‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 200 sur 246 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

YBistoria del nacimiento y primeras enipresas del conde Orlando , par Enriquez de Catalayud (Valladolid, 1583, 1594, in-8°), et Los Amores de Milon de Anglante con Bertu y el nacimiento de Roldan y sus niherias, par Antonio de Eslava, le même que nous avons déjà vu mettre en prose espagnole, avec des amplifications et embellissements de son cru, le roman de Berte au grand pied, sujet tiré comme celui-ci des Reali (v. 1. II, ch. u). Il a suivi plus fidèlement son original dans ses Amours de Milon, à en juger du moins par l’analyse qu’en donne la Bibliothèque des Romans Turpin rapporte que Milon fut tué dans l’expédition d’Espagne (ch. vin), tandis que Girard d’Amiens le fait mourir en Flandre (fol. 110 r“ B). La Karlamagnùs-Saga (I, 54) raconte qu'il mourut en France pendant que l’armée était en Espagne. « Charles maria la veuve de Milon, sa sœur Gille (Berte), à Ganelon, et lui donna le comté de Corbeil ; Ganelon adopta Roland pour son fils. Mais les prêtres découvrirent que Ganelon et Gille étaient parents au quatrième degré; on les sépara, et l’empereur donna sa sœur au duc Evrard, dont elle eut deux fils, Alardet Evrard. » Ce récit de la compilation islandaise est en contradiction formelle avec tous les textes de la Chanson de Roland , dans laquelle Ganelon est le mari de Berte et le parâtre de Roland. 11 donne en outre à Berte deux fils dont ne parle aucune autre source, et ne mentionne pas en revanche celui que connaissent plusieurs traditions, Baudouin, le frère de Roland. D'après la Chanson de Roland, Baudouin est le fils de Ganelon ; quand celui-ci va partir pour sa périlleuse ambassade, il dit, s’adressant à l'empereur :

Ensurquetut si ai jo vostre soer;

Si ’n ai un filz, ja plus bel nen estoet;

C’est Baldewin, se vit, ki ert pmzdoem * :

A lui lais jo mes honurs e mes fieus.

(Str. XXII, v. 294).

Dans Turpin (ch. 23), ce frère de Roland joue un grand rôle à Roncevaux ; il est, avec Tierri, le seul qui survive, et c’est lui qui

doit le faire procéder d’un travail sur l’acclimatation en Italie du cycle carolingien. Nous regrettons vivement d’être obligé de publier notre livre sans avoir vu ce travail, qui modifierait sans doute ce que nous avons dit au chapitre ix du livre 11 sur le même sujet.

1 Novembre 1T77, page 1 1-27. Voyez aussi Gaillard , Histoire de Charlemagne, t. III.

* Nous corrigeons ce vers d’après la conjecture très-satisfaisante de M. Müller, qui aurait pu sans scrupule l’adnve tre dans son texte.

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