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Au point du jour cependant David a cherché son maître. Ne le trouvant pas, il éclate en lamentations et le croit mort. Il sort de la ville à sa poursuite et le rencontre au moment où il repasse le Tage. Toute la ville s'assemble bientôt pour admirer le jeune héros. Galienne aussi, de sa fenêtre, le contemple avec ravissement; elle fait part de ses sentiments à Klorette, elle se déclare prête à se faire chrétienne et demande à sa maîtresse de lui procurer un entretien avec Charles.
Braimant se lamente de la mort de son neveu et jure d'en tirer vengeance. Pendant la nuit, Charles a le bonheur de parler à Galienne par une ouverture de la muraille; ils échangent des serments d'amour, et elle lui donne son anneau et sa ceinture en gage de sa foi. I.e lendemain, les Toleians sortent pour livrer bataille dans la vallée de Moriale iVaelmonale). Galienne, montée sur une tour, regarde les exploits de son amant; à côté de lui, parmi les Français, se distinguent Evrard et Morant. Chez les Sarrasins, Braimant, armé de son épée Durendal (Durendart), se conduit en héros. Il tue Morant, puis Evrard , et combat longtemps avec l’écbansou Thicrri. Ce combat se termine par le duel de Braimant avec Charles; celuici lui enlève sa bonne épée Durendal et l'en frappe mortellement. On enterre le géant mort et on lui élève un monument colossal Thicrri est retrouvé évanoui sur le champ de bataille.
Apres la victoire, Galafre se demande comment il pourra récompenser Charles. Il se résout, dès que Thicrri sera guéri, à conduire Charles dans sa patrie avec une armée et à le remettre sur son trône ; pendant ce temps le jeune homme convient avec Galienne qu'il reviendra déguisé et l’emmènera en France avec lui. Dès que Thierri est remis, on prépare l'expédition : Charles prend congé de Galienne en présence de son père. Sur leur route les envahisseurs trouvent Termis, le château de Gerfin, et David est fâché de voir une armée entrer sur les domaines de ce fidèle partisan ; mais Charles n'ose pas contredire Galafre là-dessus. Gerfin envoie des hommes à la rencontre .des étrangers; Godin, son neveu, provoque uu d'eux en combat singulier. Mais Gerfin ne se laisse pas enlever cet honneur et renverse successivement trois païens; alors Charles lui-mème lutte contre lui, lui fait vider les arçons et le fait transporter évanoui dans sa tente. On se reconnaît bientôt avec joie; Gerfin et Godin se joignent à l'expédition. Arnaud (Arnold) de Scnlvs est envoyé à Paris pour sommer les usurpateurs de vider la plare. Le message est fort mal reçu, et l'expédition reprend son cours. Le duc Belin d'Arles (Arlo) se joint à Charles. Heudri et Hainfroi s'arment pour la résistance. On livre une bataille, longuement racontée, qui se termine par la fuite des deux frères vers Paris. Les païens et Charles assiègent la ville pendant quatorze semaines, non sans de nomhreui combats. Belin surprend et bat un corps envoyé au secours des Parisiens; l'héroïque Lorin est' pris par les assiégeants. Heudri et Hainfroi s'aperçoivent que la foi de leurs barons chancelle ; ils s’enfuient nuitamment de la ville. Les bourgeois se soumettent à Charles : il fait son entrée et porte dorénavant la couronne de France. Les deux frères sont atteints dans leur fuite et expient leur trahison sur une potence. Galafre prend congé après avoir
APPENDICE
reçu de riches présents; il refuse absolument de se faire chrétien et pari pour Tolède, chargé des saluts de Charles pour Galienne.
Celle-ci ne pense qu'à Charles, et lui qu'à elle : d’ailleurs les barons le pressent de prendre femme. Sous le prétexte d'un pèlerinage, Charles, accompagné des seuls Thicrri et David, se met en route déguisé. En passant la Dordogne, ils rencontrent des bateliers dont ils châtient la grossièreté. Arrivés à Tolède, les trois Français, pour ne pas être reconnus, prennent trois logements differents. Charles se présente comme mendiant à la cour de Galafre, et souffre, pour l'amour de Galienne , mainte humiliation, bientôt les amants se retrouvent; on concerte l'enlèvement. Galienne se sépare surtout avec peine de son amie Bargone : accompagnée de Klorette, elle rejoint Charles, et tous s'enfuient. Pendant que Galienne fatiguée est endormie, passe un chevalier qui demande à Charles de lui abandonner cette belle jeune lllle. Charles, qui la donne pour sa sœur, refuse. Dans le combat qui s'ensuit, le chevalier étranger est tué. Galienne tombe malade ; elle est conduite dans la ville d'Oriette et cachée dans la maison d’un pêcheur. Cette ville appartenait au païen Orias, homme vaillant mais félon, qui avait avec lui sa sœurOric; Galienne, dont ils sont les parents, craint d'être reconnue par eux et veut quitter la ville dès qu’elle est guérie. David et Florctte la précèdent à Tcrmis. Mais on a parlé d’elle à Orias; il la fait venir à sa cour et lui fait des propositions d'amour; comme elle les repousse, il veut user de violence. Aux cris de Galienne, Orie accourt; elle persuade à son frère de renoncer à la force, et lui promet, en quelques jours, de disposer selon ses vœux l’esprit de la belle étrangère. Orias part pour la chasse ; Orie et Galienne se font des confidences; elles se reconnaissent pour cousines, et Galienne décide Orie à fuir avec elle et Charles. Celui-ci écrit de Terniis à scs barons de venir à la rencontre de leur roi et de sa fiancée. En attendant les dames se divertissent par des jeux et des contes. Godin s'éprend d'Orie; mais Orias vient pour réclamer sa sœur; les combats auxquels sa venue donne lieu, et dans l'un desquels David est tué, se terminent par sa défaite et sa mort; on donne la ville d'Oriette à l'évêque Gcmas. Les barons français sont arrivés, et tous reprennent ensemble le chemin de Paris. Là Galienne, Orie et Florette reçoivent le baptême; puis on célèbre le mariage de Charles avec Galienne, et d'Orie avec Godin.
il. Morant et Galienne (F" 215-293). — Voyez ci-dessus, page 388.
IU. F0 293-317. — ltécit emprunté à des sources latines.
IV. F" 317-321. — Histoire de la Femme morte et de saint Gilles. — Voyez ci-dessus, page 384.
V. F" 322-375. — Récit emprunté à des sources latines, entre autres à Turpin.