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StSdealf„"& ", T*™' qi" eraPêd'ai0"t d» »'<*>«• <"* de « «»«, ««core T.' ?, ' C°mme CEl,e des """""P"*. L« levées subsistent
BWrr™ '!U.°KIU,ellcs aifint * * ""Pées en divers endroits, pendant les <W Espagnols, pour rendre le passage plus difficile à leur,
n„s; ma,s, on pan cornmo en guerre, Us ont enlevé une grande partie P'eux pour en employer le nota à faire du feu ou à d'autres usages. C 7W m1ï™T° *CS Kr,lï"!"s éla:t <* *» Cus». 1«e les incas s'é- '«ilr Tl ,mlr0""ire t"",S l<""eS "* proïil,c<!s c°"1uis«- Garcilasso
C!' ''e P!"',r<î' E"e °'a mmen' q"'u" seul lerrae P»"'' «P'iV «ente choses , et manque de plusieurs lettres des alphabets latin et cas-
«* de, , ," Tf P™0"™"0" '!»' se™nt à varier la signifie*.
« te mots : une des lèvres, une du palais seul , et la troisième du gosier «te langue avait été eullivée par les poètes et les philosophes du pays • premiers se nommaient avarao, et les seconds ammta*. On a conservé «X exemples de la poésie péruvienne : l'un qui n'est qu'une chanson ga-
C; qu; T, :>"": """" '""" cnimmira- "''>" *"** »« »>-
»e pesant („„„„; l'autre, qu'on peu. regarder comme un cantique g eux, parce quil eonfenl un point de la mythologie du Pérou. C'était » «tenue cpnuon qu'une jeune fille de la famille du Soleil avait été plaflans la haute région de l'air, avec un vase plein d'eau , pour en répandre |( la terre, lorsqu'elle en avait besoin; que son frère frappait quelquefois ase d'un grand coup, et que de là venaient le tonnerre et les éclairs * espèce d'hymne signifie : « Belle nymphe, votre frère vient do frapper W „r„e, et son coup fait partir le tonnerre et les éclairs. Mais vous oiphc royale, vous nous donnez vos belles eaux par des pluies, et dans ( «mes sa.sons , vous nous donnez de la neige et de la grêle. Viracocha vous »«*«, et soutient vos forces pour cet emploi. . areilasso , joint une sorte do commentaire, et vante la force des expres- I s. Il ajoute que les poètes péruviens composaient aussi des drames, dans "Jlucls ,1s représentaient les grandes actions des empereurs défunts, es amantas n'ignoraient pas absolument l'astronomie; mais ils no dissent que trois astres par des noms propres : le soleil, qu'ils nomwt }„„,- la lune, q„i portai, jc nom ie QuiUa. et vfauSj qa,[h mm eut Climm ; toutes les étoiles étaient comprises sous le nom commun de «r. Ils observaient le cours de l'année, et les récoltes leur servaient â
,b- »'. ..s onserva.ent le cours de l'année, et les récolles leur servaient â
H nguer les saisons. Les solstices entraient aussi dans leur calcul du temps.
H paient a l'orient et à l'occident de Cusco de petites tours qui servaient
«i astronomie ; mais Acosla et Garcilasso nes'accordent ni sur leur nombre,
<" leur usage. Rien n'approchait do l'attention des anciens Péruviens
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sssssssam
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pour les éclipses do soleil ou de lune, quoiqu'ils en ignorassent les causes W qu'ils leur en attribuassent de ridicules. Ils croyaient le soleil irrité contre eux lorsqu'il leur dérobait sa lumière, et toute la nation s'attendait aux pl«s terribles malheurs. La lune était malade lorsqu'elle commençait, à s'éclipser; si l'éclipsé était totale, elle était morte ou mourante, et leur crainte était alors qu'elle n'écrasât tous le humains par sa chute. Us se livraient aux cris e[ aux larmes; ils faisaient sortir leurs chiens, et les contraignaient, à force * coups, d'aboyer, dans l'opinion que la lune aimait particulièrement ces animaux. On retrouve sans cesse, d'un bout du monde à l'autre, les mêffl* erreurs nées de la même ignorance.
Leurs mois étaient lunaires. Ils leur donnaient , comme à la lune , le nofil de quitta ; mais ils les divisaient en quatre parties, qu'ils distinguaient VaT des noms et par une fête. Dans l'origine de la monarchie, ils commençaient leur année par janvier; mais depuis le règne de Pachacutec, qu'ils non'' niaient le réformateur, ils avaient pris l'usage de la commencer par décembre.
Quoiqu'ils n'eussent aucun principe de médecine, l'expérience leur av;i'[ lait connaître la vertu de certaines herbes, et ceux qui se distinguaient fâ celte science étaient dans une haute faveurà la cour. D'ailleurs ils n'avait que deux remèdes , l'ouverture de la veine, qui se Taisait ordinairement d'111* la partie affectée, et la purgalion , qui consistait à prendre deux onces d'u"c racine dont l'effet était assez violent. On remarque, comme un usage ass^ singulier, qu'ils ne prenaient jamais de remèdes qu'au commencement ''''■ maladies , et qu'ensuite ils employaient uniquement la diéle , ou la privati*"1 absolue de tout aliment. Dans leur régime, ils s'en tenaient scrupule usenu111' aux nourritures simples , soit parce qu'ils craignaient les mélanges , soit pal*8 qu'ils les ignoraient.
Us avaient quelques idées de géométrie , mais grossières et sans métïiO$' Leur musique instrumentale n'était pas plus avancée. Elle consistait dans W sage de quelques tambours et de quelques Dûtes de roseaux, les unes doubla ou triples , à divers tons , et d'autres simples , dont le son n'avait aucune variété.
Avant l'arrivée des Espagnols, ils n'avaient aucune connaissance de le"'1'1' ture. Cependant ils avaient trouvé le moyen de conserver la mémoire de l'^11' tiquité, et de se former une sorte d'histoire, qui comprenait tous les G*8 remarquables de leur monarchie. Premièrement, les pères étaient obtyr de transmettre à leurs enfants tout ce qu'ils avaient appris de leurs p1'1'' près pères , par îles récils qui se renouvelaient tous les jours. En second Hpiu ils suppléaient au défaut des lettres, en partie par des peintures assez inf'-'1'
£■. «nmata Mexicains, « te.^, Ills œ ,,„
kexpruna.en, «ne variété surprenante do Ihils et do choses. A « n o , " ™ *T" el I"1 se '« ** » piquer , »•«, parle S
OCrrT' am,C°mPlCS "«"'""l'-disos, était exacte,,,™ <* de TZ Û17 , '"?• S m0i"tlrCS ci™«™^ y trouvaient plaee , *« otn L7 J"" PrinCiPalCS CmleS- Des *« établis
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*»lo,n lesPeruv.ens, surtout si l'on considère ,,,'étau, environné don,
»» b aucoup plus barbares, ils no pouvaient rien devoir,', ,'ex ,p,e
* ho,s1Ssa,ont, connue les anciens Egyptiens, des lieux renouante
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vre , des miroirs du pierre d'iuca, et d'autres meubles qui n'ont de curieu* que leur antiquité.
Les haches de cuivre qu'on trouve dans les tombeaux approchent beaucoup de la forme des nôtres. Il parait que les Péruviens s'en servaient à faire la plupart de leurs ouvrages : car si ce n'était pas leur seul instrument tranchant, la quantité qu'on en trouve fait juger que c'était le plus commun-, leur unique différence est dans la grandeur.
Les anciens vases à boire sont d'une argile très fine et de couleur noire. On ignore obsolument d'où les Péruviens la tiraient. La forme de ces vases est celle d'une cruche sans pied , ronde , avec une anse au milieu ; d'un côté est l'ouverture pour le passage de la liqueur , et de l'autre une tête fort naturellement figurée.
Leur habileté à travailler les émeraudes cause de l'étonnement. Ils tiraient particulièrement ces pierres de la côte de Manta , et d'un canton du gouvernement d'Atacamés , nommé Quaques. On n'en a pu retrouver les mines; mais les tombeaux de Mania et d'Atacamès fournissent encore des émeraudes à ceu* qui les découvrent. Elles l'emportent beaucoup , pour la dureté et la beauté , sur celles qu'on tire des environs de Santa-Fé. Ce qui étonne, c'est de les voir taillées, les unes eu figures sphériques, les autres en cylindres, et d'autres en cônes. On ne comprend point qu'un peuple qui n'avait aucune connaissant ,de l'acier ni du fer ait pu donner cette forme à des pierres si dures , et le* percer avec une délicatesse que nos ouvriers prendraient pour modèle.
Les édifices anciennement bâtis par les Péruviens, soit pour leur cultCi soit pour loger leurs souverains , et pour servir de barrière à leur empire i font un autre sujet d'admiration . On raconte qu'ils étaient magnifiques à G& co, dans la vallée de Pachacamae,à Tumibamba, àGuamanga, et dans que'' ques autres lieux que les premiers voyageurs ont vantés, sans nous en laisser la description. TJIIoa donne celle de quelques restes de ces monuments qu'il3 visités.
Les ruines , où la jointure et le poli des pierres se font admirer , ne laissent presque aucun doute que ces peuples ne se servissent des pierres mêmes pour en polir d'autres par le simple frottement : car on ne concevrait pas qu'a**8 les seuls outils qu'ils employaient , ils eussent pu parvenir à cette perfection. °n est persuadé qu'ils n'ont pas connu l'art de travailler le fer. Il s'en trouve d& mines dans le pays, mais rien n'a pu faire soupçonner qu'ils les eussent j3* mais exploitées. On ne vil pas un morceau de fer chez eux à l'arrivée des 6*" pugnols ; et le cas extraordinaire qu'ils faisaient des moindres bagatelles * ce métal prouve qu'il leur était absolument inconnu.
On ne doit pas oublier, entre les monuments de l'ancienne industrie d<*
ïetr-','''Sl™lim™'s'lu'lson,"loJ:'ic"1 l'™"'1' >»«m»m *àm r„
« <lwl , r"TC,S- b°iS d°M "* balZCS s»nl f°™*s «' "»"• '-ta Mire
Outre les balzcs qui servent au commerce sur les fleuves et sur la cota n
«> sobves don, elle., sont composées, avant douze a u,cizo loiSM „» ™ ;
Manches de trois ou quatre a,™ do on» , ','" ■l'"™™"- °° a deS
gaie on un aviron ;'i deux pelles, un homme n'expose là-dessus, et, si le vent peut l'aider, il mot une petite voile de coton ; enfin , pour remplacer l'air qui peut se dissiper, il a devant lui deux boyaux par lesquels il souille dans les ballons aussi souvent qu'il en est besoin.
meurs (les Péruviens et îles créoles an (tix-hii'itième siècle.
Camctto. C'est un ouvrage île Péruvien. Orgies. Manière de yojaéw.
Les voyageurs du dix-huitième siècle représentent les habitant? naturels de l'ancien Pérou si différents de ce qu'ils étaient au temps de la conquête, qu'on a peine à concilier leurs peintures avec celles des premières relations; ils s'étonnent, eux-mêmes de la contradiction si flagrante qu'elles présentents Te ne sais que penser, ditUlloa, en voyant les choses si changées : d'un coté, j'aperçois des débris de monuments, des restes de superbes édifices et d'autres ouvrages magnifiques, qui signalent l'intelligence, la civilisation, l'industrie des Péruviens, et qui ne permettent pas à ma raison de douter des témoignages historiques; de l'autre, je vois une nation grossière, plongée dans les plus profondes ténèbres de l'ignorance, et peu éloignée de cette barbarie qui rend les sauvages à peu près semblables aux bêtes féroces; île sort" que le témoignage de mes yeux me fait presque douter de ce que j'ai lu. Comment concevoir qu'une nation assez sage pour avoir fait des lois équitables» et formé un gouvernement aussi régulier que celui sous lequel elle vivait, nC conserve plus aucune marque du fonds d'intelligence et de capacité sans lequel il est évident qu'elle n'a pu régler avec tant de sagesse toute l'éco nomie de la vie civile? » Il n'y a , sans doute , qu'une réponse à faire à celle quesLion, c'est que ces malheureux peuples ont été abrutis par la tyrannie de leurs nouveaux maîtres. Un philosophe tel que don Ulloa devait trouver cette solution-, maïs peut-être un Espagnol n'a pas osé l'écrire. Et bientôt en effet nous les verrons secouer cette torpeur de l'esclavage, cet engourdissement qui suit presque toujours les derniers efforts d'une nation quand elle 3 perdu tout son sang; nous les verrons, répondant au cri de liberté poussé p«r la France, à ce cri qui eut de si longs retentissements, briser le joug de leurs tyrans , et se replacer au rang des nations. Mais laissons parler les voyageurs du dernier siècle.
Les Péruviens ont l'air si imbécile qu'on croirait pouvoir à peine les placer au dessus des brutes ; quelquefois m£me ils semblent dépourvus de l'instinct
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nature]. Cependant il n'y a pas ilo peuple au monde qui ait plus de facilité ' comprendre, ni une malice plus réfléchie. 11 faut conclure de ce contraste ■lue leurs facultés naturelles, gui semblent engourdies par l'esclavage et le bailleur, se réveilleraient, si ou les niellait en action.
Leur indifférence est extrême pour tontes les choses du monde; rioii n'al- *» la tranquillité impassible de leur ame. Ils sont également insensibles a a Prospérité et aux revers. Quoiqu'il demi nus, ils paraissent aussi contents »e l'Espagnol le plus somptueux dans son habillement; et, loin d'envier un obu riche qu'on offre à leurs yeux, ils n'ambitionnent pas mémo d'allonger ™ Peu celui qu'ils portent. L'or, l'argent et tout ce qu'on nomme riokem, la Pas le moindre attrait pour un Péruvien. L'autorité, les dignités excitent 11 Peu son ambition , qu'il reçoit avec la même indifférence l'emploi d'alcade " celui de bourreau, sans marquer de satisfaction ni de mécontentement, si °» lui «te l'un pour lui donner l'autre : aussi n'y a-t-il point d'emplois auxquels ils attachent plus ou moins d'honneur. Dans leurs repas , ils ne souhai- «n jamais que ce qui est nécessaire pour les rassasier : leurs mots grossiers e»r plaisent autant que les plus exquis. Plus un aliment est simple, plus il * conforme à leur goul . Rien ne peut les émouvoir ni changer leur natu- ». L'intérêt a si peu de pouvoir sur eux , qu'ils refusent de rendre un polit erviee lorsqu'on leur offre une grosse récompense. La crainte et le respect |*e les touchent pas plus. Humeur d'autant plus singulière que rien ne peut a fléchir, et qu'on ne connaît aucun moyen de les tirer d'une indifférence e» laquelle ils semblent délier l'esprit le plus éclairé, soit de leur faire aban-
*'"iicr cette profonde ignorance qui met la plus haute prudence en défaut, *» de les corriger d'une négligence qui rend inutiles tous les efforts et les s°rns de leurs guides.
^ Us sont Tort lents et mettent beaucoup de temps à faire tout ce qu'ils en- 'eprennent. De là le proverbe du pays pour tous les ouvrages qui demandent « temps et de la patience : C'est wi ouvrage île Péruvien. Dans leurs fabriques de tapis, de rideaux, de couvertures de lits et d'autres étoffes , toute leur "uluslric consiste à prendre chaque (il l'un après l'autre, à les couper cha- Jl'iefois, enfin à faire passer la trame; et, pour fabriquer une pièce de ces "Iles , ils emploient ainsi doux ans et plus. On avoue que , si l'on prenait la :,'ee de leur enseigner les méthodes qui abrègent leur travail, ils ont une faite pour l'imitation qui leur ferait faire de grands progrès. A la lenteur se joint la paresse, vice enraciné par une si longue habitude , que leur propre intérêt ni celui do leurs maîtres ne peuvent les porter Olontairement an moindre effort pour le vaincre. S'ils ont des besoins indis- «isanlos , c'est aux femmes à y pourvoir. Ce sont leurs femmes qui filent
,- 15-2 — qui roui les diemisf4l.es et les caleçons, unique vêlement des hommes; 1* femme prépare la nourriture , tandis que le mari , accroupi à la manière des singes , l'encourage par ses regards. II boit dans l'intervalle , sans se donner le moindre mouvement, jusqu'à ce que la faim le presse, ou que l'envie li" prenne de visiter ses amis. L'unique travail qu'il fasse pour sa famille est de labourer une petite portion de terre qui forme ce qu'ils nomment leur ch"' carite; mais ce sont encore les femmes et les enfants qui l'ensemencent, cl qui ajoutent tout ce qui est nécessaire à la culture. Lorsqu'il est une fois nonchalamment accroupi, rien n'est capable de lui faire quitter cette posture' Qu'un voyageur s'égare , comme il arrive souvent dans le Pérou , et qu'il s'avance vers une cabane pour s'informer du chemin, le Péruvien se cache, fo'1 répondre par sa femme qu'il n'est pas au logis , et se prive d'une réale , P1® ordinaire du service qu'on lui demande, plutôt que d'interrompre son oisiveté. Si le voyageur quitte son cheval pour entrer dans la cabane , il ne lui est pas aisé d'en trouver le maître, parce que ces misérables édifices ne reçoive»1 de lumière que par une très petite porte , cl qu'en venant du grand jour 0" n'y dislingne point les objets ; mais il lui serait inutile de découvrir l'Améri' cain , car les prières , les offres ni les promesses ne peuvent l'engager à soi" lir. Il en est de même de toutes les occupations qu'on leur propose , et qu'"3 ont la liberté de refuser. Quant à celles qui leur sont prescrites par leU*9 maîtres, et pour lesquelles il sont payés, il ne suint pas de leur dire ce qu'ils ont à faire, on est forcé d'avoir continuellement les yeux sur eux. S' l'on tourne un moment le dos , ils s'arrêtent jusqu'au retour de celui dont »s craignent la présence. La seule chose qu'ils ne refusent jamais est de pre"' dre part aux danses et aux fêles ; mais il faut que ces divertissements soient accompagnés du plaisir de boire, qui fait leur bonheur : c'est par là qu'HP commencent la journée et qu'ils la finissent. Ils ne cessent de boire qu'apte avoir perdu l'usage de leurs sens dans l'ivresse. La chiclia , espèce de hoisso" faite avec du maïs , est leur liqueur favorite.
Ce penchant pour l'ivrognerie est si général , que la dignité de cacique "' l'emploi d'alcade ne sont pas un frein pour ceux qui en sont revêtus. Ils courent avec le même emportement aux fêtes , et la chicha met au même rang |c cacique , l'alcade, et leurs plus vils subordonnés. Mais ce qui doit paraître & scz étonnant , les femmes, les filles et les jeunes garçons sont absoluroflj* exempts de ce vice. Il n'est permis qu'aux pères de famille de boire jusqû* l'épuisement de leurs forces , parce qu'il n'y a qu'eux qui aient droit d'atiendï" du secours lorsqu'ils ont perdu connaissance.
Celui qui lait célébrer une fête invile chez lui toutes les personnes de sa connaissance , et tient prèle une quantité de chicha proportionnée au nofflWP
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S(^ convives. Chacun doit avoir sa cruche , dont la mesure est au moins '•' ^nte ehopinea. Dans la cour de la maison , si c'est une grande bourgade , u devant la cabane , si c'est en pleine campagne , on met une table couverte "n tapis de Tucuyo , réservé pour ces occasions. Tout le festin se réduit à la ^"'"Win, ou maïs rôti, avec quelques herbes sauvages bouillies à l'eau. Les emmeS servent à boire à leurs maris. Lorsque la gaîté commence à les ani- "'■'• quoiqu'un bat d'une main une espèce de tambourin , et de l'autre joue Jii flageolet , tandis qu'une partie des assistants de l'un et de l'autre sexe forent des danses , qui consistent à se mouvoir de divers côtés , sans ordre ni Wure. Les femmes y mêlent d'anciennes chansons , et l'on continue à boire 13 chicha. Lorsqu'à force de boire et de danser, ils ont fini par s'enivrer tous , et qu'ils ne peuvent plus se soutenir sur leurs jambes , ils se couchent pôle- "We, sans se soucier si l'un est près de la femme de l'autre , de sa sœur, de J8 fille , ou d'une parente. On oublie tous les devoirs dans ces orgies , qui duent trois ou quatre jours, jusqu'à ce que les curés viennent y mettre fin. e"r manière de pleurer les morts est de bien boire. La maison d'où part le JOOvoi est remplie de cruches, et non seulement les parents et les amis noient e«r chagrin dans de copieuses libations, mais ils sortent dans la rue, arrêe|H tous les passants de leur nation , les font entrer dans la maison du défunt, et les obligent de boire à son honneur. Cette bizarre cérémonie dure trois ou fratre jours , et quelquefois plus long-temps. 11 paraît que les curés sont as- 8eï contents lorsqu'ils y voient mêler une ombre de christianisme.
Autant les Péruviens ont de passion pour la danse et l'ivrognerie , autant 0tlt-i|s d'indifférence pour le jeu : jamais ils ne marquent le moindre goût Paur cet amusement ; il paraît même qu'ils ne connaissent pas d'antre jeu que e pom, c'est-à-dire cent, parce qu'il faut atteindre à ce nombre pour gagner. *f posa s'est conservé chez eux malgré la conquête. On y joue avec un aigle e bois à deux têtes , avec dix trous de chaque côté , où les points se marquent Par dizaine, et avec un osselet taillé en dé , c'est-à-dire à sis faces , dont l'une, wtinguée par une certaine marque , se nomme guagro. On jette l'osselet en a'r, et quand il retombe, l'on compte les points marqués sur la face d'en haut : Sl c'est celle du guagro, on gagne dix poinls , et l'on en perd autant si c'est e la marque blanche opposée. Quoique ce jeu soit particulier à leur nation, llsne le jouent guère que lorsqu'ils commencent à boire.
Les Péruviens ne font pas de grands frais pour voyager : un petit sac rem- Wl de farine d'orge grillée, ou mâcha, et une cuiller composent leurs proviens pour un voyage de cent lieues. A l'heure du repas , ils s'arrêtent près ^ l»ne cabane, où ils sont toujours sûrs de trouver de la chicha , ou près d'un ''"isseau dans les lieux déserts. Ils prennent avec la cuiller un peu de farine ,
qu'Us tiennent quelque temps clans la boudin avant de l'avaler. Deux on H'°lS cuillerées apaisent leur faim. Ils boivent à grands traits de la ehicha ou de l'eau, et se trouvent assez fortifiés pour continuer leur route.
Leurs habitations , dans les campagnes , sont aussi petites qu'il est possible de se l'imaginer : c'est, une chaumière , au milieu de laquelle on allume le feu- As n'ont point d'autre, logement pour eux, leur famille et leurs animaux domestiques , qui sont les chiens , qu'ils aiment beaucoup , et dont ils ont ordinairement trois ou quatre, ainsi qu'un ou deux cochons, des poules et & oies. Leur mobilier consiste en divers vaisseaux de terre, et quelques pit*# de coton filées par leurs femmes ; leurs lits sont des peaux de moulons étendu* à terre, sans coussin et sans couverture. La plupart ne se couchent point» S dorment accroupis sur leurs peaux. Ils ne se déshabillent jamais pour dorniir-
Quoiqu'ils élèvent des poules et d'autres animaux dans leurs chaumièresils n'en mangent pas la chair. Leur tendresse pour ces botes va si loin , qu'il5 ne peuvent se résoudre à les tuer ni à les vendre, lin voyageur qui est ft*® de passer la nuit dans une de ces cabanes offre en vain de l'argent pour obt* nir un poulet : le seul parti à prendre est de le tuer soi-même. Alors la Pér»vienne jette des cris, pleure, se désole; enfin, voyant le mal sansremèfl°> elle consent à recevoir le pris de sa volaille.
L'usage des Péruviens est de mener avec eux toute leur famille quand i'5 voyagent. Les mères portent leurs petits enfants sur leurs épaules. La caban* demeure fermée; et, comme il n'y arien de précieux à voler, une sirops courroie suffit pour fermeture. Les animaux domestiques delà famille sont co"' fiés à un voisin , lorsque le voyage doit être de quelque durée ; autrement °" se repose sur la garde des chiens , et ces animaux sont si fidèles , qu'ils ne l^' sent approcher personne de la cabane. Ulloa remarque que les chiens élev& par des Espagnols et des métis ont une si furieuse haine pour les Américain9' que, s'ils en voient entrer un dans une maison où il ne soit pas connu , ils s'1^ lancent sur lui pour le déchirer lorsqu'ils ne sont pas retenus ; mais, d'un au** côté, les chiens élevés par les Américains ont la même haine pour les EspagW* et les métis.
La plupart des Péruviens qui ne sont pas nés dans une ville ou dans U"8 grande bourgade ne parlent que la langue de leur nation , qu'ils appelle»' quichoa ; elle fut répandue par les incas dans toute l'étendue de leur vaste et*" pire , pour y rendre le commerce plus aisé par l'uniformité du langage. Q'"'1' ques uns néanmoins entendent et parlent l'espagnol ; mais ils ont bien rai''" ment la complaisance d'employer cette langue avec ceux qui ne comprenne1 pas la leur , et s'obstinent plutôt à se taire. Dans les villes et les bourgs , ils * font honneur au contraire de ne parler qu'espagnol , jusqu'à feindre d'igno^1'
il P P P |llll ll| IM|I lll|l II 10 11 12 13 14 15 16 17
- 15S — Widio». fis sont ions superstitieux à l'excès, et, par un reste de leur aune religion mie tous les efforts des curés ne sont pas encore parvenus à mure ,1s ont des méthodes pour pénétrer dans l'avenir , se rendre heureux el obtenir du succès dans leurs entreprises.
. Épreuves des fiants. Chasse aui Mtinnge derrière t'cçUai
ours. Barbiers. Manière de guérir la lièm Habitudes des femmes.
(«' û"' q"e de bm" rail),es "oli°"s ''" christianisme. Ulloa convient qu'il ».uvç fort peu qui l'aient sincèrement embrassé. S'ils assistent au serra* 7 '" 'CS "**' * J S<"" f°ra!s V" h <™'"te ** clultin s. Ce voyageur raconte qu'un Péruvien , ayant manqué I la messe, pour * e „,„se .1 boire tout ,c matin, fut condamné au fouet, qui est la pnnUion
»«t o,r. eT 7 r" Pr"S 1,aï0ir S"Me' SMS S° P'™1"'*' « «*-• ■»• « partie de la lo, qu, est d'aller trouver le curé, et de le remercier de
Cr, "T CC"X<11" <*' 0W'S« d'iM™"= : « on a mis tout en œuvre
leur donner une haute idée de la profession ecclésiastique. Le curé lui
ne réprimande a laquelle il joignit une exhortation affectueuse à ne pas
« l.Ser les devoirs de la religion. A peine eut-il cessé de parler, que le W-
""c.i, s approchant d'un air humble et naïf, le pria demi faire donner le
«me nombre de coups pour le lendemain, qui était aussi lé,,. „.,„.,
«ayant envie de boire encore, il prévoyait qu'il ne pourrait probablement
f^s assister a la messe.
On leur prodigue les instructions ; ils ne disputent jamais , ils conviennent
toul ; mais au fond ils ne croient rien. Sont-ils malades et menacés de la
. . ou les visite, on les exhorte a faire une fin chrétienne : ils écoutent
"«s donner aucune marque de sensibilité.
<ù, de leurs préjugés es, de penser que la personne qu'ils épousent a peu de .te silsla trouvent vierge. Aussitôt qu'un jeune homme a demandé une
*ITT-' ",l ff"° luUst aœord&' ,os deuï "onrts vi™"' S*»»
C î T "f manfe- AprÈS S'ê"'<! ai"Si é"™™ mutuellement, le
Sont prend quelquefois au jeune homme , qui abandonne la fille sous pré
«if il qu'elle ne lu, plait pas , ou parce qu'il ne lui a point trouvé les qualité,
l 1 oestre. Il se plaint de son beau-père , et l'accuse de l'avoir voulu tromner
» repentir ne vient point après l'éprouve, qu'ils „om„,e„, „„,„„' 0„
Cr T""° T ^ é'!""i ' q,K 'eS éï61"es el lcs on* perdent
*™ efforts a le combattre Aussi la première question qu'on fait à Ce„x qui
.enien, pour le mariage est s'ils sont amm,ados, c'est-à-dire amants
«ouves , pour les absoudre de ce péché avant de leur donner la bénédiction
- 1Bfi — nuptiale. Usnecroienl pas qu'un mariage soit bon, s'il n'est solennel, et. nP le faisant consister que dans la bénédiction du nrôtre, donnée devant un grand nombre de témoins , on ne peut leur faire entendre qu'ils sont engagés, si cotte circonstance manque. Dans ce cas , ils changent de femmes , comme s'ils n'étaient retenus par aucun lien. L'inceste ne les effraie pas plus, surtout dans l'ivrognerie. Les corrections sont inutiles, parce qu'aucun châtiment n'imprimant parmi eux de tache honteuse , il n'y en a point d'assez fort po°r lis contenir. Il leur est égal d'être exposés à la risée publique, ou de danser à leurs fêtes, parce qu'ils n'y voient qu'un spectacle qui les amuse. Les châtiments corporels leur sont plus sensibles, par la seule raison qu'ils sont douloureux ; mais un moment après l'exécution , ils ont oublié la pei""' L'expérience ayant assez, fait connaître qu'on ne peut espérer de changer leur caractère, on a pris la résolution de fermer les yeux sur une partie de leurs désordres, ou d'employer d'autres voies pour y remédier.
La manière dont les Péruviens confessent leurs péchés paraîtra fort sing"" lière. Lorsqu'ils entrent au confessionnal , où ils ne viendraient jamais s'il5 n'y étaient appelés , il faut que le curé commence par leur enseigner tout ce qu'ils ont à faire , et qu'il ait la patience de réciter avec eux le confileor û"un bout à l'autre , car s'il s'arrête , le Péruvien s'arrête aussi ; ensuite il ne sufl"1' pas que le confesseur lui demande s'il a commis tel ou tel péché , mais il ftul qu'il affirme que le péché a été commis, sans quoi le pénitent nierait tout- Quand le prêtre insiste et parle de certitude et de preuve , l'Américain s'intf' gine alors qu'il est instruit par quelque moyen surnaturel : non seulement ^ avoue le fait, mais il découvre les circonstances sur lesquelles il n'est poio1 interrogé.
L'idée de la mort et la crainte que son approche imprime naturellement * tous les hommes ont beaucoup moins de force sur les Péruviens que sur I# autres hommes. Dans leurs maladies , ils ne sont abattus que par la douleur! ils ne comprennent pas que leur vie soit menacée, ni comment on peutl» perdre; les exhortations des prêtres ne paraissent pas le toucher. Ullofl' surpris de cette stupide indifférence, et croyant ne devoir l'attribuer qu'à la force du mal, eut la curiosité de voir aux derniers moments de leur vie deux criminels condamnés à mort ; l'un était métis, ou mulâtre, l'autre Péruvien. Il se fit donc conduire à la prison. Le premier, que plusieurs prêtre exhortaient en espagnol, faisait des actes de foi, de contrition et d'amoi"> avec les signes de terreur propres à sa position. Au contraire, l'Américain ' entouré de prêtres qui lui parlaient sa langue naturelle, était plus tranquille qu'aucun d'eu*. Loin de manquer d'appétit comme son compagne" d'infortune, l'approche de sa dernière heure semblait redoubler son 9&
lllll lllll lllll llll| llll|l lll|l III
e ■> profiler du dégoût de l'autre pour manger la portion qU'j| Uli VOJait ^ "Mr. 11 pari;,ii librement à tout le monde. Si les prêtres lui faisaient J»> demande, il répondait sans marquer aucun trouble; on lui disait de "«mouiller, il obéissait ; ou lui récitait des prières, il les répétait mot pour «. jetant les yeux tantôt d'un coté, tantôt de l'autre, comme un enfant di-' 1,"' "" d0n"e ''" UM mé<lioere a»™tion à ce qu'où lui fait faire ou '■ H ne perdit rien de cette insensibilité jusqu'à ce qu'il fût conduit au gi- 1 1 et tant qu'il eut un souffle de vie, on ne remarqua point en lui la moindre "'eration.
C'est avec le même sang-froid qu'un Péruvien s'expose à la furie d'un tauan, sans se défendre autrement que par la manière dont il se présente aux »»ps : il est jeté en l'air, et tout autre serait tué ,1e sa chute ; mais il n'en est ™ même blessé, et se relève fort content de sa victoire. Les Péruviens sont Kl adroits que les Chiliens à passer un lacs au cou de toute sorte d'uniaux, en courantà toute bride; et, ne connaissant aucun péril, ils attaquent «■ les bêtes les plus féroces , sans en excepter les ours. Un Péruvien à che- Porte dans sa main une courroie si menue, que l'ours ne peut la saisir de "* Pattes, et s, forte néanmoins qu'elle ne peut être rompue par l'effet de la Ursc du cheval et de la résistance de l'ours. Aussitôt qu'il découvre l'animal, Pousse a lui , et celui-ci se dispose à s'élancer sur le cheval : l'Américain , rivant à portée, jette le lacs, saisit l'ours au cou; cl l'autre bout du lacs "«M attaché à la selle du cheval, il continue de courir avec la plus grandi «esse. L'ours, occupé à se délivrer du uœud coulant qui l'étranglé, ne jwt suivre le cheval , et finit par tomber mort. On a peine à décider qui «nporle, dans celle action , de l'adresse ou de la témérité, les Péruviens élevés dans les villes et dans les grands bourgs, surtout M qui exercent un métier, et qui savent la langue espagnole, ont l'esprit ™s ouvert et les mœurs moins grossières que ceux des campagnes. On les siuiguo par le nom espagnol de landiuos, qui revient à celui de prortom. «; mais ils conservent toujours quelques usages anciens, par un reste de mmunicalion avec ceux qui sont moins policés, ou par des préjugés qui > 'attachent à imiter leurs ancêtres. Les plus spirituels sont ceux qui exer- « la profession de barbier; ils y joignent ordinairement celle de chinu- « n, du moins pour la saignée; et, au jugement même de Jussieu et de «'orgues, ils peuvent aller de pair avec les plus fameux phlébolomislcs *- ( turope.
Quelquefois les Péruviens sont attaqués d'une sorte de lièvre maligne dont glWTOon esl également prompte et singulière : ils approchent le malade 'eu et le placent sur deux peaux de mouton -. ils mettent pics de lui une
miche de chicha : la (orateur du feu et celle de la fièvre lui causent une soif qui le lait boire sans cesse; ce qui lui procure une éruption si décisive, que, dans un jour ou deux, il est mort ou rétabli. Ceux qui échappent de ces maladies épidémiques jouissent long-temps d'une parfaite santé. II n'est pas rare de voir des Péruviens, hommes et femmes , qui ont plus de cenl aùB- Leurs occupations ordinaires se réduisent aux fabriques, à la culture des terres et aux soins des bestiaux. Chaque village est obligé, par les ordonnances , de fournir tous les ans aux haciendas, ou métairies de son district, un certain nombre d'Américains dont le salaire est déterminé : sp0 une année de travail, ils retournent à leurs cabanes et d'autres les remplacent. Ce service se nomme mita. On a renoncé à y avoir recours pour les fabriques, parce que, n'étant pas tous exercés au métier de tisserand, il y aurait peu d'utilité à tirer de ceux qui l'entendent mal ; on se borne à prendre les plus habiles , qui se fixent dans les fabriques mêmes, avec leurs familles, et qui instruisent leurs enfants. Outre le salaire annuel de ces deus sortes d'ouvriers , les maures donnent à ceux qui se distinguent par leur industrie des fonds de terre et des bœufs pour les faire valoir; ils défrichent alors, ils labourent, ils sèment pour la subsistance de leurs familles; il* bàlissent des cabanes autour de la métairie, qui devient ainsi un maneii' seigneurial , et quelquefois un village fort nombreux. C'est à ces terres défrichées qu'on donne le nom de chacarc ou chacaritc.
Les Péruviens conservent une forte inclination pour le culte du Soleil. DïitfS les grandes villes, ils ont des jours où leur dévotion pour cet astre se réveille avec leur amour pour leurs anciens rois , et leur fait regretter un temps qu'il8 ne connaissent plus que par les récits de leurs pères. Tel est le jour de la Nativité de la Vierge , auquel ils célèbrent la mort d'Atahualpa par une espèce de tragédie qu'ils représentent dans les rues. Ils s'habillent à l'antique, il* portent encore les images du Soleil et de la Lime, leurs divinités chéries, et les autres symboles de l'idolâtrie, qui sont des bonnets en forme de tète d'aigle ou de condor, des babils de plumes, et des ailes si bien adaptées , qi'c de loin ils ressemblent à des oiseaux. Dans ces fôLes , ils boivent beaucoup > et peut-être n'osc-t-on leur en ôter la liberté. Comme ils sont extrêmement adroits à jeter des pierres avec la main et la fronde, malheur à qui tombe sous leurs coups pendant leur ivresse. Les Espagnols, si redoutés, ne sont pas alors en sûreté : la fin de ces jours de trouble est toujours funeste à quelques uns, et les plus sages prennent, grand soin de se tenir renfermés. On s'elforee de supprimer ces fêles, et depuis quelques années on en a retranché le tfiéâiro où ils représentaient la mort de l'iuea.
Trezici, vojugeur instruit et judicieu\ ; assure que le principal ol^iark '
il p p p |iin il| llll|l lll|l u
feaai. i ~r~ — " — '""J™. l"i-" , u»ua su» style simple et
. leur interdire, le commerce des femmes, lorsqu'ils en voici» dm ou
^ ■ ux cors y D'ailleurs, chacun de ces curés est pour eux, non pas m, pas.
■ ™»»i>« lyrai, qui va de pair avec les gouverneurs espagnols pour les
« nui' i'"' 'S "'aïai"'!'' a S°" pr0"1 sans les «compenser de leurs peines
C, vm ,C0UPS ailmoin<1''cm«°»"!"teme„t. Il est certains i„,„, de
» - ou ordonnance royale oblige les Péruviens de venir au catéchisme :
ont le malheur d, arriver un peu tard, la correction paternelle du curé
" ■ vofee de coup de bâton, appliquée dans l'église mémo; de sorte que,
c. tendre le cure prop.ee, chacun d'eux apporte son présent, tel que du
* pour ses mules , ou des fruits, des légumes c. du bois pour sa maison.
. < s ont mémo conserve des restes d'idolâtrie, tels que l'ancienne coulu-
orterdes viandes et des liqueurs sur les tombeaux, parce que cette
,. / 1 o» leur rapporte beaucoup. Si les moines vont dans les campagnes
C ,,°'"' Cl"' C0UVC"t' ^ •" «P**»" "a'unent militaire: ils Jmenccnt par s'emparer do ce qui lour convient, cl si ,c propriétaire ne
i,„ . ."" T 8rtce " 1ui '« « ««lu., ils changent leur appa-
, de pr,ere en injures qu'ils accompagnent de coups. , Fréter rend aux
SZ h lr,0'g"aeC Pl"s »°™'»"'é- . Ils savent, dit-il , l'an de se rendre
,|r "■« des Américains, et comme ilssont d'un bon exemple, ils se font aimer
«s peuples, et leur inspirent le goût du christianisme. .
•Les curés continue le même voyageur, ne font encore que la moitié du
nu des parviens. Malgré les défenses de la cour d'Espagne , ces peuples
"».al h' M "'■"' fcS C0™Bi"°'S ou gouverneurs, qui les fout
«aUIer pour eux et pour leur commerce, saus leur fournir même des vi-
'». et JZ r'r. UC""W" "' "° C"Ui "m *•<**»**> quantité de „,„- * ' r',i " 7 °" d™"-*sif do les vendre, ils forcent les Péruviens Vie H P^'ed^ i nn prix excessif. Le droit quele roilcur
, 'le aussi de vendre seuls, dans leur juridiction, les marchandises de o e „„, aM Am ,rica. ]s ioup foumU ^ ^^^
C ° " (i7«"'«l«"«a-ti crédit, et par conséquent pour le Zte
«quelles valent, sous prétexte qu'au Pérou la dette court grand risque
> de mort, on peu, juger combien ils le, renchérissent aux Américain
Par e ,„ Ce sont des assortiments, i, faut souvent que ces malheureux s
,t , l de marchandises don, ils n'ont pas besoin , car „„ les oblige d'aehe-
r,i n a laquelle ,ls sont taxés. Ces, encore un usage for, Lien , et
(|i il suhsisle pas moins pour avoir été mille f„is défendu, que les ma,,
»«t autre» Espagnols qui voyagent prennent hardiment , et le plus sou-
— HiO —
vent sans payer, ce qui se trouve de leur goût dans les cabanes des Péruviens- Delà vient que ces peuples, exposés à tant de pillages, n'ont jamais rien <* réserve, pas même de quoi manger, ils ne sèment que le maïs nécessaire po11 leurs familles , et cachent dans des cavernes la quantité qui leur suffit p°l,r une année. Ils la divisent en cinquante-deux parties, pour le même nom»1 de semaines , et le père et la mère, seuls possesseurs du secret, vont prendra chaque semaine leur provision pour cet espace de temps. »
L'invincible aversion des Péruviens pour les Espagnols produit un grand mal , qui n'a pas cessé depuis la conquête. Elle fait que les trésors enfouis & les plus riehes mines dont ils ont entre eux la connaissance demeurent c»* chés, et par conséquent inutiles aux uns et aux autres , car les Américain8 même n'en tirent aucun parti pour leur propre usage , ils aiment mieux viV8 de leur travail et dans la dernière misère. Personne ne doute qu'ils ne coii" naissent plusieurs mines qu'ils ne veulent pas découvrir, moins pour efflP" cher que l'or ne sorte de leur pays que dans la crainte qu'on ne les force d y travailler. La fameuse mine de Salcédo lui fut découverte par une Péruvien"* qui l'aimait éperdument. Ou n'applique point les nègres au travail des mincS' pareequ'ilsy meurent tous. Les Péruviens même n'y lésistent, dit-on , qu'a*** le secours de diverses herbes qui augmentent leurs forces. Il est certain , P^ l'aveu des Espagnols, que rien n'a tant contribué que ce pénible exercice* diminuer le nombre des habitants naturels du Pérou , qui se comptaient p*1 millions avant la conquête. Les mines de Guancavelica ont eu plus de pa, que toutes les autres à leur destruction. On assure que, lorsqu'ils y ont p»9* quelque temps, le mercure les pénètre avec tant de force, que la plupart d"" viennent tremblants, et meurent hébétés. Les cruautés des corrégidors et "& curés en ont aussi forcé plusieurs de s'aller joindre à diverses nations voisin**' qui ont toujours rejeté la domination espagnole.
Il reste une branche de la famille des incas qui jouit d'une singulière di5' linction à Lima. Le chef, qui porte le nom <Xampuero, est non seulementrr connu du roi d'Espagne pour descendant des empereurs du Pérou ; mais $ cette qualité, sa majesté catholique lui donne le titre de cousin , et lui #'' rendre par les vice-rois une espèce d'hommage public à leur entrée. L'a»1' piiero se met à un balcon sous un dais avec sa femme , et le vice-roi , s'av»»' çant sur un cheval dressé pour cette cérémonie , fait faire à sa monture &$ courbettes vers le balcon.
L'amour, au Pérou , règne parmi les créoles avec une puissance égale S# les deux sexes. Les hommes sacrifient à cette passion la plus grande pae etlr" leurs biens. Ils ajoutent à leurs plaisirs celui de la liberté : n'aimant poi»L le* chaînes indissolubles, ils se marient rarement dans les formes ecclés>;,-|r
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llll| llll|l lll|l III 14 15 16 17
, leur méthode , qu ,ls nomment ,„„,,„,,, „v,T,<™ (•,,,,-,„, OT1Ki8le à vi. t„, ™° "»">«M dont ils reçoivent la foi comme ils h donnent Ces mes ont ordinairement do la sagesse et de la fidélité. Les lois du royaume sont assez favorables ; elles n'attachent point de honte à la bâtardise, et les Mis de l'amour ont à peu près tous les droits des autres , lorsqu'ils sont rcl»0nus par le père.
«Wiquo les femmes ne soient pas gênées au Pérou comme en Espagne, * n'est point qu'elles sortent le jour, excepté pour la promenade ; dans «randes villes, il est rare qu'elles sortent à pied. C'est ;', l'entrée de la nuit «les font leurs visites. Les plus modestes en plein jour sont les plus har- ■ "ans I obscurité. Le visage couvert du ,abm on de la mante, qui les Pêche dètre reconnues, elles font des démarches qui ne conviennent j «M hommes. Leur posture ordinaire dans l'intérieur de leurs maisons est ire assises sur dos carreaux , les jambes croisées sur une estrade couverte, n tapis a la turque. Elles passent ainsi des jours entiers, presque sans «lger de situation , pas même aux heures du repas , parce qu'on les sert à sur de petits coffres qu'elles ont toujours devant elles pour y mettre les rages dont elles s'occupent. L'estrade du Pérou est, comme en Espagne g marche de six à sept pouces de haut , et de cinq à six pieds de large , qui Ble ordinairement d'un coté de la salle. Les hommes sont assis dans des ''tends ; il n'y a qu'une grande familiarité qui leur permette l'estrade. | Bans les vallées , comme à Lima , les hommes sont habillés à la lranraise , Plus souvent en habits de soie, avec un mélange de couleurs vives. Cet *ge no s'est introduit que depuis le règne de Philippe V ; mais pour déguig sa source, les créoles le qualifient d'habit de guerre. Les gens de robe, à ^leplion des présidents et des auditeurs, portent, comme eu Espagne, la "'le el l'épée. L'habit de voyage du Pérou est un justaucorps , fendu des deux «s sous les bras , avec les manches ouvertes dessus et dessous, el des hou- ■vUères.
Luie des liatiionls de Lima. HuMIcmeni, caractère et mœurs des femmes.
Voie
nci quelques détails assez curieux sur les habitants de Lima, alors que t[e ville célèbre était encore la capitale d'une vice-royauté espagnole. Ira habitants do Lima sont mêlés d'Espagnols, d'Américains , de nègres et F métis. On fait monter le nombre des Espagnols à seize ou dix-huit mille, ™" un tiers, ou le quart au moins, est composé de la noblesse la plus distingj* du Pérou. Plusieurs sont décorés de titres de Castillo anciens et moder- *■ Entre les familles nobles, sans litres, il y en a de fort illustres. 11 en est
une qui lire son origine des anciens incas, par une princesse de leur sang. qu'un capitaine espagnol épousa au temps de la conquête. Les rois (ÏEs|i»S»e lui oui accordé des honneurs et des prérogatives qui portent les personnes du nom le plus illustre à rechercher son alliance. Toutes ces familles font une figure convenable à leur rang : elles ont un grand nombre de domestiques et d'esclaves , de carrosses et de calèches. Ces dernières voitures sont commun» jusque dans la bourgeoisie ; elles ne sont tirées que par une mule, et n'on' que deux roues et deux sièges, l'un sur le devant et l'aulre sur le' derrière, qui peuvent tenir quatre personnes. La plupart sont dorées et d'une for»? agréable; aussi coûtent-elles jusqu'à mille écus. On en fait monter le non** à cinq ou six mille; celui des caresses est aussi fort grand.
Aux terres et aux emplois, qui font le principal soutien des familles noW* il est permis a Lima de joindre les profits du commerce; la qualité de commerçant n'j est point incompatible avec la noblesse. Une déclaration roy*. aussi ancienne que la conquête, a guéri les Espagnols de la répugnance q«» avaient pour ce mojen de s'enrichir. Elle porte expressément que, . sa* déroger et sans craindre l'exclusion des ordres militaires, on peut exercer 1« commerce en Amérique. . Don UUoa regrette que cette heureuse loi ne se» pas commune à tous les royaumes d'Espagne, qui en ressentiraient bientôt* grands avantages. Celte ville étant comme le centre de tout le commerce * Pérou, il y aborde quantité d'Européens, les mis pour y travailler à I«" fortune , les autres pour exercer les emplois auxquels ils ont été nommés f" la cour. Plusieurs s'en retournent après avoir Uni leurs allàires ; mais la pi»' part, charmés des agréments et de la fertilité du pays , s'y attachent par ** mariages , ou par de simples engagements de commerce , qui tournent api* eux, à l'avantage des parents qu'ils ont laissés en Espagne.
Les nègres et les mulâtres font la plus grande partie des habitants • ils esr>" cent les arts mécaniques, ce qui neinpêche point, comme a Quito que 1» Européens ne s'adonnent aussi aux mêmes professions. A Lima le bol * chacun est de s'enrichir ; nul n'y met obstacle. La troisième et dernière esp** d'habitants est celle des Américains et des métis, dont le nombre n'est P»! proportionné à la grandeur de la ville ni à la quantité des mulâtres. Leur occupation est de cultiver les terres , de faire des ouvrages de poterie et de vendre les denrées aux marchés : car tout le sel-vice domestique se fait par ** nègres et des mulâtres, libres ou esclaves ; mais le plus grand nombre est* cette dernière classe.
L'habillement des hommes ne diffère à Lima de celui d'Espagne que par »" excès de luxe, qui règne généralement dans toutes les conditions. Celui < peut acheter une étoffe est eu droit de la porter, et le mulâtre qui everec <»'
cm 1 2 3 4 5
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Un, est quelquefois plus magnifique dans ses habits que tEswnol
loin. rni"Jreil'Sl'"Cl'0"' A"SS' I'i"<l"8lric raveute-t-elletous les jours do 1 ( '■»« étoffes , cl celles qui viennent d'Europe sont promptement débitées luJ"nn arrt-to personne ; chacun se pique d'avoir les plus belles; et, par
chai I, oslc"lal,°" • °" "'™ a l»'s °>«"ne to soin que semblée ander leur
la ..*: ™ Ie tac des fem"'«» l'emporte beaucoup sur celui des hommes , et
Patn ™„Kt d'a'"C'"'S " B''a"dl! C""'e 1Cl"' Pamre ct <* ** *»»* d'Es-
' Une, quelle mente quelque détail.
>fc«di5i„k point qu'elle parait d'abord indécente. , 11 n'vaque t> eut' ""■"•1""l1',u,sse la re"dre supportable. , Cet habillement se réduit a
^ haussurc, a ch ,se, un jupon de toile, qui se nomme /«ta, et qui
« que ce qu on nomme en Europe une jupe blanche ou de dessous; ensuite "jupe ouverte ou faldeliu , et un pourpoint.
Les manches de la chemise, longues d'une aune et demie, et la, s do
*, sont garmes d'un bout a l'autre de dentelles unies. Par dessus ,a eh -
■* M le pourpom, , dont les manches sont for, grandes ; elles sont do ba-
e hes fine, couverte d'une profusion de dentelles. La Censé es! arrêtée
Zt T ^ "l'S 1UbimS ï"' lic"M"1 « °°«: «une les manches «es du pourpoint se retroussent sur les épaules , et celles de la chemise dessus : ces quatre rangs de manches forment quatre espèces d'ailes
I' descendent jusqua la ceinture. En été l'on ne volt , de femme nul
W la tête couverte d'un voile de batiste, ou de linon très lin , garni de doues. En lever, dans leurs maisons, les femmes s'enveloppent d'un rebm "est qu'une simple pièce de tayette ou de flanelle; mais en visite, le es, orne comme le jupon. Quelques unes le garnissent de franges d'or < ïe,,, ; d autres de galons do velours noir. Sur le jupon, elles mette,,
1 „„ habilement où ro„ emploie plus ^ ^.^ J *»
,r; f0D,d' ? 1'°" "' ^ PUS *""6 «>'° "» »"'« ehemiso revienne "Uquefois a plus de mille écus. "-vienne
^Sse^let""™S|''0'n "" ^""^ " ^^ '" P'"S a Li™' °'<®' * >■ ■te se de leur p.ed : elle passe pour une si grande beauté, q„'„„ , raille
« Eu opeennes de l'avoir trop grand. Dès l'enta*, „„ fail ^ a, ,
te dl'T S' elr0"S' *" °" aïl",ça'" e° »ec, '» P'«Pa« n'ont le» pieds hl
W de en, ou M pouces. Les souliers son, plats et sans semelle u, ,Z
de maroqmn sert tout à la fois de semelle et d'empeigne Ils „," ,
* VZ 7,°' aiBSi '°"8Ut- q"" " '*" ' - "ni leur cLne I 1
C "«'moûts commode; mais elles prétendent que le pied eu
»'eu,e plus résulter. Elles les ferment avec des boucles dé diamants o
d'autres pierreries . plus pom l'ornement que pour l'usage, car, ùlniit
'i fait plats, ifs u'uiit pas besoin de boucles pour tenir au pied : aussi n'a*pèchent-elles point qu'on ne puisse les ôter facilement. Les bas sont de son' blanche , parce que cette couleur est la plus propre à faire briller la beau» de la jambe, qui est presque entièrement découverte.
La coiffure est d'autant plus agréable qu'elle est toute naturelle. De touS les dons que la nature a faits aux femmes de Lïnia, leur chevelure est an de-, plus remarquables. Elles uni généralement les cheveux noirs, ft*« épais, et si longs, qu'ils leur descendent jusqu'au dessous de la ceinture; elles les relèvent et. se les attachent derrière la tète, en cinq ou six IresstSj qui en occupent toute la largeur, et dans lesquelles elles passent une aigui"c d'or un peu courbe, terminée à chaque bout par un bouton de diamants, ^ la grosseur d'une noisette. Les tresses qui ne sont pas relevées ont des a1' grettes de diamants. Par devant, de petites boucles descendent de la pai',lC supérieure des tempes jusqu'au milieu des oreilles, et chaque tempe oWc une mouche de velours noir ; les pendants d'oreilles sont des brillants accoa1' pagnes de glands ou de houppes de soie noire. Indépendamment des collierS de perles qu'elles portent au cou, elles y pendent encore des rosaires, do11 les grains sont de perles fines. Elles ornent leurs bras et leurs mains * bagues de diamants et de bracelets de perles, et leur estomac, d'une plaqut d'or enrichie de diamants, attachée par un ruban qui ceint le corps. Q1-"-" ques unes , pour se distinguer, ajoutent çà et là des diamants montés eu °r' Enfin, la femme d'un simple particulier, quand elle sort dans toute sa p*" rare, a sur elle en ornements la valeur de trente ou quarante mille éens; e'' ce qui surprend encore plus les étrangers, c'est l'indifférence qu'elles ait60" tent pour tant de richesses. Elles en ont si peu de soin, qu'il y a toujoUP quelque chose à raccommoder, et qu'une partie s'use ou se perd avant 1 terme naturel de sa durée. Pour aller à l'église , elles prennent un voile (l taffetas noir et une longue jupe. Pour la promenade, c'est une cape et o11 jupe ronde. Elles sont alors accompagnées de trois ou quatre esclaves de le' sexe , négresses ou mulâtres , en livrée comme les laquais.
Les femmes de Lima sont la plupart belles ou jolies , et de taille moyens* < à leurs beaux cheveux elles unissent une peau très blanche sans le secOi"? (Faucon fard, de la vivacité dans leur physionomie, des yeux charmants et " teint admirable. Don Llloa leur attribue les avantages de l'esprit comme ce*
ni'
se#
pourquoi tant d'Européens forment des attachements;! Lima, el s'y fixent P1
s'expriment avec élégance ; leur conversation est douce et amusante. » Eu mot, il les trouve si aimables, que cette raison lui paraît expliquer se
disons
?iage, il les représente néanmoins un peu nantaises., à l"é
même do leurs maris, qu'elles aiment à gouverner ; mais il trouve des
pour excuser ce faillie, d'autant plus, ajoute-t-il que, si les maris
J conforment , ils en sont bien dédommagés par des attentions et des com- ■Jsances qu'elles portent plus loin que dans aucun autre pays du monde. «Mes aiment beaucoup les odeurs ; elles mettent de l'ambre derrière leurs filles , dans leurs robes et dans toutes les pièces de leur ajustement. Leurs * u<I«ets même sont chargés d'ambre, comme s'il manquait quelque chose ' '' Parfum naturel des fleurs. Elles entrelacent leurs cheveux des Heurs les j* "s éclatantes ; elles en garnissent leurs manches. L'approche d'une femme annoncée par les délicieuses vapeurs qu'elle exhale. La grande place offre J*JiBe un jardin perpétuel , tant sont riches et variées les fleurs que les J*J*ricaines y viennent étaler. On y voit les dames, dans leurs calèches du- ^ > acheter ce qu'elles trouvent de plus agréable ou de plus rare , sans faire ^■'Uion au prix , et ce spectacle y attire sans cesse beaucoup d'hommes. Au Sle, chaque femme, dans sa sphère , se règle sur celles du rang le plus disque, sans excepter les négresses même, qui veulent imiter les femmes de P^Ué jusque dans leur chaussure.
La musique est une passion commune aux femmes de tous les ordres ■ on ™U même assurer qu'elles sont tomes gaies et badines. De toutes parts, on attend que des chansons vives et ingénieuses , ou des concerts de voix ei , '"struments. Les bals sont fréquents; on y danse avec une légèreté qui j-,0»ne. En général, rien n'est plus opposé à la mélancolie que l'humeur des "fournis de Lima, et leur goût pour la musique et la danse aide encore à faire ^R"er le plaisir.
( Avec leur vivacité et leur pénétration naturelle , ils ne manquent point de ^res acquises : ils marquent un vif désir de s'instruire dans la conversaj0« des personnes éclairées qui viennent d'Espagne. Leur usage de former tre eux de petites assemblées ne sert pas peu à leur aiguiser l'esprit par l'édition : c'est une école continuelle. D'ailleurs, ils sont d'un caractère do- 1 ■''■ j quoiqu'un peu fier. En ménageant leur amour-propre , on est toujours 7e de les trouver complaisants. Ils aiment les manières douces, et les bons J^toplcs font sur eux une grande impression. On assure aussi qu'ils son t cou- JSfiis, mais qu'ayant un point d'honneur qui ne leur permet ni de ilissimuf' * "n affront , ni de se faire la réputation de querelleurs, ils vivent entre eux I rt tranquillement. C'est surtout dans la noblesse qu'on voit briller les meil- Jjtt qualités de l'esprit et du coeur. Sa politesse est sans bornes pour les ' angors. Les mulâtres, moins polis et moins éclairés, sont plus sujets aux . Btirt-s qwi blessent la société; ils son! rudes, altiers, inquiets, et souvent ils
«M entre ras de vife (WatêWa ; cependant les désordres qui naissent de tous ces vices ne sont pas aussi fréquents qu'on pourrait se l'imaginer d'après b* grandeur de ht ville et la multitude de ses habitants.
Tremblements de terre.
Le Pérou est sujet à de fréquents tremblements de ferre : aussi ses haJ»* tanls vivent dans de continuelles alarmes. Les secousses sont subites et se suivent ordinairement de prés, et avec tant de violence qu'elles inspirent de ^ terreur aux âmes les plus fortes. Don Ulloa en fait une peinture assez poétiq[,e pour un grave mathématicien; il ne rapporte rien d'ailleurs dont il n'ait été témoin, i Quelque inopinés, dit-il, que soient les tremblements du Pérou» leur approche ne laisse pas d'être annoncée par quelques avant-coureurs. Ui» peu auparavant , c'est-à-dire une minute avant les secousses , on entend dans l'intérieur de la terre un bruit sourd qui va d'un endroit à l'autre. Les chiens sont toujours les premiers qui pressentent un tremblement de terre : ils se mettent à aboyer ou plutôt à pousser des hurlements lugubres. Les bétes de somme qui se trouvent alors dans les rues s'arrêtent tout à coup, et) par un instinct naturel , écartent h'S jambes pour ne pas tomber. Mais rie" n'approche de l'effroi des habitants ; au premier indice, ils quittent leur6 maisons , la terreur peinte sur le visage , et courent vers les rues les plus la1" ges pour y chercher une sûreté qu'ils ne trouvent point sous leurs toits. Leur précipitation est extrême ; ils sortent dans l'état où ils se trouvent , et sans y faire réflexion. Si c'est la nuit , pendant qu'ils étaient à reposer , ils sortent en chemise, ne se couvrant pas même d'une robe ; et si, dans une consternation aussi générale, ce spectacle pouvait cire regardé de sang-froid, tant de figures singulières feraient une scène fort comique. Qu'on se représente encore l& cris des enfants, les lamentations des femmes qui invoquent tontes les puis' sauces du ciel, celles même des hommes, et les hurlements des chiens, qui «e cessent pas : c'est une épouvantable confusion qui dure plus long-temps ql,c les secousses, parce que, l'expérience ayant appris qu'elles peuvent se réitère'1' et que les malheurs qui ne sont point arrivés dès les premières sont souve"' causés par celles qui les suivent, personne n'a la hardiesse de se retirer cW*. soi. »
Le premier tremblement de terre qu'on ait ressenti à Lima depuis l'établi*! sèment des Espagnols arriva quelques années après la fondation de cette ville; mais elle en reçut peu dédommage, et tout le mal alla Lombersur Ar^ quipa, qui fut entièrement ruinée. En 1586, le2juillet, Lima futsi malti*1' tée, que ceux qui échappèrent au danger fondèrent une fête d'actions de g*1**
B> qui se célèbre encore le jour de la Visitation. En 1609, on y essuya le même esastre. 11 Tut plus terrible encore le 27 novembre 1630. La ville, menacée 7e sa ruine entière, célèbre tous les ans la fête de sa préservation, sous le titre e Notre-Dame du Miracle. En 1655, le 13 novembre, un terrible tremblent reversa les plus grands édifices , et quantité de maisons. Sa violence et durée obligèrent les habitants d'aller passer plusieurs jours dans les campa- ° es- Le 17 juin 1678, les églises souffrirent beaucoup, et diverses maisons JU'oiH renversées. On compte entre les plus furieux tremblements celui du octobre 1687, qui, ayant commencé à quatre heures du matin, ensevelit un Band nombre de personnes sous les ruines de leurs maisons. Ce malheur en 1 Pressentir d'autres. En effet, les secousses recommencèrent deux heures ^ès, et ne laissèrent rien d'entier dans la ville; par bonheur pour le reste 0s habitants qu'ayant été avertis parles premières, il avaient eu le temps de ^sauver par la fuite. La mer, après s'être retirée loin de ses bornes, revint '" inontagne et tomba sur le Callao et d'autres lieux, dont tous les habitants l|lr|,rit novés.
Lin
l'ivi
PtUl fut encore ébranlée à des intervalles assez rapprochés par de noui-
'"\ tremblements; ilestdes années quienvircntjusqu'ù trois; on en compta
'""len 1742. Mais il n'y en eut jamais d'égal à celui du 28 octobre 174C; il fut
<™ désastreux (pie tous les antres ensemble. A dix heures et demie du soir,
Clntl heures trois quarts avant la pleine lune, les secousses commencèrent avec
**ftt Lie violence, que , dans l'espace d'environ trois minutes, tous les édifices
"r<?nt détruits, et les habitants qui ne se hâtèrent point de fuir ensevelis sous
eurs ruines. La tranquillité qui succéda ne fut pas de longue durée. On
'"pta deux cents secousses eu vingt-quatre heures, et quatre cent cinquante-
n*' jusqu'au 2-ï février de l'année suivante; plusieurs ne furent pas moins
r'es que les premières , quoiqu'elles eussent duré moins.
Dans le même temps, le Callao éprouva la mémo catastrophe; mais la perte
es édifices ne fut rien en comparaison de ce qui suivit. La mer, s'étant retirés,
"Une on l'avait vu dans d'autres temps, revint furieuse, en élevant desmon-
1 tïues d'écume , et tomba sur le Callao , qu'elle submergea. Elle se relira une
'eonde fois pour revenir plus furieuse encore; et , par une nouvelle inonda-
°nî elle engloutît totalement cette malheureuse ville, dont il ne resta qu'un
J;"11 de muraille du fort de Sainte-Croix. Il y avait alors vingt-trois vaisseaux à
"Cre dans le port; dix-neuffurent submergés, cl les quatre autres, enlevés
Qp« force des eaux, demeurèrent embourbés dans la [erre, à une distance
ûttsidérablc du rivage. Les autres ports de celte cùte eurent le même sort.
;'s Cadavres qu'on découvrit sous les ruines de Lima, jusqu'au 31 octobre,
a'6nl an nombre de mille trois cent':, çaus y comprendre une infinité d'es-
Iropiés. An Callao, de quatre mille habitants qu'on > comptait, il n'en échappa que deux cents, et de ce nombre vingt-deux furent conservés par ce même pan de mur qui sert comme de monument au malheur de cette ville.
La même nuit , un volcan qui s'ouvrit tout d'un coup à Lucanas vomit une si énorme quantité d'eau , que toutes les campagnes voisines en furent couvertes. Trois autres volcans crevèrent dans une montagne voisine, et répandirent aux environs des déluges d'eau. Quelques jours avant ces lerriblesévénements , on avait entendu à Lima un bruit souterrain , tantôt semblable à des gémissements, tanUH à une décharge de plusieurs pièces d'artillerie.
Puisqu'il est question de ces terribles phénomènes, nous allons quitter un instant notre route pour rapporter, d'après des témoins oculaires, les circonstances d'un des plus épouvantables tremblements dont on ait conservé la mémoire, qui bouleversa la Jamaïque on 1692.
Il commença le 7 juin , entre onze heures et midi , et , dans l'espace de deux minutes , il écrasa ou noya les neuf dixièmes des babilants de Port-Royal entre lesquels cens des quais furent abymés presque tous en moins d'une minute. Un Anglais qui eut le bonheur d'échapper écrivit à Londres, pou de temps après : ■ J'ai perdu ma femme, mes enfants, ma sœur et sa (illo, mes valets et mes servantes , c'est-à-dire toute ma famille et tout mon bien. Il ne s'est sauvé qu'une femme de chambre de ma femme , qui est venue me raconter que sa maîtresse était dans son cabinet , au second étage , et l'avait envoyée au grenier, où ma sœur était montée avec sa fille à la première secousse du tremblement , avec ordre de prendre l'enfant pour la soulager ; mais qu'étant descendue d'abord dans la rue , dans le dessein de remonter après avoir pris quelques informations, elle avait vu fondre ma maison , qui est actuellement trente pieds sous l'eau. J'étais allé, le malin, avec un de mes fils, à Liguante Le tremblement de terre nous surprit à notre retour, et nous faillîmes d'être engloutis par les vagues do la mer, qui roulèrent impétueusement vers nous , en s'élevant six pieds au dessus de leur niveau , sans que l'air fui agité dû moindre vent. A Liguania, où nous fumes forcés de retourner, nous trouvâmes toutes les maisons renversées , cl nul autre endroit pour nous mettre à couvert que les cases des nègres. Nous sommes au 20, et la terre continue de trembler cinq ou six rois en vingl-quatre heures. Une grande partie de la montagne est tombée, et sans cesse on en voil tomber d'autres parties. Tous les quais de Torl-Rojal se sont abymés à la fois. Quantité de riches marchands j ont été noyés avec leurs familles et leurs effet». Ce quartier est à présent tout couvert d'eau ; et dans celui de l'église, ou était ma maison, l'eau monte jusqu'au toil des édifices qui subsistent encore. La terre , s'ouvrant en plusieurs endroits , a dévoré un grand nombre d'habitants , qu'elle a revomis dans d'autres lieux,'
quelques uns vivants , et qui se sonL heureusement sauvés. Du côté de Norlho , Plus de mille acres de terre se sont enfoncés , avec tout ce qu'il y avait d'effets. Il ne reste pas une maison sur pied dans la presqu'île. Les deux grandes montagnes qui étaient à l'entrée sont tombées aussi dans un espace de seize milles qui les séparait, et, s'étant comme jointes, elles ont arrêté le cours de 'a rivière , qui est demeurée à sec pendant un jour entier jusqu'au bac, On y a pris une prodigieuse quantité de poisson , cl ce secours a servi du moins au soulagement des malheureux. Du côté de Yellows , une autre montagne s'est fendue , et , tombant sur les terres voisines , a couvert plusieurs babilations et détruit un grand nombre de colons. La plantation de Hopkin se trouve éloignée d'un demi-mille de l'endroit où elle était auparavant. L'eau de tous les puits est montée jusqu'à leur ouverture. »
Lne autre relation de cet épouvantable accident en donne encore une plus affreuse idée : « Entre onze heures et midi , nous sentîmes trembler la maison où j'étais alors , et nous vîmes le pavé de la chambre qui se soulevait. Au même "îslfint , nous entendîmes pousser dans les rues des cris lamentables, et, nous hâtant de sortir, nous eûmes le touchant spectacle d'une foule de peuple qui levait les mains en implorant le secours du Ciel. Nous continuâmes de marcher dans la rue, où, des deux côtés , nous vîmes tomber des maisons et d'autres s'abymer. Le sable des rues s'enflait un moment comme les vagues de la mer, jusqu'à soulever ceux qui étaient dessus ; ensuite , il s'ouvrait en profonds abymes. Bientôt un déluge d'eau survint , et fil rouler de côté et d'autre quantité de malheureux qui saisissaient inutilement , pour se soutenir, les solives des maisons renversées. D'autres se trouvèrent enfoncés dans le sable , d'où l'on ne voyait sortir que leurs jambes ou leurs bras. Je m'étais heureusement placé, avec quinze ou seize autres, sur un terrain qui demeura ferme.
» Aussitôt que celle violente secousse eut cessé, chacun ne pensa qu'à s'assurer s'il lui resfail quelque chose de sa maison cl de sa famille. Je m'efforçai <le me rendre chez moi , par dessus les ruines des édifices , dont une partie flottait sur l'eau; mais toutes mes peines furent inutiles; enfin, je pris un cahot, et , me hasardant sur la mer même , pour m'avancer à la rame vers ma maison, je rencontrai plusieurs personnes de l'un et de l'autre sexe, qui flottaient sur divers matériaux. J'en pris autantque mon canot en pouvait contenir, et je continuai de ramer jusqu'à l'endroit où je croyais trouver ma maison: niais je n'y vis que des ruines, et je ne pus me procurer aucune information sur le sort de ma famille. 11 était lard. Le lendemain, je me servis encore du canot pour aller de vaisseau en vaisseau ; enfin, le Ciel me fit la grâce de retrouver ma femme et deux de mes nègres. Elle me raconta qu'à la première e notre maison , elle en élail sortie, en ordonnant à tout notre monde
peine avàit-elte été dans la nie, que le sable s'êtau s
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de la suivre; qu
levé ; qu'elle était tombée avec deux de nos nègres dans une ouverture terre, d'où l'eau, qui était survenue à l'instant, les avait retirés; que, PL" dant quelque temps , ils avaient été le jouet des (lots , et qu'enfin ils ataW rencontré une poutre à laquelle ils s'étaient tenus attachés, jusqu'à ce '1 la chaloupe d'un vaisseau fût venue les prendre.
» On s'étonnera qu'après un événement de cette nature , la première pefl ' d'un grand nombre de matelots fut de piller huit ou dix maisons qui restait entières, quoique submergées jusqu'aux IkiIcous ; mais tandis qu'ils r^1'1 taient cette odieuse entreprise, un second tremblement de terre les lii l"'1 tous. '•
Plusieurs des vaisseaux qui se trouvaient dans le port furent mis en pi1
et d'autres furent coulés a fond. La frégate te Cygne , qui était en carène , poussée sur le sommet de maisons abymées , où , ayant été arrêtée par les '
fui légalités des toits, elle servit à sauver quelques centaines de malheureux- , bruit lugubre qui se lit entendre dans les montagnes causa tant de fraye»* des déserteurs nègres, qu'ils revinrent demander grâce à leurs maître9, rapportèrent que l'eau s'était ouvert des passages jusque dans ces haute1" ' et qu'en vingt ou trente endroits, ils l'avaient vue sortir avec une exti* violence. Toutes les salines furent inondées. Deux montagnes presque P1 pendiculaircs, vers la moitié du chemin entre Spanish-Town et Port-R"? se joignirent et fermèrent le passage aux eaux , qui s'en firent un autre an vers des bois et des savanes.
Comme on fut plusieurs jours sans pouvoir être informé de ce qui se f* sait à Spanish-Town, le reste des habitants de Port-Royal , persuadés 'I cette ville avait essuyé comme eux la colère du Ciel, pensèrent à se rel" dans quelque autre partie de l'île. En effet, les secousses n'y avalent r laissé une maison entière, non plus qu'à Passage-Fort et à Liguania. " s tait fait, en divers endroits, de prodigieuses ouvertures, dont la pl"F^ s'étaient refermées presque aussitôt. Le major Kelly assura qu'il en *'• vu deux ou trois cents; que dans les unes il était tombé beaucoup de P sonnes qui n'avaient pas reparu; que d'autres, d'où l'eau sortait à g''nl1 . Ilots, avaient rendu au jour plusieurs corps engloutis par la terre; qu'il w° aperçu des hommes pris dans les fentes par le milieu du corps, "l0r leinent serrés , cl d'autres dont on ne voyait plus que la tête. Ces ouverW* étaient les moindres, car, dans les plus grandes, des édifices entiers s'éta' , abymés, et, de quelques unes , des colonnes d'eau de la grosseur d'une vière avaient jailli en l'air en répandant une très mauvaise odeur. Ensuite , chaleur devint plus forte <-"'ulh> n'avait jamais été dans l'île , et l'on fut t0"
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^•Ué par des légions de maringouins. Le ciel, qui était serein avant le '^ttiblemenl , parut tout d'un coup sombre et rougeàtre. On entendit des ^"ils prodigieux, non seulement dans les montagnes, comme on l'apprit ■tes déserteurs nègres , mais de toutes parts sur la surface de le terre et dans Sos entrailles. Pendant que la nature était dans ces horribles convulsions, les lla|àtanls couraient au hasard, pâles et tremblants, comme autant de fanges , dans l'idée que le monde était menacé d'une entière dissolution.
Le nord de l'île ne fut pas garanti par la fraîcheur de ses bois. Une grande ParLie des plantations y fut engloutie, habitants, arbres, biens et maisons, ^ns les mêmes abymes. Une entre autres de dix mille acres de terre disparut •^fièrement, et l'on ne vit à la place qu'un étang de la même étendue, llom les eaux ont séché depuis, mais où l'on n'a retrouvé aucune apparence k maison ni d'arbres, rien de ce qui existait auparavant. Dans le quarlier de Clarendon , il s'ouvrit des goinfres profonds et do vastes lacs , à douze '"Ules de la mer. Quoique la plupart se soient sèches ou fermés, il en reste eicore des traces.
Personne n'eut assez de liberté d'esprit pour compter le nombre des sei force d'expériences les Péruviens en ont pris
, comme on a vu qu a
, et l'on observa
ï^sage: mais on assure qu'elles durèrent deux mois entiers, *»'après la première, les plus violentes furent dans les montagnes. Les mondes Bleues semblèrent les plus maltraitées , car pendant deux mois on ne ^a point d'y voir et d'y entendre toutes les marques d'un effroyable dés- °rdre. Une autre, dans le voisinage d'Yeilows, après s'être ouverte en divers adroite, écrasa une maison entière, et la plus grande partie d'une plantalil|a qui en était éloignée d'un mille. Une autre, proche du port Morand, f"t tout à fait engloutie , et la place qu'elle occupait n'offre aujourd'hui qu'un 8*and lac, large de quatre ou cinq lieues.
On a vu des millions d'arbres flotter dans la mer , soit qu'ils y eussent été ■fctts par les vents, ou par les seules agitations de la terre. Deux officiers se 'buvant ensemble à Legany , sur le bord de la mer , pendant la première se- ^usse , observèrent que la mer se retira subitement de la cote , et laissa le fond à sec dans l'espace de 200 à 300 toises. Ils y virent quantité de poissons, qui "'avaient pu suivre le cours de l'eau, et dont ils eurent môme le temps de Rendre quelques uns; mais une ou deux minutes après , les flots revinrent, quoique avec moins de rapidité , et couvrirent une partie du rivage au delà "e leurs hornes ordinaires.
On fait monter à près de treize mille personnes le nombre de ceux qui pé- •frent dans toutes les parties de l'île. Après la grande secousse , la plupart de cp«x qui échappèrent à la ruine de Port-Royal prirent le parti de se retirer sur
les vaisseaux qui se trouvaient dans le port, ei jusqu'à la fin des secousses» ils ne quittèrent point cette retraite, trop effrayés du spectacle qu'ils eurent devant les yeux pendant deux mois , pour oser retourner au rivage. D'autres se rendirent à Kingston , où , manquant de toutes les commodités de la vie, obligés de se loger dans les cabanes de branches d'arbres et de feuillages , sans ï être à couvert de la pluie , qui fut plus abondante que jamais après le tremblement, ils périrent misérablement. Les vapeurs nuisibles qui étaient sorties de tant d'ouvertures répandirent aussi beaucoup de maladies dont aucune partie de l'Ile ne fut exempte, et la mortalité qu'elles causèrent ne frappa pas moins de trois mille personnes La perte des marchands, dans h* commerce, fut réellement inappréciable. Ils no demandèrent aucun secours, parce qu'ils n'avaient eu rien à souffrir des ennemis de l'état ; mais l'assemblée générale, entrant dans leurs intérêts, remit aux plus pauvres, par «• aete solennel, le paiement des droits pour les marchandises qui avaient «* détruites par le tremblement de terre et l'inondation.