LIVRE II
« Charles, cbcvalche! cartti ne l'ail clartet
Venger le poez de la genl criminel. »
(Str. CLXXXI. )
Les païens atteints et massacrés,
Li genlilz reis descendul est à piet,
Culchet s'à terv, si 'n ad lieu graciet : ljuant il se drecet, li soleilz est culchet.
(Str. CLXX.V111.)
Dans Tnrpin, ce miracle est ridiculement exagéré : « Et aussitôt, Charles courant après les païens avec toute son armée, le soleil se tint immobile, et ce jour fut prolongé pendant l'espace d’environ trois jours (c. XXVI) '. »
Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises d'un autre miracle accompli pour Charlemagne, celui du cerf ou de la biche qui lui indiquent le bon chemin (voy. p. 249, 261, 262, 286, 287). Ce prodige était populaire en Allemagne au douzième siècle; c’est le seul que l’auteur de la Vita de 1165 rapporte d’après des récits et non d’après des livres : « C’est, dit-il, une chose qu'en entend souvent dire et raconter qu’un cerf, envoyé par le ciel, traversa un fleuve devant l’armée impériale, et lui permit ainsi de se mettre promptement à couvert » Bien qu’il remplace le cerf par une biche, c’est sans doute à ce passage que l 'Office de saint Charlemagne avait emprunté le même fait, rappelé dans cette strophe de l'hymne qu’on y chantait * :
Jubilemtis Altissimo In athlcta fortissimo,
Cujus missa per spiritum Cerva duxil exercitum.
On peut rattacher à cette histoire celle de l’oiseau merveilleux qui guida son armée dans les forêts d’Esdavonie, d’après la légende latine du voyage à Jérusalem (voy. ci-dessus, p. 339).
Un autre prodige qui se trouve répété dans plusieurs récits rappelle celui ((ue Dieu accomplit pour Moïse dans le désert, quand il üt jaillir de l’eau du rocher. La plus ancienne mention s’en trouve
* La traduction interpolée de Turpin fit Karles oreison À nostre Segnior, e du ms. Bibl. lmp. 124, parle de deux va- nostre Sire li alongia le jorn (l*4r«B);» riantes de ce miracle : « Après sepuit cf. aussi I* 3 r® À.
Caries A isolant en Marempne, e quant * Voy. ci-dessus p. 63. il fut lai si fut raost grant miracle ; equi 8 Voy. p. 64.
LES HÉC1TS.