Prlmavera yflor de romances , p. \v
encore le nombre de celles où il croit distinguer l'influence française, et a déterminé avec une grande probabilité l'origine de plusieurs d'entre elles. Ce qu'il dit des romances de Montesinos^ où il retroure le sujet é*Àiol, me semble aussi sûr qu'ingénieux ; mais je n'en dirai pas autant de Topinion qu'il emprunte à F. Wolf sur la romance de Benalmenique. Ce nom serait « une corruption de En Mmerie ou I^aimerie^ forme essentiellement provençale o (p. 214, note) ; et^ par conséquent, la romance elle-même, dont le sujet n'existe dans aucun poème français, aurait une source provençale 1 Gela n'est pas sérieux. Les Espagnols ne se seraient pas trompés à ce point sur la particule honorifique en, qui est non pas seulement provençale, mais aussi catalane^ et de Aimer ie ils n'auraient pas fait Almenique. Benalntenigue semble bien plutôt un nom arabe. Dans le même chapitre, H. 6. Paris s'est occupé de la Gran eonquista de Ultramar^ mais sans réussir mieux que ses devanciers à trouver les sources de cette compilation ou traduction.
Nous en avons fini avec la première partie de l'ouvrage de M. 0. Paris, la plus importante, à mon gré, car c'est celle qui offre le plus de résultats nouveaux. Cependant ce n'est, à vrai dire, qu'une vaste introduction qui n'a exigé d'aussi considérables déve* loppements que parce que l'étude des sources était jusqu'alors peu avancée. Le second livre, intitulé ies RéeiUj constitue proprement VHiêioire poétique de Chartemagne. L'auteur y expose les faits de cette histoire, en les groupant, non selon l'ordre chronologique, mais selon leur objet. Appliquer un classement chronologique à des récits sans réalité objective, et qui se sont formés indépendamment les uns des autres, c'eût été recommencer la tentative malheureuse de Philippe Mousket, racontant la vie de Charlemugne d'après les chansons de geste, et tombant dans de perpétuelles contradictîona. En treize chapitres, H. 6. Paris étudie ce que les traditions légendaires nous ont laissé touchant les aïeux de Chartemagne, ses parents, sa jeunesse, ses guerres contre les Sarrasins et contre ses vassaux, son voyage en Orient, sa personne même, ses amours et ses mariages, ses enfants, ses frères et ses sœurs, les compagnons épiques de ses victoires, les souverains contemporains qu'un reflet de sa légende a éclairés, les récits en petit nombre qui concernent la mort, la sépulture et même la résurrection du grand empereur. Dans ce second livre, nous voyons reparaître des récits qui pour la plupart ont déjà été examinés dans le premier livre; seulement,
c'est leur objet qui est maintenant considéré et non plus leur provenance. Le travail de M. 6. Paris consiste désormais à les répartir tous entre les divers chefs qui viennent d'être énumérés. Outre les difficultés de réunir un nombre aussi considérable d'éléments dispersés, recueil principal était dans l'appréciation des récits euxmêmes, car évidemment ceux-là seulement méritent ici d'être pris en considération qui ont été vraiment populaires, quoi qu'il en soit d'ailleurs de leur réalité objective, et les inventions d'un jongleur en quête de nouveautés ne prouvent guère autre chose que la faveur avec laquelle on accueillait tout ce qui parlait du grand empereur. M. 6. Paris s'est acquitté de sa tâche avec érudition et critique. Gomme l'objet des présentes recherches est de vérifier la valeur des résultats produits par M. G. Paris , je ne m'arrêterai pas à analyser en détail un exposé auquel je ne vois rien à reprendre. Je signalerai comme particulièrement riches de faits et d^idées les paragraphes consacrés à Apremont (p. 245-6), à Balanjà'oh est sorti Fierabras [p. 251), à Roland ^ et en général à l'expédition d'Espagne (p. 259-85), à Basin (p. 316-322). Je n'ai presque rien à ajouter aux recherches si étendues de M. G. Paris. Si peu que ce soit, je le con* signe ici. Aux témoignages en petit nombre qu'on possède sur l'ancien poème de la guerre de Saxe (p. 287-8), on peut ajouter celui-ci, que fournit Raoul de Cambrai :
Nostre empéreres ama molt le meschin:
L'errae II donne qui fu au Sarrazîn Qu'ocist Rolans de sor Taîgue del Rin.
(Ëdit. Le Glay, p. 18.)
Ces vers font allusion à l'un des deux combats que Roland soutient dans le Guilalin de la Karlamagnus-Saga contre Quinquennas^ et contre Amidan 2.
Dans le chapitre qu'il a consacré aux luttes de Charlemagne contre ses vassaux, M. G. Paris rappelle que la guerre du roi Ton de Gascogne forme un des épisodes de Renaud de Montauban ; et il ajoute: u Elle n'est pas mentionnée ailleurs » (p. 336). Cependant il y a dans Girart de Rossilho un passage qui semble bien se rapporter à la même tradition. Charles a envoyé à Girart un messager pour le sommer de lui faire hommage. Girart refuse. Le messager insiste:
« SI Charles peut te tirer d'ici par trahison, dit-il, il te fera pendre comme