‹ Histoire pittoresque des voyages dans les cinq parties du mondeChapitre 11 sur 22 · NOUVELLE -GRENADE · texte numérisé non relu

NOUVELLE -GRENADE

Les côtes septentrionales cl orientales do la Nouvelle-Grenade furenl reef nues de bonne heure comme faisant partie (Fun vaste continent, ce qui * lut à ce pays le nom de Ticrra-Firme ( Terre-Ferme }, qu'il a conserve long-temps, et qui comprit d'abord la plupart des provinces de PistUB)* Panama. Le pays voisin au sud reçut le nom de Castille-d'Or.

L'histoire des découvertes et celle de la conquête du Pérou appreni""1 comment les Espagnols s'emparèrent des eûtes baignées par la nier des <-,:l' raïbes , cl comment dans l'intérieur ils se rendirent maîtres de Quito. Le Paî' voisin de Sanla-Fé était habité par un peuple qui avait fait dans la civilisât*' d'aussi grands progrès que les Mexicains et les Péruviens. Ce pays porta** nom deCondinamarca. Belalcazar, qui avait conquis le royaume de Quito* 1338 , joignit ses 1 roupes à celles de Quesada , autre capitaine espagnol , 1}I)I marcher contre Condinaniarca. Les habitants se défendirent avec le coiiraS et la résolution d'hommes qui savaient apprécier le bienfait de l'indépeno* ce. Les armes à feu et la discipline des Espagnols triomphèrent de la val<? des Américains. Leur capitale fut emportée en 1S36. Quésada fonda sui"s emplacement (avilie de Santa-Fé de Bogota.

L'intérieur de l'isthme contient peu d'habitants indigènes. C'est (\i\ <#* la mer des Caraïbes, surtout aux bords des rivières, qu'on en voit le lJ'

lus

grand nombre. Ceux de la côte du sud , qui n'ont pas été détruits par lfiS ' mes, ont mieux aimé se retirer vers les pays plus méridionaux que "e . soumettre au joug espagnol. Cependant il n'y a point de partie de risthi»6 l'on ne trouve des Américains dispersés, et leurs usages, différant peu de des autres provinces de Tierra- Firme, peuvent être compris tous soi même article.

La taille ordinaire des hommes est entre cinq ou six pieds ; ils sont et bien proportionnés. La plupart ont les os fort gros et la poîlrii

dfoi« largôi

s ion gros bi i.i |iuiM««~ ^j

on ne leur remarque jamais aucune apparence de difformité naturelle : ^ tes a fait accuser d'abord par quelques voyageurs de se défaire de le«rs cl1

— 30fl - '"Qu'ils naissent avec quelques défauts ; maïs depuis qu'on les connaît , œUo lai'narie n'a pas été prouvée. Ils sont souples , vifs et fort légers à la course. es femmes sont petites et épaisses , grasses dès leur jeunesse , mais bien gâtes «06 leur embonpoint, qui n'ôte rien à la beauté de leur taille ; elles ont l'œil "et le regard agréable. En général, les deux sexes ont le visage rond, le neï court et écrasé, les yeux gros et fort brillants, quoique gris; le front élee > 'es dents blanches et bien rangées , les lèvres lines , la bouche petite et le menton bien formé.

''s ont tous les cheveux noirs , très forts, et si longs qu'ils leur descendent fjlhaireraent jusqu'au milieu du dos. Les femmes se les attachent avec un °f don sur la nuque du cou , et les hommes les laissent pendre de toute leur ""gueiir. Les deux sexes ont, pour se peigner, un instrument de bois, com- ^ de plusieurs petits bâtons longs de cinq à six pouces , et pointus des deux ^s, comme les bâtons de nos gantiers : ils en lient dix ou douze ensemble ™ le milieu, et les extrémités s'écartant avec les doigts, chaque bout leur J*L de poigne. On juge du plaisir qu'ils prennent à se peigner par le temps , u jJs y emploient ; c'est un exercice qu'ils répètent plusieurs fois le jour. Mais s'arraclienl ta barbe et tout autre poil, à la réserve des paupières et des ^'"'cils. Cette opération est le partage des femmes : elles prennent les poils fntre deux pet-lts bâtons et les arrachent fort adroitement. Les hommes se

taissi couper les cheveux dans quelques occasions, telles qu'une victoire

'' quelque ennemi qu'ils ont tué de leur propre main. Us y ajoutent une lr(! marque d'honneur, qui est de se peindre tout le corps de noir. Un "ninu; noirci et sans cheveux passe entre eux pour un héros ; mais ce glo- ''-'ll* état ne dure que depuis le jour de l'exploit jusqu'à la première lune , '■' vainqueur serait déshonoré s'il ne taisait pas disparaître aussitôt sa noirr cl s'il no laissait pas croître ses cheveux.

*ur teint naturel est couleur de cuivre clair ou d'orange sèche; leurs

rcils ont la noirceur du jais : ils ne les teignent point, maïs ils se lès frot-

^ l> comme leurs cheveux , avec une sorte d'huile qui les rend fort luisants.

^'"frr, Zapate et d'autres voyageurs parlent d'une race d'Américains blanc* ,

^lestent tous ceux qui ont fait le voyage de l'isthme. Ce sont dos albinos:

„ Peau n'est pas d'un blanc de carnation comme celle des européens;

* Plutôt un blanc de lait, et , ce qu'il y a de plus surprenant, c'est qu'ils

le corps tout couvert d'un duvet de la môme blancheur, et si lin qu'il

^ ^Peehe point de voir la peau. Les hommes auraient la barbe blanche s'ils

I usaient croître. Ils se l'arrachent; mais jamais ils n'entreprennent d'ôter

c| Uvet. Ils ont les sourcils et les cheveux aussi blancs que la peau, et leurs

0ux, longs de sept à huit pouces, paraissent frisés. Ils ont la vue sj

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bonne pendant la nuit, qu'ils disiingneut un objet de forl loin. Aussi lefl* (loniio-l-ou dans le pays un nom qui siguîUe yeux de la Unie. Leurs yeux soi» iron faibles pour soutenir la lumière du soleil, et l'eau qui en dégoutte sa"s rcesse les oblige de se tenir renfermés dans leurs maisons, d'où ils nesorWfj qu'à la lin du jour. Us ne sont pas si robustes que les autres Américains , nj capables d'aucun exercice violent. Cependant, lorsque la nuit approche, lls renoncent à leur indolence pour aller courir dans les bois. On vante be;1"' coup leur légèreté. Si les hommes couleur de cuivre font peu de cas d'eu*> ils rendent le change à ceux qui les méprisent; ce qui n'empèelie point quC les deux races n'aient quelquefois des communications fort intimes. Wafferï» un fruit de ce commerce.

Tous les habitants de cette contrée aiment à se peindre le corps de divers"* ligures, et 11'atlendenl pas même que leurs enfants soient en état de march» pour les parer de cet ornement. Ils se font dessiner sur toutes les parti*"3» principalement sur le visage, des oiseaux, des hommes et des arbres. C'« de leurs femmes qu'ils reçoivent ce service. Les couleurs qu'elles emploi6*' sont le rouge, le jaune et le bleu, délayés avec une sorte d'huile, dont eU6* ont toujours une provision. Elles ont des pinceaux qui leur servent à tra<#r des ligures sur la peau. Celte peinture se soutient pendant quelques semai*)8* et ne demande que d'être rafraîchie lorsqu'elle commence à se ternir. Waff" ' dans une occasion dangereuse, ne fit pas difficulté de se laisser peindre a ' manière des Américains, pour se concilier leur amitié. Nous transcrirons ' une partie de sa relation, qui joint à l'intérêt des événements quelques de13' curieux sur les propriétés du pays , et les divers usages des habitants.

Aventures de Waffer.

Waffer, chirurgien de profession , et du nombre des aventuriers qui »«■**

suivi le pirate Sliap dans ta mer du Sud, jugea, comme Dampicr et quelq,|,s autres de leurs compagnons, qu'il valait mieux repasser l'isthme au H'^''1' de nulle dangers , que de demeurer sous la conduite d'un chef auquel ils D* valent pas reconnu plus de capacité que de courage. Après quelques jour8 marche, un accident fâcheux fut pour lui le prélude de beaucoup d'inforW*1*1 mais on regretterait de ne les pas lire dans le récit même du voyageur.

i C'était , dit-il , le S mai 1687, : j'étais assis sur la terre , près d'un de " Anglais , qui faisait sécher de la poudre à canon sur une assiette d'argent s'entendait si mal à manier la poudre, que le feu y prit , et me brûla & $ r nou jusqu'à me découvrir l'os. J'y appliquai aussitôt des remèdes , et , ïlC * lant pas demeurer derrière mes compagnons , je les suivis pendant deux jo

— 311 «, ' voc de vives douleurs. Mais nos esclaves s'enfuirent après nous avoir volés , i le nègre qui me servait ayant emporté mes drogues avec mes bardes , je f vis privé des secours nécessaires à ma plaie. Mon mal augmenta , et me 111 bientôt dans l'impuissance tic suivre les autres. Nous avions déjà perdu eixde nos compagnons, Robert Sprallin et Guillaume Bowman , qui nous Vai(-'iit quittés. Toute la compagnie était si fatiguée que , pour s'encourager * uis les autres , on régla que ceux qui ne pourraient continuer la route se- 1Gl>tlués sans pitié, dans la crainte que, s'ils tombaient entre les mains des r^gnolsjon ne leur arrachât, par des supplices, le secret de noire marche. a's celte rigoureuse ordonnance ne fat point exécutée, et l'on se contenta de ^andonner à la merci des sauvages , avec M. Gobson , et Jean Hington , ^ot, qui avait succombé, comme moi, à la fatigue du chemin. " Quelques Américains, dont nous nous vîmes forcés d'implorer le secours, Reprirent de guérir ma plaie. Ils mâchèrent diverses herbes , dont ils firent ^ espèce de pâle , qu'ils étendirent sur une feuille de bananier, et ce cata- Sh|fî fut appliqué sur le mal. Dans l'espace de. deux jours, je me trouvai ', '"''''Se. Mais si nos hôtes avaient marqué de l'humanité sur ce point , nous %s pCu satisfaits des aliments que nous recevions d'eux. Ils ne nous faisaient lriflger que des bananes vertes. Cependant un jeune Américain se dérobait '"''''[tielbis à la vue des autres pour nous en donner de mûres. II avait été I s 'tans son enfance par les Espagnols , avec lesquels il avait demeuré assez "S'tomps pour apprendre leur langue, et l'amour de sa famille lui avait fait °'iver le moyen de se sauver de leurs mains. Comme nous savions un peu ^Pagnol et quelques mots de sa langue , que nous avions appris en nous 'ndant de la mer du Nord à celle du Sud , il n'eut pas de peine à nous faire endre que ses compatriotes n'étaient pas aussi méchants que nous pouvions ,ls l'imaginer, et que, s'ils nous traitaient avec un peu de rigueur, c'était "ons punir d'avoir enlevé plusieurs habitants dans noire premier pasavoir forcés de nous servir de guides pendant les pluies. En ef- ' lc>iir vengeance n'alla point jusqu'à les faire cesser de panser ma plaie avec " dénies herbes, et ce remède me guérissait à vue d'oeil.

J'elais en état de me promener, lorsque Sprallin et Bowman , qui nous

le»t laissés , nous surprirent agréablement par leur arrivée. Ils nous dirent

' rebutés de marcher sans guides au travers des bois, et de ne subsistei

a, ''''quelques bananes que le hasard leur faisait rencontrer, ils s'étaient

aminés à prendre un chemin qu'ils avaient reconnu, au risque de tous les

(|.' 'Vl|is traitements qu'ils pouvaient craindre des Américains. Je leur répon-

'Tti'ils ne devaient pas espérer d'être mieux traités que nous, et que leur

wm.e, non plus que la noire, n'était pas en sArelé, parce qu'un pt'avail

Pour S et il

pas encore ou de nouvelles des guides que nos Anglais avaient enlcvu* En elièl , ions les habitants du canton , ne voyant pas revenir leurs amis a)"'1 ■ avoir aUendu long-temps leur retour, perdirent enfin patience , et tinrent pi"' sieurs fois conseil sur la vengeance qu'ils devaient tirer de nous. Les mis pT° posaient de nous ùter la vie, les autres de nous garder parmi eux, et d'au"0 enfin de nous livrer aux Espagnols , dont ils connaissaient la haine pour n°u ' Mais comme ils ne les haïssaient pas moins , ce dernier avis fui rejeté , ?l L résultat de leurs délibérations fut de nous accorder encore dix jours , ap^ lesquels ils résolurent de nous brûler vifs si leurs amis ne reparaissaient P1 Notre perle nous parut, certaine , car, neuf jours s'ëlant écoulés sans qu'ils6 tendissent parler des guides, ils ne doutèrent point que nos compagnons i les eussent assassinés , et le bûcher fut préparé pour le jour suivant. Ils o vaient rallumer après le coucher du soleil , et nous y jeter aussitôt. Heure sèment leur chef, nommé Laccnta , fut informé de leur résolution , et les uL tourna de cette cruauté. 11 leur conseilla de nous faire descendre vers la cu avec deux Américains, qui s'informeraient du sort des autres. Cet avis approuvé. On nous accorda deux hommes, avec lesquels nous nous in"Ti joyeusement eu chemin, parce que nous étions persuadés que nos comP gnons n'avaient fait aucun mal à leurs guides.

« Pendant trois jours nous ne fîmes que traverser des marais boiirltf avec une pluie continuelle. Il fallut passer les deux premières nuits sou8 arbres , dont chaque feuille était un ruisseau qui coulait sur nous , et la

'ème sur une petite montagne , que la grande quantité d'eau dont nous

noû8

r la re-

vîmes environnés le lendemain nous fit prendre pour une ile. Nos provis' de vivres , qui n'étaient qu'une poignée de maïs , furent consommées troisième jour. Alors les deux Américains, aussi pressés que nous par prirent le parti de nous abandonner. .

» Nous demeurâmes dans un mortel embarras. La pluie cessa le jour .^ vant, et, les eaux n'ayant pas tardé à s'écouler, nous marchâmes du côte nord jusqu'au bord d'une rivière très profonde , et large d'environ qilli,a

[■an» "

pieds. Il était six heures du malin : nous aperçûmes sur la rive un g'"11 bre qui paraissait avoir été nouvellement abattu à coups de hache, et r selcndant d'un bord delà rivière à l'autre, formait une espèce de P°nti(ïUï la traverser. Nous jugeantes que c'était l'ouvrage de nos compagnons

du moins ils avaient suivi celle roule. Noire première résolution fut de P' ^ la rivière, et de marcher sur leurs traces. Nous passâmes à la file sur flB,*Tà que les pluies avaient rendu si glissant , que nous eûmes beaucoup de P j nous soutenir; mais en vain cherchâmes-nous quelques vestiges de ce" ^. nous avaient précédés; la lerre était couverte de boue, cl tout ïnoi"'

lir.,i"""S r''"'Vs' N""s n™ f"mre ',K moins r"IT,'s t,e Paisn' h «* *>■» «0 > et le lendemain nous repassâmes la rivière pour suivre son cours , nui w paraissait descendre vers la mer du Nord. Nous cèmes à traverser jusa '" R" lllL i01"' <|K Ws de grands roseaux el de ronces. Le soir nous nous

l "ï ,1); s diUM un accablement de fatigue et de faim auquel nous aurions in-

"'Memcnl succombé, si le Ciel , qui veillait à

"'mi

i noire vie, ne nous dit fait dé-

' Wir un maca ou cocotier du Brésil chargé do fruits : nous en mangeâmes '«nuit, et nous en limes une provision qui nous donna de meilleures Perances pour le jour suivant.

■ Après avoir marché depuis le lever du soleil, nous arrivâmes, vers

Te heures après midi , sur le bord d'une autre rivière, qui recevait celle

J™ nous avions suivi la rive. Comme elle paraissait couler aussi vers le

™ . nous résolûmes de faire deux radeaux pour la descendre. Les grands ro-

■*■» que nous avions autour de nous favorisaient ce dessein. Nous en cou-

*« quelques uns, et, les laissant dans toute leur longueur, nous les liantes

omble avec des branches de divers arbrisseaux. La nuit nous surprit avant

n de notre travail; mais, les fruits ne nous manquant point encore, nous

urnes notre logement sur une petite éminence couverte d'arbres d'une

^"'Bieuse grosseur. Il nous fut aisé de ramasser assez de bois pour allu-

Sii.r.,ilL r°"' et nollS commcncions à nous endormir tranquillement lorsqu'il

f Vl|it un si furieux orage que le ciel et la terre semblaient prêts à se con-

"''e. La pluie fut accompagnée de tonnerres et d'éclairs avec une odeur de

(l ' 'e dont nous nous sentîmes presque étonnes. Bientôt nous entendîmes

lu l°"lc' |,iu'1 l'effroyable bruit des eaux qui roulaient avec la dernière impé-

. "e , et la lumière des éclairs nous fit apercevoir qu'elles commençaient a

n "s entourer. En moins d'une demi-heure elles emportèrent le bois qu«

totej avioils al'umé. Nous ne pensâmes alors qu'à la fuite, et chacun chercha

f,a qilc orl're SIM' lequel il ptit monter; mais, la colline n'en avant que de fort

''««I M PrestI"e slms auc"n0 branche, il fallut renoncer à cet espoir. J'eus le

'loi 6Ur den rencontreF un °.ui était creux d'un côté, avec une ouverture à

H, °.U (matre P'eds de terre. J'y entrai, et je m'assis sur un nœud qui s'y

H. '"'■ Là , [n'abandonnant aux plus tristes réflexions , j'attendis le jour avec

■'loi ouvements que je ne puis représenter, dans la crainte continuelle que

|h,^ '"i'iv n'eut le sort de plusieurs autres, qui étaient emportés par la vio-

hli ' "es eaux , et dont le choc me faisait trembler. Enfin j'aperçus les pre-

l:i ij8.'"'10"8 ''" jour, et je sentis renaître la joie dans mon cœur. En effet,

L™1» et les éclairs

■"»■ Je s

W, ","' el lcs éclairs cessèrent, les eaux s'écoulèrent assez, vite , et le soleil se

ilnV s'"'lis alors de ma retraite pour chercher l'endroit où nous avions fait 'eu a ... .

; mais

i dans l'espérance d'y retrouver quelqu'un de mes compagnons;

je ne vis personne, elles échos seuls répondirent au\ cris que je poussai pots

les appeler. Ma douleur devint si vive que j'enviai le sort de ceux que jc croyais entraînés par la fureur des eau* , et , dans cet accès de désespoir, J(! me laissai tomber par terre comme mort. Cependant Gobson et les trois a11' 1res, qui avaient aussi trouvé leur salut dans des arbres creux, et qui c,] avaient été quittes pour les mêmes alarmes, vinrent me joindre et me rapp(> 1er à la vie. Nous nous embrassâmes, les larmes aux yeux, en remerciant" Ciel de notre conservation. Nos raisonnements sur l'inondation nous uftfj' conclure que, pendant les grandes pluies, la pente des montagnes forma'' des torrents qui grossissaient aussitôt les rivières, et que, par la même l'al' son, l'eau n'était pas long-temps à disparaître.

* Nous cherchâmes nos radeaux, que nous avions attachés sur la rive #> tronc d'un arbre : ils étaient enfoncés dans la boue et remplis: ce qui n0"S fil reconnaître que nous les avions mal construits, car le roseau creuX & soutient ordinairement sur l'eau. Ce nouveau chagrin nous ôta l'envie d'cl1 faire d'autres pour descendre la rivière, et nous résolûmes, à toutes sor'(>s de risques, de retourner chez les Américains. Quelles grâces ne rendlC8*nous pas au Ciel de nous avoir inspiré cette résolution , lorsque nous app"'11^ ensuite que la rivière allait se jeter dans celle de Chéapo, et que nous serio'1*' par conséquent, tombés au milieu des Espagnols, dont nous ne devions a tendre aucun quartier! Nous reprîmes donc le chemin par lequel noiiséti0 venus. Comme notre unique nourriture, depuis sept jours, était le frnft maca, et la moelle d'un arbre que les habitants nomment bëihles, la '"' nous faisait chercher des yeux tout ce qui pouvait être propre à la souI*fr ' Nous aperçûmes un daim qui dormait. Un de nos compagnons, détaché P° le tuer, s'en approcha de fort près; mais, en tirant, un faux pas lui fit ^ quer son coup : l'animal, éveillé par le bruit, s'éloigna 'légèrement. D;lllS ' dessein de chercher les habitations, il fallait s'écarter de la rivière, et c<3' nécessité nous exposait à nous égarer. Heureusement la trace d'un Ve& nous conduisit vers une plantation. Avant de nous montrer aux habit*11'^, dont nous appréhendions d'être mal reçus, nous nous arrêtâmes pour >e"| conseil. On résolut d'envoyer vers eux un seul homme, qui serait tiré au s" ' el d'attendre l'événement. Le sort tomba sur moi-même, qui avais pr°P celle ouverture , el j'allai trouver les Américains avec assez d'inquiet»'1" ' le traitement que j'en recevrais. Mais elle fut bientôt dissipée par leur atfj1 Ils m'offrirent leurs meilleurs aliments, et n'eurent pas plus tôt appris1 ^ barras de mes compagnons, qu'ils leur envoyèrent le jeune homme dont 0 ^ avions éprouvé l'amitié, et il les amena. Nous sûmes de lui la cause o |( heurCHi changement. Les guides étaient revenus, et se louaient fofl (

j**pc anglaise, <|iii leur avail rail oublier, pai ses enresses ei ses présents, 11 Wolcnee qu'ils avaient d'abord essuyée.

" "ons primes six ou sept jours de repos dans cette plantation , après quoi

| "Patience de nous approcher île la nier du Nord nous remit en marche.

Américains , remplis alors de lionne volonlé , nous donnèrent pour guides

Wtre jeunes hommes robustes, qui marchèrent volonlaireinenl devant

wlls- Us nous menèrent en on jour au bord de la rivière, où nous en avions

Irois a nous rendre. Nous y trouvâmes un canot, sur lequel ils nous

M embarquer ; mais ce Tut contre le courant qu'ils ramèrent jusqu'au soir.

entrée de la n ils nous mirent à terre, pour nous faire loger dans une

? «ne. Le lendemain nous partîmes avec deui non veaux rameurs , qui s'of- ''"U pour soulager les premiers. En six jours , ils nous rendirent au pied

J*16 8™ habitation qui était la demeure cl comme le château de Laccnla ,

mémo cacique à qui nous avions obligation de la vie.

• Elle occupe le sommet d'une petite montagne sur laquelle il se trouve des

' f« dont le tronc a depuis six jusqu'à dis et onze pieds de diamètre, avec

belle allée de bananiers et un fort joli bocage. Ce lieu serait des plus

! W'-'liles du monde si l'art y avait secondé la nature. Dans sa circonférence

, Wontagne contient environ cent arpents. C'est une péninsule de formé

I a|e, presque environnée de deux grandes rivières, dont l'une vient de l'est,

'"U'o du côté opposé, et qui ne sont pas éloignées entre elles de plus dé

•tante pieds. Celle langue de terre, seul chemin qui conduit au château,

tellement embarrassée de roseaux cl de diverses sortes d'arbrisseaux'

'elle parait impénétrable à ceux qui n'y sont pas reçus volontairement!

BU dans ce lieu que Lacenta faisaitsa demeure avec cinquante de ses prin-

,,<''""■ sujets. Tous les sauvages de la cote du nord, et ceux qui touchent à

"Ho vers le sud, ne reconnaissaient pas d'autre souverain. !* Aussitôt que nous eûmes quitté notre canot , il renvoya nos guides à habitations. H nous oll'rit un logement pour attendre une saison plus Mi. «ode, en nous représentant que celle des pluies avail rompu les cho- ||(i ■■ et nous éprouvâmes avec joie que ces peuples savent observer les lois i.'spilalité. Un incident fort simple augmenta la bonne opinion qu'ils „ M conçue de nous sur le témoignage de nos guides, et me mil tout

,U «up dans une haute réputation. Une des femmes du eae avail h

k- oldeva.tclrc saignée. Colle opération est fort singulière parmi les faa-

Kerrè l'1,lhmo- Hle su fail ™ PuW'Oi le malade se tient assis sur

^ . tout nu, devant un homme armé d'un fort petit arc, qui lui lire sur

1^" ''s bailies du corps de 1res petites llècbes avec une promplil.i.lc sur-

' 'le. Les llècbes sont arrêtées par un petii cercle de lil qui les empêche

(le pénétrer trop. On les retire ensuite avec la même vitesse. Si par basai1* elles ont percé quelque veine , et que le sang paraisse sortir goutte à goutw ■ les spectateurs applaudissent à l'habileté du chirurgien, et marquent W| joie par des saute cl par des cris. Les ridicules apprêts que je vis faire pou saigner lu femme du cacique me portèrent à lui offrir mes services. Il parU curieux d'apprendre comment la saignée se faisait en Europe. Je tirai de a'3 poche une boîte d'instruments, seul bien que mon nègre ne m'avait point e'1' levé; je fis une bande d'écorce d'arbre dont je liai le bras de la femme, et J lui ouvris la veine avec ma lancette. Je m'attendais à des félicitations sur W1 méthode si prompte; mais Laconla, voyant sortir le sang avec violence, Ju* gea que j'avais blessé sa femme , et devint si furieux , qu'il prit sa lance pûl1 m'en frapper. Cependant la tranquillité avec laquelle je reçus ses menace' en lui offrant ma vie pour caution du succès , me lit obtenir la liberté de fin' ' Je tirai à la malade environ douze onces de sang, et la lièvre la quitta dès lendemain. Un événement si nouveau pour les Américains m'attira d<"lp toutes sortes d'honneurs, te cacique parut à leur tète , se baissa devant i"0 et me baisa la main avant que je pusse l'empêcher. Tous les autres m'embi1^ serait les genoux , et me mirent ensuite dans un hamac , où ils nie porté'6 comme en triomphe sur leurs épatdes.

» Ma faveur n'ayant fait qu'augmenter par les services que je continua1 leur rendre, Lacenta me menait souvent à la chasse , qui était une de ses p fortes passions. Je l'accompagnai une fois vers ses étals du sud , et nous Pa sâmes près d'une rivière d'où les Espagnols tirent de l'or. Je la pris pouf " de celles qui viennent du sud-est , et qui vont se décharger dans le gol» ( . Saint-Michel. Nous aperçûmes quelques Espagnols qui travaillaient, c"1°,1 étant glissés aussitôt dans un bois voisin , la curiosité nous y fît observa quelle manière ils tirent l'or, lis ont de petites gamelles qu'ils enfoncent'1'1 l'eau , et qu'ils retirent pleines d'eau et de sable. Ils secouent la ganicl'^ ■ sable s'élève de lui-même au dessus de l'eau, et l'or qui s'y trouve mêle meure au fond ; après quoi ils font sécher l'or au soleil , et pour achever * . séparer du sable, ils broientles parties sèches dans un mortier; ensuite <W étendent sur du papier; ils passent une pierre d'aimant par dessus, aplJ!irt ' .„, ment pour les nettoyer, et, sans autre préparation, ils les mettent da°s calebasses. Ce travail ne se fait qu'en été et ne dure que trois mois. La riV> qui n'a pas alors plus d'un pied de profondeur , est inaccessible dans le v. ;i des pluies. Tout l'or qu'on a recueilli pendant la belle saison est traii*!11" .^ Sainte-Marie, dans de petits bâtiments; et lorsque nous primes cette avec le capitaine Sharp, nous y en trouvâmes plus de trente mille marcs*

v Pendant noire voyage, je pris occasion du mauvais succès de l» c '

£' l'offre

était de me retenir auprès de lui ; mais il ne put résisquejelutfis de lui amener quelques beaux chiens de mon pays,

permettait d'y retourner pour quelques mois. Cependant il i ni CfllC 8''àCe qlla,"*s m'a™ir fail Promettre que je reviendrais

«ordj

( w l'année, et que j'épouserais une de ses sœurs. Je lis ce serinent sans

f^°»e ma conscience Tort engagée. Il me congédia dès le lendemain, sous

rte de sept jeunes Américains. J'étais nu comme euv , et j'avais consenti,

.,^r leur plaire, à me laisser peindre le corps par leurs femmes. Cependant

*« conservé mon haliil pour me présenter avee plus do décence aux prod( rs Européens que je pouvais rencontrer. Lacenta chargea quatre femmes S;iiii'l'"S|X"'lor œ Pclil équipage avec mes provisions, et me dit, en m'embras- |,v ' 'l"0.ic serais surpris, à mon retour , de tout ce qu'il voulait faire en ma '«n"''' <-)"'"zc '0I"'S do 1Tll"'cllc "le firent arriver à son habitation , où nies ll( Menons apprirent avec des transports de joie que j'avais obtenu leur li-

' Cl la mienne. Je pris quelques jours de repos, après lesquels nous nous i». eS.™ 'mrdK TCrs la moi' du Nord , escortés par un grand nombre d'A-

lcains bien armés.

^ "s nous menèrent par des chemins très rudes et par de si hautes monta- Li ' 1uil y on eut une où nous eûmes besoin de quatre jours entiers pour . vCr au sommet. Fn v arrivant . ie fus nris H'nn êf/iitmlÏBaaivti

Mus

sommet. En y arrivant , je fus pris d'un étourdissement de tête que

devoir attribuer a 1'exLrèmc subtilité de l'air. Elle me parut beaucoup

élevée que celles dont Dampier a donné la description, et que nous avions

. -Jces ensemble, sous le capitaine Sliap. La cime de toutes les autres V[i[., '1" dessus de nous, et souvent des nuées épaisses nous empêchaient de tefo lerres l)asses I1" "0,1S environnaient. Nous n'eûmes pas moins de j0(J, , a descendre de cette étrange hauteur; mais en descendant, mon cerveau

( ^ageait par degrés des vapeurs qui m'avaient étourdi. Hlgp 0lls Couvâmes au pied de la montagne une rivière qui coulait vers 1

^% fi" ' *>our le reP0S rfe la nmt ' 5u'un namac suspendu entre deux arbres , (le u Peu de maïs pour unique nourriture. Nous arrivâmes bientôt au bord toys I"°r> 0u nouS mmes surPris de rencontrer quarante des principaux du 'Ih'u ' <1"i nous félicitèrent sur le succès de notre voyage. Nous ignorions ifij. ,e "ûs guides avait été détaché pour les informer de noire arrivée. Ies (;ll'<iiius comme les Américains des montagnes, ils avaient de fiwtbcl- '■!i,v'"'s hanches et bordées de franges, qui leur descendaient jusqu'à la e du pied. Chacun élaïl armé d'ime demî-pique. Leurs caresses furent

1 Nord , et quelques maisons sur ses rives. Nous y reçûmes un accueil s lit oublier six jours d'une cruelle fatigue , pendant lesquels nous n'a-

vives. Nous leur demandâmes s'ils n'avaient pas vu quelques vaisseaux^ l'Europe; ils répondirent qu'il n'y en avait point sur la eùie, mais que, si fl0"

souhaitions d'être mieux instruits , il était aisé de nous satisfaire.

» Us firent appeler aussitôt, quelques uns de leurs devins. II en vint trois «u quatre , auxquels on n'eut pas plus tôt déclaré ce qu'on attendait d'eux , q"'1 firent des préparatifs pour leur conjuration. Ils commencèrent par se reflf^ mer dans une partie de la cabane où nous étions , pour y faire plus librem6" leurs cérémonies , et si nous n'eûmes pas le plaisir de les voir, nous eûmes (l" moins celui de les entendre. Tantôt ils poussaient de grands cris en cobIi**T sanl ceux de divers animaux, tantôt c'étaient des pierres et des coquilles il11 "' faisaient heurter les unes contre les autres. Us joignaient ;'i ce bruit K' *'"' d'une espèce de tambour, et d'un autre instrument composé de cordes et (l * debètes. D'effroyables hurlements succédaient par intervalles, et, de temps"; temps , toute celte infernale musique était interrompue par le plus profond * lence. La conjuration av;tit duré déjà plus d'une heure, lorsque les devins, S«j* pris de ne recevoir aucune réponse , conclurent que le silence de leur dî"1^ venait de notre présence dans la même maison. Ils nous obligèrent d'eu s°r tir, et l'opération fut recommencée. Le succès n'en étant pas plus Iieiii'etfI' une nouvelle recherche dans la cabane leur lit découvrir quelques unes * "'"' hardes pendues au mur: ils les jetèrent brusquement dehors. Alors rien " supposant plus à leurs désirs , ils parurent satisfaits , et nous les vîmes bi**J tôt sortir de leur retraite, en sueur et fort agités. Ils allèrent d'abord se l^1'' dans la rivière; ensuite, venant à nous, ils nous dirent qu'avant dix j"!"- ' arriverait deux vaisseaux ; que nous entendrions tirer deux coups de c;""-11' et qu'un de nos compagnons perdrait la vie. En effet, le malin du diti''"" jour nous entendîmes les deux coups, et nous découvrîmes deux vaiss^ qui s'arrêtèrent à la caye de la Sonde. Notre impatience nous lit entrer *"' le-champdaiisuncaimt, pour nous rendre au quai. En traversant la b<ir''('| lie canot se renversa , et M. Gobson tomba dans l'eau. Nous n'eûmes P» J* de peine à l'en tirer ; mais enlin , l'ayant repris à bord , nous espérâmes ^ la prédiction no s'accomplirait pas sur lui. Cependant il avait avalé tanl #<#*! qu'après avoir langui trois ou quatre jours , tous nos soins ne purent T** cher de mourir à la caye de la Sonde.

i Nous nous approchâmes des deux vaisseaux. C'était une felou1"e 5 glaise, avec une tartane espagnole', que les Anglais avaient enlevée d< . quelques jours. La forme de la tartane nous enraya, et ne causa pas *J d'épouvante à quelques Américains qui nous accompagnaient. Ils regai''^ les Espagnols comme leurs plus grands ennemis; mais quoique nous nj crussions pas moins les nôtres, et que nous ignorassions encore loi"1'1 '

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"* bâtiments était soumis à l'autre , nous eûmes l'audace de nous avanr Jusqu'au vaisseau anglais, où nous reconnûmes Dampier et plusieurs de sanciens compagnons. lis nous reçurent avec des transports de joie. Je fus seul qu'ils ne reconnurent pas tout d'un coup. Comme j'étais peint à la mafe des Américains et nu comme eux , à la réserve de mon haut de chausse, e j'avais repris après avoir quitté Lacenla, je voulus me donner le plaisir J l'oir sj J1|(,s ancjens amjs me reconnaîtraient dans ce déguisement, et je . 8 l'i posture ordinaire des naturels du pays , qui est de se tenir assis sur les s,r'!ls. On fut plus d'une heure à me considérer, sans pouvoir se rappeler qui fj^s. Enfin, quelqu'un s'écria : « Eh ! c'est noire docteur Waffer,

HiÛtnc

l'if-,.

; et tout le inonde ouvrit aussitôt les yeux. Je nie lavai , je n'épargnai

i Pour effacer les traces de ma peinture; mais le soleil les avait scellées de-

Bj long-temps, que je ne pus les ùter tout à fait qu'avec une partie de ma

Costumes. OmcineiiU. HuLilnliw

lorsque les habitants de l'isthme doivent partir pour la guerre, ils se pei- . ';'"■ le visage de rouge , les épaules et l'estomac de noir, et le reste du corps

Hle, Hqq,

latine, ou de toute autre couleur. Quelques uns, mais en petit nombre,

■nt ces traits ineffaçables , en se faisant piquer la peau d'une pointe d*é-

j pour appliquer les couleurs sur les parties piquées. Ils ne portent ordi-

! "'''lient aucune sorte d'habits. Les femmes ont seulement à la ceinture une

'(:,! de toile ou de drap qui leur tombe jusqu'aux genoux ; mais les hommes

1 absolument tout nus, et n'observent la bienséance naturelle qu'en se

V|,aiu d'une feuille de bananier tournée en forme d'entonnoir, et soutenue

Un cordon qu'ils se lient autour du corps. Cette nudité habituelle n'eni-

<., ""•l'itiiil qu'ils n'estiment les babils. Un Américain qui obtient une vieille

ç """Se de matelot la porte avec affectation , et paraît en devenir plus fier.

^ x de la côte du nord ont mémo de longues robes de coton , qu'on ne petit

"X comparer qu'aux blouses de nos voiluriers, excepté que les manches

ils ?IUlarSes ct ouvertes, et qu'elles ne vont qu'à la moitié du bras; mais

||Q en font usage que dans les occasions solennelles. Leurs femmes les leur

^ "^t dans des corbeilles jusqu'au lieu de l'assemblée. Us s'en parent avec

' et se promènent ensemble dans cet équipage autour de l'habitation.

( " autre ornement des hommes est une plaque d'or ou d'argent, qu'ils por-

%' ,,M" ';I bouche. Ces plaques sont de forme ovale, et descendent si bas,

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