I.i emperere en tint son chef enbrunc
Si duist sa barbe, afaitad sun gernun,
Ne ben ne mal ne respuntsun ncvuld.
(Str. XV.)
Ce « contenant fier » que la chanson de Roland attribue à Charlemagne, tous les textes qui parlent de lui sérieusement le lui reconnaissent. La tradition n’a pas manqué de lui donner ce regard de l’homme de génie, ce regard dominateur, qui fascine ou terrifie à son gré. Nous l’avons déjà vu dans Turpin. Avant lui, le moine de Saint-Gall disait aussi, après avoir rapporté une malencontreuse réponse d’un évêque à l’empereur : « A ce inot effronté, l’empereur le regarda avec des yeux si étincelants, qu’il tomba par terre comme frappé de la foudre '. » La poésie n’a eu garde d'oublierve trait; elle appelle souvent l’empereur Charles au vis fier ; et Philippe Mousket dit à ce propos :
1 Liv. I, ch. XIX ; cf. ch. III.