‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 60 sur 246 · LA LÉGENDE DE CHARLEMAGNE DANS LES TAÏS-BAS · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE CHARLEMAGNE DANS LES TAÏS-BAS

Les provinces qui composent aujourd’hui la Hollande et la Belgique flamande ' faisaient partie de l’empire de Charlemagne à titre héréditaire *. Les Carolingiens avaient le centre de leur puissance patrimoniale dans ces pays qui entourent Liège, Narnur, Aix-la-Chapelle, et sont à peu prés également partagés entre la langue romane et les divers idiomes germaniques. Les cantilènes franques dont nous avons admis l’existence plus haut (voy. chap. ii, p. 48), semblent donc avoir dû se conserver dans ces contrées et y donner naissance à une épopée indépendante de celle qui se fonda en France sur les cantilènes romanes. Il n’en est rien cependant : tous les récits, toutes les allusions que nous offrent sur Charlemagne les textes néerlandais ’, coïncident avec nos poëmes, et, quoi qu’en aient dit des savants belges ou hollandais aveuglés par le patriotisme k, la critique la plus superficielle ne saurait admettre un instant que les poètes des Pays-Bas soient les originaux et non les imitateurs de nos trouvères. La poésie française rayonne, au moyen âge, sur toutes les nations entrées dans le grand cercle de la civilisation chevaleresque ; on pourrait à la rigueur croire à une imitation par les Français, si leurs poëmes ne leur étaient communs qu’avec un seul peuple : mais quand on les retrouve, comme la Chanson de Roland, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre et en Islande, le doute n’est pas possible; chaque peuple est successivement convaincu d’imi-

1 Nous disons flamande, parce que la Belgique wallonne se rattache à la France pour son histoire littéraire.

* 11 faut en excepter la Frise, bien qu'à d'autres points de vue elle doive être rattachée aux Pays-Bas. Ce petit pays eut sur Charlemagne des légendes très-originales, mais hostiles.

* Nous employons le mot néerlandais

comme plus juste et moins restreint que ceux de hollandais ou de flamand. Sur le mot de tiois, voy .'Jitbl. de l’École des Chartes, 6* série, t. I, p. 384-392.

4 Notamment M . Jonckbloet ( Geschie dénis der mittelnieder/. Dichtkunst , pas- 9im), et M. Bormans (Fragments tf anciens poèmes Ihiois , etc.). Cf. Bibl. île l’École des Chartes , 1. 1.

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