I.IVRE PREMIER
Italie, où elle fut développée outre mesure, comme nous le verrons.
Mais, pour arriver à combler les lacunes qui existaient dans ces généalogies arbitrairement composées, on se mit à raconter l'histoire de ceux qui jusque-là n’avaient pas été chantés parmi les parents des héros célèbres. Ogier le Danois, par exemple, amena le poème de Gaufrai, son père, anneau intermédiaire entre lui et le chef de toute la geste, Doon de Mayence, auquel on composa aussi un roman. Garin de Monglanc, célèbre sans doute en Provence dans les temps antérieurs, mais oublié en France où il n’avait plus d’autre réputation que celle de chef de sa race, fut l’objet d’un travail analogue. Les rhapsodes qui s’imposaient cette tâche avaient soin de continuer ou d’introduire les anciens poèmes dans le ton qui y régnait, de faire ressembler les nouveaux membres de la geste à ceux qui étaient déjà connus ; de là l’insipidité et la monotonie qui sont le caractère le plus général de leurs productions : dénués d’imagination et d’originalité, ils ont enfanté des œuvres sans couleur et sans vie, parce qu’ils n'avaient plus pour soutenir leur faible verve la tradition populaire, âme de toute épopée. C'est au plus si quelques-uns d’entre eux ont su rajeunir leur matière en introduisant dans le vieux cadre des chansons de gestes les merveilles et les féeries qu'ils empruntaient aux romans de la Table-Kondc ; et cette innovation, bien qu'assez réussie parfois, était un contre-sens qui dénaturait la matière de France. Ce sont cependant leurs productions qui ont longtemps donné l'idée de notre ancienne poésie épique, grâce aux écrivains du quinzième siècle, qui choisirent naturellement pour les mettre en prose les poèmes les plus rapprochés d’eux.
L’autre travail de ces versiücateurs fut celui qu'avaient déjà pratiqué les générations successives qui leur transmettaient les chansons de gestes et dont chacune les avait appropriées à son goût : ils retirent les anciens poèmes. Mais ils furent plus détestables encore dans ce travail que dans l’autre, où du moins ils ont trouvé quelquefois un éclair d’inspiration. Leurs renouvellements sont de tout point odieux ; dès que l’original présente un
Nanteuil semblent regarder la lignée des Renaud de Montauhan on connaît la patraltres comme tout X lait à part; le Jour- renté de plusieurs barons avec le? fila dain de Blaye du quinzième tarde on lait d'Aimon, mais on n’y rattache pas les expressément une quatrième peste (Reif- parents de Ganelon (voy. p. 39, v. 1 1 ci lenberp, /'Ai/. Muutktl, 1, tXLVitt). Dans suiv.; p. 180, v. 4 et suiv., et pan .)