‹ Histoire poétique de Charlemagne (volume 2)Chapitre 63 sur 77 · BolL Àci. sanct. Hai, VI · texte numérisé non relu

BolL Àci. sanct. Hai, VI

2. jyarigine^ car il est bien prolNiUe que les jongleiirs qai ehantaieiit nos chanions de geste dans les proTinces do midi leur faisaient subir une sorte de tradnclioD imparfaite da genre de celle que nous possédons de Fiertibras. Qut les jongleon français aient trouvé le moyen de se faire entendre dans les pays de langue d'oc, c^est ce qui va de soi, puisqu'ils étaient compris en Italie, eu ils s'étaient moltlpilés à tel point qu'à Bologne, en 1283, on était oUigé de réglementer leur iodastrie (Muratori, AnL ital, II, 16; cf. HM.poét. de Ch,, p. 162).

3. Voir Jonckbloet, Guillaume d'Orange, etc., II, 135 et sut?.

4. Je dis entendu («rce qu*à celte éfKKiue Thypothèse d'un manuscrit de ce poème n*a aucune vraisemblance; cette opinion est d'ailleurs corroborée par d'autres observations de M. lonckbioet, II, 143.

Meurs de ces lémoignaget (ceax d'Albéric et d^Aimeri de Narbonne) Foot d'une époque tardive où la tradilion ne suffit plus à expliquer la célébrité d'un héros, mais la conclusion que ces poèmes étaient proTcnçauz n'est nullement légitime.

M. 6. Paris, croyant avoir suffisamment justifié cette conclusion, en fait une application immédiate au précieux fragment de la Haye dont nous avons parlé précédemment. Par suite d'observations très*ingénieuses^ il arrive à déterminer que ce poème latin a été fait d'après une chanson de geste ayant pour objet la prise de Gironne, et dont le héros était Arnaut ou Ernaut de Gironne^, celui que des textes moins anciens nous représentent comme le fils d'Aimeri de Narbonoe. Ce résultat est très-sûr et fait grand honneur à la sagacité de M. G. Paris; mais quant à la question de savoir en quelle langue était composée la chanson dont le poème latin est imité, elle reste entière ; l'examen du poème ne fournissant aucun indice, ni pour le français ni pour le provençal^, la solution ne peut être cher* chée que dans des preuves extérieures.

Il ne sera donc pas hors de propos d'examiner présentement en elle-même l'hypothèse de Tépopée provençale. Jusqu'ici nous avons passé en revue et discuté les arguments présent&i en sa faveur, voyons maintenant les objeclions qu'elle rencontre.

Ces objections peuvent se réduire à deux points :

I* La perte de f épopée provençale est un fait inexplicable;

t> V hypothèse de son existence n'est pas un fait nécessaire.

î* La perte de tout un cycle de poèmes nationaux ne peut s'expliquer que de deux manières : par la négligence qui les aurait laissés périr dans l'oubli, avant qu'ils eussent été recueillis et écrits, ou par une suppression Tîolente. La première alternative est la moins invraisemblable, en raison de l'ancienneté présumée de ces poèmes. Et cependant que de fausses hypothèses elle .exige ! Il faut d'abord admettre que les Provençaux ont été complètement dépourvus de ce patriotisme qui porte les peuples à conserver avec un respect attentif les œuvres populaires qui retracent les hauls faits de leurs ancêtres, supposition qui s'accorde bien peu avec l'explosion du sentiment national qui s'est manifestée au commencement

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