‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 121 sur 246 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Ce magnifique mouvement d’éloquence a uu heureux effet. Le jeune Aiineri, fils d’Ernaud ou Arnaud de Beaulande , se propose à l’empereur, et en effet, peu de jours après, Narbonne est prise, et Aimeri en est déclaré seigneur'.

Ramon Feraud, dans sa Vie de saint Honorât (voy. plus haut, page 87), donne de la prise de Narbonne un récit particulier; c’est-à-dire, suivant son usage, il prêche pour son saint en le faisant intervenir dans tous les événements. 11 n’est cependant pas impossible qu’il ait existé une tradition consacrant cette variante à côté de tant d’autres : Charlemagne assiège la ville depuis longtemps et ne peut la prendre, quand, sur la prière du saint qu’il a invoqué, un tremblement de terre renverse ses murailles et livre la cité aux chrétiens. (Ms. La Val. 152, F 64 r“.)

3° La prise d’Arles. Ramon Feraud nous dit simplement (fol. 50 v") que Charlemagne prit cette ville, sans donner plus de détails’; mais un récit particulier se trouve, chose assez remarquable, dès le xu' siècle, dans la Kaùerchronik (voy. plus haut, page 119). « L’empereur Charles, dit ce texte, assiégea une place forte qui s’appelle Arles. Il y resta plus de sept ans. Les assiégés le méprisaient : un canal souterrain leur apportait en abondance du vin et tout ce qui était nécessaire à leur vie; mais Charles, par grande adresse, détourna le canal, si bien qu’ils ne purent plus tenir. Ils ouvrirent les portes et combattirent avec un grand

acharnement; mais ils succombèrent dans la bataille On ne

pouvait distinguer les morts, quand Dieu les indiqua à l’empereur : il trouva tous les chrétiens placés dans des cercueils de pierre bien ornés. C’est une chose qui mérite d’être racontée à jamais (v. 14901 et suiv.). »

4° Il y a encore d’autres villes du midi de la France dont la prise est attribuée à Charlemagne. Par exemple, Philippe Mousket nous apprend (v. 12042) qu’il prit Marseille; mais les indications qu’on pourrait rassembler n’étant que de simples mentions , il est inutile de les rechercher et de les reproduire : le caprice ou le besoin de la rime peuvent trop aisément les avoir introduites dans les textes.

1 M. Victor Hugo a imité tout ce pas- de comparaison, sage, parfois avec un grand bonheur, * Il confond, semble-t-il, la prise d’Ardans Agmerillot {Légende des Siècles, les avec la bataille d'Alescbans, en rat. I). Le récit de la chanson de gestes contant que IA mourut Vexian ou Vivien, est curieux en lui-méme el comme terme neveu de l’empereur.

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