‹ Histoire poétique de Charlemagne (volume 2)Chapitre 49 sur 77 · LE CHEVAGE DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LE CHEVAGE DE L'ANGLETERRE

(Voy. page t95.)

Ce TerSy où il est dit de l'Angleterre que Charles

Ad 068 saint Père en conquist le chevage,

nous semble contenir une allusion fort précieuse. Le chevage ou impôt de capitation payé par l'Angleterre à saint Pierre n*est pas une intention de la poésie. Cétait Canut le Grand qui^ au commencement du onzième siècle^ TaTait institué ; on lit dans l'article XII de ses Lois : « Romr/eth, id est Ronue census, quem beato Petro, singulis annis, reddendum^ ad laudem et gloriam Dei régis nostra larga benignitas semper instituit, in festo S. Pétri reddatur (Aug. Thierry, Histoire de la Conquête de rjngleterre (éd. Fume, 1838, in-8«), 1. 1, p. 225). » On appelait encore ce tribut Rome-tkeat, et il paraît qu'il ayait primitiyement été établi par les rois anglo-saxons, après leur conversion au christianisme ; on l'avait supprimé au neuvième siècle, et Canut n'avait fait que le restaurer. On l'abolit de nouveau après l'expulsion des Danois, malgré les réclamations et les protestations de la cour de Rome. Quand Guillaume le Bâtard voulut faire valoir ses prétentions sur la couronne d'Angleterre, il intéressa le saint*siége à sa cause en promettant de rétablir le denier de Saint-Pierre dans le royaume qu'il allait conquérir. On sait aussi quel appui lui prêta Alexandre III : l'étendard de Saint-Pierre et la bénédiction qu'il lui envoya lui valurent une armée. On parlait donc beaucoup, à ce moment, de ce chevage de Saint-Pierre ; le vers cité doit remonter à cette époque ; il est même fort probable qu'il fut intercalé par quelque compagnon de Guillaume; n'estrce pas une raison de plus pour croire que la rédaction où il se trouve est essentiellement la nème que celle qui fut chantée à la bataille d'Hastings?

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