‹ Histoire poétique de Charlemagne (volume 2)Chapitre 70 sur 77 · Âtcktvtsdtê MUiion», IV. 10.1 H t^nh · texte numérisé non relu

Âtcktvtsdtê MUiion», IV. 10.1 H t^nh

trouverait-oD certains motifs de croire que beaucoup des mss. qui ont servi de texte aux traducteurs norrois sont venus de la Grande- Bretagne S qui fut en relations constantes avec les pays Scandinaves, et où existaient au moyen âge des colonies norroises^.

Si les Anglais se sont jusqu'à un certain point approprié la légende carolingienne, s'ils Pont traitée avec quelque originalité, ils ne lui ont cependant donné aucun développement; ils n'ont même pas le mérite d'avoir choisi de bons modèles, car les poèmes qu'ils ont remaniés en les traduisant appartiennent en général à fia décadence. Ils ont un Roland, mais qui n'est pas fondé sur la version la plus ancienne; ils ont imité Otmely Fiera* brtts; ils ont fait, avec la légende latine du voyage de Gharlemagne à Jérusalem^ avec Turpin et Otinel, une compilation dont M. G. Paris aie premier reconnu les éléments '. Enfin au quinzième siècle ils ont traduit les romans en prose d'Huon de Bordeaux et de Fierabras. Cette pauvreté n'a rien qui doive surprendre : à l'époque où notre épopée était florissante , au treizième siècle et surtout au douzième, nos chansons de gestes n'avaient pas besoin d'être traduites pour être comprises en Angleterre de tous ceux qu'elles intéressaient. Au même temps la littérature anglaise n'offre qu'une traduction du Bruiy des poèmes religieux et des sermons. Au quatorzième siècle, lorsqu'elle voulut s'approprier les compositions françaises, les anciennes rédactions avaient été remaniées, et les meilleurs poèmes étaient oubliés.

Uhistoire de la légende de Charlemagne en Italie offre plus d'intérêt, mais aussi plus de difficultés. M. G. Paris y distingue cinq époques. La première est celle des poèmes franco-italiens sur le^ quels je reviendrai tout à l'heure ; d'après ceux-ci on rédige au quatorzième siècle des romans en prose, les Reali di Francia (seconde époque), qui eux-mêmes sont bientôt versifiés par des impro-

1. Cela est sûr pour Doon de La Roche (voir Bihl, de PÉc, des ch., 5, Y, 106), et fort probable pour Guitalin, dans lequel se sont conservés quatre vers qui sont bien anglo-normands (Bibl. de VÉc. des cA., 6, 1, 19).

2. Notamment sur les c<)tes du Northumberiand. On sait que le norrois s'est consenré jusqu'au milieu du siècle dernier dans les Orcades, et plus tard encore dans les Shetlands.

3. P. 156 . Elliset Nicholson considéraient deux des parties de cette compilatioa comme deux poëmes distincts. Les vues de M. G. Paris sont confirmées par Pexarocn d*un ms. qu^il n'a pas connu, non plus que ses devanciers , l'Ashmolean 33 (à la Bodléienne), où Touvrage se trouve complet

vûateurs généralement florentins. C^est la troisième époque. Avec Puici, bientôt suivi de Bojardo et de l'Arioste^ s'ouvre la période la plus brillante de la poésie italienne (quatrième époque); mais la décadence ne tarde pas à se manifester, et les nombreux poèmes que les successeurs et imitateurs de TArioste ont consacra à des personnages plus ou moins carolingiens n'ont guère d'autre mérite que celui de la forme.

Toutes ces périodes se suivent bien, toutes ces formes diverses de la légende carolingienne sortent aisément les unes des autres. Je ne vois de difflculté qu'au point de départ^ dans le rapport que M. G. Paris suppose entre plusieurs des poèmes franco-italiens. Voici mes doutes. Parmi les mss. dits français de la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, il en est trois dont Timportance est considérable tant pour Thistoire légendaire de Cbarlemagne que pour Tappréciation de Tinfluence exercée en Italie par notre littérature : ce sont les mss. XllI^ XXI et V. Le premier est celui auquel M. Gue»sard a consacré dans la Bibliothèque de VÉeole de$ chartes ^ une notice étendue. C'est une compilation faite par un Italien d'après des sources françaises. H. G. Paris l'a de nouveau étudiée et en a exactement déterminé les diverses parties, qui sont: 1* Beuve tTHansione ; 2* Berte^ remaniement d'un texte antérieur à la rédaction d'Adenet ; 3* Karteto, remaniement du Mainet (histoire de la jeunesse de Cbarlemagne) ; 4* Berte et Miton^ composition dont la source est inconnue ; b"" et 6* Ogier le Dafiaie, remaniement trèslibre ; V Maeaire^ épisode que M. Mussafia et M. Guessard ont pu* blié chacun de son côté. Le ms. XXI contient l'Entrée en Esfagnie de Nicolas de Padoue^, et le ms. V la Prise de Pampelune*. H. G. Paris remarque que les trahies qui figurent dans certaines parties du ms. Xni sont tous d'un même lignage, de la maison de Hayence; il n'hésite pas à faire honneur de cette invention au compilateur de ce ms., et, la retrouvant dans V Entrée en Espagne^ et par suite dans les Keali qui en sont dérivés, il en conclut que ce texte est postérieur au n». XIII, auquel il se trouve ainsi conduit à accorder une grande im» portancc dans le développement de la légende carolingienne en Italie. Je crois cette conclusion un peu précipitée. £n premier lieu, je ferai remarquer qu'elle suppose qu'on a le moyen de distinguer nette-

7. AiialyMe par M. L. Gautier, mbl. de VÈc. de* th., 4. IV. 3. Publiée par M. Ad. Mussaûa, Vienne, tS64.

ment dans le travail du compilateur ce qui est invention personnelle de ce qui est emprunt ; or rien n'est moins fondé qu'une telle supposition , puisqu'une notable partie des sources du ms. Xni nous manque. La même conclusion suppose encore que Nicolas de Padoue, empruntant au compilateur sa conception de la famille de Mayence^ lui est postérieur, ce dont nous ne savons rien^ étant même probable qu'ils ont vécu au même temps, soit dans la première moitié du quatorzième siècle. En outre, si Nicolas de Padoue est venu après le compilateur du ms. XIH, et s'il a jugé bon de lui emprunter quelque chose, on ne peut assez admirer qu'il se soit borné à lui prendre cette faible idée qui, selon M« 6. Paris, ne reposerait que sur une confusion de noms ^ Enfin, les Hayençais ne sont pas particuliers au ms. XIIl, à V Espagne de Nicolas de Padoue et aux Reali : ils se retrouvent encore dans un texte que M. 6. Paris aurait pu utiliser, la Storia di Ajolfo del Barbicone e di aliri valorosi cavalieri \ long roman en prose qui est notre Aiol très-amplifié. Dans ce roman, comme dans le poème français, figure le traître Macaire ; mais tandis qu'en français il est simplement appelé Maeaire de Lasane^ il devient en italien Maccario di Losana di Maganza; lui et tous les siens forment une maison de Mayence. De sorte que s'il est incontestable que l'idée de rattacher les traîtres à une même famille de Mayençais eut une grande popularité en Italie, s'il est même possible qu'elle y ait pris naissance, il y a de trèsfortes raisons de supposer qu'elle s'est produite pour la première fois dans un texte antérieur à la compilation du ms. XIII, et dans lequel auront puisé l'auteur de cette compilation aussi bien que Nicolas de Padoue et l'auteur de la Sforia di Ajolfo*

J'arrive à un second point sur lequel encore je ne partage pas le sentiment de M. 6. Paris. Selon lui la Prise de Pampelune est de Nicolas de Padoue, l'auteur de V Entrée en Espagne. Les motifs al-

1. Dans le Beuve de ffanstone, qui forme la première partie de cette compilalion, figure un traître nommé Uoon de Mayence. M. G. Paris suppose que le OMnpilaleur italien l'aura confondu avec l^autre Doon de Mayence, celui dont les jongleurs de répoque cyclique ont fait Tancétre d*une des trois grandes gestes. ÏL suppose que, par suite de cette confusion, le compilateur italien a été indoit à considérer tous les traîtres comme appartenant à la famille de Doon de Mayence, et de là leur surnom de Mayençais, M. G. Paris a ainsi trèt-ingénieusemeot tiré parti d'une simple coïncidence.

2. Cet ouvrage a été édité en 1863-4 par la commission royale insUtoée pour la publication des Te$H di Hngna, Il mériterait une étade approfondie que Je ii*aà pas le loisir d'entreprendre.

légués sont que la langue est la même de part et d'autre, et que le siget de l'Entrée en Enpagne se continue dans la Prise de Pam-petmne avec les mêmes personnages, parmi lesquels plusieurs ont été indubitablement créés par Nicolas. M. G. Paris lient beaucoup à ce dernier argument et parait le regarder comme décisif. Je crois au contraire que, de Tidentité des personnages et de la continuité du sujet, on ne peut rien conclure sinon que Tauteur de la Prise de Pampelune s'est proposé de faire une suite à Y Entrée en Espagne; il faudrait qu'il y eût en outre pai*faita identité de forme pour qu'on pût attribuer les deux poèmes au même auteur. Il est Trai que H. 6. Paris prétend avoir constaté cette identité eutre les deux textes en question : il assure même avoir retrouvé dans V Entrée en Espagne toutes les particularités de langue que M. Mussafia a notées dans la Prise de Pampelune; mais je dois dire qu'ayant foit la même vérification^ je suis arrivé à des résultats tout contraires; ce qui me fait croire que M. G. Paris aura borné sa comparaison à certains faits généraux du jargon franco-vénitien qui sont communs à la plupart des mss. de la même origine. Les différences que je trouve entre les deux textes sont telles qu'il est impossible qu'ils soient du même auteur. Bien entendu il ne s'agit pas de ces variations superficielles que peut produire la diversité des copistes, mais de fûts complètement indépendants des habitudes orthographiques qui prédominent dans les deux manuscrits. En premier lieu je remarque que l'Entrée en Espagne est pour la plus grande partie en vers de dix syllabes, tandis que la Prise de Pampelune est tout entière en alexandrins. Sans doute il y a dans le premier de ces poèmes des séries de deux ou trois mille vers alexandrins, mais le second a plus de six mille vers dont pas un n'est décasylUbique. Voilà une première différence dont M. G. Paris essaye en vain de diminuer l'importance. En outre la Prise de Pampelune offre de Irès-fréquents enjambements (Mussafia, p. yui) ; licence qui est fort rare dans V Entrée en Espagne, et se trouve le plus souvent dans les parties décasyllabiques (fol. 32 r*, 218 r*). Je soupçonne une autre diflérence dans la versification des deux poèmes. La Prise de Pampelune a une tendance marquée à la e(Ala capfinida i ; je

t. Sor cette fonD0, cf. iBiM. deVÉcoUdetth.^^^ 1,410. — M. L. Gantier, à qui faraii fiit pert de cette remirque, ce a fait osage daas mm second colonie (p. 331, •Ole); mais il a*eet embrouillé dana la terminologie provençale, et appelle capeoM' 4al ce qui est eapfinit. La eobla eapeaudada n*a rien à fUre id. EnanHe, il a beaneonp eiaeéré la portée de mon observation en la considérait comme déctaive.

veux dire que Tidée et très-souvent les mots des derniers vers d'une tirade sont répétés au commencement de la tirade suivante ; voy. v. 24-6, 149-50, 364-5, 435-6, 464-6, 504-5, 595-7, 681-4, 736-7, 826-7, 870-4, 936-8, 1081-4, 1292-4, 13iO-3, etc. Autant qu'on peut le vérifier d'après les fragments peu étendus cités par M. Gautier, cette disposition n'existe pas dans VEntrée en Espagne, — Passons maintenant à Pexamen de quelques particularités du langage. M. Mussafia a remarqué (préface, p. vi) que pour le besoin du vers l'auteur de la Prise de Pampelune avait recours aux plus étranges élisions. Selon M. G. Paris, Nicolas de Padoue se serait donné les mêmes libertés. Les passages dont il s'autorise sont ces hémistiches : Entra en Espaigne (fol. 54), Feragix ocist [ibid.)^ Mais si cum tu es (fol. 225), et deux ou trois autres analogues. Assurément ces élisions (sauf celle de tu qui est très- fréquente dans Huon de Bordeaux et dans Gaidon] ne seraient pas tolérées en français, mais il n'en est pas moins certain que, comparé à Fauteur de la Prise de Pampelune^ Nicolas use de i'élision avec une grande réserve. Celui-là, outre qu'il en fait un usage beaucoup plus fréquent, va jusqu'à élider les monosyllabes de tout genre, tels que ja, a {habef)^ à, e (et), et, lu (lui), moy, sui. Voici quelques-uns des exemples réunis par M. Mussafia : // ricUerajà, ensi; a il devousnoir neblont; ettuelt le ciefk un autre; /à où Dieu nos condura; seront par moj outrajé; ondje 5ui esté servi. Autre particularité : l'auteur de la Prisede Pampelune est le seul qui élide parfois l'article devant les consonnes, et dans ce cas il vocalise le / subsistant et rattache au mot qui précède : CarZarlle^u fil Pépin y etc. i. Bien conet-ou tnesclin (Mussdia, p. xixii) . Voilà dans la grammaire des différences bien caractérisées. On en trouve de non moins sensibles dans le vocabulaire. D'une manière générale on peut dire qu'à cet égard la Prise de Pampelune est plus italienne que le poème de Nicolas; c'est un fait qui frappera quiconque lira une page de chacun de ces textes. Sans entrer dans une oomparai-

EHe ne le serait qu'à condition d'être absolument sûre, ce qa'eDe n'est pas. H est vrai que la disposiUon de la cobla capfinkia n^apparalt pas dans les fragments de VEntrée en Espagne qu*a publiés H. Gautier, mais il fant dire que cet fragmenta, du reste très-peu nombreux, contiennent rarement deux laisses consécutives. Tout ce qu'on peut dire, c*est que dans les trois cas où la vérification est possible {Bibt. de VÉc. des ch., 4, IV; 22â, 232, 243} cette disposition n^existe pas. Mais cela ne constitue guère qu'une présomption , car dans la Prise de Pampelune il y a aussi bien des tirades où l'usage de la cobla capfinida n'est pas suivi. 1. Ou=^l; Zarlle-ou est pour Zarlle-ly qui lui môme remplace Zarlle le.

son détaillée, je signalerai deux petits faits qui me semblent décisifs. Dans la Prise de Pampelune^ ond (aussi, c'est pourquoi), mot tout italien, revient à chaque instant : ond nul ni estait coart (v. 13), ùnd maini Tiois fuient (v. i5> cf. y. 63, %K, 96, 107, 115, 124, etc.) ; or ce mot ne se rencontre pas une seule fois dans les 900 vers que M. Gautier a publiés de VEntrée en Espagne. J'en dirai autant de trmt (trop), employé par l'auteur de la Prise de Pampelune pour former une sorte de superlatif : en trms mains de terre (v. 18), car je tnm plus Vahé (v. 48), trou plus (v. 106), etc. Les idées offrent aussi des caractères spéciaux à chacun des deux auteurs. Ainsi Nicolas de Padoue est notablement plus pieux que son continuateur ; il a même quelque chose de clérical. Outre que les prières et les allusions à rÉcriture sont chez lui plus fréquentes que chez l'auteur de Pampelune, il aime à faire des citations latines telles que celles-ci :

. . . Domine mémento meiy las Quando in regno tuo eris, et tu tomas Les oilz vers lui et le réconfortas; Et disis : Amen^ {amen) te di que tu seras Hodie mecum in Paradis veras.

(Fol. 32.)

Eeceservus Damini^ si com lui ploie si sie!

(Fol. 290.)

L'auteur de la Prise de Pampelune est beaucoup plus païen ; il s'abstient de citations pieuses, et en revanche fait parade d'une connaissance assez étendue, pour son temps, de l'histoire ancienne (Mussafla, p. VI). Ces indications, dont on pourrait aisément augmenter le nombre, suffisent à démontrer l'erreur de M. G. Paris. La Prise de Pampelune fait suite à VEntrée en Espagne^ mais elle n'est pas

du même auteur.

Ces réserves faites, il faut reconnaître que le chapitre où M. G. Paris expose l'histoire de la légende carolingienne en [talie est l*un des meilleurs de son livre. On n'avait pas décrit tout le parcours du courant littéraire qui, dérivé de la poésie française du douzième siècle, traversa plein de vigueur l'époque de la Renaissance, et ne se perdit tout à fait qu'au dix-huitième siècle. On connaissait mal la succession des diverses formes que revêtit en Italie notre légende nationale. On sait maintenant de façon certaine que ni les poètes italiens ni même leurs prédécesseurs les romanciers prosalstes n'ont imité directement nos chansons de geste ; qu'avant de devenir ita-

lienne , l'épopée française a fait pour ainsi dire son noviciat soos la forme semi-vénitienne que lui imposèrent Nicolas de Padoue et ses contemporains.

L^étude de la légende de Gharlemagne est peut-être encore plus difficile pour l'Espagne que pour Tltalie, et elle est loin de fournir des résultats aussi complets. La difficulté de cette recherche^ à laquelle M. G. Paris a consacré le dixième chapitre de son premier livre, tient à la nature des documents où pour la première fois ap* parurent au-delà des Pyrénées les traditions carolingiennes. Ces documents sont non pas, comme par exemple dans les pays germaniques, des imitations plus ou moins libres de nos poèmes chevaleresques , mais des romances de peu d'étendue, ob les sujets français sont modifiés au point de devenir presque méconnaissables. En outre, le genre de la romance ayant été pour ainsi dire de tout temps populaire en Espagne, il est souvent très-malai$é de discerner entre des pièces d'époques et d'origines diverses, qui roulent sur les guerres de Gharlemagne, celles qui se sont inspirées des chansons de geste françaises. M. G. Paris montre très-bien comment, l'amour-propre national agissant, le&juglares espagnols arrivèrent à donner à leurs compatriotes un rôle que la tradition ne comportait pas^ celui d'adversaires de Gharlemagne. De cette conception sortit le personnage de Bemardo del Carpio, le vainqueur de Roland. Il serait curieux que ce personnage eût été originairement a le petit-fils de Gharlemagne, Bernard, roi d'Italie, » comme le pense M. G. Paris (p. 206), et comme M. Wolf l'avait dit avant lui ^ Mais je n'oserais affirmer que les passages de la Cronica gênerai dont on s'autorise pour établir la parenté fabuleuse de Bernardo del Garpio avec Gharlemagne soient fondés sur une tradition. Un fait qui de prime abord me semble défavorable à cette hypothèse, c'est que le personnage de Bernard est inconnu à l'épopée française. Quoi qu'il en soit, il est certain que la légende carolingienne a subi en Espagne une rapide et souvent complète transformation.

Les romances appartiennent à des époques si diverses et oùi subi de tels remaniements à cause de leur caractère populaire, qu'on ne peut les utiliser sans avoir d'abord soumis chacune d'elles à un examen spécial. F. Wolf avait déjà montré que beaucoup étaient composées d'après les romans italiens; M. G. Paris a réduit

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