‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 25 sur 246 · LIVRE PREMIER. — LES SOURCES · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — LES SOURCES

vocant magni) de la faculté des art»; ils choisirent pour protecteur le saint qu’on venait de leur révéler et lui élevèrent une statue; en 1488 les étudiants de la nation allemande prirent aussi Charlemagne pour patron ; mais ce ne fut que le recteur Le Maistre qui, en déclarant la fête de saint Charlemagne annuelle et d'obligation pour toute l’université, la mit sous son patronage. Cette ordonnance tomba même bientôt en désuétude; mab Kgasse du Boulay, recteur en 1661, la fit renouveler solennellement; c’est de cette époque que date la fête qu’il appelle, dans son Histoire de l’Université de Paris , les Carlomagnalia , la Saint-Charlemagne de nos collèges *.

A ce patronage se rattache une tradition qu’aujourd’hui on ne reconnaît plus comme historiqne, celle qui fait de Charlemagne le fondateur de l’université de Paris. Toute l’argumentation par laquelle du Boulay a voulu la défendre * tombe d’elle-même dès que l’on conçoit bien le sens du mot université. Au reste, le prince qui aima tant les études, qui parvint à créer, au milieu d’un siècle barbare, une sorte de Renaissance, qui fonda ou encouragea tant d’écoles, méritait bien d’être le patron de la grande université parisienne. Un tel hommage est de tous ceux qu’on a rendus à sa mémoire celui qui l’aurait le plus touché, et les banquets de la Saint-Charlemagne auraient réjoui le cœur de ce zéit propagateurde l’instruction, qui ne dédaignait pas de venir inspecter lui-même les écoles qu’il avait fondées, et qui trouvait des encouragements si doux pour les enfants du peuple laborieux et intelligents, de si sévères reproches pour les fils de seigneurs qui négligeaient l’étude comme inutile \

1 Du Boulay, I. /., p. <45 elsuiv. Il a ( Parisiis, 1662, in-S11). même publié un ouvrage à part sous ce * Du Boulay, Hat. de FCniv., I, p. 91 tilre : Carlomagnalia, seu Ferim CûTi' i'p- et suiv. tivx Caroli Magni in schotù otiervnndæ ■ Mon. Saopall., 1 I, c. 2.

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