‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 178 sur 246 · BI · texte numérisé non relu

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dans les premières histoires de la guerre de Saxe ; après la destruction de l’idole connue sous le nom d’Irrnensûl, le roi, disent les chroniques de Saint-Denis, d'après les annales d’Eginhard, « demeura illec- pour trois jours; mais comme l’ost demeurait là, le rus et les fontaines séchèrent pour la presse du temps. Si estait tout l’ost, hommes et femmes et Lestes, à grant detre-se, que ils ne trouvoient que boire, et moult souffraient grand mcsaise de soif quant nostre Seigneur les visita, que il ne voulloit pas que son peuple fust à si grant meschief; car il avint que quant ils se reposoient en droit heure de midi en leurs tentes, nostre Seigneur leur cnvoia l’eau toute nouvelle, par le conduit d'un missel qui estait delès les herberges, au pié d’une mnntaigne, à si grant plenté que il sulBsoit aux hommes et aux Lestes de l’ost a C’est sans doute à ce miracle, admis dans la Vie de Charlemagne de 1 165 *, que faisait allusion l'office de saint Charlemagne dans ce vers :

Qui de pulra ducis undas

La traduction interpolée de Turpin en connaît une variante, qu'elle rapporte aux guerres contre Agoland, et qui prouve la popularité de ce récit : « Karles s’en vinc en Beausse à une jornée de Paris, e arbergia tote I’oz en une terre loing d’eve ; e quant il furent arbergé, li chevaler e li cheval muriont de set par ço qu’il n’avoient point d’eve; equi moime Karles fi-t oreizon à nostre Segnior, e qu’il lor donast eve, e il lor dona de l’eve aqui ; par devant cheline arbergie de baron sortit une fontaine la mieudre qui onques fust, c li Franceis s’en esjoïrent molt *. » Enfin la tradition d’un miracle semblable s’était conservée à Carcassonne, témoin ce passage d’un livre à moitié historique du dix-septième siècle que nous avons déjà cité. Les Sarra.-ins, ayant assiégé Charlemagne dans son camp devant Carcassonne, empoisonnèrent les fontaines ; alors « il prit sa lance, et la fichant en terre éleva les yeux au ciel qu’il conjura du profond du cœur de le vouloir assister de ses grâces, et en mesme temps, ô miracle! on veit abondamment couler de l’eau claire comme de l’argent... Cette belle et cristalline source qui sans avoir jamais tary que l'on sçache, a coulé et coule journellement scs eaux assés prez des

• Toit). Il, p. 73. • Voy. p. 64.

* Voy. ci-dessus p. 62. 4 F° 2 v« B.

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