‹ Histoire pittoresque des voyages dans les cinq parties du mondeChapitre 15 sur 22 · NI · texte numérisé non relu

NI

laissant à droite un villas qu'il entendit nommer Toutoulona, et qui appa1" tient à la province de Faraco. An delà, vers le sud, il arriva dans la vaHfl d'Amariocapana , qui contient un village du même nom, et qui lui p'11'"1 un des plus beaux pays du monde : die s'élend de l'est à t'ouesl , au mo»,|S de soixante milles. Hais c'est le voyageur même qu'il faut entendre dans sr' récits.

a De la rive du ttana nous passâmes à celle de l'Oîana , autre rivière <l'" traverse la vallée, et nous nous arrêtâmes au bord d'un lac que cette rivi** forme de ses propres eaux. Comme nous étions Tort mouillés, un de ^ guides fit du feu en frottant deux bâtons l'un contre l'autre, et nous en allumâmes un assez grand pour y faire sécher nos habits; mais tandis que i»l,lS prenions ce soin, l'apparition subite de quelques manalis ou lamantins, $ la grosseur d'un tonneau, qui se firent voir dans le lac, nous causa ^'i'"1 d'effroi que de surprise. Ce ne fut pas sans peine que nous continuâmes nt>,re marche. Il nous restait une demi-journée de chemin jusqu'à la montagne-*0 pris le parti de renvoyer à bord le capitaine Keymis, parce que les inforffl8, lions du cacique me firent comprendre qu'à mon retour je pouvais me raf procherde ïOrénoque par une voie plus courte. Keymis portail ordre*1* galéasse de descendre à l'embouchure du Cumana, où je promis de l'attend1*' pour m'epargner la peine de retourner jusqu'à Pulima.

« Le même jour je passai au pied d'une montagne dont les divers roch0*8 étaient de couleur d'or comme ceux qu'on m'avait annoncés; mais je a* vérilier s'ils étaient réellement de ce précieux métal; nu me lit remarque* s"' la gauche une autre montagne qui semblait contenir aussi diverses sortes l|( minéraux: ainsi je n'eus que la joie d'un brillant spectacle. De là je m< iv"'[l* par un chemin assez court au village d'Ariacoa, où l'Orénoque se partag6*" trois canaux. La galéasse était déjà descendue à Cumana , mais sans Kev'1'1'*' qui n'avait pas eu le temps de lui porter mes ordres. Je laissai à Cumana d*"* de mes gens pour l'attendre ; et, me proposant d'y revenir joindre les r;u«l|S' je fis partir les capitaines Thyn et Crenville avec la galéasse. Ensuite j1' ^ dirigeai du cûlé de la montagne du cacique, en prenant ma rouW v,'p Emériac, qui n'est pas éloigné du fleuve. H fallut passer la rivière de Ca***

us

ropana, qui se jette dans rOrénoque, et dont plusieurs petites îles ivh< la vue fort agréable. Vers le soir, nous arrivâmes au bord de l'Ouinioap91'*! qui se joint aussi à l'Orénoque. C'est à quelque distance de ce lieu qu'on <^" voir enfin la fameuse montagne que je cherchais ; mais , contre l'espérai^ ' * cacique, l'inondalion était déjà si forte dans ce canton, qu'il nous fut MP* siblc d'en approcher. Je fus réduit, à contempler la montagne d'assez loin- * J me parut fort Me, de la forme d'une tour, et de couleur blanche g1

lll|l III

lue

-.., oe que Je ne pus attriuuer qu'à l'élolgnement. Un torrent iinpij- 6ljx qui se précipitait du sommet , formé apparemment par les pluies eonti- ;"es de la saison , faisait un bruit que nous n'av

"lus

avions pas cessé d'entendre PS quelques heures, et qui nous rendait presque sourds à la distance o

ifill,

étions. Jo jugeai, par le nom du pays et par d'autres circonstances, que montagne était la même dont Borréo m'avait raconté différentes merles, telles que l'éclat des diamants et d'autres pierres précieuses qu'elle

* ''fine dans toutes ses parties. Jo n'oblige personne à nie croire; mais il est a"i que j'y vis éclater une certaine blancheur. Cependant je dois ajouter

S>| que llorréo n'y avait paB été lui-même, parée que, outre l'inondalion 11 l'avait an-été , les naturels du pays étaient mortels ennemis des Espagnols, ms avoir pris un peu de repos sur le bord de l'Ouinicapara, nous le sui- "los jusqu'au village du même nom, dont le cacique m'olTrit do me con- *c à la montagne par de grands détours. Mais la longueur et los difficultés . *emin m'effrayèrent , surtout pour une entreprise où jo n'avais à salisre que ma curiosité.

• fe retournai ensuite à l'embouchure du Cumana , où tous les caciques voi- 'Vntrout m'offrir dos provisions de leurs terres; c'étaient des liqueurs, > Poules et du gibier, avec quelques unes do ces pierres précieuses que les

. Plgnols nomment piedrat buadas. En revenant d'Ouinic;qieru, j'avais laissé

'«I quatre rivières qui descendent des montagnes d'L'mériac, cl qui vont

Jeter dans l'Orénoque. D'autres, sorties des mêmes montagnes, coulent

^ la nter du Nord , telles que l'Aralouri , l'Amaeouma , le Batima, l'Onana,

•faroaca , le Paroma. La nuit avait été sombre et fort orageuse. Ce fut lé

[Jw que j'arrivai ù l'embouchure du Cumann, on j'avais laissé Uquas al

*w pour attendre le capitaine Keymis, qui revenait par terre. Us n'avuiriil

*' encore eu do ses nouvelles ; mais il arriva le jour suivant. .

«lu*8'1' ay!mt Pris con8é <les Cliques, qui le quittèrent, dit-il, les larmes

<!(„ . ' mmma dails sos «mots et mouilla le soir à l'ile d'Assipaua. Le len-

'«ille"1' " lI,°UVa Sa BaléaBS« a l'anom Pi*» «e Toparimaea. Il faisait cent p» Par jour en descendant-, mais il no put retourner par la , „„,„ ,,„ ji ,wi( p. en entrant dans le fleuve, parce que la brise et le courant de la mer , «ni vers l'Amana. La nécessité lui M suivre le cours du Capouri, qui | » «les bras de l'Orénoque, par lequel il se rendit à la mer. lise croyait a Sch l°"5leS danSerS- CeI'clula"1. la l™l suivante, ayant mouilléà l'emiltl "«re du Capouri, qui n'a pas moins d'une lieue de large, la violence (|„0.°"ran' l'obligea '-

se mettre a couvert sous la Utile avec ses eaja.ls; et "'.lu,'. " '" «'"eastie eût été tirée aussi près de terre qu'il était possible, on eut ",|LP de peine à la sauver du naufrage, a minuit , le ips rliangea forl

""lue la

heureusement , et vers neuf heures du matin , les Anglais eurent la vue d« la Trinité, où ils rejoignirent leurs vaisseaux, qui les avaient attendus 3 Curiapana.

On trouve ensuite, dans la relation de Raleigh , nn recensement assez in11' tile de tous les pays qu'il avait visités; mais ses remarques sur quelques uns de leurs peuples , et sa conclusion , méritent d'être rapportées.

On l'assura, dit-il, que les Eporémérios observent la religion des ïneflsd11 Pérou, c'est-à-dire qu'ils croient à l'immortalité de l'àme, qu'ils rendent ho"1' mage au soleil, etc. Personne ne désavouera que ce point, s'il était rote11* établi, ne donnât beaucoup de vraisemblance à la transmigration des P^11' viens; mais il resterait encore à prouver qu'elle fût arrivée depuis la et"1' quête. On assura aussi Raleigh que l'inea qui régnait dans la Guiane y avait fait bâtir un palais tout à fait semblable à ceux que ses ancêtres avaient a" Pérou, « Tout le monde sait, dit-il à cette occasion, la quantité d'or que I* conquérants espagnols ont tiré de ce vaste empire; mais je suis convaincu <î1113 le prince qui règne à Manoa en possède beaucoup plus qu'il n'y en a ** toutes les Indes occidentales.

« A présent, dit-il encore, je vais parler de ce que j'ai vu moi-fflê*8' Ceux qui aiment les découvertes peuvent compter qu'ils trouveront deq«ÛI se satisfaire en remontant l'Orénoque, où tombent un grand nombre llc rivières qui conduisent dans des pays auxquels je donne de l'est à Y0&& plus de deux cents milles d'Angleterre, et plus de huit cents du nord *j sud. Toutes ces terres sont riches en or et en marchandises propres au ci'"1' merce. On y trouve les plus belles vallées du monde. En général le pn>« ["'"' met beaucoup à ceux qui entreprendront de le cultiver. L'air y est si p"r' qu'on y rencontre partout des vieillards de cent ans. Nous y passâmes lo«tL's les nuits sans autre couverture que celle du ciel , et dans tout le cours de n'°" voyage je n'eus pas un Anglais malade. Le sud de la rivière a du bois de &* tare qui l'emporte, suivant mes lumières, sur celui du reste de I'Améri'!"0' on y trouve aussi beaucoup de coton , d'herbe à soie , de baume et de poi«* ' diverses sortes de gommes, du gingembre, et quantité d'autres productif119 qui ne sont dues qu'à la nature.

» Le trajet n'est ni trop long ni trop dangereux; il peut se faire dans l'a*** de six ou sept semaines, et l'on n'a point à franchir de mauvais passage tels que le canal de lîahama, la mer orageuse des Bermudes , le cap de BoB^ Espérance, etc. Le temps propre à ce voyage est le mois de juillet, I"1"' arriver au commencement de l'été du pays, qui dure à peu près jusqu'au n,ûl de mars ; le temps du retour est mai ou juin.

- La Guiane peut être regardée comme un pays vierge, auquel les G"1'"

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tWr>s n'ont point encore touché : car les faillies établissements qu'ils ont sur

s ailes ite la mer du Nord ne méritent pas le nom de conquêtes; mais celui

"i bâtirait seulement deux Forts à l'entrée du pays n'aurait pas à craindre

« ce vaste terrain lui fût disputé. On ne pourrait remonter le fleuve sans

^"yer le feu des deux forts. D'ailleurs les vaisseaux charges n'y peuvent

k "Mer facilement qu'en un seul endroit, et l'on ne peut même approcher de

«ta qu'avec de petits bateaux et des canots. On rencontre sur les bords du

<k w dos forêts fort épaisses , et de deux cents milles de longueur. La route

erre n'est pas moins difficile : on a de tontes parts un grand nombre de

tes mon tagnes , et si l'on n'est pas bien avec les naturels du pays , les vi-

* ï sont difficiles à trouver. C'est ce que les Espagnols ont toujours

g*né avec perle, quoiqu'ils aient souvent tenté de conquérir cette vaste

'Enfin i c°ncl»< Raleigh , je suis persuadé que la conquête de la Guiane «idira merveilleusement le prince 4 qui ce bonheur est réservé, et qu'il ,, fourra tirer assez do richesses et de forces pour contrebalancer celles de ^ Pagne. Si c'est à l'Angleterre que le Ciel destine un si beau partage , je ne fes PÏIS ''"" '" cl'arabro lle ™mmerce qui sera établie à Londres pour la

ane n'égale bientôt colle de la Conlrutachn , que les Espagnols ont à Se-

^ FlOlIr ll"lllli'Lj llUll'L.' l>j-!tlilll/-I<LL.' AOi>;Jr.ninlnn

ePour toutes leurs conquêtes occidentales. »

"'gnons à cette relation d'autres témoignages recueillis à peu près vers le ||s «m temps, par exemple celui de Domingo Yéra, lieutenant de Berréo, qui, ,,'* 'ois avant le voyage de Raleigh, avait fait en Guiane, au nom du ro'i ^'"'linc , cotte vainc cérémonie do prise de possession à laquelle on sem- „ "'ors attacher beaucoup d'importance. On lit dans une lettre adressée à ,^""1 au roi d'Espagne, pour lui rendre compte de ce qui s'est passé, les lt| « suivants : . Nous entrâmes dans un pays fort peuplé. Le cacique vint S,r7!"U,de n°"S' el ""«seon'l'iisitâsa maison, où, nous traitant avec „ • "in ,1 anime, il nous lit présent de quantité d'or. L'interprète lui de- % 2 u ou il tirait ee métal : il répondit , d'une province qui n'est éloignée •» li„„ J°"ri,fe " aioula aue lcs M<™ «lu Pays on avaient autant qu'il , van lemr dans la vallée où nous étions. L'usage des habitants de celte % >■<- est de se frotter la peau du sue de certaines herbes , et de se couvrir ,,,, tout le corps de poudre d'or. Le cacique offrit de nous conduire j„s- W u- première habitation ; mais il nous avertil que leur nation était fort ""S coin "' CaPal'1'i ^ "°US "'ire ^r!r '°"Ssans Pilié- N»us lui demandâ- ?" que i œS !"!"IJleS S'J prc"ai81" Pour trouver de l'or : il nous répon- Vbe „ "S "" Ca"lon de leur Prince ils creusaient la terre, enlevant niemo avec sa racine; qu'ils mettaient l'herbe et la terre dans du

S:;-;! mis vaisseaux, ou ils lavaient le (nul, et qu'ils on tiraient ainsi beaucoup** Un autre joui*, parvenus* après Une longue marche, au pied d'une monBïP nous y trouvâmes un cacique, accompagné d'environ trois mille ludions'/ deux sexes , qiii étaient chargés de poules et d'autres vivres. Ils nous les o" rcnt, en nous pressant d'aller jusqu'à leur village, qui consistait en cinq6*^ maisons. Le cacique nous dit qu'il tirait celle abondance de provisions d"1 vaste montagne dont nous apercevions la crête, à peu de distance de son l>a talion; qu'elle était extrêmement peuplée; quêtons ses habitants porta™ des plaques d'or sut* l'estomac, et des pendants de même métal aux on'i"^' enfin qu'ils étaient couverts d'or. If ajouta que j si nous voulions lui don"1 quelques coignées, il nous apporterait des plaques d'or en échange. On uc en fit. donner qu'une , pour ne pas marquer trop d'avidité , et pour lui l-1'^' croire que nous faisions plus de cas du fer que de l'or. Il nous apporta 1>"\ tôt un lingot d'or du poids de vingt-cinq livres. Le lieutenant snl n»"11'" sajoie, et, nous montrant ce beau lingot d'un air sérieux, il affecta* jeter à terre, et de le faire reprendre sans aucune marque d'emprcssoU11'1 Nous étions tranquilles, dans la plus agréable espérance, lorsqu'au mttW" ta nuit un Indien nous avertit que les peuples de la montagne étaie»1*1 mouvement pour venir nous attaquer. Véra nous fit partir aussitôt arW* ' main , et dans le meilleur ordreL » Le reste de cette relation a été supl^1 par ordre de la cour d'Espagne.

ÉtaHïsseraents des Français. Ma'irrs et usages des naturels. lilMiini d'un capitaine , nuellcs (V,!^ Réception d'un médecin.

. f )■ Les Français ont été les premiers à fréquenter la Guiane. Ils y allait' bord charger des bois de teinture , et continuèrent d'y voyager sans inlt ll<', lion. Mais vers l'année 1624, ils y eurent un établissement. Quelque "''". chands de Rouen y envoyèrent alors une colonie de vingt-six honni»*» , les bords du Sinamary. Deux ans après , d'autres s'établirent sur la l ■ vit>1* ,-i Couamama. Dans la suite on y envoya des renforts d'hommes et de '""^ tions qui augmentèrent sensiblement ces deux colonies naissantes. En"11 f f sieurs marchands de ht même nation formèrent une compagnie , aveC<**rf 1res patentes du roi Louis XIII , qui les autorisaient à faire seuls le >,o"inl<('[|, de la Guiane, dont elles marquaient les bornes par les rivières des A»1^"',,;, et d'Orénoque. Cette compagnie recul, le nom de Compagnie du Cœp * V[,. et devint fameuse par l'intérêt que la corn- permit d'y prendre à divers* ^ sonnes de qualité, en leur accordant de nouveaux privilèges. Ils y m successivement près de huit cents hommes , a;ilanl pan tenter k i

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cm 1 2 3 4 5

.liji III

Celles terres ,,„e p0„r affermir les premfe élablissemcnls. E„r,„ «XIV, ayant ctaM, en 1CG9 uno compare des Indes occidentales l„i : par de nouvelles patentes , la prepriéle de toutes les ÎIes e, (|(,s ., ,'":;>«* l™ le» français dans l'Amérique méridionale , ct oetle com! ™s prit possession de Cayennc et des pays voisins jmérieur en est encore très peu connu , et habité par les Galibis el d'an- , Peuples ,„d,ens. La langue des Galibis s'étend depuis l'Oyapok jusqu'à

"» hT-jT T "" " PBUP'adeS reSSei""tal — « «»- *» Mb-

Kt , ! " r "raS'""! SMS MSS0 "1* » » W"e la guerre ; se poi-

luups de rooon; sont a peu pris nues, ,,, „„„, se peree„ l'en re-

Ci ' , '""* "°"r * "0"'I|,U """ """"= Pièca «""''6™ ou un „os srah,

'«a vert ; d'autres se rendent 1» lèvre inférieure, e, , passe„ '„ m" " «e bots, auquel ec cristal est attaché.

jaque nation porte d'adleurs quelque marque qui la fait disti„g„er. L'uni-

• ornent des femmes est un „10roeau de toile d'un demi-pied en carré

i(;i';-.n, a la cemture, et quelques nues n'y portent qu'une simple feuille

lui,." ' '"'"' "> ' s l'»macs dont on admire le travail , de la pote™

' '* s """"s œU""!<J> el ll"s "Ci'scndtoilés si pari;,i,ement l'un dans

'tares' "n T "'* PCI" ,>é™"'er- "S 8raVa" SUr le"rs caM»«« 'li-'crses C" q« il» endmsenl d un vernis à l'éprouve de l'eau ; mais, avec celte in-

„ ' * SM" ra«niemenl paresseux. On les trouve toujours dans leurs

». ' L avemr ne leur cause jamais d'inquiétude; il n'y a quo le besoin „ '' qui les tire de leur indolence. Au milieu du travail , el même de la H , » ils apprennent que leurs femmes sont accouchées, ils se hâtent de

>CLTsr,soas;.u?etande°',atê'e'comme8'il8é'»i™'«'-»A-

, * les douleurs de l'enfantement; ils se mettent au lit , où les voisins

S e- -dre visite, e, leur d m de ridicules consobaio,,, L

l,t| son, composées de plusieurs longnes cases qu'ils nonnnen, ,„,-

J, 'Plusieurs familles vivent ensemble sous un capitaine. Us se nourris-

«tfj,/' '.» que les femmes cultivent la terre. Ils porlen, pe„ de vivres a la S » vT Z ,"'iSl","i0rb 'cs plus «ras. « <!'"'' vende», It s

NCl '"'?' "S °"' t'"'raG"X l,IUSi™rS «te, pend, .quelles lis

lSi|( I un earbet a l'autre, cl, parés de leurs couronnes et de rs coin-

*''<*i, "'?• 'K |t'ss'11" '"' j"'"' e° dM!'os ™>des , mêlées de <**** , où "" '1 mie liqueur Ires forte , qu'ils nomment «mm. C'est une com-

position de eassaveet de fruits, qu'ils font bouillir ensemble. Leur ignor

est digne de compassion. Ils adorent les astres, mais ils craignent beau** ^ un mauvais génie auquel ils donnent le nom de Piaije. Leurs lois les attacB aune seule femme qu'ils ne peuvent quitter s'ils ne la surprenne^ dans crime, lis portent le respect fort loin pour les vieillards. Lorsque la rnor enlève un , ils l'enterrent dans le carbet où il a vécu ; ils assemblent les l'a tants des carnets voisins, ils déterrent les os, et, les brûlant, ils en mette» cendre dans leur ouicou , pour l'avaler en cérémonie.

Biet , autre voyageur français , rapporte quelques usages fort singulier8 peuples voisins de l'île. Ceux qui veulent obtenir la qualité de capitaine vent avoir donné des preuves éclatantes de valeur et de prudence. Ces ' lions se font après une guerre , et sont précédées des plus pénibles éprel*

Premièrement , celui qui aspire à cette grande distinction déclare ses ^ en revenant dans sa case avec une rondaehc sur la tète , baissant les yc" ' gardant un profond silence. II n'explique pas même son dessein à sa lêm111' ^ a ses enfants. Mais , se retirant dans un coin de la case , il s'y fait faire u" | ^ Ut retranchement, qui lui laisse à peine la liberté de se remuer. On s"s|llif. au dessus le hamac qui lui sert de lit, afin qu'il n'ait occasion de parler MJ sonne. Il ne sort de ce lieu que pour les nécessités de la nature , et pour = de rudes épreuves que les autres capitaines lui imposent successivement- ^

On lui fait garder pendant six semaines un jeûne fort rigoureux. To° ^ nourriture consiste dans un peu de millet bouilli et de cassave, dont il V manger que le milieu. Les capitaines voisins viennent le visiter matin et Ils lui représentent avec beaucoup de force que , pour se rendre di^ue < " |f auquel il aspire, il ne doit craindre aucun danger; que non seulement i j, l'honneur de la nation à soutenir, mais à tirer vengeance de ceux qui <>" ^fl en guerre leurs parents et leurs amis, et qui leur ont fait souffrir une j cruelle-, que le travail et la fatigue seront désormais son seul partage) e ., n'aura plus d'autre voie pour acquérir de l'honneur. Après celle h"1''1 r-^, qu'il écoute modestement , on lui donne mille coups pour lui faire co ^ ce qu'il aurait à supporter s'il tombait entre les mains des ennemis ae , j, lion. Il se lient debout, les mains croisées sur la téle. Chaque capita"1" ^ charge sur le corps trois grands coups d'un fouet composé de racine ' ^ ;, mier. Pendant cette cérémonie , les jeunes gens de. l'habitation s'ei"l' .j $ (aire les fouets; et comme il ne reçoit que trois coups d'un même fou i ^ faut beaucoup lorsque les capitaines sont en grand nombre. Ce aai

commence deux fois le jour pendant l'espace de six semaines. On If ' f]}\>trois endroits du corps , aux mamelles , au ventre et aux cuisses. Le s< ufl selle , et , dans la plus vive douleur, il ne doit pas faire le moindre

III llll|llll Ml|llll III 5 6 7

'""1, ni donner la plus légère marque d'impatience. Il rentre ensuite dans ^Prison , avec la literie de se coucher dans son lit, au dessus duquel on «. comme en trophée , tous les fouets qui ont sort à son supplice. < i sa constance se soutient pendant six semaines , on lui préparc des épreu- ^ d un autre ordre. Tous les chefs do la nation s'assemblent, parcs solennel- ^ ont , et viennent se cacher aux environs de la case , dans des buissons d'où Poussent d'horribles cris. Ensuite , paraissant tous avec la flèche sur l'arc , ^ ontrent brusquement dans la case ; ils prennent le novice , déjà fort exténué son jeune et des coups qu'il a reçus ; ils l'apportent dans son hamac, qu'ils Client à deux arbres, et dont ils le font lever. On l'encourage, comme la •nuire fois, par un discours préparé, et pour essai de son courage chacun ■tonne un coup de fouet beaucoup plus fort que les précédents. Il se ret dans son ht. On amasse autour de lui quantité d'herbes très fortes et très ^wes, auxquelles on met le feu, sans que la flamme puisse le loucher s pour lui en faire sentir seulement la chaleur. La seule fumée, qui le péc do toutes parts, lui fait souffrir des maux étranges. II devient à demi oans son hamac, et, s'il y demeure constamment, il tombe dans des pasons si profondes qu'on le croirait mort. On lui donne quelques liqueurs ^«tueuses pour rappeler ses forces ; mais il ne revient pas plus lot à lui on redouble le feu avec de nouvelles exhortations. Pondant qu'il est dans ^ souffrances , tous les autres passent le temps à boire autour de lui. Enfin , (t uq"''IS croionl le ™ir au dernier degré de langueur, ils lui font un collier l< ."" cemlure "0 feuilles , qu'ils remplissent de grosses fourmis noires, dont ^.Ptqfire est extrêmement vive. Ils lui mettent ces deux ornements, qui ont "tût le pouvoir de le réveiller par de nouvelles douleurs. II se lève, et s'il ,u force de se tenir debout , on lui verse sur la tête une liqueur spirilueuse

NUs W™ d'U° CriWe' " Va SG laïer aussi,6t dans Ia riïiire °" la fon'aine la r>it (,TOlsme' et retourne a sa case, où il va prendre un peu de repos. On lui

k n„,°,"nUer M" Jef'°6 ' mais avec moins de riG"™''- « commence à manger «Uuvl °'SeaUI' q"i d0iV™1 êlre lués par la main des mtrw capitaines. Les «n , ' , lra"oments diminuent et la nourriture augmente par degrés , jusqu'à Ko "" rap''1S S°" ancic"»c fora. Alors il est proclamé capitaine. On lui , - nu arc neuf et tout ce qui convient à sa dignité. Cependant ce rade ap- , «âge ne fait que les petits chefs militaires. Pour être élevé au premier

»« d'el ' ê're C" P°ssessi0" "•"» «w* q"'on doit avoir fait soi-même, ce .amande un travail long et pénible.

% Dmj"'°d0 d" W8 !">"' fairc lcs Piaïes (o'«t aussi le nom des médecins)

'M. - " - ' j-'^wtnu»! n; || OUI UCS 1111:11

„, US moins remarquable. Celui qui aspire ;, Ml(. „,,„„,, <,,„,„,„„•„„

environ dix ans chez un ancien piajo, qu'il doit servir

m recevant

ses instructions. L'ancien observe s'il a les qualités nécessaires. L'âge doit e au dessus de vingt-cinq ans.

Lorsque le temps de l'épreuve est arrivé, on fait jeûner le novice avec p™ dte rigueur encore que les capitaines : il est exténué jusqu'à manquer de '01 ces. Los anciens piayes s'assemblent et se renfermera dans une case pour '■ apprendre le principal mystère de leur art , qui consiste dans l'évocation certaines puissances que Iiiet croit celles de l'enfer. Au lieu de le foiK-'11^ comme les capitaines, on le fait danser avec si peu de relâche, que, '' ' sa faiblesse, '1 tombe sans connaissance; mais on le rappelle à lui ave»' ( ceintures et des colliers remplis de grosses fourmis noires; ensuite, p"',,r familiariser avec les plus violcnls remèdes, on lui met dans la bouche espèce d'entonnoir par lequel on lui fait avaler un grand vaisseau de ji|S ( tabac. Cette étrange médecine lui cause des évacuations qui vont jus? « sang , et qui durent plusieurs jours. Alors on le déclare piaye , et revêtu la puissance de guérir toutes sortes de maladies. Cependant , pour la coO*ver, il doit observer un jeûne de trois ans, qui consiste, la première ^ni,'\. à ne manger que du millet et de la cassave ; la seconde , à manger queM "-- nvec cette espèce de pain ; et la troisième , à se contenter d'y jo"1

encore quelques petits oiseaux. Mais la plus rigoureuse partie de cette

encore quelques peins oiseaux, mais la puis rigoureuse parue nu cm^ nonce est la privation des liqueurs fortes. Us n'ont le droit de se faire aPÎ7« à la visite des malades qu'après avoir achevé ce long cours d'épreuve # pénitence. L'évocation des puissances infernales ne vaut pas le soin que . a pris d'en rapporter toutes les circonstances ; mais son récit mérite 1 d'attention lorsqu'il vaille la connaissance que ces barbares ont d'un fï1' nombre de simples, « avec lesquels ils font des cures admirables. Ils o» racines qui guérissent les plaies les plus empoisonnées , et qui ont la ' d'en tirer les flèches rompues, » Nos médecins d'Europe ne font pas des l si merveilleuses ; mais ils ne sont pas non plus assujettis à de si rudes ep ves. Il est vrai qu'ils n'ont pas le pouvoir d'évoquer les puissances de 1 eD (]|, c'est là sans doute le privilège que l'on achète si cher chez les sanvag Cayenne. Il ne semble pas trop nécessaire d'être martyr pour devenir K1 cin ; mais il ne peut pas en coûter trop cher pour devenir sorcier.

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