‹ Histoire pittoresque des voyages dans les cinq parties du mondeChapitre 19 sur 22 · I-I10.IWJ · texte numérisé non relu

I-I10.IWJ

Français élablis dans l'Acadie, mais que, ne trouvant point dans 1' tous les avantages dont ils jouissaient dans leur ancien établissement: ^ gouvernants anglais n'ayantrien épargne pour les retenir, ils prirent 1" r d'y rester. Cependant, quelques années après, il s'en fallut peu qu'ils ne0 V geassent d'avis. Ricliard , gouverneur anglais d'Aeadie en 1720, t'a' s0^L de les voir vivre comme dans une province de la domination française , l' '" , à-diro que , s'élanl engagés seulement à ne rien entreprendre contre I'' J': vice de l'Angleterre, ils y conservaient toutes les prérogatives dont ils 'iv;"',l joui sous leur souverain naturel ; qu'ils avaient des prêtres calholitl1"* '" l'exercice libre do leur religion , et qu'ils entretenaient une sorte de a"'1*1",,, danee avec l'Ile-Royale. On lui dit que le gouvernement avait iugé à r

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de leur accorder toutes ces faveurs pour leur ôter l'envie do se retirer Canada, soit dans l'Ile-Royale , comme lo traité d'Ulreclit leur en la'sS liberté, avec celle d'emporter tous leurs elléts et de vendre même le»'* mouilles; qu'on s'était épargné par celle voie les frais d'ono nouvcll" W plade pour les remplacer ; que, d'ailleurs, il aurait été diflicile de tK»"".,,,

habitants aussi laborieux et aussi industrieux ; qu'au reste, ils n'en jamais abusé, et que c'était même à leur considération que les sauvai

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"I point le gouverneur, qui crut apparemment les circonstances cl,;,,,,,, commença par leur interdire tout commerce avec l'Ile-Royale : ensuite ii «r lit sigmlicr qu'd ne leur donnait que quatre mois pour «résoudre à prèle serment de fidélité que tons les sujets doivent à leur souverain. Sain,- * , qui avait succédé à Coslebelle , fut informé de cette nouvelle preten- . et se lia,;,, I,. Cure représenter aux Français d'Aeadie que, s'ils avaient lulilcssede coder, ils devaient s'attendre à perdre bientôt la liberté de re- |on. JI.„s cet avis était inutile : ils avaient déjà répond,, au gouverneur ge une fermeté qui leur avait réussi, jusqu'à lui laisser entrevoir qu'il „e 1:111 k's P""sxr ;' ,M **» s'attirer la haine dos sauvages, qui ne soulfri- Rntpoint qu'on les forçat au serment de fulélilé, ni qu'on les privai de leur, "leurs. Richard n'osa risquer de se compromettre avec les Américains de » voisinage, ni s'exposer à voir l'Acadie sans habitants, fn effet, Saint-Ovide avait déjà pris des mesures pour leur faciliter une 'Mile dans l'ile Saint-Jean , où d'autres français avaient formé le dessein

£ ° ' ' ' l>l ' '<"' »' r°« (>«»*» à" nie-Rovale, est la plus grande

|» les du golfe Samt-Laui , avec cet avantage que lentes les terres v

m fertiles. On lui donne vingt-deux lioncs de long et einquanle de circuit ■

P ' ' "' 1 st" <>' oommode, et ses bois, qui étaient encore en grand

""hre, eiaionl de la meilleure espèce. Jusqu'à l'établissement de l'fle-Royale,

jj""'1 làilpeud'a uiou à celle de Saint-Jean; mais alors leur proximité fit

■er qu'elles pouvaient èlre d'un grande ulililé l'une à l'autre, nés l'année P, d s'était formé une compagnie qui avait résolu do peupler Sain, -Jean . B» . les premières lontalives avant eu peu de Succès, l'entreprise fut aban- "'liéo.

F* ligure de I'ile-Royafe est fort irrégulière. Elle esl iellement coupée par ' '"os el des rivières, que ses deux principales parties no son! jointes que

S, 1M 'I'"V"'°" lmil l;,'"ls l'i'S'lo large, qui sépare le fond d'un port

r "«■ le port Toulouse , de plusieurs lacs auxquels ou a donné le non, de

'ador. Ces lacs se déchargent dans la mer, à l'orient, p„r deux canols

„'"■«''">■ -negale. l.es porls de l'Ile sont sur la cote sud -est, longue de c,u-

L ,: ' s' " "'csl P'ls aisé *'" "«»'" •'ullours quelques mouillages pour

I,,,' "s ,l: lcms ',i"1" '« '''"ses ou entre les lies. La côte du nord est fort

l«l„, " '" '"'Cs,l,i0 "lilccl'ss = • "l ''< o peut même guère aborder plus liiei-

fA( "I a celle de l'ouest jusqu'au passage de Fronsac, qui est entre l'Ile et

H„s'l '' l,;l""' I.ouislioiii'g, autrefois le Flaviv-à l'Anglais, esl un .les

, heanx de l'Amérique. Il n'a guère moins doquntre lieues de lotir, el l'on ""<' partout six à sepl brasses d'eau. Son entrée n'a pas Ah> toises de lar-

ge, cnlre deux petites îles , 61 se fait reconnaître de douze lieues en mer, p^ le cap de Lorcmbec, qui n'eu est pas loin au nord - est.

Le climat de l'île est à peu près le même que celui de Québec; et quoi^ les brouillards y soient plus fréquents, l'air, dit-on, n'y est pas malsain. T*Ç tes les terres n'y sont pas bonnes, mais elles produisent des arbres de i',,,!'' espèce. On y voit des chênes d'une prodigieuse grandeur, des pins propres* la mâture, et diverses sortes de bois de charpente, dont les plus comme11' après le chêne sont le cèdre, le frêne, l'érable, le plane et le tremble. l& fruits, et surtout les pommes, les légumes, le froment, et tous les aiitj* grains nécessaires à la vie, le lin et le chanvre, y sont d'aussi bonne qtia^f qu'eu Canada , mais moins abondants. Les montagnes y peuvent être i'"1"' vées jusqu'au sommet; les bonnes terres y ont leur ponte au midi, et ^ sont à couvert des vents du nord et de nord-ouest par les montagnes qui 'tf bordent du côté du fleuve Saint-Laurent.

Tous les animaux domestiques , tels que les chevaux , les bœufs , les po1* les moutons , les chèvres et la volaille, y trouvent abondamment de quoîvf vre. La chasse et la pêche y peuvent nourrir les habitants une bonne i*"'11" de Tannée. L'île a plusieurs mines abondantes d'un excellent charbon . et n" mines étant en montagnes, il n'est besoin ni de les creuser, ni d'en déW" ner les eaux. 11 s'y trouve aussi du plâtre. Mais le principal avantage qu'on ;l tribue à lile-Royale , c'est qu'il n'y a point de côte où l'on pèche plus de i"

rues, ni d'endroit plus commode pour les faire sécher. Autrefois elle remplie de bfites fauves 5 elles y sont rares aujourd'hui. Les perdrix y

de la grosseur du faisan , et lui ressemblent aussi beaucoup par la coulei"" plumage.

Louisbourg est d'une grandeur médiocre. Ses maisons sont bâties en " sur des fondements de pierre , qui s'élèvent de quelques pieds au dcss»s terre. Quelques unes ont tout le premier étage de pierre , et le reste de 1"1 ^ rain. Le rempart est fortifié à la moderne, avec tous les ouvrages qui in"1' une place respectable; il est interrompu l'espace d'environ cent Lois** . côté de la mer ; mais cette partie est bien défendue par sa situation , l-'t u,,e

fermée que d'un simple balardeau, près duquel l'eau est si basse, lll1 ,,, -i~ -■ ■ i0rtesf

forme une espèce de lagune inaccessible, par ses écueils, à toutes s< bâtiments

, compter le feu des bastions collatéraux qui défend^1

avantageusement cette estacade. Dans l'enceinte du rempart, au centre

d'ilfl

des principaux bastions , est une maison fortifiée , qui porte le nom

délie, avec un fossé, un pont-lovis et un corps de garde du côté de la mais sans artillerie, et sans aucune disposition pour en placer. Il no manque rien au norl de Louisbourg pour la sûreté et retendue ,

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«a Me en est étroite. Elle est resserrée par une lie nommée l'Ue des Chèvres laquelle on a construit un assez grand fort. Un tourillon sert de phare sur «e opposée pour éclairer les vaisseaux qui arrivent pendant la nuit. Eu Per les glaces ferment absolument le port de Louisbourg. L'eau gèle avec «t de force , qu'on peut le parcourir à pied dans toute son étendue , et celte ' Ce, qm commence ordinairement vers la lin de novembre, dure jusqu'en « ou en juin. En 1745 , elle commença dés les premiers jours d'octobre Lomsbourg est peuplée de familles françaises, les unes européennes les C Cre*s de m" même <* d° Terre-Neuve, d'où elles passèrent a «■«.sbourg après le traité d'Utrecht. Son seul commerce, avant l'invasion Anglais eunt la pècbe des morues, dont Tjlloa vante l'abondance, et l< leur dehcalesse li.it préférer, dit-il, à celles de Terre-Neuve. La ville des habits fort aisés, dont les richesses consistaient eu magasins de pue , et dans de nombreuses barques qu'ils entretenaient pour celle pèche pques uns on avaient jusqu'à cinquante, montées chacune de trois ou C '°"""eS "" rccc,aient ™ Pu*** ^gIé pour fournir chaque jour cata.no quanta de morue. Les magasins s'en trouvaient remplis au peter, f p " T °" ; e' ''°" ,0Jail "rri,er a'°"s des ™hs<*">* de "-us les «s de f rai.ee , charges de toutes sortes de denrées et de marchandises qu'ils "quaiont pour de la morue, dont ils faisaient leur charge en retournant. Les •«aux des colonies françaises de Saint-Domingue et de la Martinique y aplaient du sucre, du tabac, du café, du tafia, du miel, etc., et s'en, euaient chargés de morue. Ce que Louisbourg recevait de trop eu mai- «dises passait au Canada, où ceux qui exerçaient ce commerce présides castors et d'autres pelleteries en échange. Ainsi Louisbourg , sans K : denrée que de la morue, était en conmtereeavec l'Europeet l'Amérique, utre les hab.lanls de Louisbourg , d'antres Français, répandus dans les

^OlbineS . Surtout, liant oalla Hn &.:«• T . .- . ,

voismes, surtout dans celle de Saint-Jean, , avaient leurs cases.

leurs

SpMS et tout ce qui était nécessaire à la pêche. . Ce commerce, observe , . suihsant pour les enrichir , il j en avait peu qui s'occupassent de la e 'les terres. D'ailleurs l'hiver du pays est fort long. La .erre , long-temps ,t . le de trocs ou quatre pieds de neige, qui ne fond qu'en été , n'est guè, ,,,„'. "l'rc a la culture, et l'est moins encore à nourrir des bestiaux. On est |, » -le les renfermer à l'arrivée de l'hiver, pour les n0„rrir de roin ,„„,„- ■„ • «.son. A la venté, les neiges et les glaces ont à peine disparu, que tlli, 'ance renaît dans les champs ; et la promptitude avec laquelle on voit (j, 'es herbes et les fruits console bientôt les habitants de la longueur de

l'Ile.

*oyale et les lies voisines ont aussi des habitants indigènes. Ces I

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riiens, dit Tjlloa, auxquels les Français donnent le nom de sauvages, sob plus grands fit mieux faits que ceux du Pérou ; mais ils n'en sont point oW renls par la couleur , et leur ressemblent beaucoup par les mœurs. Ils ne so" ni tout à fait soumis à la France , ni tout à fait indépendants. S'ils reconnsj sent le roi pour souverain , c'est sans admettre ses ordonnances pour le» gouvernement particulier, et sans rien changer à leurs usages. Hs ne paient même aucun tribut. Au contraire, ce monarque leur envoie tous les une certaine quantité d'habits , de poudre et de fusils pour leurs chasse > d'eau-de-vie et d'outils, dans la seule vue de se les attacher. C'est une <# duile fort sage, que la France tient aussi avec les sauvages du Canadaleur envoie d'ailleurs des missionnaires pour les instruire; et ces peuP grossiers , mais capables de reconnaissance , aiment et respectent coi» leurs pères ceux dont ils ont reçu le baptême et les lumières de la relig10"'

n'y avait dans l'Ile-Royale, en 1745, qu'un missionnaire, nommé l'abM

pil-

lard , qui suffisait pour les Indiens de celte île. Ces sauvages, quoique cj tiens et réunis , peuvent passer pour errants , parce qu'il est rare qu'ils s rêtent long-temps dans un même lieu. Leurs cabanes sont bâties fort K-g ment , comme s'ils ne comptaient jamais y faire un long séjour. Leur pt'Ç,n soin , en arrivant sur le terrain où ils veulent se loger , est de constru' chapelle et l'habitation de leur pasteur. Ensuite chacun bâtit sa propre son. Ils y passent deux ou trois mois , quelquefois cinq , six , ou davanws . suivant la facilité qu'As y trouvent pour la chasse. Si le gibier commun manquer, ils lèvent le camp, ils cherchent un auLrc lieu qui leur t<>i|V"'" r et leur curé les suit. Cependant plusieurs se rendent volontairement -i"x . blissenients européens , Rengagent à servir pour un temps , et rejoignent troupe à la fin du terme. Les autres viennent vendre aux Français les g des bêtes qu'ils ont tuées dans leurs chasses. » .l(

Llloa, qui se trouvait à Louisbourg en 1745, applaudit à cette conil»'1' ■> |.] juge que les Français n'auraient jamais perdu l'île, s'ils n'en eussent I"'1' |r forteresse. 11 ajoute que « jamais Louisbourg n'eût été pris , si , dans u° . Ire conjoncture critique, il n'eût pas manqué des munitions les plus i"'''1/1 ]i„ res, s'il eût été secouru, ou si l'opinion qu'il était imprenable n'eût f!U gliger toutes sortes de précautions. La France, à la vérité, ne manq^ j d'y envoyer tous les ans un convoi d'argent et de vivres pour ia subsista la paye de la garnison. Le soin des fortifications n'était pas plus oubliefaisait travailler les soldats qui n'étaient point occupés à la garde des I' , et leur ardeur se relâchait d'autant moins qu'ils voyaient leur sûreté c ^ attachée au bon état de la place. Mais l'avarice de cent qui étaient eli'i'r1 paiement leur en faisait retenir une partie , et les officiers se rendaient L

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hes de la même injustice i l'égard d : prêt. Ce détordre nV.

"i 1."-. , ii avai dtgo far naître <l.-s plaints, et le gouverner» ,],. ,

pant mort l'hiver précédent, cette perte avait tellement augmenté h co.ilu-

"'"" • '!"e Iee lm ■' sï'" te" «• soulevées. Qnelque s0i„ qu'on „„, ap-

mé i les apaiser, on n'avait pas ooupé la ne In nul , et le méconti -

Itat subsistait , lorsqu'une escadre anglaise, paraissant devant louisbourg t Porta le premier avi« du danger qui menaçait cet établissement. ,

La garnison de la ville et do tous ses fort» ne consistait alors qu'en six gnts hommes de troupe» régie», la plupart suisses, auiquolles on ,„,uviii

► joindre huit cents de milice formé: de tous les habitant, ,,„; éte | ,..,

Miles de porter les armas. Le souvent > général du Canada, informé de ce

■lui s : lait passé I -inné; teulari, et n'ignorant point ce ou il y avail - a un- '"■ d'une garnison faible et mécontente pour nue place do celle Importance | ourir au nouveau commandant un secours do troupes qui lui aurait suffl ' H l'eut accepté, lillua ignore .molles furent les raisons île son refus- mais ne craint point d'assurer que doux mille français aguerris auraient dissipé «mes les forces do la Nouvelle-Angleterre.

L'espérance des Anglais avait été de surprendre la place avant l'arrivée du •onvoi do France. Ils avaient armé à Boston avec une diligence extrême , et pr escadre, avec une Hotte bostonienne chargée de troupes et de munitions Ht devant Louisbourg au commencement de mai. D'ailleurs un accident flVî'il retardé le convoi français. II devait partir do Brest long-temps avant Won supposât les glaces fondues à Louisbourg. Mais un vaisseau de guerre Wt à lover l'ancre avec une frégate, avait eu lo malheur d'être réduit en hère par le feu. Il no s'en était trouvé qu'un autre dans lo même port ; cnjfcétaiW sur le chantier, mais prêt ;i être lancé à l'eau. Le marquis de aison-Forle, commandant de celui qui venait d'être brûlé, reçut ordre de te tous ses efforts pour réparer .l'accideul , de lancer à l'eau le VlgUmt, Bsseau tout neuf, de l'équiper et ,1e mettre sur-lc-cliamp à la voile. Hais Kte la diligence imaginable n'avait pu faire éviter la perte d'un temps pré- Btt, pendant lequel la Botte anglaise entra dans le port de Louisbourg, et son débarquement, sans oser néanmoins ouvrir la tranchée. Cependant le Vigilant s'était mis en mer. Il arriva le 30 de mai à la vue de ^Royale; mais une brume épaisse, qui fit craindre à Maison-Forte de se ( «er contre les écueils, l'empêcha d'abord de porter droit i la cote. Il fut ré- E< a courir des bordées, pour attendre un temps plus clair. Sur ces entre- K8.' '' dl!™uvrit ,m0 frégate de quarante canons, qu'il reconnut pour être

îttor

laise. Son vaisseau étant de soixante

pièces, il ne balança peint à l'atta-

et lui lâcha toute sa bordée. La frégate feignit do plier, pour l'attirer

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dans le piège, el prit même la fuite à toutes voiles, favorisée du brouillant l> la suivi! de fort près, el l'un et l'autre arrivèrent sous l'escadre anglaise * moment que le brouillard commençait à se dissiper. Ainsi lo commanda»' français, qui se croyait sur de la victoire, tomba dans une étrange surpris» en se voyant entouré de vaisseaux ennemis. Il no se déconcerta point, ''' quoique son bâtiment, surchargé d'armes et do munitions de guerre, ** trop d'eau pour lui laisser l'usage de sa batterie basse, il entreprit de se *" fendre jusqu'à la dernière extrémité.

Il fut d'abord attaqué par la frégate qu'il s'était flatté d'enlever, et par de»' vaisseaux, l'un do soixante , l'antre de cinquante pièces de canon, enfin !>" l'escadre entière. Lo feu, qui commença vers deux heures après midi,1*1 terrible de toutes parts. Maison-Forte et tous ses gens firent des prodige» conduite et de valeur. La victoire fut réellement balancée jusqu'à neuf 11»"'' du soir, que les Français, ayant leur gouvernail brisé, toutes leurs ma»*1' vrcs bâchées , et leur château d'avant fracassé , se virent près de couler à «* Ils se rendirent avec plus d'honneur quo l'onnemi n'en pouvait tirer de s" victoire. Mais celte catastrophe entraîna la perte de Lonisbourg. Les as* géants avaient été si découragés par la résistance qu'ils y avaient IrouT*, cl connaissaient si tien l'art de la guerre, que, regrettant les champs el I'' "'

pos de leur colonie , ils demandaient déjà leur retour. Le voyag • espag"»'"

su d'tiivmèiiies que , si la prise du Vigilant élail arrivée quinze jours I*8 lard, ils auraient levé le siège. Mais cet avantage ranima leurs espérances. "s recevaient sans cesse des munitions de la Nouvelle - Angleterre , el , celles * la ville devant diminuer do jour en jour, ils ne purent douter du succès.

n paraît étonnant à DUoa quo, malgré tant do malheurs qui s'étaient raP1' dément succédé, malgré l'indocilité et la faiblesse de la garnison, Louis*»8* ait tenu six semaines entières. 11 fut rendu à la Franco par le traité d'Ail*' Chapelle , et eédé de nouveau à l'Angleterre par le traité de lïliii , avec le * nada, dont nous allons parler.

Canada ou Nouvelle- France.

Les détails que nous allons donner sur le Canada, l'une des premiè"» a des plus importantes colonies de la France dans le nouveau monde, son' ''' i'és en grande partie de l'ouvrage intéressant de M. Dainville sur l'histoir» *

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— 40S — Coftit, dît cet historien versl<il7 ™>.,«-tM ■<- ■« «s li,s, ayant armé „„' ra s o„T° Vemt.en nommé Jean Calot, et ^Angtacrre, ^n,™X,*^3™'Tfd îH™ri™' >>n. Dos pécheurs basques aormnn k T, P "C ''" C°nlment

<« P&he de la morue JIZ**,''," 1"*™" *» 4 Wre **> On parle anoi rt„ i g *" h C"10 «wUta» du Ca-

''«' "n nouvel armement, à dcWi,Mr,H,i,li,, ,,,, ,ySUre,K'

•'re,s,;ia„t„mIJa1.qu,;Un,;^ttZ':,;;:isc*,,ie,,a"s|,Amo''i'"o> t & „™ l : pZctZ''*"' par l0,,1K —**»ÏÏ-

*.o„1ce„„,,aï,it,ct&Iladeregagnerlachal„„pe;„,ai H rml,; C ' ""? V3g™ qUi ÏCnait "" h* !e ^ ™ "a côte avec a, ,7e C

E' ï ; rIa rdu tt mopt s,,r ie sawe- sms f— . - -t

resta quelque temps évanoui entre lenrs bras renrii en. -,

or, lequipago, toujours repoussé par les vagues )„ ,.„„„„■, , .

,^,s„„,p„ssiMilé(I,pprocheri „c;lira;tq;o ^= ;:;::

,»» au lieu de lui faire aucun mal, on séchait ses hnl,;,„ „ï r

,„, , «IX pars,gnes. B.entoton lui rendit ses habits, on ,e m mauger, „,, ,c

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"S-lemps et étroitement embrassé avant le départ ;

puis on s'éloigna un

peu , pour le laisser en liberté : il se |ea i la mer : el quand les sauvages le virent nager, ils montèrent sar une éminenœ, d'où ils ne cessèrent de lessivée de rœil jusqu'à ee qu'il eût atteint le vaisseau.

Le malhenreui sort de ïerazani empêcha que, pendant plusieurs an ■■

rai ne songea: à l'Améri Ce ne fui que dii ans après, que l'amiral CliaM

" le '"' * y éteblir ' c°l°nie, et lui présenta le capitaine Cartier, 'i»1

1 !lx r"'s ]" "OW- ™s «i rapporter des délails certains ni ruriciK. 0

ire bourgade sauvage qu'il aurait rencontrée fui Hoclielaga. La ferme « etail rende; trois enceiiues de palissades j renfermaient près de cinquante cabanes , longues de cniqnanle pas chacune, larges do quatorze ou quinze, < laites en l'orme de tonnelles. On entrait dans la bourgade par une seul,, porte, au dessus de laquelle, „ussi |,ie„ ,,„„ lc ]„„„ ie b l,„,„ûém encelnle ,,.„,„» une espèce de galerie, où l'on montait avec des échelles , et qui était pourv* de pierres el ,ie caill„,,v destinés à la délcuse de la place. Les Français fur,'»' 1res Lien accueillis par ces sauvages , pour qui les longues barbes .les ha** el les armes des Européens étaient choses tout à fait nouvelles Cartier pas*

1 luver an milieu d'eux, commença à leur prêcher In relia élienWh

donna le non, de Mont-Boyal (depuis Montréal) à la montagne au pied «

laquelle Hochelaga élail située, et, à son retour en Franco, engagea "

samnionl le roi i tirer parti du pays qu'il venait do parcourir.

Mais le froid cl le scorbut ayant détruit la plus grande partie de sou oui* page , et réduit le reste à l'état le plus misérable, on crut difficilement a la •*

rite ,1e ses rapports. D'ailleurs il no parlait pas de mines d'or ou (l'ai il , *

celait alors le seul attrait qui put entraîner les peuples d'Europe vers ces * gions lointaines.

Los liclions et les contes dont Jacques Cartier avait embelli ou plutôt dé* gurc ses relations ne contribuèrent ],as peu à donner en France uni»'*'' idée du Canada. Cependant quelques gens de la cour avaient , 4 travers «'H'1 narration mensongère , cru démêler assez de points curieux cl de faits lut* ressauts a éclairer, p„„r diriger ,1e ce coté les vues de François 1", qui régW» alors. Le plu» ardent a poursuivre celle affaire élail François dé la lloq«> seigneur de lloberval , homme de tête, bravo ol cslimé, celui mémo que KM»'

eois I" appelait , en plaisantant, lc petit roi du Yimeu. Ce fut à lui I'' '"'

donna la commission do poursuivre les découvertes en Canada II partit »«* les titres de seigneur de Norimbêgnc, vice-roi cl lieutenant général en lima*' Hochelaga, Saguenay, Terre-Neuve, Bulle-lie, etc., etc. ; litres aussi po»1' penv que vides, puisque la possession de ce territoire n'était assurée au ''" '1 annule manière, et que loul restait à faire encore. Jacques Cartier l'aeromN» gnait (Jans ce voyage, lloberval envoya un de ses pilotes, nommé Alphonse *

H^ej^H^H^pMïï|Mn|l 13 14 15 16 17

Hffraf

Saintonge, reconnaître le nord du Canada, au dessus du Labrador. Los deux «allons qui, les premières, avaient débarqué dans le nouveau monde, crièrent l'injustice, quand elles virent que l'on y courait sur leurs traces. > Hé luoi ! dit François I», le roi d'Espagne et le roi do Portugal partagent tran- J'ullement l'Amérique, et ne veulent pas que j'y prenne part comme leur "ire ! Je voudrais bien voir l'article du testament d'Adam qui leur lègue ce vaste héritage. »

Soberval bâtit un fort dont il n'y a même pas de ruines, et dont l'emplace- Nu est inconnu. Pendant un voyage qu'il fit en France pour aller chercher *s secours, les gens qu'il avait laissés dans le fort, cl à la tête desquels était 'cquos Cartier, rebutés par le froid , la solitude et les désagréments de leur I*Mion , d'ailleurs harcelés par les sauvages , que leurs nouveaux voisins •"mmençaient a inquiéter, se rembarquèrent pour retourner en France. Ils f trouvaient à la hauteur de Terre-Neuve , quand ils rencontrèrent le vice-roi P*èrva! , qui amenait un grand convoi, et qui les força de le suivre. Crponant celte colonie avorta encore. Dans un autre voyage en Canada, M. de Ilofrval péril avec son frère Achille do Itobcrval , renommé pour sa bravoure , '■ que François I» appelait le gendarme d'Amtlml. On n'eut aucunes nouvelles

* l'équipage. Depuis ce temps , le Canada fut tout a fait négligé.

Ce ne fut qu'en 1598 que l'on pensa de nouveau à établir une colonie en Ca- "ada , el que le marquis de la Roche obtint de Henri III d'abord , et de Hen- B IV ensuite , le litre de vice-roi ; titre dont les pouvoirs et les privilèges

aient aussi étendus que vains et imaginaires. Cette entreprise fut encore slé- P ; M. de la Hoche commença par débarquer sur l'île de Sable , la plus aride

* la plus désolée des îles , quarante malheureux qu'il avait tirés des prisons | France , et qui regrettèrent bientôt leurs prisons ; alla reconnaître l'Aca- **! repassa en France, où le duc de Mercœur le retint prisonnier long-temps ,

mourut do chagrin , dit-on , après avoir fait pour l'établissement de celle 'onie de grandes et inutiles dépenses.

Le sort des malheureux qu'il avait débarqués sur l'île de Sable fait encore

w» horreur que pitié. Cette île, située à environ vingt-cinq lieues sud-est de

to-Hoyala , a près do dix lieues de circuit ; au milieu se trouve un lac qui en

elle ne porto ni fruits ni arbres ; quelques buissons et quelques plan-

«\atilcs sont les seules traces de végétation qui s'y rencontrent. Les qua-

«• prisonniers qu'on y jeta, sans ressource et sans aucun moyen de se

j™»«, trouvèrent sur les écucils qui la bordent des débris de vaisseaux

^'"'«i» dont ils fabriquèrent des baraques pour se mettre à l'abri des inju-

<lu temps. Des moulons et quelques bœufs qui étaient sortis des mômes

«aux ayant multiplié dans l'île de Sable, ce fut une ressource pour les

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'«sa '«nie

pauvres exilés ; mais bientôt cette ressource même leur manqua , et ils furent obligés de se nourrir uniquement de poisson. Leurs habits s'usèrent, lis se revêtirent de peaux de loups marins. Plusieurs d'entre eux ne purent résister à une vie si misérable, et moururent. Au bout de sept ans, le roi, ayant entendu parler de leur triste aventure , les envoya chercher et les fit ramener | Franco; on leur donna cinquante cens (somme assez forte alors), et on les renvoya chez eux déchargés do toutes poursuites do justice.

Malgré le mauvais suçais de ces diverses tentatives, l'espoir de trouve' dans le trafic des pelleteries une mine féconde do richesses, engagea plusieurs autres voyageurs à tenter de nouveaux établissements dans le Canal Le capitaine Chauvin , d'après les conseils do Poutgravé , habile navigant! et négociant à Sarnt-Malo , obtint du roi les titres et pouvoirs du marquis * la Roche, joints au privilège exclusif de trafiquer des pelleteries. La mort 1 ayant surpris au milieu de l'exécution de son entreprise , le commandeur ] Chatte lui succéda , et fit un armement, à la tète duquel il mit Ponlgravé , et le capitaine Champlain , homme habile , bravo et expérimenté , qui revenu»

îles Indes occidentales, où il avait passé deux ans. Leur voj |,. ■■, leur

entreprise, fut nul pour la colonie. M. de Monls, successeur du commande»' de Chatte, fit divers établissements dans l'Acadic, exploita long-temps nj suces et profit son privilège du commerce des pelleteries, et finit par 1 perdre. Les pécheurs et les chasseurs représentèrent au roi que sous pi* texte de les empêcher de traiter avec les sauvages, on les privait de toutes 1» choses les plus nécessaires à leur commerce, et qu'ils se trouveraient enfin. par toutes ces vexations, obligés de l'abandonner absolument: ils demandaient la révocation du privilège exclusif: on fit droit à leur demande Ce Hivers ne découragea pas M. de Monts ; aidé de M. Poutrineourt , homme fera* habile et sage , et de Marc Lcscarbot , homme d'esprit et de ressources don' 1 imagination inventive venait sans cesse au secours des nouveaux établissements près de s'écouler, ilréussit à les soutenir jusqu'au moment où sa ce»" mission lui fut ôtée.

Ce fut en 1608 que M. de Champlain , homme qui pensait en citoyen pW qu en marchand , et dont les vues avaient de la grandeur et de la solidité! après avoir long -temps cherché l'endroit le plus convenable pour assco» un établissement, choisit la rive septentrionale du Saint-Laurent, à cent vinfi» lieues de la mer, entre la petite rivière Saint-Charles et le cap Diamant. «» beau bassin, ou plusieurs flottes pourraient mouiller en sûreté : des rivag* bordés de rochers à pic, parsemés de forêts-, les deux promontoires si piltor* quesde Levis et du Diamant, la jolie lie d'Orléans, la belle cascade de » rivière de Montmorency ; tout justifie l0 choix fait par Champlain , et conc»"'1

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a donner à la capitale du Bas-Canada un aspect imposant et magnifique. Le 3 billet 1608, Champlain y bâtît quelques mauvaises cabanes: aujourd'hui c'est une belle cité , dont les toits couverts de fer-blanc élincellent au loin , et font les fortifications , considérablement augmentées depuis les derniers temps, font une place militaire des plus imposantes. On le distingue en haute l]L basse ville.

Québec est dans une situation fort singulière. C'est la seule ville du monde pnu qui ail un port d'eau douce , à cent vingt lieues de la mer, et capable de pntenïr jusqu'à cent vaisseaux de ligne. Aussi est-elle placée sur le fleuve le Wus navigable de l'univers. Jusqu'à l'île d'Orléans, c'est-à-dire à cent dix ou ^nt douze lieues de la mer, il n'a jamais moins de quatre ou cinq lieues de ^rgc; mais au dessus de l'île, il se rétrécit toirt d'un coup tellement que Bïant Québec, il n'a plus qu'un mille de largeur. De là vient le nom de Quebecon Quebeio, qui signifie rétrécissement en langue algonquine.

Le premier objet qui frappe les yeux , en entrant dans la rade, est une belle "appe d'eau d'environ trente pieds de large et quarante de haut, qui est immédiatement à l'entrée du petit canal de l'Ile d'Orléans. Cette cascade a reçu eHom de Saut de Montmorency, en l'honneur de l'amiral de Montmorency , M a été vice-roi de la Nouvelle-France. La ville est une lieue plus haut, et ""même côlé, à l'endroit même on le fleuve est. le plus étroit; mais l'espace jil|i esL entre elle et l'île d'Orléans forme un bassin d'une lieue de long et de ^■'ge, d.ins lequel se décharge la rivière de Saint - Charles. Québec est situé e"tre l'embouchure de cette rivière et le cap du Diamant, qui avance un ^« dans le fleuve. En 1 608 , les eaux du fleuve, qui , dans la marée , montent quelquefois jusqu'au pied du rocher, se sont retirées insensiblement, I laissent aujourd'hui à sec un grand terrain où l'on a bâti la basse ville. Elle *st assez élevée au dessus du rivage pour rassurer les habitants contre l'inon-

jon. On monte à la haute ville par une pente si roide , qu'on n'y pouvait

i -ver qu'à pied , à l'aide de plusieurs degrés ; mais on a pratiqué sur la droite 11 chemin d'une pente plus douce , qui est bordé de maisons, "tous ne suivrons point les développements de cette belle colonie, tour à ( 1P prise, rendue et reprise par les Anglais : ses révolutions appartiennent à gloire. Les premiers explorateurs de ce pays ne nous ont laissé d'ailleurs \ U|ie fastidieuse nomenclature de rivières , de bourgades , etc. , dont nous ^gnerons l'ennui à nos lecteurs. Quant au caractère et aux mœurs des na- ^* du Canada, ils diffèrent peu de ceux de leurs voisins; nous les comprenp °8 donc dans le tableau général que nous allons tracer des habitants de brique du nord.

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