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CHAPITRE X

LES FRÈRES ET LES StEL'RS DE CHARLEMAGNE.

Carloman, le fils cadet de Pépin, qui mourut après un règne si court, ne pouvait demeurer dans le souvenir populaire l; si, comme nous le pensons (voy. page 308), il figurait originairement dans le poème d ’Ogier, il ne tarda pas à en disparaître, parce qu’il contredisait les traditions universellement reçues. Les compilateurs moitié poètes, moitié chroniqueurs, qui ont essayé de fondre l’histoire avec les chansons de gestes, sont les seuls qui l’aient nommé \

Mais en revanche la poésie a donné à Charlemagne des frères que l’histoire ne lui connaît pas. Nous n’avons pas à revenir ici sur Heudri et Raiufroi, dont nous avons raconté ailleurs (1. II, ch. 3) l’origine et les aventures. Nous rappellerons seulement que, dans certains textes (Karl Meinet), ces deux compétiteurs du jeune Charles ne sont pas ses frères, et que leur nom, assez altéré dans les divers récits dont ils sont l’objet, est même complètement autre (Guineman et Rabel) dans la version du Stricker.

La tradition française ne connaît pas à Charlemagne d’autres frères que ces deux-là; mais en Allemagne une légende persistante a fait du pape Léon le frère de Charles. Ce trait se trouve déjà dans la Kaiserchronik : « Pépin, roi de France, avait deux fils, Léon et Charles. » Dans le Stricker, on retrouve cette fraternité, mais consanguine seulement. Comme Guineman et Rabel, Léon est le fils de la fausse Bcrle ; mais il vaut mieux que ses frères. « Il (Charles) avait trois frères du côté de son père, dont

1 Nous avons rapporté plus haut 1 II est à remarquer que Philippe ( p. 389 ) la courte et curieuse fahle ra- Mousket fait de Carloman l'alné de Charcontée à son sujet par André de Ber- lemagne. Girard d'Amiens suit mieux la (famé. vérité de l’histoire.

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