‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 30 sur 246 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Albéric des Trois -Fontaines, au treizième siècle, ne connaît pas la geste de Doon de Mayence, mais il donne toute la généalogie de la maison de Monglane à peu près comme le poème ù’Aimeri de Narbonne , qui remonte environ à la même date que sa chronique. Philippe Mousket, à la même époque, ne parle pas de la division en trois gestes; il n’essaye même pas de rattacher l'un à l’autre les divers vassaux rebelles à Charlemagne; mais sous un autre rapport il est déjà dominé par l'idée qui donne plus lard naissance à toute la littérature cyclique; il regarde la trahison, par exemple, comme une sorte de maladie ou de nécessité héréditaire ; aussi range-t-il dans une même famille tous les traîtres que lui fournissaient les diverses chansons de gestes Il exprime la même idée plus clairement encore en parlant de Ganelon. « 11 n’avait jamais fait de trahison, dit-il, il avait toujours été bon chevalier, noble, fier et courageux; mais il était de la lignée de Fromont, et il devint traître comine lui. »

Dès le commencement du treizième siècle, les trois gestes avaient été indiquées par quelques auteurs isolés. Une chronique saintongeaise dont nous parlerons ci-dessous termine son récit, qui est certainement écrit à cette époque, par cette remarque : « Très gestes ot en France, l’una de Pépin et de l’angre, e l’autra de Odo de Maenca, e l’autra de Guarin de Monglana * ; cest conquesirent la crcstianté nostre Seignor. » Vers le milieu du treizième siècle, le poème de Girnrt de Viane porte le même témoignage :

N'ot ke .111 gestes en France la garnie: Itou roi de France est la plus seignorie. . . Et l'autre apres, bien est droit que je die, Est de Doon à la barbe du rie,

Cil de Maiance qui tant ot baronie

La tierce geste, qui molt fist à proisier,

Fu de Garin de Monglaine le fier.

(Ed. Tarbé, p. 1-2.)

1 Les félons et les trattoors. .

Oui France ont grevée souvent, Guenles ti Tel et si parent, Froment li vient et Aloris, J Hardrés, Sansons et Ainaugris, Et li autres traîtres faus ;

F.t par leur parage et par aus Ont maint roi de France grevé.

(V. 8i.H et mu v j

3 Le manuscrit porte Guarin de Maenca ; mais c'est évidemment une distraction du scribe.

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