‹ Histoire poétique de Charlemagne (volume 2)Chapitre 76 sur 77 · Voir notamment p. 9ô, note · texte numérisé non relu

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2, Je dis chani plutôt qoe cantilène. Le sens de ce dernier mot est trop incertain; dans Albéric il désigne sûrement des chansons de geste, des poèmes narratib qui peuvent aroir une grande étendue. II est probable qu'il a aussi ce sens dans le

^aes. Si maintenant on remplace les chants germaniques par des chants romans, la difficulté s'amoindrit, sans cependant disparaître, surtout si on s'en tient à la formule de M. Gautier qui réduit la com* position d'une chanson de geste à l'emploi d'un procédé brutal, à une simple compilation, à un travail dont toute imagination et tonte inspiration étaient nécessairement absentes, La formule de M. 6. Pa* ris est plus satisfaisante. Si avec lui on se borne à dire que a l'épopée est une narration poétique, fondée sur une poésie nationale antérieure, mais qui est avec elle dans le rapport d'un tout orga* nique à ses éléments constitutifs » , on exprime un fait qui dans ces termes est vrai ou au moins vraisemblable. On comprend que des chants populaires nés d'un événement éclatant, victoire ou défaite, puissent contribuer à former la tradition, à en arrêter les traits; ils peuvent aussi devenir le centre de légendes qui se forment pour les expliquer ; et de la sorte leur substance au moins arrive au poète épique qui l'introduit dans sa composition. Voilà ce qui a pu se produire pour des chants très-courts dont il est d'ailleurs aussi difficile d'affirmer que de nier l'existence. Mais on peut expliquer la formation des chansons de geste par une autre hypothèse, que j'ai déjà produite à l'occasion du livre de M. G. Paris (ci-dessus, p. 5;, et sur laquelle je veux revenir avec plus de développement.

La théorie des chants lyriques ou «lyrico-épiques» servant de base à des poèmes narratifs se fonde sur une fausse assimilation dont je dirai tout à l'heure un mot, et sur le sens qu'on attribue au mot cantilenm^ sens très-incertain comme je l'ai montré dans une note précédente 1. Hais divers faits conduisent à penser que les cantilenœ dont parlent les auteurs du onzième siècle et môme du dixième étaient des poèmes narratifs, de véritables chansons de geste ana* logues à Roland ou à Isembart et Gamumi. Le fragment de la Haye nous offre un épisode développé dans la mesure ordinaire de nos plus anciennes chansons; il est à croire que le poème dont ce fragment a été traduit avait plusieurs milliers de vers. Raoul de Cambrai est au fond une chanson composée par un certain Bertolai, contemporain des événements qu'il a racontés, chanson qui nous est

eéMn paisage d'Orderic Vital sur saint Goillaame, et, même aa dixième siècle, je sois porté à M attribuer la même Taleor. Ce n'est donc pas on mot qu'on puisse employer légitimement pour désigner les chants très-courts qu'on suppose avoir été les embryons de nos chansons de geste.

1. Voir aussi ce que J'ai dit à propos de M. d'Héricault, BébL de VÉc. det ch., 4 VI, ISS, noie 2.

parvenue allongée d'une suite et après avoir, ce semble, subi deux remaniements. Il y avait donc de vraies chansons de geste au dixième siècle^ des poèmes narratifs qui étaient le reflet d'événements contempo ains. Voilà les caniilenœ dont parlent les auteurs. Supposera-t-on maintenant entre ces anciennes chansons et les faits llntermédiaire de chants a lyrico-épiques d, comme dit M. Paris, de er cantilènes d, comme dit M. Gautier? A quoi bon? Le point délicat est de savoir ce qu'il faut entendre par eantilena; et une fois ce terme expliqué , une fois qu'on a trouvé la chose qu'il désigne, qu'avons-nous plus besoin de compliquer la question par l'introduction non justifiée d'un élément nouveau? La formation d'une épopée procédant directement des faits ou de leur tradition s*explique de soi : les chansons du dixième siècle étaient l'histoire que comportait alors l'imagination naïve et sensible des classes non lettrées, c'est-à-dire de tout le monde^ à part le clergé.

Ce qui a fait naître la théorie des chants o lyrico-épiques » ou des cantilènes^ c'est le système de Wolf sur les poèmes homériques, et de Lachmann sur les Nibeiungen. Mais, au moins en ce qui concerne ce dernier poème, le système est détruit On sait maintenant que les Nibelungenne sont point la juxtaposition de vingt chants c lyrico-épiques», ni de seize, ni de tel autre nombre inventé par l'école de Lachmann, mais une œuvre unique, composée de première main par un poète qui vivait au milieu du douzième siècle, et que l'on peut même désigner avec une certitude presque complète ^ On tire encore argument des romances espagnoles, qui, dit-on, sont des a cantilènes » non encore arrivées à l'épopée. C'est l'opinion de M. Gautier : « Chacune de ces cantilènes espagnoles a une existence isolée et tout à fait indépendante ; prenez-les aujourd'hui, juxtaposez-les, et vous aurez une sorte de poème épique analogue à nos chansons de geste. Ce que nous pouvons faire aujourd'hui, nos pères l'ont fait pour les cantilènes : les Espagnols se sont arrêtés en chemin et ne l'ont pas fait pour leurs romances d [p. iOI). Et c'est le malheur de cette théorie : faute de preuves directes^ elle cherche des analogies au dehors ; en Espagne, elle trouve des a cantilènes 0, mais pas d'épopée; en Allemagne, une épopée, mais pas de cantilènes !

Un chapitre est consacré à la réfutation du paradoxe de Fauriel sur l'origine méridionale de l'épopée chevaleresque. M. Gautier y

i . Voir Fr. Pfeiffisr, Der Dlchier des NibelungenUedet (Vienne, 1863), et lesrecherches 4e M. Bartscli dimt M. G. Parisadooné le résumé. Revue crUiqut, lSM,art. ]89.

présente sous une forne dramatique des arguments empruntés à une leçon professée récemment sur le même sujet. Il eiplique, comme on le fait ordinairement. Tabsence d'une épopée nationale dans le Midi de la France, par la civilisation raffinée des pro* vinces méridionales. Il émet k cette occasion sur le caractère de la poésie provençale des considérations qui peuvent tout au plus s'appliquer à une période de son histoire. Que M. Gautier prenne la peine de lire les sirventes de Peire Cardinal, de Guilhem de Flgueiras, la seconde partie de la chanson de la Croisade : il reconnaîtra peut-être qu'au moment du danger les troubadours savaient faire preuve d'une certaine énergie, et que dans leurs chants tout ne sent pas c le musc >. Quant à l'assertion que c le mot France, dans nos chansons de geste, désigne aussi bien les pays situés au Nord et ceux situés au midi de la Loire a (p. III], elle est absolument contredite par les faits. Les vers de Jasmin, que M. Gautier rapporte à cette occasion, ne sont pas une preuve; ce qu'il faut produire, ce sont des textes tirés de chansons de geste où le mot France désigne à la fois le» provinces du Nord et celles du Midi. Pour ma part, je n'en connais pas; mais je pourrais apporter ici par centaines les passages où France ne désigne rien de plus que le domaine particulier du roi, où Françaù est opposé à Angevin, à Bourguignon, à Picard, et, à bien plus forte raison, à Provençal ou à Gascon. La distinction qui existait au moyen âge, surtout à l'époque où florissail notre ^pée, entre les habitants du Nord et ceux du Midi , est un fait d'aiUeurs si bien établi qu'on à peine h imaginer qu'aucun texte puisse conduire à une conclusion opposée. On connaît le passage célèbre où Raoul de Caen dépeint en termes si vifs, mais non exempts de partialité, le caractère des Français (t ranci) et des Provençaux {Pracinciaies) ^ Et Raymond d'Agiles est encore plus précis, s'il est possible : Omnet de Burgundia ei Aivernia et Vascania et GolUa Provinciales appeltabantur^ céleri vero Franeigenx *.

Le XVI* chapitre est rempli par des considérations sur le caractère de nos premières chansons de geste, qui, la plupart, se représentent avec plus de développement dans la suite de l'ouvrage. Je me borne k indiquer des remarques sur la versification de nos plus anciens poèmes, sur leur ressemblance avec les poèmes homériques, sur l'esprit qui les anime , etc. Suit la traduction , généralement satisfais^mte, d'un morceau célèbre, la mort de Roland, d'après le texte d'Oxford.

1. Gesia Tancredif cap. l\i, daiM Mtrtène, Thés, anectf., m, 15*1 3. Boagift, I, U4; cf. Vaissète, II, liS.

Le £vii^ chapitre résume, en douze pages, tout le premier livre.

Le premier livre était intitulé a Période de formation >; le second est consacré à la a Période de splendeur». Cette période, M. Gautier la fait durer depuis l'entier achèvement de la formation des chansons de geste , c'est-à-dire depuis le commencement du douzième siècle^ jusqu'à Pavénement des Valois, en 1328. Comme je n'entends pas de la même façon que M. Gautier la formation de notre épopée; comme je vois, dans le mot caniilenaf l'équivalent latin du français chanson de geste, il est tout simple que la limite supérieure assignée par M. Gautier me paraisse trop rapprochée de nous. A mon avis, il y a des chansons de geste, procédant directement des événements^ dès le neuvième siècle ; qu'il y en ait eu au moins dès le dixième, c'est ce qui ne peut plus être douteux pour personne , puisque le fragment de la Haye a été écrit à cette époque. Je crois être sur ce point d'accord avec M. G. Paris ^ qui, à la vérité, intercale, lui aussi, une petite période de chants « lyrico-épiques » entre les événements et les chansons de geste, mais en ayant bien soin de la réduire à la moindre durée possible, pour ne pas trop retarder la période proprement épique. Quant à la date de i328, considérée comme limite extrême, elle me paraît soulever plus d'une objection. Pour* quoi 1328 plutôt que 1320 ou 1330T Faut-il croire, avec M. Gautier, qu'a aux yeux de quiconque a étudié l'histoire de la poésie française, l'avènement des Valois est une date capitale » (p. 157)T Je ne sais rien qui justifie cette assertion. A la même époque, selon M. Gau-* tier, «ries traditions littéraires de la France sont brisées; la vieille poésie expire, et plusieurs siècles s'écoulent avant qu'on en crée une nouvelle. » Il n'y a pas plusieurs siècles entre l'avénemenl des Valois et Villon; mais ceci n'est qu'un détail. L'erreur fondamentale est de considérer la poésie française comme attachée à une certaine dynastie, et pouvant, par conséquent, disparaître avec elle. Tel a été le sort de la poésie au midi ; mais les conditions où la poésie française a vécu sont tout autres : jamais les rois de France n'ont protégé les trouvères comme les comtes deToulouse ou ceux de Provence ont protégé les troubadours. La vérité est qu'au quatorzième siècle, la chanson de geste française acheva de mourir, non par l'effet d'un choc extérieur, mais parce qu'elle avait passé par tous les degrés de la décadence. Si on voulait préciser une date, il ne faudrait pas s'arrêter à 1328, mais pousser beaucoup plus loin , car c'est évidemment le poème de Bertrand du Guesclin qui est le dernier effort de notre épopée expirante. Sans doute on ne saurait prétendre que l'œuvre de Guvelier

•H élé diantée comme les lîeiUes chansons de geste; il est à croird qa'eOe a été composée nniqnemeni pour être lue; mais ne peut-on pas en dire autant de la plupart des ONiTres du même genre à partir d'Adenetf Si la «période de splendeur» de notre épopée devait C4xnprendre anan sa décadence, il fallait la pousser jusqu'au règne de Charles VI , sinon TaiTéter avant la fin du treiiiéme siècle.

Le plan suivi dans ce second livre est plus clair que celui du premier, sans être tout à fait à l'abri de la critique. M. Gautier recherche d'aboffd par qui étaient composées les chansons de geste; pois, c partant de ce qu'il y a de plus extérieur pour arriver à ce qull y a de plus intime» (p. 160), il traite de l'apparence variable des msa. qui nous ont conservé les chansons de geste, de la versification de ces poèmes, de leur composition, des remaniements qu'on leur faisait subir, des inOucnces exlérieures qu'ils ont éprouvées, des moyens par lesquels ils étaient propagés, de leur c exécution ». On voit que nous avons affaire à une suite de dissertations isolées plutAt cpi'à un livre présentant le développement historique d'un sujet

La première de ces dissertations (chap. ii), est intitulé : « Par qui étaient composées les chansons de geste t > Elle conlient des matières très-diverses et assez peu liées. M. Gautier revient d'abord sur une idée qu'il avait déjà développée, à savoir que l'épopée française n*est pas une œuvre cléricale. Il prémunit ensuite le lecteur contre toute confusion entre les trouvères, ou poètes lyriques, et les auteurs de chansons de geste; mais lui-même donne lieu à cette confusion en disant, au début de ce chapitre : a Les épopées françaises ont pour auteurs des poètes laïques, ceux-là même qu'on a appelés trouvères au nord de la France, troubadours dans le midi. » Si on tient à observer la propriété des termes, on réservera la qualification de trau^ vereê aux poètes lyriques. Vient ensuite une rive sortie contre l'immoralité des troubadours. Tous encourent la même réprobation, même les auteurs de sirveniet^ sans doute pour s'être élevés sans pitié comme sans crainte contre les débordements du clei^é. Mais les auteurs des chansons de geste viennent à propos former une brillante antithèse : «Tandis que les poètes de la Table ronde et du Roman d'aventure («ic) se confondaient par les allures de leur poésie et par celles de leurs mœurs avec les auteurs des sirventes et des tensons, on vît, à l'écart, et formant, pour ainsi dire, un groupe séparé de tous les autres, se tenir fièrement les auteurs de nos chantons de geste. Ils se faisaient facilement reconnaître à leur air grave

et presque dédaigneux , etc. i> (p. 164). Ce tableau plein de grandeur, mais auquel Timagination a fourni plusieurs traits, s'appuie sur un passage d'une Somme de pénitence, où l'on voit les jongleurs (histriones) divisés en trois classes: la première est celle des mimes ou faiseurs de tours ; la seconde, assez mal définie, est réservée à une catégorie d'hommes a qui n'ont pas de domicile fixe, mais hantent les cours et diffament les absents o; la troisième classe est celle des jongleurs musiciens. L'auteur subdivise ces derniers en deux groupes ; dans le premier, il range ceux qui chantent des chansons impudiques, dans le second ceux qui chantent les gestes des princes et les vies des saints ^ 11 est permis de croire que cette classification est surtout théorique. Elle fournissait une échelle à l'aide de laquelle le confesseur pouvait commodément mesurer la culpabilité de ses pénitents; mais il serait imprudent de prétendre que les jongleurs fussent divisés en catégories bien déterminées. D'autres textes et, par exemple, les ensenhamens de Guiraut de Cabreira et de Guiraut de Galanson s'opposent à des distinctions aussi précises. En outre, et ceci est capital, le passage cité s'applique, non pas aux auteurs des chansons de geste, mais aux jongleurs qui les chantaient. Il est vrai que beaucoup des traits que les témoignages anciens attribuent aux seconds peuvent s'appliquer avec probabilité aux premiers, mais encore ne faut-il pas présenter comme certain ce qui est purement conjectural. Telles sont les réserves qu'il y a lieu de faire à l'égard du témoignage invoqué par M. Gautier. Si maintenant on cherche à se rendre compte, d'après l'ensemble des données historiques , de la situation qu'occupaient dans la société du moy«n âge les auteurs de chansons de geste d'une part, et de l'autre cfô troubadours de sirventes et de tensons pour qui M. Gautier affecte tant de mépris, on sera bien forcé de reconnaître que nous ne savons rien de positif sur les premiers; d'où on peut conclure légitimement qu'ils ne jouissaient pas de la considération qui s'attachait aux troubadours, et qu'atteste le rang supérieur auquel plusieurs de ces derniers se sont élevés.

M. Gautier remarque ensuite que les auteurs de la plupart de nos chansons de geste sont inconnus. Il discute, en passant, l'attribution de Roland à Théroulde , et la regarde avec raison comme très-douteuse. Fuis il parle des éléments à l'aide desquels on pent

1. Ce texte a été signalé par M. Delisle à M. Guessard, et publié dans la de Buon de Bordeaux, p. vi. On le connaissait déjà en français pur le Jardin ée» Nobles de Pierre des Gros; voir P. Paris, Biss./r,, lï, l6i-î.

déterminer Tftge d*une chanson de geste. A cet égard, ses idées paraissent peu définies. Il rappelle l'eiemple d'un numismate qui, les yeux fermés, reconnaissait une pièce au toucher \ et «disait d'un ton afSrmatif : Cette pièce a été frappée dans telle Tille , à (elle époque. • Voilà, ajoute M. Gautier, où il faut que la critique littéraire en arrive en ce qui concerne nos chansons de geste anonymes • (p 168). Ce serait accorder beaucoup trop à l'intuition. Sans doute il est dès maintenant possible à la critique de déterminer approximativement la date d'un poème anonyme ou non (car dans les deux cas la difficulté est à peu près la môme), mais ce n'est qu'après l'avoir Cuit passer par une série d'examens, dont l'un, celui de la langue, que M. Gautier passe sous silence, fournil ordinairement les résultats les plus sûrs. Et encore, après toutes ces épreuves, faut-il bien se garder d'un ton trop «affirmatif ». Rien ne prouve mieux les dangers d'une appréciation faite, pour ainsi dire d'inspiration, que le tableau, joint par M. Gaulier à ce chapitre. Dans ce tableau, qui doit indiquer « 1* les titres de toutes les chansons de geste connues; V la date probable de la plus ancienne version qui est parvenue jusqu'à nous; 3^ les noms de leurs auteurs, » il semble que les dates aient été distribuées au hasard. Non-seulement on n'y voit point la trace de recherches nouvelles, mais les résultats de la critique moderne y sont le plus souvent méconnus. Àliseamps^ qui est généralement considéré comme l'une de nos plus anciennes chansons, est placé au treizième siècle. — Am$ et AmUe$ est aussi attribué au treizième siècle < avec des couplets qui remontent au douzième ». Quels sont ces couplets Y II est vrai qu'Amis et Amii^M est en assonances jusqu'au V. 2778; sontrce là les couplets du douzième siècle? mais ils forment pips des trois quarts du poème I D'ailleurs, la fin même, qui est rimée, porte évidemment les caractères de la langue du douzième siècle. '^ Aye d'Avtgnon « peut appartenir au second tiers du treizième siècle, bien que celte chanson ne nous ait été conservée que dans un ms. du quatorzième siècle. » Qu'importe l'Age du ms., et qui se sert encore de procédés critiques aussi priinitifb? M. Gautier aurait pu savoir qu'on a établi . par des arguments qui valent au moins la peine d'être discutés, la date de ce poème, et que cette date est la seconde moitié du douzième siècle'. Il serait, comme on

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