‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 125 sur 246 · I.ES RÉCITS · texte numérisé non relu

I.ES RÉCITS

repoussées, des marches et contre-marches de son Agoland et de Charlemagne, qui n’ont pas non plus de base traditionnelle.

La guerre d'Espagne débute dans la Karlamdgnùs-Saga. par une aventure que connaissent un grand nombre de textes, mais qu'ils ne rapportent pas tous de même. Charlemagne envoie Roland et Olivier en avant avec les meilleures troupes pour assiéger No-* blés; le roi Fouré les rencontre avec une nombreuse armée. Charlemagne avait donné l’ordre d’épargner Fouré; mais il n’en est pas moins tué par Olivier et Roland, qui font nettoyer et laver la place après le combat, pour que le roi ne voie pas le sang. Après la prise de la ville, Charlemagne arrive et demande Fouré ; Roland avoue qu’il l’a tué. L’empereur, irrité, le frappe de son gantelet sur le nez si fort que le sang jaillit; car il lui avait ordonné d’amener Fouré vivant '.

Ce récit donne pour la première fois l’explication de quelques vers de la Chanson de Roland qui ont embarrassé tous les interprètes. Ganelon, rappelant à Charlemagne les preuves d’arrogance qu’a souvent données Roland, lui dit:

Ja prist il Noples seinz le vostre cornant;

Fors s'en eissirent li Sarrazins dedem,

Ki s' cumbatircnt al bon vassal Reliant ;

Il les ocist à Durendal son brant,

Puis od les ewes lavat les prez del sanc;

Par ce le fist ne fast aparissanl *.

Il y a cependant ici cette différence que Roland prend la ville même sans l’ordre de l’empereur, tandis que dans la Karlarnagnùs-Saga il n’enfreint la défense de son oncle qu'en tuant Fouré. L’insulte de Charlemagne à son neveu n’est pas mentionnée dans le vieux poème, mais elle devait se trouver dans le récit qu'il connaissait ; car plusieurs autres textes épiques rapportent le même trait. David Aubert attribue à Olivier et non h Roland l’infraction des ordres de l’empereur (ch. 39) : « Comment le roy Fourré fu occis contre le gré de l’empereur par Olivier de Viane, qui vengea la mort de son père Gerier 5 que Fourré avoit occis, et comment la

' Ce récit évidemment très-abr'jpî ne nous dit rien des sentiments de Roland à cet outrage ; tous les textes qui en parlent le représentent comme fort irrité.

* Str. CXXXVt. Outre l'obscurité de

l'allusion, ces vers étaient inintelligibles avant les corrections de M. Muller.

* Ce passage est le seul qui donne Gerier pour père a Olivier ; tous les textes le font fils de Renier de Gènes ; et comme

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