‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 193 sur 246 · LES ENFANTS DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DE CHARLEMAGNE

La Chanson de Roland ne connaît à Charlemagne qu’un tils, et encore ne le fait-elle pas paraître dans l’action. 11 ne figure pas dans l’expédition d’Espagne, et, bien que l’empereur n’ait pas moins de deux cents ans, on ne voit pas que son héritier présomptif ait aucune part au gouvernement. On n'apprend l’existence de ce fils que tout-à-fait épisodiquement; dans un passage que nous avons déjà cité (page 351), Charlemagne, voulant consoler Aude de la mort de Roland, lui offre un autre époux :

Je t’en durrai mult esforcct eschauge ;

C’est Loewis, ne sai que mielz jo parle :

11 est mes filz e si tendrai mes marches.

Louis est mis en scène personnellement dans une des branches de Guillaume au court Nez , le Coronemenl Loeys ; mais il y joue un fort triste rôle. Quand son père, au moment de lui remettre la couronne impériale, lui adresse un solennel discours (voy. ci-dessus, p. 352) sur les droits et les devoirs d’un souverain, il s’effraye, et laisse tomber la couronne qu’il veut prendre. Le père indigné s’écrie :

Qui en feroit roi ce seroit péchiez !

Or li fesons toz les cheve.us tranchier;

Moines sera à Es en cel mostier,

Tirra les cordes et sera marreglier,

S’ara provendc, qu'il ne puist mendier.

Les traîtres profitent de ce découragement pour proposer une régence qui dans leur pensée doit, confiée à l’un d’eux, Arnais d’Orléans, aboutir à une usurpation; leur complot est bien près de

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