‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 163 sur 246 · LE VOYAGE DE CHARLEMAGNE EN ORIENT · texte numérisé non relu

LE VOYAGE DE CHARLEMAGNE EN ORIENT

Dès la seconde moitié du dixième siècle, Benoit, moinede Saint- André sur le mont Soracte ', raconte ceci ’ :

« Le puissant roi (Charlemagne) ordonna de construire une flotte contre les incursions des Normands, et d’établir des stations navales aux embouchures des fleuves qui de Gaule et de Germanie se jettent dans l’Océan septentrional, aussi bien que dans tous les ports. Pour la mer Adriatique, il fit rassembler les vaisseaux dans la province de Venise. Puis, de toute la Vénétie, d'Aquilée, de Itavenne, de Rimini et des villes d’Ancône, et de toutes les côtes de la mer Adriatique, il fit conduire des vaisseaux au Passage'. De même de la mer Méditerranée, d’Eugenia*, de Corse, de Sardaigne, de Pise, de Centumcellæ et de Rome, et des côtes de Pouille, toute la multitude des vaisseaux fut amenée au Passage, autant qu’on en put réunir jusqu’au jour marqué. Le pieux roi reçut la bénédiction du pape Léon, et s’embarqua pour aller visiter le saint Archange ‘, adorant Dieu et le priant de guider sa flotte en paix. Il apporta beaucoup de présents au mont Garganus, puis commença son voyage ; par la province de Naples et la Calabre inférieure il arriva au Passage; il y a là une étendue de dix foiscent milles et plus encore *. Sur cette vaste plaine marine il fit jeter des ponts : tous les Francs et les Saxons, les Bavarois, les Aqui-

* Sur Renoir, voy. plus haut, p. S5.

* Perte, SS., t. III, p. 710. La pensée et le style de Benoit sont si obscurs et si ineptes que la traduction est extrêmement difficile. J'ai profité de la vSrsion allemande de ce passage qu'a donnée, avec quelques notes, M Wattenbach , à la suite de sa traduction du moinede Saint- Gail (Berlin, 1850).

* fravertui. Ce mot semble bien être

un nom commun ; il doit désigner Blindes, le lieu d'où on s'embarquait généralement pour l'Orient.

• Nom inconnu.

• L'église de Saint - Michel , sur le Moule Gargrmo, était un pèlerinage trèsvénéré.

• Une étendue de mer sans doute : pnrrigilur, dit simplement Beuoll, sans qu’on voie quel est le sujet de ce verbe.

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