‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 238 sur 246 · LES FEMMES PRISES POUR DES HOMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES PRISES POUR DES HOMMES

(Voj. pae« «*.)

Le récit de Paul Diacre est évidemment assez altéré ; il y a deux légendes, à ce qu'il semble, confondues en une. Un trait bien ancien, c’est que les femmes, pour faire croire qu'elles ont de la barbe, nouent leurs longs cheveux sous leur menton ; le dieu Wodan, qui les aperçoit de loin, dit : « Qui sont donc ces longues barbes (Langbarten) ? » et de là vient le nom de Langoimrdi ou Lombardi.

Ce trait se retrouve dans une autre légende qui, par certains points, se rapproche plus de la nôtre : elle lui ressemble en ce que, là comme dans la haiserchronile, l'ennemi, trompé sur le nombre des adversaires qu'il va avoir à combattre, demande ou accorde la paix. Les chroniqueurs espagnols racontent que, lors de la conquête de la Péninsule par les Arabes, un des principaux chefs chrétiens, Theodmir, s’était enfermé dans la petite ville A'Orihuela ou Âxiriola (713). Les Sarrasins, commandés par Abdelaziz, vinrent bientôt l’y assiéger, et ses soldats peu nombreux étaient hors d’état de défendre la ville. Il s'avisa alors d'un stratagème ; il lit armer les femmes d'Orihuela, et les fit monter sur la muraille, leurs cheveux nattés et croisés sous le menton, en guise de barbe, pour qu'elles ressemblassent mieux à des soldats. Les Arabes, trompés par l’apparence, crurent que la ville possédait une nombreuse garnison, et Abdelaziz fit offrir à Theodmir des conditions de paix avantageuses (Rosseeuw-Saiut-Hilaire, Histoire d'Espagne, 2* éd., Paris, 1S44, in-R°, t. Il, p. 46).

appendice.

Page 1