‹ Histoire poétique de Charlemagne (volume 2)Chapitre 65 sur 77 · Plasieurs fois publiée, notamment dans Bouquet, V · texte numérisé non relu

Plasieurs fois publiée, notamment dans Bouquet, V

seulement un passage que M. G. Paris aurait sûrement cité à i'appui de sa thèse, s'il Tavait connu : •

Le premier parla Emaut qui tint Girone : « Sire roi, votre fief me vaut peu de profit. De ça devers Espagne vous m'avez placé en bordure; les païens du monde entier m'assaillent. Je ne puis voler enFrance, je nesois pas une hirondelle, et je n'ose sauter dans la mer : elle est trop profonde. Que Jésus confonde votre secours ! Je ferai hommage à Girart, par le Dieu du monde !» Et le roi ne sait penser que lui répondre.

Anséis de Narbonne parla comme un baron : « Dant roi , tu ne dois grever aucun de nous. Crois-tu que tes méfaits te fassent chérir? Nous ne sommes pas des Anglais d*outre-mer. Quand tu allas en Espagne guider ton host, et que je portai ton enseigne pour montrer la route, tu m*as laissé dans le pire lieu que tu as pu trouver, à ïïarbonne, pour que je te la gardasse. Les païens d'outrenner m'assaillent. Ils m'ont fait clore et murer mes portes. Jamais tu n'aurais eu le cœur de venir de France me porter secours! Je ferai hommage à Girart, si Dieu me sauve! » Et le roi est si dolent qu'il ne sait que faire, mais il demande son cheval et monte *.

La suite raconte très-brièvement la victoire que Charles remporte sur les païens^ grâce au secours que lui apporte Girart

Ce passage constate l'existence, au commencement du douzième siècle (époque présumée de la composition du poème), de traditions relatives à Emaut de Girone, que nous connaissons déjà, et à un Anséis de Narbonne, qui semble devoir être identifié avec Anséis, le héros d'une chanson de geste renouvelée aux environs de Tan 4200, mais dont l'original peut avoir été fort ancien 2. D'après le texte qui

1. Girart de Rossilho^ édit. Gonr. Hoftnann, v. 2591-2612. La traductioa qoe Je donne n'est pas fondée aDiquement sar le ta», reproduit dans cette édition (celai de Paris). J^ai dû restituer deux vers oubliés et faire diverses corrections à l'aide do ms. de Londres (éd. Fr. Michel, p. 296) et de celui d'Oxford, dont }*ai uneeoUalioo.

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