deux pièces; c'est le seul changement no'ab'c qu'ait éprouvé la di-lribu ton primitive. Quant a la chambre de II' m i |V, elle a été respectée; elle Corme aujourd bui un be u salon; ce qui reste de son ancienne dé-oration est sur la cheminée, et consiste en un médaillon soutenu par deux génies de grandeur naturelle ; le* ligures sont eu plâtre.

Cette ma son, la plus impur aule du lieu, fut choisie, en 1722, pour l'entrevue de M. ne Anne-Victoire, Infante d'E-paune, élire seulement de quatre ans, el de son futur époux, le roi Louis XV, qui, né le là féviier 1710, n'avait que douze ans. l ue inscription grnvé« sur une pierre incrustée dan» le mur du pallier, «u premier é âge, consacre la inculture uectttc entrevue ; elle est ainsi conçue.

■ L entrevue de Louis XV, avec l'infante d'Espagne, >a « future épouse, s'est fni'c dans cet'e maison, le 2 mars 1722. »

I.n date que po le cette inscription ne s'accorde point atec celle que >ionne à l'arrivée de cette prince>se Tumeur de l'art de vérifier les dates; il dit : o On vit arrittr a Paris, le 2» janvier * 1722, Varie-Anne-Victuirc, infante d'Ispagne... dont le a mariage avait été conclu l'année précédente.1 n M l'infante a eu «a première entrevue atec le roi son futur, en arrivant d'Espagne, à Bourg-la Beinc. elle n'a pu être arrivée a Pans le 2'.» janvier précèdent ; certain- ment il existe une erreur, ou dans I inscription, ou dans l'ouvrage très-estimé de l'ait de vérifier les dates.

Après trois ans de séjour en France, celte jeune princesse fut renvoyée en Espagne ; l'unihassaJcur espagnol dit a ce sujet : Ltt Français n'auront pat ewti de samj pour latrr un tel affront ; on lui répondit, en eouitisan : Les Français n'auront pas assez de larme» />- ur pleurer unt telle prinrttst. Louis W épousa la fille unique de Ntcolas-Stanlsl is Irczfnski, élu mi de Pologne.

Le gouvernement d'alors montra beaucoup U'imprétoy u ce, en appelant cette m ante « omme future épouse de l-onis \V, et beaucoup de légèreté en la reuvoyant. Pour réparer la premiete

i Mémoire» dt Cerné/, tome !», j>»g<- SSS. < Mémoire» de Vi>»lf/«l, la > c m, p >f* 177.

* l.rlK-uf, drotktt dt Par,,, mnie n, ftft SSS.

• L'Art rfft'fi/Wr les ttttet, tomrt, ptft ev«, HoUn dr 4TSS.

faute, |i en fit une sceoude qui fui sur le point d'allumer une gtnrre entre l-t France et l'Ksuagne.

I.e presbytère, avec le jirdin qui en dépendait, a longtemps été pos-éde par le satant »l ingénieux auteur de l'Or>gin$ de

tow Ut Culte», Dupuis, membre d t 1 Institut, el pro ur au

collège de France. C'est la, que. sur un exemplaire, il fil a cet ouvratie des corrections el additions nombreuses, dans le d ssein d'en donner une élition nouvelle. La mort tint inlerr mp e ce p écieux travail ; il expira le 2n seplembn' IH09, dans une maison de campaune qu'il avait eu Bourgogne. Dupuis et/iit un homme simple, proie et très-savant dans les antiquités re i jieuses; mal-ré quelques erreurs de iléUils qui ne nuisent point a l'ensemble de >on système, il est parvenu à d. s découvertes de la plus haute Imp -rtance.

Bourg-la-Reine est le lieu de naissance de Guillaume Ans .m. homme d'un urand courage. Joinvilie rapporte qu'avant que saint Louis fût fait prisonnier, Auseau détendait si valeureusement son roi, qu'avec une hache d armes, fl massacra un grand nombre de Sarrasins, et ne voulut se ren Ire a eux, que lorsqu'un renégat ang ais lui cria en français qu'il se rendit, et qu'il aurait la ve sauve.

One chose qu'on ne doit point paver sous silence en parlant de Bourg-la-Reine, c'est la fin malheureuse de f, ndorcet. dont les sciences déplorent la perte. Ce républi ain. p us rit par la Contention, vivait à Paris caché cbei vl"« Verney, qui le g rda cl>ei elle pendant huit mois, lors |u'en 1794, des visites dumici- ■aires furent ordonnées. Votant que celle mesure allait compromettre la vie de celle qui lui avait donné si genéreu émeut l'hospitalité, (la peine de mort était prononcée contre ceux qui recélnient cher eux des personnes ml es hors la loii, Otidorcct ne put consentir é racheter ses jours au prix d'une lâcheté, et sortit furiitemi nt d - Paris, vêtu en homme o> la dernière classe du pruple. H pareounit. pendant p'usieurs jours, les campa un es q i avoisineut Clamart el Fontenny, et pa-sa plusieurs nuits dans les b»is de Verrières. Il s'»dr»-s>a à M. Suard qui atait une habitation près de là, pour ta -lier d'avoir de Paris quelques impu rs qui pussent lui servir de sauve-garde el de passe |>ort tout à la fois. M. Suard partit au-sitôl et retint avec ce qui p >uv ait aid«r à sauver ce célèbre proscrit; mais il n'etail plus temps. Condoreet était entré dans un cabaret de Clamart. pour y manger une onv-lelle et boire un peu An vin. Un muuii ipal, qui s'y trouvait par hasird, remarquant le dé-ordre i e set vêtements et son agi-atmu, lui demuida a voir ses papiers. N'en ayant pas, il fut an été, conduit à Bourg-la-Reine, pour ère transfère ensuite a Paris. M.iis, pendant la nuit, Condor-ei prit une dose du pois-m aeJif qu'il ponait toujours sur lui, et dont la recetic est attribuée au célèbre me tecin B-iribci. 1 » Ile lut la lin de ce philosophe, qui a consacré sa vie entière a étendre le cer-te des connais-ances humaines, et i iierfectionner les liens politiques qui doivent gouterner la société. Il fut enterré au e m- itère de Bouru-la-Rcine : et aucun signe exl>-rieur , pus même une simp'e pierre, n'indique le lieu ou reposent les cendres du secrétaire perpétuel de l'académie des .viennes.

Bourg la-Reine est situe dans un vallon agréable, près de la rive gauche de la Bietre, <t traversé par la pran le route de Paris à Orléans. Les ptincipaux produits de son lerrituire sont en crains, une partie est plantée de vign-s.

(Vu trouve S Bnurg-la-R -Ine une manufacture de fnieuee >resa''creditée. Il s'y tient le lundi de chaque semaine un marché considérable de bestiaux, dit vulgairement \e marche de Sceau*. C'est à ce marché el à celui de Poissy que vieuneut s'approvisionner les bouchers de la capitale.

La population de Bourg -la- Reine est de 720 habitants II appartient au département de la Semé, arrondissement et canton de Sceaux. On y trouve un bureau de poste aux lettres.

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