MUEL'RS DES CARA
Origine. HabilleuicnL îles hommes el des femmes. OrncmcnU. Langues. Caractère,
Bien que les Espagnols, conduits par Colomb, aient abordé les Antîl^3 avant de toucher au continent américain , l'intérêt qui s'attache aux grande* révolutions nous a entraînés comme malgré nous sur les traces des eo»' quérants du Mexique et du Pérou. Nous allons revenir sur nos pas pour l,;tr" courir les Antilles. Noire intention n'est point de suivre la marche des r>' blissenients européens dans cet archipel, devenu le centre d'un si vaste coi'1* merce; nous nous arrêterons seulement à ce que les relations des preinie|S voyageurs offrent de plus curieux sur les habitants de ces îles célèbres. Ël d'abord nous parlerons des Caraïbes, que les Espagnols y trouvèrent établie et qui leur en disputèrent si courageusement la possession.
Quelques voyageurs les Tout descendre des Galibis, peuples de la GuianBj et racontent, sur d'anciens témoignages, que leurs ancêtres, s'étant révolta contre leurs chefs, se virent forcés de chercher une retraite dans ces île3' qui avaient toujours été désertes, ou dont ils chassèrent les habitants natu" rels. Un Anglais nommé Brigstock, qui connaissait la Floride par un to"* séjour, et qui en parlait toutes tes langues, lait venir les Caraïbes du pays d* Apalaehites , où l'on trouve jusque aujourd'hui , dit-il , derrière la George ei la Caroline , une nation qui se nomme les Caraïbes. On ignore, ajoute-t-il > ^ qui l'obligea de quitter le continent : mais rien n'empêche de supposer <|«c ' trop resserrée dans ses limites, ou pressée par de puissants ennemis, elle e»[ le courage de se fier sur mer à la conduite des vents, qui la poussèrent da',s Pile Sainte-Croix. Brigstock semble compter pour rien l'éloignement et I"3 difficultés de leur navigation.
Cette différence d'opinions sur l'origine des Caraïbes n'empêche point q«'01' ne s'accorde â les faire sortir de quelque partie de l'Amérique. On se it>ndl)
cm 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1 6 17 18
s"r la ressemblance tic leur figure et de leurs imgea dans toutes les îles qu'ils
0nt habitées comme dans celles qu'ils possèdent encore.
« La taille ordinaire des Caraïbes, dit Labat, est au dessus de la médiocre. •s sont tous bien faits et bien proportionnés; ils ont les traits du visage assez gréables; il n'y a que le front qui paraisse un peu extraordinaire, parce qu'il Cst fort plat et comme enfoncé. Ce n'est point la nature, mais un cruel usage 'i'1' lui donne ccLle forme; ils compriment la tète des enfants avec une pe- "e planche ibrtement liée par derrière, qu'ils y laissent jusqu'à ce que le
front
ait pris sa consistance, et il demeure tellement aplati, que, sans haus-
Ber la tète, ils voient presque perpendiculaï renient au dessus d'eux. Ils ont Us 'es yeu\ noirs cl petits , quoique la disposition de leur front les fasse pa- Pttre de bonne grandeur. Tous ceux que j'eus l'occasion de voir avaient les pats fort belles, blanches et bien rangées , les cheveux noirs , plats, longs et j&ants. Cette couleur do leur chevelure est naturelle; mais son lustre vient ' Une huile dont ils ne manquent point de se la frotter le matin. II est dilîicile 'le bien juger de leur teint, car ils se peignent aussi tous les jours avec du ''Ocou détrempé daus de l'huile de carapat ou de patma-christi, qui les fait resw&lbler à des écrevisses cuites. Celle peinture leur tient lieu d'habils. Oulre ilgt'ément qu'ils croient lui devoir, elle conserve leur peau contre l'ardeur du ^lei\, qui la ferait crevasser, et les défend de la piqûre des moustiques cl ma- "'goins, qui ont une extrême antipathie pour son odeur. Lorsqu'ils vont à ^guerre, ou qu'ils veulent paraître avec éclat , leurs femmes emploient du l^s degènipa pour leur faire des moustaches et plusieurs raies noires sur le ^age et sur le corps. Ces marques durent neuf jours. Tous les hommes que Jai vus avaient autour des reins une petite corde, qui leur sert à porter un ^Uteau nu qu'ils passent entre elle et la cuisse, et à soutenir une bande de 0l'e large de cinq à six pouces, qui, couvrant une partie de leur nudité, Q|"be négligemment vers le bas. Les enfants mâles de dix à douze ans n'ont Ur le corps que celle pelite bande de toile , destinée uniquement à soutenir eitr couteau, qu'ils ont néanmoins plus souvent en main qu'à la ceinture, Ussi bien que les hommes faits. Leur physionomie paraît mélancolique. Ils e «issent pas d'être bons ; mais il faut se garder de les offenser, parce qu'ils 0rtcnt la vengeanceà l'excès.
" Les femmes sont de plus petite taille que les hommes, assez bien faites, Jjaia Un peu trop gra88eSi E[]os onl ies ci,cveux et ies yeux noil,s comme imes
flris, le tour du visage rond, la bouche petite, Les dents fort blanches, l'air
^s gai , plus ouvert et plus riant que les hommes : ce qui ne les empècho
^"t d'être fort réservées et fort modestes. Elles sont roeouées, c'est-à-diro
*tesde rouge comme l'autre sexe, mais sans moustaches s* ssms lignes