I . nsot le texte Bmoidus ti ErmUdut
S. On 7 d^oooTre bien quelques romanismet , qoelqnet loculioiu évidfmaieDi •sipiBntées m formolâire épiqae de noe chaBsom de gestes, mais ce ii*cst pas :po«r déteraiiiier la langae de rorigiiial.
du treizième siècle, à Toccasion de Tinvasion française. Dira4-on que ces poômes ont eu le temps d'être oubliés avant que l'usage d'écrire les compositions vulgaires se fût répandu ?împossibIe! car si en France de très -anciennes chansons, Roland, par exemple, ont pu se conserver, comment n en eût-il pas été de même au midi, où les textes en langue vulgaire apparaissent pour le moins un demisiècle plus tôt qu'au nord? Que peut-on dire encore? Que le goût de la poésie lyrique a fait dédaigner l'épique? M. G. Paris essaye de cet argument lorsqu'il dit : a Nous pensons que cette négligence a eu pour principale cause le développement de la poésie lyrique; les troubadours élégants dédaignèrent la poésie populaire comme le firent plus tard leurs imitateurs en France et en AlleiQagne (p. 87). » Quelle erreur! l'admiration que les Provençaux pouvaient éprouver pour un genre de poésie qu'ils avaient porté au plus haut degré de la perfection, avait si peu fermé leur esprit au mérite différent de la poésie épique, quils accueillirent avec la plus grande faveur nos chansons de gestes, où ils retrouvaient des traditions qui leur étaient communes avec les Français, et qui pour eux aussi étaient glorieuses. Mais ce fait même devient un ai^ment contraire entre les mains de H. 6. Paris. Après avoir dit : « Ce fut de France que les Provençaux reçurent leurs poèmes; presque toutes leurs allusions se rapportent à des chansons qu'ils ne connaissaient peut-être qn*en langue d'oil ou dont les originaux étaient français, » il ajoute en note : cLes Provençaux faisaient comme les Allemands; ceux-ci en effet méprisaient profondément leurs poèmes nationaux qui nous ont été heureusement conservés, et trouvaient au contraire les poèmes français fort dignes d'éloges et d'imitation (p. 87). » Coauptraison spécieuse, mais mal fondée : les récits que les Allemands nous ont empruntés étaient pour eux une nouveauté bien capable d'exciter la curiosité des esprits cultivés p6ur qui composaient Wolfram d'Eschenbach et Gotfried de Strasbourg, et de les détourner de la vieille et rude épopée germanique; mais si on suppose l'existence d'une épopée provençale, on est bien obligé de convenir qu'elle devait avoir des caractères communs avec les chansons de gesie françaises ; et alors comment celles-ci ont-elles pu faire si rapidement oublier les poèmes provençaux et les déposséder complètement de leur propre terrain, exerçant ainsi en Provence une action incomparablement plus forte qu en Allemagne, car là du aïoins le goût de la poésie française n'a pas empêché les ISlbehtmgem de nous être conservés par de nombreux manuscrits? Non, certes, répopée
fraoçaise D*a pas ru cette puissance, et si elle s*était reooootréA dans le même pays avec une épopée proTençale, oelle-d eût été de force à soutenir la concurrence. Noos en avons un sftr garant. La Prorenoe a on poème épique, Cirari de RofsUào^ et malgré les em* barras qui devaient naître d*une langue difBcQe, d*un récit cbargé jusqu'à la complication, d'une exposition rapide au point d'indiquer en quelques vers lessituationsqu'aillenrsoneûtdéveloppéesenvingl tirades, ce monument, à tous égards unique, s*est si bien imposé à Tadmiration de tous, que des trois manuscrits qui nous Font conservé^ Fnn a été copié par un homme du Midi, le second par un Français et le troisième par un Italien.
L'hypothèse de la suppression violente des poèmes provençaux est celle à laquelle parait s'arrêter M. G. Paris, k>rsqu*il écrit : c Nous croyons pouvoir attribuer à la désastreuse guerre des Albigeois la perte d'un grand nombre de poèmes provençaux ; il est certain qu'on détruisit alors beaucoup de monuments de la langue d'oc (p. 86-7). • // e^t certain t d'ordinaire M. G. Paris donne ses preuves. Mais» s'il en est ainsi, la croisade aurait donc commencé de bien bonne heure son œuvre de destruction? car déjà, en 1218, le poète toulousain qui a continué Guillaume de Tudela ne connaît Guillaume au court nez, le héros provençal par excellence, que d'après les textes français ly et vers le même temps le Pseudo-Philomena puisait à des bources françaises quelques-uns des éléments qu'il a fait entrer dans la composition de son roman. Et comment se fait-il que la riche littérature du douzième siècle, où on a recueilli tant d'allusions à des poèmes de tout genre, n'ait conservé aucune trace de cette épopée? Guillaume de Gabreira, l'un des plus bnllants chevaliers de la cour d'Alphonse II d'Aragon, en même temps que troubadour, cite à son ignorant jongleur Roland^ Awi, Maeaire, Anséis^ Fioovenl^ le* Loherainâ, Ami ei AmiU^ Ogier te Danois ^ Vaientin et Orpm, Baout de Cambrai , te roi Garmoni^ et quantité d'autres poèmes dont l'origine purement française est incontestable ; Haimbaut de Vaqueiras connaît Gui de Namteuit et le roi sarrasin Tibaut qui figure dans plusieurs chansons de bi geste d'Aimeri de Narbonne. Parmi les nombreux témoignages rassemblés par Raynouard et par Fauriel j'en trouve plusieurs d'obscurs , j'en cherche vainement qui doivent être rapportés à l'épopée provençale.
1. Il dit 0/ eori nés m rime (f . 4106), au liea é*al €ort nos, qol tti été la fome |wovfa^«le. Voir lootiUoet, GMtamme d'Oranff, H, IM-I.
D'ailleurs, à bien apprécier les choses, il est évident que Pactkm destructive que suppose M. G. Paris aurait dû s'exercer sur les poèmes épiques moins que sur tout autre genre de poésie. Sans doute, la croisade albigeoise fut mortelle à la littérature provençale, mais c'est parce qu'en ruinant les cours des seigneurs du Midi elle 6ta aux troubadours la condition de leur existence. La poésie épique, au contraire, étant populaire de sa nature, aurait pu, si elle avait existé^ se conserver, au moins quelque temps, dans les classes inférieures de la société. Elle l'aurait pu d'autant plus facilement que les conquérants n'avaient aucun motif de laredouter> ni par conséquent de l'inquiéter; et s'ils n'ont pas empêché la voix de Pierre Cardinal et de Guillaume de Figùeiras de parvenir jusqu'à nous, comment auraient-ils supprimé des poèmes qui ne pouvaient leur causer aucun ombrage ?
2<* Si cependant l'hypothèse d'une épopée provençale était nécessaire pour expliquer la formation de l'épopée française ou de certaines de ses parties, il la faudrait bien admettre, même en l'absence de toute preuve directe. Mais de telles contradictions dans les faits n'existent pas. Toute la question se réduit à «ivoir si les guerres soutenues dans le Midi contre les Sarrasins étaient pour les Francs un événement aussi national que pour les Provençaux. Et c'est ce dont ou ne peut douter, si on considère qu'au huitième siècle les provinces du nord et du midi avaient une cohésion qu'elles ne perdirent que sous les successeurs de Charlemagne; qu'en outre les grandes luttes furent soutenues par des Francs sous la conduite de Charles Martel et de Pépin; qu'enfin, à la bataille deVilledaigne, dont on croit retrouver le souvenir dans la légendaire bataille d'AIiscamps, le comte Guillaume commandait pour Charlemagne, En voilà assez pour expliquer comment la tradition des guerres contre les Sarrasins et la légende de Guillaume au court-nex ont pu rester populaires parmi les Francs et inspirer leurs poètes.
Sans doute les mêmes traditions durent rester populaires aussi dans le Midi. Personne ne le conteste, et si on cherchait les preuves d*un fait qui doit être admis a priori, on les trouverait dans ces nombreuses légendes locales dont M. G. Paris ne parle pas assez dans le court paragraphe qu'il leur consacre (p. 107-109). Mais des traditions ne sont pas des poèmes, et, pour passer de celles-là à ceux-ci, il faut des circonstances qui se sont rencontrées dans les pays de langue d'oil, et non point dans ceux de langue d'oc. Dans le Midi, aussi loin que s'étend notre connaissance de la littérature,
uous voyons les 6$prit8 occupés à des œuvres très-réfléchies et trèsartistiques : k des chansons lyriques, qui procèdent évidemment d'une poésie populaire^ sur laquelle nous ne pouvons que former des conjectures^ mais dont Unspiralion n'était pas celle qui produit une épopée. Et si, au commencement du douzième siècle, un Guillaume de Bechada vient à composer un poème narratif, c'est un sujet contemporain qu*il traite, la première croisade, et c'est à la demande d'un évoque qu'il l'a choisie Ce poème est perdu^ mais on peut être sûr qu'il avait le caractère d*un document historique plutôt que d'une chanson épique. Dans un milieu où de tels laits se produisaient, il n'y avait pas place pour la formation d'une épopée. Aussi Girarfz deRomlho est-il un exemple unique, un cas isolé. Bien loin de venir en aide à ceux qui croient à l'épopée provençale, ce poème confirme ma thèse sur tous les points. D une part, en effet, la tradition sur laquelle il est fondé n'est pas purement méridionale, comme je le montrerai en son lieu, ce qui prouve la communauté des souvenirs entre le Nord et le Midi; et d'autre pari, il offre un caractère de personnalité qu'on ne trouverait au même degré dans aucune de nos chansons françaises et qui ne permet pas de le considérer comme l'une des parties d'un cycle épique. Il y aurait un travail à faire, et des plus intéressants, sur les traditions méridionales dont nous avons conservé la trace. Le nombre en est si grand, que si elles avaient produit des poèmes, il en fût résulté une immense épopée. Entre celles qui se rapportent aux guerres contre les Sarrasins, on peut citer la tradition des tours de Carcassonne, qui s'inclinèrent devant Charlemagne ^ celle du ravage des Iles de Lérins, conservée dans la vie de saint Porcaire ', celle de la prise d'Arles par Charlemagne, attestée par Tinscription de Sainte-Croix, dépendance de l'abbaye de Montmajor^. La chanson de Girari de RossUho est une mine de traditions. J'en extrairai
1. Cbron. Gaofredi, prions VosiensU, dans Labbe, Novçt Biblioth. nus, libr.^ Il, )96.
3. GaillaQme de Todela , y. 562-67, et le commencement de Philomena. Le premier de ces textes se réfère à une yet/e, d^où on peut induire que cette légende a dû être mise en œuvre quelque |)art, vraisemblablement dans une chanson française, car Guillaume de Tudela est presque français, comme je Tai montri: en une autre occasion, et Tantear de PtUlomena a connu des poèmes français, comme on le verra bientôt.