‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 208 sur 246 · LA VIEILLESSE ET LA MORT DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA VIEILLESSE ET LA MORT DE CHARLEMAGNE

Nous avons déjà cité plusieurs passages de différents poëmes où l’on voit Charlemagne parvenu à un très-grand âge et même décrépit. Le Couronnement de Louis nous le montre tellement fatigué par l’âge qu’il ne veut plus régner et transmet la couronne à son fils (v. 54-57). Il exprime le même dessein et le motive encore plus énergiquement dans Uuon de Bordeaux (v. 52-61).

Eginhard rapporte que sa mort fut précédée de prodiges divers, qui sans doute ne sont pas tous authentiques (ch. 33). Les poèmes ignorent ces présages. Le faux Turpin (ch. 32) les emprunte à Eginhard.

Un seul poème raconte sa mort et cela sans aucun détail, c'est un texte inédit du Couronnement de Louis (voy. ilist. litt. XXII, 228); d’après lui, quand l’empereur mourut, les cloches se mirent à sonner d'elles-mêmes dans toutes les églises. Ou l’enterra à Aix-la-Chapelle :

Tel sépulture n’ara mais rois en terre :

11 ne gist mie, ainçois i sict (certes

Sus ses genolx, l'espée en son poing destre :

Encor menace la pute gent averse.

La Cronica general de Esparia donne sur sa sépulture des détails qui ont évidemment pour hut de rehausser la gloire espagnole, mais qui doivent être en partie empruntés à une source française : suivant Alfonse, Charles fut surpris par la mort au moment où il préparait une grande expédition pour venger sa défaite d’Espagne. « Et fut enterré moult honorablement en un sépulcre moult précieux et moult bien fait, dans lequel étaient représentées toutes les batailles qu’il fît et vainquit ; mais en cetle

1 Les diverses compilations francises tines, c'est-à-dire qu'elles répètent Eginou étrangères suivent ici des sources la- hard et Turpin.

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