‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 95 sur 144 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

OIAPITRE UNIQUE.

Ville sltnrc sur la rivière de Julne, rivière nu'si norami'c ËtHmp s, et «ur In ftranrje route de t'ari- à Orléans, à quatorze lunes el nu sud de la piemierc vill . et a euv.run wu.t lieues de la second •

Ce l|eu est nommé Simiipœ en latin, Es'ampcs en Français, puis Eianii» s. On a cru q i'il était le Si i»<rAa m nlioitné dans l'itinéraire d Aiitoiiin ; M. I)iii\il'e pense ce te position antique C >ti v i. i t mle.iv il .Sa /r, Mil.i.e situe dans le voisinage, qu'a Elamprs: mai- il avoue que ce plan iiu'iit «le Saliutnln a Sni le ne s'aci-orde poin avec le» Distance» marqué s ans l'itiuéra re. Cette iinliculté n mrète point ce savant néoj^nph" ; el, pour a tr u lu r. Il se d. te mine a dire qu'il y a erreur de nombre dan» l'itinéraire. Il n aura l point de réduit acelicdcrnic c ressource,

■ Ui>(»ir« »rcrfl« Ur Throilore Agilppd J'Aubif or, p«(o • cl fuiv.

se serai) épargné l>i n 'les <c lierelies. e' nui.ii' trouve un pirl'ail a c<ird entre les di'Unces de t'ilinéraire et les >>i t»nces locale*, si, nu lieu H» pla er à Oriéms l'antique (in, (i m, son poi.it de pai lance, il ei'it conseuii n le re min dire .iau* la «•sillon du Vi-ux-Gli-n : S il orrila e»t aujourd'hui représente par Saele et non p i » tau p. s.

I.e lerrilo re.l Klampes. p»ju> *lamprn»ii, forl «"tendu au'refois, est souvent mentionne lia is 'es monuments lusto i ims de la me • iére race de* ro s Franc». Dans le traité de paix eonrlu,

• n l'.ui &h>, entre le 'oi (iuutclirainu nu (ïuniiau et le roi t'.hildebert, ce territoire est cite, a n i que dans um- nîrd nniUM de llagoi cri. «te l'an t\tê, où Sac é. nomme S ir tint*, est pltfë dans le territoire d Êlamp -s Eu 620, I duc Ara ibert, p«r ordre du mu Chotwré, s |ua ,tes»t main ll<bon, tils d'Audolane : es pli.it aUir« as-e* ro nuiun.

En l'an 60t. le votsinage d Éta«upes fui le iheà're d'une furieuse l-alnille. Le roi Thicry. instru l que le ioi l'.b'o^ire non oncle, iipiès avoir rempclé une vlc'oire sur Herinal c, «< ait envahi une par ide ses état-, s'«v«nça «vec une pui sant nrméc jusqu'à Klauircs battil I ami e ,)e son onel«', lit soi lits M.-roviV prison, ier, el mil eu déroute le n s e de l'armée d • t. Molaire. Le enniag- lut nlTre ix; et Thi< ry Iriomphanl se j-. mlit à l'ari*.

C s rois FrMin s «le In piemiére tare. qn âiiue pir«nts. n- c»»ssnicut de se faire la guerre, l es éviquesgaul is qui les avaient lliysti" ieosrmcnl intn«dilH« «laii- les Gaubs. leur i-li-eun^iint les prntiqui s de la religion, mais non la morale île l'évangile.

L histoire ancienne d- s villes te France n oITre que<hacrt>M», des mi ilheurs, ou di s erreurs absurdes ; Eb rams participe a ces calamités.

Sous 'a n ro 91 1, 'e fameux Rou ou Rollon. vint

à la tel c «l<; - - ,- iiwml*, piil r. biùUr Etampes et >cs euvir us. On sait que dan* lcur~ expéditions, ces bariiar s oéiruisnieul tout ce q m s ne pouvaient p lier, el massiicrnienl to is cuis prison. ii rs qui ne pouvaient payer leur rainons, et même

• pies | avoir p; yéel 1 Voici ce qui- porte le roman de Rou un l'histoire rime* 'te Rollon ■ après avoir décrit Ls ravages de ces Normand» en Cà mais, l'auteur ajoute:

Estampes ont «Ir-trult é II b'-rc uni naslé,

El Ma U lrr«r mise en • h \r «• ;

M » rn ne [.un kl lur ai «Jes'o b<*. P'tsismpes lourn» U .u vers Viluu.et lotdrrit.

Ht detrui»irenl i.t<tmpt»,racw)'rrnt $m>l h>\tr<j. rt rèluitirtnl >on tenilotre dan* l'rtat U /..'..» murrahlt Aucun roi, aw >-n liai un ne i« pr/yn/a puur tirrrtrr U cour» ilr rr$ hriyan higu. fl i'/iin por'il d'f]lnmjpr§ p.-ur u rendre rert V.lumet, peut-être \ il cneiivc. Situé a une lieue el nu nord est d'Kiuuipes.

E ampis, sous In troisième nue. occupa d >us I histoire une pla e distinguée Con lance seconde el mecluintr épous- du roi K< b il. h iminc fail le el dévot, lit bâtir un nolilr i hal.au dans celte vile: présent toujours luiicste aux habitants, o .m . >e chnteau fut ion t'Uit, le rot. fou ron'ent. y vint diner avec sa cour; i' ordi'iiiiu que tous les |> unes qui se pr si nlei aient fussfJOI admf* auprès île lui: le château m fui bientôt rempli. Sous lu table et aux pn dsilu rO Roi cri, m plaça HU de ces pau\ i es que le i oi parv mi à rnssiis.er, en lui passant des livres vie, de la place qu'il occupait, avait sou» ses yeus uiKTiiem ni Mil p n nul a un des genoux du roi. ornement dont la val ur était estimée à celle de six once» d'nr. Tci té Oe sel*appr.>|Tu r, il pari tut. av ce un rouleau, a le détacher, puis > évada. Le But, mi ordonna aux pauvres de se re.ir r; lemi se leva de table; C| b reine i on .tance , s' étant aperpiede cette lacune dans la toilette le son royal époux, s'é rinencole c. Ah! bon erigitrttr l'/url trtt'ennemi dr Dieu qui a (//«A uior^uin<i eufrr <a</un»t lo'/ai ' n le drpnuillant de ce qu'il arwl de prrcirux f l.e roi répond t : l'rr- MIWI m'a df xhni'urè ; r. lui qui m « r«/ri « cri ornement en ncaii plmt logoio : et roi. ijrucr à l)>ru. lui profiltia l e ro se rejoais Uot d'- I • péri qu'il venait de l'aire, -e reuUil aussiiui dan» I oratoire du château*.

Robert, qui fonda tanl d'éulises. érigea bien'ul l'nraloin château d E a opes eu co Icgi.ile, sous le ti r. .1 • n.uui. -Marie. Eu ioao, il daia un dip ouïe de soti pilai, d Ela opes : ce nui prouve qu'il y séjournai quelquefois. Robert CuuaUil au luinn

' Hcrut l irt VMSHSW dt Fr mrr. t. ml, piff tSS, rl l 11, |ige Si7. ' inlsainlis. lit., Ituae il, (o|<.- lui).

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

sa roui-pn' c «nr Iq tète i l snn seei tre. n la main. Avec le* g* 'As h li s hab'ludcs 'Ir» m nue-, |i n pul amais I « vertu* qui > nnvimrxnt ft un r«l ; ri il >ova t, suis savoir y,rccne,iicr, les plus affreux déborde s s- propage. M Fronce.

L' iiv mvn à F.tampe-, »nus le règne de Hmri, fil» de IloScrt, wroinpos.nl de i.liisiem-s terres dont rt deini.r roi axait fait, rn |ianie. a lu collégiale de Sainte Marie du -hatenu. une rs*ft*ti m qM son lil» conirma en IMft. Dans un diplôme (te cette année, e. « Iri. ns k0' l ainsi dénommés : un iK>uru iiominé Ouirnle. (Ccnitrului). le vieil eddiee de Rruni -lulde. aujourd'hui H uneliaut '. et :ui re» du v«n«iinHçe u'Flampcs; «-es biens éta enl tons oharués dr rente» e> rcdrvaiiche» féodales enxers le mi. Il jouissait du i roituil des sépulture* dans >e • hàtrai et daus tout le laulHju'g ; cl il possédait l'ég i e de Saint- Basile, et le* niï iiirlisf i en à légli-e aie S<ime Marie pendant toute l'année, exe. pie ie jour de TA^fomptii n. line clôture royale, s<iu> le Vieil- EtemptB, un moulin rt une m une dans le faubourg lui appointaient; <t di>ns le même acte est mentionné hedë (in Smrlfi' *. Il tésuhe de ce diplôme, qu'au c»itiaieueemeiii du \ r sut le, (.lampes était divine en deux parties : (lu coté d Or- I' n» si- tiouvaii le l'Oiirg dr Saint-Martin, coui. nani l'abbaye '' """> : • »' quartier < tail nu»si appelé le Vint- 1 t irn/i-t ; a I .nilre eut émisé <ie la Mlle, du côté de Paris, était Életnpu- Xt uf ou lr Cl dleau.

I li. lippe I", ne te eoutrn'ant pas de Renie. sa légitime é| nn»c. lil, en passant a Tour» i n ion i , eu exer, par un de ses g> Mils1 ouïmes. Itcrtrndi de Vont fort, femme du comte d . Anjou, qur, an giand seai dale de la France el «ic loule l'E< tope, il i |'oii-a. n ant la mort île sou mari, lequel mourut bientôt apie» de rliHgnii .'e n'avoir pu se venger rc cil atTiont. Oualie enfants lurent lis Trolls d< ce mariage adultère; savoir : l'Iul ippr 1 1 1 leury nui m< u> un ut -aïs i ns'érilc. et deux tilles n muer» Cécile •< Kiist.chc |.a première épousa Tan. i.-d> , I rua e d Autriche, qui se «agonla dans le« ». urnes de» cml nd. > ; la Miitide, ;u rap| orl de |lu-i mus lut marne â

Jean s loueur u'hiumpr», lequel lui fuit .oniie eu faveur de ce minage,

l>< » p ex ois, pris des b iltis el d»s vieemles commandèrent

t ueei ssixew dans le ci A eau ; loisque li s seigneurs d une partie de in Franec faisan ni la gui rrc aux rota Philippe I" et à 1 ou »-lr-Cros. mm. un \icomte en avait la guide. Alors ces S» ici enrs, nvie leurs armée-, niait., s de Muni le-Hi ry. dr Roclii fort, etc., Interceptai, ut la i nniinuniratiou de l'ai isfcOi lé -ns e inèine à Kl«mpe»4 l.ii.quan c an-, api e», pendant la une reque lient i II, mi d Ami ton. e- du de Normandie, faisaii au roi de Ki ai ce, le menu oli ta, le se proenta : Sun m, comte il Kxieux. , yant ce é nu roi «l'AnJccrr, le» or ère ses de Huchef t, de M. ntforl e> d'1-sp.rlon, le pa-sage de Paris à 0. léaiis e1 a l- taaip. s fut pareiHemeui inlerrepte*.

'•i" 1 la i Mr. lire d Flampes [) ud ut que d. s un i < s el îles cli iioiiies y cITraieiit. au xit* si.-, le. le scandale de I ur^ longues distensions, iiont voiei l'orig ne -.

I.'.'.tibate de Ssint-Ma: lin, s-t.or dans le Vieil K ampes, fut ♦on\ciiieeuiolle(.ia'e, el s«né(iH««i e ». rvie par des elunaines.

A une pelle m nii-lieiir, el iu ioid d'Etumpet, était une al baye m muée Haui-igny, fondée nu xf sieile. IXroiaillrJ

Ml -. sui vnm lusaue, se | lurent a dmbter de la. \,~ ■lu a ve ooinelle. à lin donner ec qui leur appartenait, el nuliiie C. qui ne leur «p, artri ail plus. Pliil ppr I" lui Ht iuciw idért nient le d m • e t.. le» le- égl ses établies au Vieil-Kiampra du Umps <iu loi M NUI. De ce n.nnb e éti it la Cfilletialr de Saint* M i n. Le loi l'Iu ippe donnait aux nminca de Maurigiiy ce H e ses i ieux avi ieul . éja do ne aux eh -nomes de Sa u -Maru>. l\eUi> ion.li a lut la source de longues .li»»i iimous, de taiiii sild' scandales qu'il raut diVrire. jui ce q'iU ilflVent UQ ablean pr cienx des mu-ui s eeelà-.ia tniuesau kim sied. .

I e- i liai.oinesile le^li-e, e S. im-Mai lin ne paient voir sans alouMu les i ic c-ses dont 1rs Dlolswa .1. Maurikiiv • l..ieni eom- •Ji s, ni sans iuiligualiuii la uépcndaiii e ou .es doijati. ns |,s u- , taieiit a 1 c6arJ de cts moines ; dej.endanc« qui leur eole-

t rr l.ene Ml»ir à on* d-ml» liru». ri H n. r.!-. .1 ftUlftS.

' Urrufl drl UtSInTMni ét *Vo c#, I. 11, p ST», H««.

3 Xoj.-T ri drtjin Mon -Ic-lln

' AbKUftV lia UiilvrUm dt fruut, uuio xuj, ^«ge toi.

vaii une partie dr leur revenu, et notamment le pro uit des

se pullula».

Thomas, abbé du monastère de Maurinny, voulant user ''es es que lui accordait 1 1 donation du roi Philippe I", xinl à Ktanq», s el entra dans I échue de Saint-Martin, nver le drss in d'v erlcbeer la messe. Ois qu'il s'y présent*?, les chanoines furieux s élanceront >,ur lui et le chassèrent violemment de 'e rtr enlise. I.'ab'«, eluMs», alla s«' plaln Ire au roi Loin* qui ne put que . oatlrmer la donation faite p<r son père, et dé lacer que le 1 se do Saint-Mai Im a ip n i. naît a l'ahié -te Mauri^ny.

L'abbe Thom as ne jugea point celle ronlirmali n sufilsante" : Il n'était pis bien rassuré sur la légitimité de la doniti n de Philippal**, il en écrivit à Daimberl. areevêijue de Sens, sou méiropolitain, qui le inandii auprès de lui. Cet arelieMnue, âpre- plusieurs débats, rendit, en 1 1 12, de I axis de son clergé, une sentence par laquelle Thom >s, abhé de Maurigny, était con- Rrmé dans la pos»c sion de l'église de Stiint-Marlin.

I l>l)é de Mauri.ny, doutant Cnc are de la xali lilé de cette donation, entreprit de faire un xoyage à Rome; il y demanda au pape et obtint de Sa Sainteté In confirmation de son droit pu l ndu sur l'église de Saint-Martin.

Tomes ces coufl m nions i-bl' nues par des moyens* vénaux, < r.minp c'était alors l'usape, firent pi u d'impres ion sur 1rs ehnno nés de Saint- Martin; ils soutinrent méine qu'elles ne le» prixnn nt |ias d s produit- des sépultures. Nouveaux dél ais : l'a'ihé s'a ri s»a encore au p.tp- Célase II. qui alors, en 1 1 iS. se trouvait eu Aiixrri/tie; et, à force d'niirigurs, il parxinl à ob emr d i Saint- Père une décision faxoralle

I es elianninéa désolé» mirent en jeu tous leurs prnterteurs, tous l ui > moxeiis môme celui de la corruption p*our s'emparer <!. l'esont du roi, qui jusqu'alors s clail mmitré favoiable a lahbti Thoinas. Ces chanuines parvinrenl alors à mettre le ni dans I urs Intérêts : la Chiontque de vinunguy attribue ce changement du roi a de paroles séduisantes*! a des présents. I r roi eonvoiua uni asttiwhlflii d*evéquasà Melun; l»almi»ert, nrcliexéque de Sens, y assis e et > parla au nom du ioi IX-S plaintes générales s'clevermt conirc l'alihé et les moine* rie Mam igi.y ; cet abbé é ant absent, et nul ne se prex ni int pour défeiidic sa cause. I a ebexeipir lui juln-s a une lettre loudroxaiile, le Ira Unit d'enxahis-eiir, el mi déclarant que ses droits pré rn lus sur l'église ne Saïui-Martia étaleni supendus jusqu'à In déclshui du pape, qu'on al rendait

Labbé I liomas eu fut consterné; i> écrivit t l'arehevé-pie de Sens pour se justifier et aeru er les chano nés. u Au mépris de « l'aut aite dr l .vli c de Sens, di'-il dan» sa lettre, ils sr sont u adresses a une BOUT -erulè'e, Ont rjonud île <'ar eni nu roi u pour acluti r sa faveur, rt ont violé le* prixllé^es de I église » romaine et les canons. Ils sont menteurs et un >nt, lorsqu'ils ■ disent que nous av.ms empiéié sur le» lim t s d • leur» p.ir.ii»i ses, el eiiierré des morts qui en depm loient, Nous n avo.-is « rien fail de tout eeli. Eu'in, que d ro s-je de la cm lu te du a roi? Mes supérieurs m'ont enseigné qn'il f illo>t craindre « hi u et houiner les rois. Je n'rn >iis pas davantage1. ■>

l.'abl-é Thomas n > ta i pas lionunc a reiroueer a les pru t< il alla p«o upt' iii -i.t t.ouxer le roi, lui exposa ses raisons, désarma sa colère, cl parvint n se rendre ce princ f.ivo able. Comment s opé'ii ee euangemeut dans l oaiui m du roil l.a ebrooique de Maurignj I- la s e a p user, èo disastt qu# ce pri nfui un peu humtfié (alii/uant'tj'tr humili itmnl. (Juan au moyen qui lut employé i our ce sueecs, no is le lais-ous à dire aux nu- Irs. Alors, comme lunulemps ri près, pour ont. nu la jus ice ou hs f ixeuis de la cour, Il ne iall.ul [ as s'y présenter les mains vides.

Cependant on rénan lait le bruit de la prochaine arrivée du paie. Cnnon. son lé al, vint loger à Maurignv : il lui ciuvenu entre lui et l'nblic Tliomiis qu'ils iraient aupr ès I, en pape puur l'engager h se rendre dans cetie Hbbave el à en dé. lier l'cg ise. Ils partent i our Orléans, ou le S ,i .t-l'ce dexaii se trouver; ils apprennent m y arMvant que ce SalsU-P*re n Qullié la ville pour se rendre a ( haitr.s. Alors I abbo l h mus se s. pire du lé.at, et revient à son ohha.xc. La |>npe, ui lnnl que le roi Phdippe-AutfUsIr, à son retour de Normai die avec son ai niée, veuuil de réduire eu cendres une graude partie de la ville de •

1 Lkmte. A/am-iMioc. lUtutil dti Uùtor\**t dt tranct. I. rn, p, T*v

•Il

Chartres, ne voulut point y entrer, traversa Etampes et revint à l'improvls e à Orléans.

L'abbé de Maurkny fut Tort affligé d'apprendre trop tard le brusque po«s«ge du pape à Etampes; il ne savait plus quel parti prendre ; l'arrivée do roi le lira de ton état d'anxiété. Thomas court auprès de lui, le prie instamment de faire écrire au pape p->ur l'engager a venir s Muurigny. et y dé lier son église. La lettre est écrite; un exprès, accompagné d'uo moine de l'abbaye, la porte à Orléans-, le pape consent à se rendre à Maurigny ; l'abbé Thomas triomphe. Celle aflalre lut expédiée avec une telle promptitude qu'elle fut terminée en moins de deux jours.

Le pape, arrivé a Etampes, y rat reçu avec de grandes céré-

monies, et se logea dans le palais du roi. L'abbé Thomas était au romble du contentement; mais bientôt II fut sur le point de perdre le fruit de tant d'intrigues, et de voir s'évanouir ses flatteuses espéram-es. Il s'éleva des plaintes > iolentes conire cet s abbé et ses moines. Le clergé d'Et&mpes vint les accuser. Lt camerirr du pape, qui dirigeait eut èrement son conseil privé, homme tres-cruel et très-avare, dit la rhrnuique <le Mauriirny, était fortement prévenu contre l'abbé, qui dès lors se crut perdoajoute cette chronique; mais il reprit courage, rr doubla d'intri, guet et de présents, parvint a réunir 1rs cardinaux ; et. en présence du pape, du roi et de la reine, il leur lit tant d instances, tant de prières, qu'il obtint l'objet de sa demande. Le a octonre 1119, l'église du monastère ue Maurigny fut dédiée par te pape

ChMeau do Vlncenne*.

Calixte II : tous les grand» seigneurs du pays figurèrent à celle cérémonie, avec leur faste barbare.

Cette dédicace prouvait 'a condescendance du pape pour l'abbé de Maurfuny, mais ne terminait point sa querelle avec les chanoines de Saini-Martin. Le pape s'était rendu à Corbeil, où les c!i moines d'Rtainpes avaient envoyé une députntion. Ayant trouvé l'oceasiou d udresser la parole au pape, ces députés se plaignirent vivement au Saint-Pore de l'abbé et des moines de Maurigny. a les accusèrent, dit la chronique, d'avoir enlevé « aux chanoines, avec violences, les corps de leurs paroissiens « morts, les • -rent de plusieurs autres choses qu'il ne faut « pas il ire : p sdamanlèrcnt de plus amples privilèges. Le pape a lui-même nu ntn taules leurs plaintes a l'abbé venu à Meiun

■ pour lui parler, et l'invita à se préparer a y répondre, lors- « qu'il serait admis a plaider sa cause devant lui. »

a Alors naquirent de nouvelles peines, de nouveaux travaux ; • il fallut subir les inquiétudes que donne l'incertitude du succès « Les chanoines aboyaient (latrabant); le roi les favorisait; € Etienne (chancelier de France) le maintenait dans son

■ opinion : Alurln, (clerc du roi, chanoine militaire <1c Saint- « Martin) puissaut ennemi des moines de Maurigny, enlrait en

■ fureur*. •

» Cârmw. ImUk M., i J

Ce fut dans ces dispositions que l'abbé Thomas et ses ennemis suivirent le pape ju-n,u'à l'ahhai e de Ferrières. Ftadant le voyage, le chancelier Etienne fit publiquement une sortie violente contre cet nbbé, le menaça, et, suivant la ch on qo«. l'accabla de plus de coups que d'injures. Le pape était mal accompaicné.

Ce pape termina plusieurs affai res à Forricrcs, en présence de l'abb* Thomas, qui se tenait prêt à répondre aux accusation-- des rhanoines; ceux-ri gardèrent le 6ilence, et se retirèrent L'abbé, congé lié avec bienveillance par le pape et les cardinaux, se rendit avec sécurité dans son abbaye.

Cependant le chanoine militaire Algrin, cet ennemi imp'aroble de l'abbé de Maurigny, conçut encore l'espoir de lui nuire; il se (Il accompagner par deux mures chanoines de Saint-Martin, qui, dit la chronique, étaient les complices de ses fraudes et de ses iniquités, et suivit le pape jusqu'à Sens ; puis il revint à Êtainpei, répandant de faux bruits, et se van' an* #*a'Mr obtenu une sentenee qui maintenait le chapitre de Samt-Martiu dans son ancien privilège, et annu ait celui de Maurigny. Quelques personnes le crurent ; d'autres en furent étonnée* v nuis la fraudr de ees chanoines leur valut bi-ntôt la hsine A < p uplc et des grands d'Ktampes; tous les traitaient 4e acéléiats. d'impies, et les osaudlssaleut. Ils seraient certainement devenus

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fcs victimes de Fa réprobation publique, s'A* n'eussent été protégés pa> le roi. Ces chanoines a force de promesses et de séductions, étaient parvenus a faire rétracter par le roi l'acte de donation des églises du Vieil-Etampe* à l'abbaye de Maurigny, donation faite par son père, et confirmée par lui-même.

L'abbé Thomas ne se découragea point : il fil plusieurs voyages auprès du roi, lui rappela ses services, le sollicita, employa des moyens adroits, et parvint à rentrer en possession de son privilège. L'affaire se serait terminée là, si les décision! royales eussent eu de la stabilité, et si l'abbé Thomas, plus mudcré.moinsavi-

c c'en la disette de vivres qui m'a fait prendre ce parti. Que s votre colère ne m'accable point; c'est notre misère qui en est « cause, misère dont, par respect pour vous, je ne veux pas « ici vous offrir le tableau. Je suis obligé de placer mes moines c dans des lieux où ils peuvent vivre1 >

Ce ne furent point, sans doute, d'aussi mauvaises rai-ons, mais d> s arguments dont l'abbé Thomas s'était déjà utilement servi, qui touchèrent le roi Louls-le-Gros, et le portèrent à révoquer les ordres qu'il avait donnés. Etienne même, présent à

de,, moins ambitieux, eût soumis sa conduite aux principes de In morale chrétienne; mais alors les ecclésiastiques ne s'occupaient guère de celte morale.

Les richesses de l'abbaye de rigtiy. grâce intri^ms et & l'aviditedeson abbé, allaient toujours croissant par des acquisitions nouvelles ; mais ces richesses lui rirent des ennemis. Un seigneur des environs pilla, brûla plusieurs villages et fermes de celte abbaye. Boson, abbé de Saint - Benolt.prétenditque, son pèreayant donné h son abbaye les églises du Vieil- Etampes, avant la donation du roi Philippe, elles devaient lui appartenir ; l'abbé Boson avait m

ures de quelecclésiastiques, réinstallâtes

Innocent II , chassé de Rome par son compétiteur Anaclet, s'étant réfugié en Frnnce. Louis le- Gros convoqua, au mois d'avril liso, un concile mixte à EUmpes, pour décider lequel des deux avait le droit d être pape. Saint Bernard, qui figurait dans ce concile, ptila vivement en faveur d'Innocent, et son avispréviilut. L'auteur de lacbronologiedes conciles dit à ce sujet que Ira moyens employés par saint Bernard pour faire triompher la cause d'Innocent ne prévaudraient aujourd'hui dans .un-un tribunal réglé '.

Cependant les chanoines, ou plutêt les clercs de Saint-Martin, saiset

ce : l'orage grondait <ie toute part.

L'abbé Thomas avait soulevé cet orage contre lui, en s'emparant violemment des églises du Vu 1 [-Et a mpes, en dégradant les chanoines de Saint-Ma.tiu, les réduisant à l'état de simples clercs, et

en les dépouillant entièrement de leursdroils. Bientôt les prêtres de Saint-Martin, appuyés par bs prétentions de l'abbé r.o ou. chassèrent les moines de leur église.

Informé de cette nouvelle attaque, l'abbé Thomas eu fut alarme. Il ne craignit pas d'aller implorer la protection du chancelier Etienne qui se trouvait a fctampes, celui-la même qui l'avait accablé d'injures et de coups, et le. supplia de lui être favorable; mais ces prières furent inutiles. Alors l'abbé s'adre sa au roi, et lui dit : « J'avoue que j'ai gravement offensé « votre sénérité, en plaçant des moines dans le* églisesdu Vieil- « Elampesi ; ce n'est point par mépris de mes devoirs ; mais

toutes les sions qui pouvaient les soustraire à In tyrannie des moines de Maurtgny; et les moyens qu'ils employèrent pour se venger prouvent la ruption du de cette époque."

La-Crangc-BIcneao, cbitMD d» g.'no, ,l Lakyeiie.

lorsque le 2.> octobre 1131, Louis-le-Gros fit sacrer son fils Philippe n Reims, par le pape Innocent II, l'abbé de Maurigoy cl le prieur de Saint-Martin furent appelés à cette cérémonie. Pendant leur absence, quelques prêtres, et notamment Hugues, chantre de cette dernière église, ne pouvant parvenir à en chasser les moines de Maurigny, tendirent un piège à l'un d'eux. Ils lui donnèrent de l'argent, lui promirent une prébende dans leur

étaient expulsés

« r*r<i»«e. Mmvintot. »«<u«il dt, BUl. i» Frtmcê, toa* ut, ».7T. « Art à, vérifia ht iattf, tone i, p. m.

Pn.t.«TMrM, Umiu.it et Om».

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s '«musa, suivant su eouttttar. a dire dm plaisanterie* à un jointe garçon qui ««trouvait dnns IVtilise. Aus*iiAt les prêtre*, comme s'ils eut eut surplis ce moine en fleurant délit t sori'-nt brusquement de leur eaeheUe, se jettent sur le moine, le dépouillent de «es vêtements, appellent le peuple nu son des cloche», accusent le moine de e'êlre livré à un alternat infâme, et répandent que les autre» moine» n'étaient pas moins criminels. 1-e peuple, étonne de relie aceu<hlion, irrité par ces clameurs, assiège la demeuré des moines à coups de bâton, A coups de pierrvs, et s'efforce d'en briser tes porte*. Les moines épouvanté* pleuraient, adressai- nt leurs prieras au ciel ; mais, dit la chronique, U Ckriti qui dormit M Trtiilla, et lira ces moines d'un péril imminent, c'rst-à-dire que des chevaliers d'Elampes, voyant le danger qu'ils couraient, vinrent à leurs secours, et dissipèrent l'attroupement1.

Quelques jours après, Henri, archevêque de Sens, passa par le Victl-Etampes. Les chanoines instruits de sa prochaine ai rivée, avaient placé en divers lieux de son passage des troupes d'hommes, et de leurs propres concubines (ittarum mtretritum). Lorsque I archevêque parut, ers femmes pous>èrenl des cris confus, demandant qu'il cbassAt les moines infâmes et incestueux, et que Ira chanoines fussent rétablis dans leur église. D» jà les chanoines «r croyaient assurés du succès de leur demande , et s'apprêtaient, dit la chronique, a obtenir, arec de l'urgent, le suffiaue du roi et ceux de fa cour. Alors, pour terminer ces débuts scandaleux, fut convoquée à Poissy une assemblée où devaient te trouver les hommes les plus noablea dé cette époque. La sentence que pononça cette as-embléelH pnlif les auteurs de la léd tlon. Il leur fut enjoint, sous des peirtps corporelles, de se toiimeltre à l'autori'é des saints canons. IjM clianoines qui auparavunt avalent si hautement brn>é I abbé Thomas et set mi rte», craignant d'être punis par la prison. Vinrent implorer la protection de cet abbé. I.e roi etpérfllit, dit la chron que. obtenir beaucoup r argent, ordon-m que tous les bourgeois et tout le peuple du Vied-Etampet s raient induits i Paris de» gni sa eourd- justi-e II parai qu'ils fui ent tous saisi' et enfermés dans les priions de ceiif tille.

Wlgrlng, I omnie puitsant et riche, mourut à l'abbaye de Mnnri^ny. Il avait lé^ué A cette nbbaye toute la Succession : le roi "t'en empara. Thomas , désespéré, alla rérla i>er cette tuecession auprès du roi; il demanda, en même" tempe, et obtint la liberté des habitant* du Vieil-F.tampet qui, fort contents, rentrèrent dans I urs foyers. Cet acte de générosité, s'il n'ett pat le résultut d'un calcul intéressé, fait honneur I l'abbé Thomas.

Ainsi te termina le long it scandaleux procès des moines de Manriitny et des chiinoinn do Saint-Martin du Vieil- Etamprs. Quoique la chronique de cales nbbaye prenne un sif Intéré. ait» actes ue -on abbé Thoma*. elle laisse apercevoir plusieurs V ait! de son caractère. On dét ouvi é dans cet abbé Thomas unambi* lieux très-actif un intrigant tans pudeur, courant, I argent é la main, l'impôt ure à In bouche, au-devant des pni*sniices ecclésiastique* et civile*, le» trompant mt achetant leur protection. Injurié et fortement battu par le chancelier Etienne, il ne reuult pas n'Implorer son appui, afin d'usurper 1rs droits des chiinoines de Saint-Martin. Après s'être emparé d'une partie de leurs dépouilns, sans nulori-atlon. Il envahit presque tout le re«te, et o.eupo l'église dea cblioinei, qui furent réduits à l'état de simples clercs. Il Ht au rai l'aveu éi eet envahissement illégitime, et se justifia par de mauvaises raisons assaisonnées de présenta dont le roi se contenta.

Les chaoomes emp'oyèrmt contre les moines de Maurigny dis moyens vils et perude»; mais ils étaient les victimes de I Mibtiiou envahissante de l'abbé Thomas. Ils avaient de» concubines; mais c'était alors un usage généralement admis parmi les ecclésiastiques; et ln chronique ne les en blâme point, n'en parle que par occasion, et ne s'en plaint que parce que lei clameurs de ces femmes contrariaient les Intérêts de I abbé Thomas.

Dans le récit de ces querelles ecclésiastiques, que j'ai fidèlement extrait de la chronique de Maurigny, le caraetére de Louisle-Gros sa prétente mus un point de vue ptu honorable. Les auteurs de cette chronique, soit que la corruption générale eût faussé leur jug. ment et leur eût Tait confond ie le bien et le mal moral, soit qu'ils calomnient, soit qu'ils duent la vérité, pu-

• Ckmnir. NauiiffM r llrcuil if //ii(.»iVn> rf« Franti, tas» m, p. 7S.

gnent re roi comme un homme avide d'areenr, qui n'a -corde sa pwtrtmn qu'à ceux quile<-ayehi,et ne la relieque pour la' vendre de nouveau ; il n'empl<>Ie les r^ueurs de la jiislbc. el ne fait traduire les habitants du Vi»ii-Eta • pe* dans le* prisons de Paris, que dans l'unique intention de s'enrichir par les amendes auxquelles il les fera condamner : voila comment les moines chroniqueurs respectaient lc« rois.

Le monastère de Maurigny et la ville furent le théâtre de plusieurs autres événements dont je ne dois décrire que les plus remarquables. Le pape Innocent II, le 10 janvier 1131, arriva à Rampe-;, se rendit à Maurigny où il consacra un autel, et cette * érémonie religieuse fut terminée par un très-gran I bal [maximo tripudio). Parmi ceux qui assistèrent b cette coo*é— ern ion, on remarquait Bernard, abbé deClalrvaux, fameux par son éloquence véhémente, ses fausses prophéties et sa sainteté, et le savant et infortuné Pierre Abailard. La chronique ne dit point s'ils dansèrent*.

En tti9, Thomas, abbé de Maurigny, fut Interdit par l'archevêque de Sens; rétabli dans son nhbavc, il l'abandonna bientôt, et, fatigué des nouvelles persécutions qu'on lui suscitait, se retira à Paris an monastère de Saint-Marliu des- Champs, où il vécut tranquille.

En 1 147 , Loui* VII , dit In Jeune, avant Je partir pMir la croisade, convoqua, en son chAteau d'Étampes, les ptus puis- SHnts seigneurs du royaume, pour les consulter sur le choix da la personne qui, pendant sou absence, devait administrer la ' France : ce choix tomba sur Suger, abbé de .Saint-Denis.

Il existait h Étampe* une synagogue. En 1183. Philippe- Aususte ayant chassé les juifs de France, les habitants d'Étampes, à l'exemple de ceux d'Orlcèns» s'emparèrent dé cette syua- ' geuiie. et la convertirent en église.

Isêmb-irge, ou Ingelburgé, lillé Au roi de Danemark, seconde épooiedé Phiippc-Augu-te, fut, en 1100, reléguée au château d'Élnmpes. Mariée eu i ta», etle Inspira nu r»l, des la première nuit de son mariage, une losurmon 6b e aversion , dont oa ignore la causât l' la renvoya aussllét, et la répudia sous prétexte de parenté I un d< gré'prohib-t

Les évéque. de France et le légat du pape, en t iss, prononcèrent la •erileuce' du d|vofce. I* roi, l'année suivante, épou a Agnès de Méranle; le b^pei excité par le roi >'e Danemark, frère de la malheureuse répudiée, n'approuva ni le divorce ni lo mariage qui s'en était suivi j il prononça une sentence d interdit contra Philippe-Auguste êt contre les évéque* de France qui avaient autorité ce divorce et tv mariai:*. Des Lira , les olllce» cessèrent ••ans lou'ea le* église* de France; «t. & l'exéep'ion du baptême et de l'e« fféme onction, les i rétres refusèrant les tacreuiertlii ils refusèrent même d'en'crrer les mors: les sujets Innocents liaient punit pour les pêches du roi : telle était alors la justice de la fOUrde Home*. Philippe- Auguste, Irrité dé la conduite Variable du clergé, le persécuta avec fureur.

Pendant ces troubles* Itèmliurge: se retira à Cision, abbaye de chanoines réguliers, dans t'éveché de Tournay. L*, réduite a une extrême disette, elle vendait lei meubles et ses vêtements pour vivre, et demandait l'aumône; tilt tendait la mowi, dit É ieune, évéque de Tournay '.

Le roi, épouvanté de* fou 1res do Vatican et de l'opposition du êlergé français, lit conduire Isetnimrge en son eSftieau d É tempes, et sollicite si vivement le pape Innocent III. qu un de ses légats en France, en 1 300, leva t inter lit, à eoa lition tue Philippe reprendrait Is mb irge aveu lui, et que, dans rix nuit, ii'Jf ««naines, six jours, six heure», Il ferait vider la ca isc du ' divorce par h-s deux légats du Saint-Siéje et les prélats du royaume, en p ésenee des parents de la reine. Isemburge fut tirée du chttleau d'Étampes et conduite aChâlous, ou le divorce devait être Jugé; mais Philippe, pour arrêter le cour* de* discussions sur cet objet, feign l de repn ndre Isemburge pour sa femme; il alla chet elle, la prit en croupe d-rriere son cheval, et la ramena eu château d'Etampes. Y fut-elle considérée comme reine t V jouit-elle de sa liberté t Voici ee que m>us avons reeueilli A eet égard.

i Rera<i7 det tlittnritnidtJFrantt, Ijmt tu. Ckrmfe. IT«wr.,p>gS te. V Rttueit in Bhtorit** dt F rance, Chnitel. totcrli Allip-xlcr, MM XVlli, | pJK«t«S.

] * Ânetdtttt dtiniM tl rtttnleidê Frantt, lom« u, p. 410.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Suivant l.i rhronii|iie dp Tours et In r limnologie de Robert ri'Auxerrc. elle tut, pendant quinze nns, renfermée dans la tour du Ml n K'ampev privée de tout *nnln»vmcnt, de tout secnU'S, très-mal nourrie, étroitement tardée. L'état l'éplorahle de i-cltc prince*»»1, tonnii de tout le peuple, n'était pidut ignoré du mi'.

Il faill it >\< e e< lté rvine lut trcs-prcsxt c i ar l«* besoin, puisqu'elle donna a Philippe finé, pour prix de quel. pies snlees ou fourn'lure', non de Pâment; mai* une masse de inétat qui li trouva t dnns le château d Etampcs. Cette masse, qualifiée de poi'rf» Ht In innnnait tl'0,L'a»t, lui revcndiquce'rians la suile pnr le ll-c » i « i la mira des main) des héritiers de celui auquel elle avait é'é dénuée'.

Kn i "ils. PhiUrpe- Vusu'le. on ne snt parquel tno'if, délivra |scmVur»e de sa prison, et la rnpp la nu.rcs de lui. Apres la mon de ce roi. «rrixe eu ivîa, la dut de cette prineèW fut assignée sur divers revenus del'Orlci nais; elle mourut «n liait, nu piieuré de Saini-Jean-Je l'Ile, commauJirie de l oidre de Malte, près de CnrhriL

I.c chat au d'Kl' mpes, comme tous les châteaux de cette rp-ique, depuis la mort de Phibppi-Auguste, servait, de pii-on. Ce fut n peu p As son unique destination : jadis, h «bit* par «les mis. il ne le fut plus que par desp is Minier*. Kn l l<U II détint la prison du comté de l.iicester; I onis l\ on sn'nt Louis v lit rmprisoi ner Jean Brilaut, chevalier, accuse' d'avoir fait assassiner le fils de l'iene Dubois, chambellan et scciétaire du roi; mais il ne tnr 'a p?» n le taire rebj. lier.

Kn 1305, Philippc-le-Hct donna la v llcri'Ktampcs. qui jusqu'alms avait fait partie du d-maine de la couronne, à son frère

I nuis, coin ed'Kvn ux. KUetevint a la couronne,; et «'.ha les VII, m i i .ii, en iMiil lia un Mitr: I ouisd Kvrenx, comte dKtampes, qui. en dînant n Paris avec sou rousm le dm: de l'erry. mourut n'np.pleve, en llUJ. Le comté d'Étimipes passa nu duc de Beny. qui en déposa en faveur de Philippe- le-Hàr ll« duc de Bourgogne, dunl lelils, Jean, le posséda jusqu'à ta mort, arrivée en l 162.

Ounique ce comté appartint a la maison de Bourgogne, ("ha le* \ Il le ih.nua en Mît n Kiclmd, lilsdeJmn V, «lue de

II eta. ne : cette donation causa des altercations entre le» maisons de Ituu g gne et dc'Brelagne. Par un traité lait dans relie ville le 2ij il • i i4fi.'>, cuire François, duc de Bretagne, et Ciailes, comte de Charulais, le premier prince céda au second le comte

d'ElB'iipcs.

Eiampes comme tous les liens habités de la Fran"C. eut sa part des événements qui. pendant les xtv* et W siècles, plongèrent ce myaume dans un util me de cal.imitcs.

Kn Mil, cette ville qui appa tenait au duc de Berry, était occi pée par les gens de la faction d'Oiléaus. Les chevaliers et atitr«s liens de guerre qui y commanditent désolaient tous les p ivs environnants pur le pillage, 1 m , ml e et l< maasacre. Les plaintes étaient si crtanies que, malgré la rigueur de la saison, ceux «lu p,«rtl bourguignon, ennemi du parti d'Orléans, rc.solun nt de détruire ce loyer de deaolatiott. Le 2:1 noveihi cett. année, le dauphin, due de Guyenne, accompagné des dilCs de Bourgogne, des comti s de Ne vers, de la Man-hc, de Peuthièv re et de Vnudcuioiil, du maréclinl de Bouci aut. etc., suivi* d'un tms-grand nombre de piétons, soriiieut de Paris, arriv èrent a « orheil, et y séjournèrent quelques jours pour attendre leur artillerie.

Louis dr Bitsreilon, que les monuments historiques nomment //our</un ou B.->i»b»urtlon, commandait dans celte pince ; menacé | ar I année du dauphin et abandonné par les habitants, étiattgers aux quetcles d. s pilncrs, il se renra dans la foru-nse.

Louis de Bonedon. sommé plusieurs l'.is de se rendre, refusa toujours et continua a s'y deicnd c. Alors on s'occupa s ricusein i ut d'en fai e lr siège; tou es les mnehines de guerre de celte époque fuient mises en chemin. Parties deCoiheit. edes furent duigévs vers Arpnjon et set virem a prendre le château de la liretoimerie qui en était voi-in Ce chalcxu, aujourd'hui converti en une terme, résista aux sommations; niais relui qui y commandait, voyant aruwr t'arti lerie. s'esquiva avec se- g<ns pendant la uuit;ci le dauphin, mahre de la place, en titdcmanleh r une pattte.

A la pn mici e sommai ion, les habitants d É ampes ouvrirent les

^Ittemtil dt$ ttitlorint dr Franrt, Inmcxtm, |>Hn jn. jos. '"»'ii"i dtparHmtnl inluulri Olim, mus l'auoee «KO.

porte* et en offi irent les clef- nu dauphin, en l'nssurani de leur (i clité, « t le >uppliaul de h s préserver d'iu-u t -s i l dé pi hues. ( es prières furent peu elflcnces: quoique le prince eût été ho orablement accueilli ''tins ta vil'e, ses sol lais, »ui>nut I urs habitudes, dit un écrivain du temps, se livrèrent au brigandage et se eOretrtfhl de butin

B. sreiiun, qui avait prêté serment au duc de B"rrv de ne rendre la forten*s?e a |rersonne, pss même- au il, uphin et pas même nu roi. ne néglige a rhn |onr s'y rtia<nt* nir ; il fil plusieurs sorties et pan tut à taire dra prisonniers. On di^tespérait de la pris* du cl t\tr u, réputé Imprenable et dont 'es m oa I le •> avaient une épafeaeur conskien b'e. Mi is ■ ille i xpédttn u clatt, tomme on disait alors, f.» prrinirrr* rtrmn du dauphin, ei d>> son suciès, suivait! les Itlées du tem|»s. dépeiulnit I honneur du jeune prince. |»»-s armes, de nouvelles machines de guerre, arrivèrent de Paris; alors l'attaque devint plus violent.-: des p'etres éhorm s étaiciil eoiitiuucllemeut lancées contre In for-T^ teresse. «Ou tira lant de pierres d une grosseur prol'giuise, ■ qu'on ruina e> entrées, d'où les FraucaU muent le ku uux « maisons xo sinrs des nturatllcs. * »

Alors Louis d«" Boaretlon abandon a le cMteati, et se rrtlra, avec les daines de sa compagnie, dans une lour éloignée des batienes. fort élevée cl plus fuC'lc • défendre, "e In, il biavait ses ennemis; et les dames trnilaienl lus tabliers eoiniue puur recevoir les pierres qui ne pouvaient 1rs utieimlte.

Les peinces et seigneurs, voyant b uis alla tues vivement rcpnusM-es, leur armée affuib'ic, dése-pétalcnl du stf. es. Ils tinrent un eonsi il île guerre, ou fut proposée la levé' du siega ; et relie propositinn, ne trouvant aucun coniradieteur, abai1 et-e adoptée, lorsqu'un notab'c bourgeois de Par s, iionuué Aiilré Il !.<■<■! se présenta, el d t t|u'ii prendroit iti ■ lace, -i l'on consentait a lui fournir les choses dont il avait besoin, et n teemnpenser ceux qui (assisteraient. Son oITte est neceptée; il lait chanler, avec pi-ine. plusieurs unis madriers de chêne, les ait appuver intimés sur la murallL de la forli ri-se, n m forme U' c esi èce de toit stius kvptel II log- trente hotnuies ann*s de pi -s et île Imy «ux. Ces trente homlnes il l'eut sans ces>e o cupés à démolit la muraille et à y fui e une lufche. L-'S pierres lancé s du haut d s n tirailles par les assiégés sue b lo^ctn ut des travailleurs, tuHihanl sur un plan incliné, s'éearlattnt et ne lui faisaient Bueùli dommage. Au bout de cinq jouis, la muraille, épa s-c de dix p eii», l'ut i i reee et lu briflie praticable. Les assiégé-, la bout lièrent avec des pièces de bois; mais nu y mit le feu. Le dauphin renouvela ses sommations an cuinuiaudànl de la plaee, en le menaçant de î'éUttOer par la fumée.

Les nssaillnnts s'atti ndaii ni a une lorgne ré»istnnee, lor«que le i décembre Mit, la Larnison ayant mis bus les armes, et son commandant, descendu du donjon , mugniiiqu- ment vêtu d'un babil de velours Cramoisi chargé d'or et de pierreries, se présenta nii-devont du dauphin, se pela 0 *cs pieds, embrassa i oux et lui demanda la vie : le luxe di s Itabits était alors une puissante rn-ninin iiidali.ui ; c'était le prim-ipal mérite de Bosndon.ct ce mirbe, il le devait an pillage. Le t-eul cou- I ab e. dans cet aete de résistance, etnit le eomman ant île la place : la garnison n'avait fait «|u'ubcir a ses otdns. Lesptiuces et seigneurs qui dirigeaient le dauphin en ju.etent autrement. Louis tic IU>sredon oblifit la vie -, et tous les soldats de m garnison fuient t gorgés, excepté trente des prii.cipnux qu'on envoya ii Paiis les mains garrottée* derrière le d s : c'est ainsi qu'un entendait In justice au xv" siècle. Les dames et dam dsebrs qui s'étaient réfugiées dans ce. te forteresse fuient renvutées dans leurs familles.

Après cette expédition, le dauphin al'a mettre 1c siège devant la ville de i ourdan. Louis de Bosiedi n rail prisonnier, lut envoyé Hl Fianlrei mais il obt ut bientôt sa I bi iic; et on le voit, bu 1413, ehargéde défendre la porte Saint Martin a Paris, contre le due de Bourg igné qui menaçait celle ville. O ehe v aller nuvergnut était, dit l'historien de Charles VII, plus fameux |tar se* courses. son dc ouemenl au duc de Berry, < t ses rapines, que par son extraction '. C est ce môme Bjsredou, a.uaut de la

l (liHoir, èt CUrln VI, fit l'anoBj-ioe de Stint-Dctdi, isme n, ps|fe S09

• H . au.

' Ationjmt- dr S<im Denlt. poj. S00, SOI ; — Montirclft, thap. tllli» -,— Juicml On Urkini, pag. ISS ; —Journal de riria, ptf, T.

GoogI

HISTOllU; DES ENVIRONS DE PARIS.

galante reine Isabeau de Bavière, que Charles VI, en 1417, fit arrêter, lier dans un sac, et Jeter dans la Seine. «.

Etampes eut encore beaucoup à souffrir des hommes puissants et de leurs querelles, auxquelles les habitants étaient Tort * étrangers.

Deux jours après la triste hatsille de Mont-le-Héry, le 80 Juillet 1465. le comte de Charolais, fils do due de Bourgogne, lier de sa prétendue victoire, vint, avec ses troupes, se reposer à Etampes. Le soir de leur arrivée, après le souper, les seigneurs de Tannée se promenaient dans les rues; le duc de Berry, frère du roi, et le comte de Charolais conversaient ensemble, pUcés à une fenêtre, lorsque du haut d'une lucarne en face, partirent deux ou trois fusées, dont l'une rasa cette fenêtre. Les deux princes, effrayés, se retirent, donnent des ordres : et bientôt trois cents archers sont rangés en bataille devant leur logis. L'épouvante est générale ; on craint une conspiration; on chenbe avec empressement l'auteur de cette alitrme; enfin, parait et vient se jeter aux pieds du comte de Charolais un pauvre homme, appelé Jean, et surnommé Boutefeu ou it$ serptnU , sans doute a cause de sa découverte. Pour justifier de s«n Innocence, Il fit partir trots ou quatre fusées qui ne firent aucun mal. Ainsi il dissipa les soupçons, et excita le rire des assistants *.

D'après l'etonnement et la frayeur que causa l'explosion de ces fusées, il est constant qu'elles étaient alors nouvelles en France, et il parait • ertain que Jean Boutefcu en fut l'inventeur. Celte invention fut étendue, et perfectionnée dans la suite.

Le comte de Charolais ne fit pas un long séjour a Etampes ; il conduisit son arave & Moret.

Les dues de Bourgogne et de Bretagne se disputaient le comté de cette \ille; « t un des fils de l'une et de l'autre maison prenait le titre de comte d' Etampes. En 1478, Louis XI donna ce comté A Jean de Foix, comte de Narbonne, sans préjudice de» oppositions du duc de Bretagne et du comte de Nevers, de la maison de Bourgogne. Dans celle série des comtes d'Etampes, il faut placer Anne de Pis>eleu, dite Mademoiselle de Heilly, une îles maltresses de François l«.Ce roi, fortement épris, voulant que cette demoiselle parût avec distinction à sa cour, lui fit chercher un é,»oux qui consentit à ne l'être que de nom. On le trouva dnns Jean de Brosses, noble ruiné, dont les biens avaient été confisqués, parce que son père, René, était complice de la révolte du duc de Bourbon. Ses biens lui furent restitués ; et il fut créé gouverneur de Bretagne. Le roi lui donna le comté d'Etampes qu'il érigea en duché, le décora du collier de l'ordre ; et la maîtresse royale fut qualifiée de duchttêt d'Etampes. François 1" drshomm ce mari complaisant et avide, en le comblant de biens et de vains honneurs. Depuis ce mariage incomplet, qui rut conclu vers t au 1526, Jean de Brosses, de pauvre qu'il était, devint rirhe et puissent ; et Mademoiselle de Heilly devint duchesse et maltresse du roi. Ce n'est pas la seule turpitude de cette espèce que nous offre l'histoire des cours.

Lut poètes s'empressèrent d'ex att'-r les giices, lo beauté de la duchesse, son esprit, ses talents, el dirent que In vallée de Tempé avait été transportée par Jupiter de Thessalte a Etampes, et autres fadaises poétiques. La nouvelle duchesse dirigea les libéralités de la cour sur sa famille, comme c'est l'usage. Par »on moyen, ses trois frères furent nommés évéques, son oncle archevêque et cardinal ; et ses deux sœurs deviurent abbessos. Aucun de s. s parents n'eut le vertueux courage de rejeter de» bienfaits dont la source était si impure. François I" mourut en 1647; et la puissance de la duchesse d'Etampes s'évanouit; elle se retira dans une campagne où elle fut abandonnée par ceux même qu'elle avait le plus obligés. Ses parents gardèrent leurs bénéfices ecclésiastiques: le prétendu mari intenta un procès à ta femme, ci-devant concubine du rot, l'obligea de quitter la cour, la tint comme prisonnière dans ces châteaux, lui reprocha de s'élre emparée de tous les revenus et gages de son gouvernement de Bretagne, et de l'avoir forcé de signer plusieurs contrats au

• Ed MIT, Lavis de aosredoa elait tIM à Vinceon*, pour v vi.iier, dlrait- M, l« reine Isabeaa de Itaricw.Sursoa chemin, il renrooir* te roi Ourle» VI; Mu* a' arrêter, tant mellre pied à Krre. il te borna 4 le rainer. Hiqoe de relie conduire*! iattralt des Intriguer amoureurer du euetaUrr, le rel le fis eairir par le pr*rot de Parie, «i, apree quelques ioterrofatoim, »d le Jeiadamla Seine, enf.nr,* dan un aae *ur lequel ruil cède iorrripiion : Laimx patêtr U Jtultet dm rvi.

m «dawtrea de Philippe i» Ctmmintt, Hv. i, ebap. v.

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préjudice de sa maison. Le roi Henri II força la ci-devant favorite A lui restituer un diamant estimé alors cinquante mille écu<, que François I" lui avait dooné. Le mari, dont le mécontentement n'avait éclaté qu'après la mort du roi, et qui avait souffert plusieurs affronts sans oser se plaindre, se trouva débarrassé. Enrichi par des actes d une vengeance tardive, il put jouir pleinement des revenus de son gouvernement de Bretagne et du duché d'Etampes, et les poètes ne donnèrent plus au territoire de cette ville le nom de la vallée de Tempé.

En !66t, au mois de novembre, époque où les guerres de religion se faisaient sentir avec une rigueur extrême, Etampes fut pris et occupé par une partie des troupes allemandes que le prince de Condé avait attirée* en France. Elles y restèrent pendant six semaines; et les habitants eurent beaucoup à souffrir de la présence de ces étrangers.

Les places prises par un parti étalent bientôt reprises par l'autre. Us Cuises voulaient dominer la France; les Bourbons voulaient les en empêcher: la religion n'était qu'un moyen de faire valoir leurs pretentiontambitieuses, un prêtes te pour lesdéguiser.

fc'n 1 507, les protestants reprennent les armes. Dans les commeocemciits de cette levée de boucliers, le capitaine Saint-Jean, frère jdu comte de Montgomery. somma les habitants d'Etamp* s de se rendre; ils refusèrent; et la ville fut pris-* d'assaut. Aussitôt le château se rendit; les vainqueurs y mirent garnison et marchèrent sur Dourdan, qui leur ouvrit ses portes1.

En 1589, Etampes devint le rendez -vous des troupes de h Ligue. Henri III, à la tête d'une armée, parcourut les environs de Paris, se présenta devant Etampes qui refusa de se soumettre. Quelques coups de canon tirent ouvrir les portes, et quelques heures de pillage furent accordées aux soldats. Le roi fit exécuter Amorties magistrat», auteurs de la résistance des habitants'. 11 fit de plus décapiter te baron de Saint-Germain qui. pour conserver cette place h la Ugue, s'yétait jeté avec des troupes. Celle place était trop faible pour opposer de tn résistance.

Pendant le séjour que ce roi fit alors A Etampes, il apprit que le pape l'avait excommunié : le roi de Navarre lui adressa, à ce sujet, une lettre dont voici In substance : Soyex vainqueur et vous serex abwus *.

Etampes fut souvent pris et repris; cettè ville, dans l'espace tîe quatre mois, fut attaquée et soumise trois fois. L* 5 novembre 1590, Henri IV, après avoir pris les faubourgs de Paris et s'élre retiré à Linas, sous Mont-le-Héry, pnrtit de ce lieu, et se rendit a Ktamnes, dans le dessein de s'emparer de la «ille et du chAleau, occupés parle sieur Clerniont-Lodèvcjruncseignrurfort étourdi, qui venait de se jeter dans le parti de la Ligne. La nuit était close lorsque Henri I Vy arriva; ilsVmp ira desfaubourgssanséprouvcr benocounde résistance ; peude temps «près, la ville futabiudonnée par la garnison qui se relira dans le château. Le roi entra dans la ville, et fit investir leehAieau. dont la garnison attendait des secours de Mayenne; mais, ne voyant point arriver ce secours, le comte de Clermont-Lodëve, après huit jours d'attente, se rendit au roi de France, sous la condition que huit des principaux officiers de la garnison resteraient prisonniers et ne sera ont relâchés que lorsqu'ils auraient obtenu In liberté de huit officiers royalistes qui leur furent nommés, et qui étaient détenus par les ligueurs. Henri IV permit au comte de Clermont-I,odève, ci A deux colonels, de se retirer sur parole ; quaut aux habitants d'Etampes, touché de leurs malheurs précé lents, il ne voulut point les accroître, ne laissa point de garnison dans leur ville, dont il leur confia la garde, et fit raser les foi tifk-aitons du château \

Pendant les guerres de la Fronde, d'autres scènes militaires vinrent affliger les habitants d'Etampes. Cette guerre, d'abord purement populaire, dégénéra ensuite en guerre d'aristocratie, et finit par n'être plus qu'une guerre entre le prince de Condé et le cardinal Mnzarin : tous les deux se disputaient le dn»it de gouverner la France; et tous les deu* trouvèrent des Français qui se sacrifièrent pour eux. Ce ne fut ni les faibles fortiilcalioas d'Etampes ni son château démantelé par Henri VI, mais l'aboo-

1 De Th«o, tome », page SSS.

' là., litre il, pane «Si.

* Journal d* tEtnilt, lane n, page 4M.

» ut Tliou, livre S7, page xeni. Coniiauau'on de ce fol eatadvem àl'dtaaé* du roi drpalt la prise des faubourg» de Pari. : *WmI dm r*r>* *> »#«n I T lome iv, paftctSS.

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HISTOIRE DES KM IRONS DE PARIS

dnnce du blé ilrmt elle finit fournie, <|ui altini sur ce point 1 s innpcs. Celle circonstance décida iccomtc de Tavanes, qui commandait l'armée du prince de Condé, ii préférer ce lieu pour se loger. Déjà M. de Vendôme, seigneur d'Etampes, nvnit lin* de grandi s sommes d'argent des habitants propriétaires des blés, sous prétexte de les garantir du pillase ; M. le duc de Beaufort, sons le même prétexte, exigea, bientôt après, de ces habitants îles sommes énormes. Le comte de Tavanes vint ensuite a Étampe»; dans ses mémoires, il blâme la conduite des princes dont on vient de parler, et se vante de ne l'avoir point imitée; mais son armée vécut, sans doute, aux dépens des habitants; a cet égard il ne s'explique pas. »

I» ux jours s'étaient écoulés depuis que l'armée des princes occupait Klampes, lorsque Mademoiselle d'Orléans, un 8m principaux soutiens de la Fronde, se rendant d'Orléans à Paris, passa (le 2 mai 1052) à Etampes et manifesta le désir de voir l'armée des piinces rangée en bataille. Le comte de Tavanes s'opposait h celte fantaisie féminine : il savait que l'armée royale, commandée parTurenne, n'était ëloLnée que de quatre lieues d'Éiampes, et craignait une surprise. Les représentations du comte dt-Tatancsetd'autrrsofOcieri furent inutiles; il fallut satisfaire Mademoiselle. Elle ne fut pas plutôt arrivée aux pi » miers escadrons, placés sur la route de l'aria, qu'on ape-çut, à environ une demi-lieue, l'avant-garde de l'armée royale. On n'avait reçu aucun avis de sou approche. Mademoiselle continua sa route sur Puis; l'année îles princes, étonnée de l'apparition inattendue de l'ennemi , «c retira sur Éiampes en desordre.

MM. dcTurenn'-ct d'Hocqtnncotirt, qui commandaient l'armée roy de. Informés de l'arrivée de Ma tcmoisclle,n valent pressenti qu'elle occasionne ait quelque confusion dans l'armée des princes. Turennepart dans la nuit du s au 4 mai, et arrive prés <1 K anii'csqu il envoie reconnaître. H laisse Mademoiselle, mu nie d'un passe-port du roi, continuer sa marche vers Paris, fond sur le long faubourg de cette ville qui n'était protégé par aucune barricade, y prend ou tue quinze cents hommes. Les troupe! royales, malin sses du faubourg, se livrèrent au pillage. Après ce c(»ui< de main, l'armée royale se retira à Chartres, et, quinze jours après, revint a Étampes d.mt, le 27 de ce mois, elle lit le siège. Une batterie fut drev.ee contre la plaie; dix a douze < — cadrons nés assiégés firent une sortie, s'avancèrent jusqu'à celle batterie, rnclouereut trois pièces, et obtinrent quelques autres a v.i n ta tes.

Pendant que les armées bataillaient devant Etnmpes. le 28 mai, arriva, aucamp conduit par le cardinal Mazàrin, Louis XIV, qui n'avait pas encore atteint sa quatorzième année. Il lit demander une trêve de quelque temps; nais les commandant» de In place, craignant d'être abandonnés parles sol lai'-, m' refusèrent à celte demande. C'est ce qu'on lit dans les mémoires <l<- Tavanes; ceux de Montrât, plus dignes de foi, portent que, le 2» mai 1652. le roi, voulant pisser d'un quartier à l'autre et voyant que, sur ce passe >oo de la ville donnait rude-

ment, mvoya Sainte-Marie, lieutenant des s Suisses» avec un trompette, pour prier le comte de Tavanes de ne point faire tirer le canon pendant que le roi passerait près de la Ville, Le comte de Tavanes, qui récemment avait failli être mis à m >rt pour avoir cédé a une semblable invitation, lit le malade et envoya un Allemand pour parler à Sainte-Marie. Les deux interlocuteurs, parlant une langue différente, ne s'eutendircut 1 as et se retirèrent.

Le roi eu passant fut salué de plusieurs volées de coups de canon, dont un p iss l assez près de sa personne 1 •

On le félicita sur son courage; et, le soir, il demanda à son valet de chambre , La porta, s'il avaiteu peurdes canons. Laportc répo dit: « qu'ordinairement on n'avait point peur quand ou a n avait point d'argent : il m'entendit et se prit a sourire, dit I a- « porte; mais personne n'en devina ta cause. Le roi vosail qu.ina titede soldats ma a ies et estropies qui couraient après lui.deu mandant de quoi soulager leur misère, Sans qu'il eût un seul « dou/aina leur donner ; d< quoi lour le monde s'étonnait fort.

I.c roi a >ait cependant reçu du surintendant dis finances de Vieuville cent louis d'or pour faire des libéralités aux soldats blessés; mais il ne les ava<t plus ; et il avoua a son domestique Laportc que le eardiual Mazann 1rs lui avait enlevés'.

1 iltmmrtê tir linutylal, lome m, pu* STS, 17».

• Utmoirti rft II. Utlaporte prtmur rmltt dt eknmbvt 4e Lnuh XI*', p. <■

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