‹ Histoire pittoresque des voyages dans les cinq parties du mondeChapitre 16 sur 22 · ANCIENNES COLONIES ANGLAISES · texte numérisé non relu

ANCIENNES COLONIES ANGLAISES

VIRGINIE ET MABÏLAHD.

*" avançant dans l'Amérique septentrionale, nous allons voir les Airiais y J» les fondements d'une puissance devenue la plus considérable du nou- , '."' monde, après celle des Espagnols, s'étendant du golfe du Mexique à la

,<„ Il"ls"" • c'' P°rlée ■ P™*"' *i» siècles, au plus haut point de splen-

«»i mais une grande .évolution, arrachant à l'Angleterre une partie de „„, '":S,rss s a"r le cominenl américain, a créé dans le nouveau monde

Z ''"'"' IIL'' 'I"1' 'l',)"Lis le 4 H** »™. a Pris rang parmi les états in-

SjOfidanls.

, «» suivant l'ordre des événements, la Virginie et le Marjland se trouvent H Premières contrées découvertes par les Anglais. C'est encore à ce même JJ ''igh , qui les avait conduits inutilement en Guiane, qu'ils eurent l'obliga- J1 d'un établissement [.lus solide dans le nord de l'Amérique. C'est lui qui, ,2"^ les courses lointaines laites par le grand navigateur Sébastien Cabot' r/"",,lgoa ses compatriotes a chercher des terres dans le nouveau monde!

i„ "' '''"' M's s s tue se '">'"". m 1085, une compagnie qui arma deux

| (| «m pour cette expédition. Les capitaines Amydor et ltarlmv mouillèrent ,„ «le de Roénok , qui appartient aujourd'hui à la Caroline. Ils reconnurent |£W auquel la reine Elisabeth donna le nom de Virginie, les uns disent eu l,,|( "eur du célibat qu'elle avait gardé, les autres pour exprimer le caracl-V,, l,;lllila"ls 'l I» nature du pays , qui n'avait pas encore été cultivé. ,,(|i '"csiuvantc, Richard Greemvltl, associé cte Halelgh , arriva sur cette |L ««c des forces considérables, et la parcourut l'espace ,1c cent milles. V '""'''S'1 5' :llli> lui-même, et s'assura de la beauté et de la fertilité du ter- »ftj™a»."i»traltdecesoin parles affaires où il fut engagé à la cour .l'Éli-

,1(i|i ' i il perdit de vue sa colonie, qui ne se ranima que vers niincncr-

l„ln ' m liécle suivant, temps où la Compagnie anglaise d'Amériiiue fonda

'■i,,!' ""' et établit des plantations régulières. Bientôt «près, on y bâtit

'"'* • *■ nom du prince Henri de Celles. Charles 1»' régla l'admini-

- 3S6 — stration : les privilèges et la liberté attirèrent un grand nombre de colons, 1[tl réparèrent les dommages que la colonie avait soufferts de la part des sauvai américains, toujours armés contre des hôtes qui s'annonçaient trop souteB' en maîtres ou en tyrans. Le lord Baltimore découvrit le Maryland , ainsi non1' mô en l'honneur de la reine Marie, épouse de Charles I**. Le Maryland ful cédé en propriété à celui qui l'avait découvert , et ses descendants en joui#l long-temps. 11 fleurit , ainsi que la Virginie , principalement par la culture II tabac ; voici la peinture que faisait de leur commerce un auteur anglais , 4ul écrivait en 1723 :

« La Virginie et le Maryland n'ont pas d'autre objet que la culture de Ie* tabac. On en a porté la perfection si loin en Virginie, qu'il passe pour le «iei leur de l'univers, surtout celui qui croit sur les bords de l'York-river. 6'** presque le seul dont ou fasse usage en Angleterre. Les autres, qu'on non"116 oronoac , et celui de Maryland , sont plus chauds dans la bouche ; cepen^11 ils se vendent aussi fort bien, parce qu'on les aime en Hollande, en D^ ïnarck, en Suéde et dans toute l'Allemagne. H s'en exporte annuelle»1^ trente mille barriques , qui produisent à l'Angleterre cinq livres sterling P* barrique dans les échelles étrangères, et qui augmentent par conséquent^ fonds général de la nation de cent cinquante mille livres sterling par aD' ., commerce est sans contredit un de nos principaux avantages. Tous les anS emploie deux cents de nos vaisseaux, et fait entrer, année commune, eil . trois et quatre cent mille livres sterling dans les coffres du roi. Si ce tf"c . parait excessif à ceux qui n'en connaissent point le secret, ou qui n'en ° point des idées justes, quelques explications le feront trouver modéré. 1' certain , par les registres publics , qu'on frète tous les ans deux cents vais*1-'' de tabac dans toute la baie de Chesapeak, où je comprends le Mary'91 cl que, terme moyen, ils ne peuvent porter moins de sept cents barrit1 C'est en tout soixante-dix mille, dont je suppose que la moitié se vi consomme en Angleterre; mais les droits, pour ces trente-cinq nù'l0

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riques , à ne supposer le poids de chacune que de quatre quinlaux; ront déjà huit livres sterling par barrique, et deux cent quatre-vingt pour le total. L'autre moitié, qui s'exporte, ne produira pas plus d'i'11 L' quième de cette somme à l'échiquier, parce qu'elle est à couvert de l° sortes d'impôts et d'une partie des subsides. Cependant si l'on accorde s ment-cinquante mille livres pour le droit de trente-cinq mille barriques portation, il revient annuellement à la douane trois cent trente nulle ' ^ sterling pour les soixante-dix mille barriques. 11 n'y aurait que les iea^ ^ guerre qui pussent me faire rabattre quelque chose de ce compte. Qu e ., négociants , qui se prétendent bien informés du commerce de la Virgin»6'

"*'Gnt qu'on a quelquefois embarqué dans une seule année jusqu'à cent mille 'Criques pour la Virginie et le Maryland , et qu'il s'en est consommé quarante """'-cil Angleterre. Si leurs mémoires sont justes, mon calcul ne peut être ''ei-isé d'exagération; mais je me suis attaché aux lumières les plus certaines, ' Pour n'en laisser aucun doute , il sullil de faire observer combien ce cornue s'est accru dans les autres parties d'Angleterre, comme dans le port F Londres. Depuis plusieurs années, la ville de Liverpool reçoit annuclfeeilt, ou du moins chaque année commune, cinquante vaisseaux de la baie l* ChosiipeaU.. La plupart de nos autres ports en emploient tous les ans huit "dUà ce commerce, et l'on assure que la ville de Bristol paie annuellement S|)lxa»te mille livres sterling de droits pour le tabac qu'elle consomme ; ce qui lfi Paraîtra point sans vraisemblance, s'il est vrai, comme on le dit dans lte "ville même , qu'un seul de ses vaisseaux , nommé le Marchand de Bristol, ' wjé , depuis vingt ans , entre huit et dix mille livres annuelles à la douane, lue fort souvent il est entré tout à la fois dans la Saverne trente cl qua- '■He voiles de la Virginie, sans compter les aventuriers qui fraudent la t^ûûe. Si les ports extérieurs n'emploient pas moins de cent vaisseaux tous ;,l|s , on conviendra sans peine que Londres peut employer les cent autres ; kut ce que j'ai dit de la douane et des droits ne peut paraître douteux. ' Mais , outre l'extrême avantage qui nous revient de l'exportation du tabac "s toutes les autres parties de l'Europe, considérons de quelle utilité ce ^Dierce est pour nous, par le prodigieux nombre de mains qu'il emploie de familles qu'il fait subsister en Angleterre et en Virginie. 11 ne monte ^ à moins de 70,000 Anglais en Virginie , ni certainement à moins en Aneîefre. Combien n'envoyons-nous pas tous les jours de marchandises de nos ûllu factures aux Virginiens , qui sont obligés de tirer d'ici tout ce qui leur "'■'issaire pour se vêtir , tous les instruments de leur travail, et tout ce ] s^rt au luxe ! Ajoutons que les marchandises qu'on leur envoie sont celles ., l tiennent dos métiers les plus utiles , qui occupent le plus grand nombre ^riers j qUi en nourrissent le plus , et par conséquent les plus avantageuau bien public : telles sont celles des tisserands , des cordonniers , des clia- 'ers, des serruriers, des tourneurs, des menuisiers, des tailleurs, des u,£liers, des cordiers, des brasseurs, et je puis dire de tous les artisans Hlelerre. -

eûdant la plus grande partie do l'année, les plaines de la Virginie sont

v Certes de fleurs; on n'approche point d'un bois sans être frappé de la

ll'l('' des odeurs qu'il exhale. Elle abonde en fruits de toute espèce. Il en

. ll*i surtout fort remarquable par ses singulières propriétés : c'est la pom-

de James-Town , qui est une pomme épineuse ou stramoine. Quelques

Anglais nouvellement arrivés , ayant jugé, qu'on pouvait la manger cuite, cl» firent une salade bouillie à l'eau , qui produisit d'étranges effets. « Ils devinrent, tons imbéciles pendant plusieurs joins : l'un passait le temps à souffla* des plumes en l'air , un autre à darder des pailles ; un troisième , se tapissa"' dans un coin , faisait les grimaces d'un singe; un quatrième ne cessait p"'nt d'embrasser ceux qu'il rencontrait, et leur riait au nez avec mille postai bouffonnes. On fat obligé de les enfermer l'cspacede onze jours, qui fut la ''"" rée de celle frénésie; et pendant ce temps, ils prenaient plaisir à se roulef dans leurs excrcmenls. L'usage de la raison leur revint, mais sans aucun souvenir de ce qui leur était arrivé.

Mœurs des Virginiens.

Le caractère , les mœurs et les usages des peuples de la Virginie et du BW ryland étant à peu près les mêmes que dans tout le reste de l'Amérique 9eP' tentrionale , nous en tracerons un taldeau général lorsque nous aurons aclieve l'iiistoire des premières découvertes; nous allons seulement esquisser n.1"'1' ques traits particuliers aux naturels de la Virginie et des autres colonies a"' glaises.

Les naturels de la Virginie sont communément de la plus hauto taille <'es Anglais. Ils sont droits et bien proDorlionnés ; la plupart ont les bras et ieS jambes d'une beauté merveilleuse. On ne tour voit pas la moindre impoi^ tion sur le corps, et les Anglais n'en ont jamais connu de nains, de bossus °a de contrefâils. Leurs femmes se retirent seules dans les bois pour se détfvre de leurs enfants , et l'on assure qu'elles enterrent stir-le-cbamp ceux qu' y,&1' nentau monde avec quelque défaut.

La couleur des deux sexes est un brun cbAlain qui est beaucoup pluS c'al dans l'en lance , mais que l'ardeur du soleil et la graisse dont ils s'enduise11' corps- rendent plus foncé par degrés. Leurs cheveux sont d'un noir de d131" lion ; ils ont aussi les yeux fort noirs , et ce regard qu'on observe dans la PfU' part des Juirs. Presque toutes les femmes sont d'une grande beauté : eileS ont la taille fuie , les traits délicats , en un mot il ne leur manque qu'un lR'11' teint.

Les hommes se coupent les cheveux en différentes formes, et s'arrad'^ le poil de la barbe avec une coquille de moule; mais les plus distingues g*J dent une longue tresse derrière la tète. L'usage commun des femmes est porter leurs cheveux forl longs, flottants sur le dos ou noués en unese»^ tresse, avecun filet de grain. Dans rtm et l'autre sexe, les chefs ne p.1""3'^, jamais sans une espèce de couronne largo de cinq ou six pouces, ouvert fl

i \m m iï

mi i|w i|im |im |imi mil mil mil

«sus o, composée ,„ rn(,„il]rs ,, fl6 |l:|ira ^ rorm|,nt pIiis.cms «fcngc curieux ,1, trait, et de couleurs. Ils portent aussi autour de h Z ..,«,„,„. fourrure teinte. l.eS Indiens d» commun von, ttte„ne. „,,,;' .tu . '0 régie que le caprice, i„ ta parent de grandes plumes. I/hàklt te

; ; K SOri0 ''" mf <«™ fort ™* . «ont ils s'enveloppe,,, uégligem.

"f ' «1>..'»1.™I quelquefois d'une eeiulure autour des reins. Le

P™" J"S,CS"r ,re 'S|ÏU"ra' d'<"'' '" re* I"M Jusqu'au dessous des ge.

«■ Ils ont «m, M ma,„ea„ une pièce de toile, „„ ,„,„ petite peau, allah ■ u, dessous du ventre, et qui deseend jusqu'au milieu de la cuisse. Le ||e M" "a q„ un cordon autour des reins, et passe entre les cuisses une han-

"Mon. Ceux qu, portent d« soul.ers, usage qui n'a rien de fivo el qui de-

«Jdc* occasions, les fou, de peau de daim, à laquelle Us joigne», ,„„. s„.

'» p.ecc par dessons pour rendre la semelle plus épaisse; cette chaussure

,(,, I " Jcssus ,lu I"™1 ™c d« cordons , comme on ferme une bourse

l'";"'™. S'"U m"és »"<""<■ «« '* <*eviUe. On fait observer que les ferai

5 <"" "Wl s icideœ"« des autres pays de l'Amérique,,,,,, le 2,

, ; rond . et ,1 fermé que dans [a vieillesse morne on ne leur voi, presque

«s les mamelles pendantes; elles sont d'ailleurs pleines d'esprit, toujours

J»i et leur sourire est d'un agrément qu'on ne se lasse point do vanter U „,.

l„" I"1" "0" I'llls '. I''."' s»S«.»e, et l'historien de la Virginie reproche

» «* qui les accusent de libertinage d'être sans goût pour les agréments

"' l'berté honnête.

„» Indiens de la Virginie el des pays voisins Tonnent entre eux des com-

t),|, "'■*' 'I'" s' Pelnnelbil de cinq cents familles dans une même BOUT-

,,„, > ordinalremen, chacune de ces habitations est un royaume , c'est-à-dire

»r. <"<"«"<■"" ' ""<■!"■' no s'étend point au delà. Mais quelques uns

'• '"'"" """>;."I"« rognent sur plusieurs bourgades , qui se trouvent

l|)ri( '■ >o„s ses lots par droit de conquête ou de succession. Ils ont dans cha- !'.1|„']N ™«™™<les lieutenants qui paie,,, un tribu, au maître et qui y «lige, de lo»u,vre à la guerre avec leurs propres sujets. Les maisons de il,,, '.'.ea^ se bâtissent à peu de Trais : ils coupon, déjeunes arbres, dont l'„ < «cent le gros boule,, terre, et, repliant te sommet, ils attachent l'un à i , avec des bandes d'écoroe d'arbre. Les plus petites de ces cabanes sou,

y,,,» .". conique, à peu près comme une ruche d'abeilles; mais les grill »

St !'""""' '■' les ",,rs " nc les :l"lrcs sont couvertes de grands lam-

l%..^ worce d'arbre On j laisse de petits Irons qui donne,,, passage à la

'•ili0l| ' ''' 'I'" s|1 feraionl dans le mauvais temps, i,,. rovrr M toujours au

' '':,!,; ' ' enl pu smooup de leur «c.

meure, ils ne ferment leur porte que d'une simple natte; mais, pendant un long voyage, ils la barricadent avec de gros troncs de bois. Chaque mais011 n'a qu'une seule chambre ; ils s'y couchent le long des murs, sur des lits * cannes et de branches , soutenus par des fourchettes à quelque dislance de terre, et couverts de nattes et de peaux. En hiver, ils se placent autour du fë"» sur de bonnes fourrures. Dans leurs voyages , ils n'ont pas l'usage des hamacSi et l'herbe leur sert de lit sous le premier arbre. Les fortifications de liïurS bourgades consistent dans une palissade de dix ou douze pieds de haiiteur' dont ils triplent les pieux quand ils se croient menacés de quelque danger mais en paix ils négligent entièrement celle défense, excepté pour l'habitai'011 royale, qui n'est jamais nue, et dans l'enceinte de laquelle ils ont toujours"11 certain nombre d'édifices qui suffisent pour contenir tout le monde dans le^15 d'une surprise.

Religion. Temples. Enchantements. Epreuves des braves.

Ces usages sont fort éloignés de la barbarie, qui semble augmenter à me' sure qu'on avance vers le nord. On passe sur tout ce qui regarde leurs m*81* et leurs cérémonies de guerre et de paix , deux points sur lesquels ils diltë^" lieu des Indiens plus septentrionaux ; mais leur religion et leur culte mérUeD d'aulant plus d'observations, qu'on ne connaît rien de semblable dans même partie du continent d'Amérique, si l'on en croit le témoignage du »' ginien.

H se croit obligé , dit-il , de rapporter naïvement ce qu'il a vérifié p3r ^ yeux. Dans plusieurs voyages qu'il fit aux bourgades indiennes, il se pr»cU ^ l'occasion de converser familièrement avec quelques uns des principaux h* ' lants, et jamais il ne put rien tirer de leur bouche, parce qu'ils regardent révélation de leurs principes comme un sacrilège; mais une aventure in'P ^ vue lui en fit découvrir quelque chose. Un jour qu'il se promenait dans bois , accompagné de quelques amis, le hasard le lit tomber sur le QuioiCoS<"[[ ou le temple des Indiens , dans le temps où toute la bourgade était asseiul^1' pour tenir conseil sur les bornes de terres que les Anglais leur avaient céd" L'occasion ne pouvant être plus favorable , il résolut de la saisir à toutes sof J*j de risques, et de prendre une parfaite connaissance de ce Quioccosan , d°l)l cachent soigneusement la situation aux Anglais. Après avoir dégagé la l|D'(jt de douze ou quinze troncs d'arbres dont elle était bouchée , il y entra 1<" ses compagnons. Au premier coup d'oeil ils n'aperçurent que des mur3 nues avec un foyer au milieu , ce qui les lit douter s'ils n'avaient pas pr»fi cabane ordinaire pour un temple. Sa forme n'était pas différente de cette '

jiutres ; elle avait environ dix-huit pieds de large sur trente de long , un trou au 0,1 P°ur le passage de la fumée, et la porte à l'un des bouts. En dehors, à ^Ique distance du bâtiment , il y avait une enceinte de pieux , dont tes so'm- ^ls étaient peints, et représentaient des visages d'hommes en relief. Mais P curieux Anglais, ne découvrant dans tout le temple aucune fenêtre, ni ^ aMlre endroit que la porte et le trou de la cheminée par où la lumière put J'rer, commençaient à perdre l'espérance , lorsqu'ils remarquèrent à l'extré- 'té opposée à la porte une séparation de nattes fort serrées qui renfermait 11 espace où l'on ne voyait pas la moindre clarté. Ils eurent d'abord quelque Pugnance à s'engager dans ces affreuses ténèbres; mais ils y entrèrent en tonnant de côté et d:autre. Vers le milieu de cet enclos, qui avait environ '* pieds de longueur, ils trouvèrent de grandes planches soutenues par des le"x, et sur ces planches trois nattes roulées et cousues, qu'ils se hâtèrent ! e Porter au jour pour voir ce qu'elles contenaient. Sans perdre de temps à * délacer, ils coupèrent les fils avec leurs couteaux, et leur unique soin j ('e ne pas endommager les nattes. Dans l'une, ils trouvèrent quelques os. f .^ents qu'ils prirent pour des os d'hommes, et l'os d'une cuisse qu'ils mesurât avait deux pieds de long. Dans l'autre, il y avait quelques tomahaukes todienna , bien peints et bien sculptés ; ils étaient d'un bois dur et pesant, i r' avaient point de garde pour couvrir la main. A l'un, on avait attaché de la r"e d'un dindon , et les deux plus longues de ses ailes pendaient au bout par cordon de cinq ou six pouces. La troisième natte contenait diverses pièces apport, que les Anglais prirent pour l'idole des Indiens : c'était d'abord e planche de trois pieds et demi de long , au haut de laquelle on voyait une ^ allure pour y enchâsser la léte, et des demi-cercles vers le milieu, cloués dj, fre pouces du bord , qui servaient à représenter la poitrine et le ventre ^ statue. Au dessous il y avait une autre planche, plus courte de la moitié 'a précédente, et qu'on y pouvait joindre avec des morceaux de bois, 3» enchâssés de part et d'autre, s'étendaient à quinze ou seize pouces du ) . ' '* paraissaient destinés à former la courbure des genoux. D'ailleurs il L ,illt ^ana ta même natte des rouleaux qui semblaient devoir tenir lieu de ^ ot de jambes, et des pièces de loile de coton bleu et rouge. Les Anglais j|j| ,enl ces babils sur les cercles pour en faire le corps ; ils fixèrent les bras et W n'l,es. el> dans cet état, ils se firent une idée assez juste de la statue; Si\ '1S nG trouvèrent rien l"'1'8 Pussent Pendre pour la léte. Après avoir liw y{' P'us d'une ncurc à satisfaire leur curiosité, la crainte d'être surpris

Vu,

enielti-e tous ces matériaux dans les nattes, et les nattes dans le lieu

i tes avaient trouvées.

**teur jugea que cette idole, révolue de ses ornements, était capable

d'imprimer du respect dans un lieu obBCUffofi le jour ne pouvait! être i'1' troduit qu'à la faveur des nattes de la cloison, qu'on pouvait relever facile menl. D'un antre côté, il no douta point que les prêtres, y entrant seulsf !l(1 pussent remuer 1rs Jambes et les bras de la statue sans que leur ruse fi1' aperçue, il ajoute que tous les Indiens ne donnaient pas le même nom à I1'1"' idole: les uns l'appelaient Okos, d'autres Qtùoko eu Kioimt.

Oniil: dans la relation du P. Ilennequin, religieux flamand, que les peuple sauvages de l'Amérique septentrionale qu'il eut occasion d'étudier dans ses longues courses ne reconnaissent aucune divinité, et qu'ils sont incapable de raisonnements commun* B l'espèce humaine ; il assure qu'ils n'ont nueu"1' cérémonie extérieure d'où l'on puisse conjecturer qu'ils adorent qnel<|uP divinité, et qu'on ne voit parmi eux ni sacrifices, ni temples, ni prêtres. A" contraire, le baron de la Hontan leur attribue des notions raffinées et des ai'" gUPtents subtils. Le Virginien, s'écartant de l'un et do l'autre, accuse le p*0" wSes d'erreur, et l'autre d'exagération. Et comme on ne peut pas supposa que les Indiens de la Virginie et des autres colonies anglaises soient plus"0 moins éclairés que ceux de la mémo partie du continent avec lesquels ils ei'1 de fréquentes communications , il juge les lumières de toutes ces nations b8p iiarcs par celles qu'il trouva dans un Indien des plus honnêtes et des P*11 sensés de sa colonie. Ces qualités qu'il lui connaissait lui ayant fait désirer * l'entretenir, il trouva le moyen do l'attirer seul dans sa plantation ; il lu' '' boire beaucoup do vieux cidre , prés d'un bon feu , pour le faire parler a*6 franchisa; et, lorsqu'il le crut bien échauffé par la liqueur, par le feu ''l l,rl le bon trailement, il lui demanda quel était le dieu des Indiens, e! quelle*" ils en avaient. « lime répondit naturellement, raconte l'auteur, d"|S croyaient à un Dieu plein de bonté, qui demeurait dans les deux , et dont W bénignes influences se répandaient sur la terre. Je lui dis qu'on les accusa1 d'adorer le diable; et, le voyant balancer, je lui demandai pourquoi ils °* duraient pas plutôt ce Dieu bon qu'ils reconnaissaient auteur de lous lesl"1''13' ][ me répondit qu'à la vérité Dieu était L'auteur de tous les biens, mais q*1'1 ne se mêlait pas de les distribuer aux hommes ; que , les abandonnant à e»*" mêmes, il leur laissait la liberiéd'user des biens qui étalent son ouvrage» et* s'en procurer le plus qu'ils pouvaient; que par conséquent il était inutile de craindre et de l'adorer; au lieu que, s'ils n'apaisaient le mauvais esprit , <P j'appelais le-diable, il leur enlèverait tous ces biens que Dieu avait donnés • la terre, et leur enverrait la guerre, la famine et la peste ; que, pendant #*° Dieu jouissait de son bonheur dans le eiol , ce méchant esprit était sans ce»" occupé do leurs affaires, qu'il les visitait souvent, et qu'il était dans l'air- a* le tonnerre et les tempêtes.

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" Je lui parlai ensuite de l'idole qu'ils adoraient dans leur quioccosan , el je

Surai que c'était un morceau de bois insensible, fait par la main des hoin-

qui ne i

—~j ">pu f«i m in.iiii nés uum-

pouvait entendre, ni voir, ni parler ; incapable , par conséquent,

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'<" leur faire ni bien ni mal. H parut embarrassé; il hésita. J'entendis" qucU ^ « mots entrecoupés, tels que : Ce sont nos prêtres.... ils nousdisent.... ils

°ljs font croire ce sont nos prêtres. Alors il m'assura que sa conscience

eU'i permettait pas de m'en dire davantage. «

One élude attentive des mœurs de ces Indiens apprit au Virginien que les Jus ont beaucoup de pouvoir sur leur esprit ; qu'ils leur tiennent lien de

«Ires; qu'ils font leur service religieux et leurs enchantemcnls dans une

'Sue générale, qu'il croit celle des Algonquins; q„'iis n'épargnent point

' sacnlices au malin esprit; qu'au commencement do chaque mauvaise F*» ils lui offrent les prémices des fruits, des oiseaux, du bétail, du pois-

», des plantes, des racines, cl de tout ce qui peut causer quelque profit l'ielque plaisir. Ils renouvellent leurs offrandes lorsqu'ils reviennent avec

«W de la guerre , de la chasse el do la pêche.

■nnlb, autre écrivain anglais, fait le récit d'un enchantement dont il fut ou, a Pamonki , pendant qu'il y était prisonnier. . A la pointe du jour ' , on alluma un grand feu , dans une maison longue, el l'on j étendit des jj w , sur l'une desquelles on me fit asseoir. Alors , mes gaules ordinaires ,lri,|"l'""! ""'"J <1« su1,1'11- Je vis entrer aussitôt un grand homme, d'un air rude, . le corps était point de noir, et qui avait sur la têle un paqnetde peaux ,lé petits et de belettes, farcies de mousse, dont les queues , attachées cnseni-

i fermaient au dessus une espèce de houppe, et dont les corps, llotlanl , «es épaules, lui cachaient presque entièrement le visage. Une couronne

il ' 5 soutenait cet ornement bizarre. Il avait à la main une sonnclte qu'il

'''" ' '""g-'emps, en faisant mille postures grotesques. Ensuite, il coin-

■1|( « son invocation d'une voix (brio, et se mit a tracer un cercle autour du , »ec do la farine. Alors Irois autres devins, peints do noir et de rouge à ,, JPlion do quelques parties des joues , qui Pétaient de blanc , vinrent sur s. ' ho ave,: diverses gambades. Ils commencèrent tous a danser amour de I, > et bientôt ,1 en parut Irois autres, aussi difformes que les premiers mais

.«u peints seulement de rouge, avec plusieurs [rails blancs sur le , iv

„ une assez, longue danse, ils s'assireul tous yis-à-vis de moi , trois* C ''" Cl""> "' l°"S Mpl ils enlonnèreut „„„ chanson , qui fui ac-

%r Snco du bruit dos sonnettes. Lorsque celle étrange musique fut Unie, le

* ,;, | : ■'''' Cln1 fi''''""5 'lo "M i u ouvrit les bras, el les élendil avec lanl

-, ,"'"" ' 'l'"' srs v''1'"'5 l''1""™1 «'enfler. Il lil alors une comte prière ,

'"l'i'ile ,1» poussèrcnl tous un soupir. Ensuite, il remit Irois grains de

blé à quelque distance des autres , et le même exercice fut répété jusqu'à # que les grains formassent trois cercles autour du feu. Ils prirent alors un Pa* quet de petites branches apportées pour cet usage , dont ils mirent une dans chaque intervalle des grains. Cette opération dura tout le jour : ils le pass^ rent, comme moi, sans prendre aucune sorte d'aliment; mais à l'entrée deî nuit , Us se traitèrent de ce qu'ils avaient de meilleur. La même cérémonie fa1 recommencée trois jours de suite , sans que je pusse deviner à quoi elle devait aboutir. Enfin, ils me dirent que la nation avait voulu savoir si j'étais bien 0*1 mal disposé pour elle; que le cercle de farine signifiait leur pays, les cercle de grains les bornes de la mer, et les petites branches , ma patrie. Us s'iro4' ginent, ajoute Smith , que la terre est plate cl ronde, et que leur pays est «S milieu. iJ

Bird , colonel anglais, a rendu solennellement témoignage d'un fait qui *% tait passé sous ses yeux. On éprouvait tous les maux d'une grande sécher^ vers les sources des rivières , surtout dans la partie haute du James-river, °^ Bird employait un grand nombre de nègres à ses plantations. Il était si i* pecté de tous les Indiens voisins, que son seul nom suffisait pour les coflWI nir. Un d'entre eux parut touché de voir périr le tabac d'un homme si ain^' et vint offrir à l'inspecteur de faire tomber de la pluie , s'il voulait lui profl^ tre, au nom du colonel, qui était absent, deux bouteilles de liqueur a* glaise. Quoiqu'il n'y eût pas la moindre apparence de pluie , et que l'insp*' leur n'eût pas beaucoup de confiance à la magie indienne , les deux bouteille furent promises au retour du maître. Aussitôt l'indien commença ses conju' rations , ce qui s'appelle paouaouci dans la langue du pays : en moins d'u" demi-heure on vit paraître un nuage épais qui amena une grosse pluie sur P grain et le tabac du colonel, sans qu'il en tombât sur les terres voisines- b '"' specteur, extrêmement surpris , partit aussitôt, et fit plus de quarante ii'»"e3 pour le seul plaisir de l'informer lui-même de celte aventure. Bird , quoiq"e naturellement peu crédule, ne put rien opposer au témoignage d'un hoTO&6 sensé. Cependant ses doutes le ramenèrent aux plantations, où ils furent '^ vés par la déposition unanime de tous les Anglais. La conduite qu'il tint a¥^ l'Indien fut si sage, qu'elle semble donner un nouveau poids ù son récit. " |u' accorda les deux bouteilles, mais en le traitant d'imposteur, et lui soutena* qu'il avait vu le nuage, sans quoi il n'aurait pu amener la pluie, ni la P ^ dire. « Pourquoi donc, répondit l'Indien, vos voisins n'en ont-ils pas (1'' pourquoi ont-ils perdu leur récolte? Je vous aime, et je n'ai pas eu d'à1111" motif pour sauver la vôtre. » haque lecteur jugera celle relation selon S» connaissances et ses préjugés. ,

Ces barbares sont accusés de sacrifier quelquefois de jeunes enfants ; riil' '

lllll llll| llll|l II

l iïr

s en défendent, et si l'on voit disparaître ces jeunes victimes, ils assurent

W« leurs prêtres les écartent de la société, pour les former à leur profession.

"util donne la relation d'un de ces sacrifices. < On peignit de blanc, dit-il,

Wuizc garçons des mieux faits , qui n'avaient pas plus de douze à quinze ans!

° Peuple passa une matinée entière à danser et à chanter autour d'eux, avec

8* sonnettes à la main. L'aprés-midi , ils furent placés sous un arbre, et l'on

autour d'eux une double haie de guerriers armés de petites cannes liées en

«eau. Cinq jeunes hommes , vifs et robustes , prirent tour à tour une des

«unes, la conduisirent à travers la haie, et la garantirent, à leurs dépens,

s coups de canne qu'on faisait pleuvoir sur eux. Pendant ce cruel exercice,

mères pleuraient à chaudes larmes, et préparaient des nattes, des peaux,

P» mousse et du bois sec , pour servir aux funérailles de leurs enfants. Après

^ » scène (que l'auteur compare au supplice des baguettes) , on abattit l'ar-

^ avec furie ; on mit en pièces le tronc et les branches , on en fit des guir-

»fcs pour couronner les victimes, et leurs cheveux furent parés de ses

"les. , Smith ne peut dire ce qu'elles devinrent. . On jeta, dit-il, ces

■»ze malheureux les uns sur les autres , dans une vallée , comme s'ils eus-

nE été morts , et toute l'assemblée y lit un festin. »

Le Yirginien doute de la vérité d'un fait dont Smith ne dit pas qu'il ait été ."•"m. Sans l'accuser de mauvaise foi , il le soupçonne de s'être trompé sur eI1uescirconslancesd'une cérémonie indienne qui se nomme huscanaummit, fe*6 Qu'elle ne se célèbre qu'une fois en quinze ou seize ans , et que les jeugens ne se trouvent pas plus tôt on état d'y être admis. C'est une épreuve .laquelle ils doivent passer avant que d'être reçus au nombre des braves j a nation , qui sont distingués par le nom de cokarouscs. On a vu quelque j(°se d'approchant dans la description du Mexique. En Virginie , les chefs e»s choisissent les jeunes hommes de belle taille qui se sont déjà distintsh , 'a chaSSe ou dans leurs 8uerras' Ceu* Qui se refusent au choix sont j "Worés , et n'osent plus se montrer dans leur patrie. On leur fait faire d'à- ^ quelques unes des folles cérémonies qu'on a rapportées d'après Smith ; !ia>s 1)rinciPale est une 'ongue retraite dans les bois , où ils sont renfermés llier aucu,K' communication , et sans autre nourriture que la décoction de 't'p n"W racines Qui ™l Ia verl11 dc troubler le cerveau. Ce breuvage, qu'ils u* wnt oitiioccan , joint à la sévérité de la discipline , les ielle dans une e

»«ro,

de folie qui dure dix-huit ou vingt jours. L'édifice

où ils sont gardés est

^ Quné d'une (brio palissade. Motre auteur en vit un, en 1694, dans les terdo lrCS lndil-'"s de Pamonky ; sa forme était celle d'un pain de sucre ; et, percé \m i"8 C01m"° " <'u,il ' |)0Ur tloimcr Passage à l'air, on l'aurait pris pour une ** 0lseaux. Lorsqu'on leur a fait assez boite de leur liqueur, on en dirai-

nue la dose, pour les ramener par degrés au bon sens; mais avant ïu* soient tout à fait rétablis , on les conduit dans toutes les bourgades de la bS' lion. Ensuite ils n'osent pas dire qu'ils conservent le moindre souvenir $ passé , dans la crainte d'être buscanoués une seconde fois , parce qu'alors Ie Ir.'iilementesi si rude, qu'il Unit ordinairement par la mort. Il faut qu'ils^ viennent comme sourds-mncls , et qu'ils paraissent avoir perdu toutes Wf connaissances , pour en acquérir de nouvelles. L'auteur en vit plusieurs <-'»''"' pies. .Je ne sais, dit-il , si leur oubli est feint ou réel ; mais il est sur <1"'* affectent de ne rien savoir de ce qu'ils ont su , et que leurs guides les nw* pagnenl jusqu'à ce qu'ils aient repris les idées communes. L'opinion 'l"f! Smilli s'était formée du saeriliee venait apparemment de ce qu'il en nie"'1 toujours quelques uns dans celle pénible épreuve. ■

Les offrandes qu'ils présentent à leur idole sont des fourrures, la S1'11''" et les meilleures pièces de gibier qu'ils prennent à la ebasse, dos fruitS' * purliculièrorneiil du tabac, dont ta fumée leur tient lieu d'encens. Leurs*"* sont réglées par les saisons : ils célèbrent un jour à l'arrivée de leurs ois03"1 sauvages, c'est-à-dire des oies, des canards , etc. ; un autre au temps dcl"" citasse; un troisième à la maturité des fruits; niais le plus solennel est'»1"' de la moisson, à laquelle ils travaillent tous sans exception de rang et sexe, connue ils contribuent tous à la culluredes lerres.

Ils comptent par unités , par dizaines et par centaines ; mais le calcul *j années se fait par celui des bivers, qu'ils nommen) eakontp, du cri des °"'

sauvages, qui 11'arrivenl que dans celle saison. Ils dislingoeiil I'; Se en ''"^

parties : celle où les arbres bourgeonnent et fleurissent; celle où losop'*'1' fermés et bons à rôtir; l'été, ou la moisson ; la chute des feuilles; cal"1'". ou l'hiver. Leurs mois répondent au cours delà lune, et prennent leurs a1"1' des choses qui reviennent périodiquement dans col espace : la lune des r<',,|?' ia tant du grain , la première et la seconde lune do cabouq, etc. An U*" *

diviser le jour en heures, ils en font trois portions, qu'ils mnrni le l"*J

le montant et le coucher du soloil. Leurs annales se conservent à I»'" Ç comme au Pérou, par divers nœuds qu'ils l'ont à des cordons, ou P»* coches taillées sur le bois.

Leur quioccosan , ou leur temple , est environné do pieux dont le se»"", représente des visages d'hommes ou reliel'el peints; ils en plantent de sf|' hlablcs dans quelques autres lieux , sacrés ou célèbres pour leur nati»' *J tour desquels ils dansent à certains jours. Souvent ils élèvent des pyl*° ,

M des colonnes do pierre, qu'ils peignent et qu'ils ornent, pour leur "'"V;, ensuite une sorte de culte , non comme à la divinité suprême , qu'on a dit qu'ils n'adorenl poinl, mais comme à l'emblème de sa durée I

! de '

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?»utabmté. Leurs cabanes offrent des paniers* pier», qu'ils SlrtteBt J» la mémo vue; ils rendent aussi des honneurs aux rivières el aœt fontai- .^ parée que leur cour» perpétuel représente l'éteralté de Dieu. En un mot, ^ élèvent des autels à la moindre occasion, quelquefois pour des raisons

,•*''' scsi td ,;tail co eube do c"slal dont Smitll parle avec admiration,

10e plusieurs do leurs nations honoraient également. Ils le nommaient pa- ""<-'<', par allusion au nom d'un oiseau des bois dont léchant exprime ce

^ .qui va toujours seul , et qui ne parait qu'à l'entrée de I lit. Ils croient,

-°'l, que ce petit oiseau est l'âme d"un de leurs princes, et le respect

W|ls lui portent est extrême.

°n nous apprend la manière dont ils conservent le „or|,s ,|,, |,,lr8 roiSi lls

> «il la peau le long du dos, et la lèvent avec tant d'adresse , qu'ils n'en

firent aucune partie. Ensuite ils déchantent les os , sans offenser les nerfs

j» que toutes les jointures demeurent entières. Après avoir liiii „ S,-L

J» les os au soleil, ils les remettent dans la peau, qu'ils 01,1 eu soin de le- J nnoide, avec une huile qui la préserve aussi do corruption. Les os étanl JWtt dans leur situation naturelle, ils remplissent les Intervalles avec du » très lui. Alors la peau est recousue, et le corps ne parait pas moins cnlue si la cliairy était encore. Ou le porto au lieu do la sépulture, on 11 ^«eii.iu sur une grande planche nattée, un pou au dessus de terre, et cou- 9] 'd'une natte. La chair qu'on a tirée du corps ost exposée au soleil sur une II,*! a lorsITll'eUe est tout à fait sèche, on la met aux pieds du cadavre , renj[*& dans un panier bien cousu. Les nations un peu anciennes ont ainsi 1<Ks" longues rangées de tombeaux, ou plutôt do eorps étendus sous la inè- |(oV"nle. Elles y placent pour garde non seulement un u«iom,.<, c'est-à-dire Mole, mais encore un prêtre, qui est chargé tout à la fois do l'entretien

Ilot e' -

*ta

«utel et du soin des corps.

l'arrivée des Anglais, les Indiens île la vïrgini

le avaient une espèce

c||,j„ . • — r— — i — — • -~«« buiuniia

-iir^ "i plusieurs sortes de coquilles enfilées, qu'ils nonimenl ,,;,/, , ,•„„„, (,, "*'»• L0r,quc ces barbares eurent appris des Anglais à faire plus do cas ;,. ''s peaux elde leurs fourrures, par l'avantage qu'ils cl, tiraient il.u, , les ,(|i| -!'■«, leur ancien goût parut un pou refroidi pour les coquilles: cepen- ,| ls les reçoivent encore dans le commerce , et les négociants anglais leur

, ltnt une valeur.

^.^ nombre des naturels est extrêmement diminué , ajoute l'historien. Quoi-

X J ll'OU™ c"core pliisiem-s bourgades qui conservent leurs anciens noms,

':,, »nt pas toutes ensemlile cinq cents hommes capables do porter les ar-

« peuples vivent dans la misère et dans une crainte conliuuollo de la

part des Indiens du voisinage. Par un traité conclu en 1077 , chacune do te11** habitations devait payer tous les ans trois flèches et vingt peaux decasW pour la protection des Anglais.

La plus méridionale et (a plus nouvelle des colonies anglaises de l'Amer"! était la Géorgie, qui se forma en 173-2. Le vœu des fondateurs, tels qu'»* publièrent en obtenant des lettres d'établissement, fut de procurer une I"" nête subsistance à quantité de malheureux citoyens qui avaient besoin 'lC secours , et de délivrer en même temps l'Angleterre d'une charge inconn»01 '

B si charité

Us invitèrent tous les patriotes bien disposés à entreprise.

Les lettres royales leur accordaient, pour eux et pour leurs succcssc'11'' toutes les terres qui sont entre leSavannah, le long de la côte maritime' ^ l'Alatamaha, avec les îles situées devant la même côte, qui n'en sont pas •■' gnées de plus de vingt lieues. Tout ce pays fut érigé en province partie»11 et fut appelé Géorgie , du nom du roi d'Angleterre, .

Dés le mois d'août 1732, le chevalier Heatheote, ayant expliqué aux»1 .( leurs de la banque les deux principaux objets de celle concession , y J'1'" . d'autres avantages qui devaient en revenir à l'Angleterre, tels que de fo' ,. ses colonies d'Amérique, d'augmenter son commerce, de multiplier ses seaux, et surtout de tirer de la soie crue de son propre fonds ; ce qi" " .( vait lui épargner annuellement plus de 50,000 livres sterling, qu'elle 'a passer en Italie. Ensuite il déposa une somme considérable pour jfit° fondements de l'entreprise, et son exemple fut suivi par un grand D°lfl ,c, de riches particuliers, entre lesquels on en choisit vingt-trois pour la d' tion générale. Le résultat de cette assemblée ne fut pas plus tôt publw) * , toute l'Angleterre s'empressa de contribuer à l'exécution , et le parle donna 10,000 livres sterling dans la môme vue. vCc

Le G novembre, cent personnes de l'un et de l'autre sexe, chois,eS ^, plus de soin qu'on n'en apporte ordinairement pour ces établissent11 ' L,[ rent embarquées à Gravcsend, avec toutes sortes d'instruments, d'à1' de munitions. Oglethorpe, un des directeurs, se mit à la tête de celte tf ^ pour régler les premières mesures à prendre et présider à l'établisse'^ ^, la colonie. Le 15 janvier suivant, ils arrivèrent heureusement à la ^;l1' .ofl

Peu de jours après son arrivée, Oglethorpe alla visiter le Savannah»

Ï7!°\ C'"T P°'U' 'a C°""'ie tomba sm m forl ta« ^ram, à dix milles

c:r.«„r c'esi à iui-même «- *- ^ - *«> *::: «»«~!rDTia!,ch,oW • le *r,e !wm° "" ™dc- d™< >« >«* «

f°n un, «T " r , C"r "" M 1>Mic -"Monale. Le sommet es,

•Citeà o3 7, rV'ère- U° mVir0 qUi lira d™°° P-* dea, p ou «ié de cZJ P'edS "e " T ' " COmn,™cé Ia f°»^« I'„„e ville au

^ « exce „Pr;SUr " "f '" "0UVe' """^ d'»"e * °» " P*'- «Ue ! .eSCdIen,-,Le "eu™ « toge el son eau esl douce. Du uuai de ma

*P«s « e 1™ -Sd " Vrntem"leS- Ri°n »>«»*•* 'a beauté de »J, „ S ' de S'ands lw,s 1"' c»'™nt les deux rives du lleuve TV*.

fa™î ci le ■: fé,rte" : lei,rs totes fm» d-"-«

«»«on a 2 ta ne la'T™ ?" '"' aCheV& "ier ** midi' ^ P<*° »« les uôZ' êf s«"-eau roi George, demande des terres par-

«>*ZT ' r ^ "" enra"lS S°i8nt *=* d""S "» &*s. Leur el l ,

Cm„; q°' T" PremiCT OTg aprôS '"' *'"S la -«°n, sont déj s" •u embrasser le christianisme. ■

Cte'r,t,h°rn',°';CherCl,a P°int d'a°'ra "0m P1™ sa vi'te que celui du lleuve

K^« ''""rr :°ilà *~*« " -** * te Neuve,: blinde™ S™™»»''-Unele.tredu20 lévrier achève de faire connaître Cl* f e : " ' a' Ch°isi ''^P'^ntent non seulement pour IV

< r es eat1! 0d"a 7" """ Pm» *" >° ^ d» ~, h

'"«sain Fil , eS Parlicuterilés me persuadent que l'air y est

<T, pa de vîtes"! U 7? ^ " d" ^ > "" P'- dangereuVd V« Point de mil! , P'"S ' '" P'UPMl hauls "" <*■* pi On ne

Kr a? ™7du7jr "°"CSr ",e ~ "» "e 'a CaroIi- ^'a' '"" U , ' Beur du flciIïe> 1>" « d'environ mille pieds ,

Sri 'Ts teisat?':r î " ,ier.aVe° '°S A"8,aiS S° —te"' '« ' '— , C 1 „ ,X f, r6 °a"r C°r,Sidi;'rabte «u! a reçu le nom N don. haéu„ea,l ™ ' éri<iUre' "' 1ui est diri« en huit

!'* Cnda,ent a c S°" fr me"'' 0g,e'horl)e f"1 ta*ui. que tous les

!'« »oms d lri , Tï "" "° SK n°"ïra'lx ^ifa«- C«>e audience,

K «Setl * ""C"S' |,araisS"m a« '«e'"'" dans sa relation

Ta», i ans l0 '""gags de ces Indiens.

I. ""C0S °' 'C"r5 **»*»" »•*•« assis auteur d'Og.ethorpe, Oueia-

cbumpa, vieillard remarquable par la hauteur de sa taille, lit un long discoug que ['içterprètç réduisit aux articles suivants : " Les iiilius établirent d'aî"! leurs anciens droits sur le pays qui est au sud de Savannah, Quoique paUYS et sans lumières, celui qui avait donné la respiration au\ Anglais leur a$ accordé la même faveur. Mais elles étaient persuadées (pie le grand Pouv«8 qui faisait son séjour au ciel, e! qui avnil donné la respiration à tous 1rs hQï nies, avait envoyé les Anglais pour rinslruction des Américains, de ISl lémmes et de leurs enfants, et, dans celle confiance, elles leur cédais! % Ion tiers leurs droits sur toutes les terres dont elles ne faisaienl aucun u$w Le niico assura que ee n'était pas seulement, sou propre avis, mais % c'était aussi la résolution de huit tribus des Anses, dont chacune avail |l'11' conseil à part, et qui s'élaîent accordées toutes à envoyer leurs chefs , cW gésd'un présent des richesses du pays. >>

Alors tous les Indiens de la suite apporterai huit paquets de peaux, qfa étendirent aux pieds d'Oglethorpe. Ouekacbumpa lui dii que c'était ce quf avaient de plus précieux et qu'ils l'offraient de Ijoii cceur. Il ajouta qu'il f merciait les Anglais de la bonté qu'ils avaient marquée au mieo ToswlfJ# qui était son parent, et à ses Indiens; qu'à la vérité Tomokichi élait banai'1' la nation, mais qu'il était homme d'honneur, grand guerrier, el que <VI:I' son courage, sa prudence et sa justice qui avaient porté d'autres bannis :l choisir pour leur chef. Enfin , il déclara que les tribus n'ignoraienf pûiA1 .' mort de quelques Anglais tués par les Cherokis, et que, si Gglethorpe lew': rait, elles étaient prèles à venger cette violence , en portant le carnage »'' désolation dans les terres de ses ennemis. Lorsqu'il eut Uni son disco** ïomokiclii entra, suivi de quelques Yamakras, cl, faisant une prolonge m'. nation, il demanda la libellé de parler, t J'étais, dit-il, un pauvre banH'î*, suis venu dans celle terre pour m'y établir aussi près qu'il m'était i"1^'1'' du tombeau de mes ancêtres. Lorsque les Anglais sont arrivés, j.i| q»1 ^ rlf' '' dais qu'ils ne. me forçassent d'en sortir, car je suis faible et je naantpi0 blé ; mais ils m'ont confirmé dans mes possessions el ils me fournisse»1 vivres. "

Tous les chefs des autres tribus tirent successivement leur harangua *\ l'evenail à celle d'Ouekacbumpa; ensuiie, ils conclurent un traité d'aU^

perpétuelle, qui fut sîgoé des deux parités, Oglethorpe lii donner à«

des micosel des capitaines un lusil ci mi m; mu. Les uoHwaesdel^J

reçurenl quelques pièces d'étoffe plus grossière , et, d'autres pr&euta. s'-'"r les articles du traité: « l" Les Anglais promettaient de porter dans les t»^ tïons des huit tribus toutes sortes de marchandises , et de le.-; y vendre #*$* dont on conviendrait. 2° La restitution des biens enlevés ou perdus , el l;l

cm 1234567

Illll mil llllll II

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Joaiion des injures, * M. , ,,„,,„„ lbi de pa,,t „ (|,au

*-s serment jugés « p,„lis 8lliïMllK Iois ^ Nulle habitation

-me >« «*U. du commerce. 4. Los Anglais pc^séderaienl t

£»~«-*t» wi-i— h— «n™, à^to néanmoins,

.„„„„„„ Je bonne toi par ta, eficls «, deux wtteB, „ Les „ô B W.fe«r» * «I» par ta m.fiens, ,, ,0„d uils a ^ J

£.pour chaque nègre, ,.„ ébit ,lns „ ,k,la lle |a ,.iïi0ll,(rokil.v £ ; s donneraient quatre pièces tféloffa ,,„ ,,,,„„ „lii|s (.„, k ]mU ^^ s,m

L" ■".'." "'' '"s A"Slai" «">""<-' *»"* »*•, et promenaient je ne ».

«ait aider aueur* autre nation filancfie à s'éinfilir dans ,,. ,

ni™|i1,suiva„1l,s„n,pl,,muh,spa,.0sl,Jl,,01.pc>iii|c!|;.s'

- clakfisscnco, „o montèrent ,,.1S j ,,,,,, de 23]000 u^ s

^.go1,,„„m1.™u,„ll:,r,|l,osau„lol,1„1|(,tn]i,voliu„,vi„B1o,„„„Kli,,„s

v,„ s„ imutapa [],,,,( |„ ïov.,„,. a teuK 1„,,||1.(.s fe.s n.s |a

*saz^is^r '" cu"mic ois "crsu""ts' 32° "°mmes' ,m **•*

li'. IT:l! , t,slcll,o,-pe rcvinten Angleterre, vers la lin de l'oie, aeco,.Mi,,.„,é F loniokiclll, „„„, dos ïamata», do Scnanki , femme ,1e eo ,,,-i,,.'- ■ ,1,. ?naooui, leur noire; d'Ilillispili, capitaine; et d'Apskouski , SBmaleki, -«guilki el Vanpiki, chefs indiens de bourgades, avec leur interprète. Ils fu- ],"'11 '"K''s •"' «eus palais de Londres, où l'on prit soin ,lo leur Hoir Cire des JW», DM» qu'ils parussent;! la conr, qui élaitalors à Kensinglon. Tomoki- C***"1* !UI ''"' ^"sieurs belles plumes d'aigle, qui, dans l'usage de ces ^"wos.snnl les plus respectueux aie ton les présents, et fit 4 sa majesté tu.uiquc un discours dont toutes les expressions furent soigneusement . ""ili.cs. . En ce jour, je vois la majesté de la l'ace, la grandeur de la niaik . et la multitude de te sujets, .le sois venu, au nom de tonte la nation qui

C '°S '''"*'" ' '*""' ™'""«'ler !■'' f* qu'ils ontavec les Anglais. C'est

,. toes vieux jours que je suis venu; mais, quoique je ne puisse espérer de

1|;i 'llii'uioi-momc les fruits on lojago.jc suis venu pour l'avantage de

' es Ameneams dos fiantes cl des Lassos anses , cl pour demander qu'ils If '"s"""s * "'""'s '« eonnaissances des Anglais. Ces plumes sontcollos

,' '"'"' ''"' ''sl ,e P*»"*» * "eus les oiseaux, a q„i,0|esa„s ccsse aul0Ur

l(> « nauons. Ces plume, seul, m, signe de paix dans notre pairie, et nous

luis '.'"" " 'I"''" I"""' "> les b»5». '-' S"""i roi! cnnuuo le signe d'une

k fc «.Belle. Ogrnud roi! tel moindres paroles qui . Ses par

'♦ilts" ' ""' 'eS ra',l«",lcrai fidèlement ;', Ions les micos do la nation dos

Le lendemain , un Indien du cortège de Tomokichi étant mort de la petite vérole, on prit soin do lo faire enterrer dans un cimetière de Londres , mais a la manière de son pays , c'est-à-dire que le corps , enveloppé de deux pièces d'étoffe, entre deux planches liées d'une corde, fut porté dans une bière au lieU de la sépulture, et qu'on jela dans la fosse non seulement ses habits, maisti^ grande quantité de grains de verre et quelques pièces d'argent. Tomokicl" passa quelque temps en Angleterre , et parut prendre plaisir aux amusern*0" qu'on lui procura. Il partit à bord du Prince-de-Galles, vaisseau qui éta'1 chargé de transporter en Géorgie une troupe d'émigrants de Strasbourg. && protestants fugitifs arrivèrent à Savannah le 17 décembre; et le bruits)1 étant répandu que les Indiens espagnols avaient passé l'Ogiki, Dumbar, I"1 commandait, sortit du Savannah , pour ranger la cote avec quelques bàtime^ anglais.

« Nous arrivâmes, dit-il dans sa relation, à Tunderbolet, le 8 janvier et les terres nous y parurent si bien cultivées par les nouveaux habitants* qu'elles promettaient une abondante récolte. Ils avaient fait de très grai"*3 progrès dans leur fabrique de pots de terre. Leur bourgade n'avait eac/X6 que trois maisons achevées; mais l'enceinte était bien fortifiée. Ils avais" déjà chargé de merrain une grande barque pour l'île de Madère. Nous & lames passer la nuit à Skidaway , où les progrès des édifices et de la c° ' Une dus terres surpassèrent mon attente. La garde ne laisse pas de s> faire si régulièrement, qu'il ne passe point une chaloupe qu'on n'oblige** mener, quoique la batterie ne soit composée que de quelques petites pi''CL' de campagne, qui sont à la vérité eu fort bon ordre. A deux milles de cet #a blissement, vers le sud, les nouveaux colons ont une chaloupe d'observatio"' qui commande une grande étendue de côte , et qui est toujours prèle à i»ct en mer. Nous visitâmes toutes les îles jusqu'à celles de Jékil , et nous i'cc0il nùmes l'embouchure del'Alatamaha; mais n'ayant rencontré que des Indî** amis de notre nation , nous prîmes le parti de retourner à Savannah , où "loU arrivâmes le 19 janvier. »

Aumoisdemail73(j, le fort de celle nouvelle colonie était presque acbe j et la ville avait déjà quantité de bonnes maisons, dont quelques unes éta1 de briques. Au mois de janvier suivant, cent cinquante montagnards &** y abordèrent, dans le dessein de s'établir sur les frontières de la prov" ' vers les établissements espagnols ; mais , après avoir long-temps attendu l thorpe, qui n'était pas encore revenu de Londres, l'impatience leur fit P dre le parti de s'avancer vers les Puïagas , où ils se fixèrent sur le bord de ^ lalamaha, à douze milles de la mer. Us y bâtirent, sous le nom de Dari<-" > petit fort, un magasin, une chapelle et plusieurs cabanes. Trois cents Ang

^arrivèrent à Sa™!, le mois suivant, consolèrent les habitants de tfaffr pu retenir les Écossais.

Dans te coun, do la même année, Pierre Pnry feNeufcMtel , en Suisse, qui «ait été directeur de la Compagnie des ludeseu France, rassembla un grand ««mitre de ses compatriotes, à la tête desquels il demanda an gouvernement

Angleterre la permission de former un établissement particulier dans la | «nelle-Géorgie. Non seulement elle lui fut accordée; mais; ayant obtenu de . mur ,1e France, à la prière de sa majesté britannique, la liberté de s'embuer à Calais, les Anglais lui firent l'honneur de l'envoyer prendre par „„

sseau du roi, qui le transporte heureusement à Savannah. Il , bâtit une

e qu'il nomma Purisbourg, à vingt-quatre milles de celte des Anglais J» te bord septentrional du même fleuve. On , comptait cent maisons dés

■ les emigrants de Strasbourg avaient aussi formé leur établissement au des m do la ville anglaise, et lui avaient donné le nom d'Ebonezer; mais divers

«aivémenls qu'ils n'avaient pu prévoir les dégoûtèrent bientôt ,1e ce lieu pur arent souhaiter d'être llanslërés à l'embouchure du Savannah Le bal

» V an-Reek , qui les commandait, n'eut pas plus lût appris te retour ,1'OIeppe, qu'il le pria d'approuver ce changement. Oglethorpe ne rejeta point

<" demande; mais il voulut reconnailre par ses propres jeux la justice do 1rs plaintes. Ce délai pouvait passer d'ailleurs pour un acte d'autorité, pro- "* à confirmer la suprématie des Anglais. Il fit dans la même vue non seulelotie voyage d'Ebenezer, mais en même temps celui des autres élablissefe|Hs étrangers. C'est à sa relation qu'on s'attache ici.

« le me rendis d'abord 4 la planlation du chevalier François Bathurst six Ptai au dessus de Savannah. J'y montai à cheval, et de là, par un moulin à "•rétabli par quelques Anglais, j'arrivai te soir du même jour à Ebenczer ™ Strasbourgeois y avaient déjà construit un beau pont de bois sur le fleuve' | w ville était composée d'un bon nombre de cabanes , toutes de planches

exception de quatre grands édifices de briques et de charpente, deux desl J* tenaient lieu d'église et servaient aussi de logement aux ministres- le

«lême était une école, et le quatrième un magasin public. ,e f„s surpris g "'s habitants pensassent à quitter un établissement si avancé et je m'ef , »> de leur oter ce dessein de l'esprit; mais ils insistèrent et joignirent à

■ motifs tant de prières cl do larmes, que je fus obligé de me rendre, el je , mis de leur tracer le plan d'une antre ville dans le lieu qu'ils désiraient. ^ ai passer la imita la plantation de M. Pury , et dés le lendemain je relonrfe,ïVannah' A'"i''e Parlis aussil°l Pour aller prendre possession défile

'-Simon; ce fut un voyage d'environ deux jours. En arrivant dans cette

île, je Os mettra la main au travail. On eut bientôt élevé quelques maisons de tas, couvertes de feuilles de palmier, avec un cellier el un magasin. » traçai le plan d'un fort à quatre bastions.

. De là, j'allai visiter les monlagnards écossais dans leur ville do Daricn. «' me firent loule sorte d'honneurs ; je les trouvai souslos armes, aven km» plaids, leurs sabres, leur boucliers et leurs mousquets. |î„ rcnniiaissano', je me Os habiller à leur mode, et je gardai celte parure pendant quelques in'»5

que je passai avec eux. Ensuite, étant retourné à l'Ile Saint-S , j'y press»'

si vivement le travail, que, dans lVspacode six semaines , j'eus la satis&elM (le voir le fort achevé et Irentc-sept maisons régulièrement Inities Leforl I'»1 nommé Fredenea. La ville est derrière, dans un territoire commode *4 l'avais tut la division; et je mis chacun en possession de son terrain, pour» bâtir et 1 améliorer à son gré. Tout ce qui avait clé déjà se,,,,', et planté du» les terres voisines fut déclaré commun pour l'utilité publique.

. Quelques jours après mon arrivée dans l'Ile Saint-Simon, le mico Ton* kicni et son neveu, escortés d'un grand nombre d'Indiens , m'apportèrent un"

provision de chair de daim et d'antres bétes fauves, qui répandit l'ai 0»

dans la colonie. Ils me dirent que leur dessein était d'aller à la chasse du V* no jusqu'aux frontières espagnoles ; mais , jugeant qu'ils cherchai™, l'o«* sion de tomber sur les gardes d'Espagne, que notre faiblesse nous oblige » ménager, je leur lis suspendre leur projet , en leur disant quo je voulais 10

de celle expédition. Le lendemain , ils me conduisirent dans une Ile à l'eu, '

ebure du détroit de Jekil, où , remarquant un terrain élevé qui commanda " rivière , je laissai un détachement d'Écossais sous la conduite do M MaoW' après leur avoir tracé le plan d'un fort, dont ils souhaitèrent que le non. » Saml-Aiidré; mais l'Ile fui nommée Cumberland.

■ Le jour suivant , nous passâmes le Clogolbor , autre bras do l'Ai; M™

et je découvris une aulre belle lie, longue de seize milles, mm[ -<0r

gers, de m, rtes e, de vignes sauvages, à laquelle je nal le ,,„ 'A »

^troisième jour, arrivant auprès de la vedette es,,;,,,, , le8 Americ s *

*B) "™V ta"7 d6™i ">™ PO«r leur en èter |e pouvoir, |a les laW

dans une Ile, et, descendant par la rivière SainWean , je doublai I i""

Saint-Georges, ,,,„ esl la partie septentrionale de celle rivière cl I i»»"

pins méridionale des possessions anglaises sur la cote „ ,„,,.... -

Nous ne pouvons suivre la marche de ect étahhssemenl i parvinl I

lot a un haut degré do prospérité; nous ne parlerons point non plus ,1c I '

roline.n, d autre, colonies moins importantes, dont l'histoire n'offrirait tr/"" minée intérêt, tes terminerons ce q„i rCgarde les colonies anglaises sur » continent américain par quelques observations générales, d'autanl «•«*'

— 37S — Suspectes qu'elles sont d'un étranger et d'un catholique qui visita ce pays eQ 1745; elles pourront donner une idée de ce qu'étaient a leur origine ces Bruissements si célèbres.

"Ce ne sont pas seulement les cotes, dit Llloa, qui sont habitées et peu- Spes d'Anglais ; tout l'intérieur du pays, à plus de cent milles de la mer, l'est Clément. On n'y rencontre que des villes, des bourgades, des villages et j^8 maisons de campagne. Tout est défriché, cultivé, fertile. Ainsi, cette laveuse nation jouit du fruit de son travail, sans cesser de cultiver la terre , 611 se reposant, comme d'autres , sur de vaines idées de fertilité naturelle du Bïs. Boston, capitale de la Nouvelle-Angleterre, est si grande, si bien f»e, si opulente, qu'elle peut être comparée aux plus florissantes villes de

Europe.

' L'assemblage de tant de nations différentes qui composent les colonies jBglaises du continent rend le nombre de leurs habitants si considérable, S1 elles forment un vrai royaume, dont l'étendue, quoique moins grande sur ' côte que celle de quelques pays de l'Amérique , est plus considérable que

«e de beaucoup d'autres dans l'intérieur des terres, qui ont d'ailleurs l'a- ''"lage d'être extrêmement peuplées. lia diversité d'Origine n'empêche pas que

111 de colons ne soient soumis aux mêmes lois civiles ; mais quant à la reli- Wû, la tolérance y est généralement établie pour toutes les sectes connues.

ft,y a d'excepté que la seule religion romaine.

* Tout le pays abonde particulièrement en bois de construction pour les , '^eaux : aussi s'en fabrique-t-il une quantité considérable dans tous les ports

côtes. Cependant l'opinion commune est que ce bois n'est pas de la

""'Ufiiiv qualité, et que les bâtiments qu'on en construit ne durent pas plus 'J nuit ou neuf ans. De là vient qu'on ne l'emploie guère que pour les bélanp8, les brîgantins, et d'autres bâtiments du même ordre, t ' Des contrées si peuplées ne se soumettent au prince qu'autant que ses lois ! '"' plaisent. La douceur du gouvernement le fait chérir. Un gouverneur es! .wdéde tons les habitants comme un concitoyen qui est chargé de veillera ureté commune et au bien public; ils se taxent eux-mêmes bour son cnirejt '' et celui des juges. Ils ne paient aucune autre espèce d'impôt ou de te 'UL' C'est pour se mamten»r dans la jouissance de ces exemptions qu'ils ne ^""''eiil ni places fortifiées, ni garnisons, dans la crainte que le prétexte ^ lea dérendre ne devienne un piège pour leur liberté. Toutes ces provinces I "^'U être regardées comme une sorte de république qui, suivant en partie q "|li politiques d'Angleterre, réforme ou rejette celles qui lui paraissent . lr;i'res à ses libertés. Les villes, les bourgs et les villages son! ses forle- ''"*■, et les habitants en sont les garnisons. Ils vivent entre eux dans une

union qui les forait prendre pour des enfants d'une même famille. Les grand3 et les riches ne s'y distinguent point des pauvres par l'orgueil et le luxe. U diversité même de religion , entre cinq ou six sectes différentes , ne produ'1 point les divisions ordinaires sur un point si délicat; et la diversité de nation entre des Européens , des créoles, des métis et des Indiens, n'altère jamais la tranquillité du gouvernement établi par les premiers. Une société si bien réglée ne saurait manquer do s'accroître et de prospérer. Les jeunes gens s'y carient dès qu'ils ont atteint l'âge viril , parce qu'il leur est aisé d'acquérir de quoi subsister ; le pays est assez grand , assez fertile pour fournir des terres aux nouvelles familles : et c'est ainsi que l'accroissement de la population ne se rclàcbe jamais, surtout dans un climat et sous des lois qui éloignent pre8que également les maladies et la débauche.

» Il est remarquable que , dans une si florissante colonie, la monnaie courante ne soit pas de métal, et qu'elle ne soit que de papier, avec la fora»3 ordinaire de la monnaie. Chaque pièce est composée de deux feuilles ron*8 collées l'une sur l'autre et portant de chaque côté l'empreinte qui leur appartient. Il y en a de toutes valeurs. C'est avec ces espèces qu'on acliét*' qu'on vend , en un mol qu'on fait tout le commerce intérieur. Mais coin"1" le papier se salit et s'use, chaque province a son hôtel do la monnaie on I'»" prépare les pièces. Outre cet hôtel général , il y a des maisons particulier" pour la distribution. On y porte les pièces usées ou trop sales. Des office en remettent autant de neuves qu'on en apporte de vieilles. Ils seraient M* honorés par le moindre défaut de bonne foi , et l'on n'a point d'exemple q«'^ en aient jamais manqué. On croit en trouver la raison dans les maximes deS quakers, qui furent chargés des premiers règlements, du maniement, de1' distribution, de la fabrique des monnaies, non seulement dans la PensyW nie, dont ils furent les premiers colons, mais dans d'autres provinces où ils s'établirent. On sait que, malgré plusieurs rites extravagants, ces seotail* sont estimables par l'exactitude qu'ils apportent à l'observation des lois naturelles ; ils la poussent jusqu'à la superstition ; et l'on n'ignore pas non l>lll! que, toutes les persécutions imaginées en Angleterre pour les forcer a çtét» les serments prescrits par la loi n'ayant pu les y faire consentir, le pari™»'»' se vit dans la nécessité de statuer que la simple parole des quakers aurai! I' loir.- d'un serment solennel. Celle opiniâtreté, qui mérite peut-être un »"* leur nom , les a suivis dans les colonies d'Amérique , où ils jouissent du nié»»' privilège; et l'on juge que l'exemple de leur droiture et de leur équité [*'"' s'être communiqué aux autres sectaires. Comme il est inouï que les olI'«*'rS de la monnaie aient manqué à la confiance publique, ce serait un scandai0'1" premier ordre que de former le moindre soupçon sur leur bonne foi.

Jim™

I OT n

■ Les négociants vendent les marchandises de l'Europe, et reçoivent en

Mwmen l cette monnaie , dont il» achètent ensuite des marchandises du pays

* ils envoient vendre ailleurs par leurs correspondants, et dont ils tirent dé

»»nes espèces d'or et d'argent, pour les placer à la banque de Londres

ayant besoin ni d'or ni d'argent monnayés dans le pays même, ils achètent,

« les retours annuels do leurs gains , toutes les marchandises qui leur con-

«nnent , et les font apporter à Boston pour leur compte : ce qui entrelient le

oniraerce d'un coté a l'autre. Ainsi, l'or et l'argent monnayés ne sortent

l°mt d'Angleterre, et les riches habitants do Boston ont à la fois le manie-

jnt de deux fonds, celui des marchandises et de la monnaie de papier, et

Put qui leur revient de la banque , où le capital demeure toujours sans dimi-

'ation. »

! H nous resterait à parler de la Nouvelle-Angleterre et du New- York; mais J* origine fut à peu près celle des autres colonies, et, à moins d'entrer dans domaine de l'histoire, nous ne pourrions que reproduire presque les mômes ^«instances. Depuis le traité do 1763 , par lequel les Espagnols cédèrent aux Jglais toute la Floride proprement dite et une partie de la Louisiane, en 6C»10 temps que les Français cédaient a ces mêmes Anglais tout le Canada', la ^Snde-Bretagne se voyait maîtresse de toutes les cotes de la partie septén- IIJnalo du nouveau monde depuis le golfe du Mexique jusqu'à la baie d'Hud- , tt> et, à l'exception de quelques établissements espagnols sur leMississipi, Anglais étaient les seuls Européens qui dominassent dans ces vastes et

rWentes régions.

Mais cette contrée devait bientôt donner au monde le plus étonnant

Pectacle, et fixer une des époques les plus remarquables de l'histoire, sous ta ausP'ces de Franklin , do cet homme qui sera à jamais célèbre pour avoir ^ U plus grande découverte physique de ce siècle et la plus grande révolu-

* Politique. Cette révolution, commencée par des marchands et des culti- ^ Ura, a été soutenue par un autre homme, que l'on peut appeler le Fabius ^ Amérique, et qui a compris que, dans la cause qu'il défendait, il suffisait, l'A V!l'ncre ' fle n'être pas vaincu. Les lois constitutives des Etats-Unis de iç I (:ri(lne septentrionale forment un code aussi remarquable dans les annales k n. P^Uosophie , que l'événement qui l'a occasionné l'est dans les annales de ol|hque. Elles constituent la démocratie la plus pure qui ait encore existé , 11*1! un des plus beaux monuments de la sagesse humaine. Mais laissons à J1""''' ees événements, et portons nos regards sur les voyages et les établis- 'Wf'nls des l''mi(.';iis dans cette partie du continent américain, qu'ils ont ls entièrement abandonnée.

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