I.ES RÉCITS
bien qu’en état de légitime défense, la mort à son fils Chariot1 * * *, qu’il est tout disposé à le condamner malgré les représentations de ses plus sages conseillers. Heureusement le roi de féerie, Obéron, intervient à temps pour sauver son protégé.
Ce poème remarquable n’appartient pas à l’époque des premières chansons de gestes ; il ne cherche pas son intérêt dans les mêmes éléments que celles-ci ; mais il doit être mis à un rang à part comme un des efforts les plus heureux qui aient été faits pour renouveler l'épopée française à la lin du douzième siècle \
12° Guidon. Le héros de cette chanson de gestes, surnommé Gaidon par une circonstance qui rappelle des traits semblables de l’antiquité poétique 5 * * 8, se nommait en réalité Thiorri, et était le fils de Geoffroi d’Anjou, le roi oonfanoner de la Chanson de Roland. Sa guerre avec Charlemaene est causée par les trahisons des parents de Ganelon, et se déroule dans de nombreux épisodes qui ne sont certainement pas fondés sur la tradition. La guerre ?e termine naturellement par la réconciliation de l’empereur et du brave Gaidon. Ce poème, tout particulièrement angevin, n’est cité dans aucun autre ‘, et n’a donné naissance à aucune imitation étrangère.
13" Rirher. Le résumé de ce poème, jusqu’ici inconnu, nous est donné par la chronique française du ms. de la Bibl. imp. 5003 (voy. ci-dessus, page 104). Richet1 est le fils de Naime, et les malheurs qu’il a à subir lui sont causés par Guion et Alori, les traîtres qui figurent déjà dans Gaidon \ Naime est allé faire un pèlerinage en Terre-Sainte ; pendant ce temps, les deux traîtres, auxquels l’empereur accorde toute sa confiance, entrepren-
1 C’est le même qui Apure dans Ogier.
N«»us reparlerons de sa mort.
* Voy. sur ce poème, outre la Préface
des éditeurs, M. Wolf ( U cher iwei niederU
Vo/ksbüchrr), et un article publié dans la
Revue germanique (juillet 1861). On trou-
vera dans ces différents travaux les origiues et les imitations de ce poeme. Cf. aussi ci-dessus, p. 117.
8 Pendant que Thierri combat avec Piuabel (le champion de Ganelon après Ronce vaux), un peai ou gai se pose sur sou casque (v. 425); de mémo Valerius fut appelé Corvuf, à cause d’un corbeau qui se posa sur sa tête pendant qu’il combattait avec un Gaulois.
4 On n’a pas remarqué, à propos de Gaidon, un três-curieux passage d’Albérit. des Trois-Fontainea, à l’année 1234 : « In Apuiia mortuus est hoc anno quidam souex dierum, qui dicebat se fuisse armiperum Rolandi Theodoricum, qui dux Gaidonius dictus est, et imperator ab eo mulla didicit (f* 256 v° Bj. » Cet élranpe imposteur ne pouvait s’appuyer que sur notre poème, car Thierri n’est nommé Gaidon nulle part ailleurs.
4 llicher et Bertrand, fils de Naime, figurent aussi dans Guvfau, avec lequel, eu général, notr^ poème semble avoir offert beaucoup d’aualopics.