ETABLISSEMENTS FRANÇAIS BANS L'AMÉRIQUE MI NORD
Lutte dos Fiançais et des Kspeesiels. IJchs-sso d'un vaisseau. Repas de etiuiv lunnaine. Mnuus des Floride
Quelque la Floride doive ce nom t un Espagnol nommé Fernand de SoM i
qui aborda tuf ffltllJODl i 1"31 , un jour dé PSque Henri; quoiqu'un M'"
Espagnol, Poncé Léon , passe pour avoir découvert celle contrée vingl ■<"' auparavant, cependant les Français revendiquent l'avantage assez frivole d'*' voir reconnu les premiers celte presqu'île. Nous n'entrerons point dans la d#
cession de ees voyages, qui n'ont point le suite, cl dont l'époq si ttf*
testée. Nous no nous arrêterons qu'a ce qui parait prouvé par des moiiium'i'" liisloriques. Les Français n'ont point eu d'établissements connus dans la 1* ride avant 1861 , et les Espagnols j possédaient déjà le fort Saint-AugustW' et étaient assez puissants pour ruiner les premières entreprises des Franc»!* CotiMi étalent conduits par un Normand nommé Riliaud , qui partit sons'1" mspices de l'amiral do Colignj, dont lo nom se trouve souvent à la tète il'»'
expéditions lointaines, que sa politique conseillait , niais
que son génie ni1
mail pas. Il voulait balancer, s'il eut été possible, la puissance osp; oie "
le nouveau monde , et il regardai! d'ailleurs ces colonies dans un autre lié»"'
s '''" mmm° •"' asylopour ses frères protestant», persécutés dan» le nOt«
C'est dans colle double vue qu'il encourageai! ces c ses maritimes, I"""'
lesquelles inéme il obtint plus d'une dis la prol |;l ,.,„„.. Mais »"'
guère» civiles c èclièronl qu'on ne suivit les projets de ce grand homme, *
qu'on no soutint d'une manière convenable les entreprises don! il était I '»"' ' r; aussi furent-elles mallicurouscs. Lu jalnusir s Espagnols , le "
soin qu'on prit de se concilier l'affection îles sauvages, le défaut d'union et* discipline, ruinèrent la colonie naissante do Itibaud, dans lo temps même </'' était allé demander en France de nouveaux secours. Le commandant 'i"' ''' remplaçait perdit tout par sa mauvaise conduite. Les vivres manquèrent dW
,ne terre fertile que personne no s'avisa de cultiver, parce qu'on n'y était venu wreher que des mines : il semblait que le nouveau monde ne dût produire l^ de l'or. Du moment que les habitant* refusèrent dos vivres , le besoin
e «t sentir, sans que l'on songeât à y remédier. On ne pensa qu'à la fuite.
es mêmes colons, qui n'avaient pas le courage si facile d'être cultivateurs |l0"r avoir du pain , eurent l'étonnante industrie de bâtir un vaisseau pour ^tourner en Europe , et devinrent charpentiers et forgerons sans avoir manié ' Rutila de leur vie, et sans aucun des secours qu'exigeait une pareille eon- ''''"'-'lion. La mousse, et cette espèce de lilasse qui croît sur les arbres de la 0r'de, servirent d'éloupes pour calfater le bâtiment ; les chemises et les
Fapsdelil servirent à faire des voiles; on fil des cordages de l'écorce des ar-
**J enfin, le navire fut achevé et lancé à l'eau.
L'embarquement ne fut pas différé d'un seul jour, et la même confiance qui ^it fait entreprendre la construction d'un vaisseau sans matériaux cl sans c'lvriers lit affronter tous les périls de la mer avec des soldats pour matelots. J qu'il y eut de plus étrange, c'est que la disette, le seul mal réel qu'on
'"Hait éviter, fui celui contre lequel on ne prit point de précautions. Les ^turiers n'étaient pas bien loin en mcrt lorsqu'ils linvm. Arrêtés par un * '"io opiniâtre , qui leur (il consommer le peu do provisions qu'ils avaient **arquées. La portion fut bientôt réduite à douze ou quinze grains de maïs
•jour. Celle faible ration n'ayant pu même durer long- temps, on se jeta ^.'''"'l'd sur les souliers, el tout ce qu'il y avait de cuir dans le vaisseau fut . vÇré. L'eau douce manqua aussi tout à fait. Quelques uns voulurent boire
e ''eau de mer, qui leur causa une mort violente. D'un autre côte , le hàlipt faisait eau de toutes paris, et l'équipage, exténué par la faim, n'était J> Capable de travailler à la pompe. Chaque circonslance n'offrît alors qu'un J* de désespoir. Dans celle affreuse situation , quelqu'un eut la hardiesse ^re qu'un seul pouvait sauver la vie de ions les autres, aux dépens de la He; et non seulement une pareille proposition ne fut pas rejelée avec hor- „*» mais elle fut applaudie. On était prêt à meitre au sort le choix de la vie- |1(j u> lorsqu'un soldat , qui se nommait Lachau, déclara qu'il offrait sa vie
0 '''fulrr de quelques jours la mort de ses compagnons. H fut pris au mot : %>rgeaBiir-le-ûbamp sans qu'il fit la moimlre résignée. Il ne se perdit pas
^SouttedCBonsangî ions en luiront avec la mèmeavidilé, et, le corps ayant ,*>» en pièces , chacun en obtint sa pari. Ce prélude eut élésuivi sans doute ta, !! fâcherie beaucoup plus sanglante, el la disposition des victimes n'eût
1 ^ consultée, si bientôt on n'eût aperçu la (erre, el presque aussitôt un ^»U qui B'approohait, Il fut attendu : c'était une frégate anglaise, dans la-
(' 'I se trouva un français, du nombre de ceux qui étaient partis de la
Ftonde avec Ribaut. On apprit de loi q„e la guerre civile, rallumée « France plus vivementque jamais, n'avail guère permis à l'amiral do s'ocotp« de sa colonie; mais qu'après la paix qui venait de se conclure, il avait apport! tous ses soins au soutien de cet établissement.
En effet , il n'eut pas plus tôt obtenu la liberté de reparaître à la cour q»ïl engagea le roi Charles à lui donner trois navires bien équipés pour envoi" des vivres à Charles-Fort : c'était le nom do la colonie française. Le commandement en futeoniié i René Laudonniére, gentilhomme d'un mérite connu, l»« officier de marine, qui avait embrassé ce parti après avoir servi sur terre a<« distinction. Il avait été du voyage de Ribaut. On lui donna d'habiles ouvrit* dans tous les arts qui conviennent au besoin d'une colonie. Beaucoup de jeun» gens, entre lesquels on en comptait plusieurs d'un nom distingué entreprirent le voyage à leurs frais, et l'on y joignit des soldats exercés dans leur pi» fess.on. On observe que l'amiral prit soin d'exclure de cet armement tous I catholiques. Le roi fit compter 60,000 écus à Laudonniére. Les deux prend vaisseaux de l'escadre avaient des pilotes d'âne expérience consommé,, dan* leur art. Le voyage fut heureux : il semblait que les affaires dussenl pronil* une nouvelle face. On construisit le fort de la Caroline sur la rivière de nA à deux lieues de la mer, dans une situation plus favorable que la premiWi on combattit avec avantage les peuplades voisines. Mais toute cotte fo* d'aventuriers et de gentilshommes, qui avait do la valeur, no connaissait»' le travail, ni l'obéissance. On se mutina contre les chefs, on maltraita les sauvages, et bientôt l'on éprouva tous les maux, effets inévitables de ces dé**" ares. Le retour de Ribaut no put réparer les affaires , et enfla les Espagne» vinrentà bout de détruire sans retour les établissements français. Cette &* mère révolution no peut être mieux rapportée que dans les termes de H* quenl autour de YHMoire du commerce des deux Indes. . Philippe II accoutumé à s'attribuer la possession exclusive do l'Amérique, instruit des lentati* de quelques Français pour s'y établir, et de l'abandon où les laissait lego»' reniement lu partir de Cadix une llollo pour les exterminer. Ménendes , fl»1 la commanda,! arrive à la Floride; il y trouve les ennemis qu'il cherchai! S* bits au fort do la Caroline : il attaque tous leurs retranchements , les w&*» 1 epee à la main , et fait un massacre horrible. Tous ceux qui avaient écliapP* au carnage furent pondus à un arbre, avec celle inscription : Non »»»'"' Français, mais comme hérétiques.
, Loin de songer à venger cet outrage, le ministre de Charles IX so réjou» en secrcl de l'anéantissement d'un projet qu'à la vérité il avail approuvé, m* qu'il n'aimait pas, parce qu'il avait été imaginé par lo chef des huguenots, » qu'il pouvait donner du relief aux opinions nouvelles. L'indignation puDlW*
fit (jue l'affermir dans la résolution de ne témoigner aucun ressentiment II
Bit reserre à un simple particulier d'exécuter ce que l'état aurait du faire
«unique de Gourgue, né au Mont-dc-Marsan en Gascogne, navigateur
Me et hardi, ennemi des Espagnols, dont il avait reçu des outrages person-
», passionné pour sa patrie, pour les expéditions périlleuses et pour la
«■«e, vend son bien, construit des vaisseaux, choisit des compagnons di-
' » de lui , va attaquer les meurtriers dans la Floride , les pousse de poste
Posle avec une valeur, une activité incroyable , les bat partout, et, pour
»oser dérision à dérision , les fait pendre à des arhres, sur lesquels on écrit :
" comme Espagnols, mois comme assassins.
» L'expédition du brave de Gourgue n'eut pas d'autres suites : soit qu'il man- ' « de provisions pour rester dans la Floride, soit qu'il prévît qu'il ne lui vien- '»'t aucun secours de France, soit qu'il crût que l'amitié dos sauvages Unirait J* les moyens de l'acheter, ou qu'il pensât que les Espagnols viendraient l'ac- ( ter, il lit sauter les forts qu'il avait conquis, cl reprit la route do sa patrie. Il pt reçu ,ie tous les citoyens avec l'admiration qui lui était due, et très mal par ( *ur..ll futobligé de secacher pour se dérobera la vengeance des Espagnols; a cour ,1c France , alors gouvernée par Philippe II, lut sur le point de sacri- W le seul homme qui eut pris le soin de le venger. L'Europe vit avec indi- ^ l:||ioi, ce traitement aussi lâche qu'injuste. La reine Elisabeth offrit sa prol|on à un brave homme qu'elle aurait désiré d'attacher à son service. Il eut la c°re la générosité de se refuser à ses offres, et Charles IX rougit enfin de .Persécuter : on le laissa vivre dans sa patrie ; mais il y mourut sans avoir * ^compensé.
^'udonniére nous a laissé des détails sur le caractère des peuples voisins ^anciennes possessions françaises dans la Floride , avec quelques observais,"" Sul' los ProP™lus du pays. Mais deux siècles écoulés, et la domination 'Snole, ont apporté des changements dans cette contrée, et ce qui suit *it être entendu rigoureusement que du temps où Laudonnière écrivait. Les Fluridiens de ce canton , dit-il , sont bien faits , braves et fiers , quoi- """ traitantes, lorsqu'on sait les prendre par la douceur. Ils n'ont pas
CrUaulé des Canadiens
Ht»
pour leurs prisonniers, et quoiqu'ils soient onlhro-
Msi "5''° comme eux, ils no poussent pas l'inhumanité jusqu'à se faire un ,, J*« de voir souffrir un malheureux captif, ni un art de le tourmenter. Ils ( Mentent de réduire à l'esclavage les femmes et les enfants qu'ils enlé- W "s imiliolent les hommes au soleil , et se font un devoir de religion de [):,,*" ';' et™1' do ces victimes. Dans les marchés et dans les combats, les ^hn tÎB Sont touiours à la te16 de Ieurs troupes; le bagage est porté par les aPurodites , dont Laudonnière assure que le nombre est grand parmi ces
Sayvages. Un de leurs usages est d'arracher, comme chez les nations qui plus au nord , la peau de la tète de leurs ennemis après les avoir tués ; wjm dans les réjouissances qui suivent la victoire, ce sont les vieilles femmes qui8* parent de ces chevelures. Il paraît que le soleil est leur unique divinité , on # moins tous leurs temples sont consacres à cet astre; mais le culte qu'ils rendent varie avec les cantons. La polygamie n'est permise dans la FlOïi qu'aux paraoustis ; ils ne donnent même le nom d'épouse qu'à une de le^ femmes; les autres sont de véritables esclaves, et leurs enfants n'ont aU« droit à la succession du père. On rend de grands honneurs à ces chefs pendj leur vie, et de plus grands encore après leur mort. Le lieu de leur sépultH est environné de flèches plantées eu terre, et la coupe dont ils se servaj pour boire est placée sur la tombe. Toute l'habitation pleure et jeûne pend trois jours. La cabane du mort est brûlée avec tout ce qui était à sou usai comme si personne n'était digne de s'en servir après lui ; ensuite les femll se coupent les cheveux, et les sèment sur le tombeau, où plusieurs vont tow tour, pendant six mois, pleurer trois fois chaque jour. Les paraoustis f bourgades voisines viennent aussi rendre en cérémonie les derniers dovoi$l leur allié. Presque toute l'éducation qu'on donne aux enfants est de les effl cer à la course , sans distinction de sexe. Aussi tous les Américains du pas hommes et femmes, sont d'une agilité merveilleuse; on les aperçoit plus LôU' sommet des plus grands arbres qu'on ne les y a vus grimper. Ils ont une 4 trènie adresse à tirer de l'arc et à lancer une espèce de javelots qui les rend» plus redoutables à la guerre que leurs mucanes ou massues. Enfin ils nag^j avec beaucoup de vitesse; les femmes, enargéesde leurs enfants, qu'elles i,Lhl" tent entre leurs bras, passent de grandes rivières à la nage. »
Premiers éUMisserncnb. Yspi-ci .lu pays. Commert par leurs pères. Vieillards U
Massacre des Français. Jîniatils niaufc^ I par leurs eul'aiils.
Les tentatives des Français dans l'Amérique, depuis François I- j»^"'. Henri IV, se bornent à ce que nous avons dit de h Fïoridc et du Brésil ,* quelques expéditions qui n'eurent point de suite. La première qui soi' j quelque importance est du commencement du dix-septième siècle. C*»1 **J de Champlain , gentilhomme de Saintonge, navigateur célèbre , dont u" ^ niiué dans les Etals-Unis oorte encore le nom, Champlain lit pturiott» V°J'
^esen Amérique, d'abord sous les ordres du vice-amiral dcMuiz, qui bâtit Or!-Uo\id, aujourd'hui Annapolis, dans Mendie; ensuite à la tête d'une WOipagnie de marchands, qui jeta en 160S les premiers fondements de Qué- ^ sur les Lords du lleuve Saint-Laurent, que Cliamplain avait remonté justo'à vingt lieues au delà de sou embouchure. Le Florentin Vérazani avait d&- Cfll|vert autrefois cette côte, Terre-Neuve et la baie d'Uudson , lorsqu'il Fut en- Wé en li^'i par François 1er pour chercher par le nord une route dans la nier 'uSu<|. La colonie du Canada fut longtemps languissante et combattue par r Anglais, avec une alternative de bons et de mauvais succès. Sou objet ''l'icinal était le commerce des pelleteries. Montréal, autre établissement for- Il(; dans une des îles du fleuve Saint-Laurent, accrut encore la puissance ''"'..'■use dans ces contrées. On s'allia avec quelques nations sauvages, et l'on la guerre à d'autres. Cependant des pêcheurs normands, basques et bre- JiJs. fréquentaient les côtes d'Acadic, Terre-Neuve et la baie d'Uudson, Ï* ils disputaient aux Anglais. Dans le récit de o
c ces guerres , qui n'entre point 's notre plan, on trouve quelques détails sur la baie d'Hudson , qui méri- 1 que nous nous y arrêtions un moment. Nous parcourrons ainsi de suite autres contrées où les Français ont eu des établissements, avant d'entrer ls la description générale du nurd de l'Amérique. Voici comment s'expliquent les relations françaises : a Après qu'on a (tou-
ffe pointe septentrionale de l'ile de Terre-Neuve, en faisant te nord-nuest et
, '"tyant toujours la terre de Labrador , on s'élève jusque vers les (i:i degrés de
' "ude nord , et l'on trouve un détroit qui porte le nom d'Ibulson. Ce détroit
I ""'l sud-est et nord-ouest , et sa sortie est par les (iï degrés. Eu cet endroit,
. I:"''u forme une mer intérieure qu'on nomme improprement la haied'llud-
k > car du nord au sud elle a près de trois cents lieues de longueur , sur une
§eilr de pius de deux cents, qui se rétrécit en quelques endroits jusqu'à
^te-cinq lieues. Son extrémité méridionale est par les 51 degrés de latitude
d- Rien n'est plus affreux que le pays dont elle est environnée. De qitel-
côté qu'on jette tes yeux on n'aperçoit que des terres incultes et sauvages,
es rochers escarpés qui s'élèvent jusqu'aux nues, entrecoupés de pMftra-
ravines et de vallées stériles, où le soleil ne pénètre point , et (fUB (es nei-
i °u les glaçons, qui ne fondent jamais, rendent absolument inaccessibles.
i '"f'i' n'y est bien libre que depuis le commencement de juillet jusqu'à la fin
^'Membre; encore y rencontre-t-on quelquefois des glaces d'une énorme
j r*®llp 4lli jettent les navigateurs dans le plus grand embarras. Lorsqu'on
y nse le moins , une marée , ou un courant assez fort pour entraîner le na-
q ,'' l'investit tout à coup d'un si grand nombre de ces écueils flottants,
Ussi loin que la vue puisse porter on n'aperçoit que des glaces. Il n'y a
pas d'autre moyen tic s'en garantir que de se grapiner sur les plus grosse et d'écarter les autres avec des gaffes. Mais dès qu'on s'est ouvert un passflffl il faut en profiler au plus tôt, car, s'il survient une tempête pendant qu'on ^ assiégé de glaçons , quelle espérance de s'en tirer? »
La longueur du détroit qui mène dans celte mer est de cent vingt HeueS' * l'entrée on trouve une île nommée la Résolution, ensuite les îles de Charfôf1 de Salisbury et de Nottingham dans le détroit , et celle de Mansfleld à lVl1!' bouchure intérieure. Des deux côtés, les lerres sont habitées par des $$* maux. La côte méridionale est connue sous le nom de Terre de Labrador/ celle du nord sous autant de noms qu'il y a passé de navigateurs de dîflW' les nations, qui s'attribuent l'honneur de la découverte.
Les Anglais bàlirent à la rivière de tlupert le Charles-Fort, où ils vécui'1'11' d'abord dans de petites hultes ; leur principal soin était de se défendre <& pluie et du froid , mais bien plus souvent du froid que (le la pluie. L'île CM'' les-Town , à l'extrémité méridionale de la mer, est d'un aspect extrême"1^ singulier. Elle est non seulement couverte de mousse fort verlc, mais i'('|U' plie d'arbres , surtout de bouleaux , de sapins et de genévriers , ce qui * une perspective si riante pour ceux qui arrivent après un voyage de 1$ mois dans la plus dangereuse des mers , qu'ils croient voir naître tout d" coup le printemps. Découvrir de la verdure et des arbres qui étendent a|P* blemenl leurs branches au milieu des glaces et des neiges, c'est un spec»f qui cause la plus étrange surprise et le plus délicieux plaisir. L'air, qu°'^ plus proche du soleil que celui de Londres, qui n'est qu'à 51°, est d'un fr°\ excessif pendant neuf mois. Les trois autres sont chauds, mais tempérés r les vents du nord-ouest. Le terrain, à l'est comme au couchant, ne ç?0 aucune sorte de grain.
Les marchandises dont on tire le meilleur parti dans la baie sont le8 sils , la poudre à tirer, le plomb , les draps , les haches , les chaudrons et W
bac, qu'on y troque avec les Indiens pour diverses pelleteries. Ceux-ci *
nent pour un fusil dix bonnes peaux de castor ; une peau pour une demi'* ( de poudre ; une pour quatre livres de plomh ; une pour chaque bâche ; " ,( pour huit grands couteaux : une pour une demi-livre de grains de verre ; J pour un habit de bon drap; six pour une livre de tabac ; une pour une g*8* boîte à poudre, ou pour deux petites ; une pour chaque livre de fonte daBSchaudron; deux pour un miroir et pour un peigne. L'auteur de la rel^jj, donne à juger, sur ce comple, quels durent être les premiers gains de la * pagnie : il les fait monter à trois cents pour cent. |](.
L'hiver y est extrêmement froid; il commence vers la Saint-Michel. *'^ ;1 finit guère avant le mois de mai. Au mois de décembre , le soleil s'y coU**8
llll| llll|l
llll l|W l|HH |HH |IIHI 10 11 12 13 14
uni mil uni
«x heures [rois quarts, et se love à neuf heures. Dans les beau* jours do >a , ou l'air est un peu plus tempêté, on est surpris de la quantité de perle et do lièvres qui s'y rassemblent. Jérémie, commandant français au fort 'Son , qui fut pris depuis par les Anglais , et se nomme aujourd'hui le fort f Wk, eut la curiosité do compter combien tes chasseurs on apportaient • » un hiver. Entre quatre-vingts hommes, il se trouva, au printemps, | M i y avait mangé quatre-vingt-dix mille perdrix et vingt-cinq mille lié, res. a ta d avril , les oies , les outardes et les canards y arrivent dans la même °n< tance, et ne sont pas plus difficiles à tuer. Ces oiseaux passent deux mois s le pays. On donne aux sauvages une livre de poudre et quatre livres de «M. pour vingt oies ou vingt outardes qu'ils sont obligés d'apporter au fort. « cariboux ou rennes passent deux fois l'année, et leur p
, r premier passage es!.
«s le cours de mars et d'avril. Ces animaux, qui viennent du nord pour algau sud , sont en si grand nombre qu'ils occupent plus do soixante lieues
• ""lue le long dos rivières, et Jérémie no craint point d'assurer que les «uns qu'ils font dans ta neige sont plus entrecoupés que les rues do Pa-
' • tes sauvages font alors dos barrières avec des arbres culasses les uns sur , autres , et laissent par intervalles dos ouvertures ou ils tendent des pièges g quantité de cariboux qu'ils prennent est incroyable. Le second passage,°ou
retour, est dans le cours de juillet et d'août.
La pêche est une autre ressource en été pour les Européens de la baie d'IIud-
s°». Ils
ne manquent point de tendre des lilels qu'ils i
- .... xu,> l'un" ne ituiu ç ut, iiieis qu us ne reliront jamais sans
|t| ''aiicr diverses sortes d'excellents poissons, tels que du brochet, de la j* , de la carpe , et surtout un poisson blanc , a peu prés de la forme du Ç»g , auquel Jérémie ne croit point qu'il y en ait de comparable dans tout t "vers. On en tait d'abondantes provisions pour l'hiver, et la seule manière
« conserver est de le mettre dans ta neige : il s'y gèle, et ne se corrompt , "• jusqu'au retour de l'été. La viande même et toutes les espèces de gibier ^j» conservent pas autrement. . Ainsi , conclut le même voyageur, quoique fj||, un mauvais climat, on n'y manque d'aucune des nécessités de la vie, lors- »» s," J recoit do ''Europ» du pain et du vin. Quoique l'été y soit 1res court,
S1 fait de petits jardins qui produisent de bonnes laitues, des choux verts,
""lies herbes qu'on prend soin de saler pour l'hiver. « t «gré ces secours, la compagnie de Québec ayant laissé passe,- quatre i il lui '°S sans renouveler les munitions et les marchandises du fort, Jérémie, : i[|r'' S'ait pas cessé d'y commander, s'en trouva si dépourvu , qu'il ne pu |(1 nucr la traite avec les sauvages. En 1712 il so vit forcé, au mois de j - *l»itf "myer "ne I'aM'e lfc ses gens à la chasse des cariboux. Sa garnisi : «t affaiblie. . Je lis partir, dit-il , mon lieutenant , les deux commis :
cinq do mes meilleurs hommes , auxquels je m'étais efforcé de donner une»f «ez lionne quantité de poudre et de vivres. Us se postèrent malhetireuset»*1 proche d'un camp de sauvages qui manquaient de poudre, parce que, la cof servant pour ma sûreté et celle de mes gens , je leur refusais la traite. M barbares, se voyant comme bravés par les chasseurs français, qui tuaient Wf les sortes de gibier, et qui luisaient bonne chère à leurs jeux sans leur* faire pan, conçurent le dessein de les tuer pour se saisir de leurs armes et * leurs munitions. Ils en redoutaient particulièrement deux, qu'ils avaieni »'
connus pour les plus adroits. Une fête nocturne, dont nous connaiss s V
sage , leur donna l'occasion de les y inviter. Mes gens se tlé aient si peu d'i'»'
trahison, qu'ayant laissé partir leurs
compagnons pour le camp sauvage,
e couchèrent tranquillement. Les deux convives arrivèrent
au camp daii*^
mèmoconflance; mais en entrant dans l'enceinte, ils trouvèrent les An'1'' taras rangés des deux côtés, la hache et le couteau à la main , el furenl I»"' gnardés d'autant plus facilement , qu'ils étaient sans armes. Ces perlidos , "'. solos d'égorger aussi les six autres , se mirent en chemin avec leurs arffl*' feu , pour les attaquer pendant leur sommeil, lis commencèrent par une '" charge ; ensuite , se jetant sur eux la baïonnette à la main , ils les égorger*" avant qu'ils fussent bien éveillés. Il y en eut un néanmoins qui , n'ayanl * blessé que d'un coup de balle à la cuisse , feignit d'être mort. Les Amen*** le voyant étendu et sans mouvement, se contentèrent de lui ôter sa cherfli8*.1 comme à tous les autres ; et, dans la frayeur qui accompagne toujours l« '"' me, ils se hâtèrent de, piller la cabane pour fuir aussitôt. Le malheur»* Français retrouva la force de lever la tête lorsqu'il ne les entendit plus , <'' ses compagnons morts autour de lui. II se traîna jusqu'au bois, où , '"'""' naissant qu'il n'avait recule coup que dans les chairs, il arrêta son sang ;"" quelques feuilles d'arbres , el , dans cet état , il prit le chemin du forl !'" "" vers des ronces. Il était neuf heures du soir lorsque je le vis arriver nu ■ s:l" glant, et tel qu'il devait être après avoir fait dix lieues sans aucun ser»""'.
Qu'on jugedemasurprise et de ma douleur, surtout lorsqu'il m'eut au
la mort de mon lieutenant et de tous ses compagnons. Cependant je F***, d'abord à me tenir sur mes gardes, dans la lissent quelques tentatives sur le forl. L'an
■ainle que leurs meurtrier8
ut mise on état. Cnn" ne restait que neuf hommes autour de moi , il me parai impossible de ff*° deux postes, el je rappelai aussitol la pelite garnison de Phelipeaul, »""l forteresse française, pour faire garde nuit el jour, sans oser sortir du fort- l vénement lil sentir la nécessité de celle précaution. Ces barbares , .'qu'es «** avoir observés quelques jours, s'approcheront aussi do Pholipoaux , o*< "j,. percevant personne , ils pillèrent tout ce que mes gens n'avaient l»'1 ''"
[f"iips d'emporter, et s'emparèrent , entre autres choses, d'une certaine guanl|té de poudre tjue j'y tenais en réserve pour le dernier besoin. Ainsi nous Passâmes tout l'hiver dans le fort, sans vivres , sans pondre, menacés d'y Périr de misère, et dans l'appréhension continuelle d'y Cire attaqués par des traîtres affamés de nos marchandises. »
Un navire de la compagnie, qui arriva l'année suivante, fit renaître l'aboli- «Bee au Tort Bourbon; mais rien n'y était plus nécessaire que les marchandises do Unité, dont les sauvages avaient autant de besoin que les Français. La W» en avait fait périr un grand nombre. Comme ils ont perdu l'usage des "ôclies, depuis que les Européens leur portent des armes à feu, ils n'ont pas (l nuire ressource en hiver que le gibier qu'ils tuent au fusil. Jamais ils n'ont tenté de eultiver une terre dont ils connaissent la stérilité. Sans cesse errants au milieu des neiges, ils ne passent pas huit jours dnns un même lieu. .Téré- "iK' ,'tssure que, lorsqu'ils sont pressés par la l'ai m , les pères et les mères mm leurs enfants pour lis manger, et qu'ensuite le plus fort des deuv masge l'autre. Il ajoule que les exemples n'en son! pas rares. « ,1'en ai connu un , dil- 11 , qui , aptes avoir dévoré sa femme et six enfants qu'il avait d'elle, avouait (|u'il n'avait eu le cunir attendri qu'au dernier; qu'il lui avait donné m rang l'-'irce qu'il l'aimai! plus que les autres: qu'en ouvrant la léle pour maager la cervelle, il s'était senti touché, et qu'il n'avait pas eu la force de lui casser tes °spour en sucer la moelle. » On pourrait trouver ce récit peu vraisemblable s"r le témoignage d'un seul voyageur, mais il est confirmé par les relations '"glaises des mêmes contrées. On y lit, comme dans celle du commandant ''''■«irais, que ces Américains vivent fort long-temps, malgré leur misère; que, ■ l'âge les met hors d'émi de travailler, ils font un festin auquel ils invitent '"iile lenr famille; qu'après une longue harangue dans Inquelle ils recommandent ['(.îninn, ils présentent a celui de leurs enfants qu'ils aiment le mieux "lie corde qu'ils ae passent eux-mêmes au eou. et le prient 4e les étrangler P(>iir les délivrer d'une vie qui lait leur tourment et celui des antres. Tout le ""'tidrapplnudil à leur résolution, et le (ils s'empresse de leur obéir. Nous au- |,(,"k occasion , dnns un nuire article, de revenir sur leurs usages,
Jérémio recul ordre, en 1714, de remettre aux Anglais le fort Bourbon, 01 loul.ee que la Fcasoe avait possédé jusqu'alors iinns la finie d'iiudson. *uis XIV s'élail détermine à leur céder sans retour, par l'article 12 du traité "Ulrecht, celle partie de ses domaines, avec l'Acadie et l'île de TerreOieuve. ■'<■ hit un sacrifice considérable qu'il fit a la paix, iérémie assure qo'avec un lH'n de dépeose, la baie d'Hudson pouvait devenir h; meilleur poste de
'"lérique française, et que le seul forl Bourbon bien entretenu de mar- Lll'"'dises , rapportait alors un profit clair de pi us de 100,000 livres.
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*l qui le fatigue beaucoup lorsqu'il nage pour s'échapper, jusqu'à ce qu'épuisé
e forces, il expire : alors, les pêcheurs le tirent à terre et le dépouillent de ^ graisse ou de son huile, qui leur sert de nourriture et qu'ils brûlent dans le"rs lampes.
Ces petits canots, qui ne sont que pour les hommes , ont environ vingt jj"-ds de long sur dix-huit pouces de large, et se terminent en pointe aux fe«x bouts; le navigateur n'a qu'une rame assez large, qui sert à ramer ah ^Hâtivement des deux côtés. Mais il y a, pour les femmes, des canots plus g&nds et ouverts , dont elles manient les rames , et qui portent jusqu'à vingt personnes : les matériaux en sont les mêmes.
L'habillement des hommes est ordinairement de peaux de phoques ou de pas fauves ; ils s'en t'ont aussi de peaux d'oiseaux terrestres et marins, qu'ils 0r|t l'art de coudre ensemble : tous ces habits ont une sorte de capuchon sont ÏJ*rés autour du corps , et ne descendent que jusqu'au milieu de la cuisse ■ les Cottes se ferment devant et derrière avec une corde, comme on ferme une °»rse. Plusieurs paires de bottes les unes sur les autres servent aux deux '^es à se tenir chaudement les jambes et les pieds. La différence entre les
j et les femmes est que les femmes portent à leur robe une queue <
'••Mura ta ira iciiiinca mi yuc ira ujuuum purieiu a leur TODe Une queue
elr tombe jusqu'aux talons, que leurs capuchons sont plus larges du côté ^ épaules, pour y mettre leurs enfants lorsquelles les veulent porter sur le j*0s, et que leurs bottes, plus grandes aussi, sont ordinairement garnies de Peines. Un enfant qu'elles sont obligées d'ôter un moment d'entre leurs ^s est mis dans une des bottes, en attendant qu'elles puissent le reprenr<i' On voit à quelques hommes des chemises de vessies de phoques coures ensemble, et presque de la même forme que nos chemises. En général , ^rs habits sont cousus fort proprement, avec une aiguille d'ivoire, et des <*& de bêtes, fendus en lacets fort minces, qui leur servent de lîl; ils les r,1ent même avec un certain goût de bandes de peau en manière de galons , e rubans et de guirlandes, qui leur donnent un air de propreté et de Cû- %4terïe.
J^ien no fit prendre à Ellis une plus haute idée de leur industrie que ce
Jl1 'ls appellent dans leur langue des yeux de neige : ce sont de pelils mor-
aux de bois ou d'ivoire destinés pour la conservation des yeux, et noués
Prière la tête. Leur fente est précisément de la longueur des yeux; mais elle
? fort étroite, ce qui n'empêche point de voir très distinctement au travers ,
ns en ressentir la moindre incommodité. Cette invention les garantit de l'a-
"glemenl, maladie terrible pour eux, et très douloureuse, qui est causée
''' ''action de la lumière fortement réfléchie de la neige, surtout au | :
PB, quand le soleil est plus élevé au dessus de l'horizon. L'usage de ces
machines leur est si familier, que, s'ils veulent observer quelque chose dans I cloignoment, ils s'en servent comme d'une lunette d'approche.
On observe le même esprit d'invention dans leurs instruments de pêche et de chasse à l'oiseau. Leurs harpons et leurs dards sont bien faits, et convenables à Paaagfl qu'ils en font. La construction de leurs arcs est surtout fort ingénietwe. Ils sont composés de trois morceaux de bois, garnis avec autant d'art que de propreté : c'est du sapin ou du mélèze; mais ces bois n'étant ni forts, ni élastiques, les sauvages suppléent à ces défauts en les renforça» par derrière tirée une bande de nerfs ou de tendons de bêles fauves. Ils mettent souvent leurs arcs dans l'eati, et l'humidité, qui fait rétrécir ces cordes, leur donne tout à la fois plus de force et d'élasticité; maison a vu qui', depuis qu'ils sont en commerce avec les Européens, ils abandonnent l'as pour le fusil.
On ne connaît dans la haïe aucun mal contagieux. Les maux de poitrine» qui y sont les plus communs, se guérissent en buvant l'infusion d'une hetM nommée vouisK-ipek-kè , ou par des sueurs. Pour se faire suer, ces Indien* prennent une grande pierre ronde sur laquelle ils font un feu qu'ils entretiennent jusqu'à ce que ia pierre en devienne rouge; ensuite ils élèvent autoj une petite cabane qu'ils ferment soigneusement ; ils y entrent nus, avec 9 vase plein d'eau, dont ils arrosent la pierre, et l'eau, se changeant en vapera Chaudes et humides, qui remplissent bientôt la cabane, cause au malade l«h transpiration très prompte. Lorsque la pierre commence à se refroidir, ils Se hâtent de sortir, avant que leurs pores soient fermés, et se plongent. sui'-l(" champ dans l'eau froide ; si c'est en hiver, ou si le pays est sans eau , ils se m11' lent dans la neige. Cette méthode est généralement établie, et passe pour u" remède infaillible contre la plupart des maladies du pays. Celui qu'ils etf' ploient pour la colique et pour toutes les maladies d'entrailles n'est pas moi"s singulier; c'est de la fumée de tabac, qu'ils avalent en abondance.
Leurs idées de religion sont fort bornées. Ellis découvrit, sans rien donnai dit-il, aux conjectures, qu'ils reconnaissent un être d'une bonté infinie, <* qu'ils nomment Qckaoma, c'est-à-dire, dans leur langue, le grand chef. l|s Ifl regardent comme fauteur de tous ics biens dont ils jouissent; ils en parle»1 avec respect; ils chantent ses louanges dans un hymne d'un ton fort grave* et même assez harmonieux. Mais leurs opinions sont si confuses sur sa nature, qu'on ne comprend rien à «vite espèce de culte, fis reconnaissent A° même un être qu'ils appellent Ouittikka, et qu'ils représentent comme h source et l'instrument de toutes sortes de maux. Ils le redoutent beaucoup' tuais le voyageur anglais ne put découvrir s'ils lui rendent quelque Imiiuu^1' nr l'apaiser.
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, Quelque peinture que les voyageurs mal informés puissent nous faire do
Z „W™' ' a8snre9"'flBO»' »» fonds d'humanité qui les rend sensibles
* malheurs dantnu. La tendresse qu'ils oui pour leurs enfants mérite de
"'"'■■"'ou. Elles eu rapporte un exemple singulier qni s'était passé presque
! s «> jeu,. Deux eauots, traversan t une rivière fort large, arrivèrent au ,,,i-
»,„„ ' ''"' !" '"\ql" °'élail q"e <l'i!a"'œ- el l"1 P«'ai' "" Indien , sa fo,„-
w leur enfant , fut renversé par les Ilots. Le père , la mère el l'enfant pas- !n hne ut (la„s ,, is n é(a.t sj m ►
< eus trots, lue constestahon s'éleva : il ne fu, pas q„cs,i,„, mlK lw
«« ta femme de mourir l'un pour l'autre, mais uni,,,,™,™, de sauver
' de leur affecta, commune, lis employèrent quelques moments à oxa-
W T6' "™ ^ P°.UM". ':'"" '" P'US "tilC * Sa ""ovation. L'homme
Rendit que dan, nu âge s, tendre, il avait plus de seeours à tirer de sa
>e; mats elle soutint, au contraire , qu'il n'en pouvait espérer q,„. Je son
, parée qu'étant du même sexe, il devait prendre de hu dcs'lccons „
C '; ? Ct; ™'™""™ » *>" mari de ne jamais négliger les
* paternels, elle sejeta dans le fleuve, où elle fu, bientôt uovée. L'Iiomm
lilli f, rmS" ,.aTeCS°" enCmt- Colte a™'""e surprit doutant moins
s, qu il ayait déjà remarqué dans ces peuples fort peu d'égards pour les 'mes. Un homme qui est assis à terre se trouve très offensé qu'une femme
«luse la moindre incommodité dans cette posture ; et c'est un us; ,,Mi
jamais les hommes ne boivent dans le même vase après leurs femme,
-' coutume d'étrangler les vieillards, qu'on a rapportée sur le témoignage
Wemie, est confirmée par Ellis, mais avec des circonstances qui la rendent
«e plus étrange : il ['étend aux deux sexes. , Quand les pères el les mères
» ' dans un âge qui ne leur permet plus le travail, ils ordonnent à leurs ctt-
« de les étrangler. C'est, delà part des enfants, un devoir d'obéissance
,h I ,1s ne peuvent se refuser. Le vieux père entre dans une fosse qu'ils ont
H «e pour lu. se™ de tombeau; il s'entretient quelque temps avec eux,
u.uil du tabac et buvant quelques verres de liqueur. Enfin, sur un signe
\ 0 .':"'' "!",', "S 1"i ""■",l"1 '""' ™"lc ™'»'"' d« «». « chacun tirant°de
»C, • "S ':'"""». ! ''" "» i"813"1' "s s™> obligés ensuite de le couvrir
,, e, sur lequel ,1s élèvent un amas erre. Les vieillards qui n'ont pas
l| '"«exigent le même office de leurs amis; mais ce n'est plus un devoir
Hi 'eut ,1s ont le chagrin d'être refaiés. On ne veil point ,, dans le dé-
^"Uils onl delà vie, ils pensent |amaisàs'en délivrer par feuppropres
-"""rien lier qu'il n'ait vn de ses propres
iitrc pratique die mêmes [nd pi'ou pr ndrai
m^ÊÊ^m
pour un badinage, s'il n'y joignait une invective sérieuse contre sa nation . 0» en voit plusieurs qui font le métier de charlatans, avec toutes sortes de dW gués qu'ils achètent dans nos comptoirs, telles que du sucre, du gingembre, de l'orge , toutes sortes d'épiceries , des graines pour le jardinage , ,1e la liguée, du tabac en poudre, etc. Ils les débitent en petites portions, qu'ils va» tent comme des remèdes pour diverses maladies, comme des spéciliques pour lapeehe, la chasse, les combats, etc. C'est des Anglais mêmes qu'ils reçoive»' toutes ces idées; et je ne puis dissimuler qu'un tiers du commerce de la ba» ,1'Hudson dépend aujourd'hui de ces charlatans indiens, qui trompent tel compatriotes en troquant leurs fausses drogues pour de bonnes fourrure», qu'ils viennent trafiquer parmi nous. Celte imposture est, sans doute avantageuse aux intéressés ; mais no serait-il pas plus honorable et plus mile pour nous d'établir un débit sûr et constant des marchandises de nos fabriques eu lames et en fer, que de souffrir un commerce infime , dont les suites ne peuvent être que très préjudiciables à l'Angleterre ? .
Un reproche qui ne tombe que sur les Indiens , c'est celui qu'ils mérite* pour l'imprudence qui les empêche de se précaulionner contre les nusâj auxquelles ,1s sont exposés tous les ans. Ils emploient généreusement lej provisions, lorsqu'elles sont abondantes, sans penser jamais à les consefj pour l'hiver. 4 peine gardent-ils un peu de poisson et de gibier. Il arrive u* souvent à ceux qui viennent trafiquer dans les comptoirs do la baie «A obligés en chemin, pour avoir compté sur des secours qui ne se présente»1
point, de griller des peaux et do les manger. A la vérité, ces malheurs n'
pas la force de les abattre. Ils ont recours à toutes sortes de voies pour se X* tenir avec leurs familles, et, dans leurs dernières extrémités, leur patience <*' inébranlable. Souvent ils font deux ou trois cents lieues, dans le forldel'l,i<er' par des pays nus et glacés , sans tontes pour se mettre à couvert des inju!*
d mPs o" P01"' sc reposer la nuit. Dans ces voyages ils élèvent à l'app""
che do la nuit, une petite haie d'arbrisseaux, qui leur sert de retrancher**1 contre le vent et les bêles sauvages. Ils allument un grand feu du côté de1»
1 1'" csl <Wosé au ™*i d, sans autre soin que d'écarter la neige, *'"
' lhent a ,em' P°ur 'lormir entre le feu et la haie. S'ils sonl surpris par *
nuit dans une plaino sans bois, où ils ne puissent faire ni relranchemen' '"
fe" • lls "- '■ lhenl s""s '•' neige, qu'ils trouvent moins froide que l'air et*
rieur, dont elle les garantit; mais ils conviennent eux-mêmes que la I'1"' grande rigueur du froid n'est pas comparable à ce qu'ils ont souvent à sou»" de 1a fciro. C'est dans ces occasions qu'ils se portent a l'horrible excès de &*