‹ Histoire poétique de CharlemagneChapitre 7 sur 246 · LES PREMIÈRES TRADITIONS POÉTIQUES SUR CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES TRADITIONS POÉTIQUES SUR CHARLEMAGNE

Au milieu du désordre et de la barbarie générale qu’avaient amenés les invasions et la rapide décadence des premières dynasties germaniques, l'apparition de Charlemagne frappa naturellement d’admiration les peuples qui en furent les témoins. Pépin , dans un long règne fécond pour l’avenir, avait préparé le terrain à son successeur en mettant fin , provisoirement du moins, à la période des invasions, en déposant la dynastie mérovingienne, en proclamant, appuyé sur le pape, le principe d’autorité et d’unité qui venait se substituer pour quelque temps à l’anarchie en tout genre qui avait marqué l’époque antérieure. Forte de sa position en France, où elle représentait la meilleure portion de la population germanique, de ses rapports avec l'Église qui l'avait consacrée, de ses victoires sur les Sarrasins, remportées au profit de l’Europe chrétienne, la dynastie de Charles-Martel semblait déjà aux hommes une race supérieure, prédestinée à la gloire et à la puissance. On put douter un instant de l’accomplissement des espérances qu’elle donnait quand les deux fils de Pépin offrirent après sa mort le spectacle de leurs querelles intestines; mais quand Charles fut resté seul maître du pouvoir, et qu’on vit se dérouler successivement les épisodes grandioses dont il avait composé le plan de sa vie; quand il eut détruit en Italie, avec le royaume lombard, un des restes du régime de l’invasion, combattu et dompté en Saxe l’idolâtrie barbare du vieux monde germanique, et quand pour consécration suprême le représentant du germanisme renouvelé eut reçu des mains du vicaire de Jésus-Christ la couronne des empereurs d’Occident, les nations si diverses qu'il avait groupées dans son vaste empire ne purent plus voir en lui un homme ordinaire, et commencèrent à lui donner dans leurs récits tous les traits de l’idéal qu’il leur semblait réaliser.

L'histoire poétique de Charlemagne a commencé de son vivant;

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