CHAPITRE III
L» aOCHE-GCTOtt, VIRNO.N-SrR-SEI.NT5, CAILLOU, PACT-SIR-EI'IIH ET VILLIEAS.
81— 1-« noebe-Ciui'oa,
tfourg ancien et considérable situé sur la rive droite de la Seine, a trois lieues a l'est de Vernon et a seir« de Paris.
Le rocher auquel est adossé ce village, ainsi que I. château, qui lui a donné quelque célébrité, renferme une ch ipelle creusée dans la nierre à une élévation considérable, et dont I origine parait remonter à une très-haute antiquité. Par un privilège spécial qui date d'une époque fort reculée, on y conserve toujours |e saint sacrement. On prétend même que ce tut dans les envi-
vivait vers le m* siècle ; il prêchait, dit-on, dans le Vexin à l'époque même où saint Denis annonçait l'Evangile sur les rives delà Seine, Du reste, les uns en font un évéque , les autres lui donnent le litre de prêtre Gany-sur-Epte, à une demi lieue de la Rorhe-Guyoii,esl regardé comme le lieu de son martyre'.
On peut croire que ce rocher fut, dés les premiers temps de la féodalité, le séjour d'un de ces petits despotes qui se partageaient alors la France : la tour qui le surmonte est d'une construction fort ancienne. La tradition eu fait même un ouvrage des Humains ; mais on sait combien de monuments du moyen Age ont été désignés comme telssaus aucune probabilité.. Quoi qu'i| en soit, le premier seigneur connu de ce lieu est un Hugues 1", vicomte de Manies. Cet Huuues était de la maison les comtes de Meulan; Hdle loin, son fils, fonda en lOSïle prieuré de Saint-Martin-la-Çarenne, qui fut détruit pendant la Révolution. Le fils d'Hilledoln, nommé Guyon, laissa a la seigneurie le nom qu'elle a toujours porté depuis, et qu'elle a transmis au village bati dans la suite autour de ses murailles.
La demeure seigneuriale ne consistait ulors qu'en celte tour antique. Quelques bâtiments plus spacieux et plus commodes s'élrvcrcnt. avec le temps, nu bas du rocher, mais, dm- les moments de danger, les habitants se réfugiaient dans la tour. Les seigneurs étaient au premier rang parmi ceux du pays . ils entretenaient une garnison nombreuse dans leur forler. sse, regardée comme la clef du Vexin ; de ce côté, en effet, ce te tour tissait Paris des attaques des Norman Is et des Anglais : telle était laRoche-Guyon au xi' siècle. On voit combien il était 'ant pour les faibles monarques qui régnaient alors à Paris, d'avoir dans ses seigneurs des vassaux lideles ; mai» ils ne méritai nt guère In confiance.
L'un d'eux abandonna eu effet le parti royal pour se ranrjpr du cote du plus Tort. Kn 1007, Guillaume le Roux régent de Normandie, parcourait le Vexin, dont il xouluit s'empirer, attendu, disait-il. que cette proxince axait été donnée a ses aieux pour prix de leur valeur, a Rohirt. comte le Meulan. se « trouvant en celle nifllcnllé. se jela du côlù des Norman Is et k de l'Anglais-, cl Guyon de la Roche, gagne par des présents, « les reçut en sou chatenu et dans Velheuil. et de là les Nor- « maii ls faisaient des courses jusqu'aux portes de Paris*, a
Un peu plus d'un siècle après, le seigneur de la Roche, dit Guy 1", fut assassiné dans son château |iar son be.iu-pere '. Cet événement date de l'année 1 1 00 ; il c»t raconté dans un manuscrit du xiv" siècle, avec des détails auxquels le style du temps donne un nouveau degré d'intérêt. Voici ce récit : « Comment Guy sire dt ta Roche~Guyon fut meurtri par trahi- « ton en son chd'el. et eommtnt le* baron* dt Vul.rin primtrent « les traîtres au chàtei mime, et en firent jutticc Sur le rivage « de la Seine est un tertre merveilleux sur quoi jadis fut formé >< un chAtel trop fort et trop orgueilleux, et est appelé la Roche- < Guyon. Il est encore si haut cl ferme que à peine peut -on
« voir jusqu'au sommet Le sire de ce ch&tcl avait nom
u Guy, jeune el bachelier et preux nux armes... Il avait un a serouge (beau-père) qui Guillaume avait nom; Champenois a était de nation et un des plus déloyaux traîtres qu'un soit au c monde.... Il advint en un dimanche au «oir qu'il entra en a une église, a gran I complot, d'aubes traiteurs qu'il ot avec a soi amenés ('tous armés de hauberts sous leurs vêtements « et le traître, si armé comme il était sous chappe, faisait « aucune fois semblant d'aourer, et toutefois regardait-il par a où il pust entrer à celui Guyon. Et tout comme il aperçut un « buis par où celui Guyon venait à l'église , ià s'adressa maina tenant et entra ens à force, lui el toute sa déloyale compati gute. Sitôt, romme ils furent eus, si cachèrent leurs epées cl ■ courut celui Gui/fowmesusàci lui Guyon, l'épee traitée, corn ne a fourerné, cl occit celui Guyon, qui garde ne cuid >it avoir de a nul li ; el quand sa femme, qui tant était prude icmmeet vail- « lante, veist ceci, se prit par les cheveux comme est>aye,
comme femme h>rs de sens, apics courut a son mari, sans
i Baillri, Vit iti Samli, lu- folio, lame m, mon d'nrloare. ' Ihitnrt arntralt di X«tm*md*t, par l.jbial Uumoi.Un. * M nif.mron, Uimu -i nli dt la Motwrektt /raafai'M, I. Il, p. — Vojri joiti gittoirt dt Paril, S* édition, I0D« II. paja Ht.
St.— 171*.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
« paour de mort, sur lui se laissa cheoir, et le couvrit de soi- « même contre les coups d'epée, et commença A crier en telle u sorte et manière : Occis-mai, dit-elle, très-délogal meur- « trier, qui t'ai demervi et laine monseigneur. Les coups que >< les liai i : jetaient sur son mari, recevait elle-même et « disait : Douj' ami, doux époux, qu'as tu fait à ces gens dont " ne ioyez-voui bons amis ennemhle. tomme gendre doit e'trt vers <• son seigneur, et sire ver* son gendre? Quelle fourceneri* ett-ce ?
■ Vous e'ies tous enragics et hors du sens. Et les traiteurs la * prindrent par les cheveux et l'arnicherent de dessus son
■ mari, toute d spii el déglalvée, et presque toute ilélran- « chéc, et la laissèrent toute env erse d'une part au*si comme t morte, après retournèrent à son seigneur et le paroccisèrenl t tout maintenant, et le tirent mourir de mort cruelle et tous a les enfants aussi qu'ils purent là trouver. El quand ils eurent « ce fait, si cherchèrent partout céans s'ils trouveraient plus r nulli; lors leva la tète a pauvre dame, qui à une part gisait a to le étendue ; et, quand elle connut son seigneur quijà était ii mort, et gisait loin depiécé parmi la salle, si s'efforça tant « par son nmoiir qu'elle vint à lui, si dépiécée comme elle était, » tonte niinpaiite a guise de serpent, et m sangl <nt comme il « était le commença a baiser aussi comme s'il fût tout vif, et, à a ploureusr chanson, lui commença à rendre son ohsèquc en
0 telle manière : M«n*rigneur ami , mon cher rpoux , qu'e*t-fe que j« cois de tous? Avz-vous desserti par la merveilleuse
« contenance que tous meniez arec moi à ma compagnie, ouparce « que vous avez mis jus et vatauguiers à la filunit tt à la « déloyauté' de votre père, votre ai/eul et votre bis'igeul ? Tant « en dit seulement et puis chet pâme comme morte1. »
l e meurtrier, s'etant ainsi emparé du cbàtcl, essaya de s'en faire reeonuai re sttgn-ur; mais les vassaux, au lieu de seran- :ci sous sa bannière, reclaincrent vengeance auprès des barons voisins. Ceux-ci n'assemblèrent en armes et vinrent assiéger la tour, sui I. point il en devenir Us maîtres, ds demandèrenl nu roi I oins, I Grosceiiu'il fallait falrcde riisurpaic .rctdesag.irn son. IV prine ordonna qu'ils fussent oecs de laide mort et vill'iinie; en conséquence, on les tua a coupa d'épée et de
1 mee ; et leuis corps, traînes sur des claies, lurent jetés dans la rivière.
Sous le rèfOM inalh ureux deCharlesVI, le duc de Bourgogne ayant soumis, en MIS, toute la contrée, à l'exception deGis. rs, de Pont-de-l'Ar lie et de la Roche-Guyon, ce dernier p oui fut enlevé, dans le cours de la même .muée, parle comte île Warwick. Lue femme, llllc de Jeun Bureau, chambellan du nu de France, et veuve de Guy VI, sire de la Rode tué a l i b •Initie d'Azincourl, occupait alors la forteresse ; sommée ue prêter s rment au roi d'Aliuleterre, elle refu*a.cl l ut ,1 pouilléc de la seigneurie. Charles \ II, pour récompensi r sa fidélité, la nomma quelques années après prem ère dame d'honneur de la reine. Dans lu suite, Guy VU rentra en possession d la tour par la défection d'un capitaine anglais qui en avait la garde. ' f.
la lilie uniqu/ de ce Guy VII épousa Berlul deSilly, et porta dans eciie mai on la seigu une de la Roche-Guyon : ce fier' prit ainsi de l'importance; en 1 5-1G, on volt Louis de Silly y recevoir l-'ranç is I" «t toute su cour. Ce fut pendant le séjour de ce pnme à la Roche-Guy ou que le j e d'Enghien, frère
du roi de Navurre et du premier prince de ('.onde, y fut tué par lu chute d'un coffre jete d'une fenêtre du château, suivant quelques uns, et suivant d'autres, d'une maison de village qui existe encore. On crut que celte mort n trait pas l'effet d'un simple accident, et qu'elle avait éié provoquée par de secrète-, haines que Suscitait le mente île ce jeune prince.
H- nry de Silly, fils du précèdent, fut l'époux d'Antoinette de Pons, marquise de (i u i -in ville ; il mourut jeune, etsa veuve fixa son séjour dans le château de la Roche Guy. m. Dans le cours di s guerres de la Ligue, Henri IV, passant devant le château, y demanda 1 hospitalité. Devenu ajimui eux de la dame qui la lui av«ii accordée, il essaya inutilement de la séduire; et, nnoncant à triompher de sa résistance, il lui dit : Puisqtsttoui êtes véritablement dams d'honneur, vous le srrez de ta reine. Il tint plus lard sa ptonesse. On rapporte à ce sujet que, tant que durèrent les instances du monarque, toutes les fois qu'il
t «mule wiaiitisriili i de France, counico{«al au legoc île Lotii* le Débonnaire el ««■«••ni en (310.
venait prendre gîte au château, la belle veuve, après l'avoir reçu publiquement, traversait la rivière et allait coucher à la Vacherie, lieu de péage sllué eu face du château.
Madame de Silly ayant épousé en secondes noces Lhar les du Plessis, seigneur de Lianenurt celle nouvelle maison set- ou va en possession de la sclcncu n eriuée en duché pairie dès 1631, en faveur de François de Silly, Gis du précèdent, mais mort sans enfants avant sa mère.
L'n fils issu du mariage de Charles du Plessis avec madame de Silly, Roger, duc de la Roche-Guyon, fut le bienfaiteur du pays; une rente de 3,000 livres, quil créa en faveur des indigents, est encore acquittée de nos jours. Son l'ds, Henri Rouer, fut tué en 1646 au siège de Mardick; et, la (111e inique de ce dernier ayant épouse, eu IfiS!), le duc de La Rochefoucauld, fils de l'auteur des Majimrs, la terre de la Roche Guyon passade la sorteà la maison de Ln Rochefouc; uld. Le petit-fils du célèbre moraliste, Alexandre de La Rochefoucauld, y fut exile par Louis XV, pour avoir donné le cons il à ce prince, pendant sa fameuse malmfiede Metz, de renvoyer la duchesse de Chateauroux, sa maîtresse. Cet exil dura dix ans : mais le duc les consacra à des travaux utiles pour le pays. Il y fit ouvrir et pa>er plusieurs routes; 1 1 c\ si B sa munificence que les habitants du village doivent la fontaine sur laquelle on lit l'Inscription suivante :
Aquam hanc per stimula rollium, qiMteor fore nbhuir inillibus,
«orii« ranallbus
publii sr utiUiaii «Hlsii
Alciander... Itupitiiratda»
aura M bCCXU, rura. labore cl Injtnlo Liiiluvài Villars, arrtnlerii.
Deux mots sont ici remplacés par des points; résout ceux-ci : duelam (amenée] - t dur (duc). On raconte » ce si.jct dans ce pays, qu'a Té oquede la Revo ulion, plus curs ignorants, yanl a > mu' de faire disparaître de ce monument d'utilité publique louu- trace d'origine féodale, com nen. èrent par eff ccr les ornements et annoiries qui attestaient la nualifl ration du fond iteur, puis ensuite le tilre arislocrati (ue de dux, et enfin le mot duelam, qu ils traduisirent par le mol duchesse.
I i i de LaRo 'bel m indll aussi et embellit consi-
dérablement le château. Il y lit élever de b Ile* écuries; mais on doit spécialement distinguer un immense réservoir creusé dans le sommet du ro lier, et qui peut contenir 2.20o munis d'eau. Cette eau est amenée par des canaux qui s'étendent 'ans les environs a plus d'une lieue de dis auce. Des tuyaux habilement disposés la portent à tous les étages de la demeure seigneuriale, ainsi que dans les jar lins et basses-cours.
La ducheSsed'Anvi le, BU* d'Alexandre de La Rochefoucauld, voulut imiter son père, et fut 'aussi la bienfaitrice du pa#, où l'on conserve en icusemcm sa mémoire; elle y litouvrir
plusieurs chemins et y dm la divers établissements de chnnlé. Le ehnieau fut em o e agrandi par elle d'un eo"ps de bâtiment tout entier, d*Ui lequel était une riche bibliothèque où figurait, entre autres manuscrits, celui des Manmts La vertueuse uchesse vit périr au milieu de nos troobles son fi s et son pelitfils. Le premier, Louis-Alexandre, duc de Ln Rochef uicaul I et de la Roche-Guyon, pair de France, membre de l'A-M-mbée constiluaute et président du département de la Seine, re ul 'a mort à Gtsors le 4 septembre 1 793 ; le second, Armand de Rohan-Chabot, comte de Chabot, fut massacréa l'Abbaye dans l'affreuse nuit du 3 au 3 septembre de la même année. Apres cet'e double perle, la duchesse se retira avec sa petite-fille à la Roche-Guyou , l'une et l'autre ne larde «nt pas à y être arrêtées : on les transfera à Paris. Toutes l»-s communes îles environs adressèrent alors a la (kmvention nationale, en faveur de leur bienfaitrice, une pétition énergique qui suspendit probablement l'arrêt dont toutes deux étalent menacées. Les événements qui suivirent les rendirent à la liberté.
Le château et les terres qui en dépendent sont aujourd'hui la propriété de la maison de Rohan.
Les bà'iments qui composent l'antique château de la Roche- Guyon appartiennent, ainsi qu'on vient de le voir, à -les temps divers; et c'est aussi ce qu'attestent les formes variées de leur
lté
HISTOIRE DES ENVIRONS OR PARIS
construction. La tour h uno doubla eti'-cinte de murailles, et elle communique nu château parut) escalier creuse dans la mnn tagne; les jardins sont vasies et hit n ordonnes ; le potager a huit arpents. Une promenade établie a g' on 's finit sur le roc, au|>(irav»ui nu et an le. est sunont digne d a Imiraton.
l a Roche Guyon était nutiefois le s égn d'un. bailliage due d et la juridiction d*un grenier à sel. Le territoire des environs produit du vin; une pa tte du sol eUcn lioi> et prai.ies; il n'y lient deux foires dans l'année, et II y a mar, hc le mardi de chaque semaine. Ce bourg, autrefois compris dans le Yesui, appartient aujourd'hui au département de Seine et-Oise, arrondis-cmcnt i e Munies, caulon do Magny. Sa populuiion c3i de 000 habitants.
On remarque dans les environs Haute-Ile et Vctbeuil.
lUHTI-ILt.
Village, situé à une deml-llcue A l'e^t de la Roche-Gnyon ; le hameau de Chant mt,b y est annexé, tt tous deux forment une commune où l'on compte 200 habitent». Haute-Ile est baii sur une rangée de ruchers «omiis do la Seine. Ce vi II igu ne possède plus qu'un - faible partie de chà eau. Boilrnu l'habitai' quel |u fois: il eu fait même uiuiliou, ainsi que du village, duus sa •m irmr rpf/rt.
Oui, Lamnijrnnn, je fuis If» chagrin» rie la rfltl : El contre rus la campagne est mon unique asile : Du lieu qui m'y relient veui-tu voirie Ubtfau? CVsl un pellt Mllage ou plulôl un hameau I'.in sur le penchant d'un long rang de collines, D'uù l'œil s'égare au Ma dans le» plaines voisines. La Seine, au pied des monts que son (loi «lent laTcr, Voit du srin de ses faut vingt Iles s elc»er, Qui, partageant son enua» en diverses manières, D'une mii4rc *cule, y forment vingt rivières; Tous ses bords aunt couverts de saulrs non plantés Et de noyers souvent du passant In-uiiés. Le village au-ilcs-ii- fnrme un amphithéâtre, L'habitant ne rnnnnll ni la chaut m la plglra, Et dans le rue qui cède et se coupe a Chacun sali de sa main crru-i r s: n logeai ni : La maison <lu seigneur, seule un pru plus ornée, Se p'ésenif au dehors d« murs environnée : Le soleil en naissant la regarde d'abord; El le mont la défend des outrages du nord.
Boileaq, dans réiHiinn de ses œuvres qu'il donna en 1702, avait mis en note ces mois : Ihmir-lU, Vti<te wa*«urit o-p/iar- Itnant à mon rierru. t'illustre M. Doaaotf. Cet I ((Mitra M. Dongots était grclfler en chef du parlement de Paris. Cet de ee même personnage que Voltaire, à qui celte épithéte parut saus doute foit t liante, dit dans son épilre A Boiicuu :
Chri ton neveu Dongols, je paisal mnn enfance ; Hon bourgeois qui se crut un homme d'importance.
Cette ^erre fut vendue, en mu, au duc de U Rochefoucauld, qui lit abattre la plus grai.de partie du château.
'■Ml .
Village agréablement situé sur la rlvo droite de la Seine, à une l'eue 1 1 demie a |Vsl de la llncltr-tiuyoïi.
V éihcuil était, avant la dévolution, un bourg «suez considérable; et quelques, hameaux voisim, qui rorment aujourd'hui une c. mniiinc déln liée, en dépendaient, Ou « nnia que l «cote les ruines d'un château fort très-un i. n. qui concourait, ainsi la lourde la Ho, h -tiuv.ui. a défendre celle pirtie du Veain et k ouvrir Taris de ce cùte. L'cglise oiïre plusieurs parlies remarquables; on la croit de consti uelinn anglaise. I.c portail est regardé comme un des monuments curieux en ce genre.
I.c poète Vigée, mort il y a quelques années, et auteur dé quelques productions estimables, avait a Veiheuil une maison du campagne. Il en a fait souvent mention dans ses ouvrages, notamment duos sou poème, dr« Yi»iiei, qu'il termine aitisiV'
Vétheull, séjour champéfre et modeste héritage.
Je reconnais par loi le bonheur sans nuaite
Que la plus «impie salle offre a l'ami de» champs.
Puisque les dous léphyrs. uni» au doui printemps,
Des rigueur» de l'hiver m n soient la naiure,
Je vais de Ion verger admirer la culture,
Dana leur coura fraternel suivre ces doui ruissMUt
Dont la Seine grosali le iribm rie se» cani,
Sous les virus mnrronnler», fier» de leur ombre antique,
Jouir des lourd» ruais de la gallé ntsiique,
El, loin de; imporluns, rnment d'être oublié,
vivre, pour les bciui ait», la pjii et l'aimiie.
Vitheuil a aujourd'hui une population de 700 individus.
(Il-— Yernon-aur-flrlnr
Celte ville, qui a longtemps di'-p n lu de* due* de Normandie, est située sur la rive gauche de l.i Seine, sur l'une dea outes de l'ois à Itouen. A s-pt lieueia l est dE.reux, et A dix-sept lieues A l'ouest de Paris.
So'i nom latin est larnum, rt le plus souvent Keranni'atm. Plusieurs t'en vain* ont coiifondu ce lieu avec le fera h m. nu- JiuirJ'hui Vrr ou Fer», située près d'Ermenonville, oi s- tu r, en l'an 755, un rouet le qui détendait de voynger A cheval ou en voiture le dimanche. Ce Vrmum est toujours qualifié de palais : l'emum i>utatium. Celui dont on parle ici n'e»t, pour la première fila, mentionné dans Ici monuments historiques qu'au xi* siècle- Il y porte le titre de château : Fanonum eststruni.
Veriion. rbMenu, situé sur les frontières de deux États, fut, pendant l'anarchie féodale, exposé a tout les d satires des guerres, 1res- fréquentes n cette époque malheureuse.
Ko 1047, Guillaume le Bâtard, duc de Norman lie. avait auprès de lui son parent Guy, fils t)e Regsj lud, comte de B >ur«ogne; H lui donna les châteaux de Brion et do Vernon. Après avoir joui pendant trois ans de ces chA'eaux et de leurs cliàti Ilenics, Guy, n l'insligati m do quelques châtelains, se souleva contre le due son bu n'aileur. H fut vaincu et pardonne ; mois, se voyant méprisé, il quitta la cour du duc de Normandie, et ee relira en Bourgogne.
En 1123, Henri I". roi d'Angleterre et duc de Normandie, forlilia le château de W i n. m et en lit eonstniire la tour.
Les guerres qui s'élevèrent entre le roi de France l.o <is VII, dit le Jeune, et les duc» de Normandie, donnèrent a Verne» une triste célébrité. Ce roi avait, en l Nu. investi le comte d'Anjou, GeofTroi Pl.in^enel, et son OU' Henri, qui devint roi d'Angleterre, du duché de Normandie, à condition qu'il lui ferait hommag--, comme à son souverain. Le comte occopta la Normandie, mais n'exécuta pas le traité. I.e rot, à la léte d'une nombreuse année, vint.cn 1 1 SI, as- ié^cr Yemon et Neuf- Marché, et prit ces deux châteaux. Bientôt le comie d'Anjou. elTrayé des succès du roi, lui lit toutes les soumissions obligées; et le roi lui rendit les deux chAteaux.
Au printemps de l'an 1 153. Louis VIII, instruit que Richard. (Ils du seigneur châtelain de Vernon, avait pd c des marcliands sur le chemin rayai, partit de gron I matin de Mantes, a riva de bonne heure devant Vernon, et fit livrer aux flammes le 'toiirg ou les habitations qui entouraient ce château : c était punir plusieurs inno -ents du crime de leur seigneur.
Vers la Un de juillet delà même année, ce roi. Alatéle d'une armée nombreuse, vint mettre le Mége devant Vern m. Vprc* quirr/c jours d ut aque sans suc és, Tbierri. eomir de Flandre, dont h s troupes luisaient la plus lorte partie de l'année roy ale, voulait se retirer; on négocia avic Riehar l, le même qui avait volé des marchands sur le chemin : il fut convinu que le drapeau du roi sciait arboré sur 1a tour de. Vernon, et l'on plaça pour le garder un homme qui n'était ni du parti du roi ni d celui de Bicbard1.
Il parait que, par suite de cette négociation, Vernon fut remis entre les mains de louis VU. puisque au mois d'août 1 144. ce roi, ayant fait la | aix avec le due de Normandie, rculilua au duc le chAleaii de \ ci non et celui de Neuf- Marché; et que le duc, afin de le dédoiitma.et' des dépenses fuites pour assiéger, fortifier et défeudre ce château, lui paya deux mi. le marcs d'argent.
Le château de Vernon resta au duo de Norman He jusqu'en lio>. a eette époque, le duc Richard, roi d Angleterre, le céda, aillai que Ntuf-Uarcki, Ga llon, fcté, |eri et .Vonanrourl, avec leurs clmlellenies. a Loais, (ils d : Philippe Auguste, en faveur du mari ne contracté entre ee prince il Bianehe sa nièce. La remise lui fut faite dm* I année lies; mais bientôt, la guerre s étant rallumée entre les deux souvetains, au
1 n.„„id,$in
Frant», tome un, p. ISt, SIS.
HISTOIRE DIS F\ VIRONS DF, PARIS
de septembre 1 1 98. une bataille eut lieu entre Gamachcs et Vernon. dans laquelle Philippe Auguste et son armée furent mis eu déroute; le roi de France, poursuivi de près se trouva fort heureux de pouvoir se réfugier dans le château de
Y cm— ,
Ce château et son bourg restèrent sous la domination des rois de k'rance.
Saint Louis y fonda et y fit construire un hôpital ou une maison- Dieu dans un lieu très aéré . il le pourvut de tout ce qui et lit nécessaire, y pl 'Ça vïngi-cinq sœurs, deux prêtres et un grand nombre de chambrières. Cette fondaliun lai cou a trente mille livres.
Ce roi affectionnait h^aucouo cet hôpital: quanl il venait a \cn«n. il allait I* visiter avant de se rtnlre au château.
La réunion de Vernon au royaume de France ne préserva [m i- le rha'eau et son bourg des désastes de la guerre.
En m ntan' sur le liônc de France, Philippe de Val i» avait frutié les espéran es des rois d'Angleterre; et ceux-ci ne pouvaient caclier Mur ressentiment contre le monarque fiançais. Apres avoir inutilement porté la pue rc en Fi ni Ire, les Aurais firent une desrentcdans là Nurmandie réunie alors à la couronne. Celte fo s tout plia devant eux : Caen fut pris; Vernon et tuiles h s ville» qui se trouvèrent sur le passige devinrent la pro'e des ilammcs. «V**** • •
I es règnes qui suivirent celui de Phi'ipne IV sont mm par de ut .m •]> - calamités. Sous le roi Jean le priuee Noir et Charl'-s le Mau»n s dé o!cnl I - province»; Charles V rétablit les a IT ires du royaume; miis, sous son successeur Ch irles VI, le mut e t à son comble ; la démence d i roi livre I > France aux factions si connues des Bourguignons et des Armagnacs; les Anglais en profitent, entrent i n France, y répandent la terreur;
et enfin, par un traité, leur roi se fait dôçlan r le IV. ii •■
il monte sur le trône, tandis que Chartes VII ne compte plus sous son auio'ilé que les pmvin es situé' s au midi de la Loire.
Cependant I * chu es ehm.erenl de face sous co reaue : les conquêtes des \n.lai> l-ur furent arrachée»; Vernon capitula et -e reinlit. On raconte que U coinc .i'Or:.in ut. go iveriifur de celle pl ce, fit pren ire rhes les terruiiers de la ville toutes 1rs vieill s clés qu d put trouver, qu'il en forma un f.iisc-au, dont il chargea le héraut envoyé vers lui > u nom du toi pour le forcer de se rendre. On (il les approches de la place; les batteries furent dnssérs : il capitula le lendemain.
Les roisonl plusi ur> fois>lonué Vernon en 8p mage aux reines Par la suite, ce cl ateau ressoi lit du bailliage de Cii-or*. qui fut, avec tontes ses dépen lances, cédé par Françuis I" à Ren France, duchesse de Fenare, et qui passa à sa fille Anne d'Est, mtlriee en secondes noces au duc de Nemours; mats Louis \ IV retira ce dimi nue îles mah s de I » famille de Nemours, et plusltur années après, donnai ti sers et ses déprn lance* en upsnage, a»cc le litre .le vicomlé, à sou pelit-lii> le du • de Heiry, qui mourut ^a'lS euf.mNcn 1711.
Avant la Révolution. Vernon avait le litre de bonne ville; elle était entourée de fortes murailles avec six portes, et de fos-és p ofon 's. On vo.vail encore dans s m château d anciennes fortifications, et surtout une tnur en p erres de taille d'une élévation et d'une uiosseur rem nquab es. C'est sans dou'.e celle qu'en i i2.t lit eoiiS'ruue Henri I", roi d'Angleterre.
Vernon se -luniiiiL d'une enlise collégide et paroissiale sons le titre de Noire-Dame^ d un collège où Ion emeiunalt les ma ni lés et la philosophie, d'une ég'ise paroissiale du litre de Sainte-Geneviève, 'l'un monastère de Saint Louis, occupé par des chanoine ses ho pilai ères de Saint- Augustin . qui gouvernaient l'Hôpital Dieu fpnde par i n 1 iu*. enlin.de plusieurs couvents des deux sexes.
Aujourd'hui, il ne reste plus à Vernon que Péglise de Notre- Dame, remarquable pour sa èonsiruclion ancienne, « l le collège Inriité par Henri IV et rebâti par le due de Penthièvreen 17/3. L'ancien chà eaude Bizy,à I extrémité méridionale du faubourg de ce nom, a été démoi. Sur son emplacement est une Jolie iiriisun de campagne, dont le pire, tres-étendu et enclos de murs, renferme de hcllcs cascades. 11 reste encore de l'enceinte dont nous venons de parler, une lotir fort élevée ou sont les archives de la vi le.
L'extérieur de Vernon offre de belles promenades; et l'une des extrémité* du pont, composé de vingt-deux arches, est ter-
minée par <leux hAlim nts lres-\asles. dont l'un, suivant de» per>onnes peu ius'ruiles, fut bâti pir Jules César.
On fuit a Vernon commerce de blé et de vin. On y trouve un oteln r de charnuiuaue et un dépôt il'urlille ie.
La ville de Veinm appartient au département de l'Kuu , arron lis«ement d'Evreux ; c'est un chef-lieu de canton, le si d'une justice de paix cl la résidence d'une brigade de gen lai merie. S i p <pulaliou est de 3,400 habitants, y compris la pai is-e île Va nnnnrt, l'un de ses faubourgs, séparé de la ville par le couis de la Seine.
glll.-callloa.
Gnillon, dit Ga»Uon-i Arehn^tu ou G«t'.ion-»ur-.Sfin*, est
un bourg situé dans une vallée a trois lieues su nord-ouest de Vernon.
Les chroniques nous apprentunt peu de chose sur l'origine de cp'liett qui, au xn* siè le. était un château ; il fut au nombre rie ceux que Riebxrd, roi d'Aog'cterre, en MOi. céda A Philippe- A uunstëi roi de Fran-e. Ce dernier en donna la tarde et la cl ftteltenle à un nommé Cadoc, en récompense do ses bons serv iees.
- us saint Louis, le domaine de OaiUon, étant revenu à la couronne, fut cède par i change aux archevêques de llouen, qui en lire it leur mai'On de campagne. L'un de ces archevêques, le cardinal G>org-> d'Ain oise, homme immensément riehe, fit, suis le régne d» Louis XII. rebâtir le château, ruin*. des l'en 1 423, par les guerres dis Anglais; I archevêque y fonda aussi un collège de chanoines pour faire l'office dans la chapelle.
l'Ius l ird, en l\78, le cardinal 'te Bourbon, aussi archevêque de llouen, qui fit de grands emhclli-semenls au château du cardinal d'.Mtib ise. fo ma le p'ojet d'établir a Gaillon une charl eu e; il commença les bâtiment», mais ne put les achever. Cette chartr. use fut, après t>in des obstacles, dédiée à Nuire- Dame «de- lionne -Espérance, et nommée, lu chartreuse de Bourbon.
Gilbert lit aussi embellir le château de Gnillon.
Le nouveau château <le Caillou, magnifique pour le temps, fut démoli pendant la llévnluliog.
M. Lepotr, ad ninistra'eur du Musée des monuments français, a rel'ré de et chà'eau, pour e Musée, plusieurs morceaux remarqu ibles de boiserie - t de sculpture ; il est mern- parvenu à en la re transporter en détail la faça le, et a la rétablir dans la première cour du Musée, où on la voit encore.
I i ehapèfie était regardée comme un ch.t'-d œuvre de l'architecture du xV siècle'.
Gaillon est aujourd'hui un simple village dans une situation tics ;r£'éable qui appartient à l'arron Jis>cment de Louviers; sa population est de i , habitant*.
% SS/.— r«c?-»iir I ure
pacv est une petite ville agréablement s<tnée jnir la rivière d Ivire rt sur la grand • mur il ■ Paris a Caen. à quatre lieues a Test d'Evreux, et à dix-huit lieues au nord-ouest de Paris [vingt-d uv li •tics de poste).
Pacy é ail du nombre des châteaux que Richard, roi d'Angleterre^ en t (90 céda au roi de France Philippe- Auguste. Ce i. comme lous ceux de cette épo pje, était accompagné d'un bourg quiu'agran lit a mesure que le régime féodal s affaiblissait. Ce bourg acquit bientôt le caractère de Mlle. On sait qu ■ Pa y é ait considérable du temps des eomles PEvreui de la maison de Normandie ' ; il était alors environne de h mues muraille* et de fossés p>ofonls, el avait un château bien bastiouué entoure nus i de fossés.
Dans les dernières guerres qui signalèrent l'époque de la rivalité de la France et de l'Angleterre, Pacv fui, pendant la. nuit, surprise par le< \ii-l us au moyen de grande» échelles de cordes : ees étrangers massacrèrent impitoyablement toul ce qu'ils purent rencontrer, et firent un pillage universel dans la \jilc, sans respecté! même les église».
Pacv avait, avant la Révolution, une église pxroissiale sous l'invocation d.Ctaipt Aubin, ave * deux autres églises : l'une île l'hopFl iLilaiisfeiK-eiiitedel iquelle était la Maison-de- Ville** autre d'une abbaye de bénédictins. Cette abbaye fut fondée vers le
' Vny. Ubuttcur, UUtoit» du amli 4 Bw**x, f. IT.
' Va) et plut bai l'wOcl* £»r«<ur, ebaa. K.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
commencement du xvn' s èolc par une dame d'Albret, rellgiMM do l'abbaye de Saint-Sauveur d Evreux.
Aujourd'hui, Pacv < st unr ville peu considérable, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Evreux, siège d'une justice de |>alx et rés'denee d'une brigade de gendarmerie. Elle a trois foires pnr an : la première a lieu le i" mars, la seconde, le 2U juin, et la troisième, le 2 novembre. Celte dernière est considérable en rhe» aux et ru bestiaux de toute espèce, l.a population de Pacy est de l.aOt habitants, y compris l'ancienne parols:e de l'accl.
Dans les environs de Pncy" sont les lieux iulvant* , qui méritent une mention particulière :
Cothtrtt, \illage situé à deux lieues au nord-ouest de Pacy, sur la route d'Evreux a Venion :
Cailloutt, autre village peu impu tant, presque à la même distance a l'ouest ; •
Hmurt. à une lieue et demie au sud-est.
Hrtuil -iît Brruil-Pont, à peu près dans la même direction, mais un p< u plus loin de Pacy ;
Eni'ui, Viltitrt tn-Detrvrtt, bour^ considérable aussi au sudest et a deux lieues et demie de Pacy, avec le château de llttllot, dont le parc, de 20 arpents, est traversé en tous sens par de belles avenues. Il se lient tous les mis dans ce bourg une foiii' qui consiste principalement eu bestiaux. Su population est d'environ 400 habitants.